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1001 classiques
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27 octobre 2011

Notre Dame de Paris de V. Hugo : ISSN 2607-0006

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"Lisez le roman de Victor Hugo, vous trouverez que le genre salop abonde", écrivait Mérimée à Stendhal en 1831. Que reproche-t-il à ce roman ? C'est l'emploi de thèmes à la mode et mélodramatiques. On a aussi beaucoup reproché à ce livre, son "genre toponymique", un mélange de poésie et d'histoire, d'avoir abusé des termes architecturaux... Lisez la préface de Jacques Seebacher pour replacer ce livre dans les querelles historiques de l'époque.

"Tous les yeux s'étaient levés vers le haut de l'église. Ce qu'ils voyaient était extraordinaire ; sur le sommet de la galerie la plus élevée, plus haut que la rosace centrale, il y avait une grande flamme qui montait qui montait entre les deux clochers avec des tourbillons et d'étincelles, une grande flamme désordonnée et furieuse dont le vent emportait par moments, un lambeau dans la fumée.[...] Leur innombrable sculptures de diables et de dragons prenaient un aspect lugubre. La clarté inquiète de la flamme les faisait remuer de l'oeil. Il y avait des guivres qui avaient l'air de rire, des gargouilles qu'on croyait entendre japper, des salamandres qui soufflait le feu, des tarasques qui éternuait de la fumée. et parmi ces monstres ainsi réveillés de leur sommeil de pierre par cette flamme, par ce bruit, il y en avait un qui marchait et qu'on voyait de temps en temps passer sur le front ardent du bûcher comme une chauve souris devant une chandelle".(p. 579)

Hugo ( exposition virtuelle sur le site de la BNF)  écrit du Hugo : pourquoi en relever les défauts ? Evidemment il développe son esthétique du grotesque et du sublime : Quasimodo est "la perfection de la laideur". Mais ne fait-il pas dire dans La Esmeralda, pièce adaptée du roman, "je suis beau dans mon âme" à ce même personnage ? Le grotesque est aussi présent dans des scènes comiques comme le jugement de Quasimodo le sourd par un juge sourd. Evidemment, c'est un Moyen-Age de pacotille qu'il développe. Non, ce qu'il faut retenir c'est l'extrait ci-dessus : on voit tout ce que cette description architecturale médiévale doit au romantisme.  Commençant sous le signe du carnaval et du théâtre, ce Paris médiéval est peuplé de monstres, la fameuse cour des miracles, mais vue à travers une écriture hugolienne : "C'était un nouveau monde inconnu inouï, difforme, reptile, fourmillant, fantastique".

 On fait aussi la rencontre de Phoebus de Chateaupers et d'une bohémienne, Esméralda, une enfant trouvée comme Quasimodo. La figure du poète est incarnée par Gringoire et l'intelligence et la science par Frollo. Roman à tiroirs avec des scènes de reconnaissances spectaculaires, roman populaire avec ses enlèvements, ses pendaisons, où Frollo emprunte les traits d'un certain moine de Lewis - il a les yeux qui brillent comme des lanternes en voyant Esmeralda et finit par devenir un meurtrier pour l'amour d'elle tout en s'arrachant réellement les cheveux par poignées - C'est surtout un roman de la démesure aussi bien dans la peinture des sentiments que dans les scènes de foule. Balzac écrivait " deux belles scènes, trois bons mots, le tout invraisemblable, deux descriptions, la Belle et la bête et un déluge de mauvais goût". Certes, il est vrai que l'oeuvre est invraisemblable et que l'écriture est toujours excessive chez Hugo, cependant n'est-ce pas la jalousie qui fait parler Balzac ? La postérité n'a-t-elle pas donnée raison à Hugo en adaptant sans cesse ce roman ?

Hugo, Notre Dame de Paris, Livre de Poche, p. 618.

Autres oeuvres : Ruy Blas, Les travailleurs de la mer, Les misérables, Le Rhin, Lettres à un ami,

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15 octobre 2010

Les dames vertes de George Sand : ISSN 2607-0006

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George Sand ( biographie Larousse) est un écrivain tout à fait fascinant, vivant de sa plume, fumant, s'habillant en homme à une époque où les femmes n'avaient que peu de droits. Elle a fréquenté Chopin, Delacroix, Dumas et Flaubert... Ecrivain prolixe, elle a écrit de nombreuses nouvelles dont Les dames vertes.

Le narrateur est un jeune avocat, Just de Nizière,  à l'imagination débordante : devenu avocat pour plaire à son père,  il  aurait "préféré  les lettres, une vie plus rêveuse, un usage plus indépendant et plus personnel de [ses] facultés, une responsabilité moins soumise aux passions et aux intérêts d'autrui". En 1788, il se rend au château de Ionis pour démêler une affaire de famille : Madame Ionis doit hériter d'un immeuble après la découverte d'un testament, cassant un premier testament en faveur de ses cousins, qui sans cet héritage tomberait dans la misère. Bien que dans son droit, celle-ci refuse de gagner ce procès. Doit-il lui faire gagner ce procès et le droit ou laisser triompher les sentiments ? Just loge dans une magnifique chambre où il apprend que des ancêtres du château apparaissent pour prédire l'avenir...

Des spectres apparaissent, des statues semblent prendre vie et vous saurez en lisant cette nouvelle quel est le rôle de la fontaine de Goujon : rêve ou réalité ? Cette histoire serait, somme toute, qu'un conte de l'étrange proche de ceux d'Hoffmann, dans la lignée des contes fantastiques du XIXeme siècle s'il ne portait pas la trace des préoccupations de la romancière, notamment les questions sociales de la mésalliance et une certaine critique de la noblesse : " Bourgeois et philosophe (on ne disait pas encore démocrate), je n'étais nullement convaincu de la supériorité morale de la noblesse". De plus, l'action se passe à la fin du XVIIIeme siècle et on sent les influences des philosophes des Lumières. Le procès ressemble globalement à celui mis en scène dans Entretien d'un père avec ses enfants. Avec Les dames vertes, Georges Sand signe une nouvelle bien tournée, qui joue avec les codes du surnaturel et qui montre toute la diversité de son oeuvre.

Sand, Les dames vertes, Magnard, 139 p.

Autre oeuvre : Laura voyage dans le cristal

Lu dans le cadre du challenge George Sand de George Sand et moi.

6 juin 2009

Le rapport Brodeck, philippe Claudel : ISSN 2607-0006

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 « Crois-tu vraiment que les songes sont plus précieux que la vie? »

Le dernier roman de Claudel se situe dans l'après-guerre,  dans un temps imprécis et dans un village reculé. Le personnage principal, Brodeck doit écrire un "rapport" qui relate une mystérieuse histoire de meurtre, celui de « l'Anderer » - c'est à dire l'autre -   qui sert à révéler la nature des hommes du village, leur  cruauté, leur inhumanité. Parallèlement, le narrateur lève le voile sur son passé et les sombres heures qu'il a vécu dans un camp de concentration.

Après les « Ames grises », voici des âmes noires. Mais ce récit sombre est illuminé par une prose simple. A cette simplicité s'ajoute l'émotion créée par la rencontre d'une destinée humaine avec l'Histoire qui apparaît en filigrane. Ce livre n'est pas sans rappeler les témoignages de Primo Levi. Dans ce roman écrit à la première personne, Claudel réussit à donner une voix à part entière à son personnage. Il réussit aussi à poser les jalons de différentes réflexions sur l'espoir, la haine de ceux qui sont différents, la peur de l'autre sans tomber dans le didactisme ou l'ennui.

Cela faisait un an que ce roman trainait dans ma bibliothèque et je n'ai pas regretté de l'avoir l'ouvert parce qu'il m'a énormément plu comme tous les autres romans de Claudel que j'ai lu (Les âmes grises, La petite fille de Monsieur Linh).

4 mars 2010

Toute passion abolie de Vita Sackville-West : ISSN 2607-0006

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"Leonard et Virginia Woolf disaient de ce livre en 1931 qu'il était le meilleur de Vita Sackville-West. Elégance folle, finesse et charme rétro". Une pareille remarque ne peut qu'aiguiser la curiosité. Dans ce roman, on découvre la destinée de Lady Slane qui commence à revivre, à partir du jour où son mari meurt : véritable mythe vivant, vice-roi des Indes, membre du parlement, Lord Slane est une légende vivante mais, qui a ainsi relégué dans l'ombre sa femme, pendant toute sa vie. Femme dévouée, celle-ci élève leurs quatre enfants, Kay, Edith, Charles et Carrie, suivant son mari dans tous les coins du globe et surtout abolissant sa passion pour la peinture, au nom de l'amour qu'elle porte à son mari. Ses enfants cherchent à régenter sa nouvelle vie mais à quatre-vingt huit ans, Lady Slane est bien décidée à vivre comme elle l'entend : vivre de manière contemplative dans une petite maison de Hampteasd...
Vita Sackville est une véritable portraitiste. Quel don pour brosser des personnages originaux ! Sous sa plume fleurissent des excentriques : un milliardaire vivant comme un célibataire sans le sous et collectionneur d'objets d'art, Lady Slane qui a le sens de la beauté mais pas de l'argent, un propriétaire croyant aux théories millénaristes et aux chiffres prophétiques. Même Genoux, la fidèle servante de Mrs Slane, appartient à cette catégorie de personnages haut en couleur, parlant à son chat de manière théâtrale !

Les images envahissent le texte pour rendre plus tangible l'éphémère réalité de la vie, la fragilité des souvenirs. Et c'est là, lecteur, que tu risques d'être impatienté : les souvenirs de femme soumise de Lady Slane  ralentissent le roman qui perd son rythme alerte. Mais notre héroïne n'est pas à l'abri de nouvelles surprises. La passion peut-elle vraiment être entièrement abolie ?

L'écriture poétique des souvenirs alterne avec la verve sardonique des personnages tels qu'Edith ou Lady Slane, qui perçoit l'hypocrisie d'un monde régenté par l'argent et les ambitions, le jeu social qui a fait d'elle une femme soumise et qui a étouffé ses aspirations. Cette vieille dame anti-conformiste symbolise les rêves brisés, mais elle reste une femme hors du commun. Vita Sackville, avec finesse, raconte une vie au seuil de la mort, mêlée de mille réflexions sur le bonheur, sur le destin des femmes... tout en suscitant un monde rempli de sensibilité. Dans la lignée de l'écriture de romancières telles que V. Woolf ou K. Mansfield, avec délectation, le lecteur retrouvera une thématique et écriture post-victorienne : le chemin épineux des femmes au début du XXeme siècle.  Lien vers un billet très enthousiaste de Lou...

 Sackville-West, Toute passion abolie, Livre de poche, 221 p.

18 février 2010

L'hôtel hanté de Wilkie Collins : ISSN 2607-0006

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 W. Collins, quel maître du suspense ! Voici la quatrième de couverture :
" Fiancée humiliée, veuve manipulatrice et soumise évoluant dans une famille en apparence respectueuse des usages de la haute société victorienne... Qui est vraiment la comtesse de Narona ? Une intrigante prête à tout pour toucher une prime d'assurance sur la vie de son époux, ou bien la victime de craintes superstitieuses sur laquelle le destin semble s'acharner ? Entre Londres et Venise, Collins campe des personnages facettes multiples et complexes qui seront consciemment ou non, les complices d'une mort naturelle qui ne tardera pas à être suspecte. Un des grands romans de Wilkie Collins !
Wilkie Collins (Londres, 1824-1889) est incontestablement, dans la littérature victorienne, le maître de la déduction littéraire. Ses oeuvres essentielles (Armadale, La dame en blanc, Pierre de lune...) sont toutes parsemées d'emprunts aux faits criminels, son talent s'épanouissant dans des intrigues d'une grande complexité, mais aussi dans la maîtrise et la finesse de ses portraits psychologiques".

Admirez aussi la splendide couverture : Saint Cecilia de Watherhouse. Cette quatrième de couverture tient ses promesses : les premières pages du roman suscitent mille questions. Qui est cette femme dont on s'interroge sur sa santé mentale ? Est-ce une folle ou une femme superstitieuse ? Le docteur Wybrow apprend rapidement son identité, c'est la comtesse de Narona. Elle aurait volé le fiancé d'Agnès Lockwood, Lord Monbarry. Elle a une réputation d'aventurière et un frère joueur, le baron Rivar. A la mort de Lord Monbarry, la compagnie d'assurance enquête pour savoir si sa mort est naturelle ou si un meurtre a été commis avant de verser la prime d'assurance du lord. De plus, le courrier, Mr Ferraris, a mystérieusement disparu... Agnès, la fiancée délaissée, une des anciennes élève Mme Ferraris, Henry Westwick, frère du Lord et la comtesse de Narona ont des rôles importants et dramatiques à jouer dans cette intrigue captivante, qui nous emmène de Londres à Vienne.

Des fantômes, un peu d'ésotérisme, des meurtres et de nombreux rebondissements, notamment un dénouement spectaculaire et des plus originaux, caractérisent ce roman où le lecteur est assailli sans cesse par de nouvelles interrogations. A cette intrigue passionnante, s'ajoutent des commentaires caustiques du narrateur, sur les moeurs des Français ou des Italiens, s'opposant à la prude Angleterre, et qui égratignent aussi ses personnages : "les autres femmes, élevées suivant les préceptes et les habitudes modernes, en entendant parler d'une semblable conduite, eurent naturellement pour Agnès du dédain plein de compassion. A partir de ce moment elles ne parlaient d'elle que comme d'une personne "des temps jadis", curieux spécimen des vertus des vieux âges".
Une fois commencé la lecture de cette intrigue passionnante tournant autour de la mort et de la folie, de personnages mystérieux comme des sphinx et typiquement, on ne peut plus lâcher ce roman. Un roman fascinant et  un auteur merveilleux !
Collins, L'hôtel hanté, Edition de l'aube, 278 p.  (Challenge Wilkie Collins addict, de Cryssilda)

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25 octobre 2021

book selection : ISSN 2607-0006

PAL

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🎃 Voici ma PAL infernale ! J'ai déjà lu quelques livres, dont certaines lectures datent de l'année dernière, mais que je n'avais pas encore chroniquées...
🎃On peut voir un petit paper toy fantome en décoration : @hildelle proposait sur son blog un Cthulhu tellement mignon que j'ai voulu aussi en faire un. Malheureusement, il était monstrueusement raté. Je me suis rabattu sur un modèle simplicime...
🎃Clin d'œil à @carfeix_henecia_blogue qui a déjà parlé de cette gamme de produits de beauté sur son insta : j'ai aussi mis, en haut de la PAL, un masque sous la douche de body shop spécial pumpkin. C'est un masque exfoliant et nettoyant qui est à 96 % d'ingrédients d'origine naturelle. On sent une grande fraîcheur quand on l'applique sur la peau et ça sent vraiment l'odeur de citrouille ! Je ne sais pas si cela est vraiment efficace car je l'utilise depuis peu. En revanche, je n'ai pas pris la crème pour les mains car l'odeur de vanille est très forte...

bingo

Participation fantome, écologie, diy, book selection du 

haunted halloween bingo organisé par Lou et Hilde.

Billet récapitulatif ici.

22 juillet 2019

Louis Lambert de Balzac : ISSN 2607-0006

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http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-classique/Louis-Lambert-suivi-de-Jesus-Christ-en-Flandre-et-de-Les-Proscrits

"Louis Lambert", "Les proscrits" et "Jésus-Christ en Flandre" sont tous trois des récits appartenant aux études philosophiques. Alors que dans "L'auberge rouge" ou "L'élixir de longue vie" Balzac enveloppe les idées dans un matériau romanesque, Louis Lambert décrit surtout le spiritualisme du personnage éponyme. Le narrateur raconte la vie de ce pauvre garçon, dont la faculté de "voyant" (p. 34) l'empêche de s'intégrer dans l'école, ladite école décrite ennuyeusement sur plusieurs pages.

Remis dans son contexte, ce court récit fait écho aux théories de l'époque comme celles de Mesmer ou de Swedenborg. Mais quelle aridité ! Toutes ces théories longuement développées  paraissent complètement farfelues : "peut-être sommes-nous tout simplement doués de qualités intimes et perfectibles dont l'excercice, dont les développements produisent en nous des phénomènes d'activé, de pénétration, de vision encore observés [...] Il est si commode de déifier l'incompréhensible" (? p. 73) ou "si les apparitions ne sont pas impossibles, disait Lambert, Elles doivent avoir lieu par une faculté d'apercevoir les idées qui représentent l'homme dans son essence pure, et dont la vie, impérissable peut-être, échappe à nos sens extérieurs, mais peut devenir perceptible à l'être intérieur quand il arrive à un haut degré d'extase ou à une grande perfection de vue" (p. 84). J'ai abandonné cette nouvelle : Balzac est meilleur historien des moeurs que mystique.

Dans "Les proscrits", les portraits et le récit sont plus traditionnels. On nous décrit un étrange vieillard - " Il était vraiment impossible à tout le monde, et même à un homme ferme, de ne pas avouer que la nature avait départi des pouvoirs exhorbitants à cet être en apparence surnaturel" (p. 189) -  et son disciple allant chaque jour dans une célèbre école parisienne où ils écoutent les théories mystiques du docteur Sigier. Qui sont ces deux étrangers bannis ? Construite comme une nouvelle à chute, "Les proscrits" ne révèlent qu'à la dernière page l'identité de ce vieillard déclarant avoir survolé les abîmes...

Quant à "Jésus-Christ dans les Flandre", ce récit ressemble à une nouvelle fantastique abordant le thème de la croyance. Dans une première partie, le narrateur transmet une chronique répétée par les conteurs, dans laquelle plusieurs personnages de différentes catégories sociales, embarqués dans un bâteau affrontent une tempête. Quel sort vont connaître les différents passagers ? Après une fin édifiante, brusquement, au paragraphe suivant, le narrateur nous fait part de ses sentiments, de son désespoir. Une femme  - qui devait "être récemment sortie d'un cimetière" (p. 246) - vient le chercher pour lui faire une révélation, elle aussi édifiante. Le récit du narrateur présente un synchrétisme assez curieux : tout semble annoncer des thèmes romantiques avec un héros mélancolique, avec des objets qui prennent vie et avec une apparition surnaturelle mais qui aboutissement à un récit allégorique. La construction atypique s'explique par la genèse de ce récit : "Jésus-Christ en Flandre" est né de la fusion de deux textes ( Notice p. 274). Ils illustrent tous deux, de manière symbolique, la force de la foi.

Ce recueil disparate semble assez éloigné du romanesque de La comédie humaine mais est à lire pour découvrir un autre pan de l'oeuvre balzacienne.

LC. Après une pause en août, nous reprendrons les LC le 22 septembre avec le roman Ursule Mirouët.

Balzac, Louis Lambert, suivi des Proscrits et Jésus-Christ en Flandre, Folio, avril 2014, 303 p.

La comédie humaine :

1. Scène de la vie de province : Eugénie Grandet; Le cabinet des antiques

2. Scène de la vie parisienne : "La maison Nucingen", " Pierre Grassou", La fille aux yeux d'or, La duchesse de Langeais

3. Etude philosophique : "Louis Lambert", "Les proscrits", "Jésus christ en Flandre" "L'élixir de longue vie", La peau de chagrin; L'auberge rouge, L'Elixir de longue vie

4. Scène de la vie privée :"Le bal de Sceaux", Mémoires de deux jeunes mariées, Le père Goriot, La bourse, Gobseck, Le colonel Chabert

5. Scène de la vie de campagne : Le lys dans la vallée

6 juillet 2018

Selfies, La septième enquête du département V, Jussi Adler-Olsen : ISSN 2607-0006

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 "Corrosif", "acerbe", "caustique" sont des adjectifs qui pourraient qualifier la septième enquête du département V. D'emblée nous sommes projetés dans la vie d'une assistante sociale, qui décide de tuer de jeunes filles belles, oisives, profitant de l'aide sociale. Sa haine et sa lucidité - ce qui est une caractéristique qui s'étend à tous les personnages - la métamorphose en meurtrière. L'une des jeunes filles, Denise, est en conflit avec sa grand-mère, qui est tuée dans des circonstances mystérieuses. C'est sans compter l'équipe du département V, qui fait le lien avec une ancienne affaire criminelle. Pendant ce temps, Rose, la secrétaire du département V, sombre progressivement dans la folie tandis qu'Assad, parle de moins en moins de chameaux et de mieux en mieux le danois, ce qui prive d'humour le récit...

Lentement, les pièces du puzzle vont s'emboiter vers un dénouement permettant la résolution des multiples affaires suivies par les enquêteurs habituels, Karl Morck, Hassad et Gordon. L'ensemble est somme toute assez banal. Cependant, la différence majeure, dans le style de Jussi Adler Olsen, est le refus de toute idéalisation et de l'hypocrisie sociale. Les monologues intérieurs révèlent des pensées abjectes, pas politiquement correctes. On est loin des personnages policés et lissés du genre romanesque : les personnages sont vils et cyniques, l'auteur développant leur intériorité à outrance, écrivant ainsi un roman quelque peu bavard.

Quant au titre, il est assez trompeur : ne vous attendez pas à une trame policière tournant autour des réseaux sociaux. Les médias ont une place assez réduite. C'est plus la dimension sociétale du système social, qui est mis en exergue, même si une équipe de reporters veulent à tout prix filmer les enquêteurs, évidemment dans un but sensationnaliste, au grand désespoir de Morck, le cynique ( ou est-ce l'auteur qui l'est ?).

Cette histoire est lue talentueusement par Julien Chatelet, qui rend supportable les longs dialogues, une certaine vision décapante de la société danoise et la lenteur de l'intrigue foisonnante ( car il est aussi question d'un braquage, d'un meurtre peut-être commis par Rose, d'un ancien nazi, d'adultère etc...). Vous pouvez écouter un extrait ici.

Selfies, Jussi Adler-Olsen, Audiolib, lu par Julien Chatelet, 16h05.

Autres romans : Promesse

Partenariat Audiolib.

31 mai 2014

Au mois de juin 2014... : ISSN 2607-0006

Que s'est-il passé au mois de mai ? Grâce à Eva, j'ai repéré cette exposition au musée des arts décoratifs sur Dries von noten, un styliste belge.... Titine, quant à elle, a vu Robert Adam au jeu de paume, Adam, un photographe américain qui saisit les vastes étendues de l'Ouest américain tout en montrant l'évolution de ces contrées au contact des hommes. Autre belle exposition, Il était une fois l'Orient Express est détaillée par Dasola.

En avance sur le mois anglais, Agnes a lu Bienvenue au club de Coe et la maison du sommeil. Quant à Keisha, elle a lu le dernier Coe, Expo 85. Je souhaite lire Les mémoires d'Adrien : Niki en parle ici. Luocine a lu le manoir de Tyneford de N. Solomons qui me tente fort.

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Pour celles qui ne l'aurait pas marqué d'une pierre blanche, c'est le retour du mois anglais : j'ai commencé la lecture de La foire aux vanités, tout en craignant de ne pas finir à temps..., et une LC est prévue le 11/06 avec Claudia : Comme il vous plaira de Shakespeare. Vous pouvez vous joindre à nous ! D'autres LC sont prévues que vous pouvez consulter sur les sites des organisatrices : Titine, Crissylda et Lou.

 

Inglourious Basterds Official Trailer #1 - Brad Pitt Movie (2009) HD

Rapidement, j'évoquerai deux films de Tarantino, qui sait déjouer les codes et les genres cinématographiques. Dans Inglorious Bastards, il renouvelle, sur un rythme trépidant, les films de guerre alliant savamment humour, actions avec les " bastards" qui luttent contre les nazis, rencontrent une espionne allemande... Une deuxième intrigue plus sentimentale s'insère dans cette trame, avec l'histoire de Shosanna dont la famille a été exterminée par des nazis et qui mène une vengeance toute personnelle, le tout sur un rythme explosif.

Tarantino a vraiment l'art de traiter de thèmes sérieux tout y mêlant de l'action et de l'humour. Dans Django unchained, sur fond de musique entrainante, on suit la trajectoire spectaculaire d'un esclave nommé Django : ce dernier est devenu un homme libre grâce à un chasseur de prime, Schultz. Il recherche sa femme qui est esclave de l'abominable Calvin Candie.  On y découvre un di Caprio plein d'une rare cruauté. L'humour - notamment une scène inoubliable où Django apparaît vêtu d'un costume très théâtral - n'enlève rien à la dénonciation de la traite des noirs, montrée à travers des images parfois insoutenables. Tarantino revisite d'une excellente manière le genre du Western...

Inglorious Bastards, Tarantino  avec Brad Pitt, Mélanie Laurent, 2009.

Django unchained, 2013, Tarantino, Jamie Foxx, di Caprio.

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Mes derniers achats : Jack Rosemblum rêve en anglais et Le manoir de Tyneford ! Merci Soie pour le deuxième opus des aventures de Nigel Barnes, Depuis le temps de nos pères. J'ai aussi acheté La maison des miroirs de Connolly, L'équipage de kessel, L'auberge rouge de Balzac et Escadrille 80 de Roald Dhal.... Bonnes lectures à tous et bon mois anglais !

21 janvier 2012

Robinson Crusoe de Daniel Defoe : ISSN 2607-0006

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Le buttler de Pierre de Lune de Wilkie Collins ne jurait que par Robinson Crusoe et Rousseau lui donnait une place prépondérante dans sa bibliothèque dans l'Emile. Et on comprend mieux à sa lecture pourquoi. Tout d'abord un petit mot sur la nouvelle traduction : même si vous n'avez pas lu la version originale, on vous explique que nombre de passages sont souvent coupés. Ici, ce n'est pas le cas. En outre, Françoise sorbier a fait un effort pour rester fidèle à la dynamique écriture - sans anachronisme - de Defoe : point de vocabulaire affecté comme dans certaines versions, point de simplification. Cette version se veut fidèle.

Effectivement le dynamisme de l'écriture transparaît dans cette succession d'actions : Robinson, bourgeois de la classe moyenne, pour avoir désobéi à son père, est sauvé miraculeusement de trois naufrages et de l'esclavage dans lequel il est tombé près des côtes africaines. Mais ce n'est pas le moindre de ses problèmes. Lorsqu'il échoue sur une île déserte, il doit tout faire par lui-même : fabriquer son pain, des paniers, des tentes... et ses vêtements. Il n'y a ausun répit pour Crusoé, de même que pour le lecteur...

"Il n'est jamais trop tard pour être sage". Véritable odyssée humaine, Robinson passe par toutes les étapes de la civilisation. Elle se double d'une odyssée métaphysique et philosophique : il réfléchit sur ses erreurs et sa situation, relativisant ses malheurs et les valeurs de la société : " tous les tourments que nous souffrons à cause de ce qui nous manque me paraissent venir d'un manque de gratitude pour ce que nous avons". Lui qui a participé à la traite des nègres devient l'ami d'un sauvage. Ce livre est une belle réflexion autour de la nature et de la civilisation, non sans humour : même dans le désarroi, Robinson se croit gouverneur de son île, se construit une résidence secondaire. Bien qu'il n'y ait personne pour le voir, ce qu'il souhaite le plus au monde sont des bas et des chaussures anglaises. Inspiré d'une histoire vraie, celle d'un marin Selkirk, Robinson Crusoe est une invitation au voyage ; c'est un héros à redécouvrir, malgré des inventaires un peu longs, mais moins pénibles que celle d'une autre Odyssée...

 Daniel Defoe, Robinson Crusoe, Nouvelle traduction de Françoise Sorbier, Edition Albin Michel, p 432.

Merci pour ce partenariat à Ys et Newsbook !

24 août 2011

Le crayon du charpentier de Manuel Rivas : ISSN 2607-0006

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Né en Galice en 1957, Manuel Rivas est un journaliste, essayiste et nouvelliste. Il a aussi écrit Le crayon du charpentier : quel livre ! Quelle émotion en refermant ce roman et tout au long de la lecture ! Quelle belle écriture !

Mais quel est le thème de ce livre ? Le début paraît un peu confus : un journaliste Da Sousa vient interviewer le docteur Da Barca qui est mourant. Une jeune prostituée Marisa Da Visitaçao, dans un bar, évoque son patron, un certain Herbal. Un narrateur  - on découvrira qu'il s'agit d'Herbal - raconte comment il a tué un peintre anarchiste, un peintre " qui peint des idées". Puis à nouveau Herbal prend la parole pour raconter sa vie peu banale : garde civil, il a exécuté des condamnés politiques sous le régime de Franco. C'est là qu'il fait la connaissance du docteur Da Barca et du peintre à qui il prendra le crayon de charpentier. Ce crayon a un rôle très important : il parle à l'oreille d'Herbal qui peu à peu au contact de cette voix va s'humaniser...

J'ai aimé l'histoire sentimentale entre Da Barca et Marisa Mallo, un amour plus fort que les préjugés sociaux, qui traverse le temps et surmonte l'horreur de la guerre, de la torture...

J'ai aimé Les personnages, si bien décrits, si vivants, jamais manichéens avec des personnages très différents et parfois très beaux -  comme la mère supérieure Izarne, forte et courageuse - et la reconstitution historique et sociale en arrière fond : l'auteur évoque aussi bien la Santa Compana, le porche de la gloire de Saint-Jacques de Compostelle, que le rôle des paseadores. Il décrit aussi la vie dans ces prisons de La Corogne sous Franco, évoque le rapprochement avec les nazis, les cris de colère du peuple qui ne veut pas se laisser piller alors que les leurs sont morts pour la guerre... Surtout le personnage d'Herbal est remarquable : personnage veule, délateur et lâche, il progresse subtilement au fil de ses rencontres et grâce à la voix intérieure du peintre : " Mais si je m'arrête un instant, si je parviens/ à fermer les yeux, je les sens à mes côtés/ Une nouvelle fois, ceux que j'ai aimés : ils vivent à l'intérieur de moi..." (Antero de Quental, p. 228)

J'ai aimé dans ce livre l'écriture qui mélange surnaturel et réel historique, mais sans tomber dans la tonalité fantastique. L'écriture est plus que plaisante, c'est une belle écriture mélangeant les pensées rustres d'Herbal - qui en faisant un rapport sur Da Barca, écrit leçon d' "autonomie" avec un cadavre - aux idées élevées, artistiques du peintre, aux mots pleins de générosité et de courage de Da Barca... Finesse de l'écriture et même l'humour et l'ironie sont discrets. L'écriture est absolument magnifique, même pour évoquer l'horreur ou la maladie :"il suffit d'observer son visage maigre et pâle, ses joues légèrement rose. Les reflets de sa transpiration alors que cet amphithéâtre est on ne peut plus glacial. La mélancolie de son regard. Sa beauté phtisique." ( p. 56) Il est aussi beaucoup question de peinture et le récit est émaillé citations. " Parler est un moyen de conjurer le sort", " la douleur fantôme", autant de thèmes qui font la richesse de ce livre....

Rivas, Le crayon du charpentier, Folio, p. 231

15 février 2010

Virginia Voolf par Alexandra Lemasson : ISSN 2607-0006

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Comment retranscrire la complexité de la vie d'un écrivain ? C'est le pari que Lemasson relève en écrivant une biographie sur une des romancières les plus célèbres d'Angleterre, dont la légende est déjà construite de son vivant : considérée comme une femme futile pour certains ou une névrosée suicidaire pour d'autres, V. Woolf a une réputation d'auteur difficile et excentrique.
La quatrième de couverture esquisse le portrait d'une femme légère et mondaine : " J'aime boire le champagne et devenir follement exaltée. J'aime partir en voiture vers Rodmell dans la chaleur d'un vendredi soir et manger du jambon, et être assise sur ma terrasse et fumer un cigare avec un hibou ou deux". V. Woolf (1882-1941) fut une femme aux vie multiples : partagée entre Londres et sa retraite du Sussex, rompues aux mondanités comme à la solitude, attentive aux petits miracles quotidiens et bousculée par la folie". Il ne reste pas une trace de cette légèreté dans le reste de la biographie où A. Lemasson retrace, de manière chronologique, la vie de Virginia  Woolf.
Elle égrène ainsi les événements marquants de la vie de la romancière : l'enfance heureuse à Saint Yves, puis endeuillée par la mort de sa mère et de son frère et plus tard celles de sa demi-soeur Stella et de son père. Libéré de l'autorité de son père, elle commence à écrire et publier. S'ensuivent la description de son mariage et des différentes rencontres, qui ont jalonné sa vie, la création du groupe du Bloomsbury, tout en tissant un lien entre sa vie et ses oeuvres.
Lemasson cherche à faire un travail objectif et s'appuie sur l'autobiographie Une esquisse du passé de V. Woolf pour raconter les sentiments de l'auteur mais aussi pour justifier son suicide par lequel elle aborde ce récit de vie. Ce n'est ni une hagiographie, ni une réhabilitation mais un portrait qui se veut nuancé, tordant le cou à la légende noire qui faisait de V. Woolf une folle. Cependant, si ce portrait d'une femme sous l'ère victorienne insiste sur sa folie pour mieux montrer son courage à affronter la réalité, il me semble que cette biographie reste très sombre et que Lemasson détaille trop les deuils et la maladie qu'a affrontés V. Woolf. Qui est V. Woolf ? A cette question, A Lemasson, dans son prologue, répond : "Qui l'a lue ? Beaucoup moins. Il faudrait donc commencer par ses livres sans avoir jamais entendu parler de sa vie." Cette biographie permet d'appréhender la vie de cet auteur dans son ensemble, dans une écriture agréable, mais suivons donc ce conseil et lisons plutôt l'auteur de Mrs Dalloway....
Une lecture tout de même enrichissante, lue dans le cadre du challenge Virginia Woolf

13 septembre 2009

Acide Sulfurique d'Amélie Nothomb : ISSN 2607-0006

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J'avais déjà lu Attentat qui m'avait fortement déplu. C'est donc, sans enthousiasme, que j'ai commencé ma lecture... "Concentration" est le nom d'une émission de télé-réalité, conçu sur le modèle des camps nazis. Le groupe des prisonniers est constitué par des gens enlevés dans la rue, lors de "rafles". Pannomique, paléontologue, se retrouve ainsi dans les rangs des victimes. Zdena, véritable brute, est recrutée comme Kapo. Ces deux personnages vont s'affronter devant les caméras...

Dès les premières pages, le ton est donné : l'idée de faire un jeu de télé-réalité reproduisant un camp de concentration semble plutôt malsain. Puis au fil du jeu, on perçoit différents aspects des mécanismes de l'émission, tous plus vils les uns que les autres : la course à l'audimat, la dictature de l'argent, du scandale et l'attrait de la violence. 

Comme vous l'avez compris, ce livre m'a fortement ennuyé. Le style y est déplaisant : mots vulgaires, dialogues plats, aucune profondeur psychologique des personnages... Le thème de la télé-réalité, est un thème racoleur qu' A. Nothomb traite de manière manichéenne, tout en emphase et de manière grotesque.

16 janvier 2016

Sigmaringen de P. Assouline : ISSN 2607-0006

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Sigmaringen est une petite ville située sur le Danube, au sud de l'Allemagne. C'est le cadre du roman historique de P. Assouline : en 1944, Pétain et Laval sont exilés dans le château des Hohenzollern. Leur majordome, Julius Stein, officie sous leur ordre. Narrateur interne, on suit les pensées et les observations de Julius, qui décrit la vie des ministres, des miliciens et des civils français, qu'il est obligés de servir. Comme dans Les vestiges du jour, on nous raconte le quotidien d'un buttler.

Dans une note, à la fin du roman, l'auteur reconnaît sa dette envers le roman d'Ishiguro, dont Sigmaringen semble une pâle copie, notamment avec la question de la dignité de la fonction, et le film de James Ivory. Parmi ses sources, on trouve l'incontournable Downton abbey ou Gostford Park. Pour s'en démarquer, Assouline a ajouté de nombreux retournements de situations, surtout vers la fin du roman, avec des trahisons, des espions, un mariage énigmatique, la "sigmaringite" ( c'est-à-dire l'ambition, la jalousie dans ce lieu clos)...

L'aspect historique ténue reste pourtant intéressante : qui sont les Hohenzollern ? Quel rôle a joué Céline ? Comment vivent les civils français qui ont suivi le gouvernement de Vichy en exil ? Les derniers jours du régime nazi, le sort des oeuvres d'art entre leurs mains, les Volkssturm, le rôle de l'aristocratie dans l'ascension d'Hitler sont aussi évoqués, de manière très documentée, sembe-t-il à en juger par la pléthore de sources de ce roman.

"A l'entendre, ma conception de l'obéissance relevait de la pathologie. Elle ne comprenait pas, elle ne pouvait comprendre que chez nous dès lors qu'on endosse un uniforme, on se croit délesté d'une certaine responsabilité. On n'a plus à décider". Cette citation reflète l'un des dilemmes du personnage : doit-on obéir aveuglément  aux ordres ? Même si le procédé narratif n'est pas neuf - donner la parole à un majordome - et même si le rythme est très lent pendant les trois-quarts du roman, Assouline nous immerge parfaitement dans cette époque, en donnant une large place à la politique et à la musique aussi.

Assouline, Sigmaringen, Folio, 352 p.

Partenariat Folio

11 avril 2019

Fief de David Lopez : ISSN 2607-0006

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https://www.audiolib.fr/livre-audio/fief-9782367628301

A quoi ressemble une certaine jeunesse d'aujourd'hui ? Comment s'exprime-elle ? D'emblée, on est projeté dans une conversation entre quelques jeunes qui fument du shit, jouent aux cartes, racontent leurs relations avec les filles. Ces scènes de la vie quotidienne alternent avec les séances de boxe de l'un des personnages.

L'imitation de la langue de ces jeunes est tout à fait novatrice dans un roman, entre mots en verlan et grossiéretés. Alors que le langage a évolué très rapidement ces dernières années, la prise en compte d'un nouveau vocabulaire est encore rare dans les romans, certainement parce qu'il ne correspond pas à un certain canon de la langue littéraire. "La gueule", "les meufs", "un ouf", "le toncar" ponctuent les dialogues de cette bande. La juxtaposition de scènes dialoguées, les phrases brèves, orales, rythment ce récit, dans lequel, comme l'auteur le précise dans l'entretien, à la fin du CD, il a voulu privilégier la forme. Mais le fond semble oublié !

Comme pour Avec toutes mes sympathies de O. de Lambertherie, le récit est lu par l'auteur lui-même. De fait, sa lecture est fluide, maîtrisée, très agréable à entendre ( vous pouvez écouter un extrait sur le site audiolib). Qui mieux que l'auteur sait quelles intonations prendre ? Il sait à merveille rendre vivant un texte où tout est monotone "comme un grand trottoir roulant" ( Proust à propos de L'éducation sentimentale de Flaubert)

Cependant, on peine à s'intéresser à ces personnages, et à toutes ces descriptions de leur vie médiocre et prosaique comme les règles du jeux de cartes, les coups à donner en boxe, le quotidien de ces jeunes qui cultivent l'ennui et l'auteur arrive parfaitement à nous faire ressentir ce vide et cet ennui.

Fief, David Lopez, lu par l'auteur, Audiolib, 6h57, 2018.

Audiolivre écouté dans le cadre du Prix Audiolib 2019.

Sur le web : Fief, David Lopez, Télérama, mis en ligne le 1 septembre 2017. URL : https://www.telerama.fr/livres/fief,n5181783.php

Par Jupiter ! 2018. "David Lopez, lauréat du prix du livre Inter 2018". Animée par Charline Vanhoenacker. Diffusée le 28 août 2018 

17 juillet 2011

Comme personne de Hugo Hamilton : ISSN 2607-0006

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La quête identitaire est un des grands thèmes universels de la littérature. C'est le sujet du roman Comme personne d'Hugo Hamilton : Gregor est persuadé d'être un enfant adopté même si sa mère soutient le contraire. Dans le chaos régnant de la chute du régime nazi, une substitution d'identité était alors facile à faire : qui se soucie d'une femme qui a perdu son enfant comme tant d'autres ? Que deviendrait un orphelin seul ? A partir de quelques paroles échangées avec l'oncle Max - qui faisait du marché au noir avec le grand-père de Grégor, la vie de ce dernier bascule : il n'a de cesse de trouver des réponses à la question de ses origines. Est-il juif ? A-t-il été enlevé par cette famille allemande ?

C'est un double récit qui est mené : parallèlement à la vie actuelle de Gregor, on suit son passé de son enfance à la chute du mur de Berlin en passant par la période hippie des années 60. Dès les premières pages, l'image des strates géologiques illustre bien cette quête qui devient presque une enquête. C'est Mara - la femme du personnage principal - qui trouvera des preuves dans les dernières pages du roman.

Contrairement à ce qu'on pourrait penser en lisant la quatrième de couverture, le roman fait assez peu référence à la guerre, sinon pour rapporter quelques faits anecdotiques et déjà vus : l'horreur de la guerre et son absurdité, la souffrance des survivants, la torture... Pour cet aspect-là, vous n'apprendrez rien de neuf. En fait, ce livre se penche davantage sur la question des transmissions entre générations, pose la question de l'appartenance à une famille, à un groupe...

Lire parle d'un livre "bouleversant". Question de sensibilité ? On ne sent pas touché par ce récit dans lequel la cueillette des pommes et les petits riens du quotidien sont plus présents que l'Histoire et l'éclatement des thèmes abordés ne permet malheureusement pas de se plonger dans la vie de cet homme, histoire menée trop généralement pour créer une empathie avec le personnage. Une déception...

Merci à Bibliofolie et aux Éditions Points pour ce partenariat.

 Hugo Hamilton, Comme personne, Points.

21 avril 2022

Mai la rage d'une mère d'Atul Mongia : ISSN 2607-0006

Mai la rage d'une mère est une série indienne violente. Vous ne trouverez pas de saris colorés, de musiques bollywoodiennes dans cette série à l'ambiance de thriller. Corruption et criminels hantent cette histoire qui repose sur des trahisons, des meurtres et du blanchiment d'argent.

  Une femme timide, Sheel, s'aperçoit que sa fille muette se comporte de manière étrange : lorsque cette dernière veut lui expliquer ce qui la préoccupe, elle est percutée par un camion et meurt sans pouvoir parler... Après le procès du chauffard, celui-ci fait des déclarations qui allertent la mère : il ne voulait pas tuer sa fille. La mère endeuillée, surnommée "Mai" par sa fille, décide de mener une enquête... Tout autour d'elle, évoluent les forces spéciales de la police, deux couples de malfrats, une ancienne taularde qui a tué son mari qui la battait, une belle-famille riche mais terrifiante... qui est le coupable ?

En menant son enquête avec obstination, elle va se révéler être meilleure que James Bond dans tout ce qu'elle entreprend même si elle commet de nombreuses erreurs (Et oui, n'est pas Sherlock qui veut) : elle, si douce, grimpe les murs des jardins pour rentrer illégalement dans des propriétés, vole des produits pharamaceutiques, torture une criminel, en assomme un autre... Mais peut-on faire justice soi-même, même si la justice est elle-même corrompue ?

Le suspense est vraiment prenant ! Comme le dit si bien la fille de Mai, rien n'est tout blanc, rien n'est tout noir. Et c'est donc éclairé d'une lumière jaunâtre, dans des scènes souvent noctures, grises, et tristes que se déroulent la plupart des scènes de cette série en 6 épisodes de 45 minutes. Des pluies de morts et de retournements de situations viennent rythmer chaque épisode qui commence toujours sur un retour en arrière : et c'est là que le spectateur comprend réellement qui sont les personnages tous nuancés... et voir l'ampleur de la corruption dans la société, la place des femmes dans la famille, de la violence dans le système indien. Une efficace série policière indienne mais au visuel trop académique...

274536042_4937182766373437_4794930244502068578_nMai, la rage d'une mère, Netflix, 2022, Atul Mongia

Participation "Ecrans" au challenge Les étapes indiennes organisées par Hilde et Blandine

1 novembre 2020

Soirée pop-corn # 1 spécial Halloween : ISSN 2607-0006

halloween1Missycornish propose une sélection de films d'horreur à voir le soir d'Halloween. En ce lendemain d'Halloween, nous nous retrouverons pour vous proposer d'autres films que nous aurions visionné sur cette thématique. Les soirée pop-corn deviendront un rendez-vous mensuel organisé avec Missycornish.

Et vous quelle a été votre sélection pour la soirée d'Halloween ? Vous pouvez découvrir la sélection de Missycornish ici. Quant à moi, je vous propose de découvrir, revoir  ou d'éviter 2 films et une série : Izombie, Relic, Peninsula.

 Relic ressemble à s'y méprendre à un film d'horreur, en empruntant toute la codification propre au film de genre  mais c'est pour nous surprendre par son message final délivré : une vieille femme a disparu. Sa fille et sa petite fille sont aussitôt appelées pour enquêter sur cette mystérieuse disparition. C'est l'occasion pour ces deux femmes de prendre conscience de la relation qu'elles entretiennent avec leur aïeule. Sa fille se reproche son éloignement et sa petite fille tente de se rapprocher de la vieille femme revenue tout aussi mystérieusement.

Pusieurs scènes métaphoriques filant les images du pourrissement et de la dégradation de la maison notamment, montrent bien que le véritable sujet est la vieillesse. Certes, la maison semble devenir labyrinthique, envahie par des créatures étranges mais elle symbolise la psyché des personnages.

On peut se demander à qui s'adresse ce film : un public adolescent trouvera l'atmosphère horrifique trop atténuée tandis que le grand public sera peut-être rebutée par l'aspect glauque enveloppant la réflexion sur le passage du temps... Les dernières images sont vraiment terribles et sans être un film inoubliable, la réalisatrice a su créer un film hybride bien ficelé.

Relic, 2020, de Nathalie Erika James, 1h29, avec Emily Mortimer, Robyn Nevin, Bella Heatcote

 Cette suite de l'excellent Dernier train pour Busan, est très décevante ! Dans la Corée du Sud, envahie par les zombies, un groupe de 4 personnes, dont un ancien militaire, qui a perdu sa soeur et son neveu, tués par des zombies, cherchent à récupérer un magot caché dans un camion. Cela donne lieu à des courses poursuites folles, des combats avec les créatures infectées mais aussi d'autres survivants devenus psychotiques... Un autre arc est développé autour d'une famille de rescapés, qui survivent joyeusement dans ce chaos.

Malheureusement, le réalisateur a usé de multiples références à d'autres films d'actions comme Mad Max : Fury road pour les courses poursuites en voiture, à des cinématiques de jeux vidéos pour les tueries de monstres qui n'embellissent pas son film. Ce long métrage, avec ses très beaux éclairages et décors, manque d'humour, d'originalité et de développements des caractères personnages, auxquels on n'arrive pas à s'attacher alors que le scénario est conçu pour créer des situations pathétiques. Regardez Dernier train pour Busan mais pas ce film de série B  ! Quand on sait que ce film a été sélectionné à Cannes, on se demande bien pourquoi...

Peninsula, 2020, Yeon Sang-ho avec Dong-won Gang, Do-Yoon Kim. 

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Peninsula de Yeon Sang-ho

 IZombie est une série policière classique avec des enquêtes sur des disparitions de jeunes délinquants. Ce qui est moins traditionnel, c'est le personnage de la légiste, Liv, qui est en réalité une morte-vivante. Après une fête, sur un bateau qui va faire naufrage, où une drogue a "zombifié" les convives, Liv se réveille en ayant faim de... cerveaux humains. Lorsqu'elle ingère ces cerveaux, elle adopte la personnalité de ses victimes, ce qui lui permet de venir en aide au commissaire Clive Babineaux.

Izombie n'est pas horrifique car les scènes de meutres se déroulent souvent hors-champ et le scénario repose sur des dialogues et des  scènes comiques. Ravi, l'autre légiste, est un mème vivant ! Il est fou de joie d'avoir un zombie à étudier à proximité et mène joyeusement une quête d'un sérum pour empêcher la zombification de sa collègue. Cette dernière, outre le fait de ne plus avoir besoin de se déguiser le jour d'Halloween, prend conscience de la fragilité de la vie, mène une réflexion sur sa vie antérireure et va commencer un combat contre des zombies beaucoup plus belliqueux... Une saison 1 très réussie !

Izombie,de Rob Thomas, Netflix,  saison 1, avec Rose McIver, 2015

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Participation au challenge Halloween organisé par Lou et Hilde

 

6 mai 2020

Né d'aucune femme de Franck Bouysse : ISSN 2607-0006

 

Né d'aucune femme

 Quelle surprise en commençant l'écoute de ce livre ! Quel mystère ! Né d'aucune femme de Franck Bouysse est proche de certains  romans de Giono - Les âmes grises ou Un roi sans divertissement - par ses thématiques et par ses choix narratifs.

Une femme meurt dans un asile, laissant des cahiers cachés sous sa jupe. Que vont-ils révéler au prêtre venu donner les derniers sacrements. Ces écrits laissent deviner l'existence d'une servante d'une quinzaine d'années abusée par son maître et brutalisée par la mère de ce dernier. La femme du maître des lieux est allitée et cachée. Que lui est-il arrivé ? Heureusement, la jeune paysanne trouve du réconfort auprès du palefrenier, bâtard, demi-frère du maître, dont la femme Rose est aussi absente... 

Tout ceci nous le découvrons à travers différents narrateurs, dont les destins se combinent pour retracer leurs histoires, même si des pans de l'histoire restent cachés, et qui n'ont pas la même importance : la mère de la jeune servante prénommée Rose se faire entendre rarement alors que celle sa fille prend beaucoup d'importance. On n'entend pas celle du maître mais un peu celle de sa mère... Tous ces points de vue sont bien différenciés par les alternances de voix entre Cachou Kirsh et Simon Duprez, qui lisent selon le sexe du personnage. Ils arrivent, en outre, à mettre assez d'intonation pour faire ressentir la détresse du père de Rose, puis sa détermination ou la souffrance de la jeune fille lorsqu'elle est maltraitée par le maître.

On pourra reprocher à ce roman d'être prévisible et de manquer de profondeur. Le style, qui imite le parler d'une personne sans éducation, est réaliste mais assez pénible à entendre... Excepté montrer la nature humaine sous ses aspects les plus sombres, ce fait divers repose essentiellement sur le suspense que l'auteur a su savamment orchestrer.

 Né d'aucune femme de Franck Bouysse lu par Cachou Kirsch et Simon Duprez, Audiolib, 1 CD, 9h03, France, septembre 2020.

Prix Audiolib 2020. Autres romans écoutés pour le prix Audiolib 2020 : Le bal des folles de V. Mas, Ici n'est plus ici de T. Orange, Dans la forêt de J. Hegland,  Girl d'O Brien, Vie de Gérard Fulmard d'Echenoz

Sur le web : billet de Manou, Karine,

 

23 juillet 2023

Octobre de Soren Sveistrup : ISSN 2607-0006

Sans titre

Quelle intrigue dans Octobre de Sveistrup ! Le scénariste de The Killing, série danoise, a imaginé une intrigue haletante mêlant enquête policlière et drame social.

Début octobre ( "de nos jours", dit le narrateur sans plus de précision), une jeune femme est retrouvée morte à côté d'un petit bonhomme fabriqué à partir de marrons. L'enquête est confiée à Thulin, une jeune femme qui voudrait bien quitter son poste pour un autre qui lui laisserait plus de temps pour s'occuper de sa fille. Elle va être aidée, dans la traque du meutrier, par Mark Hess, mis à pied  par Interpol.

Ce qui ne serait qu'un horrible meurtre va vite se révéler plus complexe : sur l'un des marrons, l'agent scientifique a relevé des empreintes provenant d'une ancienne affaire : l'enlèvement de la fille de la ministre des affaires sociales ! Commence alors une course contre la montre contre un meurtrier, qui a toujours une longueur d'avance, et qui continue à massacrer des femmes. Quels liens existent-ils avec cette affaire d'enlèvement ? Pourquoi trouve-t-on ces petits bonhommes en marrons ?

Les courts chapitres alternent avec différents points de vue sur l'affaire et sont datés créant une urgence dans la résolution de l'enquête. Une atmosphère sombre, délétère se dégage de ces paysages pluvieux où chacun cache de sinistres secrets... " La jolie carte postale du pays des contes de fée a recommencé à se craqueler", songe Hess.

Cet excellent thriller a été mis en série ( 6 épisodes) par Dorte Warnøe Hagh, David Sandreuter et Mikkel Serup. L'intrigue de cette mini-série suit exactement la trame du roman même si elle donne une place plus importante à Thulin au détriment de Mark Hess. Bien que réussie, le roman détaille davantage les démarches des enquêteurs et cache plus longtemps des informations, ce qui rend les retournements de situation plus bouleversants...

Sveistrup, Octobre, Le livre de poche, p. 732 p.

Lu par dasola

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Participation aux pavés de l'été 2023 de La petite liste et les épais de l'été de ta d loi du cine

18 novembre 2023

Les carnets de l'apothicaire : ISSN 2607-0006

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Le tome 12 des Carnets de l'apothicaire vient de paraître. Quelles nouvelles aventures va vivre Mao Mao à l'intérieur du palais impérial ?

Comme la jeune servante a une soirée de libre, elle accompagne une amie à une soirée au cours de laquelle chaque convive doit raconter une histoire d'épouvante. La dernière concerne la maîtresse de l'ancien empereur.

Puis, Jinshi veut absolument que Mao Mao l'accompagne à une partie de chasse. Après plusieurs heures de trajets, des invités de haut rang arrivent chez leur hôte. Jinshi insiste pour qu'on appelle "Kozen" et reste masqué pendant tout le repas. Pour quelles raisons ? A-t-il peur d'être attaqué ?

Ce tome nous éloigne de la cour impériale mais les complots se poursuivent. De nouveaux lieux - la province de Shihoku - et de nouveaux personnages font leur apparition dans ce tome et les relations entre Jinshi et la jeune fille évoluent... Cette enquête dans laquelle on peut voir Jinshi en danger n'est pas résolue : il va falloir attendre le prochain tome pour en savoir davantage... notamment parce que nombreux mystères surgissent devant notre jeune enquêtrice...

Itsuki Nanao, Les carnets de l'apothicaire, tome 12, ki-oon (12 tomes en cours), Italie, janvier 2021.

Tome, Tomes 4, 5 et 6, tomes 6 à 8, Tome 9,tome 10, Tome 11,

26 octobre 2023

L'odyssée des étoiles de Kim Bo-Young : ISSN 2607-0006

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Après le succès des romans policiers coréens, voici que les romans coréens de science-fiction apparaissent dans le champ littéraire avec L'odysée des étoiles de Kim Bo Young.

Deux fiancés de planètes différentes doivent se marier sur terre. Les fiancés vont-ils pouvoir se marier un jour ? Se retrouveront-ils ? Dans les lettres qu'il écrit à sa fiancée, le jeune homme expose les problèmes pour rejoindre à temps sa fiancée interstellaire : un retard pris en voyage en "flux temporel" se traduit en plusieurs années terrestres.

Même si l'amour qu'il porte à  la jeune femme lui permet de survivre si longtemps, il souffre de plus en plus de la solitude dans un vaisseau de poche minuscule dans lequel il est contraint de voyager. Ses retours sur terre pour se ravitailler lui permet de mener des réflexions sur l'évolution de l'homme.

De même, dans un deuxième chapitre, la fiancée survit à de nombreux problèmes l'empêchant de rejoindre son futur époux dont nous avons lu les lettres dans le premier chapitre. Dans un vaisseau spatial surchargé, les hommes imposent la loi du plus fort : le jeune femme s'épanche tout en commentant la petite société qui s'est reformée dans cet univers clos : "j'ai le sentiment que dans notre situation, où le malheur n'épargne personne, les gens veullent juste vivre dans une société où ils peuvent harceler les autres sans une once de culpabilité. Ils respectent le capitaine parce qu'il leur donne l'opportunité d'être cruels". L'attend-il toujours sur terre ?

Quant à la troisième partie, elle est beaucoup plus abstraite en mettant en scène un "visiteur du futur" qui tente de rejoindre les limites de l'univers. Que va-t-il découvrir ?

Une excellent roman de science-fiction coréen original formellement !

Kim Bo-Young, L'odyssée des étoiles, Rivages, France, septembre 2023, 2171 p.

133510229Lecture commune avec Rachel !

Participation au challenge coréen de Céline

15 octobre 2023

LEs contes de Beedle le barde de J. K. Rowling : ISSN 2607-0006

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Une fois tous les romans d'Harry Potter lus, les fans du jeune sorciers pourront lire Les contes de Beedle le barde. "Le sorcier et la marmitte sauteuse", "La fontaine de Bonne Fortune", "Le sorcier au coeur velu", "Babbity Lapina et la souche qui gloussait" et "le conte des trois frères" sont des contes parfois cruels comme "le sorcier au coeur velu" parfois moralisateurs.

Dans "Le sorcier et la marmitte sauteuse", un sorcier refuse d'aider les "moldus" et se voit poursuivi par sa marmitte qui lui rappelle ses mauvaises actions. DAns "Le sorcier au coeur velu", un magicien refuse de tomber amoureux mais son coeur devenu inhumain se vengera... Quant aux trois frères, ils cherchent à défier la mort mais cette dernière sera évidemment plus forte qu'eux...

Mais chacun de ces contes met en avant les défauts humains ou surhumains, dénonçant la recherche du pouvoir des hommes ou des sorciers. Ces histoires se lisent avec plaisir si vous aimez le genre des contes avec la présence des épreuves, des voeux, de rois etc..

La particularité de ce recueil est d'être illustré par les dessins de la romancière et d'être accompagné de commentaires de Dumbledore, nous replongeant dans l'univers d'Harry Potter. Malheureusement, ces notes expliquent la morale des contes pour ceux qui ne l'auraient pas perçues et ne paraissent donc pas nécessaires... En revanche, une partie de l'achat du livre est reversée à Lumnos, une institution contre le placement des enfants en institution.

logo-halloween-23aRowling, Les contes de Beedle Le barbe, Folio Junior, Barcelonne, Janvier 2020, 109 p.

Participation au challenge d'Halloween de Lou et Hilde

20 mai 2023

Plus heureuse que moi tu meurs de Joo Youngha : ISSN 2607-0006

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Les réseaux sociaux sont omniprésents dans nos sociétés actuelles. Plus heureuse que moi, tu meurs de joi Youngha en illustre les dérives et les utilise pour écrire un roman policier bien ficelé !

Miho se voit dans l'obligation de prendre des vacances à cause d'un changement d'employés dans son service de communication... Malheureusement, elle ne sait que faire de ce temps libre... Lors d'un concours organisé par sa boite LS Electronics, elle croit reconnaître une de ses amies lycéennes avec qui elle avait eu une querelle : cette dernière Yoo-jin apparaît sur une photo montrant un cliché du bonheur familial. Cependant, elle apprend quelques jours plus tard que cette femme est morte assassinée. Désoeuvrée, elle décide de mener l'enquête, aidée d'une autre amie d'enfance, Sekyong, une web-journaliste.

"Mais elle avait préféré sauvegarder ce qui était essentiel à ses yeux, bien plus que sa vie. Son faux bonheur".

Cette enquête va la mener dans un quartier très chic. Là, elle découvre une compétition féroce sur les réseaux sociaux entre trois femmes, dont la victime. Qui est coupable ? De nombreux commentaires sur les réseaux sont reproduits, comportant des indices sur les motivations pouvant mener au meurtre...

L'enquête alterne avec les souvenirs de Miho et de ses amis, toutes souffrant de dysfonctionnements dans leur famille comme des attouchements par un proche, le divorce de parents volages, la maltraitance infantile... Les réminescences douloureuses de l'adolescence confèrent à ce roman policier une grande mélancolie et une grande tristesse pour tous ces destins brisés... Une enquête désenchantée et féroce dans les quartiers chics et dans la société moderne coréenne : " Ce n'est pas la peine de chercher à être la plus heureuse. [...], il suffit de briser le bonheur des autres", dira une des "amis" de Yoo-jin...

Capture d’écran 2023-02-01 221526Joo Youngha, Plus heureuse que moi, tu meurs, matin calme, France, Avril 2022, 222 p.

Lecture commune avec Rachel et @couleursdeslys, audrey, doudoumatous

Participation au challenge coréen de Céline

16 octobre 2023

L'oeil du loup de Daniel Pennac : ISSN 2607-0006

Capture d’écran 2023-10-16 211933

L'oeil du loup de Daniel Pennac se présente comme une fable écologique et comme une histoire d'amitié.

Un loup du Grand Nord vit enfermé dans un zoo. Un jour, un petit garçon apparaît devant sa cage et l'observe. Notre loup bleu a appris à ignorer les humains qui l'ont rendu borgne et ont décimé sa famille. Mais l'oeil du garçon voit sa vie dans l'Alaska lorsqu'il vivait encore avec sa famille, sa soeur louve jaune d'or, recherchée par les hommes...

Inversement, le loup perçoit la vie du jeune garçon, appelé Afrique, de sa jeunesse en Afrique "jaune" à l'Afrique verte, où il est recueilli par un gorille et une vieille dame. Le garçon assiste impuissant à la déforestation de la zone équatorale... Pourtant, pendant toute sa vie d'orphelin, il fera d'émouvantes rencontres avec un dromadaire, un lion... avec qui il nouera de belles amitiés...

Ce joli conte montre la cruauté des hommes et la beauté de l'amitié... Une magnifiiiiiiique histoire !

Pennac Daniel, L'oeil du loup, pocket junior

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