Soleil-vert-de-Harry-Harrison

Peut-être faites-vous le tri de vos ordures ménagères. Peut-être êtes-vous sensible à la déforestation galopante. Peut-être prenez-vous les transports en commun. etc... L'écologie est l'une des préoccupations de Soleil vert d' Harry Harrison : dès le prologue, l'auteur rappelle que les Etats-Unis consomme 50 % des matières premières. Dans un futur dystopique, situé en 1999, New York surpeuplé voit sa population qui ne cesse de croire et de survivre dans une ville dévastée où les logements sont insuffisants, où la pénurie d'eau et d'alliments se fait sentir. C'est dans ce contexte, de lutte pour la survie, que Billy Chung tue un politicien important. Andy Rush mène l'enquête dans un climat post-apocalyptique où les émeutes de la faim se multiplient... aidé de Sol, un vieillard qui a connu la terre à une époque où les ressources étaient encore abondantes :" Le charbon était censé durer des siècles ; on l'a surexploité pour le chauffage des masses. Et le pétrole, il en reste si peu qu'on ne peut même plus se permettre de s'en servir comme combustible [...] Et les fleuves, qui les a pollués ? L'eau qui l'a bue ? La couche arable qui l'a l'épuisée ? Tout a été englouti, utulisé, consommé" ( p. 296).

Soleil vert est une véritable enquête, mais le suspense importe peu. Deux héros se partagent l'intrigue : Chung lutte pour survivre et nous fait découvrir un monde interlope où la loi de la jungle règne. Inversement, Andy Rush nous introduit dans un monde de nantis et l'envers de la politique. De même on découvre un autre couple antithétique de personnages : Sol, qui représente la raison, et Shirley, qui choisit une vie insouciante, sans se préoccuper des problèmes de la société. Sans didactisme, en fictionnalisant son propos, l'auteur souligne les aspects néfastes du progrès et de la surconsommation.

Ecrit en 1966, ce roman est d'une étonnante actualité et pose des questions qui nous interpelle :" Et il faut absolument faire quelque chose pour y remédier. Mais ça implique que les gens changent, qu'ils fassent un effort, qu'ils se servent de leurs neurones - rares sont les personnes à aimer ça" ( p. 274). A découvrir, non pas pour ses qualités littéraires ( écriture, somme toute banal) mais pour la prise de conscience que ce livre peut provoquer grâce à la description d'un monde, proche de notre réalité, terrifiant, lugubre et sordide...

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Je n'aurai pas lu ce livre, si je n'étais tombé par hasard sur l'adaptation filmique de Fleischer : ce film accentue les dérives de la société en supprimant le personnage de Chung ( et donc tout un pan de l'histoire de H. Harrison) et en mettant l'accent sur la disparition des matières premières. La fin inventée par les scénaristes est terriblement frappante et donne encore plus de relief au message de H. Harrison. Certains aspects du film parraissent datés ( des ordinateurs grands comme des armoires) mais les idées ne le sont pas.

Harry Harrison, Soleil vert, J'ai lu, 347 p.

Soleynt green, Fleischer, 93 min, avec Charlton Heston