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16 avril 2023

Passion simple et le jeune homme d'Annie Ernaux : ISSN 2607-0006

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"Quand j'étais enfant, le luxe, c'était pour moi les manteaux en fourrure, les robes longues et les villas au bord de la mer. Plus tard, j'ai cru que c'était de mener une vie d'intellectuel. Il me semble maintenant que c'est de pouvoir vivre une passion pour un homme ou une femme". Qu'est-ce que la passion ? Passion simple d'Annie Ernaux est certainement le texte le plus intimiste de ses récits autobiographiques.

En effet, elle relate un passion qui l'a obnubilée pendant une année. Elle raconte comment elle a été obsédée par un homme. Avec minutie, elle décrit ses pensées, analyses ses propres gestes mais fait assez peu de commentaires sur son écriture, ses souvenirs comme elle le fait habituellement. Elle semble vouloir décrire juste la passion : "Je déambulais en sueur sous son regard imaginaire boulevard des Italiens pendant qu'il était ailleurs, insaisissable".

En revanche, dans Le jeune homme, elle décrit une aventure amoureuse mais au prisme des classes sociales et des préjugés : à 54 ans, la romancière sort avec un étudiant... Elle décrit cette histoire avec détachement - aucune ressemblance justement avec Passion simple - en analysant le comportement de son amant : "Il y a trente ans, je me serais détourné de lui. Je ne voulais pas alors retrouver dans un garçon les signes de mon origine populaire, tout ce que je trouvais "plouc" et que je savais avoir été en moi".

"Mon corps n'avait plus d'âge. Il fallait le regard lourdement réprobateur de clients à côté de nous dans un restaurant pour me le signifier". Cette relation est à l'origine aussi de commentaires sur les souvenirs et sur les préjugés sociaux - comme son avortement, son vieillissement - et plus globalement sur sa vie de femme. Jamais sentimentale et sans faux-semblant, Annie Ernaux scrute sa vie sans s'épargner et sans larmoyer...

Une vie en écriture et une d'écriture passionnante à découvrir !

Annie Ernaux, Passion simple, folio,  France, Octobre 2022, 77 p.

Annie Ernaux, Le jeune homme, Gallimard, Normandie, Octobre 2022, 38 p.

Autres romans de la romancière : Mémoire de fille, La place, la honte, une femme, Regarde les lumières mon amour, L'événement

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11 septembre 2022

ceux qui avaient choisi de Charlotte Delbo : ISSN 2607-0006

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A la fin du chapitre sur la seconde Guerre Mondiale où le rôle des femmes a été minimisé, dans son essai Les grandes oubliées, Titiou Lecoq conseillait de lire Charlotte Delbo, touchée par ses paroles "Prière aux vivants pour leur pardonner d'être vivants"* et son rôle. Découvrons donc les oeuvres de cette femme, notamment sa pièce de théâtre Ceux qui avaient choisi.

Dans un café, un ancien nazi, un hélleniste, aborde une femme qui est en train de lire un de ses romans. Mais cette femme est une ancienne rescapée des camps de concentration. Le dialogue entre les deux personnages semblent impossible : qui était responsable de ces horreurs ? "Cette question a été souvent débattue de la folie qui s'empare de tout un peuple, expliquée par les économistes, les politiques, les psychologues, les sociologues, les gemanistes, etc. elle n'a pas été élucidée pour autant. On voudrait comprendre", déclare Françoise, la femme.

Au delà de ce dialogue, l'auteur introduit d'autres thèmes sur le souvenir, l'amour, la résistance... le tout narré dans une forme atypique : Charlotte Delbo qui a été secrétaire de Jouvet n'écrit pas une pièce classique : deux tableaux se succèdent dans lesquels des paroles disposées comme un poème sont insérées. Voici une oeuvre engagée à connaître

 *[...] Comment comment/ vous pardonner d'être vivants/ comment comment vous ferez-vous pardonner/ par ceux-là qui sont morts pour que vous passiez bien habillés de tous vos muscles/ que vous buviez aux terrasses/ que vous soyez plus jeunes chaque printemps/ Je vous en supplie/ Faites quelque chose qui vous justifie/ Apprenez un pas/ Une danse/ Quelque chose qui vous justifie/ Qui vous donne le droit/ D'être habillés de votre peau de votre poil/ Apprenez à marcher et à rire/ Parce que ce serait trop bête/ A la fin/ Que tant soient morts/ Et que vous viviez/ Sans rien faire de votre vie" (Charlotte Delbo, Une connaissance inutile).

Delbo Charlotte, Ceux qui avaient choisi, Etonnants classiques, Barcelonne, 2017, p. 119

 

14 novembre 2021

L'atelier des sorciers de Kamone Shirahama : ISSN 2607-0006

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L-Atelier-des-Sorciers 5🌺Avez-vous envie d'un peu de féerie ? Lisez L'atelier des sorciers de Kamone Shirahama ! Les trois premiers tomes de cette série encore en cours (billet sur le premier tome ici) - le tome 9 vient de sortir avec sa version collector qui contient un calendrier - narre l'arrivée de Coco, une humaine, dans l'école de magie.

🌺Son apprentissage de la magie la rend enthousiaste mais elle est poursuivie par la confrérie du Capuchon. Les autres sorcières ont toute un caractère différent et ne servent pas seulement de faire valoir. A partir du tome 4, commence alors un nouvel arc où les jeunes apprenties préparent un examen qui leur permettront de faire de la magie en public. Comme les célèbres sorciers de Poudlard, les fillettes étudient, s'amusent et doivent affronter de nouvelles épreuves. Elles évoluent, en effet, dans une caverne où il existe encore des traces de sorts interdits. Kieffrey, leur maître est blessé et Yinny, un autre apprenti est transformé en loup écailleux. Vont-elles réussir à ressortir vivantes de cette nouvelle épreuve? Pourront-elles trouver une solution pour rendre une apparence humaine à Yinny ? Kieffrey va-il guérir (le contraire serait étonnant) ?

🌺Comme dans les tomes précédents, le tome 5 enrichit l'univers magique : on en apprend davantage sur la fameuse confrérie, le passé des sorciers et sur les règles magiques. Même si Coco devient ridiculement mièvre, toujours pleine de bons sentiments, ses compagnes ont un caractère plus vraisemblable. Le monde féérique s'agrandit sous nos yeux avec nouveaux lieux comme la caverne où vivaient les Rodomon, lieu où se déroulent les examens.

🌺Les dessins restent d'une très belle qualité. Les cases n'ont jamais la même tailles mais changent en fonction des actions. Les décors sont rares, cependant les motifs décoratifs et les personnages en pleine pages sont nombreux et toujours sublimes... On attend la suite avec impatience !

Shirahama, L'atelier des sorciers, Tome 5 ( série en cours), Pika édition.

LC avec Docbird

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 © Kamome Shirahama

13 juillet 2019

The wandering earth de : ISSN 2607-0006

THE WANDERING EARTH Trailer (2019) Sci-Fi Action Movie HD

Plutôt rare sur nos écrans, The wandering earth est un blockbuster chinois, qui malheureusement passe inaperçu en France étant donné qu'il est directement arrivé sur les plateformes de streaming. Adapté d'un roman de SF de Cixin Liu, connu pour son livre Le problème à trois corps, ce long métrage mériterait d'être visionné sur grand écran tant visuellement, c'est splendide. Après une rapide exposition de l'inexorable dégradation de la planète - le système solaire est en train de mourir - et de la vie d'un astronaute, on assiste à une catastrophe de grande ampleur : "la terre errante", c'est-à-dire la terre propulsée par de gigantesques moteurs pour trouver un autre système planétaire, risque de percuter Neptune.

Majestueux, grandioses, les paysages sont impressionnants ( image 1). Pour bien montrer l'échelle de chaque image, le réalisateur part toujours de gros plans suivis de zoom arrière qui finissent par englober la terre entière. La convergence des moteurs qui s'unissent pour faire avancer la terre marque aussi l'union des pays. Et quel décor ! La planète devenue inhabitable est recouverte de neige, donnant lieu à de somptueux décors enneigés post-apocalyptiques ( images 2 et 3).  Certes, The wandering earth n'est qu'un film catastrophe et qu'un blockbuster mais les effets spéciaux sont d'une très grande qualité. C'est un vrai plaisir visuel de voir toutes ces inventions de ces villes souterraines, de ces grandes étendues de neige.

MOSS l'intelligence artificielle "déserte", refuse de rester en contact avec la terre qui va s'écraser sur une autre planète. Deux astronautes sortent réparer des dégâts et dérivent dans l'espace : ne serait-ce pas des clins d'oeil à d'autres longs-métrages de SF ? Certains personnages principaux meurent, les villes sont détruites une à une mais les survivants ne perdent pas espoir. Les uns se sacrifient, les autres luttent ensemble. Un film post-apocalyptique optimiste, humaniste ? C'est plutôt rare, c'est idéaliste mais fabuleusement bien réalisé et cela donne envie de découvrir les oeuvres de Cixin Liu...

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Image 1 du film "The Wandering Earth"• Crédits : Copyright China Film Company Limited

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Image 2 du film "The Wandering Earth"• Crédits : Copyright China Film Company Limited

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Image 3 du film "The Wandering Earth"• Crédits : Copyright China Film Company Limited

The winthering earth de Frant Gwo, Netflix, 2019, 2h05,

Sur le web : "The wandering earth, le film chinois qui sauve la terre", Le monde, mis en ligne le 26 février 2019. URL : https://www.lemonde.fr/culture/video/2019/02/26/the-wandering-earth-le-film-chinois-qui-sauve-la-terre_5428578_3246.html

Serrell Mathilde, "Avec The Wandering earth blockbuster chinois, une autre fin du monde est possible", France culture, mis en ligne le 26 février 2019.

24 septembre 2019

Les enchaînés d'Hitchcock : ISSN 2607-0006

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Avec Lifeboat, Les enchaînés est l'un des films politiques d'Hitchcock qui met en scène un scénario inspiré vaguement des mémoires de Marthe Richard. Tourné en 1945, ce long-métrage, qui se déroule après la fin de la seconde guerre mondiale à Rio, a pour héroïne Alicia, l'élégante fille du nazi Huberman qui vient d'être condamné, qui mène une vie oiseuse et alcoolisée jusqu'au moment où Devlin, un agent du FBI, lui propose de travailler  pour les Etats-Unis. Elle doit espionner un Allemand, Sebastian, ancien ami de son père. Va-t-elle réussir sa mission. Est-elle un agent fiable ?

L'intrigue d'espionnage est particulièrement simple et forme comme un interlude léger autour du vrai coeur du film qui tourne autour d'une histoire d'amour mais nous y reviendrons plus tard. Le patron du FBI, particulièrement jovial, se contente d'être heureux de la bonne tournure des affaires et n'hésite pas à utiliser Alicia pour arriver à ses fins. Aucun dilemme moral ne semble perturber cet homme qui pousse Alicia à se marier avec l'Allemand pour le bien de son enquête. Toutes ces séquences autour des hommes du gouverment sont assez sèchement tounées.

Quel est le sujet souterrain des Enchaînés ? Une comédie bien plus noire se joue entre les deux protagonistes principaux : Delvin doute de l'amour d'Alicia et cette dernière attend que Delvin avoue ses véritables sentiments. Non seulement le couple glamour - Ingrid Bergman et Gary Grant - joue à merveille leur personnage mais, comme dans une mise en abyme, ils doivent interpréter des personnages pour rendre crédibles leur rôle d'espions. Où s'arrêtent les faux-semblants ? D'emblée, Devlin déclare : " une fille perdue ne change pas". Est-ce le cas d'Alicia ? Peut-on changer ?

Avec ce long-métrage, Hitchcock mérite bien d'être appelé "le maître du suspense" : on craint à chaque instant pour la vie de la malheureuse espionne improvisée qui doit évoluer parmi d'autres personnages très inquiétants comme l'odieuse mère de Sebastian. La manipulation hitchcockienne jouant avec les sentiments des protagonistes et avec les nerfs du spectateur, les jeux de regards particulièrement éloquents et les gros plans sur des objets clés ou les clés tout court - qui regarde qui ou quoi ? - font des Enchaînés un spectaculaire thriller psychologique et d'amour.

Les enchaînés de Hitchcock, 1945, 104 min, avec Ingrid Bergman, Claude Rains, Gary Grant.

Visionnage commun avec Tachan.

Autres films : Le procès Paradine, Lifeboat, L'inconnu du Nord-Espress, Psychose, La corde, Une femme disparaît, La loi du silence, Mais qui a tué Harry ?, chantage, Les 39 marches,, Jeune et innocent, meurtre, le grand alibi, Une femme disparaît

Sur  le web : Ferenzi Aurélien, "Hitchcock en 6 leçons", Télérama, mis en ligne le 21 janvier 2011. URL : https://www.telerama.fr/cinema/hitchcock-en-6-lecons,64727.php

Murat Pierre, "Cinq questions pour une reprise, "Les enchaînés" d'Hitchcock", Télérama, mis en ligne le 5 octobre 2008. URL : https://www.telerama.fr/cinema/cinq-questions-pour-une-reprise-les-enchaines-d-hitchcock,34366.php

Deyle Hélène, "Un film et son époque: Les enchaînés", Le monde, mis en ligne le 22 juillet 2017. URL : https://www.lemonde.fr/televisions-radio/article/2017/07/22/tv-un-film-et-son-epoque-les-enchaines_5163882_1655027.html

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Ingrid Bergman et Gary Grant dans Les enchaînés d'Hitchcock

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28 mars 2019

Sept yeux de chats de Choi Jae-hoon : ISSN 2607-0006

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http://www.editions-picquier.com/ouvrage/sept-yeux-de-chats/

Auteur coréen, Choi Jae-Hoon a publié un recueil de nouvelles Le baron du comte Curval en 2010 et Sept yeux du chat en 2012. Vous ne connaissez pas cet auteur ? N'hésitez pas à lire son roman ! 

Tout commence comme Les dix petits nègres coréens : 7 personnes sont réunis dans un chalet, ayant été invités par le Diable, qui tient un site web sur les tueurs en série. Leur hôte est absent et une tempête de neige les empêchent de quitter les lieux. Que faire ? Après une première nuit passée ensemble, un des hommes est retrouvé mort. Qui est le coupable ? Vous pensez que c'est un whodunit classique, mais il n'en est rien : " - Le jeu... a commencé" (p.33). A la fin de la première nouvelle ou chapitre " sixième rêve", commence un chapitre "Equation d'une vengeance" où nous comprenons que la première histoire est en réalité une pièce. Vraiment ? Mais c'est aussi l'histoire que traduit un certain M dans le troisième chapitre, intitulé "Pi". Le dernier chapitre "Les sept yeux de chats", parle du destin du livre qui a disparu... Mais ceci n'est pas un bon résumé. Dans chaque nouvelle, nous retrouvons des éléments similaires mais agencés de manière différente.

"Le nombre Pi se prolonge à l'infini sans qu'aucune de ses décimales ne se répète." (p. 324)

L'auteur nous invite dans un roman labyrinthique où les mêmes motifs et les mêmes personnages sont repris de manière vertigineuse et où on ne sait jamais quelle est la bonne version de l'histoire. Le narrateur est-il un fou enfermé dans une mine qui se raconte des histoires pour ne pas mourir ou est-il un traducteur qui change l'histoire des romans qu'on lui demande de traduire ? Tout en voulant créer le roman à suspense parfait ( p. 324), l'auteur coréen réfléchit sur la littérature, les pouvoirs de la fiction et notamment sur les sources de la création et de l'inspiration. Les personnages de fiction peuvent prendre vie et les références - Alice aux pays des merveilles, La jeune fille et la mort de Munch, Le baiser de Klimt - montrent talentueusement un jeu sur la fiction, la mort et le réel :  "Quelle différence entre la réalité et le fantasme du moment qu'on survit ? (p. 247). Le lecteur peut essayer de trouver la vérité, peut jouer et imaginer trouver la solution. Oui, c'est bien le roman à suspense parfait !

Jae-Hoon Choi, Sept yeux de chats, Espagne, Edition Phillippe Picquier, 2014.

Sur le web : A girl from earth, Niki,

22 novembre 2020

La fameuse invasion de la Sicile par les ours de Dino Buzzati : ISSN 2607-0006

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http://www.gallimard-jeunesse.fr/Catalogue/GALLIMARD-JEUNESSE/Folio-Junior-Textes-classiques/La-fameuse-invasion-de-la-Sicile-par-les-ours

 Dans cette édition extrêmement complète, une biographie nous indique que Buzzati a été journaliste mais aussi peintre et dessinateur. C'est pourquoi le conte de La fameuse invasion de Sicile par les ours - mais ce terme générique n'est pas entièrement satisfaisant - est accompagné des dessins de l'auteur. La genèse nous est même exposée : à la demande de ses nièces, il aurait dessiné par hasard une montagne avec des ours qui combattent des soldats et il aurait décidé de les réemployer lorsque le Corriere della sera lui demande un texte destiné à un jeune public.

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Illustration 1 : La fameuse invasion de la Sicile par les ours de Buzzati © gallimard-jeunesse

Mais de quelle invasion parle l'auteur ? Et comment résumer un texte écrit alternativement en prose et en vers, comme un récit épique ? Il suffit de savoir que Tonin a été enlevé par les humains et que son père Léonce, le roi des ours, devra affronter les hommes pour le retrouver un jour. Regardez surtout comment Buzatti arrive à nous faire tomber complètement sous le charme de cette histoire, avec de l'humour. Dès le chapitre 2, il nous demande d'observer le dessin du combat précédent où on y distingue le Professeur De Ambrosiis. Il déplore aussi avec humour "qu'il n'y a pas de rime en osiis" (p. 31). Et quelle fantaisie ! Des sangliers attaquent les ours, qu'à cela ne tienne, le nécromant Ambrosiis - toujours lui - les métamorphose en sangliers volants ! ( illustration 1). Quant aux fantômes, ils sont soumis à des lois farfelus et le coquemitaine est le plus drôle que vous n'ayez jamais vu ! Voyez sa tête sur l'illustration 2 ! Vous avez envie de voir de l'action : n'ayez crainte, les péripéties sont nombreuses. Regardez le monstre qui surgit de la mer ( illustration 3), sans compter les traîtres de mélodrame et des enchantements !

Comme l'auteur du Désert des Tartares sait s'attacher son petit - et grand - lecteur ! Le narrateur ne cesse de s'adresser à nous et de créer une attente  : " Petits enfants, au prochain épisode, vous verrez le mystère du bois des Rhizopodes" (p. 103). Une fois les ours victorieux des hommes, ils cohabitent pour un temps. Mais lorsque de mystérieux problèmes surgissent, apparaît un "ours détective" pour aider le roi à résoudre les problèmes de son royaume. Ne croyez pas que le narrateur extravague à souhait, il a ajouté un joli discours sur la nature : "retournez dans vos montagnes", sont les derniers mots du roi Léonce (p. 140). Découvrez vite ce conte fantastique et fantaisiste merveilleusement illustré par Buzzati !

Buzzati Dino, La fameuse invasion des ours en Sicile, folio junior, Espagne, mai 2019.

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Illustration 2 : La fameuse invasion de la Sicile par les ours de Buzzati © gallimard-jeunesse

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Illustration 3 : La fameuse invasion de la Sicile par les ours de Buzzati© gallimard-jeunesse

25 juillet 2019

Le procès Paradine d'Alfred Hitchcock : ISSN 2607-0006

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La troisième période hitchcockienne, des années 40 à 50, est particulièrement éclectique. Après des films politiques comme Lifeboat (1945), le réalisateur des oiseaux fera un film de procès. Lorsqu'une femme est belle et épouse un riche mari aveugle et que ce dernier meurt empoisonné, elle paraît forcément coupable aux yeux de l'opinion publique. Mais l'est-elle vraiment ? Seul, un avocat tombé éperdument amoureux de la victime, Madame Paradine, croit en son innocence. Les preuves vont s'accumuler contre elle : arrivera-t-il à la sauver ?

Contrairement aux films de procès, Hitchcock ne profite pas de cette histoire pour remettre en cause la justice ou des problèmes moraux ou sociaux mais il en fait un drame passionnel. C'est un film lent, bavard, développant la jalousie de la femme de l'avocat, l'ambiguité de la cliente et l'obsession de l'avocat : à travers ce long-métrage, il fait d'ailleurs quatre portraits de femmes très différents, de la femme fatale - Madame Paradine - à la femme soumise (la femme du juge).

Ce film, bien construit, n'est pas aussi complexe que d'autres long-métrages hitchcockiens et manque singulièrement d'humour. On retrouve ses thèmes favoris comme le faux-coupable et une enquête. Il manque aussi d''ambiguïté et de profondeur comparé à des films de procès plus récents comme The third murder de Kore Eda (2017) ou du Silence et des ombres de Robert Mulligan ( 1962).

Voici une adaptation d'un roman de R. S. Hichens plus banale que les autres films du réalisateur de Rebecca, en partie parce qu'il n'a pas choisi les acteurs qu'il souhaitait, comme il l'explique dans une interview, et que Selznick a participé davantage dans la production. Cela explique peut-être qu'il soit passé inaperçu par rapport à d'autres scénarios plus impressionnants de cette période comme La corde (1949) ou L'inconnu du Nord-Express (1951).

Le procès Paradine, Hitchcock, Gregory Peck, Ann Todd, 1947, 125 min.

Visionnage commun avec Tachan. Un visionnage avec Tachan est prévu le 24.09 : nous verrons Les enchaînés.

Autres films : Lifeboat, L'inconnu du Nord-Espress, Psychose, La corde, Une femme disparaît, La loi du silence, Mais qui a tué Harry ?, chantage, Les 39 marches,, Jeune et innocent, meurtre, le grand alibi, Une femme disparaît

Sur le web : France inter. 2013. Hitchcock/trufaut, secrets de fabrication.

7 mars 2019

La toile du monde d'Antonin Varenne : ISSN 2607-0006

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https://www.audiolib.fr/livre-audio/la-toile-du-monde-9782367628257

Une femme, Aileen Bowman, élevée dans un ranch du Nevada et journaliste du New-York Tribune, vient couvrir, afflubée de son pantalon et de ses bottes, l'exposition universelle de Paris de 1900. Monuments parisiens et personnalités historiques font l'objet des articles de la journaliste américaine. Les nuits parisiennes et les rencontres professionnelles ou amoureuses se succèdent pour dépeindre "la toile du monde".

Arrivée dans le "monde électrifié", Aileen va résider dans les locaux de la Fronde, dirigée par la féministe Marguerite Durand. Elle y rencontre d'autres femmes qui se battent, par exemple, pour qu'elles puissent exercer le métier d'avocat. "Cela ne m'empêche pas de me méfier des combats pour obtenir autant que les autres, parce que que les autres ne vous l'accordent jamais avant d'être certains que vous êtes devenues un des leurs, que vos différences sont effacées. Les hommes accorderont le droit de vote aux femmes quand ils seront sûrs  qu'elles voteront comme eux", déclare la femme américaine : cette phrase est certainement plus remarquable que bien des écrits féministes.

Aileen est un personnage fictionnel mais elle rencontre de nombreux personnages historiques comme l'inventeur du moteur Diesel (Rudolf Diesel), des peintres tels que Julius Stewart, des scientifiques, des critiques comme Royal Cortissoz... L'exposition universelle est ainsi évoquée de manière précise et documentée, à travers des dialogues et de couts paragraphes descriptifs. Les articles d'Aileen sont d'ailleurs une personnification de Paris qui énoncerait elle-même les changements advenus dans la ville lumière. L'auteur ne s'arrête pas là et continue à énumérer les métamorphoses du monde moderne au début du XXeme en narrant la vie d'Aileen de retour dans son ranch.

A cette première intrigue, d'autres s'ajoutent comme une relation amoureuse naissante entre Aileen et un ingénieur, puis avec sa femme. Parallèlement à ses articles, la journaliste recherche aussi ses racines ( sa mère est française) et son frère, Joseph, un métis indien participant aux spectacles des villages coloniaux. Et c'est là que le roman, à partir de la moitié du récit, se perd dans des thèmes inutiles au développement de l'intrigue : l'auteur semble se complaire dans l'évocation de scènes érotiques concernant la vie intime de son personnage et à décrire avec complaisance des scènes de bordel, utiliser de manière répétive les mots "catin", "putain". Dommage qu'on s'attarde autant sur l'émancipation sexuelle du personnage principal alors que le sujet était déjà si riche.

La lecture de Julien Defaye  - comédien et photographe - s'accorde parfaitement avec le sujet et ses personnages : sa voix est dynamique comme l'est le personnage principal et la vie trépidante parisienne. Elle devient solennelle lorsqu'il fait parler Paris personnifiée dans les articles de journaux. Il sait aussi changer de tonalité dans les nombreuses conversation et on est ainsi jamais perdu dans l'écoute des dialogues (Vous pouvez écouter un extrait ici). Une belle lecture bien rythmée !

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Neurdein frères, " Champ de Mars. Palais de l'électricité, fête de nuit"

BNF, Estampes et Photographie, D. L. 1900, Qb1 1900 folio, Exposition universelle, photographies de Neurdein, tome 3

 La toile du monde, Antonin Varenne, lu par Julien Defaye, 9h47, Audiolib.

Audiolivre lu dans le cadre du Prix Audiolib 2019.

Sur le web : Exposition virtuelle "Les Expositions universelles à Paris 1867-1900" Bibliothèque nationale de France.

4 août 2018

Mapuche de Ferey : ISSN 2607-0006

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http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-policier/Mapuche2

4 ans avant Condor ( première publication en 2016), Ferey avait déjà écrit une enquête policière se passant en Amérique du Sud, en Argentine : Mapuche. Ce roman policier nous raconte comment Ruben Calderon, un détective, est engagé par un journal pour enquêter sur la disparition d'une jeune femme, fille d'un riche industriel de Buenos Aires, Eduardo Campallo. Au même moment, un travesti disparaît aussi : son ami travesti Paula et Jana, une Mapuche, font appel à Calderon. Les deux intrigues vont rapidement se rejoindre dans une quête commune liée aux disparus de la dictature de Videla.

On y trouve des thèmes obsessionnels de l'auteur, ce roman policier ressemblant fort au suivant. On retrouve le même type de personnages, avec un révolté, Ruben Calderon, en butte à la dictature de Videla, une Mapuche tombant amoureux de notre héros, une certaine complaisance dans la description des scènes de tortures. Dans les ressemblances, on peut aussi noter des fragments poétiques écrits par l'un des personnages.

Comme au Chili, la société argentine fait côtoyer la misère la plus noire à l'opulence la plus clinquante ( et souvent bien malhonnêtement acquise). Outre la dénonciation de l'état actuel des choses, qui repose sur une nombreuse documentation, elle s'accompagne d'une critique du passé dictatorial, du massacre du peuple mapuche et s'intéresse plus particulièrement au "Processus" : les enfants des disparus torturés étaient adoptés par des hauts dignitaires en place. A découvrir pour les injustices ayant lieu en Argentine - décidément, l'arrière-plan historique est plus intéressant dans les romans de Ferey que les personnages - même si l'écriture est beaucoup plus tarabiscotée que celle de Condor et alourdie par des détails inutiles...

Ferey, Mapuche, Folio policier, 560 p.

Autres romans : Condor,

Sur le web : Peras Delphine, "Mapuche, par Caryl Ferey", L'express, mis en ligne le 31 mai 2012. URL : https://www.lexpress.fr/culture/livre/mapuche-par-caryl-ferey_1120804.html

Partenariat Folio.

28 mai 2018

La femme de l'ombre, la trilogie des ombres, d'Indridason : ISSN 2607-0006

 

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Dans ce deuxième volet de La Trilogie des ombres, plusieurs intrigues s'entrelacent et ne se rejoindront qu'à la fin du roman. Nous pouvons ainsi suivre la trajectoire d'une jeune femme, en 1943, qui quitte la Finlande pour retourner en Islande. Elle attend son fiancé, qui lutte contre les nazis mais qui est déporté dans un camp. Sur le bateau qui la ramène dans son pays, un ami tombe à l'eau. Est-ce un accident ? Plus tard, un homme est retrouvé dans la mer à Reykjavik. Flovent et Thorsen, déjà présents dans Dans l'ombre) enquête tout en étant confronté à d'anciens pro-nazis, au meurtre d'un homosexuel, à la disparition d'une femme liée à l'occupation américaine...

Le genre du "nordic noir" s'essouffle-t-il ? Comme l'avoue l'auteur dans une entrevue dans Le Point, intitulée "Polar : Arnaldur Indridason fait entrer Hitler en Islande", il a abandonné son personnage principal Erlendur au bout de 13 opus car il se répétait : " Il a déjà été le héros de treize livres. Je pense qu'une série ne doit pas s'éterniser"(Ibid). Et nous aussi nous le pensons. Il choisit donc de nouveaux personnages principaux et une nouvelle époque, peu décrite dans les romans islandais : " Très peu de choses ont été écrites sur la guerre et l'après-guerre en Islande" (Ibid).

En abordant "La situation", cela lui permet de se renouveler et il arrive à complexifier ses intrigues, là où elle présentait une certaine linéarité dans ses précédents romans. Si l'on en sait davantage sur le mouvement nazi en Islande et sur l'occupation par les alliés pendant cette période, les personnages restent superficiels empêchant toute empathie, ou tout simplement tout attachement. De même, l'écriture est toujours aussi plate. Malgré l'excellente lecture de Philippe Résimont (vous pouvez écouter un extrait ici, on commence à ressentir une certaine lassitude de ce type de roman... Ce n'est pas un mauvais roman mais il est plutôt quelconque, rejoignant la très longue liste des romans policiers nordiques...

La femme de l'ombre, d'Indridason, audiolib, lu par Philippe Résimont, 8h43, 2018.

Autres romans de l'auteur : Dans l'ombre, tome 1,  L'hiver arctique, L'homme du lac, Le lagon noir,

Partenariat Audiolib

Sur le web : Malaurie Julie, "Polar : Arnaldur Indridasson fait entrer Hitler en Islande", Le Point, mis en ligne le 30 mars 2017. URL :https://www.lepoint.fr/livres/polar-arnaldur-indridason-fait-entrer-hitler-en-islande-30-03-2017-2115977_37.php 

11 novembre 2017

Dans l'ombre, la trilogie des ombres, d'Indridason : ISSN 2607-0006

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Image de l'" Europe des écrivains : l'Islande"

Le documentaire diffusé sur arte " L'Europe des écrivains : L'islande" montraient trois auteurs présenter leur île : Thorarinsson, auteur de polars, Stefansson et Olafsdottir. Ces auteurs soulignaient des aspects primordiaux dans la littérature et l'histoire du pays : l'importance de la nature violente et aride, la crise écomonique du XXeme siècle et la "Situation", c'est-à-dire l'occupation des Américains pendant la seconde Guerre Mondiale.

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Image de l'" Europe des écrivains : l'Islande"

C'est d'ailleurs cet aspect-là que le premier opus, Dans l'ombre, de cette trilogie policière développe : sur fond de nazisme et d'occupation américaine, se noue un drame sentimental et idéologique. 

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 Point d'Erlendur, mais un duo d'enquêteurs, dont les personnalités sont juste esquissées, va tenter de résoudre cette affaire. Flovent, enquêteur islandais et Thorson,  enquêteur militaire. On a découvert dans un appartement de Reykjavik, un représentant de commerce tué d'une balle, avec une croix gammée sur le front. Mais assez vite, on s'aperçoit que la véritable cible était le fils d'un directeur d'école, qui aurait des accointances avec les nazis. Tout un passé sombre va ressurgir.

Surtout, leur enquête les amène à interroger les militaires américains, permettant à l'écrivain islandais de décrire l'influence de ces jeunes soldats dans le pays, mais aussi à interroger des gens vivant dans des endroits reculés montrant l'aspect plus rural du pays ( dimension sociétale qu'on trouve avec bonheur dans ses précédents romans comme La femme en vert ou ou L'homme du lac). Indridason lorgne vers le roman d'espionnage pour ce premier volume de la trilogie des ombres, sans tomber dans des complications incompréhensibles. Si les dialogues patinent un peu, on attend tout de même impatiemment la suite...

La mise en voix de ce texte présente de grandes qualités, mais les changements d'intonation lors des dialogues m'ont paru un peu excessifs. La lecture est suffisamment expressive sans les cabotinages. Vous pouvez écouter un extrait ici.

Dans l'ombre, Indridason, lu par P. Résimont, 9h03.

Partenariat Audiolib

Participation au challenge nordique de Margotte.

1 septembre 2017

C'est le premier, je balance tout (septembre 2017) : ISSN 2607-0006

c-est-le-1er-je-balance-tout-banniere-bicolore-sapinlogo d'Allez vous faire lire

1) FILMS

BANDE ANNONCE THE CIRCLE (OFFICIEL)

Mae ( jouée par Emma Watson) est embauchée par The circle - un groupe de nouvelles technologies - qui amène les gens à être ultra connectés. Cependant, on n'a pas attendu J. Ponsoldt pour savoir que la surveillance constante peut être néfaste. Quelques incohérences sont, en outre, à relever dans le rôle de l'héroïne et du concepteur du logiciel. C'est un film oubliable, étant donné que la thématique n'est pas neuve et qu'elle est traitée sans originalité.

The circle, de Ponsoldt, avec Emma Watson et Tom Hanks, 2017, 1h50

La Planète des Singes 3 : Suprématie - BANDE ANNONCE VF

La planète des singes, suprématie clôt la trilogie commencée par La planète des singes, les origines. César pense qu'une cohabitation est possible entre les hommes et les singes mais le colonel Mccullough, un militaire fou - tel un nouveau Kurtz sorti d'Apocalypse now- décide de traquer les singes. Il y a aussi une autre apocalypse qui est évoquée, mais celle-ci biblique, avec le slogan des soldats ( l'alpha et l'oméga renvoyant au jugement dernier dans l'Evangile de Saint Jean). Un peu de comique, un peu de sentiments ( trop à la fin, avec une fin un peu bavarde), des questionnements sur l'humanité et l'animalité, des motion captures saisissantes : un film à voir pour ceux qui ne l'auraient pas encore vu !

La planète des singes, suprématie, de Matt Reeves, 2017, 140 min, Billet sur la route du cinéma, Dasola,

2) MES LECTURES : TOP...

J'ai redécouvert un chef d'oeuvre ( L'éducation sentimentale de Flaubert), découvert un autre auteur remarquable, Lobo Antunes ( Le cul de Judas dont je vous parlerai bientôt) et j'ai continué la série policière écrite par Connelly (Mariachi plaza).

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... FLOP

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Alors que j'avais lu avec admiration tous les livres de Rosa Montéro ( Les larmes sous la pluie, le poids du coeur et L'idée ridicule de ne plus jamais te revoir), j'ai abandonné à la centième page  Le territoire des barbares. Ce roman narre la traque de Zarza, une jeune femme qui vit seule, par son frère jumeau, qui cherche à se venger. Rien dans l'écriture ou l'histoire n'a retenu mon attention.

Montero, Le territoire des barbares, Points,  288 p.

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yenneAutre abandon : Divergente 2. Dans un futur post-apocalyptique, une société est divisée en 5 factions : les altruistes, les audacieux, les Erudits, les Sincères et les Fraternels. Comme vous l'avez compris, selon votre caractère, vous êtes destinés à une fonction et malheur à celui qui n'arrive pas à rentrer dans une case et qu'on appelle alors un "divergent". Notre jeune héroïne, Béatrice Prior, est une divergente, conséquemment, elle ne ressent pas les effets d'un sérum, qui permet à Jeannine ( une érudite) de dominer toutes les autres factions. C'est un bon livre young adult qui aborde de nombreux problèmes liés à l'adolescence ( quelle place dans la société ? Comment s'intégrer dans un groupe ? L'amour et l'amitié ) mais aussi à un système totalitaire. Malheureusement, les sentiments de Béatrice envahissent trop le deuxième tome et j'ai abandonné ce roman qui était pourtant très intéressant.

Roth, Divergente 1, Pkj, 488 p.

Roth, Divergente 2, Pkj, 523 p.

3) LES CHRONIQUES VENUES D'AILLEURS

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Le fossoyeur de film et Le cinéma de Durendal sont tous deux des critiques de cinéma talentueux. Ils proposent des analyses de films précises, parfois comiquement présentées et richements argumentées. Grâce à eux, j'ai vu des films peu connus ( comme Jusqu'en enfer de Sam Raimi ou  Planète hurlante, une adaptation de P. K Dick, voir ici), ils m'ont donné envie de voir un classique du genre ( 2001 L'Odysée de l'espace) ou ils m'ont aidé à mieux comprendre certains univers comme le Marvel cinematic universe (ici)... Deux sites très différents mais à découvrir !

4) ACHATS

Ce mois-ci peu d'achats ( Balibar, Marie Curie, 2001 l'Odyssée de l'espace, Clarke et La vague de Strasser), je m'attaque à ma PAL !

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17 février 2018

Miss péregrine et les enfants particuliers de Ranson Riggs : ISSN 2607-0006

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 Quelle merveille ce premier opus ! Non seulement le livre est un bel objet comportant des photographies et une présentation soignée mais l'histoire est enchanteresse. Jacob aime écouter les histoires fabuleuses de son grand-père Abraham, qui mettent en scène un orphelinat dirigé par Miss Peregrine où évoluent des enfants particuliers : l'une a une bouche derrière la tête, l'autre a des abeilles dans l'estomac, comme sur les photographies qu'il montre à Jacob (ci-dessous). Peu à peu, Jacob s'éloigne de ce grand-père qu'il juge fantasque. Pourtant, ce dernier meurt, tué par un monstre appelé " Creux". Abraham a eu le temps de lui murmurer quelques paroles : il doit aller sur l'île des enfants particuliers. Ce premier tome est riche en découvertes, en histoires extraordinaires, en rencontres anormales. On pénètre dans un monde fabuleux et dans un univers étonnant, aidé par des illustrations permettant l'immersion dans l'insolite ( il a été adapté par Tim Burton, en 2016)

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Mais le deuxième opus a été plus décevant : à la fin du tome 1, les creux et les estres ( formes évoluées de creux) ont attaqué Miss Peregrine, qui a été enlevée. Bloqué dans l'Angleterre plongée dans la seconde guerre mondiale ( oui, car il ausi question de voyage temporel), en plus, de toutes les particularités de tous les particuliers), Jacob doit aller sauver miss Peregrine avec l'aide des enfants particuliers, notamment Emma, qu'il aime. Ils doivent affronter de nombreux dangers. Mais point trop n'en faut ! Que de longueurs ! Que d'anecdotes importunes ! Suivant "la loi du crescendo" ( expression de J.Y. Tadié, une péripétie par chapitre dans les romans d'aventures), on assiste avec incrédulité à une succession d'événements complètement inutiles à la narration, présentées comme miraculeuses tant elles sont peu crédibles ( les enfants survivent à un naufrage, à des attaques de creux, de sous-marins etc...) même si finalement, tout est justifié in fine.

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Quant au tome 3, il comporte toujours trop d'aventures, il est trop verbeux et exhibe un peu trop ses sources. Après d'innombrables péripéties, Jacob et Emma arrivent enfin dans le lieu où miss Peregrine est retenue prisonnière. Elle se situe dans le coeur de Londres, du XXeme siècle, dans un lieu de désolation comme le Mordor ( " parce qu'on n'entre pas si facilement en Mordor", dit Jacob, p. 182). si vous avez déjà lu Tolkien, sachez que le voyage vers le Mordor est long et ennuyeux ! Jacob possède une des particularités de Harry Potter et il est aussi question de vol des âmes comme dans Le royaume du Nord de Pullman ( je n'en dis pas plus pour ceux qui sont tentés par les trois volumes, mais j'ai retenu d'autres points de similitudes...).

L'écoute est toujours aussi agréable, portée par la voix de Benjamin Jungers ( sauf pour la voix d'Addison, choix bizarre, que vous pouvez entendre ci-dessous dans l'extrait) mais pour ce type de livre où l'iconographie est importante, le livre me paraît un meilleur choix. Justement, c'est cette dimension visuelle et la richesse de la langue qui sont attrayantes et compensent un peu les facilités narratives. " Ca veut dire que les contes ont un sens caché ?", demande un des enfants particuliers dans le deuxième volume (p. 81) : on peine à trouver celui de cette trilogie...

Ransom Riggs, Miss Peregrine et les enfants particuliers, Le livre de poche, 436 p.

Ransom Riggs, Miss Peregrine et les enfants particuliers, " Hollow city", Le livre de poche, 505 p.

"La bibliothèque des âmes", Miss Peregrine et les enfants particuliers, audiolib, 11h41, lu par Benjamin Jungers

Partenariat Audiolib. Vous pouvez écouter un extrait ici.

7 mai 2017

Rompre le silence de Borrmann : ISSN 2607-0006

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Rompre le silence est le premier roman de Metchild Borrmann, paru en 2013 et qui a obtenu le prix du meilleur roman policier en Allemagne ( le Deutscher Krimipreis). Elle a depuis écrit cinq romans, dont Le violoniste. Effectivement, ce roman policier est efficace car il ne distille les renseignements que de manière parcimonieuses par des analepses. Le lecteur curieux attend donc avec impatience des informations. Robert Lubisch découvre, dans les papiers de son père décédé, avec lequel il ne s'entendait guère, une photographie d'une belle femme et une carte d'identité SS. Qui est cette femme ? A qui appartient ces papiers nazis ? Une journaliste décide d'aider Lubitsch mais elle est rapidement assassinée. Pourquoi a-t-on voulu la faire taire ?

L'intrigue nous pousse à tourner les pages. Pourtant, les personnages paraissent sans épaisseur, stéréotypés, prévisibles. On n'arrive pas à s'attacher à l'enquêteur, ni au personnage principal ( qui n'est pas Robert Lubisch), ni à leurs états d'âme. La deuxième déception dans ce roman vient du contexte historique. L'évocation de l'Allemagne nazie ne sert que d'arrière-fond à l'histoire : l'auteur a plus reconstitué une ambiance qu'une période historique ( on peut voir l'indulgence des autorités publiques lors de la dénazification, la propagande...). Une lecture entraînante mais qui n'est pas indispensable...

Borrmann, Rompre le silence, Livre de poche, 286 p.

Merci livre de poche pour ce partenariat.

11 mai 2016

Le crime de l'orient-express d'Agatha Christie : ISSN 2607-0006

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 Audiolib, dans "A. christie, la reine du crime en chiffres", nous rappelle l'extraordinaire popularité de cette romancière, 40 ans après sa mort : 67 romans policiers, 190 nouvelles, 18 pièces, 2 milliards d'exemplaires vendus dans le monde... Vous pouviez lire ses romans et maintenant, vous pourrez aussi les écouter. En ce qui concerne Le crime de l'Orient-Express, dont j'avais déjà lu le roman, l'enquête est extrêmement agréable à écouter, notamment parce que les chapitres sont très courts et l'écriture simple. On suit aisément l'histoire même en n'écoutant pas d'affilé les 7 heures de lecture. En outre, la voix agréable et expressive de Samuel Labarthe contribue à l'écoute intelligible de cette célibrissime enquête ( sur la jacquette, on nous indique qu'il a suivi les cours de Mesguich et vous l'avez peut-être vu dans La conquête de Durringer ou Les petits meurtres d'Agatha Christie).

"L'impossible ne peut se produire, donc l'impossible doit devenir possible malgré les apparences"

Doit-on encore présenter cette intrigue ? Elle fait partie de ces enquêtes ingénieuses, comme Les dix petits nègres, car l'histoire est particulièrement originale : un homme est tué dans un train, bloqué par la neige. Il a été tué de 12 coups de couteau. Qui a pu commettre ce meurtre effroyable dans un lieu clos ? En redécouvrant l'histoire, on remarque les faiblesses de l'intrigue - notamment un lien, très rapidement, se tisse entre les suspects et la victime et une mécanisation des faits ( présentation de chaque suspect, un par un, audition de chaque personne à la suite...). Mais c'est avec plaisir qu'on retrouve Poirot tout en déduction, car empêché de tous mouvements dans ce train à l'arrêt, il va depuis son fauteuil, résoudre cette énigme.

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Le crime de L'Orient-Express de Sydney Lumet :

Alors que Douze hommes en colère est un huis clos réussi, ce whodunit n'est pas brillamment adapté par S. Lumet. Certes, l'intrigue est respectée et le casting éblouissant. Malheureusement, le personnage de Poirot incarné par Albert Finney paraît plus fou qu'excentrique, plus extravagant que minutieux. Son jeu outré n'est pas sans rappeler un autre Poirot, peu crédible, Peter Ustinov ( qui ronfle bouche ouverte dans un salon, dans Mort sur le Nil, mais au moins ce film avait le mérite d'être comique, grâce à des personnages secondaires extravagants). Bref, celui qui incarne le mieux Poirot, sa méticulosité et son orgueil, est David Suchet. Ce film suscite l'ennui, parce que Poirot y est ridiculement mal interprété et parce que l'intrigue est répétitive ( 12 témoins à écouter !).

Agatha Christie, Le crime de l'Orient-Express, lu par Samuel Labarthe, 6h41. Vous pouvez écouter un extrait ici.

Sidney Lumet, Le crime de l'Orient-Express, 1974, 120 min, avec Albert Finney, Vanessa Redgrave, J.P. Cassel, Lauren Bacall...

Merci Audiolib pour ce partenariat

16 mars 2016

Les 8 salopards de Tarantino : ISSN 2607-0006

True grit 001Les 8 salopards, Tarantino :

Des personnages bavards et violents, des scènes grandguignolesques, plusieurs héros qui s'entrecroisent dans une intrigue originale : on reconnaît vite un film de Tarantino ! Huit personnages, dans un paysage enneigé, se retrouvent dans une auberge : un chasseur de prime a capturé une femme pour la faire pendre.  Leur arrivée dans une auberge et leur enfermement ressemblent à un traquenard.

L'originalité de la narration est indéniable. Le spectateur est pris dans un emboîtement de flash-back et de faux-semblants impressionnants. Cependant, l'aspect sanguinolent de certaines scènes et la longueur des répliques alourdissent inutilement le film. On n'en reconnaît pas non plus la musique d'Ennio Morricone si caractéristique. Paradoxalement, les 2h40 passent vite, on est piégé par le scénario... mais on en ressort ennuyé par le verbiage des personnages. J'ai préféré ses précédents films tels qu'Inglourious Basterds ou Django Unchained, moins inventif au niveau formel mais plus remarquable, en ce qui concerne l'histoire.

Billet d'Alex,

 True Grit, Coen, 2011, 1h50 avec Jeff Bridges, Hailee Steinfeld...

Pour une poignée de dollars, 1966, 1h36, Sergio Leone, avec Clint Eastwood...

Les 8 salopards, Tarantino, 2016, 2h48, avec Samuel L. Jackson, Kurt Russel, Jennifer Jason Leight

30 janvier 2016

Au mois de janvier 2016... : ISSN 2607-0006

Claudia 001Aurélia Frey, Image extraite de Variations, 2013, photographie argentique

Comment a commencé l'année ? Tout d'abord, je remercie Folio et audiolib pour leur partenariat car ils me permettent de découvrir de nouveaux auteurs ou des livres que je n'aurai peut-être pas lus... Merci Claudia, aussi, pour le joli colis plein de douceurs que j'ai reçu et à tous les blogueurs qui laissent des commentaires.

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Dasola conseille les Délices Tokyo de Noami kawase, Alex nous donne envie de voir Spotlight. Le coup de coeur de Trilllian est Le garçon et la bête.

Voici quelques films que j'ai vus récemment, mais je vous fais grâce de Star wars, le réveil de la force :

IMITATION GAME - Bande Annonce Officielle VF - Benedict Cumberbatch / Keira Knightley (2015)

Dans Imitation game, on peut découvrir un génial mathématicien du nom d'Allan Turing, qui a cassé le code Enigma, code utilisé par les nazis. Le contexte de la Seconde guerre Mondiale est présent à travers des images d'archives en noir et blanc, venant rappeler le rôle primordial de ce surdoué associal dans cette période de guerre. La découverte de cette personnalité hors du commun permet aussi de découvrir le sort réservé aux homosexuels dans les années 50 en Angleterre mais aussi de voir la souffrance d'une personne inadpatée à la société qui l'entoure. Un sage biopic, très classique, mais instructif.

Imitation game, 2015, M. Tyldum, avec Benedit Camberbatch, Keira Knightley, 1h55

LE PONT DES ESPIONS Bande Annonce (Steven Spielberg - 2015)

Comment est le dernier Spielberg ? Le pont des espions est un film très académique mais il permet de montrer avec sobriété les rapports de forces entre les grandes puissances que sont les EU, la RDA et l'URSS pendant la Guerre Froide. Un avocat doit défendre un espion soviétique, devenant ainsi anti-patriotique aux yeux des Américains. Pourtant, grâce à sa ténacité, il arrive à négocier l'échange de cet espion contre un pilote fait prisonnier par les Soviétiques. Certes, il y a un héros typiquement américain, de l'humour, des rebondissements, une histoire sentimentale, de bons sentiments, mais ce qui est vraiment intéressant c'est l'histoire des conséquences de la construction du mur de Berlin. Un film à voir pour sa dimension historique.

Le pont des espions, 2015, Spielberg, 2h12,  avec Tom Hanks. billet d'Alex, Parenthèse de caractères, 

Les Enquêtes du Département V : Profanation - Bande-annonce VF

Profanation, les enquêtes du département V est un film policier assez classique, suite de Miséricorde : deux enquêteurs ouvrent une ancienne affaire, qui compromet un riche milliardaire danois. Décidément, les pays nordiques ne cessent de briser l'image idéaliste qu'ils peuvent véhiculer avec ce long métrage très violent et montrant la corruption dont font preuve les hommes politiques. Une partie de l'histoire fait d'ailleurs penser à un campus novel avec des héros évoluant dans un lycée très chic cachant des dépravations. Très classique dans la manière de filmer, mais l'intrigue est plutôt prenante et donne fortement envie de lire les romans dont ils sont adaptés (Judi Adler Olsen).

Profanation, les enquêtes du département V, 2015, de M. Norgaard, 1h59 min

Bon mois de février et belles lectures...

27 avril 2016

Le commissaire Bordelli de Marco Vichi : ISSN 2607-0006

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A Florence, en 1963, le commissaire Bordelli mène une enquête sur une vieille dame, très riche, qui semble être morte d'une crise d'asthme violente. Cependant, très rapidement, des indices prouvent qu'elle a été assassinée. Ses héritiers sont-ils les coupables ? Voici une enquête très traditionnelle, construit comme un whodunit.

L'enquêteur aussi est assez banal, si ce n'est sa propension à fréquenter des marginaux comme des prostituées, des anciens détenus, un savant fou, un cousin silencieux et aimant corriger des copies... Il faut souligner aussi que, dans cette Italie après-guerre, la pauvreté règne et Vichi s'attache à décrire l'atmosphère de Florence, sous une chaleur torride.

Il y a peu de descriptions de la ville, en revanche, la torpeur du commissaire et l'arrivée de Piras qui est le fils d'un ancien compagnon de guerre, l'amène à se remérorer ses souvenirs de guerre. Dans une note de l'auteur, à la fin du roman, on apprend que ce sont les récits de combats parternels contre les nazis, qui ont inspiré Vicchi. Comme Simenon, avec son commissaire Maigret, l'auteur s'attache surtout à décrire le quotidien de son commissaire, ses problèmes pour arrêter de fumer, son amour pour la nourriture, sa vie sans femme...

Ce roman ne présente aucun événement sensationnel, ni de recherches formelles mais c'est un livre agréable à lire où l'enquête paraît presque secondaire par rapport au personnage de Bordelli et ses différentes rencontres ainsi que son passé. C'est ce dernier aspect, qui m'a plu, et qui semble être encore développé dans la nouvelle enquête de Bordelli, parlant de traque nazis : Une sale affaire ( lu par Keisha).

Vichi, Le commissaire Bordelli, 10-18, 214 p.

Lu par Lewerentz, Le livre d'après,

30 avril 2016

Au mois d'avril 2016... ISSN 2607-0006

1) EXPOSITIONS

Itinéraires des photographes voyageurs, Bordeaux : dans le cadre de cet événement, j'ai pu voir trois expositions des photographes Kalian Lo, Anne-Lise Broyer et Guillaume Millet.

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Tivoli, 2010, série au roi du bois : Anne-Lise Broyer courtesy La Galerie Particulière, Paris

Les carnets de la création, sur France culture  parle de A.L Broyer et Céline Clanet.

2) MES LECTURES

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- La revanche du petit juge de Gangemi ,

- Plus haut que la mer de Melandri,

- Piste noire de Manzoni,

-Le commissaire Bordelli de Vichi

3) MES FILMS

UN MONSTRE À MILLE TÊTES Bande Annonce (2016)

Un montre à mille têtes, 2016, de Rogrigo Pla avec Jana Raluy, 1h14

Une femme, au Mexique, est désespérée : son mari est gravement malade mais sa compagnie d'assurance refuse de lui accorder le traitement médical qui pourrait le sauver. Elle décide alors de prendre les choses en main et en otage le médecin, coordonnateur de sa compagnie. Cette première action déclenche une succession de catastrophes, dans une administration kafkaienne. Cette histoire est filmée d'une manière originale. Dès le départ, on sait que cette femme, Sonia Bonet, comparait devant un tribunal et on voit au fur et à mesure les différents témoins du parcours de Sonia. Les scènes sont perçues du point de vue du personnage principal puis d'un autre personnage. L'un d'entre eux est myope, donc, la scène devient floue à travers son regard etc... La maîtrise de la technique est parfaite mais on est tellement concentré sur ces détails et l'aspect technique qu'on reste à distance des malheurs et souffrance de cette femme.

DESIERTO Bande Annonce VF (Thriller - 2016)

Desierto, de Jonas Cuaron, 2016, 1h34, avec Gael Garcia Bernal

Dans le sud de la Californie, après une panne de leur camionnette, des migrants sont obligés de traverser le désert de Sonora pour traverser la frontière illégalement. Un homme xénophobe leur tire dessus et les traque sans pitié, avec son chien qu'il préfère aux hommes. Finalement, à part un dialogue bref sur les raisons d'aller aux Etats-Unis, ce film ressemble à une chasse à l'homme et s'assimile au genre "survival", tant à la mode ces derniers temps. La question des flux migratoires semble passer au second plan dans ce duel entre le gringo rascite et le clandestin...

FRITZ BAUER, UN HEROS ALLEMAND - BANDE ANNONCE VOSTF

Fritz Bauer, de Lars Kraume, 2016, 1h47 avec Burghart Klaubner

Fritz Bauer est un biopic très intéressant, étant donné qu'il révèle le rôle de ce magistrat dans la traque d'Eichmann. Ce dernier serait à Buenos Aires, selon le témoignage d'un aveugle. Bauer continue ses recherches, aidé d'un autre magistrat homosexuel. Ce film montre le caractère de cet homme juif inflexible, de sa lutte acharnée dans une Allemagne encore dirigée par de nombreux anciens nazis. Ce biopic très classique, linéaire, qui ne s'attache qu'à la période de la traque d'Eichmann, est, finalement, surtout intéressant comme témoignage sur l'Allemagne des années 1960, où encore nombre de partisans nazis étaient encore en place dans l'administration...

4) MES ACHATS

 - Mahmoud Darwich, La Palestine comme métaphore et La terre est étroite et autres poèmes + F. Garcia Lorca, Romancero gitano + L. Juiller, Analyser un film +Mario Vargas Llosa, Lituma dans les Andes, Qui a tué Palomina Molero ?

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12 mars 2016

Lire ou ne pas lire : Ragougneau et Moussa Konaté : ISSN 2607-0006

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A lire : Konaté,  L'empreinte du renard, meurtre en pays Dogon,  Points, 260 p.

C'est armée d'une carte du Mali que j'ai commencé la lecture de L'empreinte du renard. Ne connaissant pas ce pays, j'ai découvert grâce à l'enquête de Habib, commissaire fameux de Bamako, les coutumes et les moeurs des Dogons.

En effet, des meurtres étranges sont commis en pays Dogons : après un duel traditionnel entre deux amis, d'autres meurtres s'ensuivent. c'est Issa, le conseiller du ministre, qui dépêche Habib dans ce lieu où l'irrationnel domine. Là, le commissaire et l'inspecteur Sosso sont confrontés au silence des Dogonos et à leurs rites qui leurs paraissent étranges, bien qu'habitant le même pays.

On découvre donc le rôle du Hogon, le chef spirituel, un Dama, une fête funéraire ou une séance de divination où des devins observent des messages laissés par des renards... Dans cette communauté, ce qui les surprend, c'est la jeunesse du maire et de ses adjoints, qui semblent très riches malgré leur petit salaire. Le personnage principal applique la loi mais cela ne l'empêche pas de mener des réflexions : " Ce qui est sûr, dit Habib, c'est que j'ai reçu la plus belle leçon d'humilité de ma vie. J'ai rencontré des personnes qui mettent l'homme au centre du monde. S'ils commettent un crime, ce n'est jamais pour défendre des intérêts personnels, mais pr sauver l'honneur et maintenir les fondements de leur société. [...] Ils vivent peut-être en dehors du temps, ils s'accrochent peut-être à un monde condamné à disparaître, mais ce monde a un sens".

L'empreinte du renard permet de découvrir presque de manière ethnologique la communauté des Dogons, mais en plus, la langue est sobre et élégante. Il n'y a pas de longues descriptions pédagogiques : les informations sont intégrés dans des dialogues. Un très bon roman où le suspense est maintenu et qui donne envie de découvrir les autres enquêtes de cet inspecteur.

Autre roman : La malédiction du Lamantin

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A ne pas lire : Ragougneau, La madone de Notre-Dame, Points, 230 p.

Comme j'avais lu une bonne critique du deuxième roman de Ragougneau, intitulé Evangile pour un gueux, publié aux Editions Hamy et qu'on soulignait sa ressemblance avec Fred Vargas, j'ai décidé d'ouvrir son premier roman : La madone de Notre-Dame.

Une jeune femme arabe est assassinée à l'intérieur de l'église mais qui a pu commettre ce crime dans un lieu clos ? Est-ce un crime raciste ? Le mobile est-il religieux ? L'enquête est menée par le commandant Landard, un homme mysogyne, raciste, et brutal :

"C'est ça mon garçon. La statue la Vierge, les curés, les chevaliers de saint frusquin et la petite poule en blanc qui tortillait du cul à pas deux mètres de toi. Tu t'en souviens ?

- Oui, je m'en souvens, oui mais vous avez de ces mots..."

Effectivement, le personnage antipathique et le vocabulaire employé m'a tellement déplu que je n'ai pas fini le roman. Dommage, ce roman policier finissait chaque chapitre en dévoilant un élément essentiel qu expliquait toute la scène antérieure, créant un bon suspense mais cela n'a pas suffit à me donner envie de découvrir le fin mot de l'histoire.

23 mars 2015

Black Coffee d'A. Christie, adapté par Charles Osborne : ISSN 2607-0006

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Un nouveau Agatha Christie, pensais-je acheter en voyant ce titre que je ne connaissais pas encore. Impulsivement acheté, quelle n'est pas ma surprise en voyant écrit que c'est en réalité une pièce adapté par Charles Osborne. Black Coffee est en réalité une pièce de théâtre, ce qui se ressent dans la structure de l'histoire, qui se déroule dans un lieu unique : le salon d'un savant atomiste. Autour de lui gravite sa famille qui ne l'aime guère. Préoccupé par ses inventions, Sir Claud Amory agit comme un avare et un égoïste. Une formule qu'il a mise au point lui permettrait de détruire massivement des villes. Est-ce sont fils qui l'a tué pour s'en emparer car il manque cruellement d'argent ? Est-ce cet Italien étranger qui a volé la dormule pour la vendre au plus offrant ? Qui est coupable ?

Sir Claud ayant fait appel à Poirot avant sa mort pour protéger sa formule, ce dernier accompagné d'Hasting va brillament mener l'enquête. Si Black Coffee ressemble tant à une enquête d'A. Christie, c'est parce qu'Osborne n'est pas un sombre inconnu comme je le croyais tout d'abord, coupable d'avoir bêtement repris une intrigue de la célèbre reine du crime. En effet, grâce à Niki, j'ai découvert qu'il n'était rien moins qu'un des spécialistes reconnus de la romancière anglaise. Il a notamment écrit The life and the crimes of A. Christie et adapté ses pièces de théâtre. Effectivement, les personnages sont conformes à ceux de l'auteur des Dix petits nègres. La machination romanesque est particulièrement bien huilée, comme toutes les intrigues de la romancière anglaise, j'ai donc mené une autre enquête : traquer les différences avec les romans d'A. Christie.

En fait, cette adaptation est particulièrement réussie, voire caricaturale. Tout y est : Poirot est toujours obsédé par la symétrie et les grains de poussières imaginaires, Hasting a toujours moins de matière grise que le fameux détective, le crime est commis par la personne la moins soupçonnable... La seule entorse est que Poirot fume, ce qui n'apparaît pas dans les autres enquêtes me semble-t-il...

Dans cette traque des ressemblances et des différences, une chose m'a surprise : certaines expressions, comme le visage en forme d'interrogation de Poirot, paraissent étranges ou peut-être est-ce un problème de traduction. Finalement, en jetant un rapide coup d'oeil sur les ouvrages, on constate que Black coffee est très ressemblant aux originaux, un pastiche réussi donc !

Black coffee d'Agatha Christie, adapté par C. Osborne, Livre de poche

Sur le web : biographie de Charles Osborne ( wikipedia), billet Black Coffee de Niki

12 mai 2014

Les Monuments men de Edsel : ISSN 2607-0006

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 Forfuitement, j'ai écouté une émission sur France culture " question d'éthique" ( par Monique Canto-Sperber) intitulée "Les oeuvres d'arts volés par les nazis : les enjeux moraux des restitutions" avec Elizabeth Royer, marchance d'art et historienne, alors que je lisais Monuments men. Cette écoute m'a permis d'avoir un regard critique sur ma lecture. J'avais d'ailleurs vu un documentaire sur "Gurlitt et le trésor nazi" mais qui n'apportait pas vraiment de faits nouveaux.

Monuments men relate la genèse, la biographie et les actions de ce groupe d'hommes envoyés pour protéger les oeuvres d'art pillées pendant la Seconde Guerre Mondiale et les monuments bombardés lors des combats. Qui sont-ils ? Quels étaient leurs moyens ? En quoi consistaient leurs actions ? En s'appuyant sur des essais, sur des biographies, sur  des lettres envoyées par ces hommes tels que Georges Stout, Rose Valland, Romirer... et sur des archives reproduites à la fin de chaque chapitre, Edsel reconstruit la trajectoire de ces hommes qui se vouaient à l'art. Comme les Monuments men n'oeuvraient pas à chaque instant au sauvetage des oeuvres art, on les voit aussi participer au combat. Très clairement, il souligne la difficulté de cette entreprise: " Aucune ville n'a mieux que Saint-Lô illustré la complexité de la mission des Monuments men censés trouver le juste milieu entre la protection du patrimoine et la réalisation des objectifs militaires" (p. 128). Par exemple, Romirer a essayé d'empêcher que le jardin des Tuileries soit saccagé par les camions, les chars de l'armée présents lors de la libération de Paris. De manière factuelle, Edsel resitue leurs actions dans la guerre, décrivant le débarquement en Normandie, la libération de Paris, l'invasion de l'Allemagne et la découverte des camps de la mort.

Cet essai restitue de manière très fouillée le destin de ces hommes. C'est clairement un éloge de leur travail, qui longtemps n'a pas été reconnu : il soulige leur courage, luttant sans cesse contre les décisions militaires, le manque de moyen, l'incompréhension des soldats devant leur mission et leur rôle capital dans la découverte de la mine de Altausee. L'auteur souligne d'ailleurs que l'oubli de leur rôle n'a pas permis de renouveler la création de la MFAA lors de guerres suivantes ( comme en Irak).

L'art pourrait être considéré comme mineur quand des vies de soldats sont en jeu : pourtant, il a un autre enjeu comme le montre les paroles de ce jeune Monument man Harry Ettlinger, juif allemand ayant fui son pays : " Je n'ai pris vraiment conscience de ce que signifiait l'Holocauste, qu'en me rendant compte que les Nazis avaient privé les juifs non seulement de la vie ( au fond, je ne l'ai saisi que bien plus tard) mais aussi de leurs biens personnels [...] Neusschwanstein m'a ouvert les yeux sur cet épisode de l'histoire qu'il ne faut surtout pas laisser sombrer dans l'oubli" ( p. 510).

Edsel n'idéalise pas le comportement de tous, il évoque notamment le pillage des Russes ( "Aux troupes soviétiques [...], se joignaient des officiers des brigades financières dont la mission consistait à s'emparer des richesses de l'ennemi [...] pour racheter les souffrances de son peuple" (p. 393), du peuple Allemand, et des Américains, dans le dernier chapitre " L'après-guerre", il s'attache à chaque Monument man pour décrire leur destin, tout en laissant un peu de côté le fait que beaucoup d'oeuvres n'ont pas été restituées, ni retrouvées... Cet ouvrage, très richement documenté sur l'histoire de cette période ( même si l'auteur a romancé certains dialogues comme l'indique dans la présentation de l'ouvrage, et effectivement, il n'hésite pas à créer du suspense autour des révélations de Rose Vallant), découpés en brefs chapitres facilitant la lecture, permet de faire la lumière sur un sujet peu abordé mais passionnant et qui soulève bien des problèmes éthiques...

Edsel, avec Bret Witter, Monuments men, A la recherche du plus grand trésor nazi, Folio, 598 p.

Partenariat Folio.

Participation au challenge mélange des genres de Miss Léo, ( catégorie essai, mon bilan)

21 avril 2014

Hannah Arendt de M. Von Trotta : ISSN 2607-0006

HANNAH ARENDT - Bande Annonce

Lorsqu'on a lu Eichmann à Jerusalem* de H. Arendt ( plusieurs émissions lui sont consacrées sur France Culture), on peut trouver le film de M Von Trotta trop simpliste et superficiel. Pourtant, le choix de M von Trotta de dresser un portrait partielle de la célèbre philosophe H. Arendt est particulièrement judicieux, évitant de faire de la vie de celle-ci une succession de moments hautement dramatiques avec des périodes notables comme sa relation avec le philosophe Heidegger ou sa rencontre avec Benjamin à Paris... Elle s'attache notamment à filmer les positions de la philosophe pendant le procès d'Eichmann qu'elle a couvert en 1961 et décrit la genèse de son illustre essai Eichmann à Jerusalem. Certes, les idées sont simplifiées, lacunaires mais elle a, me semble-t-il, montré l'essentiel. Comment filmer la pensée en train de se construire ? Souvent, dans une vue plongeante, elle filme la philosophe, réfléchissant dans le calme et la solitude, faisant allusion à la pensée philosophique de H. Arendt, qui se veut un dialogue entre soi et soi-même. En outre, la polémique suscitée par la parution des articles pour New Yorker est bien mis en scène : " Hannah Arendt est-elle nazie ?" titre scandaleusement le Nouvel Observateur d'octobre 1966. Gershom Sholem lui reproche sa désinvolture... A juste titre, T. Todorov, faisait remarquer " qu'à en juger par le nombre de malentendus qu'elle a provoqués, l'expression (["banalité du mal"]) n'était pas très heureuse ; mais l'idée d'A. Arendt est importante". En revanche, son propos sur les conseils juifs - elle s'appuyait sur La destruction des Juifs d'Europe de Raoul Hilberg - a été remise en cause.

Cependant, le film ne tombe pas dans l'abstraction d'un débat d'idées : il évoque de manière réaliste la période concernant le procès, où on peut voir des images d'archives et la retransmission en direct de la captation du procès auquel H. Arendt n'assistera qu'en partie. Autour du portrait de la philosophe, sont aussi brossés les portraits des proches de la philosophe comme son mari, l'indispensable secrétaire et son cercle proche d'amis, tout en faisant allusion à ses rapports complexes avec le philosophe Heidegger. Ce film, qui s'inscrit dans une trilogie ( Rosa Luxembourg, Hildegard Von birgen), est une bonne introduction au système philosophique de l'auteur des origines du totalitarisme, même si l'on regrette que la pensée arendtienne soit réduite à une peau de chagrin.

Hannah Arendt, Film de Margaret Von Trotta, avec Barbara Sukowa, 2012, 113 min.

* H. Arendt, Eichmann à Jerusalem, Folio histoire, 512 p.

 Avis de Dasola.

Pour compléter la vision du procès donné dans ce biopic, vous pouvez visionner le documentaire diffusé sur France 2 : Eichmann, un procès. Là, alternent des documents d'archive du procès, qui se voulait "Le Nuremberg du peuple juif" avec l'intervention de nombreux historiens, romanciers... L'objectif n'est bien évidemment pas le même que celui de Von Trotta. Si celle-ci cherchait davantage à montrer la pensée arendtienne, le documentaire déroule des faits bruts - de l'arrestation d'Heichmann à sa condamnation à mort - et une analyse plus historique : ce documentaire met l'accent sur l'Histoire, avec la prise de conscience internationale des horreurs du génocide. S'attardant longuement sur les témoignages des survivants des camps, le réalisateur a mis en lumière la place capitale de la parole des témoins qui avait été jusqu'à lors peu écoutée.  

Heichmann, un procès, réalisé par Michaël Prazan, 2014

 

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Un documentaire, entièrement constitué d'archives historiques, réalisé par Delage, apporte des informations sur un autre procès de criminels nazis : Nuremberg, les nazis face à leurs crimes. Portraits des principaux nazis - Goering, Hess, Speer... - déroulement du procès donnent une vision assez complète d'un point de vue juridique.

Nuremberg, Les nazis face à leurs crimes, Delage, 1h30.

Les carnets secrets de Nuremberg, quant à eux est une approche psychologique du procès. Ces carnets sont ceux de Léon Goldenshon, psychiatre américain qui fut amené à cotoyer quotidiennement les grands criminels nazis de janvier à juillet 1946. Il devait s'assurer de leur santé mental et découvrir l'origine de leurs actes atroces. Des citations du carnets donnent une vision anecdotique de ces criminels et ne font qu'effleurer le sujet d'un point de vue psychologique. En outre, les reconstitutions qui sont mêlés aux archives historiques sont peu utiles et fictionnalisent un sujet qui n'en a guère besoin.

Les carnets secrets de Nuremberg, de J.C. Deniau, 2006, 59 min,

6 novembre 2011

Le crime d'Halloween d'Agatha Christie : ISSN 2607-0006

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Le titre, la quatrième de couverture et les premières pages de ce roman induisent les lecteurs en erreur : "Halloween", "Les sorcières s'envolent sur leur manche à balais"...  Mais Halloween n'est qu'un simple décor inaugural avant de tomber complètement aux oubliettes pour aborder un cadre plus idyllique, celui d'un jardin d'une grande beauté qu'on dit maudit. Le soir du 31 Octobre, où surgissent sorcières et appartitions, donc, un abominable meurtre d'une enfant de douze ans, prétendant avoir vu un crime, est commis en présence de l'écrivain Mrs Adriadne Oliver. Mais cette fillette Joyce, dont on a maintenu la tête dans une bassine, est une fieffée menteuse : qui la croit ? Certainement une des quinze personnes présentes à ce moment-là, sinon comment expliquer ce meurtre ? Voilà l'interrogation, le crime et l'énigme que soumet l'écrivain Mrs Olivers à Hercule Poirot, appelé à la rescousse.

Si l'intrigue est habile, Le crime Halloween ne fait pas partie des enquêtes originales comme celle du Crime de l'Orient Express ou des dix petits nègres. Le seul charme de cette histoire est le portrait d'Adriane, présentée comme une romancière à l'imagination incorrigiblement débordante - grande mangeuse de pommes - et quelques pistes fantaisistes. Un des jeunes présents à la fête propose une solution improbable mais amusante : " Et le vicaire ? demanda Desmond, plein d'espoir. Il est peut-être un peu siphonné. Tu vois ça d'ici, le péché originel et le reste, l'eau, les pommes et puis... [...] Il n'y a pas longtemps qu'il est dans le secteur. Personne ne sait rien de lui. Suppose que le Snapdragon lui soit monté à la tête. Le feu de l'enfer ! Toutes ces flammes qui montent ! Alors, il prend Joyce par la main et lui dit : " viens avec moi, je vais te montrer quelque chose", il l'emmène dans la pièce aux pommes et il lui ordonne : "agenouille-toi". Et il se met à bramer : " avec cette eau, je te baptise", et il lui plonge dans la tête dans la flotte. tu vois, tout colle. Adam et Eve, la pomme, le feu de l'enfer, le Snapdragon, et un nouveau baptême pour se laver du péché." Pauvre vicaire, il n'est mentionné qu'une fois !

Cette manière romanesque de percevoir le meurtre, cette propension à l'imagination se doublent de nombreuses références littéraires et antiques assez réjouissantes, avec le retour de proverbes - comme la comptine des petits nègres - qui mettront Hercule Poirot sur le chemin d'un criminel peu banal. Un livre vite lu, avec des étranges réflexions réactionnaires sur la société et les meurtriers, et pas un inoubliable d'Agatha Christie ( biographie sur le site Larousse)...

 Christie, Le crime Halloween, Livre de poche, p. 254.

Lu aussi par Niki,  en BD par allie... et vu par à l'heureduthé...

Autres romans : Poirot joue le jeu, La mystérieuse affaire de style, L'homme au complet marron,

Participation au challenge Halloween de Lou et Hilde.

Participation au mois anglais de Chryssilda, Lou et Titine.

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