L'homme qui savait 001

© Denis Dubois/conception graphique de la collection : Oskar

Sur la Jaquette de l'audiolib, on apprend que Kivirähk est un "écrivain estonien né en 1970 à Tallinn. Véritable phénomène litttéraire dans son pays, romancier, journaliste et essayiste, il est l'auteur d'une oeuvre déjà importante qui suscite l'enthousiasme tant de la critique que d'un très large public, qui raffole de ses histoires. Andrus Kivirahk écrit des romans, nouvelles, des pièces de théâtre, des textes et des scénarios de films d'animations pour enfants".

Son roman L'homme qui savait la langue des serpents remonte à l'époque où les derniers anthropopithèques disparaissent et où les Estoniens quittent la forêt pour aller vivre dans les villages traversés par des chevaliers. Mais Leemet, le jeune héros, et sa famille restent vivre dans les bois. Sa soeur partage la vie d'un ours, sa mère prépare des tonnes d'élans à manger et son oncle lui apprend à siffler comme les serpents jusqu'au jour où il meurt à cause d'un malheureux accident, survenu dans un trou, où ils hibernaient en compagnie des reptiles.

"Sinon à quoi servirait les sages ?"

Dans cette Estonie fantaisiste, on se dit immédiatement que tous ces éléments comme l'homme qui sait parler aux animaux, l'élevage de loups pour leur lait, la quête de la Salamandre et de son gardien font partie de légendes ou du folklore du pays. On perçoit clairement l'anticléricalisme du personnage principal qui critique aussi bien les supersitions des hommes vivant dans les bois que le christianisme qu'ont adopté les villageois. De même, Leemet ne semble ni goûter la vie dans les villages, ni celle des bois... et voit la fin d'une époque, celle des hommes des bois et de leur salamandre...

Grâce à la lecture d'Emmanuel Dekoninck, lecteur aussi de HHhH de Binet ou de 1Q84 de Murakami, on écoute facilement ce roman qui est une succession de faits et de dialogues, sans grande description. Tout est simplement raconté sans orginalité, dans un ordre chronologique. La lecture fluide et vivante d'E. Dekoninck permet de se plonger dans ce roman sans difficulté.

Toutefois, on apprend dans la postface, écrite par le traducteur Minaudier, que la langue est élégante et pleine d'humour, ce que l'on ne perçoit pas si l'on ne connaît pas la culture ou la langue estonienne... Apparemment le livre a été écrit dans l'intention de faire revivre la culture estonienne, pour lutter contre l'acculturation produite par la politique de russification, ce qui est fort juste, mais l'écriture est sans relief...

L'homme qui savait la langue des serpents de Kivirähk, lu par Emmanuel Dekoninck Audiolib, juillet 2019, France, 2 CD, 13h57.

Prix Audiolib 2020. Autres romans du prix : Le bal des folles de V. Mas, Dans la forêt de Jean Hegland, Girl d'Edna O'Brien, Ici n'est plus ici de Tommy Orange, Né d'auncune femme de Bouysse,

Sur le web :billet de Claudia,

Ahl Nils C., "Le dernier sifflement", Le monde, mis en ligne le 14 février2013 . URL : https://www.lemonde.fr/livres/article/2013/02/14/le-dernier-sifflement_1832309_3260.html