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1001 classiques
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23 novembre 2019

Une double famille de Balzac : ISSN 2607-0006

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De nombreux livres du XIXeme siècle aborde l'adultère féminin comme dans Madame Bovary ou Effie Briest de Fontane. En revanche, Balzac aborde la question du mariage et de l'adultère... d'un homme dans Une double famille.

Une double famille commence par le portrait de deux pauvres femmes qui brodent, l'une vieille et l'autre belle. Que peuvent-elles voir dans cette triste petite rue étroite ? Les passants. L'un d'eux, attendri par leur misère, leur vient en aide un jour. L'homme, un riche magistrat, emmène la jeune femme dans une longue promenade à la campagne. Une idylle commence dans ce cadre bucolique. Nous pouvons suivre leur bonheur "clandestin, illégal" (p.64). Cependant, le narrateur nous invite après un événement capital à "oublier un moment les personnages, pour se prêter au récit d'événements antérieurs, mais dont le dernier se rattache à la mort de Mme Crochard. ces deux parties formeront alors une même histoire qui, par une loi particulière à la vie parisienne, avait produit deux actions dictinctes" (p. 71). Que découvre-t-on dans cette deuxième partie ? La vie du magistrat...

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"Voilà pourtant comme je serai dimanche", Charlet

Jamais nouvelle balzacienne n'a pris une telle dimension picturale : les descriptions des passants, des deux femmes vues par la fenêtre par le comte de Granville, les rues parisiennes, des intérieurs sont esthétisés comme des tableaux, de même que les personnages : " un chiffonnier avait une vieille figure digne de celles que Charlet a immortalisées dans ses caricatures de l'école de balayeur" (p. 118).

Outre ces desciptions à la façon d'intérieurs hollandais, Balzac a savamment construit sa nouvelle : ce n'est pas seulement le dyptique de deux vies familiales opposées que propose cette nouvelle mais les deux histoires s'imbriquent et alternent pour donner une morale sur le mariage et dénoncer le rôle de l'Eglise sous la Restauration.

On prendra plaisir à retrouver Horace Bianchon. Quant à la fille du comte de Granville, elle deviendra la femme de Félix de Vandenesse, anti-héros du Lys dans la Vallée. L'apparition de tous ces personnages dans cette si vaste Comédie humaine amène d'ailleurs des erreurs dans leur destin puisque la deuxième fille de Granville est déjà mariée en 1833, époque où se déroule la fin  de ce court récit, alors qu'on évoque une belle alliance à venir pour elle dans Une double famille...

Mais quel romancier ! Balzac n'assène pas une sèche et triste morale sur le mariage mais l'englobe dans une histoire habilement construite tout en développant des considérations sur l'âme humaine, le rôle de l'Eglise, le mariage, les moeurs sous la Restauration et l'Empire...

Balzac, Une double famille,  Livre de poche, Espagne, octobre 2010, 121 p.

Prochaine LC, le 22 décembre avec La Vendetta.

La comédie humaine :

1. Scène de la vie de province :Ursule Mirouet, Eugénie Grandet, Le cabinet des antiques

2. Scène de la vie parisienne :Ferragus, La maison Nucingen "Pierre Grassou", La fille aux yeux d'or, La duchesse de Langeais

3. Etude philosophique : Louis Lambert, "Melmoth réconcilié, La peau de chagrin, L'auberge rouge, L'Elixir de longue vie

4. Scène de la vie privée : Une double famille,"Le bal de Sceaux", Mémoires de deux jeunes mariées, Le père Goriot, La bourse, Le colonel Chabert, Gobseck

5. Scène de la vie de campagne : Le lys dans la vallée

 

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7 septembre 2018

Culottées 2 de Pénélope Bagieu : ISSN 2607-0006

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Cette bande dessinée rassemble des biographies de figures féminines célèbres ou moins célèbres comme Temple Grandin, Sonité Alizadeh, Chéryl Bridge, Thérèse Clerc, Betty Davis, Nellie Bly, Phulan Devi, The shaggs, Katia Krafft, Jesselyn Radack, Hedy Lamarr, Naziq Al-Abid, Frances Glessner Lee, Mae Jemison, Peggy Guggenheim. Ces biographies mettent en avant les difficultés qu'elles ont rencontrées pour s'imposer dans leur domaine comme Mae Jemison, qui est la première femme noire envoyée dans l'espace, ou rendent hommage à des femmes, qui n'ont pas été reconnues de leur vivant comme Hedy Lamarr, plus connue pour sa beauté d'actrice que pour ses inventions.

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Pl. 1 Culottées, 2 © Bagieu

En plus de l'idée très bonne d'avoir rassemblé tous ces portraits de femmes, on prend plaisir à voir le trait de crayon reconnaissable de Pénélope Bagieu, dont les dessins colorés ne sont pas surchargés avec un arrière-plan souvent uni, permettant ainsi de donner une plus grande place au texte, qui ne manque pas d'humour ( comme dans un roman graphique). Ci-dessus un exemple de planche extraite de la vie de Nelly Bly). Un vrai plaisir visuel et de beaux portraits féminins ! 

Bagieu Pénélope, Culottées 2, Gallimard bd, 163 p. 

Autres BD : Cadavre exquis,

Sur le web : Violette,

10 septembre 2018

Captive de Margaret Atwood : ISSN 2607-0006

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S'inspirant d'un fait divers qui a fait grand bruit au Canada, dans les années 1840, Margaret Atwood a imaginé la confession d'une jeune femme Grace Marks, condamnée à mort avec un jeune homme qui l'aurait aidée à tuer ses deux maîtres. Cependant, elle réussit à échapper à pendaison et sa peine est commuée en prison à perpétuité. Mais l'auteur de La servante écarlate ne rend pas compte de ce fait divers à la manière de l'historienne Kate Colquhoun dans Le chapeau de Mr Briggs : elle imagine là où les archives et témoignages font défauts. Elle cite d'ailleurs au début des 15 chapitres, des journaux, la déposition de Grace et de James, le témoignage de l'écrivain S. Mooddie...

Cette confession est faite au docteur Jordan, aliéniste, qui cherche plus à faire avancer la science qu'à la juger. De fait, la narratrice retrace ses souvenirs depuis son enfance pour aboutir au meurtre. Elle raconte ainsi comment ses misérables parents irlandais ont émigré au Canada et comment elle devient une servante au service de différentes familles, jusqu'à atterrir chez Mr Kinnear et sa gouvernante, qu'elle aurait assassinés. Est-elle véritablement amnésique ? Est-elle somnambule ? Aurait-elle une double personnalité ?

Des dossiers concernant la coupable étant déjà lacunaires, voire mensongers à l'époque, cette meurtrière restera jusqu'au bout énigmatique. Parallèlement à l'enquête, on peut découvrir la correspondance et la vie de Simon Jordan, notamment ses réflexions scientifiques. Ainsi le roman, tout en s'attardant sur le témoignage de la détenue, nous dépeint la société de l'époque, en évoquant la condition des femmes en détention, au service des nantis, ou dépendantes de leur mari ainsi que les mariages convenus. Quant à la vie du docteur Jordan, elle nous donne une idée de l'état de la science à l'époque, de la situation politique, du poids de la morale, de la vogue du spiritisme... M. Atwood donne remarquablement vie à cette histoire et à tout un pan du XIXeme siècle au Canada, tout en gardant le mystère entier autour de Grace Marks.

Alias Grace - Trailer - Bande annonce VO Captive | 2017 | saison 1 - Netflix Film HD

Captive a été adaptée en mini-série de six épisodes de 45 minutes par Sarah Polley : elle est particulièrement fidèle au roman malgré une simplication de la construction de l'histoire. Tout est centré autour de la vie de Grace Marks et on s'attarde moins que dans le roman sur la vie du docteur Jordan. L'actrice fait bien revivre l''héroïne principale, notamment ses dons de conteuse. Elle apparaît tout aussi ambigüe que dans le livre. Une bonne adaptation avec une photographie très belle !

Atwood Margaret, Captive, 10/18, 623 p.

Captive, de Sarah Polley, minisérie, Netflix, avec sarah Gadon, Edward Holcroft, 2017, 6 x 45 min

17 octobre 2018

Une mort très douce de Simone de Beauvoir : ISSN 2607-0006

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Dans la constellation des récits autobiographiques de Simone de Beauvoir, parmi lesquelles il y a Mémoires d'une jeune fille rangée, La force de l'âge, La force des choses, Tout compte fait et La cérémonie des adieux, on peut trouver ce texte sur l'agonie de sa mère, Françoise, qui a un cancer. Sa fille tend à lui cacher la vérité sur la gravité de la maladie, de même que le personnel médical : le titre est donc antiphrastique. " Ne la laissez pas opérer", lui conseille une infirmière. Simone de Beauvoir a peur aussi que ces opérations soient des tentatives inutiles pour sauver sa mère qui souffre beaucoup.

L'imminence de la mort transforme sa mère. Celle-ci montre un grand courage et de la vitalité. Elle accepte enfin sa part "d'animalité". En conflit avec sa fille durant sa vie, elles se réconcilient enfin. Ce conflit, la narratrice l'explique par l'éducation "spiritualiste" de sa mère, qui pense à l'aide de "cadres tout faits"( p. 80) ( "maman est entrée dans la vie corsetée des principes les plus rigiges : bienséances provinciales et morale de couventine", p. 41) ou fuit les "vérités gênantes". Elle préfère, par exemple, ignorer les infidélité de son époux. Ainsi, face à la mort, " elle renonçait aux interdits, aux consignes qui l'avaient opprimée toute sa vie". A l'inverse, Simone de Beauvoir a pris le "chemin de la contestation" et renonce au mariage bourgeois : " que le mariage bourgeois soit une institution contre nature, son cas suffisait à m'en convaincre" (p. 45).

La romancière analyse aussi les préjugés, les conditions de vie de sa mère, la question du mariage et des rapports entre les femmes et les hommes, au début du XXeme siècle. " Analyser" est le terme qui convient car l'auteur du Deuxième sexe ne s'épanche pas mais décrit  de manière sociologique et clinique les derniers instants de sa mère, ce qui lui permet de souligner le scandale métaphyphique de la mort qu'elle développera tout au long de son oeuvre romanesque (comme dans Tous les hommes sont mortels) ou de son entreprise mémoriale ( Mémoires d'une jeune fille rangée peut être perçue comme le tombeau de Zaza, l'amie de jeunesse de Simone de Beauvoir). C'est une narration qui thématiquement et styliquement peut être rapprochée d'Une femme d'Annie Ernaux et qui permet de retrouver des motifs emblématiques de l'oeuvre de Simone de Beauvoir.

de Beauvoir Simone, Une mort très douce, Folio 124 p.

 

4 juin 2018

L'homme qui tua don Quichotte de Terry Gilliam : ISSN 2607-0006

 L' HOMME QUI TUA DON QUICHOTTE - Bande annonce VOSTFR (2018)

Un film, est-il de l'art ou de l'industrie ? Où s'arrête le rêve, quand commence la folie ? Tout ce questionnement et bien d'autres interrogations se retrouvent au coeur de L'homme qui tua don Quichotte. Avant même sa sortie cannoise, le film de Terry Gilliam a connu des déboires, des infortunes dignes d'un roman feuilleton avec un tournage apocalyptique, un imbroglio judiciaire... au point de mériter un documentaire légendaire " Lost in la mancha".

Le réalisateur a mis 20 ans pour raconter l'histoire de Toby, réalisateur de pub, désabusé, qui tombe par hasard sur son film de fin d'études, qu'il avait tourné dans un petit village espagnol. Ce film à l'instar des romans de chevalerie pour don Quichotte de Cervantes bouleverse la vie d'un cordonnier, qui se prend pour le véritable chevalier à la triste figure et d'une jeune fille, qui rêvera de devenir actrice. L'image pousse à la démence. A partir de la redécouverte du petit village et des principaux protagonistes de son film d'étudiant, le réalisateur est pris dans une mécanique de la folie : il est contraint de suivre les chimères du cordonnier se battant contre des moulins, rencontrant sa dulcinée... Chutes, gags, fuites, quiproquos se succèdent dans un rythme effréné.

"Il faut le laisser aller jusqu'au bout de ses rêves" : Folie, obsession, rêve, voici des thèmes centraux du film qui concluent crépusculairement sur l'aboutissement d'un rêve qui ne peut se finir que par la mort ou par la folie. Le film de fin d'études de Toby se superpose aux images du spot publicitaire et fait même référence, de manière métafilmique, au long métrage que nous voyons. Différents niveaux de réalité se côtoient et on ne sait jamais réellement où se situent les limites du rêve et de la réalité. La surenchère d'inventions devient un peu longue dans la dernière partie de ce film admirable. On peut surtout regretter que l'aliénation ne soit pas plus visuelle ( comme dans L'enfer de Clouzot avec des images psychédéliques ou des distortions du temps comme dans Shining de Kubrick). Malgré la déception des fanatiques de la première heure, l'esthétique et les questionnements de ce film sont passionnantes.

L'homme qui tua don Quichotte de Terry Gilliam. Avec Adam Driver, Jonathan Pryce, Olga Kurylenko (2 h 12), 2018

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Sur le web : "Cannes 2018 : pourquoi Terry Gillian n'a jamais renoncé à son "Don Quichotte" 19 mai 2018 (vidéo ci-dessous). URL : https://www.youtube.com/watch?v=JhsdLcJDu-4

Sotinel Thomas, " Cannes 2018 : "L'homme qui tua Don Quichotte", Le Monde, mis en ligne le 19 mai 2018. URL : https://www.lemonde.fr/festival-de-cannes/article/2018/05/19/cannes-2018-l-homme-qui-tua-don-quichotte-un-bebe-vigoureux-malgre-trente-ans-de-gestation_5301590_766360.html

Le bleu du miroir, Trillian, Le fossoyeur de film, Le cinéma de Durendal,

Cannes 2018 : pourquoi Terry Gilliam n’a jamais renoncé à son « Don Quichotte »

 

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29 juillet 2018

Ada d'Antoine Bello : ISSN 2607-0006

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Vous pensiez avoir tout lu sur les romans traitant des intelligences artificielles ? Bello arrive à nous surprendre avec son récit policier Ada. Le président de Turing corporation, Dunn, demande à Franck Logan d'enquêter sur la disparition d'Ada : cette dernière est un programme informatique inventé pour écrire un roman à l'eau de rose. Enfermée dans une salle, sans connexion internet, elle réussit toutefois à s'évader. Franck Logan pourra-t-il rivaliser d'intelligence face à la machine ? Une machine a-t-elle une conscience ?

Evidemment, le roman aborde le pouvoir et les dangers de la technologie mais sans utiliser la noirceur présente dans ce type de récit décrivant les dérives de la technologie. Au contraire, Bello use de l'humour et d'une tonalité ludique pour dénoncer les travers d'une corporation prête à tout pour engendrer du profit. Quant à l'intelligence artificielle, elle exploite les failles humaines pour arriver à ses fins. Ce sont les propres faiblesses de l'homme qui l'amènent à sa perte. Ada se révèle d'une grande complexité face à tous ces humains caricaturaux et imbus d'eux-mêmes.

Outre ces questions traditionnelles, Bello aborde aussi la littérature : Ada écrit un roman à l'eau de rose comportant des mots arogtiques et des scènes scatologiques. Qu'est-ce qu'un roman sentimental ? Quels sont les ingrédients à utiliser pour vendre 100 000 exemplaires ? Tout en décrivant les caractéristiques de ce type de roman, Bello en profite pour égratigner tout type de littérature reposant sur des clichés, des stéréotypes, les modes mais le sien y échappe. Et dans une dernière pirouette humoristique, le romancier n'hésite pas à commenter ses propres procédés. Un très bon roman !

Bello Antoine, Ada, Folio, 394 p.

31 août 2018

C'est le premier, je balance tout (août 2018) : ISSN 2607-0006

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1) LES CHRONIQUES VENUES D'AILLEURS

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Livre ebdo présente une cartographie interactive de 550 lieux réels d'oeuvres littéraires, ici. Hélas, pour beaucoup, le temps des voyages se termine et la rentrée est là, qu'elle soit livresque, scolaire ou automnale... Parmi les 567 livres présentés en cette année 2018, une sélection de romans vous est proposée aussi par Télérama ; Lire consacre son dernier numéro à la rentrée littéraire, et vous pouvez écouter les choix de France culture et de l'obs... bonnes lectures !

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2) LES FILMS

THE GUILTY Bande Annonce (2018) Thriller

Ce thriller danois, The guilty est vraiment singulier dans sa forme : recevant l'appel d'un femme kidnappée, Asger Holm, policier travaillant au centre d'appels d'urgence décide de mener l'affaire pour la sauver. Il prend donc de nombreuses décisions par téléphone concernant cet enlèvement : il fait suivre la voiture, envoie un collègue pour fouiller la maison du suspect, appelle les enfants de la femme... Parallèlement à cette enquête, on comprend qu'il a des problèmes personnels au sein de la police. Progressivement la tension monte : Asger Holm, va-t-il réussir à sauver cette femme ? Ce film est un concept car on ne voit que le policier ou le centre mais jamais les autres protagonistes : on a juste accès aux voix, aux bruits... Un twist final permet de rendre plus intéressant et profond ce film, qui m'a vaguement ennuyée. De fait, comme on ne regarde que des images similaires ( des gros plans sur le visage d'Asger), on a le temps de réfléchir sur l'enquête qui présente quelques faiblesses.

The guilty, de Möller, 1h25 avec Jakob Cedergren, 2018.

sur le web : Dasola,

 

AU POSTE Bande Annonce Teaser (Benoît Poelvoorde, Orelsan, Quentin Dupieux) 2018

Après avoir abandonné Steak, j'ai pu apprécier Au poste ! de Quentin Dupieux. Un homme (interprété par Grégoire Ludig) a retrouvé le corps d'un homme mort, au bas de son immeuble. Sa déposition est prise par un inspecteur (Benoît Poelvoorde) poussif, tatillon sur le langage et soupçonneux. S'emparant de cette situation banale, le réalisateur en fait une comédie comique et grinçante. Surtout, il développe les situations absurdes et peu sensées : les personnages peuvent intervenir dans les rêves des autres, le commissariat n'en n'est pas vraiment un... Prenons un autre exemple : d'emblée, on voit dans un lieu champêtre un chef d'orchestre presque nu, qui est arrêté. Pourquoi ? Et que fait-il presque nu ? On n'en saura rien. Comme le faisait remarquer un critique dans l'émission du cercle, Au poste ! ressemble à Buffet froid de Blier ( J'en parle ici) avec son décor urbain déshumanisé, une logique illogique, et un travail sur les dialogues. Une excellente comédie déjantée et qui pousse l'absurde très loin, servi par un duo qui fonctionne très bien...

Au poste ! de Quentin Dupieux, avec Grégoire Ludig, Benoit Poelvoorde, 1h13, 2018

Sur le web : Dasola, Trilllian, Le bleu du miroir,

DETECTIVE DEE : LA LÉGENDE DES ROIS CÉLESTES - Bande-annonce officielle VF

J'avais pu apprécier Détective Dee 2 : La légende du dragon des mers mais dans Détective Dee 3 : La légende des rois céleste, Tsui Hark se surpasse encore davantage ! Nous retrouvons donc l'inspecteur Dee, le Sherlock Holmes chinois, qui est chargé de garder une épée magique. Mais, l'impératrice Wu, qui a vécu sous la dynastie des Tang, veut sa perte pour discréditer l'empereur. Elle engage des magiciens pour lui voler l'épée. En fait, l'intrigue est très mince - l'impératrice veut régner seule et elle est prête à tout -  mais compexifiée à souhait.  Cependant, on prend un immense plaisir à voir se déployer de nombreuses fééries comme un dragon et un singe géant. Entre films d'arts martiaux et enquête policière, le réalisateur hong-kongais a réalisé un formidable blockbuster. Une scène post-générique semble faire un clin d'oeil à une autre saga américaine...

Détective Dee, La légende des rois célestes, de Tsui Hark, avec Mark Chao, Carina Lau, Feng Shaofeng, 2h18, 2018

Sur le web : Dasola,

Rauger Jean-François, "Détective Dee 3 : la légende céleste, la féérie du complot, Le monde cinéma, mis en ligne le 8 août 2018. URL : https://www.lemonde.fr/cinema/article/2018/08/08/detective-dee-3-la-legende-des-rois-celestes-le-feerie-du-complot_5340389_3476.html

3) LES LIVRES

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Simone de Beauvoir a écrit un immense cycle autobiographique comprenant Mémoires d'une jeune fille rangée, La force de l'âge, La force des choses, Tout compte fait. On peut aussi intégrer La cérémonie des adieux, où elle relate les dix dernières années de la vie de Sartre. Elle anatomise la maladie, la perte des facultés, l'affaiblissement de Sartre, année après année, de 1970 à 1980 : cela crée une gêne et un malaise, car rien ne nous est épargné que ce soit sa dépendance physique ou que ce soit ses problèmes de dentier. Contrairement à la somme mémoriale, où elle cherche à exprimer "l'universel singulier" pour généraliser et intéresser le lecteur, dans ce récit, elle tombe dans l'anecdotique et le sordide. Toujours prolixe, Beauvoir note avec minutie toutes les actions même insignifiantes.

Certes, dans l'avant-dernier paragraphe de Tout compte fait, Beauvoir avoue ne pas être "une virtuose de l'écriture" comme Proust, Joyce ou Woolf, qu'elle cite, mais devait-elle pour autant décrire aussi platement ces 10 années de maladie de l'homme qui fut son compagnon de toute une vie ? L'exposé de faits quotidiens ne nous en dit pas davantage sur Sartre, ni sur Simone de Beauvoir, excepté sa propension à faire des compte-rendus de son emploi du temps banal.

Simone de Beauvoir, La cérémonie des adieux, Folio, 175 p.

4) LES ACHATS

 Un autre roman de Bello s'est ajouté à ma PAL ( Les funambules) ! J'ai acquis une BD Culottées de P. Bagieu et des romans policiers, La daronne de Cayre et Tout ce qu'on s'est jamais dit de NG Céleste. Je vais me lancer dans la lecture de La comédie humaine avec la Cousine Bette...

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7 septembre 2017

Le poids du coeur de Rosa Montero : ISSN 2607-0006

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A la page 152, le personnage principal, la répliquante Bruna Husky, des Larmes sous la pluie fait elle-même un bilan de la situation : " Tout un coup le monde entier semblait être devenu radioactif. D'où l'intérêt de cette ancienne mine d'uranium. Un diamant volé, une fausse veuve, une épouse morte, un accident simulé, deux cadavres réels, un bras amputé, un rapport d'incident sanitaire escamoté et de la radioactivité partout" (p. 91). Ainsi Bruna enquête sur un cimetière nucléaire tout en faisant face à de nombreux problèmes, notamment ses problèmes existentiels. Alors que les heures de la répliquante sont comptées ( il ne lui reste que 3 ans à vivre), elle se bat pour plus de justice.

Ce nouvel opus lorgne vers le space-opéra puisque la répliquante doit poursuivre son enquête sur Labari, planète artificielle : là on découvre une société médiévale en quelque sorte, qui en imite l'esthétique mais qui permet à l'auteur de dénoncer un système de castes, notamment la place accordée aux femmes. Non seulement ce roman de SF aborde de multiples sujets passionnants (écologique, téchnologique, politique) mais en plus, il ne manque pas d'humour avec quelques personnages secondaires bien campés. Il faut aussi savoir que les remarques scientifiques sur la radioactivité, présents dans ce roman, reposent sur des faits réels et dans les remerciements, Montero nous conseille Into Eternity, un documentaire de Michael Madsen. On attend la suite des aventures passionnantes de l'androïde !

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Dans ce documentaire, le réalisateur s'interroge sur le stockage des déchets racioactifs. Qu'en faire ? En Finlande, se construit un tunnel qui permettraient de les stoquer pendant 100 000 ans. En attendant, dans quelles conditions sont-ils gardés ? Comment protéger les générations futures de ce lieu ? En s'appuyant sur des images tournées à Onkalo même (où une partie du livre se déroule), sur des interviews de scientifiques, Madsen livre un intéressant documentaire, bien qu'un peu lent et répétitif. On peut regretter, marketing oblige j'imagine, la mention sur la jacquette de "meilleur film de SF depuis 10 ans" ! Into eternity n'est ni une fiction, ni de la science-fiction.

Madsen, Into Eternity, 1h15, 2011

Rosa Montero, le poids du coeur, Métaillié, 357 p.

Du même auteur : Les larmes sous la pluie.

22 juin 2018

La peste écarlate de Jack London : ISSN 2607-0006

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Vous pensiez tout connaître de l'oeuvre de Jack London ? Saviez-vous qu'il avait écrit un récit d'anticipation ? Dans La peste écarlate, Jack London décrit un futur post-apocalyptique où ne survivent que quelques hommes dont Smith, un  professeur de littérature, vivant à San Fransisco. Ce dernier raconte à ses trois petits-fils comment s'est propagée la peste écarlate, qui en quelques mois a détruit quasiment toute l'humanité, 60 ans avant.

"chacun luttait pour soi" (p. 51).

Dans un monde surpeuplé, les maladies étaient combattues jusqu'à qu'apparaisse une maladie qui se propage si rapidement qu'aucun vaccin n'a pu être trouvé. Les riches fuient en avion, les pauvres ravagent les villes. Peu à peu, faute de savants ou d'ouvriers, l'eau vient à manquer ainsi que l'électricité. Des groupes s'organisent mais les effets du fléau se répandent si rapidement que les villes de la terre entière se transforment en charnier. Pendant le récit du vieillard, interrompu par les trois garçons, qui n'arrivent pas à conceptualiser ce qu'ils n'ont jamais vu comme l'argent ou des voitures, le narrateur fait la satire de cette société inégalitaire  : "En plein coeur de notre civilisation, dans ses bas-fonds et dans ses gettos du travail, nous avions laissé croître une race de barbares, qui maintenant se retournaient contre nous, dans nos malheurs, comme des animaux sauvages, cherhant à nous dévorer" (p. 52).

"Le flot de la vie primitive est revenu sur lui-même, balayant l'oeuvre humaine"(p. 19) :

Quelques survivants tentent se refonder la civilisation, tel que Smith en gardant des livres dans une grotte. En outre, il essaie de transmettre son savoir par son récit. L'humanité reviendra à son apogée... un récit optimiste ? une fin montrant la foi dans l'homme ? En fait, chacun des trois petits-fils semblent l'incarnation d'un type d'homme :  "Les trois types éternels de dominations, le prêtre, le soldat, le roi repatraîtront d'eux-mêmes" (p. 92). Ce court récit ou cette longue nouvelle pose des questionnements (surpopulation, maladie, inégalités sociales) proches des récents paradoxe de Fermi de Boutine ou de Soleil vert d'Harrisson, dans un style concis mais romanesque et très agréable à lire. Une sorte de "survival" qui a gardé toute sa modernité ! Une belle découverte !

London Jack, La peste écarlate, Librio 2 euros, 110 p.

31 mai 2018

C'est le premier, je balance tout ( juin 2019) : ISSN 2607-0006

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1) LES CHRONIQUES VENUES D'AILLEURS

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Vous êtes perdus dans l'offre labyrinthique de Netflix, vous hésitez sur le choix du dernier long métrage à voir ou vous ne savez quel film voir lorsque vous êtes confortablement installé sous une couette, tout en mangeant du pop-corn ? Vous pouvez, dans ce cas, jeter un oeil sur Le bleu du miroir, écrit par plusieurs critiques, qui proposent un choix éclectique de longs métrages, séries, bilan ( le tableau des étoiles) etc... Vous pourrez découvrir, par exemple, un billet sur Burning, en compétition à Cannes, qui est un film où il ne "se passe rien" mais qu'on est diablement tenté d'aller voir.

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Burning, Lee Chang Dong

2) MES FILMS

LES DÉLICES DE TOKYO Bande Annonce (Cannes 2015)

Les cerisiers fleuris sont emblématiques du Japon. Ces arbres ponctuent mélancoliquement le film Les délices de Tokyo de Naomi Kawase, où un cuisinier Sentaro, alcoolique et solitaire, qui a perdu la joie de vivre, la retrouve à l'aide d'une vieille femme. Celle-ci, rejetée à cause de sa maladie, lui transmet l'art de cuisiner et d'être sensible par ce qui l'entoure.

Ces cerisiers métaphorisent aussi la liberté et la beauté de la nature, qui sont célébrées dans ce film, par des gros plans, qui esthétisent même le ramassage des haricots rouges. La réalisatrice filme le quotidien de ces trois personnages, Sentaro, la vieille femme et une collégienne avec délicatesse et beauté.

Les délices de Tokyo, Naomi Kawase, avec Kirin Kiki, Masatochi Nagase, Kyara Uchida, 2015, 1h53

READY PLAYER ONE - Dreamer Trailer [HD]

Avec un long travelling avant immersif et fluide, Ready player one nous invite à plonger dans un film conçu comme un jeu vidéo. Un jeune adolescent Wade Watts, qui a perdu ses parents et qui vit misérablement chez sa tante, cherche, à l'aide de 3 amis, de remporter les trois clés de l'Oasis, un monde virtuel. Ses adversaires sont IOI, une multinationale, qui exploitent financièrement et humainement des gens qui ont développé une addiction aux jeux virtuels.

" ce n'est pas qu'un jeu" ( Art3mis) : C'est plus qu'un plaisir de geek qu'offre Spielberg avec ce blockbuster. Exploitant la pop culture (Mechagozilla affrontant gundam ou la moto d'Akira côtoie la Delorean), on nous montre aussi comment le virtuel doit être complémentaire du réel et que l'univers du divertissement ne peut suffire.  Peu subtil du point de vue de l'intrigue, ce film est tout de même la vision d'un virtuose de l'image, où l'invention rivalise avec l'imagination.

Ready player one, Steven Spielberg, avec Tye Sheridan, Olivia Cooke, Ben Mendelsohn, Lena Waithe, 2 h 20, 2018.

billets : Le bleu du miroir,  Trillian, Marilyne

Sur le web : Regnier Isabelle, "Ready player one : Steven Spielberg renoue avec son âme d'enfant", Le Monde, mis en ligne le 28 mars 2018. URL : https://www.lemonde.fr/cinema/article/2018/03/28/ready-player-one-spielberg-renoue-avec-son-ame-d-enfant_5277366_3476.html

3) MES LIVRES

Ce mois-ci, j'ai relu avec bonheur Conrad ( Un avant-poste du progrès et Au coeur des ténèbres) et Annie Ernaux ( Mémoire d'une fille). Ce n'est pas la meilleure autobiographie de cette romancière mais sa lecture m'a donné envie de découvrir Les mémoires d'une jeune fille rangée et son auteur iconique Simone de Beauvoir. En revanche, les romans de Tracy Chevalier et d'Indridason peinent à innover et sont parfaitement oubliables...

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4) MES ACHATS

Des classiques, seulement, sont entrés dans ma PAL : Le petit maître corrigé, Arlequin poli par l'amour ( deux pièces de Marivaux), La peste écarlate de J. London, Simone de Beauvoir de Deguy et La femme rompue de Simone de Beauvoir.

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9 mars 2018

Phantom thread d'Anderson : ISSN 2607-0006

LE FIL CACHÉ | Official French Trailer | Universal Pictures Canada

L'histoire d'Alma et de Reynolds Woodcock, c'est comme un conte de fée (cf. La lecon de cinéma de Anderson). Paul Thomas Anderson fait référence, par exemple, à The Tailor of Gloucester de Beatrix Potter. En effet, le riche et talentueux Reynolds Woodcock habille la bonne société de Londres, dans les années 50. Il rencontre, par hasard, une jeune serveuse et tombe immédiatement sous son charme : il lui donne une sublime robe et l'emmène dans son magnifique manoir. Mais les femmes ne restent jamais longtemps avec cet homme qui dédie sa vie entière à son travail de couturier. En outre, sa soeur Cyril régente sa vie et ne laisse personne perturber la vie répétitive, silencieuse et monotone du styliste. Mais c'est sans compter sur l'amour d'Alma qui ne va pas se cantonner au rôle qu'on veut lui faire jouer.

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La confection des habits, l'art (cf. La leçon de style des héros de Phantom thread) et la création tiennent une grande place dans le scénario : comme dans les documentaires de Loïc Prigent, on voit des défilés, le travail des couturières, Reynold en train de dessiner... Tissus, ateliers, robes soulignent le travail du créateur qui est extrêmement exigeant.  Les costumes sont absolument magnifiques.

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Mais l'amour qu'Alma porte au styliste va bouleverser son quotidien. La manière de jouer des acteurs vaut bien un oscar ! Le jeu sur les sons ( bruits des tartines, du thé servi !) et celui des regards soulignent les rapports de force des personnages et leur évolution. Le conte de fée se métamorphose en histoire vénéneuse : laissez-vous séduire par cette histoire, qui ne parle pas seulement de couture, qui est émouvante... Cependant, la manière de filmer est assez académique.

Phantom Thread d'Anserspn, 2018, (2h 11min) Avec Daniel Day-Lewis, Vicky Krieps, Lesley Manville

1 avril 2018

C'est le premier, je balance tout (avril 2018) : ISSN 2607-0006

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1) LES CHRONIQUES VENUES D'AILLEURS

Bande-annonce - Le tombeau des lucioles

Beaucoup moins connu que Miyazaki, Takahata n'en laisse pas moins de très beaux animes comme Le tombeau des lucioles ou Pomkopo. Trillian fait une belle rétrospective illustrée, qui j'espère vous donnera envie de plonger dans le quotidien, les mythes et les contes japonais...

2) LES FILMS

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J'ai pu voir ce mois-ci Phantom thread d'Anderson et The disaster artist de James Franco. J'ai continué aussi l'exploration de l'univers de Denis Villeneuve avec Enemy... J'ai visionné Gone girl mais je trouve l'univers de Fincher assez banal, pas clairement identifiable ( même si ce thriller psychologique est réussi et qu'il contient de nombreux "twists").

THE DISASTER ARTIST Trailer (2017)

Oh ! Hi lecteurs ! ( début fétiche des répliques de Wiseau dans The room). The disaster artist raconte le biopic de Tommy Wiseau qui réalise un film The room, qui deviendra un nanar culte. Inspiré de l'autobiographie de Greg Sestero, le long métrage se déroule en deux parties : une première, plutôt pathétique où l'on voit les déboires d'acteur du fantasque Wiseau, puis, une seconde, partie comique, qui révèle le tournage de The room. Le film doit être surtout vu pour la prestation de James Franco, qui incarne complètement Wiseau : un split final permet de comparer les deux films - The room et The disaster artist - et en souligne les similitudes parfaites. Toutefois, on aurait aimé en savoir plus sur le tournage du film, notamment les choix artistiques qui ont conduit à la confection de ce nanar inénarrable et les motivations des deux réalisateurs ( Quelles sont les raisons qui ont poussé Wiseau à faire ce film ? Et James Franco ? Est-ce un hommage au réalisateur ? A The room ? A lui-même ?). Un excellent film !

The disaster artist de James Franco, 2018, 1h44, avec James Franco, Dave Franco...

Enemy - Bande annonce VOST

Comme dans Premier contact où Villeneuve utilise un structure assez conventionnelle de film de la rencontre avec des aliens mais pour mieux en déjouer les attentes ( les aliens ne sont pas des ennemis et ils permettent surtout de développer un drame intimiste), dans Enemy, le réalisateur semble filmer une enquête, qui est bien plus symbolique et intimiste que ne le laissent penser les apparences : un professeur d'histoire, Adam, découvre qu'un acteur a exactement le même physique que lui. Il se met donc en quête de cette personne, fasciné par cette ressemblance. En revanche, il découvre une personnalité exactement inverse de la sienne. En suivant le fil rouge de la sculpture "Maman" de Louise  Bourgeois, le spectateur comprend peu à peu la dimension psychologique de cette quête, l'araignée ayant plusieurs signifiations dans ce film, elle nous laisse sur une interprétation ambigüe de la fin... En bonus sur le DVD, on peut visionner l'après-séance du fossoyeur de film qui développe ses propres interprétations. 

Enemy de Denis Villeneuve, 2014, 1h30, avec J. Gyllenhaal, Mélanie Laurent, Sara Gadon...

3) LES LECTURES

Peu de lectures ce mois-ci mais j'ai pu découvrir l'écriture autobiographique fascinante de Claude Simon et l'univers policier et historique de Férey. J'ai été déçue par l'écriture de Lola Lafon, même si le livre vaut la peine d'être lu pour son sujet : la vie de Nadia Comaneci.

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4) LES ACHATS

Après la lecture du billet de Lewrentz sur un auteur japonais, Higashino, j'ai acheté La maison où je suis mort, La prophétie de l'abeille et La lumière de la nuit. Quant au billet de Tania sur Patti Smith, elle m'a donné envie d'acquérir Les glaneurs de rêves.

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24 mai 2018

biographie de Roth par Stampaprint : ISSN 2607-0006

Je n'ai lu qu'un seul livre de Roth que j'avais beaucoup apprécié ( Indignation) et je compte encore lire son oeuvre, qui reste indégnablement majeure dans la littérature américaine. Stampaprint a réalisé une infographie retraçant la biographie ( après celle d'Asimov, de Shakespeare) de cet auteur qui vient de disparaître.

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15 juillet 2017

Le retour de Robert Goddard : ISSN 2607-0006

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Si vous avez déjà lu un roman de Robert Goddard, vous reconnaîtrez certains ingrédients, qui sont présents dans ses précédentes oeuvres : l'importance du passé dans la vie d'un homme et le thème du chantage, qui apparaissait déjà dans Les mystères d'Avebury. Dans Le retour, Christopher Napier est en proie à un chantage : pour quelle raison ? Qui est cette femme qui lui réclame de l'argent ? Cet épisode va permettre au héros narrateur de faire un retour en arrière sur sa vie et ce ne sera pas le seul. Le livre est entièrement construit sur des analepses : chaque nouvel élément permet à l'auteur d'évoquer ses souvenirs.

En effet, la famille de Chris est devenue riche grâce à un oncle Joshua, qui a fait fortune en Alaska à l'époque de la ruée vers l'or. Mais cet argent ne leur était pas destiné. Le vieil oncle était amoureux de Cornélia Lanyon et celle-ci était devenue sa gouvernante. La soeur de Joshua, personnage cupide n'a de cesse de se rapprocher de lui dans l'espoir d'hériter de cette colossale fortune. Soudain, l'oncle est tué par son protégé Michael Lanyon, le fils de Cordélia. A partir de ce drame, les Napier deviennent riches alors que les Lanyon subissent de nombreux revers de fortune. Mais le fils de Michael Lanyon, Nick, est persuadé de l'innocence de son père. Lorsque Nick se suicide, Chris décide de mener une enquête pour vérifier la culpabilité de Michael Lanyon.

Comme dans Les mystères d'Avebury, le héros part à la quête des témoins du meurtre passé et est confronté à de nombreux problèmes. Outre, ces problèmes, il doit faire face aux mensonges des uns et des autres. L'enfance du héros se déroulant pendant les années 1940, on nous donne aussi un aperçu de l'Angleterre après la Seconde Guerre Mondiale. La construction du roman est très efficace mais, on voit réapparaître quelques ficelles similaires aux Mystères d'Avebury. Le retour reste toutefois un bon page-turner.

Goddard, Le retour, Livre de poche, 517 p.

Billet de Lewerentz là

Autres romans de cet auteur : Les mystères d'Avebury

29 juillet 2017

Intérieur nuit de Marisha Pessl : ISSN 2607-0006

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Après un premier roman à succès, comme La physique des catastrophes, on attendait avec impatience une autre oeuvre du même auteur. Mais sera-t-elle à la hauteur ? En ce qui concerne le deuxième roman de Marisha Pessl, je l'ai beaucoup apprécié tout en le trouvant moins crédible que le premier ( le défaut de la fin du roman La physique des catastrophes, la théorie du complot, s'étend en quelque sorte à l'ensemble d'Intérieur nuit).

Intérieur nuit, c'est l'enquête d'un journaliste Scott McGrath sur la mort mystérieuse de Ahsley Cordova, la fille d'un non moins mystérieux réalisateur. Ses films d'horreur ne sont pas projetés en salle et ses tournages restent entourés d'une aura de mystère. Scott découvre un monde cinématographique fascinant, autour du PEak, demeure de Cordova. Ashley s'est-elle suicidée ? Etait-elle possédée ? Malade ? L'intrigue est à la frontière du fantastique, voire du satanique, du réel et de la fiction... Comment découvrir la vérité derrière les mensonges, les mises en scène ? Comment rester lucide devant ces faux-semblants ? "Je me faisais des films" (p. 302), contaste le narrateur...

Mais quelle inventivité en ce qui concerne les personnages et la forme que prend la narration ! Autant le personnage de journaliste relève du cliché, autant pour Cordova, Pessl fait preuve d'une inventivité démiurgique, recréant une filmographie, une demeure, un univers ténébreux... Et puis admirez, ci-dessous, la forme des informations distillées au lecteur : pages de sites, fausse couverture, photos permettent de donner vie à cette inextricable aventure. Un roman à lire même si, parfois, l'histoire paraît un peu trop abracadabrantesque...

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Pessl, Intérieur nuit, Folio, 487 p.

Autre roman : La physique des catastrophes

Partenariat Folio.

18 février 2016

Paco et l'orchestre de Magali Le Huche : ISSN 2607-0006

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" Paco est très content

Ce soir, il y a un beau concert

dans la forêt. Mais où sont

donc les musiciens ? ".

En appuyant sur des icones, vous pouvez écouter des musiques et des sons. Paco entre dans une belle forêt colorée, et rencontre un chat qui joue de la clarinette. Puis, on peut écouter un ours au piano. Contrebasse, violoncelle, célesta... S'ensuient plusieurs animaux jouant divers instruments. Quel est ce concert ? En appuyant sur l'icone, à côté de la clarinette, on entend "Le coucou dans les bois" du Carnaval des animaux. D'autres extraits tels que "fossiles", " Volière", de la musique de Saint-Saens peuvent être écoutés, rendant ainsi abordable la musique classique pour les plus petits ( 3 à 6 ans), même si la suite de Saint Saens n'est pas respectée, ni l'ordre des animaux ( ordre que vous pouvez trouver dans cet article).

Ce beau livre - même si les dessins ne sont pas particulièrement remarquables - permet de découvrir la musique classique de manière ludique. Chaque découverte d'instruments est accompagné d'un court texte de quelques lignes, fil d'Ariane de la promenade de Paco. L'aspect pédagogique n'est pas oublié avec une page récapitulant tous les instruments... Et pour prolonger le plaisir, vous pourrez écouter Paco et le rock, Paco et la fanfare et Paco et le jazz.

Paco et l'orchestre, livre sonore, Gallimard jeunesse musique,Magali Le Huche ( un extrait à écouter sur le site Gallimard), 24 p.

6 janvier 2017

Hunger Games de Suzanne Collins : ISSN 2607-0006

104551484_o"C'était les jeux du cirque, genre de spectacle qui ne me séduit pas le moins du monde. Rien de nouveau, rien de varié, rien qu'il ne suffise d'avoir regardé une seule fois. Aussi je m'étonne d'autant plus que tant de milliers de spectateurs raffolent sans cesse d'une manière aussi puérile, de voir des chevaux au galop, des coches dressés sur leurs chars". Ainsi Pline dénonçait les jeux du cirque au IIeme siècle, dans sa lettre IX, tout comme l'avait fait Juvénal dans ses satires en forgeant l'expression " panem et circentes" ( cité d'ailleurs dans le deuxième tome d'Hunger games, p. 261).

Reprenant cette idée, d'un pouvoir tyrannique qui s'appuie sur le divertissement, Suzanne Collins a modernisé ce concept : du pain et des jeux, oui, mais dans un monde post-apocalyptique. Les Hunger games rassemblent chaque année des jeunes gens de 12 districts, qui doivent s'entretuer sous les yeux des habitants de Panem. Pourtant, involontairement, Katniss va devenir plus qu'un pion dans leurs jeux...

Des longueurs et une héroïne stéréotypée, emportée dans un dilemme amoureux : voici ce qui peut être reproché à cette dystopie. Le choix d'un point de vue interne permet une plus grande empathie pour le personnage féminin principal mais les introspections de Katniss sont trop développées.

En revanche, les districts et le monde inventé par l'auteur auraient mérité de plus amples descriptions. Là où le roman devient vraiment intéressant, c'est dans l'omniprésence des médias : propagande, vote pour le meilleur candidat, la plus belle robe, publicité, surveillance constante... Snow est un nouveau Big Brother, ce qui lui permet de diriger les masses aveuglées : l'auteur a su bien représenter la surmédiatisation, le pouvoir des images... Une bonne dystopie jeunesse malgré des longueurs et des naïvetés...

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Au vu de son succès interplanétaire, Hunger games est devenue une oeuvre transmédiatique, transposée au cinéma par Francis Lawrence et maintenant, vous pouvez même l'écouter en audiolib avec la voix de Nelly Marot, qui a fait le doublage de la voix de l'héroïne Katniss Everdeen, qui a une voix, claire et vraiment agréable, comme vous pouvez le contaster dans cet extrait sur le site Audiolib.

Suzanne Collins, Hunger Games, 11h40, Audiolib.

Partenariat Audiolib.

Suzanne Collins, Hunger games, Pocket Jeunesse, 411 p.

Suzanne Collins, Hunger games, la révolte, Pocket Jeunesse, 428 p.

Suzanne Collins, Hunger games, l'embrasement, Pocket Jeunesse, 456 p.

15 septembre 2016

Bal de givre à New York de Fabrice Colin : ISSN 2607-0006

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Fabrice Colin est un auteur étonnant tant la variété de ses écrits surprend. Il nous plonge dans un monde futuriste dans Projet Oxatan ou dans un roman sur la fiction et l'histoire dans La poupée de Kafka. Dans bal de givre à New York, nous découvrons un New York fantastique, comprenant des enchevêtrements de passerelles, des coupoles qui s'élèvent lorsqu'il pleut sur les parcs, des tours immenses... construits par le père  d'une jeune fille, Clara, qui vient d'avoir un accident. Le jeune homme, qui la sauve,  Wynter, est beau comme un prince, riche comme Crésus et tombe immédiatement amoureux de Clara. Commence une romance qui s'avère aussi mystérieuse que dangereuse.

Le personnage principal est tellement naïf qu'on est vite agacé par sa bluette avec son parfait prince charmant. Ridicule ! Une harlequinade ! Pourtant, des allusions nous font comprendre que c'est intentionnel : " Peu à peu, j'en vins à me considérer comme une princesse de roman à l'eau de rose" (p. 121) ou elle se qualifie elle-même "d'ingénue délaissée, incapable de mettre de l'ordre dans ses sentiments".

Alors pourquoi continuer à lire ce roman faussement sentimental ? Pour New York ! La ville est magnifiquement imaginée, inventée. Souvent décrite, elle apparaît aérienne, cristaline, éblouissante. En voici un extrait : "Partout, des géants d'acier et de verre frayaient un chemin vertical entre des lacis de ponts aériens, des faisceaux argentés fouaillaient le ciel. La tour Seth-Smith se dressait là-bas, sur les bords d'un Central Park constellé de lacs obscurs, rayé de routes lumineuses. Un jeu de construction titanesque, coilà ce qu'était devenu New York, et sur ce plateau minéral, un homme - mon père - avait travé des lignes, jetés des passerelles, déroulé des toits plus larges que le monde. Dans le silence ombré, l'auguste dirigeable aux flancs nacrés de lune glissait sur le labyrinthe des buildings, par-delà les noires et souveraines contorsions du fleuve" ( p. 155). Et puis, la tension créée par une intrigue secondaire est admirablement maintenue : le Masque, un énigmatique personnage, tente d'enlever Clara et de nombreux phénomènes étranges entourent l'héroïne d'un mystère qu'on voudrait bien élucider. La chute est particulièrement réussie bien que certains éléments tombent comme un cheveu sur la soupe. Bal de givre à New-York présente un bel imaginaire fantastique, poétique et merveilleux.

Colin, Bal de givre à New York, Livre de poche, 282 p.

23 avril 2016

Piste noire de Manzini : ISSN 2607-0006

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Dans le nord de L'Italie, dans la vallée de l'Aoste, une dameuse écrase un homme. C'est le sous-préfet Rocco Schiavone qui va enquêter. Ce dernier, fraîchement muté de Rome, supporte mal le froid et son exil. D'ailleurs, il supporte mal tous ses collègues, dont il se moque allègrement. Dès que le corps est identifié, on soupçonne un ancien amant de la femme de l'homme assassiné. Evidemment les apparences sont trompeuses et malgré ses défauts, le sous-préfet mènera à bien son enquête, grâce à de petits indices mentionnés mais l'identité du meurtrier est difficilement soupçonnable...

Si l'enquête est assez traditionnelle, le personnage principal, R. Schiavone, l'est beaucoup moins. Non seulement, le protagoniste est désagréable, mais contrairement, à nombre de policiers qui enfreignent les lois au nom d'une certaine justice et droiture, il commet des actes illégaux pour des raisons personnelles. Il n'hésite pas à menacer et à frapper les témoins. Le lieu qu'il choisit pour dévoiler l'identité de la victime n'est pas moins original. Bref, voici un héros atypique que j'ai fini par trouver attachant malgré son caractère. Ce personnage odieux évolue parmi d'autres personnages immoraux. De nombreux politiques sont corrompus, univers familier pour ceux qui ont déjà lu des romans policiers italiens.

Dans cette première enquête de R. Schiavone, sa vie sentimentale est développée de manière plus subtile. Des passages en italique explorent les sentiments du personnage principal. On comprend mieux ainsi ses motivations. Malgré des doutes, on ne découvre qu'à la fin le drame de ce policier brutal et irascible. Une enquête classique à lire si vous arrivez à supporter le sous-préfet R. Schiavone, qui à force de misanthropie provoque un certain comique...

Manzini, Piste noire, Folio policier, 290 p.

Merci folio pour ce partenariat

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25 mars 2016

La poupée de Kafka de Fabrice Colin : ISSN 2607-0006

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Toute l'intrigue est bâtie autour d'une anecdote : une petite fille pleure, dans un parc de Berlin, en 1923, car elle a perdu sa poupée. Kafka l'aurait consolée en lui disant qu'elle lui avait écrit une lettre. Il lui apporte les lettres de la poupée de semaine en semaine. Mais que sont devenus ces écrits du célèbre auteur de La Métamorphose ? Qui est cette petite fille ? L'histoire est-elle véridique ? C'est ce que voudrait aussi savoir Abel Spieler, un spécialiste de la littérature germanique, un homme lâche, séducteur et menteur, qui se désintéresse de sa femme et de sa fille, Julie. L'incipit raconte les relations entre le père et la fille, Julie. Comme c'est banal ! Toute l'histoire familiale des Spieler m'a paru quelconque et ennuyeuse, aussi bien le divorce des parents que les relations ombrageuses entre Abel et sa fille.

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Photographie p. 32, La poupée de Kafka

"Ne dit-on pas que la littérature aide à vivre ?"

Quelques photographies de Kafka - et de jolis croquis de Sidonie Mangin - parsèment le livre. Mais Kafka est seulement le fil d'Ariane de cette histoire. En revanche, la littérature, le mensonge fictionnel est mis en exergue : Julie Spieler retrouve une vieille femme acariâtre, Else, qui semble être la petite fille à la poupée. Celle-ci lui raconte, comme dans Les mille et une nuits, "le livre de son enfance". Mais s'intercale vertigineusement, dans ce dédale de récits, une autre histoire écrite en italique. Telle Shéhérazade, Else arrive à retenir notre attention. Ment-elle ? A-t-elle vraiment rencontré Kafka ? Que lui a-t-il écrit ? A-t-elle encore les lettres ? La poupée de Kafka est une belle ode à la fiction et au rôle de la littérature, du mensonge fictionnel, même si je regrette qu'il y ait certains passages mélodramatiques comme la fin ou inutiles comme les relations familiales des Spieler.

Colin, La poupée de Kafka, Acte Sud, 258p.

Autres romans de F. Colin  : Bal de givre à New York, Projet Oxatan

L'avis de Claudia ici.

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p. 129, croquis de Sidonie Mangin

8 janvier 2016

Literary life, Scènes de la vie littéraire de Posy Simmonds : ISSN 2607-0006

 

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quatrième de couverture : " Ces chroniques ont paru chaque samedi entre 2002 et 2005 dans The Guardian Review. Ma seule consigne était que tout devait tourner autour de la vie des lettres. Je travaillais en flux tendu - recherche d'une idée le lundi, fol espoir de l'avoir trouvée le mardi, et le mercredi, jour de remise, frénésie de travail matinal, en robe de chambre parmi les miettes de toast. Puis à 11hh50, course jusqu'aux bureaux des journal, au bout de ma rue ( mais pas en robe de chambre) pour livrer ma planche. Le reste du mercredi était en général consacré à un lunch bien mérité".

Cette présentation par l'auteur lui-même reflète bien le contenu de ses planches : " la vie des lettres". Simmonds aborde le problème de la page blanche qui guette tous les auteurs, la commercialisation du livre, la fausse modestie ou la concurrence entre romanciers, le changement des tailles des librairies, du comportement des lecteurs, la dépréciation de certains genres comme le roman jeunesse... Que pense un auteur des séances de dédicace ? Ou rangez-vous vos livres ? Comment se comporte un romancier à succès ? Aucun aspect, gravitant autour du milieu littéraire, n'a échappé à l'acuité de Posy Simmonds.

L'humour dont elle fait preuve dans la présentation de ses dessins est aussi présent dans ses vignettes : " soudain, une des brebis de Jacob partit en vrille, poignardant, tranchant et taillant un chemin sanglant en...", écrit un écrivain devenant enragé devant sa page blanche ! Certaines de ces planches sont des parodies hilarantes comme celle du roman noir ( "Rick Raker, agent spécial", ou "Sherlock Holmes à Paris" ou celle de B. Potter ( ci-dessous), qui est particulièrement désopilante. Quelques personnages sont récurrents  : on suit les tentatives d'écriture d'une mère de famille, les missions de Rick Raker ou les conseils du docteur Derek ( le seul à m'avoir passablement ennuyée)...

simm512En quelques traits, P. Simmonds dresse un panorama, certes caricatural mais ne manquant pas de véracité, du monde des lettres. Elle a su saisir, avec justesse, les métamorphoses du paysage littéraire. Ces satires sont à découvrir dans un petit format folio, plein plus pratique que celui des BD traditionnelles ! Réjouissant !

Simmonds, Literary life, Scènes de la vie littéraire, 90 p.

Autres BD :  Tamara Drewe et Gemma Bovery.

Partenariat folio

31 décembre 2015

bilan de l'année 2015 : ISSN 2607-0006

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Les quais de Bordeaux, Alfred Smith, 1982

En cette année 2015, mes lectures se sont réduites à une peau de chagrin.

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 Quel est l'auteur que j'ai découvert ? Avec Le Chardonneret et Le maître des illusions, j'ai aimé la manière dont Donna Tartt met en exergue la beauté, qui semble, dans ses romans, ammorale et immortelle. Cet auteur a, en outre, un vrai sens du romanesque et fait de nombreuses références livresques.

Parmi les auteurs que j'idolâtre, il y a Baudelaire. Les fleurs du mal m'accompagnent depuis des années. J'ai relu passionnément cette année ses poèmes en prose, moins poétiques que ses poèmes en vers, mais qui enchantent par leur musicalité, comme "le bruit éclatant d'un palais de cristal crevé par la foudre" ( "Le mauvais vitrier"). Avec Le spleen de Paris, Baudelaire a réalisé le miracle " d'une superbe fleur éclose dans un terrain volcanique" ( "Le désir de peindre"). En effet, publié au rez de chaussée des journaux, concurrençant les romans feuilletons, ses poèmes prennent la forme de satire, de choses vues, de nouvelles... Le Spleen de Paris est une " fosse de l'idéal" ( "Laquelle est la vraie ?"). Dans la société mercantile du XIXeme siècle, Baudelaire a su poétiser son temps. Et j'ai tendance à penser comme G. Blin que ces poèmes prosaiques " marquent un commencement absolu".

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 En revanche, j'ai vu de nombreux bons films cette année. Parmi ceux-ci, j'ai particulièrement été fascinée par Crimson Peack, pour son univers gothique, La isla minima qui narre l'enquête de deux policiers ( avec deux acteurs excellents) dans l'Espagne post-franquiste et au Coeur de l'océan. Ce film est une merveille visuelle ! J'ai regretté que l'histoire ne développe pas davantage l'histoire de Melville, surtout que la fin traine en longueur, et de l'écriture de son roman, notamment de sa signification. Cette grosse production a réussi à nous plonger dans une époque avec de belles reconstitutions et à nous donner envie de lire Moby Dick.

Franz Schubert - Piano Trio No 2 in E flat major

Enfin, le billet de Dominique ( un hiver avec Schubert de Bellamy) m'a furieusement donné envie de réécouter certains classiques !

Voici une page belle et mouvementée qui se referme et une autre qui s'ouvre... Je vous souhaite de beaux voyages et de belles découvertes livresques, musicales, gastronomiques, culturelles, filmiques... pour l'année 2016 !

3 avril 2016

au mois de mars 2016... : ISSN 2607-0006

1) LES FILMS

LE REVENANT - BANDE-ANNONCE 2

Un homme, Hugh Glass, dont le fils est un métis, qui sert de guide dans le nord-ouest américain, est abandonné intentionnellement dans les montagnes et le froid. Ce dernier survit dans une nature hostile où indiens et trappeurs guerroient sans relâche. Hugh est déterminé à retrouver l'homme qui a tué son fils, avant de l'abandonner. Certes l'intrigue est mince et mécanique, accumulant des embûches sur le chemin du héros. Certes certaines images sont assez kitshs, comme l'esthétique des rêves du trappeur. Cependant, des gros plans sur la nature ou des plans d'ensemble provoquent un émerveillement malgré de nombreuses images de massacres et d'une nature sauvage et implacable où personne n'est épargné. La virtuosité d'Inarritu arrive à faire oublier la mince intrigue.

The revenant, Inarritu, 2016, avec Leonardo Dicaprio, 2h36

vu par Valérie

The Assassin Official Trailer #1 (2015) - Hou Hsiao-Hsien Movie HD

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Dans la Chine du IXeme siècle, une jeune femme, Nie Yimmang, doit tuer son cousin, gouverneur de Weibo, car il s'oppose au pouvoir impérial. L'histoire est quelque peu difficile à comprendre, du fait des noms étrangers et contrairement au cinéma américain, qui est dans la redondance, ici, les personnages sont rapidement évoqués et l'intrigue politique reste assez nébuleuse. En outre, on ne sait pas pourquoi cette jeune fille a été élevée de cette manière par des religieuses. En revanche, la photographie et l'aspect pictural qu'a donné le réalisateur à tous ses plans ( en utilisant des cadres de portes, des encadrements de rideaux, des plans fixes...) est remarquable. Chaque séquence ressemble à un tableau aux couleurs chatoyantes, renforcées par des jeux de lumière, de flous... Je ne sais pas quel est le degré de vraisemblance dans la reconstitution des décors et des costumes mais ils sont magnifiques, contribuant à donner une dimension esthétique à ce long métrage. Un très beau film, qui renouvelle le genre de film d'arts martiaux en le rendant contemplatif, mais dont l'intrigue aurait mérité d'être moins confuse.

The assassin, de Hou Hsiao Hsien 2016, 1h45

Vu par Dasola,

 

TRIPLE 9 Bande Annonce VF

Un jeune homme, le neveu de Jeffrey Allen, chef de la brigade d'Atlanta, arrive dans une police corrompue. Ces derniers sont à la solde de la mafia russo-israélienne, dirigée par une femme impitoyable, Irina. Irina exerce un chantage sur Michael, qui vient de braquer une banque pour elle et qui doit trouver des documents permettant de libérer son mari. Pour ce dernier hold-up, Michael et ses hommes décident d'utiliser le code 999, qui signifie qu'un officier de police est à terre. L'intrigue est efficace avec de nombreux rebondissements et beaucoup d'actions. Les scènes sont violentes, noirceur qu'on retrouve dans les scènes nocturnes toujours teintées de rouge. Il y a des scènes inhérentes aux films de narcos, comme des hommes torturés, des affrontements dans les rues avec des gangs. Un bon thriller, qui maintient du suspense jusqu'aux dernières minutes du film.

Triple 9, John Hillcoat, avec Casey Affleck, Kate Winslet, 1h56.

Vu par Alex

2) LES ACHATS

- Sarid, Le poète de Gaza + Tesson, Berezina + Moussa Konaté, La malédiction du Lamantin +Mimmo Gangemi, La revanche du petit juge + Marco Vichi, Le commissaire Bordelli +  De cataldo, Romanzo criminale

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29 février 2016

Au mois de février 2016 : ISSN 2607-0006

1) EXPOSITIONS

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 Cette exposition, au sujet original, reflète bien la société mercantile du XIXeme siècle. Ce que dépeint Maupassant dans Bel-Ami, est restitué dans les oeuvres bacchiques de Pradier, Rodin, Bougereau, Moreau... : une société tournée vers le plaisir matériel, où la femme semble avoir un statut d'objet sensuel. Les formes académiques ne masquent pas l'érotisation des bacchanales. L'inspiration est doublement antique : non seulement les peintres, sculpteurs choisissent des sujets mythologiques mais dans leur forme même, les artistes copient les bas-reliefs ou les motifs antiques.

Sans être sensible à cet art académique, j'ai apprécié le choix judicieux du thème comme reflet d'une époque, la diversité des supports ( vases, tableaux, photographies...).

Bachanales modernes ! Le nu, l'ivresse et la danse dans l'art français du XIXeme siècle, 12 au 23 mai, Galeries des Beaux-Arts de Bordeaux

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Dans cette exposition, on peut découvrir quelques photographies, en couleurs, d'ouvriers de l'ex-RDA, en train de cultiver leur jardin. Les poses semblent peu naturelles et bien banales. En revanche, Burce Milpied, comme un reporter, a photographié les derniers mineurs de Jiu, situé en Roumanie. Le noir et blanc apportent une touche crépusculaire et émouvante à ces lieux dévastés, désertés et à ces hommes, qui évoquent les "gueules noires" de Zola. Il avait déjà photographié des ouvriers sur le port de Bordeaux. Pour en découvrir davantage sur ce photographe,  son site.

Bruce Milpied, " A force de vie faites de murs", jusqu'au 26 mars, Musée d'Aquitaine, entrés libre

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Vulcan, Roumanie, 2004, B. Milpied

2) FILMS

The Clan - Official US Trailer

El clan est un film très rythmé par une bande-son dynamique et par une double temporalité. Le dénouement horrible et l'histoire terrifiante, inspirés là aussi de faits vrais, se déroulent parallèlement, ce qui redouble la violence du sujet. En effet, on nous montre l'histoire d'une famille en Argentine, qui enlève des gens, dans l'après-dictature de Peron. Ce qui est assez effrayant, c'est qu'autant le fils ( dont on ne sait pas vraiment à quel point il est complice) semble pris de remord ou de dégoût pour ce qu'il a fait, autant le père semble maître de lui-même alors qu'il a commis plusieurs meutres. Quand on sait, qu'il a appris le droit en prison et qu'il a plaidé jusqu'à un âge avancé, cela fait froid dans le dos...

Ce long métrage, qui alterne violence des kidnapings et vie ordinaire, nous montre à la fois le contexte sociétal - une famille patriarcale - et le contexte politique, dans la démocratie balbutiante des années 1980, à Buenos Aires. Un film à voir malgré de nombreuses scènes violentes...

El clan, de Plabo Trapero, 2016, avec Guillermo Frrancella, Peter Lanzani, 1h49,

billet de Dasola, et un billet très complet chez Alex,

3) ACHATS

- Rosa Montero, Des larmes sous la pluie, + Herbert Zbigniew, Le labyrinthe au bord de la mer + Bakewall, Comment vivre ?, Une vie de Montaigne en une question et vingt tentatives de réponse + Arendt Hannah, Le système totalitaire + Fabrice Colin, Les étranges soeurs Wilcox et Projet Oxatan +  Raymond Depardon, La solitude heureuse du voyageur, précédé de notes + Antony Beevor, La seconde guerre mondiale + Gisèle Freud, Photographie et société + Pierre Bordage, Ceux qui sauront + Lawrence Durrell, L'ombre infinie de César, Regard sur la Provence + H.M Koetzle, Photographes A-Z + Montaigne, Essais, livre II

 

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2 avril 2022

Challenge Un mois au Japon : ISSN 2607-0006

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Au mois d'avril et de mai commence le challenge Un mois au Japon, la cinquième édition organisée par Lou et Hilde. Un groupe facebook et un compte insta, @unmoisaujapon ou #unmoisaujapon, vous permettront de partager les posts.

Voici le programme :

  • Livres (romans, nouvelles, essais culinaires, BD, Manga, Documentaires…) : Japon à pieds, sous les volcans, Marc Jolivot, Elle et son chat de Shinkai, Un café maison Higashino
  • Films, films d’animation, séries, documentaires
  • Loisirs créatifs
  • Photos
  • Apprentissage du japonais
  • Recettes (sushi/makis, mochi, bento …)
  • Objets, accessoires de décorations (marque-pages, magnets, stickers, cartes…)

De jolis logos pourront orner vos billets ( billet de présentation) ! Bon voyage au Japon !

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