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3 avril 2010

Pierre de lune de Wilkie Collins : ISSN 2607-0006

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Voici encore un roman de Wilkie Collins, qui diffère au niveau de la forme de ses autres oeuvres, mais tout aussi palpitant et surprenant au niveau de l'intrigue. La pierre de lune, prétendue magique et dotée de pouvoir, magnifique et fabuleux bijou, connaît un destin hors norme : volée, perdue, elle arrive entre les mains de Herncastle, d'une manière crapuleuse. Gardée par trois brahmanes, Herncastle arrive à la voler en les tuant lors de la prise de Seringapatam, en 1799. Cinquante ans plus tard, cette pierre maudite atterrit dans les mains de la fille de Lady Verinder, Miss Rachel, le jour de son anniversaire. Herncastle en offrant ce bijou à sa nièce, a-t-il intentionnellement voulu attirer le malheur sur sa belle famille qui l'a rejeté ? Est-elle maléfique ? Le soir même, le bijou est volé.

Deux ans plus tard, Betteredge, le majordome de Lady Verinder, entreprend d'écrire l'histoire du vol de la Pierre de Lune, sur la demande du cousin de Rachel, Mr  Franklin Blake. Qui a pu commettre le vol de la pierre dans une maison barricadée ? Commence une enquête de l'inspecteur Seagrave. Ce dernier, jugé trop sot pour résoudre cette terrible affaire est remplacé par le sergent Cuff, qui se révèle être un détective hors norme, et semble avoir trouvé le coupable. Mais l'affaire de la pierre maudite est loin d'être résolue. La narration des faits entourant le vol, de Betteredge, est suivie de celle d'une vieille fille, Miss clack, nièce de feu John Verinder. Plusieurs plumes se relaient pour retracer l'extraordinaire quête de la Pierre de Lune, peuplée d'hindous fanatiques, de jeunes gens oisifs de la bonne société, de réputations entachées, de servantes voleuses, de détectives amoureux de roses...  et de secrets gardés pour ne pas "braver l'opinion publique"...

Ce roman est une nouvelle découverte palpitante ! On est charmé et amusé par le personnage de majordome, lecteur de Robinson Crusoé : "N'allez pas m'accuser non plus d'ignorance ou de stupidité, si je déclare ici qu'aucun livre n'a jamais égalé ni n'égalera jamais Robinson Crusoé. Je fréquente ce livre depuis des années - généralement accompagné d'une bonne pipe - et il m'a souvent été un compagnon précieux. Lorsque je suis découragé, j'ai recours à Robinson Crusoé. Lorsque j'ai besoin d'un conseil... Vite, j'ouvre Robinson Crusoé...". La narration de l'histoire de la Pierre de lune par le majordome est fort drôle, car sa relation oscille entre superstition  et pragmatisme : dignement, "il avoue que quoiqu'il arrive dans une maison, vol ou meurtre, le petit déjeuner est sacré" ! Le fait que l'histoire soit relatée du point de vue d'un serviteur nous permet de voir le reflet de la bonne société anglo-saxonne à travers des anecdotes : critique acerbe de la justice, a priori sur les aristocrates, remarques misogynes. A travers ces descriptions, c'est toute la société du monde britannique du XIXeme siècle qui revit sous sa plume.

Et puis, sa manière d'écrire consciencieusement, amène dans son histoire une avalanche de digressions qui augmente notre impatience de découvrir le criminel... dont le nom est plutôt surprenant. Habilement, parfois, il en dit beaucoup et parfois pas assez laissant dans le flou, le lecteur. L'intensité dramatique ne cesse d'augmenter au fil des diverses narrations : l'enquête est rocambolesque, incroyablement complexe à résoudre. Tous les narrateurs ont une personnalité remarquable, tantôt risible - Mr Betteredge en lecteur fanatique de Robinson Cruosé ou Mrs Clake, pour qui même un prude victorien est une âme naufragée ! -, tantôt émouvante, Mr Jenning ou Mr Blake. Wilkie Collins a su admirablement peindre tous ses personnages, faire éclater la vérité de manière théâtrale et scientifique et révéler les secrets cachés sous le vernis pudique de la société victorienne, avec humour, tout en se jouant des nerfs de ses lecteurs !

Quelle diversité dans l'oeuvre de Wilkie Collins ( Il a aussi écrit Profondeurs glacés, L'hôtel hanté) ! On ne s'ennuie pas en compagnie de Wilkie et de cette rocambolesque et diabolique aventure de La pierre de Lune...
Collins, Pierre de lune, Phébus, Libretto, 504 p.

Lecture dans le cadre du challenge Wilkie collins addict de Cryssilda... L'avis de Titine...

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7 septembre 2022

Le bestiaire du crépuscule de Daria Schmitt : ISSN 2607-0006

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Qui est Daria Schmitt ? "Après des études d'histoire puis d'architecture, Daria Schmitt travaille pour différentes entreprises du spectacle, pour lesquelles elle dessine des décors, réalise des story boards, et des visuels d'événements.

Elle enseigne quelques années dans une école d'arts appliqués, avant de participer à la création d'une agence d'architecture et de muséographie.

En parallèle, elle commence la bande dessinée, et signe son premier projet chez Casterman. Elle réalise avec cet éditeur, quatre albums. Le dernier, Ornithomaniacs, en noir et blanc, reçoit le prix Artémisia mention dessin en 2018. En 2022, le Bestiaire du crépuscule, un album au dessin hors normes en hommage à HP Lovecraft et à la littérature fantastique, est publié dans la prestigieuse collection Aire Libre... Daria Schmitt se consacre désormais pleinement à la bande dessinée, à l'illustration, et au concept art. Elle vit et travaille à Paris." ( présentation du site Dupuis).

Intégrée entièrement au milieu du Bestiaire crépuscule de Daria Schmitt, la nouvelle L'étrange maison haute dans la brume de Lovecraft semble dialoguer avec la bd de Daria Schmitt. Providence - ville où a vécu Lovecraft - est gardien rêveur dans un parc étrange où des formes fantasiques apparaissent la nuit... Mais notre gardien ne mène pas une vie tranquille dans ce jardin fantastique car la directrice veut rendre attractif le parc, le moderniser et évaluer les compétences de ses employés... Trois vieilles femmes jouent un rôle bizarre dans cette histoire non moins bizarre où un livre jeté dans une petite mare contamine de ses monstres l'endroit... et qu'une grande maison apparaît dans une brume fantastique...

Jeu de mots, personnages croquignolets, métamorphoses invraisemblables, apparitions créent une ambiance très lovecraftienne. Les magnifiques dessins en noir et blanc sont parfois rehaussés de couleurs. Cette bd aussi foisonnante qu'Ornithomaniacs - tous les événements s'enchaînent d'une façon complètement improbables - est un bel hommage à Lovecraft !

Daria Schmitt, Le bestiaire du crépuscule (Dupuis) Les animaux fantastiques

Daria Schmitt, Le bestiaire du crépuscule, Dupuis, 2022.

 #dariaschmitt #illustratrice #becensabotdunil #bd #illustratrice #illustratricefrancaise #lebestiaireducrépuscule #comicbook @dupuis_bd #dupuisbd #lovecraft #fantastique

2 septembre 2022

C'est le premier, je balance tout (août 2022) : ISSN 2607-0006

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1) FILMS

J'ai vu quelques films en salle vraiment excellents comme Everything Everywhere all at once des Daniels (lien IG), Nope de Jordan Peele ( ainsi qu'Us) et Bullet Train de Leitch mais aussi des films plus anciens comme In the Moon for love de Wong Kar Rai, Black Hole de Yinan, Réalité de Quentin Dupieux, Creed I de Ryan Coogler et Creed II de Steven Caple Jr et enfin dans le cadre des étapes indiennes organisées par Hilde et Blandine, La saison des femmes de Leena Yadav.

 

2) LECTURES ESTIVALES

Après la lecture Où l'océan rencontre le ciel, j'ai lu un autre album de The Fan brothers, Le projet Bardamus (lien IG), des romans policiers comme Cyanure de Camilla Läckberg ou L'équation de plein été d'Higashino, Le collier de la reine de Leblanc, des classiques comme La peste écarlate de Jack London, La mare au diable de Sand et enfin des mangas (la suite de série comme les tomes de Demon slayer de Gotouge et Fullmetal alchemist d'Arakawa).

3) ACHATS

Ce mois-ci, j'ai acheté La Mariane de Tristan L'Hermite, L'aurore en fuite de Desbordes Valmore, la suite du manga Fullmetal achemist (tomes 7 et 8) et une BD de Daria Schmitt (Le bestiaire du crépuscule). Bonnes lectures et bonne rentrée (littéraire ou scolaire) !

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4 septembre 2022

Une fantaisie du docteur Ox de Jules Verne

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Le court récit de Jules Verne, Une fantaisie du docteur Ox, dénonce avec humour et force caricature la science. Dans une ville imaginaire, au nom improbable Quiquendone, la population vit si paisiblements, si silencieusement, si lentement qu'il faut dix ans d'attente avant qu'un mariage se décide... Tous vivent mécaniquement et lentement jusqu'au jour où une altercation a lieu chez le docteur Ox et son asistant Ygène, qui leur a offert l'éclairage public.

Pourquoi les gens endormis de cette ville deviennent soudainement belliqueux ? Même la nature se métamorphose : " LEs asperges atteignaient deux pieds de hauteur ; les melons gros comme des citrouilles, les citrouilles grosses comme des potirons, lesporirons gros comme la cloche du beffroi, qui mesurait, ma foi, neuf pieds de diamètre. Les choux étaient comme des buissons et les champignons des parapluies" etc...

Avec ses répétitions, ses caricatures et une présentation humoristique d'une enquête, Une fantaisie du docteur Ox met en scène un savant fou et les dérives de la science. Certes, l'image du savant machiavélique n'est pas neuve, que ce soit Le docteur Jekyll et Mister Hyde ou Victor Frankeinstein (un podcast sur France culture analyse l'archétype du savant fou) mais cette nouvelle est petite curiosité fantaisiste à découvrir loin de l'image d'un Jules Verne héraut de la modernité et du progrès !

Verne Jules, Une fantaisie du docteur Ox, Le livre de poche, France, juillet 2019, 118 p.

Le savant fou, archétype de la littérature populaire
Après l'aventurier solitaire et la femme fatale, "Mauvais genre" poursuivait en 1992 son étude des archétypes de la littérature populaire en approchant avec prudence le personnage du savant fou... Analyse et lectures avec Jean-Christophe Ogier, Emmanuel Laurentin et François Angelier.
https://www.radiofrance.fr

 

29 juin 2022

Des éclairs d'Echenoz : ISSN 2607-0006

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Connaissez-vous Tesla ? Découvrez sa géniale vie grâce à "une fiction sans scrupules biographiques" (comme le signale la quatrième de couverture) dans Des éclairs d'Echenoz ! Il fallait bien un roman pour décrire cette vie hautement romanesque, follement dramatique, voire mélodramatique de ce misanthrope. Tesla, dans ce roman biographique, ressemble à s'y méprendre à l'archétype du génie fou, de l'inventeur farfelu...

Cette biographie commence donc par une naissance illuminée d'éclairs. Très rapidement, nous nous retrouvons à New-York où Tesla, appelé Gregor dans le roman, a rencontré les plus riches hommes de la planète, des savants comme Edison, des écrivains tels que Mark Twain et... invente le courant alternatif, le radar même si personne ne veut de cette invention qui leur paraît incroyable. Lui-même paraît incroyable avec son sens de la mise en scène et de la théâtralité ! Mille idées bouillonnent sans interruption, comme dans le courant continu, dans le cerveau de cet excentrique savant. Et c'est ce que Echenoz a développé brillamment !

Sans être féru de science ou de physique, on peut se passionner pour cette vie hors-norme grâce au style échenozien plein d'alacrité. Avec son narrateur amusé, l'auteur présente cette destinée tragique - Gregor/Tesla va être spolié de toutes ses inventions - avec ironie et désinvolture. Voyez comme le biographe se moque de l'obsession de Grégor pour les pigeons : "Personnellement, je n'en peux plus de ces pigeons. vous n'en pouvez plus également, je le sens bien. Nous n'en pouvons plus et, en vérité, ingrats et versatiles comme ils sont, eux-mêmes n'en peuvent plus de Gregor. Fatigués de sa personne et jugeant trop à la baisse la qualité de ses approvisionnements, ils ont décidé de s'en défaire" (p. 171).

Le tempo vif de la prose échenozienne nous emporte vite dans la vie inouïe de l'inventeur génial et original Tesla !

Echenoz Jean, Des éclairs, Les éditions de Minuit, septembre 2021, 175 p.

Lu aussi par Dasola

Du même auteur : Envoyée spéciale

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Nikola_Tesla

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4 mars 2020

Le discours de Fabrice Caro : ISSN 2607-0006

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 Si vous avez aimé la BD Zaï zaï zaï zaï de Fabcaro,  vous deviez attendre avec impatience Le discours publié récemment aux éditions folio. L'auteur part d'un acte traditionnel, le discours à prononcer par le personnage principal le jour du mariage de sa soeur. Il en profite pour déconstruire et analyser de manière décalée les stéréotypes acceptés par tous.

Certes, l'auteur dénonce avec humour les conventions langagières, les phrases stéréotypées, les situations typiques. C'est vrai, il y a toujours quelqu'un pour vous dire le lundi, en allant au travail qu'il va bien " comme un lundi" ! Le midi, vos collègues ont toujours une petite anecdote à raconter sur les dernières frasques de leur progéniture ou il y a toujours un beau brun ténébreux jouant de la guitare dans une soirée...

On peut relever aussi, dans Le discours, les néologismes particulièrement savoureux. Sonia, la copine du narrateur, ou plutôt ex-copine veut faire une "pause". " Qu'ai-je fait de particulièrement pausifère ?", se demande le narrateur (p. 22) . Et lorsqu'on lui parle de chauffage au sol, il répond : " Ah oui dis donc ça a l'air pas mal... Ludo semble satisfait de ma réponse. Au fond on ne nous demande pas grand chose dans la vie. Deux trois réponses comme ça peuvent vous faire traverser l'existence sans trop de désagréments" (p. 39). Mais trop, c'est trop.

La struture des histoires de F. Caro est toujours la même (comme dans Figurec) - l'anti-héros raconte à la première personne, en de courts chapitres, une anecdote autour d'un texto, d'un repas, d'une rencontre - et on a l'impression de lire un scénario de film français : se succèdent des repas, des dispustes, des peines de coeur. Le personnage principal est un homme ayant dépassé la quarantaine, inadapté, ressemblant à un adolescent attardé. Cela réjouira certainement certains lecteurs de découvrir les aventures sentimentalo-satiriques d'un inadapté et la dénonciation des phrases toutes faites mais, on peut aussi vite se lasser de la systématisation des procédés d'écriture et des situations...

Caro Fabrice, Le discours, Folio, France, janvier 2020, 188 p.

Autres romans, BD : Zaï zaï zaï zaï

Partenariat Folio.

Sur le web : Cathulu, Partage de lecture

23 février 2019

L'Elixir de longue vie de Balzac : ISSN 2607-0006

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http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folioplus-classiques/L-Elixir-de-longue-vie

Popularisé par Molière qui fait de son Don Juan un libertin, ce personnage est promis à une longue postérité. Goethe, Byron, Delacroix, peintres et écrivains s'emparent du mythe. Don Juan Belvidero vit à Ferrare, dans la débauche, en attendant la mort de son père, Bartholoméo. Ce dernier, sur son lit de mort, lui révèle qu'il possède un Elixir capable de ressusciter les morts. Il lui demande donc de le frictionner entièrement avec le contenu de la fiole pour revivre. Don Juan constate la véracité des propos de son père en faisant un essai sur l'un des yeux du mourant et devient un paricide en décidant de l'étouffer. Il décide de garder l'Elixir pour lui-même. Face à ce père indulgent, Don Juan se comporte comme un égoïste. A son tour, devenu un vieillard, il fait la même requête à son fils.

Cette nouvelle renouvelle le mythe de Don Juan même si l'on retrouve quelques éléments anti-cléricaux dans le dénouement, le mariage avec Elvire et un libertinage de moeurs. Mais Don Juan n'est plus le libertin des siècles antérieurs. Balzac, sous l'influence du romantisme frénétique, transforme l'histoire en un conte fantastique, grotesque et horrifique : "Une assez violente rafale de lueur [...], illumina la tête de son père : les traits en étaient décomposés, la peau collée fortement sur les os avait des teintes verdâtres que la blancheur de l'oreiller, sur lequel le vieillard reposait, rendait plus horribles.[...] Malgré ces signes de destruction, il éclait sur cette tête un caractère incroyable de puissance".

Le rôle de l'argent, de l'héritage et de la paternité, présent dans La peau de chagrin, Le cabinet des antiques, Gobseck, et bien d'autres  oeuvres de La comédie humaine, en font un personnage et une histoire éminemment balzaciens. Dans cette Italie de la Renaissance de convention, puis dans une Espagne pittoresque, Balzac a su donner aussi une teinte romantique au mythe, renouvelant le type don juanesque en lui donnant une dimension faustienne, dans le défi avec la mort.

 Balzac Honoré, "L'Elixir de longue vie", Barcelone, Folioplus, 2014.

Lecture commune avec Miriam et Cléanthe. Prochaine Lecture commune : "Pierre Grassou" le 23 mars et "Melmoth réconcilié", le 23 mai.

La comédie humaine :

1 Scènes de la vie de province : Eugénie Grandet, Le cabinet des antiques

2. Scènes de la vie parisienne : La fille aux yeux d'or, La duchesse de Langeais

 3. Les études philosophiques : La peau de chagrin, L'auberge rouge, "L'Elixir de longue vie"

4. Scènes de la vie privée : Mémoires de deux jeunes mariées, Le père Goriot, Le colonel Chabert, Gobseck, "La bourse",

5. scènes de la vie de campagne : Le lys dans la vallée,

1 mai 2018

C'est le premier, je balance tout ( mai 2018) : ISSN 2607-0006

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1) MES EXPOSITIONS

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En 1863, à la mort de Delacroix, Fantin-Latour rend hommage au peintre dans une huile sur toile le représentant au milieu d'écrivains tels que Baudelaire ou de peintres comme Manet. Le Louvre aussi lui rend hommage, cette année, en retraçant toute la carrière du peintre romantique à travers ses journaux montrés en milieu de parcours, ses carnets de dessins, ses prises de notes, ses traductions et ses portraits.

La mort de Sardanapale est emblématique de l'art de Delacroix : se reférant à une tragédie de Byron, le peintre a représenté le roi assyrien dans une débauche de couleurs, de luxe, de violence et de corps nus. Le mouvement et le désordre dominent dans ce tableau. Les influences littéraires prennent une grande place dans les thèmes des tableaux : Delacroix a peint aussi bien Dante et Virgile aux enfers en 1922 que Hamlet et Horatio au cimetière.

De nombreux tableaux reflètent aussi les thèmes romantiques du désespoir et de la solitude que ce soit dans Jeune orpheline au cimetière ou Le naufrage de Don Juan. Toute une partie est consacrée aussi à l'Orient et aux commandes publiques, tableaux moins connus et moins spectaculaires, car Delacroix a été tiraillé sa vie durant entre l'art et les nécessités matérielles.

Exposition Delacroix (1798-1863) du 29 Mars 2018 au 23 Juillet 2018 au Louvre, site ici.

Delacroix, une liberté toute romantique, René Grimaud, 110 p.,  Geoart, Le monde.

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La mort de Sardanapale, Delacroix, 1827

2) MES FILMS

'Black Panther' Home Release Trailer

Il n'y a pas de politique dans Black Panther selon P. Rouyer (dans l'émission du cercle) mais le discours inverse est tenu par F. Saltiel dans le 28 minutes sur arte. Qu'en est-il ? T'Challa, la fameuse black Panther et roi du Wakanda, royaume d'une Afrique imaginaire, doit lutter contre Klaue qui cherche à voler les ressources du pays, le vibranium. Comme les traditionnelles adaptations des comics, Black Panther ne manque pas d'actions héroïques, de combats titanesques. Cependant, au cahier des charges attendu, le réalisateur Ryan Coogler a ajouté un conflit politique : le Wakanda doit-il rester en paix en ignorant les autres noirs souffrant dans le monde ou doit-il mener une politique internationaliste ? En outre, les images sont saupoudrés de références à la culture africaine et à l'histoire des noirs. Un super-héros supplémentaire ? Le film, valorise-t-il un message politique ? Les deux !

Film américain de Ryan Coogler. Avec Chadwick Boseman, Lupita Nyong’o, Michael B. Jordan, Daniel Kaluuya, Forest Whitaker, Martin Freeman (2 h 14).

Sur le web : Sotinel Thomas, "Black Panther" : L'afrique a enfin son super-héros sur grand écran, Le Monde, mis en ligne le 14 février 2018. URL :  http://www.lemonde.fr/cinema/article/2018/02/14/black-panther-l-afrique-a-enfin-son-super-heros_5256544_3476.html#YEoqe7Lfohyct3MH.99

BUFFET FROID (bande-annonce)

 Depuis Les valseuses, Blier ne cesse de provoquer le spectateur et de refuser un cinéma " bourgeois". En quelques semaines, il a écrit Buffet froid : si le scénario paraît des plus étranges, c'est que le réalisateur n'a gardé que tout ce qui était " dingue" ( déclare-t-il dans les bonus). En effet, Alphonse ( joué par Depardieu), un chômeur, rencontre un quidam dans le métro, près de la Défense. ce dernier meurt de manière étrange : il désigne Alphonse comme son meurtrier mais ce dernier n'était pas présent au moment de sa mort puisqu'on le voit déambuler dans les couloirs de la station de métro. Un film policier ? A première vue, une enquête semble s'amorcer avec la présence d'un inspecteur venu s'installer dans le même immeuble qu'Alphonse mais on découvre assez rapidement que ce dernier n'hésite pas à tuer et évite d'arrêter les meurtriers. Commence une " mécanique du meurtres" où toutes les paroles et actions des acteurs paraissent absurdes. Ce film présente des similitudes avec le théâtre de l'absurde : "Le langage s'était désarticulé, les personnages s'étaient décomposés" ( Notes et contre-notes de Ionesco). Ce long métrage du réalisateur français contient un humour noir et une dimension réflexive, qui n'a pas du tout mal vieilli.

Buffet froid, Blier, 1979, avec G. depardieu, Michel Serrault, Carole Bouquet...

3) MES ACHATS

Quelques achats sont venus grossir ma PAL : deux livres d'Eric Vuillard, Mémoire de fille d'Annie Ernaux, A l'orée du verger de T. Chevalier et Une mémoire infaillible de S. Martinez

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1 mai 2015

Au mois de mai 2015 : ISSN 2607-2006

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Quelles sont les nouveautés du mois de mais 2015 ?

Je me demandais fébrilement quelle était la nouvelle importante à annoncer, l'événement marquant qui ouvrirait ce billet. c'est sur le blog de Titine que j'ai trouvé ce que je cherchais : elle annonce qu'avec ses deux acolytes, Lou et Cryssilda, elles renouvellent la saison 4 ! Regardez son site, et vous trouverez de nombreux rendez-vous autour de polars anglais, littérature enfantine anglaise, XXeme siècle anglais mais aussi des lectures communes de Dickens, Austen, Coe... Et pour parfaire, ce mois anglais, un magnifique logo nous accompagnera tout le mois de juin. A vos livres, préparez-vous pour le mois anglais ( chez titine, Cryssilda et Lou.).

Vus sur la blogosphère :

 Que s'est-il passé sur la blogosphère au mois d'avril ? Vous cherchez des romans drôles ? Rendez-vous sur le site de Keisha. Elle nous rpésente un roman hilarant qui raconte la vie d'un écrivain de SF: L'univers de carton, Christophe Miller sur le blog de Keisha.

Un essai ? Claudia nous propose de découvrir l'oeuvre de Montaigne à travers l'essai de S. Bakewell : Comment vivre ? Une vie de Montaigne en une question et 20 tentatives de réponses. Et on a envie de suivre l'injonction de ce célèbre humaniste : "Lisez pour vivre" !

Un polar ? Niki nous propose un roman policier mais qui se déroule dans l'athènes contemporaine pour changer des polars nordiques ou anglais : Le justicier d'Athènes de Petros Markaris.

Un nouveau roman gothique ? Le mange Livre nous dévoile l'intrigue du dernier J.C. Oates Maudits, qui renoue avec l'influence gothique de Bellefleur... 

Un film ? Jauja de Lisandro Alfonso, un film atypique, qui se déroule sur fond de Patagonie et d'une ville mythique, selon dasola et Alex 6.

Mes derniers achats :

- Le théorème du homard, G. Simmions

- La mort s'habille en crinoline, Duchon Doris

- Nature morte, Louise Penny

- Les falsificateurs, Bello

- La fin du monde a du retard, Erre

- Les poètes morts n'écrivent pas de romans policiers (merci Niki pour l'envoi !)

24 août 2009

Témoin indésirable d'A. Christie : ISSN 2607-0006

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Témoin indésirable, Tome 14, Agatha Christie, scénario et dessin de Chandre, Emmanuel Proust édition, 49 p.

Un soir, deux ans plus tard après l'assassinat d'une femme, un inconnu, le Dr Calagary vient bouleverser la tranquillité d'une famille en confirmant l'alibi du meurtrier : Jack Argyle. Celui-ci, violent et instable, aurait tué sa mère qui refusait de lui donner de l'argent. Le Dr Calagary n'a pas pu témoigner avant à cause d'une amnésie, due à un accident de voiture et d'une expédition scientifique.

Cette révélation jette le désordre au sein de la famille : qui est le véritable meurtrier de Mrs Argyle ? Son mari, qui souhaite se marier avec sa secrétaire, Gwenda Vaughan ? La domestique ? Elle aime tous les membres de la famille sauf la défunte ou Mary, Hester, Mikael et Tina, ses enfants adoptifs, qui étaient dépendants financièrement d'elle ?

L'adaptation en images ne gâche en rien cette enquête policière. L'intrigue complexe reste tout à fait compréhensible. Huis clos et drame familial créent un suspense cruel : chaque membre de la famille s'épie et se soupçonne. Les dessins aquarellés sont d'une facture très classique. Rien d'original, mais on passe un moment de détente à lire un classique de la littérature policière...

9 juillet 2022

Tonbo d'Aki Shimazaki (pentalogie au coeur du Yamato) : ISSN 2607-0006

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Que nous réserve la série romanesque Au coeur du Yamato, la deuxième pentalogie d'Aki Shimazaki ? La romancière présente la vie des employés de l'entreprise Goshima : Aori est l'employé modèle dans Mitsuba, dont le passé du supérieur est relaté dans Zakuro. A contrario, considéré comme un mauvais salarié, Nobu refuse une promotion à Sao Paulo. Il décide donc d'ouvrir un juku, un lieu de cours privé. Loin du monde de l'entreprise, Tonbo va s'attarder sur la vie du père de Nobu, un professeur de biologie. Ce dernier se suicide après un scandale : un de ses élèves, déjà malade, décède après avoir reçu une gifle...

Si l'écriture est toujours la même, succinte mais arrivant tout de même à exprimer des sentiments nuancés, divers et variés, la romancière arrive à nous surprendre par les thèmes abordés : la description de la vie et du quotidien de Nobu et de son juku permet d'aboutir à l'évocation du harcèlement scolaire, du financement des études, du choix des matières. Mais c'est moins le système scolaire que les problèmes entre adolescent qui seront au coeur du sujet de Tonbo. L'analyse des sentiments se fait toujours avec pudeur, sans pathos, sans outrance.

Par ailleurs, Tonbo signifie "libellule" : autour de cette signification, une légende et des chansons japonaises serviront aussi de fil rouge à cette histoire passionnante. En fermant le livre, on se demande qui seront les personnages principaux des derniers tomes de la pentalogie : Tsukushi et Yamabuki.

un été au JaponShimazaki Aki, Tonbo, au coeur du Yamato, France, 2014, 113 p.

Participation à un été au Japon organisé par Lou et Hilde. @unmoisaujapon #unmoisaujapon

du même auteur : Au coeur du Yamato, Mitsuba, Zakuro

Le poids des secrets : ( Wasurenagusa,Tsubaki, Hamaguri, Tsubame, Hotaru)

30 janvier 2022

Nightmare alley de Guillermo del Toro : ISSN 2607-0006

Allez voir le dernier film de Guillermo del Toro. Ce long métrage paraît bien éloigné de ses films précédents, mais on reconnaît bien son univers personnel.

Après le pastiche de film de série B, La forme de l'eau, son film sur les méchas, Pacific Rim, ou son film gothique, Crimson peak, le réalisateur s'est tourné vers le film noir avec Nightmare Alley.

Malgré les superbes couleurs, c'est un film angoissant et sombre avec de nombreux personnages immoraux et cyniques. Après une première scène où l'on voit un homme brûler une misérable maison et un corps, ce dernier Stanton Carlisle rejoint un cirque. Là, il observe et découvre les secrets d'un mentaliste. Mais sa nouvelle condition ne lui plaît guère et il cherche à fuir ce lieu à tout prix.

Le cirque ? Voici un univers éloigné des habituels monstres que le réalisateur de Hell boy aime à mettre en scène. Mais finalement, les vrais monstres ne sont-ils pas ces deux escrocs ? Bradley Cooper (Stanton Carliste) et Cate Blanchett, une psychologue, sont épatants dans les rôles de ces deux personnages sans scrupule. On peut aussi apercevoir d'horribles fœtus, des "freaks" qui rappellent ceux de Tod Browning. 

Vous pouvez aussi écouter l'intéressant parallèle entre le travail du réalisateur et le dévoilement de l'envers des trucages du cirque, fait par les chroniqueurs du podcast "sale temps pour un film". Enfin, même si les chroniqueurs du Masque et de la plume ne paratagent pas tous un avis positif, ils sont unanimes pour souligner la géniale esthétique de Guillermo del Toro !

Guillermo del Toro a su, à merveille, créer un univers cauchemardesque à la limite du fantastique.

Guillermo del Toro, Nightmare alley, 2021, 2h31, Bradley Cooper, Cate Blanchett, Toni Colette, Willem Dafoe...

18 mars 2022

Le chêne de Laurent Charbonnier et Michel Seydoux : ISSN 2607-0006

Le documentaire de Laurent Charbonnier et Michel Seydoux a pour cadre un chêne, né en 1810, en Sologne. Qui habite avec lui ? Que font ses habitants le jour et la nuit ? Après le très beau documentaire La panthère des neiges de Vincent Munier voici un nouveau documentaire somptueux !

Une intrigue n'y est pas nécessaire : on voit évoluer les saisons - une année entière -, la vie et la mort des végétaux, des animaux, des reptibles, des insectes... certaines scènes sont paisibles comme les écureuils mangeant des glands, les geais construisant un nid, des abeilles buttinant des fleurs mais d'autres sont particulièrement dramatiques. Les oisillons échapperont-t-ils à une couleuvre ? Comment les mulots, vivant dans les racines du chêne, survivront à une gigantesque tempête ?

On suit particulièrement une famille de mulots, un écureuil, un couple de geais...et un gland. L'amusant casting révèle aussi la présence du balanin des chênes. Toute cette vie grouillante est magnifiée par des plans généraux ou des gros plans sur les coccinelles et autres minuscules insectes. Le cadrage se révèle particulièrement ingénieux pour nous captiver par ce documentaire sans voix off, sans dialogues mais bien rythmé par diverses musiques comme Sway de Dean Martin dans la bande annonce, "Et tu restes" de Tim Dup, ... Quand on sait que ce sont des vues en prise réelle, on admire encore plus la prouesse. Un très beau documentaire !

Le chêne, documentaire de Laurent Charbonnier et Michel Seydoux, 1h20, 2022

Sur le web : vu par Dasola, Choup,

 

27 février 2022

Maigret de P. Leconte ; ISSN 2607-0006

De nombreuses adaptations sortent sur nos écrans en ce début d'année 2022 comme Zaï Zaï Zaï Zaï, En attendant Bojangles, Nigthmare alley, Mort sur le Nil... Parmi ces sorties, on notera l'adaptation de Maigret  de Simenon, réalisé par Patrice Leconte.

De facture très classique, ce long-métrage dégage un charme très particulier : dans une ambiance sombre, avec des intérieurs peu éclairés, des pavés gris, de nombreuses scènes nocturnes, on voit Maigret déambuler dans Paris, dans une atmosphère calme, lente et silencieuse. Il est en quête d'indices pour retrouver l'identité d'une jeune fille, morte sans laisser de nom ni de famille... Elle était jeune et sans connaissance à Paris comme tant d'autres jeunes filles venues chercher la fortune, une autre vie... L'enquête mène notre commissaire chez un riche jeune homme qui va épouser une actrice débutante qui connaissait la défunte.

Leconte rend un bel hommage aux romans de Simenon, tout en grisaille - même s'il ajoute un peu d'humour. Il filme le quotidien de l'inspecteur dans une belle reconstitution de Paris. L'arrestation des criminels est moins importante que le souvenir de la morte, lui donner une sépulture... L'intrigue est bien simple mais c'est davantage l'atmosphère qui importe. Une belle adaptation bien qu'elle manque d'inventivité  !

Maigret  Leconte, 2022, 1h28, Gérard Depardieu

vu par Dasola

14 février 2011

To be or not to be de Lubitsch : ISSN 2607-0006

TO BE OR NOT TO BE - Bande-annonce VOST

Né dans une famille juive, Lubitsch (biographie Larousse) fuit l'Allemagne en 1922 et réalise une oeuvre engagée To be or not be. Hitler dans les rues de Pologne, en 1939, avant même son invasion ? Quel est le secret de sa présence dans ce pays ? Pourquoi est-il seul ? Non, ce n'est pas Hitler mais un acteur. Il fait partie d'une troupe de comédiens, qui se retrouve mêlée à un sombre complot : Joseph Tura et sa femme Maria jouent Hamlet lorsque celle-ci rencontre un jeune aviateur qui démasque un espion à la solde des Allemands, le professeur Siletsky. Pour empêcher ce dernier de donner les noms de résistants polonais, la troupe décide de déjouer les plans de Siletsky en singeant la Gestapo. Plusieurs mises en scène leur permettent de duper les nazis et de lutter contre l'invasion allemande.

Caricature d'Hitler, satire du nazisme, Lubitsch en pleine période nazie n'hésite pas à stigmatiser la dictature allemande. Ridiculisant les troupes nazis ainsi que ses représentants, il dénonce avec cette oeuvre engagée la censure et les atrocités de la guerre.
Pourquoi cette référence à Shakespeare ? A côté de la critique politique, se noue un drame amoureux. Joseph Tura joue le rôle d'Hamlet mais à chaque fois qu'il prononce la célèbre réplique "to be or not to be", un homme se lève... Doutant tout d'abord de ses capacités de comédien, il s'aperçoit que ce nom de code cache une intrigue amoureuse dans laquelle sa femme est mêlée.

Quiproquo, caricature, le film enchaîne tous les ingrédients de la comédie mis au service d'une satire du nazisme. Cependant, cette oeuvre comporte ce que la critique a appelé la "Lubitsch touch" : le procédé du théâtre dans le film crée une illusion au service de la réalité. Le comique de farce, de répétition côtoie un scénario original et plein de finesse et Lubitsch manie des dialogues humoristiques comme une arme. Une très grande comédie...

to be or not to be, 1942, Lubitsch,
challenge Shakespeare, organisée par Claudia et maggie

27 février 2010

Shutter Island de Scorsese : ISSN 2607-0006

BANDE D'ANNONCE - Shutter Island

Accompagné d'un nouveau coéquipier, Chuck Aule, l'inspecteur Teddy Daniels se rend sur une île de Boston, qui renferme un asile psychiatrique pour criminels dangeureux : là, il doit enquêter sur la disparition de Rachel Solando. Comment une femme a-t-elle pu s'évader de sa chambre de patiente sans réveiller l'attention des infirmières et des surveillants ? Où peut-elle avoir disparu sur une île aux côtes déchiquetées ? Le marshal Teddy Daniels, dès son arrivée sur cette île lugubre, prend conscience d'événements insolites. Il pressent qu'on lui ment et qu'on lui cache la vérité. Pourquoi ?
En lisant le synopsis, j'ai tout de suite été attirée par l'intrigue de thriller noir. Effectivement, le scénario complexe sait admirablement jouer du suspense, de retournements de situation : le spectateur est plongé dans un lieu clos étouffant et mené en bateau du début à la fin. Savamment conçue comme un labyrinthe, l'intrigue étonne, fait douter le spectateur et l'emporte dans une tourmente onirique. Les décors, une tempête shakespearienne, une sombre prison labyrinthique contribuent à rendre l'atmosphère étouffante. Scorsese semble sonder les abîmes où l'homme peut sombrer : folie, meurtres, mensonge et réalité, où sont les limites ? On est balloté dans cette intrigue conçue comme un puzzle. Le film ne se révèle pas être un thriller mais une plongée en enfer, où inconscient et folie envahissent l'histoire : le doute nous saisit et nous lâche plus. Cependant, déçue dans mon attente première, le scénario n'en n'est pas moins vertigineux et l'atmosphère schizophrénique est très bien rendue.
Ce que j'ai beaucoup moins apprécié, ce sont les images d'horreur et l'humour noir, qui ne m'ont pas fait sourire, dans le contexte du film : quelques images horrifiques m'ont paru déplacé et rappellent les films grand guignolesques. Je n'ai pas non plus apprécié le jeu des acteurs, qui discrédite le film et la bande son n'est pas très convaincante non plus. Cependant, la fiction pose de manière étonnante des questions plus sérieuses, voire politiques : au sujet des malades mentaux et des grands criminels, comment les soigner ? Shutter Island aborde aussi la question de la Shoah et de la libération des prisonniers des camps nazis.
Une semi déception ou une semi réussite... comme l'avait été l'adaptation de Mystic River, roman du même auteur, Denis Lehanne, même si Shutter Island reste un film assez riche pour mériter un coup d'oeil et susciter l'intérêt. Vous trouverez un avis élogieux sur ce film sur le blog de calypso et un avis plutôt négatif de everkhorus.

20 juillet 2023

Les algues vertes de Pierre Jolivet : ISSN 2607-0006

Les algues vertes de Pierre Jolivet retrace le combat d'Ines Léraud, une journaliste qui s'installe en Bretagne et veut dénoncer le scandale des algues vertes. Malgé trois morts et une quarantaine de bêtes mortes près de ces algues toxiques, tout le monde refuse de parler...

La journaliste est parfois écoutée mais elle doit mener un combat difficile contre les dirigeants de l'agroalimentaire qui veulent rester compétitifs et refusent de reconnaître les conséquences de la production de masse. Ines ne baisse pas les bras et pousse les familles des victimes à témoigner et à aller en procès pour faire reconnaître la dangerosité de ces algues vertes.

La mise en scène est très classique mais le réalisateur a su filmer la Bretagne et ses habitants sans les noircir, en filmant des paysages magnifiques et en montrant les raisons qui poussent les élus, les paysans et les syndicats à agir de la sorte. Ce film engagé montre les difficultés rencontrées par la journaliste et ses démarches comme un documentaire. Un film classique mais efficace !

Jolivet Pierre, Les algues vertes, 2023, avec Céline Salinette

24 novembre 2023

Coraline de Selik : ISSN 2607-0006

Adaptation d'un roman de Neil Gaiman, Coraline est un film d'apprentissage en stop motion de Selik, le réalisateur de L'étrange noël de Monsieur Jack. Ce n'est donc pas étonnant que l'on retrouve son esthétique macabre et son humour noir.

Coraline emménage dans une grande et vieille maison. Ses parents très occupés délaissent leur fille, qui s'ennuie et explore les alentours. Elle rencontre un excentrique voisin qui élève des souris qui délivrent des messages à la petite fille et deux vieilles comédiennes tout aussi étranges. Lorsque "Pas-de-bol", un jeune voisin lui offre une poupée qui lui ressemble, la petite Coraline découvre une petite porte donnant accès à un monde merveilleux.

On peut penser à Alice au pays des merveilles atterrissant dans un monde plein de non sens, avec la présence d'un chat qui l'aide dans sa quête, mais aussi à d'autres contes comme Pinocchio ou Le magicien d'Oz. La petite fille apprendra d'horribles secrets en franchissant la petite porte. Avec dynamisme, on voit la petite fille, en manque d'affection, se métamorphoser en héroïne courageuse affrontant une affreuse adversaire. Un très bon film de dark fantasy !

1 septembre 2023

Don't look up d'Adam McKay : ISSN 2607-0006

Que feriez-vous si la fin du monde était annoncée comme dans Don't look up d'Adam McKay ? Quand une doctorante (Jennifer Lawrence) et un docteur (Leonardo di Caprio) en astronomie annonce qu''une comète va bientôt détruire la terre, la présidente des Etas-Unis décide de ne rien faire ! Une petite sauterie est bien plus importante que des données scientifiques ! Nos deux chercheurs vont alors alerter les médias et la presse mais ils ne sont pas pris au sérieux. On s'intéresse davantage à leur image médiatique et on les tourne en dérision.

Cette comédie dramatique montre à quel point les enjeux écologiques sont niés et fait aussi la satire des milieux journalistiques à travers la désinformation de la population. Don't look up est aussi la critique du capitalisme effréné : le directeur d'une grande entreprise technologique décide d'empêcher la destruction de la comète qui contient des métaux précieux. Quels choix vont faire les autorités ?

Avec un humour caustique et une très belle réalisation, Adam McKay fait le portrait d'une Amérique futile et cupide qui profite aux nantis... Une comédie dramatique très réussie sur des dangers écologiques qui concernent notre monde contemporain !

22 juin 2023

utopia de Dennis Kelly saison 1 : ISSN 2607-0006

Un complot visant à répandre une épidémie, des vaccins dont les effets sont encore méconnus, des problèmes de surpopulation et de production alimentaire : cela fait écho à notre récente actualité mais la série Utopia de Dennis Kelly, titre complètement ironique, créé en 2013 est une dystopie visionnaire.

Dans une esthétique pop, voire de comic-book, 5 anti-héros font devoir contrer les plans de savants particulièrement fous et géniaux. Comment enrayer la surpopulation ? Un savant décide de mettre au point un vaccin qui stérilise 95 pour cent de l'humanité. Wilson, Grant, Jessica Hyde, Becky et Ian partent à la recherche d'une bande dessinée, le deuxième tome d'Utopia contenant un secret que s'arrache la CIA, l'Etat britannique et Rabbit, un autre savant fou. Vont-ils retrouver l'identité de rabbit ? Arriveront-ils à sauver l'humanité ?

Avec son alternance de cadrages très géométriques aux couleurs saturées; de magnifiques demeures et champs de fleurs, et de scènes très tarantinesques avec une hécatombe et des litres d'hémoglobines, Dennis Kelly a su créer une série posant de nombreuses questions éthiques et de nombreux retournements de situations en installant une ambiance paranoïaque : on ne sait jamais qui est va aider qui et qui sera le traitre ! Une excellente dystopie malgré sa violence !

Utopia, Dennis Kelly, 6 épisodes de 60 min, saison 1

15 juin 2023

Au revoir là-haut d'Albert Dupontel : ISSN 2607-0006

En adaptant le goncourt 2013, Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre, Albert Dupontel prend le risque de brasser beaucoup de sujets en deux petites heures.

Albert, un pauvre homme ayant perdu métier et femme après la guerre, revient avec un ami qui lui a sauvé la vie, Edouart Péricourt. ce dernier est un artiste de génie mais il est revenu défiguré par un obus. Il porte des masques fantasques qu'il fabrique lui-même. Pour se venger des dégâts que la guerre a causé dans leur vie, il décide de monter une anarque aux monuments aux morts... que va financer son riche père...

Irrévérencieux ce film dénonce le carriérisme de Pradelle, un infâme militaire qui a sacrifié la vie des soldats pour monter en grade. Ce dernier s'enrichit d'ailleurs en enterrant les morts de la Première Guerre dans le plus complet irrespect. On perçoit aussi l'indifférence des gens face aux invalides de guerre et le racisme envers les tirailleurs sénégalais. A cela s'ajoute les rapports conflictuels de Péricourt fils et père...

Dupontel réussit à croiser les destins de tous ces personnages dans une mise en scène burlesque, parfois tragique ou comique. Les reconstitutions des tranchées ou du Paris des années 20 est parfaite et l'ensemble, à la fois beau, cynique et comique, mérite vraiment d'être visionnné !

Dupontel, Au revoir là-haut, 1h 57, 2017, avec Laurent Lafitte, Albert Dupontel...

15 juin 2023

Spider-Man across a Spider-Verse :

Quelle animation intense et démente ! Spider-Man across a Spider Verse raconte l'histoire d'une Spider-Women, Gwen, dont le meilleur ami, Peter meurt. Le père de Gwen croit que Spider-Women est responsable de la mort de Peter. Lorsque son père découvre la vérité, il veut l'arrêter. Cette dernière préfère partir dans un autre univers parallèle.

Pendant ce temps, Miles Morales, Spider-Man de son univers, est aux prises avec La tache, un ennemi qui arrive à traverser la matière, mais aussi avec ses parents qui s'inquiètent pour son avenir. L'ennemi de Spider-Man arrive finalement à traverser les diverses dimensions... Gwen, venue arrêter La Tache, n'a pas réussi à le capturer. Elle revoit Miles et avec lui, elle repart dans le Spider-Verse : on rencontre un spider lego, une spider women enceinte, un spider anticapitaliste etc...

Ce long-métrage aborde les rapport des adolescents avec les parents, que ce soit Gwen ou Miles. Comment leur dire la vérité ? Ils sont partagés entre vie quotidienne et leur héroïsme. Surtout, on comprend que le destin de chaque Spider-Man dans le Spider-Verse s'écrit de la même manière. Mais Miles refuse ce fatalisme. Arrivera-t-il dans le troisième opus à échapper au destin tout tracé qu'on lui prédit ?

Dynamique, diversifié, imaginatif, l'animation varie sans cesse. Les Spider-Verses sont extraordinaires mais le long-métrage aurait pu être plus court et le scénario moins décousu.

28 décembre 2022

glass onion : une histoire à couteaux tirés de Rian Johnson : ISSN 2607-0006

Après A couteaux tirés, Rian Johnson a réalisé une suite aux aventures du désormais célèbre Benoit Blanc : Glass onion : une histoire à couteaux tirés.

Alors que Blanc est depuis une semaine dans son bain à cause de la pandémie de Covid qui l'a jeté dans le désespoir, il est invité sur une île, par un milliardaire, Miles Bron. Ce dernier a réuni pour cette fête Birdie, une ancienne top model, le gouverneur du connecticut, Claire, un brillant scientifique qui travaille pour Alpha, Lionel, Cassandra, la co-fondatrice d'Alpha et Duke, un influenceur sexiste. Toutes ces célébrités doivent résoudre un crime orchestré par Miles, écrit par une romancière célèbre. Malheureusement, Blanc résoud l'énigme avant même qu'elle ne commence. A ce moment, débute une série de meurtres... Blanc saura-t-il trouver les mobiles et les coupables de toutes ces morts ?

A nouveau, le réalisateur fait de nombreuses références au cluedo, avec une évidente dimension ludique dans ce jeu criminel, grandeur nature où l'on doit rechercher l'arme du crime, le mobile et le coupable, et a soigné la mise en scène avec des splits-screens, des cadrages qui cachent certains éléments importants de l'enquête...

Cependant, comme dans le premier film de la saga, il n'a pas oublié une dimension plus sociétale, critiquant l'arrivisme de ces riches amis capables de se parjurer pour gagner de l'argent, montrant leur cynisme et leur hypocrisie. Le cabotinage des acteurs exhibent d'autant mieux leur prétention et leur imbecilité... Encore un whodunit aux dialogues savoureux (même si parfois le film est trop lourdement et longuement explicite) !

Glass onion : une histoire à couteaux tirés, Rian Johnson  avec Daniel craig, Edward Northon; 2022, 139 min

autre film du réalisateur : A couteaux tirés

28 juillet 2022

La nuit du 12 de Dominik Moll : ISSN 2607-0006

La nuit du 12 de Dominik Moll commence par l'immolation d'une jeune femme, qui rentrait chez elle après une soirée passée avec des amies. Qui est le coupable ? Quel est le mobile ? Yohan, policier de la PJ de Grenoble, enquête méticuleusement et interroge les nombreux suspects, les ex de la jeune fille, Clara. 3 ans plus tard, l'enquête n'est toujours pas résolue malgré l'aide d'une juge qui relance l'affaire et d'une nouvelle co-équipière, dans l'équipe de Yohan, particulièrement perspicace...

La nuit du 12 n'est pas un thriller convenu : inspiré de faits réels et d'appuyant sur le livre 18.03, Une année à la PJ de Pauline Guéna, ce fait divers donne à voir de manière presque documentaire une investigation, le quotidien de la PJ et même leur problème de photocopieuse... Contrairement aux polars traditionnels, 20 pour cent des affaires criminelles ne sont pas résolues dans la réalité... Le réalisateur a réussi aussi à montrer comment cette affaire hante notre jeune capitaine.

"C'est quelque chose qui cloche entre les hommes et les femmes", déclare Yohan à la juge. Ce n'est pas une enquête conventionnelle parce qu'une réflexion sur les féminicides sous-tend cette histoire. Plusieurs portraits d'hommes et de femmes se succèdent autour de la question des rapports hommes-femmes dans les homicides mais aussi dans la PJ et la société plus globalement... coup de ♥ pour ce film réaliste, glaçant et émouvant !

La nuit du 12, Dominik Moll, 1h54, avec Bastien Bouillon, Bouli Lanners 

8 juillet 2019

Lifeboat de Hitchcock : ISSN 2607-0006

LIFEBOAT (Trailer)

Comme Rébecca, Les oiseaux ou L'inconnu du Nord-Express, Lifeboat est aussi une adaptation littéraire, celle d'une nouvelle de Steinbeck. Les ingrédients traditionnels des longs métrages hitchcockiens sont rassemblés comme des innovations techniques ( comme dans La corde ou Fenêtre sur cour), du suspense, de l'ironie, les faux-semblants, un caméo... Pourtant Hitchcock réussit un tour de force en dramatisant une situation qui peut sembler sans relief : un lieu unique et neuf acteurs ! Lifeboat s'ouvre sur le naufrage d'un navire britannique provoqué par un sous-marin allemand, lui-même torpillé. Huits rescapés de nationalités diverses et de classes sociales différentes tentent de survivre sur un canot de sauvetage en attendant les secours. Lorsqu'un Allemand se prétendant simple matelot est secouru, les naufragés sont confrontés à un dilemme : peuvent-ils faire confiance à cet homme ? Cet ennemi de guerre, doit-il être sauvé ? Qui doit diriger le bateau ?

Malgré le décor unique, "le maître du suspense" arrive à nous tenir en haleine grâce aux drames psychologiques. C'est le calme plat, une mer d'huile mais la tension monte : mensonges, dissensions, meurtres, tempêtes ponctuent ce huis-clos étouffant. Ont-ils eu raison de faire confiance à l'Allemand ? Ce dernier sauve un des passagers en l'amputant d'une jambe mais il cache de nombreux secrets sur son identité. La matérialiste et superficielle Mrs Porter va-t-elle tomber dans les bras de l'ouvrier ?  Les protagonistes ne cessent d'avouer leurs petits secrets, leurs bassesses...

Présenté en 1944, Lifeboat a une portée éminemment politique. Le fait de vouloir voter à la majorité "comme dans [leur] pays", de réussir à s'unir dans l'adversité, de s'entraider lorsqu'ils n'ont plus de ressources - vous verrez à quoi peut servir un bracelet de diamants lors d'un naufrage - sont des actions métaphoriques des pays en période de guerre.

En bonus, le commentaire audio du docteur Drew Casper est une mine d'informations sur la réalisation, le choix des acteurs, des cadrages et les influences de Hitchcock : Lifeboat présente l'alliance originale de l'expressionnisme allemand et du réalisme soviétique. Drew Casper aborde aussi la fabrication des décors, les caprices de stars, et la réception du film à l'époque, la censure, et rappelle aussi la coloration "romantique" des films du réalisateur des oiseaux. La variété des cadres, l'habileté dans la construction des caractères, l'universalité du message politique font que ce film n'a pas pris une ride.

Lifeboat, Hitchcock, 1944, 1h36, avec Tallulah Bankhead, William Bendix, Walter Slezak

Vsionnage commun avec Les blablas de Tachan. Prochain VC d'Hitchcock le 25. 07 : nous parlerons du Procès Paradine.

Autres films : L'inconnu du Nord-Espress, Psychose, La corde, Une femme disparaît, La loi du silence, Mais qui a tué Harry ?, chantage, Les 39 marches,, Jeune et innocent, meurtre, le grand alibi, Une femme disparaît

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