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Dans L'éducation sentimentale ( I, 5) de Flaubert, Deslauriers résume ainsi les mécanismes de la société telle que l'a décrite Balzac : "Il croyait aux courtisanes conseillant les diplomates, aux riches mariages obtenus par les intrigues, au génie des galériens, aux docilités du hasard sous la main des forts". Effectivement, Balzac dans Le cabinet des antiques se fait "l'annaliste de son temps" en décrivant la magistrature et " le Faubourg-Saint-Germain de Province" dont le sobriquet est "le cabinet des antiques"

Emile Blondet, fils illégitime du préfet, prend la parole pour raconter la terrible histoire des d'Esgrignon, vieille noblesse ruinée après 1789 et oubliée pendant la Restauration. Le marquis préside le "cabinet des antiques" : "Les hommes de ce salon offraient les couleurs grises et fanées des tapisseries, leur vie était frappée d'indécision ; [...] seulement leurs cheveux blancs, leurs visages flétris, leur teint de cire, leurs fronts ruinés, la pâleur des yeux donnaient à tous une ressemblance avec les demmes qui détruisait la réalité de leur costume" (p. 67). Cette vieille noblesse complètement anachronique lutte contre les riches bourgeois du Croissier, du parti des industriels.

L'histoire commence véritablement en 1822, lorsque l'unique fils d'Esgrignon, Victurnien,  monte à Paris pour trouver un emploi mais tombe amoureux de la duchesse de Maufrigneuse, qui mène une vie ruineuse qui va le mener à sa perte. Commence alors une lutte sans merci entre Chesnel, notaire dévoué corps et âme à la famille d'Esgrignon, sorte de père Goriot afflublé de l'énergie de Napoléon ( car comme le disait Baudelaire, chez Balzac, même les concierge ont du génie) et du Croissier, qui veut la ruine de Victurnien. Cette deuxième partie est dominée par le genre théâtral, avec des références à Célimène pour désigner la duchesse et avec des coups théâtre, digne d'un mélodrame. En apparence, les d'Esgrignon semble avoir sauvé leur honneur mais la dernière page affiche clairement la fin du "cabinet des antiques"... Dans ce roman de la " scène de la vie de province", inspiré de deux faits réels où des aristocrates ont commis des faux, l'auteur de La comédie humaine décrit admirablement l'"histoire de la vie provinciale sous l'Empire et la Restauration".

Le cabinet des antiques, Balzac, Folio, 308 p.

La comédie humaine :

1. Scène de la vie de province : Eugénie Grandet, Le cabinet des antiques,

2. Scène de la vie parisienne : La fille aux yeux d'or, La duchesse de Langeais

3. Etudes philosophiques : La peau de chagrin

4. scène de la vie privée : Mémoires de deux jeunes mariées, Le père Goriot

5. Scène de la vie de campagne : Le lys dans la vallée