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1001 classiques
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18 décembre 2019

Verte de Desplechin : ISSN 2607-0006

waterhouseVictor Muller

Waterhouse ( 1849-1917), Le cercle magique/ Victor Muller ( 1829-1871), Blanche-Neige et la vieille

sorcieresDe la sorcière au nez crochu telle que l'a popularisée Disney à l'érudite sorcière Hermione Granger, l'image de la sorcière a beaucoup évolué ces dernières années. Devenue une tendance lifestyle, un business ou des pratiques ancestrales, la sorcière incarne de nos jours "la femme avec un grand F, celle qui, libérée du patriarcat, fait bouger les lignes pour sauver le monde. Vive la transgression, vive la magie" ("ce que sorcière veut dire", Les sorcières, histoire d'une renaissance, p. 6).

Grâce au hors-série du Point, on traverse les époques pour évoquer les magiciennes comme Circé ou Médée, les grands procès en sorcellerie mais aussi les films cultes portant sur ce thème ou les animaux associés à ces femmes.

Hermione-Grangerkiki-jiji-SORCIERE-BN

Blair witch 001 - CopieMaléfique

Hermione Granger/  Kiki, La petite sorcière, Miyazaki/ Blanche-Neige et les sept nains/ Ma sorcière bien aimée/ Maléfique

Richement illustré, il propose même une brève analyse du tableau Frans Francken. La marche de l'histoire consacre aussi une de ses émissions aux récits de sorcellerie dans laquelle on peut entendre Le sabbat d'Alfred Schnittke par l'Orchestre du Théâtre de Bolchoï.

verteDans le sillage d'Harry Potter, le jeune sorcier, Desplechin s'empare aussi de la figure devenue iconique de la sorcière pour parler de sujets contemporains comme la normalité dans une famille dans laquelle on a "l'habitude des dingues" ou l'héritage.

A travers son récit humoristique, elle décrit les relations entre une fille, Verte, et sa mère sorcière. Cependant, Verte refuse cet héritage qu'elle trouve trop encombrant. Mais à quoi ressemble une sorcière de nos jours ? Finalement, peu de véritable magie est présente dans le récit même si l'histoire s'appuie sur des éléments traditionnels comme les mandragores ( synthétiques pour certaines...), les grimoires ou les sorts.

"Sorcière, tu es née, sorcière tu dois devenir" (p. 29) : La véritable magie se situe autre part, notamment dans la composition du roman - qu'il ne faut pas révéler pour laisser la surprise aux lecteurs - et dans la richesse des thématiques : Verte décrit aussi la construction de soi à l'adolescence, les rapports familiaux entre générations, la découverte de l'amour... Le roman de Desplechin fait partie de ces livres magiques dont parle justement un sorcier, Harry Potter : " Il y avait même un livre qu'on ne pouvait plus s'arrêter de lire une fois qu'on avait mis le nez dedans"( Harry Potter, à l'école des sorciers).

verte Léna

© Julien Piffaut

Adapté par Léna Bréban, la pièce Verte retranscrit parfaitement l'univers de Desplechin. Le choix de points de vue différents disparaît mais l'univers féérique a été accentué : brume, objets qui se meuvent seuls, décors qui apparaissent... La mise en scène dynamique est rythmée par des musiques, des danses, des lumières recréant une ambiance onirique - avec un arbre particulièrement extraordinaire - mais aussi assez réaliste comme dans le roman. Le caractère des personnages est bien retranscrit grâce à un jeu d'acteurs extrêmement enlevé. Une très belle pièce !

Desplechin, Verte, L'école des loisirs, Novembre 2018, France, 175 p.

Verte, mise en scène de Léna Bréban, avec Rachel Arditi, Céline Carrère, Pierre Lefevre/ Julie Pilod, 1h10

Hors-série, Les sorcières, Histoire d'une renaissance, Le point,n° 4, Novembre-décembre 2019, 90 p.

Sur le web : La marche de l'histoire. 2018. Les récits de sorcellerie, France culture. Animée par Jean Lebrun. 19 février 2018.

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John D. Batten, La belle au bois dormant

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7 juin 2020

Beloved de Tony Morisson : ISSN 2607-0006

 

Toni Morrison

Toni Morrison (1931-2019) est née dans l'Ohio au sein d'une famille ouvrière de quatre enfants. Après avoir suivi des études de Lettres et...

https://www.audiolib.fr

 Toni Morrison, dans Beloved, aborde la question de l'esclavage à travers plusieurs personnages : elle ne le fait pas d'une manière didactique mais c'est le ressassement et les répétitions de souvenirs et de mots qui nous racontent l'histoire de Sethe et de sa fille Denver. On en apprend davantage sur ses proches comme la grand-mère Baby Suggs décédée ou Paul D, l'amant arrivé en même temps qu'une mystérieuse Beloved.

"Il n"y a rien d'inoffensif dans ce monde" (partie 2, Beloved)

Sethe s'est enfuie d'une plantation, où elle était exploitée, maltraitée et fouettée et a tué son enfant pour qu'elle n'ait pas à vivre dans ce monde d'esclavage. Cependant, l'enfant semble hanter la maison où elle habite libre désormais. L'entrelacement des destins des différents personnages et les retours incessants dans le passé rendent confus l'histoire.

Cette confusion est aussi renforcée par la voix de la lectrice qui est chuchottante et endormante. La lecture monotone empêche toute dramatisation et ne communique aucune émotion. On peine à suivre l'histoire, mais c'est peut-être un roman à découvrir dans un format papier...

Beloved, Tony Morisson, Audiolib, lu par Anne Alvaro, 2 CD, 12h38, France, mars 2020.

Sur le web : Zand Nicole, "Beloved, de Tony Morisson : l'amour à mort d'une mère au temps de l'esclavage", Le monde, mis en ligne le 13 décembre 2019. URL : https://www.lemonde.fr/archives/article/1989/09/15/la-maison-des-esclaves_4133183_1819218.html

autres romans du Prix Audiolib 2020 : Le bal des folles de V. Mas, Dans la forêt de Jean Hegland, Girl d'Edna O'Brien, Ici n'est plus ici de Tommy Orange, Né d'auncune femme de Bouysse, L'homme qui savait la langue des serpents de Kivirähk, Miroir de nos peines de Lemaître; Vie de Gérard Fulmard de Echenoz

9 février 2020

Time Shadows (volumes 1 à 4) de Tanaka : ISSN 2607-0006

time-shadows-1-kanatime-shadow-2-kanaTime-Shadows

 © 2017 by Yasuki Tanaka

time-shadows-t4Le bandeau publicitaire annonce que Time Shadows est "le thriller de l'été" (2019) mais est-ce le cas ? En ce qui concerne le graphisme, ce n'est vraiment pas original, ni particulièrement remarquable. Le style graphique est assez commun et consiste essentiellement en des successions de gros plan de visages ( planche 1). Ce qui est tout à fait naturel étant donné que ce manga policier  - mais peut-on vraiment parler de manga policier ? - repose beaucoup sur les sentiments et la psychologie des personnages.

On ne sait vraiment pas comment commencer le résumé étant donné que le seinen brasse plein de concepts ! A l'origine, Shinpei retourne sur l'île de son enfance pour l'enterrement de sa meilleurs amie, Ushio Kofune. Mais aussitôt d'étranges phénomènes se produisent... A partir de ce simple point de départ, une intrigue alambiquée à souhait se développe dans toutes les directions !

Une partie de l'histoire se déroulant dans le restaurant Kofune et Shinpei étant lui-même cuisinier, beaucoup de scènes de repas sont montrées et on a même droit à l'énumération de la recette du poulet au curry dans le tome 4. Mais ce n'est pas le sujet central bien évidemment.

PlancheA_368509Pour ne pas dévoiler l'intrigue, il suffit de savoir qu'une enquête est menée par Shinpei, avec l'aide d'un policier, qui ne sert à rien, plus obsédé par les femmes que par la recherche de suspect, autour d'une légende concernant l'île, celle de la maladie des ombres, des doppleganger. Ajoutez à cette histoire de double, une romancière schizophrène qui cite Byron ("la vérité est toujours étrange, plus étrange que la fiction"), Mio, la jeune soeur d'Ushio menacée de mort, des boucles

Pl. 1 Time Shadows © 2017 by Yasuki Tanaka

temporelles, des meurtres et des hôpitaux abandonnés avec des divinités étranges... Même avec tous ces éléments, vous êtes loin de percevoir la complexité de cette histoire... Une série fantastico-romantico-policière bien palpitante à commencer mais comportant une certaine violence (publié chez Dark Kana)...

Tanaka, Time Shadows, volumes 1 à 4 ( 8 en cours), Dark Kana, Bruxelles, septembre 2019

18 mars 2020

Le bal des folles de Victoria Mas ; ISSN 2607-0006

Saviez-vous qu'au XIXeme siècle un bal avait lieu chaque année à la Salpétrière ? Les aliénées étaient heureuses de se montrer une fois dans l'année et les bourgeoises se réjouissaient de voir ces phénomènes... C'est cet événement particulier qui est un des thèmes du Bal des folles. Mais avant d'entreprendre le récit de cette soirée, l'auteur de ce premier roman entreprend, dans un roman choral, de nous présenter différentes femmes qu'on a enfermées dans cet établissement de sinistre réputation.

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Avec un titre pareil, on craint d'entendre une histoire similaire à celle de La salle de bal d'Anna Hope : un drame romancé dans un hôpital psychiatrique. Le motif de la femme enfermée dans un asile apparaissait déjà dans les romans victoriens et M. Atwood s'en était emparée dans Captive pour raconter un fait divers, celui d'une meurtrière enfermée dans un asile pour échapper à la peine de mort.

Quant à Nellie Bly, elle infiltre l'asile de Blackwell's Island mais c'est pour dénoncer les traitements infligés aux pauvres femmes enfermées parfois à tort. Dans un récit à la première personne, elle décrit minutieusement ce qu'elle a vécu, enduré et vu dans de tel institut, non pas par goût du sensationnalisme mais elle exprime une véritable empathie pour celles qui sont considérées comme démentes : " Voici une grande joie apportée par mon travail : grâce à cette enquête, la commission des budgets de la ville de New York a octroyé un millon de dollars supplémentaire aux hopitaux psychiatriques de Blackwell's Island" (p. 124). Elle conclut ainsi son reportage, qui doit être absolument lu !

" Les vivants étaient plus dangereux que les défunts"

Mais revenons à V. Mas qui choisit plusieurs personnages féminins principaux pour montrer des points de vue différents sur les mêmes événements, autour de l'internement d'Eugénie, une fille de bonne famille. Elle tisse une histoire chorale où se dessine le destin de plusieurs femmes arrivées à la Salpêtrière : Louise a été abusée par son oncle, Eugénie voit des morts, l'infirmière Geneviève est hantée par sa défunte soeur... On est loin du ton factuel et descriptif de Nellie Bly, qui liste les objets et les personnes : les monologues intérieurs de tous ces personnages nous invitent à nous révolter face à l'injustice de ces enfermements abusifs, à compatir avec ces femmes malmenées par la vie ou par les médecins, à découvrir le regard d'une époque sur l'hystérie... Evidemment, avec un sujet pareil, la romancière a développé un arrière-plan historique bien intégré dans l'intrigue : le spiritisme, les séances de Charcot et le manque de connaissances sur la psychiatrie à l'époque et enfin l'émancipation des femmes. Le narrateur déclare : " Mais la majorité des aliénés le [internées] furent par des hommes. Sans mari, sans père, plus aucun soutien n'existe, plus aucune considération n'est accordées à son existence" ( plage 8).

Sur différents Audiolibs, des entretiens sont réalisés à la fin de l'écoute pour pouvoir connaître la genèse, les intentions de l'auteur, ses projets comme dans Civilizations de Binet ou dans Le bal des folles de V. Mas pour nous éclairer sur les intentions de l'auteur. La lecture d'Audrey Sourdive est très fluide et très agréable à écouter. Il faut dire qu'elle a commencé le théâtre à 5 ans et qu'elle a enregistré déjà plusieurs livres comme Mon amie Adèle, La goûteuse d'Hitler ou Ici n'est plus ici. Sa voix claire et nette permet de suivre avec plaisir cette histoire.

Ce livre qui a déjà reçu le Prix Première Plume 2019, le Prix Stanislas 2019, le Prix Patrimoine 2019 et le Prix Renaudot des Lycéens mériterait amplement d'être à nouveau récompensé !

Le bal des folles, Victoria Mas, Audiolib, lu par Audrey Sourdive, 2020, France, 1 CD, 6h45.

Bly Nelly, 10 jours dans un asile, reportage, Points, France, novembre 2016, 157 p.

Prix Audiolib 2020. Autres romans écoutés : Ici n'est plus ici de T. Orange

Sur le web : Bloch-Lainé Virginie, "Le bal des folles" : spirite, es-tu là ?, Libération, mis en ligne le 13 décembre 2019.URL : https://next.liberation.fr/livres/2019/09/13/le-bal-des-folles-spirite-es-tu-la_1751194

Le corps exhibé - Ép. 1/2 - Le bal des folles de la Salpêtrière
A l'hôpital comme au dehors, le temps est scandé par des célébrations : on fête Noël, le Nouvel An, et le carnaval de la mi-carême. L'hôpital de la Salpêtrière, accueillant exclusivement des femmes jusqu'en 1968, organisait au XIXe siècle et jusqu'au début du XXe un bal de la mi-carême auquel étaient conviées quelques personnes de la bonne société parisienne.
https://www.franceculture.fr

Une_leçon_clinique_à_la_Salpêtrière

Une leçon clinique à la Salpêtrière • Crédits : PAr André Brouillet, 1887

2 septembre 2020

C'est le premier, je balance tout (août 2020) : ISSN 2607-0006

c-est-le-1er-je-balance-tout-banniere-bicolore-marineLogo d'allez-vous faire lire

1) LES CHRONIQUES VENUES D'AILLEURS

Dans sa chronique culturelle ("L'exposition immersive de Klimt est-elle encore une exposition ?") sur France culture, la journaliste Mathilde Serrell s'interrogeait sur le statut de l'exposition de l'atelier des lumières sur Klimt à la base sous-marine de Bordeaux. Effectivement, une immense foule s'est déplacée pour voir de façon immersive les tableaux du peintre de la Cessession viennoise ou de Klee, projetés sur les murs et le sol. A travers des images animées, on peut découvrir les oeuvres de ces peintres tout en écoutant des musiques. Un simple divertissement culturel ? En tout cas, une manière différente d'appréhender l'art... Si la dimension didactique manque un peu, vous pouvez consulter le Connaissance des arts dédié au peintre de la fameuse frise de Beethoven...

L'exposition immersive de Klimt est-elle encore une exposition ?
Telle est la question ou le débat que soulève cette exposition d'un nouveau genre ouverte à Paris dans une ancienne fonderie baptisée " L'Atelier des lumières ". La foule ne désemplit pas pour voir cette " attraction artistique ", si bien qu'on se croirait à l'ouverture de Space Montain à Disneyland.
https://www.franceculture.fr

Gustave Klimt d'or et de couleurs, Du 10 juin 2020 au 3 janvier 2021

Base sous-marine, Bordeaux

2) MES FILMS

Tenet est attendu depuis des mois... Pourtant, le dernier film de Nolan, qui veut à tout prix innover, rendre complexe ses intrigues, n'arrive pas à être davantage qu'un bon film de divertissement. Et encore ! On s'ennuie pendant une bonne partie du film où se met en place la théorie de la temporalité inversée et la fin du film ressemble à un gros film d'action avec des explosions dignes de Michaël Bay.

Un espion américain doit empêcher la troisième guerre mondiale, qui sera temporelle. Il doit faire face à un antagoniste qui paraît toujours avoir un coup d'avance. Réussira-t-il à l'empêcher d'acquérir le dernier artefact manquant ( mais est-ce le dernier ou le premier ?) ? Avec son scénario bancal ou peu compréhensible, ses personnages sans profondeur et une bande son trop forte, Tenet est une perte de temps pour ceux qui se déplaceront en salle...

Tenet, Nolan, avec John David Washington, Robert Pattinson, Elizabeth Debicki, Kenneth Branagh, 2020, 2h30


Tenet de Nolan
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Encore un film coréen ! Pour notre plus grand plaisir ! A l'affiche pendant tout l'été, Lucky strike est une adaptation d'un roman, ce qui explique son découpage et ses intertitres très romanesques. Très sombre, ce long-métrage entremêle l'histoire de 8 personnages, chacun représentant un archétype comme le mafieux accompagné d'un sociopathe, une femme battue, un pauvre employé, cherchant à récupérer un énorme sac Vuitton plein d'argent mal acquis :  de coincidences en ironie du sort, les personnages s'entre-tuent allégrement dans un scénario plein d'humour noir.

Le rythme du film est très lent mais cette comédie policière très noire surprend et divertit avec son humour grinçant qui n'est pas sans rappeler Tarantino dans ce mélange d'hyper violence et de longs dialogues. La narration surprenante et la belle photographie nous font espérer d'autres films coréens de cet acabit...

Lucky strike, de Kim Yong Hoon, 2020, 1h48

Rieux François, "Lucky strike : le cinéma sud-coréen devient enfin grand public", Le point pop, mis en ligne le 8 juillet 2020. URL : https://www.lepoint.fr/pop-culture/lucky-strike-le-cinema-sud-coreen-devient-enfin-grand-public-08-07-2020-2383608_2920.php


psychopath diary
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"Un film, un concept" semble être la devise d'Edgar Wright. Dans cette comédie musicale post-moderne, Baby est un conducteur hors pair au service d'un malfrat. Sa vie est rythmée par la musique et lui permet de rencontrer une jeune femme partageant ses rêves. Pourtant son dernier braquage ne se passe pas comme prévu.

Il n'y a pas véritablement de passage où le personnage danse sur de la musique comme dans une comédie musicale mais elle fait partie intégrante du scénario, créant un film divertissant et dynamique. Les personnages sont stéréoptypés, certaines scènes parodient les films de braquage, notamment avec un climax ahurissant et extravagant mais Baby driver plaira aux amoureux des films pop culture précédents de Wright, tels que Scott Pilgrim ou Shaun of the dead.

 Baby driver, Edgar Wright, avec Ansel Elgort, Lily James, Kevin Spacey, Jon Hamm, Jamie Foxx, Netflix, 1h53

Regnier Isabelle, "Baby driver : un conducteur surdoué branché sur les tubes de l'été", Le monde, mis en ligne le 19 juillet 201. URL : https://www.lemonde.fr/cinema/article/2017/07/19/baby-driver-un-conducteur-surdoue-branche-sur-les-tubes-de-l-ete_5162244_3476.html

3) MES ACHATS

J'ai ajouté quelques livres à ma PAL : Dragon ball Z de Toriyama, Histoire de ma vie de G. Sand et Dora Bruger de Modiano. Je lis rarement de BD mais j'ai adoré le tome 1 des Cahiers d'Esther de Riad Sattouf et j'ai donc acheté le dernier tome paru. J'ai reçu deux SP, L'oeil était dans l'arbre... de Michel Picard et Ainsi naissent les fantômes de L. Tuttle, dont je parlerai prochainement.

ModianoDragonBall1Sand Histoire de ma vie

Les cahiers d'esther22297CVT_Loeil-etait-dans-larbre-et-regardait-de-droles-_7793

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11 décembre 2019

Kingdom (volumes 1 et 2) de Yasuhisa Hara/ Bounder de Oyama : ISSN 2607-0006

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© HARA Yasuhisa

L'histoire de la Chine, à l'époque des Royaumes combattants, entre le Veme siècle avant J.C. au IIeme siècle, est mis en scène dans Kingdom, une série publiée chez Meian.  Lancez-vous dans la lecture de l'histoire chinoise à travers les aventures d'un jeune orphelin voulant devenir le plus grand général sous les cieux. Ce sont donc des événements historiques racontés de manière nekketsuesque avec des orphelins et leur quête... Comme le rappelle un autre auteur de manga historique K. Takeda, dans Peleliu, "puisque c'est un manga, il faut aussi que ce soit palpitant et facile à lire" (postface).

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Illustration 1 Kingdom © HARA Yasuhisa

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Illustration 2 Kingdom © HARA Yasuhisa

A une époque où la Chine n'est pas encore unifiée ( illustration 1), différents personnages se déchirent pour prendre le pouvoir : le jeune roi, Ei Sei, du pays de Quin, (il deviendra Qin Shi Huangdi, l'unificateur de la Chine et celui qui a fait construire le mausolée avec les soldats de terre cuite) soutenu par le général Shobunkun est trahi par un riche marchand Ryo, devenu chancelier, et par son demi-frère. Le jeune roi va chercher l'alliance du monarque du peuple des montagnes dans le volume 2.

Au delà des batailles épiques, des stratégies mis en place, Kingdom montre aussi des personnages qu'on apprend à connaître comme le jeune Shin, le jeune Karyo Ten et le roi (illustration 2). Les différents protagonistes sont nombreux mais vite identifiables. Même si c'est un seinen, le mangaka a ajouté de l'humour, outre les horreurs de la guerre - Hyou un personnage important meurt assez rapidement - et les parties plus politiques, avec des SD.

Si le premier volume présente des cases plutôt dépouillées, dès le deuxième volume, les paysages sont impressionnants (planche 1) et les scènes grandioses même si les découpages des cases sont toujours très stricts. Dommage, aucun bonus ne vient indiquer les sources, la manière dont a procédé le mangaka pour travailler...

Avec plus 50 volumes en cours au Japon, Kingdom connaît un engouement qui ne semble pas prêt de s'arrêter et l'on comprend pourquoi en lisant le début de cette histoire...

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Pl. 1 Bounder © by ÔYAMA Takumi / Kôdansha

En revanche, Bounder qui traite du même sujet, est à découvrir malgré tous ses défauts et ils sont nombreux ! Ce gros one shot, de plus de 300 pages, ne présente pas une grande qualité d'impression : certains dialogues sont pris dans la reliure et ne sont donc pas lisibles. Autres choix malheureux, la couverture et le titre : rien ne fait penser à un manga historique sérieux alors qu'il l'est davantage que Kingdom.

Yu un jeune orphelin s'attaque à l'empereur Quin, présenté comme un véritable tyran... ce qu'il était réellement dans les documents historiques comme vous pouvez le constater dans l'émission la marche de l''histoire. Le mangaka évoque aussi l'armée de terre cuite ou "L'incendie des livres et l'enterrement des lettrés". L'histoire colle davantage à la réalité historique même si elle est "shonenisé", avec son personnage d'orphelin qui veut se venger de l'empereur... Les dessins, sans être d'une grande originalité, ne manquent pas de dynamisme mais l'édition laisse à désirer...

Hara Yasuhisa Hara, Kingdom, Meian, volumes 1 et 2, (56 volumes, en cours),

ÔYAMA Takumi, Bounder, One shot, Kurokawa, Paris, août, 2019.

Sur le web : Otakulte,

Quin le premier empereur. La marche de l'histoire. 20 juin 2013.

Les derniers secrets de l'armée de terre cuite, Ian Bremner, arte.

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Planche 1 Kingdom © HARA Yasuhisa

5 février 2020

PRIX AUDIOLIB 2020 : ISSN 2607-0006

Pour cette huitième édition du prix audiolib, nous serons 20 blogueurs pour choisir 5 finalistes parmi la sélection suivante de 10 livres audio :

belovedNé d'aucune femmeLe bal

dans la forêt

L'homme qui savait 001

Miroir 001

 

 

 

 

 

 

 

orangeQuelle belle sélection ! Je suis ravie de participer à ce prix et j'ai hâte de lire Beloved de Morrisson et Dans la forêt d'Hegland. Ce sera l'occasion, pour moi, de découvrir aussi des auteurs comme Gaëlle Noant ( La femme révélée), Pierre Lemaître ( Miroir de nos peines) ou Franck Bouysse (Née d'aucune femme). Il y a également Vie de Gérard Fulmard de Jean Echenoz, L'homme qui savait la langue des serpents et Girl d'Edna O' Brien.

J'ai commencé à écouter Ici n'est plus ici de Tommy Orange et c'est vraiment une lecture dure mais passionnante pour en savoir davantage sur la culture des "indiens urbains", notamment les Cheyennes d'Oakland...

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© Annie Starkey Photography

Pour en savoir plus, rendez-vous sur www.prix-audiolib.fr

10 novembre 2019

Arrietty le petit monde des chapardeurs d'Hiromasa Yonebayashi : ISSN 2607-0006

'The Secret World of Arrietty' Trailer

Adapté d'une série de romans de l'Anglaise Mary Norton dans les années 50, Arrietty, le petit monde des chapardeurs est un film d'animation issu des studios Ghibli. Comme toutes leurs productions, ce film d'animation est une merveille très poétique et très belle graphiquement. La campagne est magnifiée par des couleurs chaudes et vives, les mignons détails de l'intérieur des chapardeurs nous font entrer dans un monde merveilleux... Le surnaturel s'entrelace naturellement au quotidien de plus banal. Malheureusement, l'histoire se met très lentement en place.

En effet, dans une maison habitée par un jeune garçon malade et sa domestique Haru, vit une famille d'êtres minuscules dont la vie est sans cesse menacée par des animaux ou par des humains. Plusieurs familles de chapardeurs ont d'ailleurs disparues. La fille ne rêve que de partir explorer le mondes des humains et de chaparder malgré le danger. Chaque déplacement demande des efforts épiques dans ce monde immense que peut être une cuisine, entraînant ainsi une certaine longueur des séquences...

Arriety jardin

arrietty chambre

 "Arrietty, le petit monde des chapardeurs". WALT DISNEY

Ce film d'animation donne aussi une impression de longueur car les véritables enjeux n'apparaissent qu'à la fin du film. Pendant plus d'une heure, on suit le trajet initiatique de la petite héroïne qui découvre le monde des humains, apprend à chaparder. Certes, elle se montre courageuse et curieuse dans toutes les situations et trouve dès sa première sortie une épingle-épée, faisant d'elle une véritable héroïne, contrairement à sa mère peureuse et qui hurle à tout bout de champ.

C'est avec beaucoup de lenteur que des liens se créent entre le petit garçon malade, esseulé, délaissé par sa mère, et la jeune fille qui ne doit pas se montrer. Malgré toute la beauté de l'animation, on s'ennuie vaguement devant ces mignonnes petites scènes de ce premier long-métrage d'H. Yonebayashi qui n'a pas la complexité des films de Miyazaki...

Yonebayashi, Arrietty, le monde des chapardeurs, 2011, 1h 34.

Sur le web : Lorrain F-G, "Arrietty le petit monde des chapardeurs", maison hantée", Le point. URL : https://www.lepoint.fr/cinema/arrietty-le-petit-monde-des-chapardeurs-maison-hantee-09-01-2011-127980_35.php

Sotinel Thomas, Arrietty, le petit monde des chapardeurs : une fillette, grande héroïne d'un peuple miniature", Le monde, mis en ligne le 11 janvier 2011. URL : https://www.lemonde.fr/cinema/article/2011/01/11/arrietty-le-petit-monde-des-chapardeurs-une-fillette-grande-heroine-d-un-peuple-miniature_1464010_3476.html

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"Arrietty, le petit monde des chapardeurs". WALT DISNEY

minuscule-1-komikkuLe seinen Minuscule décrit aussi la vie de deux êtres lilliputiens, à qui de petits événements arrivent. Les deux petits êtres passent beaucoup de temps à manger, à se déplacer et à réparer des objets puisque c'est le métier de l'un d'entre eux. Chaque chapitre aborde une nouvelle histoire, avec l'apparition d'un nouveau personnage, dont on se demande bien quel est l'enjeu.

© 2013 Takuto Kashiki

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Illustration 1 © 2013 Takuto Kashiki

Comme le dessin est minutieux et somptueux ! Chaque case est très détaillée (le manga s'ouvre avec la case de l'illustration 1, ci-dessus), très précis mais cela ne suffit pas pour donner envie de suivre les minuscules aventures de nos deux héroïnes. Quel est l'intérêt de ces histoires sans queue ni tête ? L'ambiance féérique ne masque pas le manque de profondeur de ces récits.

Kashiki Takuto, Minuscule, volume 1, (7 volumes, en cours) Komikku, France, 2015.

Sur le web : billet de Kiona.

12 mars 2018

Le tramway de Claude Simon : ISSN 2607-0006

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Le tramway forme un triptyque autobiographique, avec L'acacia et Le jardin des plantes, qui  tisse trois liens : enfant, Claude Simon prenait un tramway qui l'amenait du collège à sa demeure. Il décrit aussi les lieux traversés avec une extrême précision. Ce n'est pas un hasard si les romanciers du Nouveau Roman ( comme Butor, Sarraute, Robbe-Grillet) étaient appelés "l'école du regard". Cette minutie dans les descriptions dit aussi la difficulté de décrire le réel : on  est loin des écrivains du XIXeme siècle qui écrivaient des romans comme "un miroir que l'on promène le long du chemin" ( Stendhal, Le rouge et le noir). A ces trajets, s'ajoutent la description d'un séjour à hôpital et des vacances du narrateur (peut-être peut-on y voir un parallèle entre la maladie de la mère et du fils...).

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Monument aux morts de Perpignan ( site l'association des lecteurs de Claude Simon)

Pourquoi faut-il lire Claude Simon ? Son écriture est référentielle (il décrit par exemple le monument aux morts de Perpignan) mais le désordre de la narration montre le travail mémoriel, les bribes de mémoires qui reviennent... L'emboîtement des parenthèses soulignent bien "le magma" des phrases qui se bousculent :

"[...] taciturne assemblé dont, des années plus tard, je devais me souvenir avec le même sentiment de dérisoire privilège ( quoique sachant qu'il n'y avait là qu'une tolérance) d'appartenir à une sorte d'élite dans l'étroite et étouffante puanteur du vestibule d'une baraque refermée la nuit par les gardiens et où chaque soir se tenaient cinq ou six ombres aux vêtements eux aussi élimés et souillés (avec cette différences qu'ils (les vêtements) avaient été des uniformes et que, dans les effroyables émanations des latrines d'urgence qu'enfermait aussi l'étroit vestibule où leur présence était tolérée, leur élitisme tenait seulement à la possession par ruse, larcin, ou quelque trafic clandestin, de la seule valeur marchande ayant cours dans un tel endroit, c'est-à-dire ( comme en témoignaient de semblables mégots roulés à la main, ventrus, bosselés, baveux, et fumés jusqu'à l'extrême limite) de tabac)" (p. 17. nous soulignons)

On remarque aussi "l'ère du soupçon" ( N. Sarraute) dans laquelle est entrée l'écriture : l'auteur de L'Acacia indique aussi entre parenthèses les référents des "ils" comme si la langue n'était plus transparente, une langue qui est faite de répétition et d'accumulation. Il ne faut pas avoir peur de se perdre dans cette écriture simonienne qui est labyrinthique comme les souvenirs, les pensées. Il faut relire les phrases plusieurs fois pour ressaisir le fil de l'histoire. C. Simon avait comme modèle Proust et Faulkner. Il pousse même plus loin "l'aventure de l'écriture" ( expression de Ricardou) puisque l'auteur commence des paragraphes interrompus par des points de suspension, ne marque plus le dicours direct par des guillemets, et fait proliférer ses phrases et ses descriptions sur des pages entières. ci-dessous : un passage entre parenthèses sur deux pages, sans poncutation...

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Une critique sociale transparaît dans la présentation de la bonne de la famille et de la "société" : on n'est pas loin des Verdurin de la Recherche. De facto, l'auteur fait référence explicitement à Albertine et à Marcel Proust (p. 54) pour souligner l'hypocrisie et le snobisme de ce microcosme, qu'il qualifie de "réactionnaire et d'ultra catholique". C'est toute une époque que fait mélancoliquement et sinueusement resurgir Le tramway de Claude Simon. L'écriture exigeante et difficile dit bien "le brouillard" des souvenirs : " comme si quelque chose de plus que l'été n'en finissait pas d'agoniser dans l'étouffante immobilité de l'air où semblait toujours flotter ce voile en suspension qu'aucun souffle d'air ne chassait, s'affalant lentement, recouvrant d'un uniforme linceuil les lauriers touffus, les gazons brûlés par le soleil, les iris fanés et le bassin d'eau croupie sous une implacable et protecteur brouillard de la mémoire".

Simon Claude, Le tramway, Editions de minuit,

Simon Claude, Le discours de Stockholm, Les éditions de Minuit,

Sur le web : L'association des lecteurs de Claude Simon

9 septembre 2019

Pluto (volumes 1 à 8) d'Urasawa et Nagazaki : ISSN 2607-0006

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PLUTO © by Naoki URASAWA / Studio Nuts, Osamu TEZUKA, Takashi NAGASAKI, Tezuka Productions

Les univers futuristes et le questionnement sur les intelligences artificielles vous passionnent ? Commencez-donc la série Pluto qui mêle enquête policière et science-fiction. Cette série de 8 volumes mêlent aussi plusieurs références. Rappelons que Genette, dans Palimpsestes parle de cette manière de l'intertextualité : "Disons que l'art de " faire du neuf avec du vieux" a l'avantage de produire des objets plus complexes et plus savoureux que les produits "fait exprès" : une fonction nouvelle se superpose et s'enchevêtre à une structure ancienne, et la dissonance entre ces deux éléments coprésents donne sa saveur à l'ensemble" (p. 556)*.

Pourquoi parler d'intertextualité et de "saveur" ? Pluto reprend un personnage qui procure le plaisir de la madeleine proustienne : Astro Boy, créé par Osamu Tezuka. En 2003, pour l'anniversaire de ce personnage icônique du manga, deux mangakas Urasawa et Nagazaki lui rendent hommage à travers une enquête : Mont-Blanc, l'un des des 7 robots les plus forts du monde, qui a participé à une guerre en Asie centrale, est assassiné. Gesicht, un androïde spleenétique, enquête sur ces assasinats étranges : sur les lieux du crime, on retrouve la tête des morts entourée de deux cornes, référence à Pluton, dieu des enfers.

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L'univers développé dans ce manga n'est pas sans rapeller Blade runner avec l'enquête et la lutte entre des cyborgs et les hommes. Un IA en forme d'ours, des implants de robots effacés quant à eux font écho à d'autres nouvelles de P. K. Dick. La loi empêchant les robots de tuer des humains renvoie aux lois de la robotique d'Asimov. Urasawa a créé un monde riche, entrant en résonance avec la littérature d'anticipation mais aussi avec d'autres mangas : certains combats rappellent le genre du mécha. On est admiratif devant l'intrigue complexe se déroulant dans

Pl. 1 : PLUTO © by Naoki URASAWA / Studio Nuts, Osamu TEZUKA, Takashi NAGASAKI, Tezuka Productions

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différents pays - dont le trait est magnifique comme la ville en pleine page dans les planches 1 et 2, volume 6 - et gravitant autour de différents personnages, dont des robots extrêment attachants par leur humanité. Les dessins, exceptés les paysages, sont plutôt sobres et les pages sont organisées de manière très rigides, multipliant des cases  montrant des gros plans de visages (planche 3, volume 8). Les machines ont-elles une âme ? Les hommes et les robots peuvent-ils cohabiter ?

Pl. 2 : PLUTO © by Naoki URASAWA / Studio Nuts, Osamu TEZUKA, Takashi NAGASAKI, Tezuka Productions

"Les scientifiques comme nous... n'ont-ils aucune limite à respecter dans leurs recherches... ?, demande Tenma le créateur d'Astro (p. 55, volume 8). A un autre niveau de lecture, cette BD japonaise s'interroge sur l'origine du mal et du bien. Les deux derniers tomes se dispersent et sont mélodramatiques à souhait mais ce seinen est vraiment à dévorer...

Urasawa et Nagazaki, Pluto, (8 volumes, série terminée), Big Kana, Italie.

* Genette, Palimpsestes, Points essais, Saint-Amand, novembre 1982, 574 p.

Sur le web : Brethes Romain, "Naoki Urasawa, dieu du manga", Le point pop, mis en ligne le 23 janvier 2018. URL : https://www.lepoint.fr/pop-culture/bandes-dessinees/naoki-urasawa-dieu-du-manga-20-01-2018-2188312_2922.php

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Pl. 3 : PLUTO © by Naoki URASAWA / Studio Nuts, Osamu TEZUKA, Takashi NAGASAKI, Tezuka Productions

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10 octobre 2019

Mes voisins les esprits de Shirotori Ushio (volumes 1 et 2) : ISSN 2607-0006

mes-voisins-les-esprits-1Mes voisins les esprits

© 2019 Ushio Shirotori / MAG Garden

mesvoisinslesesprit2Le shonen Mes voisins les esprits permet une découverte passionnante du folklore japonais à travers l'histoire de Yachiho, une jeune lycéenne, qui emménage dans une maison hantée, pour retrouver des notes sur le royaumes des morts, censées lui permettre de retrouver sa mère. Le premier volume pose rapidement les bases de l'histoire et paraît cahotique, hésitant entre le surnaturel et la tranche de vie d'une lycéenne. Les personnages sont peu approfondis, de même que les situations.

Pl. 1 © 2018 Ushio Shirotori / MAG Garden

Le bestiaire illustré 001Le deuxième volume présente parfois les mêmes défauts - par exemple le père apparaît et repart brusquement et sans raisons en deux ou trois pages... Cependant, la mangaka arrive à mieux développer des situations quotidiennes mettant en scène des humains et leurs rapports aux esprits dans le monde contemporain : "Même quand ils ne les voient pas et n'en ont pas conscience... certains humains interagissent ainsi avec les esprits à travers leurs rites et 

Pl. 2 © 2018 Ushio Shirotori / MAG Garden

coutumes", déclare Moro (p. 59, volume 2), le gardien du passage vers le monde éternel, qui guide la jeune fille dans l'univers des yokai.

Le monde des créatures surnaturelles et les maisons hantées évoquent la peur et des situations angoissantes. Ce n'est absolument pas le cas de ce manga dont la joliesse du dessin (planche 1) et les situations amusantes créent plutôt un univers proche de celui de Miyazaki. L'intrigue est un peu faible et brouillonne mais l'attrait de ce deuxième tome se situe aussi dans les bonus qui sont consacrés à des esprits nippons apparus dans de petites saynètes de la vie du personnage principal ( planche 2). Espérons que la suite sera à l'image de ce deuxième opus, un reflet des croyances japonaises avec un aspect pédagogique et qu'on en apprendra plus sur les notes du royaume des morts...

2849851935Ushio Shirotori, Mes voisins les esprits, (2 volumes, série en cours), Doki Doki, Italie, septembre 2019.

Challenge Halloween 2019 organisé par Lou et Hilde

Sur le web : Andureau William, "Dans l'imaginaire japonais, toute chose, animée ou non, peut être habitée par un esprit", Le monde, mis en ligne le 2 mai 2016. URL : https://www.lemonde.fr/pixels/article/2016/05/02/dans-l-imaginaire-japonais-toute-chose-animee-ou-non-peut-etre-habitee-par-un-esprit_4912192_4408996.html

24 octobre 2019

Un chemin de tables de Maylis de Kerangal : ISSN 2607-0006

116181086Quelle vision du réel nous livrent les romanciers du XXIeme siècle ? Lorsqu'Annie Ernaux évoque les grandes surfaces dans Regarde les lumières mon amour, elle mêle journal intime et études sociologiques. Toujours ses récits autobiographiques prennent une dimension collective : elle inscrit son moi dans le siècle comme dans La place ou Une femme. Avec son écriture qu'elle qualifie de "plate", elle dresse des portraits, retrace sa vie mais aussi le siècle dans lequel elle vit.

Dans Que font les rennes après Noël ?, l'enfance de la narratrice, qui souhaite avoir

71eejYPTFvLun animal de compagnie, est racontée alternativement avec des témoignages de soigneurs, de personnes travaillant dans les laboratoires... Deux histoires parallèles ? Non, la romancière tisse soigneusement des liens entre sa vie et celle des animaux. Habilement, elle mêle réflexions personnelles, vie intime et un travail documentaire sur la faune : " Avec le temps, vous en venez à remarquer qu'aucune des familles  que vos parents fréquentent ne possède d'animal domestique. Cela vous conforte dans l'idée qu'il vous faudra un jour rompre avec ceux qui vous élèvent, qui vous soignent, vous chouchoutent, vous cajolent, vous retiennent, vous possèdent. Vous voulez trahir, vous ne savez pas comment vous y prendre" (p. 46). De fines répététitions et variations permettent de suivre le parcours de la narratrice vers son émancipation. Passionnant !

Un chemin de tableDans Un chemin de table, Maylis de Kerangal allie aussi technique et sensations. Elle nous invite à suivre la vie de Mauro, un étudiant erasmus en science-économique, qui est attiré par le métier de cuisinier : "Suivre une recette c'est faire correspondre des perceptions sensorielles à des verbes, à des noms - et par exemple apprendre à distinguer ce qui croque de ce qui craque, et ce qui craque de ce qui croustille, apprendre à spécifier les différentes ations que sont dorer, brunir, blanchir, jaunir, roussir, blondir, réduire, ou encore apprendre à savoir raccorder la gamme chromatique des couleurs, la caritété des textures et des saveurs à celles, infiniment nuancées, du lexique culinaire" ( p. 24). Quelle saveur des mots ! Quel rythme ! D'abord, il faut s'habituer à la cadence des phrases, à son oralité. A les suivre, c'est épuisant, autant que ce métier de la restauration. Stages, achats des alliments, menu à élaborer, tout demande un effort considérable. Ensuite, une fois habitué à ce rythme saccadé, on peut se délecter de ce style et suivre le parcours atypique de ce passionné par la gastronomie. Ce livre qui dévoile les coulisses des cuisines est à dévorer !

Rosenthal, Que font les rennes après Noël ?, Editions Verticales, Clamecy, juin 2010, 211 p.

Kerangal, un chemin de tables, Folio, mai 2012, 224 p.

Ernaux, Regarde les lumières mon amour, Folio, 96 p.

Partenariat Folio.

Sur le web : piplo,

30 août 2019

C'est le premier, je balance tout ( août 2019) : ISSN 2607-0006

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1) LES CHRONIQUES VENUES D'AILLEURS

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Qu'évoque pour l'artiste écossaise Ruth Ewan la saison culturelle Liberté, Bordeaux 2019 ? Elle associe ce mot à la Révolution Française, notamment au calendrier républicain. Dans ce calendrier, chaque jour correspondait à un animal, à un objet ou à une plante  qu'elle a représentés concrètement en un gigantesque cycle faisant le tour de la nef du musée ( photographie 2). Ainsi au CAPC de Bordeaux, peut-on voir pour représenter Germinal, des primevères, un platane, des asperges... Six oeuvres montrent aussi son engagement et son féminisme. Cette exposition It rains it rains ( pour ceux qui connaissent la chanson "il pleut, il pleut, il pleut bergère" est liée aussi à la Révolution Française) est aussi belle qu'instructive !

Exposition It Rains, it rains, Ruth Ewan jusqu'au 22.09.2019

CAPC, 7, rue Ferrère F-33000 Bordeaux, site ici.

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http://www.capc-bordeaux.fr/programme/ruth-ewan

2) MES LIVRES

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©Kazé 2019 Shirai/Demizu ©Kazé 2019Benjamin Lacombe

Voici une série qui a beaucoup de succès et dont le neuvième volume va paraître. The promised Neverland raconte le quotidien de jeunes enfants enfermés dans un orphelinat qui n'a rien en commun avec le pays imaginaire créé par J. M. Barrie. Au contraire, ne vous fiez pas aux couleurs vives, aux dessins ronds, à la jeunesse des personnages principaux, The promised Neverland est un manga glauque, pourtant catalogué dans les shonens. Il existe une couverture alternative et réversible créée par Benjamin Lacombe, que j'aurais bien aimé avoir, plus en adéquation avec l'ambiance sordide du manga. Certes, la narration graphique est dynamique, le dessin bien fait mais le manga manque de profondeur, s'appuyant seulement sur le suspense. Que se passe-t-il réellement dans cet orphelinat ? Les héros vont-ils résoudre leur problème ? Une série que je ne pense pas poursuivre...

Kaiu Shirai et Posuka Demisu, The promised Neverland, volume 1 ( 8 volumes, en cours), Kazé, Italie, novembre 2018, 192 p.

Sur le web : the girl from earth, 

Croquet Pauline, "The promissed Neverland" : The art of Posuka Demizu, Le monde, mis en ligne le . URL : https://www.lemonde.fr/les-enfants-akira/article/2018/04/25/the-promised-neverland-deux-inconnus-a-l-origine-du-manga-le-plus-attendu-de-l-annee_5290201_5191101.html

Drouard Elodie, "Que vaut vraiment "The promissed Neverland" le best seller manga qui débarque en France" , Le blog Francetvinfo, mis en ligne le 25 avril 2018. URL : https://blog.francetvinfo.fr/popup/2018/04/25/que-vaut-vraiment-the-promised-neverland-le-best-seller-manga-qui-debarque-france.html

Chéry Lloyd, "Les origines de The promissed Neverland, Le manga événement de 2018", Le point pop, mis en ligne le 26 avril 2018. URL : https://www.lepoint.fr/pop-culture/bandes-dessinees/les-origines-de-the-promised-neverland-le-manga-evenement-de-2018--26-04-2018-2213708_2922.php

3) MES ACHATS

Voici de nouveaux achats mangas : Moi, je me réincarne en slime et Une vie au zoo. J'ai continué aussi une série Gunnm. Les éditions Folio m'ont envoyé Ursule Mirouet de Balzac qui sera notre prochaine LC le 22 septembre (et je peux déjà annoncer, pour ceux qui veulent s'organiser, que le 22 octobre, nous lirons Ferragus) et Audiolib m'a envoyé Le réseau secret de la nature de Peter Wohlleben et L'ombre de la baleine de Camilla Grebe. J'ai d'ailleurs acheté Le journal de ma disparition, oeuvre antérieure de cette romancière suédoise pour me plonger dans son univers. Le quai de Ouistreham de Florence Aubenas clôt les acquisitions ce mois... Bonnes lectures à tous !

product_9782070373000_195x320Le-Reseau-secret-de-la-nature-De-l-influence-des-arbres-sur-les-nuages-et-du-ver-de-terre-sur-le-sgunnm-originale-5-glenat

9782253092711_1_75HitchcockL-Ombre-de-la-baleine

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4 juillet 2015

Au mois de juillet 2015 : ISSN 2607-0006

Après avoir accosté et visité livresquement l'Angleterre pendant un mois, il est temps de clore ce voyage par un bilan. Merci aux organisatrices Titine, Lou et Crissylda.

1) LA BLOGOSPHERE :

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Même si je n'ai pas pu voir l'exposition Tudors, j'ai eu le plaisir de lire le hors-série du Connaissances des arts : Les Tudors au musée du Luxembourg. Magnifiquement illustrée, cette revue propose une bibliographie, une filmographie et la vision de cette dynastie par les romantiques, après avoir fait le portrait de Marie Iere, Elizabeth Iere et Henry VIII. Le papier glacé met en valeur les images, tableaux, en revanche, les analyses iconographiques, les textes et les informations restent superficielles. Cette revue est donc une bonne introduction poussant à approfondir le sujet ( billets de Praline, Lou, Titine, Somaja , fleur).

Connaissance des arts, Les Tudors au musée du Luxembourg, 66 p.

2) LIVRE VOYAGEUR

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Alors qu'attendent dans ma PAL, Le docteur Thorne et Quelle époque, mais ayant apprécié le style, la galerie de portraits et la peinture sociétale de Miss Mackenzie d'A. Trollope, j'ai ouvert avec curiosité le recueil de nouvelles John Bull sur le guadalquivir. C'est avec humour que Trollope décrit le comportement de quatre Anglais à l'étranger. Exploitant le comique résultant des défauts et des préjugés des Anglais, Trollope aborde en fait la question du mariage. Dans chaque nouvelle transparaît diverses conditions féminines. "Les vestiges du général Chassé" croque un groupe de femmes anglaises se comportant comme des harpies alors que "La crique de Malachi" se déroulant en Cornouailles, évoque l'atmosphère des nouvelles de Stevenson. quant à "A cheval à travers la Palestine", tout en traitant d'un thème fort répandu à l'époque - De Paris à Jerusalem de Chateaubriand, par exemple - Trollope décrit un destin poignant et romanesque d'une jeune femme.  J'avais peur que la forme brève ne convienne pas au style de Trollope mais en fait, ce fut une divertissante lecture... Merci Claudia pour ce livre voyageur ! Lu par keisha et il part chez Océane.

A. Trollope, L'herne, John Bull sur le Guadalquivir, 164 p.

3) LIRE OU NE PAS LIRE :

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 Enfin j'évoquerai brièvement quelques déceptions et abandons : après avoir apprécié le remarquable et humoristique roman de N. Solomons, Jack Rosemblum rêve en anglais, j'ai abandonné Le Manoir de Tyneford, fort convenu ( billet de Brize). De même, j'ai abandonné Le bouc émissaire de Daphné du Maurier, ridiculement manichéen et prévisible ( L'avis de Praline,). Comme je souhaitais découvrir Hooper, j'avais acheté une série jeunesse mais je ne l'ai pas terminé : La maison du magicien se caractérise par son absence d'actions, de contexte historique ( alors que l'intrigue se déroule sous l'ère élisabéthaine) et la naïveté du personnage qui induit une simplicité de style. 

4) LES ACHATS :

  Manchette, La position du tireur couché + Giraudoux, La guerre de Troie n'aura pas lieu + Dorgeles, Les croix de bois + Julian Fellowes, Passé imparfait + J. coe, Expo 58

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31 juillet 2019

C'est le premier, je balance tout (juillet 2019) : ISSN 2607-0006

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1) MES FILMS

Lifeboat et Le procès Paradine : voici deux films d'Hitchcock que je ne connaissais pas et que j'ai pris plaisir à découvrir avec Tachan. Le 24 septembre, nous ferons un autre visionnage commun : Les enchaînés. J'ai vu aussi un excellent film de SF : The wandering earth (Cliquez sur les images pour accéder aux billets).

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2) MES LIVRES

Ce mois-ci, j'ai lu quelques mangas : Dédale ( 2 volumes) de Takachimi et Démokratia de Motoro Mase. Nous avons continué les LC balzaciennes avec Louis Lambert. Après une pause en août, nous reprendrons en septembre avec Ursule Mirouët le 22 septembre.

 J'ai abandonné La zone du dehors de Damasio et La voix du couteau de Patrick Ness dont j'avais beaucoup aimé Quelques minutes après minuit. Dans ce roman, il décrit un monde où on peut entendre la pensée de tous les vivants. Mais les mots sont déformés et la syntaxe incorrecte, comme dans le roman Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes, pour des raisons que j'ignore puisque je n'ai pas poursuivi cette pénible lecture.

Avec A girl from eart, nous avons projeté une LC de La note américaine le 30 septembre.

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3) MES ACHATS

A ma PAL, j'ai ajouté La servante écarlate d'Atwood. En manga, j'ai acheté Monster x Monster et je poursuis ma série Gunnm avec l'achat des volumes 3 et 4 et pour en savoir davantage sur les mangas et les animes, j'ai aussi acheté l'essai de Jean-Marie Bouissou : Manga, Histoire et univers de la bande dessinée japonaise et Dans le studio Ghibli, travailler en s'amusant de Suzuki. Après la lecture de Frida Kahlo de Maria Hesse, j'ai acheté Diego et Frida de Le Clézio, une autre biographie, celle de Marguerite Duras de Fostier et un livre de science-fiction qui me tentait depuis longtemps : Le Mur invisible de Haushofer.

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26 avril 2020

Princesse Mononoke de Miyazaki : ISSN 2607-0006

Princesse Mononoke subsume les thèmes miyazakiens comme le rapport à la nature, des héroïnes courageuses, les divinités et la modernité. Dans un Japon médiéval, un prince subit la malédiction d'un Dieu sanglier devenu fou de douleur par une balle en fer. Il part donc à la recherche de celui qui a provoqué la colère de ce gardien de la forêt. Chemin faisant, il rencontre des hommes cupides comme le seigneur Asano qui cherche à prendre les forges de dame Eboshi. Cette dernière crée des armes, extrait du minerai en détruisant la forêt. Quant à l'empereur, il recherche l'immortalité. Même si le prince ne condamne pas l'industrialisation, il veut aussi sauver la forêt...

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Princesse Mononoké d'Hayao Miyazaki © Studio Ghibli

"C'est le propre de l'homme de vouloir tout ce qu'il y a entre ciel et terre" :

Dans ce film d'animation, deux femmes s'affrontent aussi courageuse l'une que l'autre : Dame Eboshi "n'a peur ni des Dieux, ni des lois". Elle aide les femmes à s'émanciper et elle ose affronter les samouraïs du seigneur des lieux. Cependant, elle n'a que mépris pour la nature. Quant à son antagoniste, la princesse Mononoke, elle hait les humains qui détruisent sa forêt et mène une lutte acharnée contre les hommes. Seul, le prince Ashitaka prône la modération, la cohabitation... 

Le décor sylvestre est poétique, qualificatif habituel, mais aussi effrayant avec des dieux monstrueux et maléfiques. Inspiré d'un lieu réel, la forêt de Yakushima, le réalisateur a réussi à magnifier la forêt sacrée. Il montre aussi tout un pan des traditions japonaises avec ses divinités, son folklore, ses chamanes, les samouraïs... Ce film d'animation des studio Ghibli fait partie des moins enfantins de Miyazaki par son univers graphique et par ses thématiques telles que des affrontements mortels...

Actions bien rythmées, personnages fascinants ou amusants, arrière-plan historique et questionnements sur l'homme toujours actuels font de Princesse Mononoke l'un des chefs-d'oeuvre de Miyazaki. C'est un véritable coup de ♥ pour cet anime somptueux encore d'actualité !

logo-mois-au-japon-03Princesse Mononoke, de Miyazaki, Netflix, 2000.

Films de Miyazaki : Mon voisin Totoro,

Participation au challenge un mois au Japon de Lou et Hilde

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Sur le web : Jarno stéphane, "La forêt de Yakushima, Paradis flottant de "Princesse Mononoke", Télérama, mis en ligne le 1 février 2018. URL : https://www.telerama.fr/cinema/la-foret-de-yakushima-paradis-flottant-de-princesse-mononoke,71728.php

Philippe Pons, La forêt sur les flots, Le monde, mis en ligne le 9 aôût 2013. URL : https://www.lemonde.fr/m-actu/article/2013/08/09/la-foret-sur-les-flots_3459062_4497186.html

Princesse Mononoké au pays des philosophes - Ép. 3/4 - Philosopher avec Miyazaki
"Princesse Mononoké" est un conte entre deux mondes, nature et technique, déchirés par une guerre violente brisant les équilibres. Traversé par le souffle de l'animisme, le film entre sur les terres secrètes où règne le Dieu Cerf... Où peuvent se rencontrer et se reconnecter l'homme et[...]
https://www.franceculture.fr

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Princesse Mononoké d'Hayao Miyazaki © Studio Ghibli

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La forêt de Yakushima ©Yasuyuki Takagi

31 octobre 2019

C'est le premier, je balance tout (octobre 2019) : ISSN 2607-0006

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1) LES CHRONIQUES VENUES D'AILLEURS

187902728Merci aux organisatrices Lou et Hilde pour le challenge Halloween ! Vous avez peut-être pu piocher des idées d'activités, de décorations, de recettes sur les blogs mais aussi des lectures  pour une future session... Outre, les jolies momies présentées par Hilde ( photo ci-contre), j'ai aussi repéré des livres comme Un bûcher sous la neige de Fletcher chez Chicky poo ou L'atelier des Sorciers présenté par Kiona,  et je conseille tout comme Hilde la lecture de Sorcières : la puissance invaincue des femmes. Vous trouverez toutes les participations dans le billet récapitulatif. Joyeuses fêtes d'Halloween !

2) MES FILMS

SORRY TO BOTHER YOU Bande Annonce (Tessa Thompson, Comédie 2019)

Bande-annonce : Les contes de terremer

SHINING - Bande Annonce Officielle (VF) - Jack Nicholson / Stanley Kubrick

3) MES LIVRES

Ce mois-ci, j'ai commencé par des lectures halloweenesques avec Mes esprits, les voisins d'Ushio, Demon slayer de Gotouche, La malédiction de Locki d'Hachi, Les contes de Terremer de Le Guin. J'ai poursuivi mes LC balzaciennes avec le très bon roman Ferragus et la prochaine LC sera pour le 22 novembre avec Une double famille. J'ai découvert un nouvel album de Lacombe ( Curiosities) et un nouvel essai de Wohlleben ( Le réseau secret de la nature) et j'ai enfin lu la prose de Maylis de Kerangal avec Un chemin de table !

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demon-slayers-1-paniniMes voisins les esprits124482278

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4) MES ACHATS

J'ai continué certaines séries de manga comme Gunnm mais aussi Demon slayer qui essaie de rattraper son retard après une première publication interrompue. Après la publication des volumes 1 et 2 en simultané, en octobre 2018, les tomes 3 et 4 viennent de paraître. J'ai commencé aussi une nouvelle série, Made in Abyss. Prise d'une Jules vernemania, j'ai acheté Une fantaisie du docteur Ox, Le tour du monde en 80 jours, Deux ans de vacances et Voyage au centre de la terre ! Bonnes lectures à vous et bon mois de novembre...

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2 mai 2019

C'est le premier, je balance tout (avril 2019) : ISSN 2607-0006

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1) MES FILMS

"Le Livre d'image", la bande-annonce

Quelle audace dans le dernier documentaire Le livre d'image de Godard ! Diffusé actuellement sur Arte, vous pourrez découvrir une suite d'images issue de tableaux, de documentaires, de films, d'archives, défilant rapidement, inégalement, dans des couleurs saturées ou en noir et blanc. Les citations de films ou d'oeuvres sont courantes dans l'oeuvre godardienne. Ici, elles semblent inviter le spectateur a faire sa propre interprétation comme dans l'effet Koulechov.

"Ces fleurs entre les rails, dans le vent confus des voyages" ( carton 5)

Débutant sous le signe d'Un chien andalou de Bunuel, ne peut-on pas y voir l'expression de l'absurdité de ce monde ? N'est-ce pas une grille de compréhension proposée aux spectateurs ? Les sons qui se superposent, pas toujours audibles et dans différentes langues, créent un effet de chaos, propre à la vision du monde contemporain par Godard. De même, on remarque de nombreuses scènes en lien avec la guerre, puis avec les trains, "l'esprit des lois, le Moyen-Orient : violence et déferlement des images, ne sont-ils pas représentatifs de notre monde ? Ces citations de tableaux, de films et d'extraits sont si nombreux qu'on peine à trouver leur source et leur sens, si l'on ne connaît peu ce réalisateur.

Une fois habitué au rythme syncopé du montage, voire epileptique, on peut apprécier l'originalité de ce documentaire et une vision esthétique radicale.

Le livre d'image, Godard, 1h34, 2018.

Macheret Mathieu, " Le livre d'image" : Jean-Luc Godard ivre d'images", Le monde, mis en ligne le 24 avril 2019. URL : https://www.lemonde.fr/culture/article/2019/04/24/le-livre-d-image-jean-luc-godard-ivre-d-images_5454280_3246.html

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« Le Livre d’image » (2018), un essai cinématographique de Jean-Luc Godard. GRANDFILM

Rupert Wyatt, qui avait auparavant réalisé La planète des singes, les origines, un film un peu bancal - a refait un film de science-fiction à nouveau bancal. Captive State montre de manière originale comment un groupe de résistants s'oppose à des aliens qui ont envahi la planète, comme le démontre le critique Jean François Rauger dans Le monde cinéma. Toute la première partie du film montre les rouages de la résistance, comment des individus s'organisent pour lutter contre des envahisseurs.

On retrouve, comme dans Aliens de J. Cameron, une esthétique rétro-futuriste, où la technique s'allie à d'anciennes technologies. L'exposition très longue et répétive crée l'ennui et laisse trop longtemps le spectateur dans l'attente d'une action qui ne viendra que dans les quinze dernières minutes. Surtout, la multitude des personnages empêche une quelconque empathie. Leur traitement superficiel ne permet à aucun moment de s'attacher à eux, de ressentir leur angoisse. Ce n'est clairement pas le meilleur film de SF de ces dernières décennies.

Captive state, Rupert Wyatt, avec John Goodman, Vera Farmiga, Ashton Sanders, 1 h 49, 2019.

Autre film : La planète des singes, les origines.

Sur le web : No ciné, Captive State, 3 mars 2019.

Rauger, "Captive state : rébellion", Le monde, mis en ligne. URL : https://www.lemonde.fr/culture/article/2019/04/03/captive-state-rebellion-contre-la-tyrannie-alien_5445023_3246.html

2) MES LIVRES

J'ai écouté quelques nouveaux audiolivres pour le prix Audiolib 2019 : Ca raconte Sarah de P. Dellabroy-Allard, Un gentleman à Moscou de Towles et  Fief de D. Lopez. Avec Le bal de Sceaux de Balzac, une lecture commune s'achève et nous poursuivrons le 23 mai avec "Memoth réconcilié" et le 22 juin avec La maison Nucingen.

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3) MES ACHATS

Un dernier audiolivre est arrivé : Martin Eden de Jack London ! J'ai enfin acheté une BD de Facaro ( Zaï Zaï Zaï) et un de ses romans ( Figurec). Dans ma PAL, s'est ajouté La salle de bal de Hope, L'isle lettrée de M. Dunn repéré chez A girl from earth. J'ai ajouté une nouvelle autobiographie d'une romancière américaine dans ma PAL : Illuminations et nuits blanches de Carson McCullers.

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19 février 2019

Le facteur sonne toujours deux fois de James M. Cain : ISSN 2607-0006

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Ce roman noir de J.M. Cain se construit autour d'une passion intense entre un vagabond, Frank, et une femme, Cora, mal mariée, vivant dans un endroit isolé. Elle est mariée à un Grec, qu'elle déteste. Dès qu'il la voit, il sait qu'il ne pourra plus la quitter. Au bout de vingt pages, les deux amants projettent de tuer le mari. Malheureusement, le meurtre est empêché par l'électrocution du chat et le mari sort presque indemne de cette première tentative. Frank propose à Cora de s'enfuir avec lui, mais elle refuse de vivre sur les routes. Le hasard les réunit à nouveau. Vont-ils réussir à se débarrasser du mari encombrant ?

"Cora, c'est le destin. Nous avons tout essayé" (p. 51)

Cette sordide histoire d'adultère a une intrigue très resserrée. Plusieurs tentatives de meurtres, un procès, des séparations, créent une tension qui ne s'éteindra qu'au dénouement. Le narrateur, Frank, ne raconte que les faits et son point de vue. Ce récit, qui est la confession de Frank, par sa concision, ne laisse aucune place à psychologie, aux remord. Frank parle de meurtre comme de mécanique et Cora ne cherche qu'à s'enrichir. C'est un personnage singulier qui préfère le nomadisme à la vie de petit-bourgeois que Cora choisit. Alors qu'il choisit la liberté, être sur les routes, Frank ne cesse d'accuser le destin, présentant sa passion pour Cora comme une tragédie. Mais la fatalité a-t-elle un rôle dans leur histoire ? Peut-être, puisque le récit s'achève sur l'ironie du sort qui frappe le personnage masculin... Ce récit est une telle réussite qu'il a été adapté à quatre reprises !

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Comme dans Mort à Venise, Visconti métamorphose complètement la nouvelle de J.M. Cain. Au-delà de l'italianisation des noms et des lieux, le réalisateur Des amants diaboliques ne garde que l'histoire du couple adultère, qui veut se débarrasser du mari, et certains éléments comme le métier du Grec, appelé Bragana, ou le dénouement. On est proche des amants zoliens dans Thérèse Raquin avec l'amant hanté par le mari et sa dimension psychologique, absente de la nouvelle.

Surtout, Visconti initie le néoréalisme avec ce film. Pendant une période où le cinéma italien présente surtout un cinéma " téléphone blanc", symboles d'élégance, avec des comédies divertissantes, Visconti introduit les classes populaires, la pauvreté, la prostitution et la violence dans ce long-métrage. Là où la nouvelle présente une intrigue resserrée, Visconti amplifie des scènes populaires comme le bal dans la trattoria ou le concours de chant lyrique. C'est bien une recréation et non une simple adaptation.

Ossessione, Visconti,1942, avec Clara Calamai, Massimo Girotti et Juan De Landa,140 min

Cain J.M., Le facteur sonne toujours deux fois, folio cinéma, 151 p.

29 avril 2019

Dumbo de Tim Burton : ISSN 2607-0006

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Depuis maintenant une vingtaine d'années, Tim Burton adapte ou réalise régulièrement de nouveaux films avec plus ou moins de succès. Ses films fascinent par son univers original et macabre, celui des monstres, du fantastique et des portes de travers.

En 2016, l'adaptation de Miss Peregrine et les enfants particuliers est confiée à Tim Burton : cela semble naturel, étant donné l'univers de Ramson Riggs dans lequel évoluent des enfants singuliers dans un univers sombre. J'ai abandonné ce film dont l'exposition est très longue, sans susciter d'intérêt. Même lorsqu'on arrive dans la boucle où vivent les enfants particuliers et qu'on découvre un immense manoir abandonné, la photographie paraît plutôt impersonnelle.

En revanche, Ed Wood aborde un autre thème burtonesque, celui de la figure de l'artiste. Ed Wood est un véritable hommage à l'artiste maudit et au cinéma. Considéré comme le plus mauvais réalisateur de tous les temps, celui qui a réalisé La fiancée du monstre ne cesse de tourner alors que personne ne veut financer ses films. Ce long-métrage semble s'éloigner de l'univers noir et fantaisiste de Burton en s'ancrant dans un certain réalisme, celui du monde hollywoodien. Cependant, l'esthétique expressionniste rend bien visible le style du réalisateur avec un jeu sur les ombres, sur les thèmes macabres ou fantastiques, notamment dans les scènes où est présent Lugosi.

Sleepy Hollow est une adaptation brillante d'une nouvelle de W. Irving ! Jouant sur le double registre du macabre et du comique, Sleepy Hollow conte l'enquête d'un policier légiste qui va rechercher un coupable dans un petit village où il tombe immédiatement amoureux d'une jeune femme et sur une multitude de cadavres. L'anti-héros s'évanouit à la vue du sang, donnant lieu à des scènes cocasses et à un jeu d'acteur réussi et burlesque de J. Depp. La noirceur des personnages et les décapitations qui jalonnent l'enquête s'inscrivent parfaitement dans la veine burtonienne de ses films d'animation comme Frankenweenie.

Récemment, les studios Disney avaient demandé au réalisateur d'adapter Alice au pays des merveilles. Adapter ? Alice de Tim Burton n'est plus une enfant en quête d'identité mais une jeune femme qui est confrontée au passage à l'âge adulte. Alors qu'un insupportable fils de lord la demande en mariage, Alice suit le fameux lapin blanc et se retrouve dans le monde déjanté et manichéen des merveilles. Epreuve après épreuve, Alice finit par s'affirmer dans ce monde, où les créatures sont plus burtonisantes que jamais avec un chapelier encore plus loufoque que celui de Carroll, où dominent les rayures, les personnages aux figures pâles et cernées. Tout n'est pas parfait dans ce film visuellement époustouflant ( comme dans Les animaux fantastiques, où l'esthétique semble prendre le pas sur le reste)...

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Et puis, une nouvelle association entre Tim Burton et les studios Disney donne naissance à Dumbo. S'inscrivant dans la mode des remake en "live action" de dessins animés qui ne sont plus récents, Dumbo étant sorti en 1941, ce film nous parle à nouveau de monstres et de parias.

Dumbo s'inscrit-il dans cette veine commerciale qui pousse Disney à refaire ses classiques en live action ? Après La Belle et la bête, Aladdin et Le roi lion, Dumbo se voit donc donner une nouvelle vie. Tout le monde se moque de Dumbo, qui naît avec des oreilles démesurées. On le sépare de sa mère qui cherche à le défendre et cause l'effondrement du chapiteau. Heureusement que le jeune éléphanteau rencontre deux enfants qui l'aident à voler et à séchapper du cirque. Avant, ils seront confrontés au directeur de Dreamland.

Il n'y a pas grand chose à redire sur l'esthétique de ce film, dont l'intrigue est un peu répétitive, mais dont le principal intérêt est le parallèle - comme l'ont souligné de nombreux critiques - du parc d'attraction et de Disney, qui exploite sans vergogne hommes et animaux, et qui ne souhaite que générer du profit. Comme dans les autres films de la production, on retrouve une héroïne féminine positive et une fin heureuse. Mais où est Burton dans tout cela ? A l'instar de nombreux blockbusters, la beauté burtonienne disparaît sous le cahier des charges des films produits par Disney...

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Tim Burton, Dumbo, avec Colin Farrell, Danny DeVito, Eva Green, 2019, 1 h 52.

Tim Burton, Ed Wood, 2h17, avec Johnny Deep, Martin Landau, Sarah Jessica Parker, 1994

Tim Burton, Miss Perregrine et les enfants particuliers, avec Eva Green, Asa Butterfield, Terence Stamp, Samuel L. Jackson, 2 h 07.

Tim Burton, Sleepy Hollow, Netflix, 1999, 1h45, Johnny Depp, Christina Ricci, Miranda Richardson

Tim Burton, Alice aux pays des merveilles, Netflix, avec Johnny Depp, Mia Wasikowska, Anne Hathaway, Helena Bonham Carter, 2019, 1 h 49.

Autres films : L'étrange noël de Mister Jack,

Sur le web : Le cinéma de Durandal, Pamolico,

Conférence. 2019. "Pourquoi il faut relire "Alice au pays des merveilles" de Lewis Carroll, France culture. Conférence de Philippe Forest. Diffusée le 11 janvier 2019.

Douin, Jean-Luc, Alice au pays des merveilles" : un conte enchanteur sur l'identité, à voir absolument en relief", Le monde cinéma, mis en ligne le 23 mars 2010. URL : https://www.lemonde.fr/cinema/article/2010/03/23/alice-au-pays-des-merveilles-un-conte-enchanteur-sur-l-identite_1323303_3476.html

Sotinel Thomas, "Dumbo" : saltimbanques contre show-business", Le monde, mis en ligne le 27 mars 2019. URL : https://www.lemonde.fr/culture/article/2019/03/26/dumbo-saltimbanques-contre-show-business_5441295_3246.html

No ciné, Dumbo, quand Disney trompe énorménent,

Mandelbaum Jacques, "Miss Peregrine et les enfants particuliers" ; dans la boucle de l'enfance éternelle", mis en ligne le 5 octobre 2016. URL : https://www.lemonde.fr/cinema/article/2016/10/04/miss-peregrine-et-les-enfants-particuliers-dans-la-boucle-de-l-enfance-eternelle_5007763_3476.html

Le masque et la plume. 2019. "Dumbo" : "courrez-y !". Animée par Jérôme Garcin. Diffusée le 8 avril 2019.

30 septembre 2019

La note américaine de David Grann : ISSN 2607-0006

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 Photo : © Courtesy of Raymond Red Corn et James Gabbert/Istock. couverture : Hite

Comme le célèbre De sang froid de Truman Capote, La note américaine est un "true crime"  : le journaliste David Grann enquête sur des disparitions dans la tribu des Osage et raconte comment des meurtres sont passés inaperçus. Avec ses chiffres, ses faits, ses dates, l'écriture est minutieuse, précise, simple, écriture proche d'un autre roman de non-ficion De sang froid.

Pour raconter cette enquête, il s'est appuyé sur de nombreux documents, témoignages comme l'indique la bibliographie et les remerciements. L'ampleur des recherches titanesques est visible dans la précision du récit dans lequel sont cités des journaux, des témoignagnes, des rituels osages. En revanche, il n'y a pas de système de numérotation dans le renvoi des notes, ce qui ne facilite pas le repérage des sources. Des photographies viennent illustrer les propos de David Grann et donner un visage à tous ces protagonistes et à tous ces lieux. Voyez comment les images s'intègrent au récit :

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 Courtesy of the werstern History Collections University of Oklahoma Libraries, Cunningham No. 184

Mais il ne faut pas réduire La note américaine à une simple enquête. David Grann se penche sur l'histoire de l'Amérique au début du XXeme siècle, de celle de la police et de la création du FBI et celle des Amérindiens. Ces derniers dépossédés de leurs terres sont obligés de s'installer en Oklahoma sur une terre rocailleuse qui recouvre des gisements pétroliers. Chacun cherche à profiter des malheureux Amérindiens devenus richissimes grâce aux gisements de pétrole... Non seulement on cherche à les assimiler, à les voler, à les empoisonner mais surtout, on les méprise en les appelant les "couvertures" et en les considérant comme des barbares. Pour prendre leur terre originellement au Kansas, voici ce qu'écrit le journaliste : " En 1870, les Osages - expulsés de leurs tipis, leurs tombes pillées -

Grann école 001 acceptèrent de vendre leurs parcelles du Kansas aux colons à un dollar vingt-cinq l'acre. Malgré cela, certains d'entre eux massacrèrent des indiens, laissant leurs corps mutilés, sclapés" (p. 59). Qui sont les barbares ?

Courtesy of Raymond Red Corn

"Presque tout a disparu aujourd'hui. Disparues, les gigantesques compagnies pétrolières et leurs forêts de derricks. Disparus, les chemins de fer, dont celui où A Spencer et Franck Nash commirent la dernière attaque de l'Oklahoma en 1923. Disparus, aussi, les hors-la loi dont la majorité ont eu une mort aussi spectaculaire que la vie qu'ils avaient menée" (p. 311). Certains crimes n'ont pas été punis. Là réside le scandale de cette sombre histoire. Lorsque D. Grann parle enfin à la première personne, c'est pour souligner un triste constat : le Règne de la terreur - dans les années 1920 au moment des nombreux meurtres des Osages - n'est que la partie visible des meurtres perpétrés envers les membres de la tribu des Osages. La note américaine nous rappelle la souffrance des descendants de ces victimes qui tombent dans l'oubli ou dans le

Grann saloon 001désintérêt général. Encore en 2017, Sheridan avec Wind river montrait comment des  femmes amérindiennes pouvaient disparaître dans l'indifférence générale... Mais pour ceux qui ont lu La note américaine, ils n'oublieront pas de sitôt ces atrocités...

Aaron Tomlinson

David Grann, La note américaine, Pocket, France, Mars 2019, 421 p.

LC avec A girl from eart

Sur le web : Marilyne, Annie, Book'ing, Miss Léo,

Crom Nathalie, "La note américaine, David Grann", Télérama, mise en ligne le 28 février 2018. URL : https://www.telerama.fr/livres/la-note-americaine,n5504716.php

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"De gauche à droite : Rita, Anna, Mollie, Minnie" (p. 133)

Courtesy of the Osage Nation Museum

14 février 2019

Avec toutes mes sympathies d'Olivia de Lamberterie : ISSN 2607-0006

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https://www.audiolib.fr/livre-audio/avec-toutes-mes-sympathies-9782367628424

 "Le corbeau dit : jamais plus" ( "Le corbeau", E. Allan Poe)

C'est l'auteure elle-même qui lit son texte. L'avantage, c'est qu'elle sait bien mieux que tout autre lecteur quelle tonalité adopter, quel rythme choisir. La voix douce d'Olivia de Lamberterie convient parfaitement à la mélancolie du texte, aux thèmes qu'elle aborde : on ressent sa colère face à la mort, mais aussi la légèreté lorsqu'elle évoque des souvenirs plaisants du vivant de son frère (vous pouvez écouter ici un extrait).

"Elle me manquait tant que je voulais construire un mémorial de trente mètres de haut avec mes seules mains" (La douleur porte un costume de plumes, Max Porter)

Journaliste à Elle, Olivia de Lamberterie écrit pour conjurer la mort de son frère, "chérir son frère mort". Comme Simone de Beauvoir dans Mémoires d'une jeune fille rangée ou Annie Ernaux dans La place, à travers son autobiographie, elle dresse un tombeau littéraire pour son frère suicidé. Des médiations livresques - comme le Petit Prince, Rimbaud, E. Allan Poe, des personnages de films - lui permettent d'évoquer ce frère adoré. Des anecdotes lui redonnent voix.

Mais exprimer son désespoir, un questionnement face à la mort, ou le deuil d'une personne aimée ne suffiraient pas pour faire d'Avec toutes mes sympathies un bon livre. Autour de cette figure disparue, la romancière tisse plusieurs fils comme l'écriture, la place de la lecture, la dépression, le rapport des vivants et des morts. Des trouvailles stylistiques - Olivia de Lamberterie semble une adepte du zeugme - pontuent l'écriture de son journal de l'année de la mort de son frère, qui oscille entre autodérision et désespoir, mots familiers et références littéraires. Un intense hommage à un disparu et à la littérature !

Avec toutes mes sympathies, Olivia de Lamberterie, Audiolib, 6h32, lu par l'auteur (présentation sur le site audiolib)

Audiolivre écouté dans le cadre du Prix Audiolib 2019.

Sur le web : billet d'Eimelle.

3 décembre 2018

C'est le premier, je balance tout ( novembre 2018) : ISSN 2607-0006

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1) LES CHRONIQUES VENUES D'AILLEURS

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Dilectae, Aurélia Frey, Musée Saché

 Sur le site Ma librairie, un billet sur Le lys de la vallée est illustré de photographies d'Aurélia Frey. La photographe  a imaginé au cours d'une résidence de deux mois au musée Balzac, à Saché, les dernières pensées et traces de l'héroïne du Lys dans la vallée. C'est donc une occasion pour relire Le Lys dans la vallée, mais on peut aussi simplement admirer les belles photographies qui sont venues orner les murs de la maison du musée Balzac. L'exposition Dilectae, surnom de la femme aimée par Balzac, Laure de Berny, montre donc l'herbier d'Henriette ici et des représentations mentales de Mme de Morsauf là. Les magnifiques photos sont issues de ce parcours dans la vallée de l'Indre au cours de l'été 2018. Voici quelques clichés argentiques et les fleurs d'herbier en cyanotype :

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 Dilectae, Aurélia Frey, Musée Saché

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Dilectae, Aurélia Frey, Musée Saché

Du 1er novembre au 15 novembre 2018

Musée Balzac

Château Saché Site ici

2) LES FILMS

BLACKKKLANSMAN Trailer (2018)

Si le film de Spike Lee est encore projeté dans votre cinéma, n'hésitez pas à aller le voir. Spike Lee nous parle à nouveau des minorités dans ce film qui a pour protagoniste principal un policier noir, Ron Stallsworth. D'emblée des images d'Autant en emporte le vent introduit le thème de l'esclavage, des inégalités : la scène qui montre la défaite des Sudistes, par la représentation de centaines de morts, ne sonne pas le glas d'un certain sud raciste et antisémite. Au contraire, la violence se perpétue jusqu'à nos jours, ce que prouvent des images d'archives de Charlottesville.

Blackkklansman raconte la vraie infiltration d'un policier noir au sein du KKK, aidé d'un policier juif. Il fait aussi la rencontre d'une étudiante noire, Patrice, qui défend les droits des Noirs. Cela permet de faire un montage parallèle entre des scènes où les Afro-américains revendiquent leurs droits et d'autres qui montrent des suprémacistes blancs. Une comédie ? On ressort de ce film plutôt choqué et révolté. Certes le montage du réalisateur est un peu moins subtil que dans Inside man avec des inserts d'affiches lorsqu'il évoque des films, des visages qui se découpent sur fond noir lors d'un discours, des mises en abymes, avec des films dans le film... Maladroit formellement et un peu long, peut-être, mais indispensable à voir !

Blackkklansman, Spike lee, 2018, avec Adam Driver, John David Washington, Laura Harrier

Autres films : Inside man

Sur le web :Dasola, Le cinéma de Durandal,

Fabre Clarisse, " Blackkklansman : Spike Lee attaque le suprémaciste blanc", Le Monde, mis en ligne le 21 août 2018. URL : https://www.lemonde.fr/cinema/article/2018/08/21/avec-blackkklansman-spike-lee-attaque-le-supremacisme-blanc_5344373_3476.html

3) LES LIVRES

Voici une nouvelle lecture de Balzac : L'auberge rouge. Nous poursuivrons nos découvertes balzaciennes avec la lecture du Colonel Chabert le 29.12. Cléanthe, Marilyne, Claudia,Miriam,  se sont déjà inscrites et vous pouvez nous rejoindre.

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4) LES ACHATS

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13 octobre 2018

La bourse de Balzac : ISSN 2607-0006

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Dans les dernières lignes du Colonel Chabert, le notaire Derville déclare :  "Nos études sont des égouts qu'on ne peut pas curer. Combien de choses n'ai-je pas apprises en exerçant ma charge ! J'ai vu mourir un père dans un grenier, sans sous ni maille, abandonné par deux filles [...] J'ai vu brûler des testaments ; j'ai vu des mères dépouillant leurs enfants, des maris volant leurs femmes, des femmes tuant leurs maris en se servant de l'amour qu'elles leur inspiraient pour les rendre fous ou imbéciles, afin de vivre en paix avec un amant" ( p. 97)*. La comédie humaine montre donc les rouages de la société sous la Restauration, une société en mutation dominée par les intérêts personnels et l'argent.

A contrario, La bourse, qui semble aussi référer à l'argent, thème omniprésent de l'univers balzacien, semble une nouvelle bien optimiste dans toute cette noirceur. Un jeune peintre, Hippolyte Shinner, tombe d'une échelle, dans son atelier, et est secouru par deux femmes, Mademoiselle Adélaïde Leseigneur et sa mère, vivant au quatrième étage, juste au-dessus de son atelier. En voulant les remercier de leur aide, il découvre leur quotidien : elles vivent dans les débris d'un ancien faste, qui amènent des doutes sur leur position sociale. Le jeune homme tombe immédiatement sous le charme de la jeune femme, qui l'aime réciproquement. Deux vieils hommes viennent tous les soirs jouer au piquet avec la mère d'Adélaïde, perdant systématiquement de petites sommes d'argent. Le jour où les deux femmes volent la bourse d'Hippolyte, il s'interroge sur le mariage qu'il espérait nouer avec Adélaïde... Sont-elles des femmes respectables ? Ont-elles volé intentionnellement la bourse ? Leur mauvaise réputation est-elle justifiée ?

Cette brève nouvelle s'insérant dans les scènes de la vie privée ne développe pas les personnages, ni un milieu et parle d'un des thèmes majeurs de la Comédie humaine : les liens matrimoniaux. Malgré quelques beaux portraits, les enjeux et les intérêts de ce récit sont bien minces et paraissent simples. Par exemple, Hipollyte est peintre mais cela n'est qu'accessoire. La Révolution, la Restauration ne sont évoquées qu'en sourdine. La bourse apparaît comme une oeuvre mineure face aux grands romans de La Comédie humaine.

Balzac, La bourse,Classiques et contemporains, Magnard, 76 p.

*Balzac, Le colonel Chabert, étonnants classiques, 97 p.

Lecture commune avec Claudia. Prochaine lecture commune : L'auberge rouge pour le 10. 11.

La comédie humaine :

1. scènes de la vie de province : Eugénie Grandet, Le cabinet des antiques,

2. scènes de la vie parisienne : La fille aux yeux d'or, La duchesse de langeais

3. Etudes philosophiques : La peau de chagrin

4 scènes de la vie privée : Mémoire de deux jeunes mariées, Le père Goriot, La bourse, Gobseck,

5. scènes de la vie de campagne : Le lys dans la vallée

19 février 2020

La vendetta de Balzac : ISSN 2607-0006

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C. Corot, Une jeune femme pensive, une mandoline à la main, dans l'atelier du peintre ( détail) 1865, Musée d'Orsay, Paris. Photo Josse/ Leemage

Première nouvelle signée Balzac, La vendetta est imprégnée de romantisme et de pittoresque avec ses personnages corses, avec Napoléon, la figure iconique des romantiques, et avec la peinture d'un amour impossible. Elle inaugure aussi des thématiques balzaciennes comme la description des moeurs sous la Restauration, comme l'importance de l'argent, la thématique picturale présente aussi bien dans Le chef d'oeuvre inconnu ou Pierre Grassou, l'amour paternel et le mariage.

Ce court récit a pour héroïne, Ginevra di Piombo, une jeune fille corse dont l'éducation libre va la mener à sa perte comme Emilie de Fontaine (Le bal de Sceaux). Les Piombo quitte la Corse car les fils ont été tués par les Porta. Bartholoméo di Piombo rejoint la France et demande à Napoléon sa protection. Un jour, en peignant dans l'atelier de Servin, la fille de Bartholoméo aperçoit un proscrit à travers la cloison. Elle tombe amoureuse de ce jeune homme et l'épouse sans l'accord de ses parents.

Les longues descriptions si souvent décriées thématisent l'un des sujets de la nouvelle. Comme une ekphrasis, l'auteur de La comédie humaine décrit ses personnages comme des tableaux : "Assises ou debout, ces jeunes filles, entourées de leurs boîtes à couleurs, jouant avec leurs pinceaux ou les préparant, maniant leurs éclatantes palettes, peignant, parlant, riant, chantant, abandonnées à leur naturel, laissant voir leur caractères, composaient un spectacle inconnu aux hommes : celle-ci, fière, hautaine, capricieuse, aux cheveux noirs, aux belles mains, lançait au hasard la flamme de ses regards ; celle-là, insouciante et gaie, le sourire sur les lèvres, les cheveux châtains, les mains blanches et délicates, vierge française, légère, sans arrière-pensée, vivant de sa vie actuelle ; une autre, rêveuse, mélancolique, pâle, penchant la tête comme une fleur qui tombe; sa voisine, au contraire, grande, indolente, aux habitudes musulmanes, l'oeil long, noir, humide ; parlant peu, mais songeant, et regardant à la dérobée la tête d'Antinoüs" (p. 28). Comme dans Une double famille, les intérieurs sont peints à la manière hollandaise.

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Adrienne Grandpierre Deverzy, Intérieur de l'atelier d'Abel de Pujol {{PD-Art}}

Telle une nouvelle Juliette sous la Restauration, Ginevra épouse un homme avec lequel sa famille est en vendetta : cet amour tragique s'implante dans un décor où les ultras reprennent le pouvoir. L'argent y prend aussi une place dominante comme dans tout l'univers balzacien. Avec La vendetta, Balzac nous plonge dans une histoire de passion aussi poignante que Le père Goriot ou qu'Une double famille, avec pour toile de fond la fin du premier Empire, dont la construction mélodramatique nous tient en haleine jusqu'à la dernière ligne.

Balzac, La vendetta, Livre de poche, Espagne, février 2009, 93 p.

La prochaine LC aura lieu le 22 mars, avec le Curé de Tour

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La comédie humaine :

1. Scène de la vie de province : Ursule Mirouet, Eugénie Grandet, Le cabinet des antiques

2. Scène de la vie parisienne : Ferragus, La maison Nucingen " Pierre Grassou", La fille aux yeux d'or, La duchesse de Langeais

3. Etude philosophique : Louis Lambert, "Melmoth réconcilié, La peau de chagrin, "Facino Cane",  L'auberge rouge, L'Elixir de longue vie

4. Scène de la vie privée : La vendetta, Une double famille,"Le bal de Sceaux", Mémoires de deux jeunes mariées, Le père Goriot, Le colonel Chabert, La bourse, Gobseck

5. Scène de la vie de campagne : Le lys dans la vallée

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 L'atelier d'Horace Vernet {{PD-Art}}

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