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1 mars 2020

C'est le premier, je balance tout (février 2020) : ISSN 2607-0006

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1) LES CHRONIQUES VENUES D'AILLEURS

Depuis septembre 2019,  le FRAC-MECA a ouvert ses portes dans un nouvel emplacement à Bordeaux. Quelles oeuvres y sont exposées ? Jusqu'en mars 2020, vous pouvez voir "Narcisse ou la floraison des mondes". Quelle est la place des végétaux dans les oeuvres d'art ? D'abord mineures, considérées comme un attribut féminin, les fleurs sont détournées, ludiquement mis en scène, futuristes ou réinterprétées. Quels personnages sont liés aux fleurs ? De Narcisse à Ophélie, plusieurs artistes revisitent des tableaux, des textes célèbres pour proposer de nouvelles visions de l'élément floral.

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Eden de Hugues Reip © 1001 classiques

 Une photographie d'Araki joue avec les codes des natures mortes, quant à Hicham Berrada, il invente des plantes artificielles issues de réactions chimiques. Vous pourrez aussi vous promener dans une gigantesque installation de Reip, telle Alice aux pays des merveilles ou vous projeter dans le passé avec les planches de Pierre Joseph, rappelant les anciens herbiers... D'autres artistes réfléchissent sur le lien entre la nature et les activités humaines.

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Présage, tranche d'Hicham Berrada © 1001 classiques

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Vaginal Flowers d'Araki © Bertrand Prévost - Centre Pompidou, MNAM-CCI

Exposition Narcisse, ou la floraison des mondes, 7 décembre au 21 mars 2020,

FRAC MECA,

5 parvis Corto Maltese, 33 000 Bordeaux

2) MES LIVRES

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heroines-games-1-kanaLe château de carey

J'ai repris en ce mois de février mes lectures balzaciennes avec "La vendetta". La prochaine sera Le curé de Tours pour le 22 mars. Pour ceux qui souhaitent nous rejoindre, nous faisons une lecture commune du tome 1 des Ferrailleurs de Carey en juin, avec A girl from eart et Ingannmic. Pour le mois de la Saint-Valentin, j'ai aussi lu un manga lié à un amour éternel, Mary Grave de Yamaji, et jai découvert le thriller de l'été 2019, Time Shadows de Tanaka ainsi Qu'Heroïnes game de T. Iori. En ce qui concerne ma première écoute pour le prix audiolib 2020, j'ai commencé par Ici n'est plus ici de Tommy Orange, un terrible mais touchant roman sur la condition des Amérindiens dans l'Amérique contemporaine.

3) MES ACHATS

claymore_01J'ai reçu en partenariat de la part des éditions Folio, Elle qui chevauche les tempêtes de G.R. Martin et Lisa Tuttle. J'ai aussi reçu un nouvel audiolib dans le cadre du prix audiolib 2020 : Le bal des folles de V. Mas. Evidemment, j'ai acheté de nouveaux mangas comme la série historique Le couvent des damnées ou Red dragon et la série d'héroïc fantasy Claymore et enfin deux Hors séries du Point POP : Harry Potter, mythes et orgines d'un chef d'oeuvre et Les chefs-d'oeuvre de la science fiction. Bonnes lectures à tous pour le mois de mars !

les-chefs-d-oeuvre-de-la-science-fictionharry-potter-mythes-et-origines-d-un-chef-d-oeuvreElle qui chevauche les tempêtes

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5 juillet 2017

La loi des Sames de Pettersson : ISSN 2607-0006

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Pourquoi aime-t-on ce roman ? Dans ce roman policier, Lars Pettersson ne situe pas son intrigue en Laponie norvégienne, tout en oubliant le décor. Il nous décrit les us et coutumes du peuple autochtone, les Sames. Anna est subtitut du procureur, en Suède et a donc quitté "la siida" ( et sa mère avant elle), c'est-à-dire le clan. Sa famille ne cesse de lui reprocher cette défection. Elle est rappelée par sa grand-mère pour défendre son cousin Nils, accusé de viol. -40 degrés, l'aurore boréale, des paysages enneigés à perte de vue, des éleveurs de rennes pas commodes : voici ce à quoi est confronté notre héroïne.

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( carte p. 10)

Qui sont les Sames ? Grâce à ce thriller, vous en saurez plus sur leur chant traditionnel, les élevages de rennes, leurs costumes traditionnels. Une carte, placée à la première page, nous permet de suivre les déplacements d'Anna en Laponie et la traductrice a ajouté des notes de bas de pages pour traduire tous les mots Sames. C'est d'ailleurs la force et la faiblesse de ce roman que de décrire avec des détails zoliens la vie quotidienne de ce peuple : le nombre de gauffres avalés ou de cognac ingurgités, les plats détaillés, débouchage héroïque de canalisation semblent parfois superflus.

"La police des canards" ( p. 286)

" Quel rôle notre système juridique moderne pouvait-il jouer dans une société qui présumait que la loi et le droit dépendent du contexte social et des expériences accumulés au cours de l'histoire ?". Une chasse aux canards est autorisée au printemps où chacun ne peut tuer que deux canards. Seuls trois policiers surveillent cette chasse qui se déroule sur un territoire aussi grand que la Belgique. Mais personne en respecte cette réglementation. Ainsi en est-il pour la justice où le commissaire local, appartenant à une puissante famille, classe les affaires qui ne lui sont pas favorables. Pourtant Anna, ayant un caratère bien trempé, ne va pas se laisser intimider et va mener son enquête tambour battant tout en réfléchissant sur la politique de norvégianisation des Samis, du rôle des femmes dans son peuple et de la place qu'elle occupe dans sa famille. Ne vous laissez pas détourner de ce roman bien ficelé, par le premier chapitre un peu confus et le début un peu lent à se mettre en place, qui sont largement compensés par le caractère de l'héroïne et la découverte des Samis.

Pettersson, La loi des sames, Folio policier, 523 p.

Partenariat folio

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Photo prise par Claudia, son blog ici

30 décembre 2019

C'est le premier, je balance tout (décembre 2019) : ISSN 2607-0006

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1) MES FILMS

DRAGONS 3 : LE MONDE CACHÉ Bande Annonce Finale en Français ! (Dessin Animé, 2019)

Au début de cette année 2019, sortait le dernier volet de la trilogie Dragons. Ce film d'animation allait-il être à la hauteur des deux premiers opus ? Nos deux héros, Harold et Krokmou continuent d'évoluer : le mignon dragon découvre l'amour en voyant une furie éclair et Harold tente d'être un chef viking pour les villageois de Beurk. Devenus trop nombreux depuis que les dragons cohabitent avec les humains, les vikings doivent changer d'île et tentent de trouver, comme le père d'Harold, le monde caché des dragons. En effet, le méchant Grimmel essaie de tuer le furie nocture.

On nous invite à un voyage initiatique où Harold et son dragon doivent trouver leur place dans le monde et faire leur preuve. C'est mignon, niais et disneylandisé et plein de bons sentiments. Les personnages sont caricaturaux et outranciers. Mais l'animation est fabuleuse et certaines séquences sont absolument magnifiques notamment lorsqu'on découvre enfin le fameux monde caché. Et comment résister aux prouesses techniques et à celles de Krokmou pour séduire la furie éclair ?

Dragons 3. Le monde caché, de Dean Deblois, 1h34.

Sur le web : Cauhapé Véronique, "Dragons 3 : dernier envol époustouflant pour les vikings et leurs dragons", Le monde, mis en ligne le 6 février. URL : https://www.lemonde.fr/culture/article/2019/02/06/dragons-3-dernier-envol-epoustouflant-pour-les-vikings-et-leurs-dragons_5419818_3246.html

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Dragons 3. Le monde caché © Universal pictures

2) MES LIVRES

J'ai lu plusieurs mangas historiques ce mois-ci : Le tigre des neiges de Higashimura, Kingdom de Yasuhisa, Bounder d'Oyama et Peleliu de Takeda. Vous ne connaissez pas encore la BD de Bagieu, Culottées ? C'est le moment de la lire car elle sort en format poche chez Folio. Si vous aimez ou si vous ne connaissez pas encore Laurent Binet, vous pouvez lire Civilizations : c'est un excellent roman qui mêle histoire et fiction. Verte de Desplechin et Ce que savait la nuit d'Indridason, Où les roses ne meurent jamais de Stalesen sont des séries à découvrir dans des genres bien différents... Je n'ai pas publié mon billet sur La vendetta - encore une excellente nouvelle de Balzac - donc il est reporté au 22 février, après une pause en janvier...

ce que savait la nuitPeleliu125559485_o

bounderkingdom-1-meianBagieu

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3) MES ACHATS

time-shadows-1-kanaCette fois-ci, j'ai fait plusieurs achats autour de mangas policiers : Museum de Tomoe, Strange fruit d'Asada, Time Shadows de Tanaka. J'avais déjà dans ma PAL Le Bateau de Thésée d'Higashimoto et Le mystère de Taisho de Kei Tome.

A cela s'ajoute quelques classiques tels que La traversée de Paris de Marcel Aymé ou une autobiographie plus récente Neverland de T. de Fombelle.

Pour Noël, j'ai eu des nombreux livres : Les volumes 2, 3 et 4 de Peleliu, Le vice-consul de Duras et Harry Potter, le prisonnier d'Azkaban de J.K. Rowling...

peleliu-4-vegapeleliu-2-vegaHarry-Potter-et-le-prisonnier-d-Azkaban

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1 décembre 2019

C'est le premier, je balance tout (novembre) : ISSN 2607-0006

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1) LES CHRONIQUES VENUES D'AILLEURS

125328765Orné d'une illustration de Benjamin Lacombe, le numéro du de Libération du 27 novembre 2019 "Marche et rêve" était consacré à "l'empowertement" de la jeunesse, après celle des femmes. Considérée comme indifférente, immature, désintéressée par ce qui l'entoure, les jeunes comme Greta Thunberg démontrent le contraire. L'écologie, une affaire d'adulte ? Trois articles soulignent, au contraire, une prise de conscience de la génération 2.0 ou "Petite Poucette", selon l'expression de Michel Serres, même si cela reste circonscrit aux plus aisés des pays riches...

2) MES FILMS

L'OISEAU-TEMPETE Bande Annonce VF (2019) Alicia Vikander

'The Secret World of Arrietty' Trailer

3) MES LIVRES

Ce mois-ci, Une double famille était la LC bazacienne. La prochaine lecture sera La vendetta. J'ai lu Voyage au centre de la terre et la série Made in Abyss de Tsukushi mais que je ne poursuivrai pas car la série sombre complètement dans l'horreur, à partir du volume 3... La lecture du manga Grendel d'Oikawa m'a poussé à découvrir Beowulf dont il est vaguement inspiré. Avec La soif de Nesbo, j'ai suivi les aventures de Harry Hole dans une enquête s'appuyant sur Othello et enfin, Marie et Bronia et L'idée ridicule de ne jamais plus te revoir m'a entraînée sur les pas de  l'extraordinaire Marie Curie.

BEOWULFmade-in-abyss-1-ototoverne voyage au centre de la terre

 La soif nesboMarie et broniaminuscule-1-komikku

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 4) MES ACHATS

où les roses ne meurent jamaisPour poursuivre les lectures de La Comédie humaine de Balzac, j'ai acheté Le curé de Tours et La muse du département. Les éditions Folio m'ont envoyé Où les roses meurent jamais, de Staalesen, Culottées de P. Bagieu et Bagdad, la grande évasion de Hossain. Après la découverte de mangas de science-fiction comme Gunnm ou de ceux de fantasy comme Grendel, j'ai consacré mes achats à l'acquisition de mangas historiques : Peleliu de Takeda, La fillette au drapeau blanc de Miyauchi, Kingdom de Yasuhisa et Le tigre des neiges de Higashimura. Belles lectures à tous pour le mois de décembre !

Le curé de TourPeleliuce que savait la nuit

la fille au drapeau blancLa muse du département balzacCulottees-Partie-1

kingdom-1-meiantigre-des-neiges-1-lezard-noirBagdad la grande évasion

2 octobre 2019

C'est le premier, je balance tout (septembre 2019) : ISSN 2607-0006

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1) LES CHRONIQUES VENUES D'AILLEURS

2091a2bab58cfcc6b5524e90667e9cb8Depuis le 27 septembre, le challenge Halloween 2019, les 10 ans, a commencé tambour battant avec un RAT organisé par Lou et Hilde. N'hésitez pas à vous inscrire pour des lectures halloweenesques et des billets divers et variés : vous pouvez retrouver le programme ici. Expo, photo, essais culinaires, fantômes, surnaturel se donnent rendez-vous dans ce challenge ! J'ai prévu une semaine consacrée à Halloween comportant deux films, quatre mangas et un roman jeunesse... Frissonnez : Halloween approche !

SHINING - Bande Annonce Officielle (VF) - Jack Nicholson / Stanley Kubrick

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2) MES FILMS

LES HIRONDELLES DE KABOUL Bande Annonce (Cannes 2019) Animation

 Les hirondelles de Kaboul est l'adaptation d'une oeuvre de Yasmina Kadra. Comme Parvana ou Valse avec Bachir, c'est un film d'animation qui permet à Zabou Breitman de parler des talibans et de la charia. Dans les années 2000, Mohsen et Zuneira souffrent des interdictions du régime en place. On croise aussi le destin d'un ancien professeur d'une université fermée, d'un geolier et de sa femme malade... Même si le choix de l'animation met à distance une sombre réalité, la caméra subjective permet à la réalisatrice de nous mettre à la place des personnages. On ressent donc de vives émotions en côtoyant ces personnages privés de liberté, notamment les femmes. Formellement très beau avec ses aquarelles d'Eléa Gobbé-Mévellec, le film est aussi bouleversant lorsqu'on regarde tous ces destins brisés mais où l'espoir reste comme un envol d'hirondelle. Evidemment, à découvrir ! Le visionnage des hirondelles de Kaboul nous pousse aussi à lire le roman si ce n'est pas déjà fait...

Bretman, gobbé-Mévellec, Les hirondelles de Kaboul, 1h21, 2019

Sur le web : Dasola, dans la bibliothèque de Cléanthe,

Joudet Murielle, ""Les hirondelles de Kaboul" : un récit choral sans supplément d'âme", mise en ligne le 4 septembre 2019. URL : https://www.lemonde.fr/culture/article/2019/09/04/les-hirondelles-de-kaboul-un-recit-choral-sans-supplement-d-ame_5506148_3246.html

3) MES LIVRES

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Ce mois-ci, j'ai pu découvrir le magnifique album de Benjamin Lacombe, Frida. J'ai continué mes lectures balzaciennes avec la lecture d'Ursule Mirouet. Une LC avec A girl from eart m'a permis d'apercevoir un aspect de l'histoire de l'Amérique et celle des Osage dans La note américaine. J'ai aussi lu deux romans d'anticipation remarquables comme La servante écarlate et Le mur invisible. Je poursuis mes découvertes de mangakas avec la série Pluto et le premier volume d'Une vie au zoo. Enfin, je remercie audiolu un roman policier L'ombre de la baleine et La vie secrète des arbres.

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 4) MES ACHATS

Les éditions Folio m'ont envoyé Un chemin de table de M. de Kerangal et La soif de Nesbo. Quant aux éditions Audiolib, ils m'ont envoyé Marie et Bronia de Natacha Henry et Civilization de Binet. J'ai acheté la suite de Moi quand je me réincarne en slime et une nouvelle série de mangas : Grendel, inspiré de Béowulf.

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1 juillet 2017

C'est le premier, je balance tout ( juillet 2017) : ISSN 2607-0006

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1) FILMS

THE AUTOPSY OF JANE DOE (Horreur, 2017) - Bande Annonce

The Jane Doe identity, de André Ovredal, avec Emile Hirtsch et Brian Cox, 2017, 86 min

Comment une thématique intéressante, un huis-clos étouffant peuvent-ils aboutir à un film de série B ? Alors que l'histoire commençait comme une véritable enquête passionnante et que le décor principal du film était anxiogène à souhait, peu à peu ce long métrage sombre dans l'invraisemblance  à cause du jeu des acteurs ( les pires horreurs ne les effraient pas mais leur tirent parfois un regard attristé) et de situations presque parodiques.

Billet de Dasola qui a aimé le film.

Je parlerai prochainement de ma découverte des romans policiers de Donna Leon, notamment Une question d'honneur et Brunetti entre les lignes, et du très original HHhH de Laurent Binet. En ce qui concerne A. Ernaux, dont j'aime toujours la "musique originale" ( Divry), mon billet est ici.

Regarde-les-lumieres-mon-amourUne-question-d-honneur9782253157342-001-T

ET FLOP...

9782264055699Le-collier-rouge

Divry, La cote 400, 10/18, billet ici.

Alors que j'avais lu avec plaisir Immortelle randonnée, qui relate avec humour, réflexions et conseils, le chemin parcouru jusqu'à Compostelle par l'auteur ( bien que certaines personnes m'aient dit qu'elles avaient connu un voyage bien plus difficile), Le collier rouge ne m'a pas du tout touchée. En 1919, un homme décoré est retenu prisonnier pour avoir insulté des gradés lors d'un défilé du 14 juillet. Devant sa geôle, son chien lui reste fidèle. Ce dernier l'a suivi jusqu'au front en Orient. C'est ce qu'apprend un juge militaire, venu interroger notre prisonnier et décider de sa culpabilité. Cette histoire, inspirée d'une véritable anecdote, m'a paru sans intérêt par rapport au contexte de la première Guerre Mondiale et aurait dû rester au rang de simple anecdote...

Ruffin, Immortelle randonnée, Folio, 273 p.

Ruffin, Le collier rouge, Folio, 164 p.

3) LES CHRONIQUES VENUES D'AILLEURS

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J'ai repéré le bonheur insoutenable d'Ira Levin sur le blog des livres qui rêvent : cette dystopie n'est pas sans rappeler 1984 d'Orwell. Uniford remplace Big Brother pour surveiller un monde uniformisé. Une dénonciation de la standardisation, de la surveillance outrancière ? Un roman qui semble bien d'actualité... Seul hic, le livre n'est plus publié mais peut-être le trouverais-je dans une bibliothèque. (L'avis de Keisha que remercie pour son lien en commentaire)

4) ACHATS

Regarde les lumières mon amour, Ernaux + Céleste, ma planète de Timothée de Fombelle + Le retour de Goddard + Le collier rouge de Ruffin + City on fire, Garth risk Hallberg + Divergente, Roth + L'heure zéro, A. Christie + Mariachi Plaza, Connelly + Froid comme la mort, Manzini

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16 décembre 2017

La quête d'Ewilan, 2. Les frontières de glace de Bottero : ISSN 2607-0006

Audiolib présente des romans policiers, "bien-être et spiritualité", des essais et se lance dans la littérature jeunesse que vous pouvez découvrir ici, sur le site. Quelle bonne idée ! Je vous ai déjà présenté Hunger Games et je suis en train d'écouter Songe à la douceur de Beauvais. Je vous propose aujourd'hui de vous parler d'un livre de Bottero.

L'année dernière, j'ai lu le tome 1, intitulé  la quête d'Ewilan, "D'un monde à l'autre", où j'ai pu découvrir Camille, une adolescente vivant dans notre monde contemporain. Mais son vrai nom est Ewilan lorsqu'elle rejoint, par un pas sur le côté, Gwendalavir. Ce royaume enchanté - où on peut dessiner des images qui prennent vie - est sous le pouvoir des Ts'liches, qui ont enfermé dix humains ( les figés), très puissants par leur imagination.

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Dans ses pérégrinations, l'héroïne est accompagnée de son ami Salim, originaire du même monde qu'elle,  d'une marchombre ( une jeune femme extrêmement douée pour le combat); d'un rêveur ( il peut guérir les blessures), d'un chevalier Bjorn et de Duom ( une vieil analyste, un savant). A ce groupe, s'ajoute un Faëls, sorte d'humain plus petit et plus agile... Une fois accoutumé à tous ces personnages dans le premier volume, on peut voir, dans ce nouvel opus, Ewilan combattre des rais ( monstres à la solde des Ts'liches) car elle se rapproche des Figés.

Deux sentiments dominent à l'écoute de cette histoire : tout d'abord, j'ai admiré la place laissée à l'imagination. C'est grâce à elle que le personnage principal arrive à se sortir de tous ses mauvais pas. En outre, cette même imagination a permis de construire des villes et des objets d'une très grande beauté : "Jaillissant de la plaine comme un bastion inexpugnable, un plateau rocheux aux bords verticaux s'élevait à une cinquantaine de mètres. La capitales était construite à son sommet, tours défiant le ciel, coupoles de nacre, passerelles arachnéennes. Chacun des toits semblait tissé de lumière et l'enseble tenait davantage du chef-doeuvre prêt à l'envol que de la ville classique". Les descriptions sont brèves et l'action domine dans ce roman destiné aux 8-11 ans, mais jamais le vocabulaire n'est enfantin.

En revanche, l'histoire n'est pas neuve. Ewilan est blessée par un Ts'liche et ressent une douleur à chaque fois qu'elle est proche d'eux. Le faëls est un être très agile et maniant l'arc avec dextérité. Salim apporte de la gaieté et de l'humour. Les hordes raïs ressemblent à des gobelins et Ewilan doit affronter un dragon etc... Bref, cela ne vous rappelle rien ? J'ai trouvé beaucoup de similitudes dans cette quête avec Le seigneur des anneaux.

Le livre est bien écrit mais clairement destiné à la jeunesse. La voix, celle de Kelly Marot, que vous avez pu entendre comme "voix française de Jennifer Lawrence" dans la série Hunger Games, permet de donner vie à cette histoire avec beaucoup de dynamisme et les courts chapitres permettent une écoute facile... Vous pouvez écouter un extrait ici.

La quête d'Ewilan, Les frontières de glace, Bottero, 6h37, texte intégral lu par Kelly Marot,

Partenariat Audiolib 

9 février 2018

Miss Sloane de Madden : ISSN 2607-0006

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Dans Miss Sloane, J. Madden s'éloigne des reconstitutions historiques ( Shakespeare in love, que je n'avais pas particulièrement aimé et Indian Palace) pour se pencher sur la politique contemporaine américaine, notamment le fonctionnement des lobbies.

On assiste donc au procès d'une lobbyiste implacable et froide incarnée admirablement par J. Chastain. Elle doit combattre ceux qui soutiennent le port d'armes et doit convaincre 16 sénateurs de voter pour la loi Heaton-Harris, qui limiterait le port d'armes. Rien de classique dans le procès : on n'assiste pas de manière linéaire au déroulement des audiences, mais des retours en arrière expliquent, montrent la démarche de E. Sloane. On est partagé entre ses convictions nobles et ses méthodes douteuses et illégales.

"On m'a engagée pour gagner", dit Elizabeth Sloane. Au-delà du fonctionnement des lobbies, ce film porte aussi sur une question morale. Les moyens sont-ils tous bons pour arriver à ses fins ? Doit-on comme Machiavel prôner un pragmatisme politique ? De bombreux rebondissements viennent nous tenir en haleine et relancer le débat d'idées. La prestation de l'actrice principale est remarquable, en femme déterminée, manipulatrice et inflexible. Certes, ce film repose sur de nombreux dialogues, scènes de réunions mais il entrouvre une porte sur les corruptions politiques, judiciaires et les pratiques du lobbying.

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Miss Sloane, de John Madden, avec Jessica Chastain, 2016, 2h07.

autre film : Shakespeare in love

MISS SLOANE Bande Annonce (Jessica Chastain - Thriller, 2017)

26 février 2019

At Eternity's gate de Julian Schnabel : ISSN 2607-0006

AT ETERNITY'S GATE (2018) - Official HD Movie Trailer | Media Hub

At Eternity's gate montre les dernières années de la vie du peintre Vincent Van Gogh. "Montrer" est bien le mot puisqu'il est beaucoup question de la vision du monde selon le peintre, de sa conception de la création, de la beauté, et de la vision d'un cinéaste aussi. On voit donc le peintre quitter Paris pour Arles. Il vit quelques temps avec Gauguin, puis fréquente le docteur Gachet. Admis plusieurs fois dans des asiles, l'artiste est incompris, isolé et affaibli. Sa peinture, peu appréciée de son vivant, semble reconnue lors de l'exposition des Indépendants.

"Le monde reste un mystère"

Enfin un biopic qui sort de l'académisme habituel ! "L'état frénétique" dans lequel était le peintre pour créer est reproduit par les mouvements de la caméra. Souvent, les plans sont filmés caméra à l'épaule, non pas dans un but documentaire, mais pour reproduire le regard subjectif du protagoniste. Les tourments du peintre sont rendus par ces mouvements de caméra rapides, parfois étranges : pourquoi filmer les chaussures prises comme modèle avec un cadre à l'horizontal ? pourquoi passer à du noir et blanc comme un négatif quand Vincent Van Gogh peint ? Mais globalement, les choix de cadrage permettent un immersion dans la nature, épousant les sensations du peintre. Les plans d'ensemble montrent une grande intensité des couleurs de la nature, voire parfois, étrangement avec des filtres jaune ou bleu, mais qui renvoient à l'intensité des coloris des tableaux du peintre. Nommé aux oscars dans la catégorie "meilleur acteur", Willem Dafoe incarne génialement ce peintre tourmenté et maudit. Un film sensoriel, atypique et esthétique sur l'art et le génie de Vincent Van Gogh !

At Eternity's gate, de Julian Schnabel, Netflix, avec Willem Dafoe, 1h51, 2019

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Extrait de la bande-annonce « At Eternity's Gate » © YouTube/CBS Films

2 mars 2018

C'est le premier, je balance tout ( mars 2018) : ISSN 2607-0006

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1) Les chroniques venues d'ailleurs

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Aimez-vous l'art nouveau ? Tania nous emmène dans une exposition art nouveau, reconstitution des magasins Wolfers : des objets luxueux, de la joaillerie sont présentés dans meubles dessinés par Horta. Un ravissement absolu ! Ci-dessous une des photographies que vous pourrez admirer sur son site...

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2) MES LECTURES

Exceptées les enquêtes écrites par Runcie, mes lectures ont été des déceptions avec la trilogie Miss Peregrine et les enfants particuliers de Riggs, le roman de Beauvais et La petite communiste qui ne souriait jamais de Lola Lafon dont je vous ferai bientôt un compte-rendu.

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4) LES FILMS

J'ai passé de très bons moments cinématographiques avec La forme de l'eau de G. del Toro, Taxi Téhéran de Panahi, Miss Sloane de Madden.

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MADEMOISELLE (Park Chan-wook, Thriller Érotique) - Bande Annonce / FilmsActu

J'ai aussi vu Mademoiselle de Park Chan Wook : ce film coréen se déroule dans les années 1930. Il est inspiré Du  bout des doigts de Sarah Waters. Sooke et un escroc veulent capter l'héritage d'une jeune japonaise, enfermée par son oncle dans une grande demeure. Sookee entre au service de cette dernière mais leur plan va être déjoué... Et ce n'est pas la seule surprise que réserve le scénario, particulièrement retors. L'esthétique du film est à couper le souffle. Cependant, j'ai trouvé que les scènes sexuelles auraient pu être davantage implicites car toutes les dernières scènes sont très crues...

Mademoiselle, Park Chan Wook, 140 min, 2016

5) LES ACHATS

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11 juillet 2019

La fille de la supérette de Sayaka Murata : ISSN 2607-0006

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 Si autant de livres et de films parlent de la tolérance, de l'acceptation de l'autre, c'est qu'il ne va pas de soi d'accepter les différences au sein d'une société. Comme le montre Mona Chollet, dans Sorcières. La puissance invaincue des femmes, les femmes qui ne se plient pas attentes de la société sont considérées comme des "modèles interdits" : " la célibataire incarne l'indépendance féminine sous sa forme la plus visible, la plus évidente. Cela en fait une figure haïssable pour les réactionnaires, mais la rend aussi intimidante pour nombre d'autres femmes"*. C'est aussi ce que montre La fille de la supérette dans laquelle on découvre la vie de Keiko qui travaille dans un konbini depuis 18 ans. 18 ans ! Alors que ses rares amies se sont mariées ou ont changé de métier, Keiko reste vendeuse dans ce supermarché ouvert 24h sur 24h. Comment ? Elle n'a pas d'enfants ! Pour quelles raisons n'a-t-elle pas changé de métier ? Pourquoi ne s'est-elle pas mariée ?

Qu'est-ce qui rend notre héroïne si singulière dans cette société extrêmement rigide ? Keiko perçoit bien sa singularité dont elle fait part au lecteur à travers diverses anecdotes : "Un jour, peu de temps après mon entrée en primaire, pendant l'heure de sport, deux garçons commencèrent à se bagarrer.

- Appelez le maître !

- Arrêtez-les !

Bon, je vais m'en charger, pensai-je en entendant les cris. Attrapant une pelle dans le placard à outils à proximité, je courus rejoindre le lieu de la bataille pour taper sur la tête d'un des belligerants.  Sous les hurlements de la foule assemblée, le garçon porta la main à son crâne et fit volte-face. Voyant qu'il avait cessé de bouger, je m'apprêtai à frapper son adversaire afin de le neutraliser à son tour.

- Keiko-chan ! arrête ! Arête ! s'écrièrent les filles en pleurant." (p. 15-16). Elle analyse donc ce qui la différencie des autres, les mécanismes du conformisme et elle essaie d'adopter les codes. Parviendra-t-elle à s'adapter ?

" Les gens ordinaires n'aiment rien tant que juger ceux qui sortent de la norme"( p. 111) : après un malentendu, un ancien employé du konbini est hébergé par Keiko : aussitôt le gérant et les autres caissières se réjouissent. "Leur attitude me choque", pense la narratrice. Je n'arrive pas à croire que même un gérant de konbini trouve plus d'intérêt à échanger des ragots avec ses employés qu'à appliquer la promo sur le poulet frit" (p. 107).

Plus qu'une simple tranche de vie, la vie d'une employée dans la société nippone se déploie sous nos yeux : horaires, condition de travail, amitiés... Vendus à un million d'exemplaires au Japon, ce roman sur l'anticonformisme a permis à Sayaka Murata d'obtenir le prestigieux prix Akutagawa. Avec ce bref récit de S. Murata, introduisez-vous dans le Japon moderne à travers la vision d'un personnage atypique.

Murata Sayaka, La fille de la supérette, Folio, Barcelone, Mai 2019, 143 p.

* Chollet Mona, Sorcières. La puissances invaincues des femmes, Lisieux, septembre 2018, p.50

 LC avec A girl from earth

6 novembre 2018

Quelques minutes après minuit de Bayona : ISSN 2607-0006

A Monster Calls : quelques minutes après minuit (VF)

Avant de réaliser le dernier opus de Jurassic world : fallen kingdom, Bayona a fait Quelques minutes après minuit. Cette histoire débute "comme un cauchemar" (au sens propre et figuré) nous dit une voix off : un jeune garçon est réveillé par les images cauchemardesques de sa mère qui meurt engloutie dans un cimetière et qu'il n'arrive pas à retenir. On découvre la vie d'un jeune garçon, Conor O'Malley, qui vit avec sa mère malade et qui est battu par des élèves de sa classe, à cause de sa différence : l'enfant dessine, est rêveur... Et pour cause, il se réfugie dans un monde fantastique où les arbres peuvent se déraciner et parler, voire conter des histoires. L'arbre gigantesque, qu'il voit de sa fenêtre, va prendre vie et lui apprendre par trois fictions la vérité sur sa situation qu'il n'accepte pas.

Quelle montage ! Quelle réalisation merveilleuse ! Les contes narrés sont représentés sous la forme d'animation aquarellée, chacune racontant une histoire qui n'est pas manichéenne. Même les "gentils" ( comme King Kong qu'on entrevoit à la télévision) peuvent mourir. Peuplé de symboles - comme le train, le numéro 6 ou l'arbre - comme l'explique Bayona, dans les commentaires audio, le film nous "donne une idée de la vérité mais pas de la réalité". Ce film rappelle l'esthétique et les idées du Labyrinthe de Pan de Guillermo del Toro.

Bayona tisse plusieurs sujets graves tels que le deuil, le harcèlement scolaire, le cancer et la vérité. Cette adaptation du roman de Patrick Ness analyse subtilement des sentiments et un moment de la vie particulièrement difficile, le passage à la vie adulte. En effet, les cadres ( celui des tableaux mais aussi des fenêtres et des portes) se multiplient dans le film, nous permettant de voir le passage des seuils entre le monde de l'enfance et le monde des adultes, celui du réel et de l'imaginaire. Ce merveilleux long métrage présente une grande fidélité au roman de P. Ness, écrit avec des mots simples mais dont la portée symbolique est très riche par la narration des contes. On peut regretter l'absence des illustrations de Jim Kay dans l'édition folio junior ( ci-desous, une de ses illustrations).

En bonus, les commentaires du réalisateur montrent l'envers du décor : très instructifs, les remarques de Bayona nous permettent de connaître les lieux où le film a été tourné, l'émergence de idées pour le choix des dessins, les décisions prises au moment des casting ( Les acteurs, Félicity Jones, Lewis MacDougall et Sigourney Weaver  sont excellents), les hommages cinématographiques... Ses choix artistiques révèlent son attention portée aux détails et aux couleurs, qui entrent en résonance tout au long du film pour créer un réseau de significations mettant en exergue l'importance de l'imagination dans la quête de la vérité. Le réalisateur ne cesse de répéter que le créateur doit "rompre les règles" et c'est ce qu'il a parfaitement réussi dans ce film magnifique. Un film et un livre à découvrir absolument !

Quelques minutes après minuit, Bayona, 2016, 1h48, avec Félicity Jones, Lewis MacDougall et Sigourney Weaver

 Ness, Quelques minutes après minuit, Folio junior, 192 p.

Du même réalisateur : Jurassic world : fallen Kingdom

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https://www.telerama.fr/cinema/juan-antonio-bayona-quelques-minutes-apres-minuit-parle-vraiment-de-ce-qu-est-grandir,152318.php

19 septembre 2019

La vie secrète des arbres de Peter Wohlleben : ISSN 2607-0006

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 Sara Deux -  Photo du lecteur  : © Pauline Darley / Le Crime

Le forestier Peter Wohlleben a été un jour fasciné par un tronc d'arbre coupé et presque fossilisé mais encore vivant. Il s'est alors penché sur la vie des arbres : comment les arbres réagissent-ils à une agression ?  Ont-il un langage ? Chaque plage d'écoute aborde un nouveau thème comme l'éducation des jeunes arbres ou leurs maladies.

L'avantage de cet audiolib lu par Thilbault de Montalembert - qui est aussi le lecteur par exemple d'Un gentleman à Moscou, et dont vous pouvez entendre la voix ici - dont la voix convient parfaitement avec le sujet sérieux, c'est qu'il ne nécessite pas de connaissances approfondies sur les végétaux et on peut tout à fait comprendre tous les aspects abordés sans être un spécialiste. L'auteur nous délivre mille informations sur la manière dont les arbres poussent mais aussi sur leur reproduction. Il pose des questions auxquelles on n'aurait pas forcément penser : Pourquoi les arbres poussent droit ? Comment l'eau remonte dans le tronc ? Il n'y a aucune difficulté à suivre le propos de l'auteur, qui est découpé en petits chapitres et on a l'impression d'écouter un posdcast d'une émission radio car l'auteur fait un effort de vulgarisation sans mots techniques trop compliqués. Evidemment, on ne peut pas tout retenir, et une version papier semblerait plus adaptée pour revenir sur certaines informations.

Il fait aussi état des hypothèses  - ne pouvant transporter des hêtres en laboratoire - par rapport à des ultrasons émis par les arbres dans le chapitre 8 "L'école forestière" : il s'agirait d'un phénomène mécanique mais, pour l'auteur, ce serait "des cris de soif ou bien alors des cris pour alerter le voisinage de l'imminence d'une pénurie d'eau". Les arbres ont-ils un cerveau ? Les arbres partagent-ils " de nombreuses facultés avec les animaux" puisqu'ils ont un processus neuronal et envoient des signaux électriques ? ( chapitre 14 "Qu'est-ce qu'un arbre ?"). Cela divise la communauté scientifique puisque cette hypothèse remet en question la trontière entre le végétal et l'animal. Ainsi les secrets de la forêt nous sont dévoilés mais le sujet est si vaste qu'il reste encore bien des mystères.

Que fait l'arbre pendant l'hiver (chapitre 22 : "Quand l'hiver arrive") ? Se repose-t-il comme nous ? Cette anthropomorphisation rend la nature plus proche de nous : ce texte veut nous tenir informés sur des questions environnementales en essayant de toucher le plus grand nombre, ce qu'il a réussi à faire. Au détour d'une phrase, on comprend combien la forêt a changé mais jamais P. Wohlleben ne prend un ton moralisateur. Comme c'est paradoxal ! On protège bien mal cette nature qu'on aime tant... Son propos sur les arbres entre en résonance avec l'exposition "Nous les arbres" à la fondation Cartier, dont vous pouvez admirer certaines oeuvres ci-dessous. A découvrir pour le regard différent porté sur les arbres...

La vie secrète des arbres, Peter Wohlleben, lu par Thilbault de Montalembert, Audiolib, 7h, 29, novembre 2017.

Sur le web : Lecture sans frontière, Manou,

Guédot Valérie, "Nous les arbres, une exposition à la fondation Cartier du 12 juillet au 10 novembre 2019", France inter, mis en ligne le 26 juin 2019. URL : https://www.franceinter.fr/culture/nous-les-arbres-une-exposition-a-la-fondation-cartier-du-12-juillet-au-10-nov-2019#xtor=EPR-5-

CO2 mon amour. 2019. "La vie secrète des arbres". Animée par Denis Cheissoux. Diffusée le 9 décembre 2017.

L'invité du matin. "Peter Wohlleben, roi des forêts, rencontre avec l'auteur de la "vie secrète des arbres (2eme partie)/ (1ere partie). Animée par Guillaume Erner. 8 décembre 2017.

DE cause à effets, le magazine de l'environnement. "Raconte-moi les arbres". Animée par Aurélie Luneau. 12 mars 2017.


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© Cássio Vasconcellos

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© Esteban Klassen

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© Raymond Depardon

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© FRancis Hallé © Luis Zerbini

5 février 2019

La dénonciation de Bandi : ISSN 2607-0006

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http://www.editions-picquier.com/ouvrage/la-denonciation/

 Bandi est un pseudonyme d'un auteur nord-coréen : l'anonymat de l'auteur est nécessaire dans un pays où la censure ne permet pas de publier tous les textes. Comment avons-nous eu connaissance de ce recueil composé de 7 nouvelles ? Il aurait fait passer deux recueils grâce à une femme qui a fui le pays. 

Un enfant pleure dès qu'il voit des images immenses de Marx ou du " cher leader" : les parents décident donc de mettre les double rideaux pour ne pas l'effrayer. Cela n'est pas pour aider sa mère qui doit préparer l'événement 1, c'est-à-dire une fête nationale. Cependant, on leur interdit de mettre ces double rideaux : ils sont alors dénoncés comme espions. la cérémonie ne semble plus possible car une tempête empêche tout rassemblement. Et pourtant, en quelques minutes, un million de personnes se réunit lorsque les haut-parleurs leur intiment l'ordre de venir. Pourquoi une telle obéissance ? "Le moindre comportement considéré comme ayant été nuisible à la bonne tenue des célébrations fut pointé du doigt et durement condamné. La sanction la plus grave était l'expulsion. Les gens étaient chassés sans pitié, comme des saletés jetées au loin à coup de pelle" (p. 70). Un homme veut se rendre au chevet de sa mère mourante mais on l'en empêche, un autre meurt de froid dans sa propre maison alors qu'il a consacré sa vie à la collectivité... Toutes ces nouvelles mettent en exergue la peur de la répression, les injustices et l'envie de fuir de son propre pays.

L'écriture est simple, voire maladroite, avec son vocabulaire pauvre et répétitif, et peu subtile : les symboles qui peuplent ces récits sont toujours lourdement explicités. Cependant, ce témoignage de la dictature n'en est pas moins poignant. Rédigé dans les années 70 et publié en 2014, ce texte est-il obsolète ? Il suffit de regarder des documentaires comme Corée du nord  la famille Kim ou écouter des émissions pour savoir que les textes de Bandi sont encore d'actualité. Considérée comme "une dictature d'opérette", comme les intervenants de l'émission du grain à moudre le rappelle, dans l'émission "comment raconter la Corée du Nord ?", néanmoins tous soulignent la souffrance des habitants (ci-dessous d'autres liens vers des émissions qui montrent la dureté du régime).

Bandi, La dénonciation, Picquier poche, 281 p.

Autres romans coréens : billet de Marilyne Celui qui revient Han Kang

Sur le web : Les idées claires, France culture. 2014. " Corée du Nord, terrifiant anachronisme". Animé par Bruce Couturier. Diffusé le 26 décembre 2014.

 Du grain à moudre. 2012. "L'univers concentrationnaire en Corée du Nord". Animé par Hervé Gardette. Diffusé le 1er mai 2012.

Franceinfo. 2016. "Bandi, écrivain critique... en Corée du Nord". Animé par F. Ojardias. Diffusé le 2 mars 2016.

Grappe Marjolaine, Les hommes de Kim, prix Albert-Londres, 2018. URL : https://info.arte.tv/fr/coree-du-nord-les-hommes-des-kim

12 juin 2019

Gunnm, volume 1 : Un ange de rouille (édition orginale) de Yukito Kishiro : ISSN 2607-0006

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GUNNM ©Glénat 2019 Kishiro

 Vous n'avez jamais lu de manga ? Vous pouvez faire l'amusant et superficiel test proposé par Le monde pour trouver celui qui vous convient ou simplement choisir un manga culte comme Gunnm, paru de 1990 à 1995, adapté en 2019, sous le titre d'Alita : Battle Angel par Robert Rodriguez.

Le tome 1 de Gunnm (l'édition originale), manga de science-fiction, un seinen, nous fait pénétrer dans l'univers du cybernéticien Ido : il vit sur terre, devenue la décharge de Zalem, une ville flottante ( illustration 1). En recherchant des pièces détachées pour réparer des cyborgs, des androïdes et des robots, il découvre un cyborg féminin amnésique dont le buste est en parfait état. Il décide de la réparer et de la prénommer Gally. Assez vite cette dernière découvre qu'Ido est aussi chasseur de prime, tuant les criminels, remplaçant ainsi une police qui a déserté les lieux. Gally décide elle  aussi de devenir une " hunter-warrior" lorsqu'elle sauve la vie d'Ido en utilisant naturellement le panzerkunst, une technique d'art martial très aboutie venue de Mars. Après avoir eu le corps détruit dans un combat contre un redoutable cyborg Makaku, Ido répare le corps de Gally en lui donnant celui d'un Berserker - en référence à la mythologie nordique.

Ainsi résumé, Gunnm 1 ne semble qu'une succession de combats et pourtant, ce manga arrive à créer intelligemment un univers cyberpunk avec une vision pessimiste du futur de la terre qui interroge les utilisations des intelligences artificielles. Kuzutetsu, la ville décharge, fourmille de détails et de lieux qu'on découvre avec curiosité, grâce à des dessins aux traits fins et aux arrières-plans souvent grisés ou blancs, permettant une meilleure compréhension des images. Le mangaka déploie tout un univers construit de manière cohérente mais qui mêle plusieurs mythologies et références culturelles.

La violence omniprésente - corps désarticulés, cyborg mangeur de cercelles, hectolitres de sang - dans ce manga n'est pas gratuite (planches 2 et 3). Elle est toujours motivée de manière psychologique : si Ido travaille comme chasseur de prime par " goût du sang", d'autres comme Gally, veulent défendre les innocents. La brutalité des personnages est celle aussi du monde dans lequel chacun tente de survivre.

Si l'on continue à lire cette histoire malgré la déchaînement de violence, c'est ausi pour ses personnages attachants avec Ido, qui ne manque pas d'humour, qui se conduit comme un père attentif et (très) compréhensif pour sa fille cybernétisée, qui ressemble d'abord à une adolescente révoltée mais qui évolue bien vite vers une jeune femme aux choix éthiques personnels. Dans sa quête d'identité, Gally se montre beaucoup plus humaine que bien des humains. Après avoir lu ce premier tome, on est évidemment tenté de découvrir la suite des aventures de cette héroïne iconique courageuse et audacieuse.

 Kishiro Yukito, Gunnm, volume 1 : Un ange de rouille, ( 9 volumes, série terminée) Glénat, Italie, mars 2019, 224 p.

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Illustration 1 : GUNNM © Glénat 2019 Kishiro

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Pl 2 et 3 : GUNNM © Glénat 2019 Kishiro

Sur le web : Paquot Valentin, "Le petit lexique indispensable du manga", Le figaro, mis en ligne le 1 janvier 2017. URL : http://www.lefigaro.fr/bd/2017/01/01/03014-20170101ARTFIG00008-le-petit-lexique-indispensable-du-manga.php

Croquet Pauline, "Du Japon à Hollywood : "Gunnm" le manga cyberpunk culte", Le monde, mis en ligne. URL : https://www.lemonde.fr/pixels/visuel/2016/10/19/du-japon-a-hollywood-gunnm-le-manga-cyberpunk-culte_5016474_4408996.html

4 juillet 2019

Frida Kahlo de Maria Hesse : ISSN 2607-0006

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Qui ne connaît pas Frida Kahlo ? Cette artiste mexicaine est devenue une légende de son vivant et son destin tragique a fait l'objet de nombreuses biographies. Dès l'introduction, Maria Hesse nous met en garde sur cet ouvrage : elle n'a pas voulu retracer de manière fidèle la vie de Frida Kahlo, mais elle a fictionnalisé la vie de cette artiste : " ce livre ne retrace pas sa vie réelle, ni celle que Frida s'inventa. Il s'agit d'un mélange des deux" (p. 9)

Elle mêle d'ailleurs une écriture à la troisième personne, plutôt factuelle, à une écriture à la première personne, qui sont des extraits de journaux, de lettres de F. Kahlo, changement perceptible dans le choix des caratères (Planche 1). De chaque page émane l'intensité des sentiments de l'artiste à travers des illlustrations colorées et des citations. On peut d'ailleurs regretter la joliesse des dessins, là où les tableaux de l'artiste mexicaine présentent une certaine violence et une grande noirceur. La biographie est chronologique mais quelques pages font des synthèses autour de certains thèmes, notamment les amours de Frida Kahlo ou les réinterprétations des tableaux apparaissent à la fin de l'ouvrage. Certes le texte est simple mais bien documenté ( une biographie est présente à la fin de l'ouvrage).

Au-delà de la fictionnalisation de la biographie, on peut admirer la part de poésie dans la présentation de cette femme dans ce roman graphique : des illustrations  servent à indiquer les nouveaux chapitres (illustration 2). Des dessins entourent le texte, l'accompagnent et créent un écrin pour le récit. Evidemment ces illustrations s'inspirent de l'esthétique de F. Kahlo et reproduisent certains de ses tableaux les plus célèbres tout en les personnalisant. Voyez comment on reconnaît des éléments récurrents des tableaux de F. Kahlo - comme la nature, les animaux, les détails anatomiques (Planche 2)... Voici aussi quelques citations de Frida Kahlo qui expriment sa pensée :

"Je m'en fiche, je m'aime comme je suis" (p. 32).

"Pourquoi voudrais-je des pieds puisque j'ai des ailes pour voler" (p. 132).

"Emmurer sa propre souffrance c'est courir le risque qu'elle vous dévore de l'intérieur" (en exergue)

"Je ne peins jamais des rêves ou des cauchemars. Je peins ma propre réalité".

Avec ce bel ouvrage, Maria Hesse nous emmène talentueusement au coeur de l'imaginaire de l'artiste mexicaine. Suivez son conseil : " Perdez-vous dans chacun de ses tableaux, là où elle nous a laissé de petites pistes sur qui elle fut. C'est dans ses peintures que réside la véritable Frida".

Hesse Maria, Frida Kahlo, Presque lune, mars 2019.

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Illustrations 1 et 2 Frida Kahlo © PRESQUE LUNE

3° Frida Kahlo peint au litPl. 1 © PRESQUE LUNE

3° Frida Kahlo accident bus Pl. 2 © PRESQUE LUNE

3 juin 2019

Instincts, exposition de Mika : ISSN 2607-0006

Connaissez-vous l'univers du street art ? Vous pouvez découvrir à l'Institut Magrez "Instincts", une exposition autour d'une vingtaine d'oeuvres de Mika. "L'instinct" du titre de cette exposition fait référence à sa manière de créer. Ci-dessous ( photographie 1), vous pouvez voir un de ses croquis, qui lui viennent spontanément, instinctivement. Son style présente d'ailleurs des coulures, des mélanges et des imperfections.

Mais "l'instinct", c'est aussi celui de la nature qui reprend ses droits. Emblématisé par un oiseau (photographie 2), l'instinct naturel se propage d'une oeuvre à l'autre, ou à l'intérieur de ses toiles dans la cohabitation de l'humain et d'une nature florale ou animale. Elle envahit les visages, ou elle est symbolisée par des dieux ( photographie 3 et 4), comme Poséidon ou Arthémis. Le camaïeu de couleurs unit ces grands visages anguleux, comme des masques de la commedia dell arte, à une nature luxuriante.

Laissez-vous transporter par ces gigantesques têtes aux regards songeurs envahis d'une végétation majestueuse (photographie 5)...

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Sans titre, stylo sur papier encadré, 2017 -  Centre culturel Bernard Magrez © MIKA

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Sans titre, stylo sur papier encadré, 2017 -  Centre culturel Bernard Magrez © MIKA

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Poséidon, 2019, Acrylique sur toile -  Centre culturel Bernard Magrez © MIKA

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La nymphe d'Hélicon, 2019, Acrylique sur toile Centre culturel Bernard Magrez © MIKA

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Habitat 1, 2018Acrylique sur toile Centre culturel Bernard Magrez © MIKA

 

Instincts, Exposition de Mika

16 rue Tivoli

Institut Magrez

33000 Bordeaux

du 28 mai au 1 septembre 2019

 

6 juin 2019

Asako I & II d'Hamagushi : ISSN 2607-0006

ASAKO I&II Bande Annonce (2019) Romance

Asako I & II, vous fera imanquablement penser à Sueurs froides d'Hitchcock. En effet, une jeune femme, Asako, tombe immédiatement sous le charme de Baku, lors de leur première rencontre. Cependant, un jour, Baku disparaît. Deux ans plus tard, à Tokyo, Asako rencontre Ryohei, un homme d'affaire, qui ressemble trait pour trait à Baku.  Instantanément séduite, elle hésite à engager une relation basée sur des faux-semblants. Cinq ans plus tard, Baku, devenu manequin, revient. Va-t-elle quitter son amant pour partir avec Baku ? Aime-t-elle réellement Ryohei ?

La manipulation des personnages dans le film d'Hitchcock est menée dans un mouvement réflexif. Le personnage féminin est regardé par un observateur, qui pourrait être le spectateur. La mise en scène dont elle fait l'objet lors de la deuxième rencontre avec le narrateur crée un parallèle avec le travail du cinéaste. Le travail du réalisateur de Fenêtre sur cour est dominé par la spirale tandis que celui de Hamagushi est dominé par le cadre - les personnages se rencontrent lors d'une exposition de photos - et le double. Deux personnages masculins, deux rencontres amoureuses, deux voyages de nuit...

Devant un fleuve en crue, Ryohei déclare : " c'est sale". Mais Asako trouve ce même paysage "beau". Et c'est cette beauté que filme talentueusement Hamagushi : beauté des pas qui s'avancent vers l'autre, beauté des gestes du quotidien pour venir en aide aux sinistrés des séismes, beauté des êtres qui n'hésitent pas à s'aimer malgré les trahisons et les mensonges. Formellement magnifique, Asako I & II filme merveilleusement et délicatement le sentiment amoureux, sans sentimentalité mais avec des ellipses et des silences.

Asako I & II, Hamagushi, avec Masahiro Higashide et Erika Karata, 2019

Sueurs froides, Hitchcock, 1958, 2h09 min, avec James Stewart, Kim Novak, et Barbara Bel Geddes

asako-1-2-e1546595825955-1050x627Erika Karata et Masahiro Higashide dans « Asako I & II », Hamaguchi. ART HOUSE DISTRIBUTION

vlcsnap-2019-01-27-11h51m51s749Erika Karata dans « Asako I & II », deRyusuke Hamaguchi. ART HOUSE DISTRIBUTION

0793734Erika Karata dans « Asako I & II », deRyusuke Hamaguchi. ART HOUSE DISTRIBUTION

Sur le web : Dasola

Rauger J-F, "Sueurs froides", Le monde, mise en ligne 31 juillet 2009. URL : https://www.lemonde.fr/vous/article/2009/07/31/sueurs-froides_1224532_3238.html

Les chemins de la philosophie. 2018. "Philosopher avec Hitchcock (2/4) : sueurs froides". Animée par Adèle Van Reeth. Diffusée le 27février 2018.

Mandelbaum Jacques, "Asako I & II" : éternel recommencement amoureux", Le monde, mis en ligne le 1 janvier 2019. URL : https://www.lemonde.fr/cinema/article/2018/12/31/eternel-recommencement-amoureux_5403795_3476.html

24 juin 2019

Godzilla II - Roi des Montres de Michaël Dougherty : ISSN 2607-0006

GODZILLA 2 Bande Annonce VF (2019) NOUVELLE, Roi des Monstres

Si vous n'avez encore jamais vu de films sur l'un des plus célèbres monstres de la pop culture qu'est devenu Godzilla, vous pouvez regarder la vidéo du ciné-club de M. Bobine qui est une bonne introduction à la franchise : le vidéaste remonte aux origines du monstre radioactif, analyse l'évolution de la franchise et détaille les caractéristiques de Godzilla. L'article du Point pop permet aussi de connaître les précédents films.

Le long-métrage de Michael Dougherty prolonge celui de G. Edwards qui était un blockbuster où le Kaiju apparaissait aussi important que le destin d'un soldat américain et de sa petite famille, qui nous importe peu. Le nouveau réalisateur a décidé de mettre en avant les monstres, de les humaniser - car le monstre légendaire décide de sauver les hommes et la planète - et de faire bêtifier les hommes. Après les dégâts causés par le réveil de Godzilla et des Mutos dans le premier opus, une scientifique décide de réveiller d'autres monstres pour qu'ils dévastent la planète car là où ils passent, la végétation reprend ses droits.

Evidemment, les effets numériques rendent bien hommage à Godzilla, comparé aux monstres nanardesques dans les précédents films de la Toho comme dans Godzilla vs Mechagodzilla. On peut toutefois regretter que les prouesses numériques soient les seuls atouts de ce film où on s'ennuie par intermitence avec des passages ridicules avec les dialogues vides des hommes ou qui expriment un espèce de blougi-boulga écologique. Godzilla II - Roi des Monstres n'est qu'une succession de scènes de destruction entre des titans disproportionnés. A part des effets spéciaux monstres, à quoi rime tout ça ? On est loin du symbolisme du traumatisme nucléaire des premiers opus et on attend avec impatience la sortie - non pas du troisième opus de la franchise, teasé dans une scène post-générique, de Godzilla vs Kong - de Shin Gozilla en France.

Godzilla vs mechagozilla, Jun Fukuda, 1974

Godzilla le roi des monstres, Michael Dougherty, 2019, 2h12, Kyle Chandler, Vera Farmiga, Millie Bobby Brown 

Godzilla de Gareth Edwards, Netflix, 2014, avec Aaron Taylor-Johnson, Bryan Cranston, Ken Watanabe

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Warner Bros France

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Warner Bros France

Sur le web : No ciné. 2019. "Godzilla pourrait-il exister dans la vraie vie ?". Animée par Perrine Quennesson. Diffusée le 29 mai 2019.

Hauguel Bastien, " Godzilla" : 6 films pour s'initier à la franchise", Le point pop, mis en ligne le 29 mai 2019. URL : https://www.lepoint.fr/pop-culture/cinema/godzilla-6-films-pour-s-initier-a-la-franchise-29-05-2019-2315756_2923.php

Dubois Léa, "Godzilla II - Roi des monstres : un titan pour les gouverner tous et dans les ténèbres les lier", Le figaro.fr, mis en ligne le 29 mai 2019. URL : http://www.lefigaro.fr/cinema/godzilla-ii-roi-des-monstres-un-titan-pour-les-gouverner-tous-et-dans-les-tenebres-les-lier-20190529

21 mars 2019

Le Maître et Marguerite de Boulgakov : ISSN 2607-0006

 

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http://www.folio-lesite.fr/Catalogue/Folio/Folio-classique/Le-Maitre-et-Marguerite

En ouvrant le roman Le Maître et Marguerite de Boulgakov, on découvre deux personnages, Berlioz, rédacteur en chef d'une revue littéraire et Bezdomny, un poète, qui dialoguent et font la rencontre d'un individu qui a toutes les caractéristiques du diable : il aurait connu Ponce Pilate et raconte une anecdote sur Ponce Pilate, dont il aurait été témoin (chapitre II) tout en annonçant la mort de Berlioz. Evidemment, nos deux littérateurs refusent de le croire et pensent plutôt avertir la police politique. Cet incipit, ancré dans Moscou, est donc fantastique et plutôt étonnant. A cela s'ajoute un questionnement métaphysique :  " Si Dieu n'existe pas, alors, dites-moi, qui est ce qui gouverne la vie humaine et plus généralement l'organisation des choses terrestres ?" (p. 54), demande l'inconnu diabolique.

Mais continuons avec Likhodeïev, directeur des Variétés qui se retrouve face à l'inconnu, qui se fait appeler Woland. Il a deux comparses, dont un énorme chat noir qui marche sur ses deux pattes arrières. Likhodeïev partage justement son appartement avec le défunt Berlioz à cause de la crise du logement. "Ces derniers temps, d'ailleurs, Monsieur se conduit comme un fieffé cochon. Monsieur se saôule, Monsieur profite de sa position pour avoir des liaisons, Monsieur n'en fiche pas une rame et d'ailleurs il ne pourrait pas en ficher une rame car il ne connaît rien à la besogne qui lui a été confiée. Monsieur est un bluffeur qui trompe ses chefs !", dévoile le comparse de Woland (p. 161, chapitre XI). Et pour se débarrasser de lui, Woland le téléporte à Yalta. Nikanor Ivanovitch Bossoï, le président de l'association des occupants de l'immeuble 302 accepte un pot de vin de Woland, qui veut loger dans l'appartement de Likhodeïev, et se retrouve dénoncé pour trafic de devises étrangères.

Au chapitre XII, Woland devenu "mage" fait un spectacle avec ses deux acolytes et crée une hystérie collective, tout en dénonçant publiquement les hypocrisies d'Arkadi Apollonovitch Sempleïarov, le président de la Commission d'acoustique des théâtres de Moscou, aussitôt arrêté par des Miliciens. Vous l'aurez compris, la satire des milieux littéraires est féroce et celle de la police politique aussi, faisant disparaître tout le monde, sur simple dénonciation.

Nous arrivons au chapitre XIII, intitulé "Apparition du héros" ( p. 235). Nous sommes à nouveau en compagnie de Bezdomny, qui entre-temps a été interné ( chapitre VI). Jugez un peu : Ivan Nikolaïevitch ( dont le surnom est Bezdomny) déclare qu'il est dans cet asile à cause de Ponce Pilate, à un écrivain qui peut se promener dans la clinique psychiatrique, en passant par des balcons. "La description  de la mort horrible de Berlioz suscita de sa part [celle de l'écrivain] cette remarque énigmatique [...]. Puis dans un cri passionné mais étouffé il ajouta : " poursuivez !". Le chat essayant de payer sa place à la receveuse divertit le visiteur à l'extrême, et il étouffait silencieusement de rire tandis qu'Ivan, tout excité par le succès de sa relation s'accroupissait et bondissait sans bruit, mimait le chat tenant sa pièce de dix kopecks contre sa moustache" (p. 239). L'écriture est souvent comique et les personnages burlesques contribuent à la satire des milieux littéraires. Nous apprenons aussi que l'écrivain se faisant appeler le "Maître" a écrit un roman refusé par tous.

Mais j'en ai déjà trop dit tout en passant sous silence un nombre impressionnant de détails ! Ce roman foisonnant et satirique semble difficile d'accès mais il n'en est rien. Une fois entrés dans cet univers fantastique, réaliste et burlesque, nous rions - parfois jaune lors de la description en rêve des grands procès publiques, ou des lieux de détentions ( chap. XIX) ou de l'obligation de faire des activités collectives ( chap. XVII) - de la peinture de la vie moscovite des années 20-30. Un plan à la fin du livre permet de repérer les lieux évoqués. L'introduction par Françoise Flamant et une notice proposent des analyses sur la dimension religieuse du texte, sur l'histoire du manuscrit, sur les autobiographèmes et sur l'intertextualité.

L'écriture, rendue extrêmement visuelle par des annotations de gestes est aussi très érudite, même si la culture russe évoquée peut échapper sans les notes de bas de page : "Là ! Là ! Derrière l'armoire ! C'est lui ! Regardez, il rigole ! Il a même son lorgnon... Arrêtez-le ! Aspergez la pièce d'eau bénite !" (p. 278) est une parodie du Faust de Gounod et "sombre ciel où la tempête" (p. 145) est le premier vers d'un poème de Pouchkine... C'est la rencontre improbable entre le non-sense carrollien, la satire voltairienne sur fond de mythe faustien. Mais quelle oeuvre ! Une oeuvre incroyable !

Boulgakov, Le Maître et Marguerite, Edition et traduction de Françoise Flamant, Malesherbes, Folio, 2018.

Partenariat Folio.

7 décembre 2018

Culottées 1 de Pénélope Bagieu : ISSN 2607-0006

 

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http://www.folio-lesite.fr/Catalogue/Folio/Folio-BD/Culottees-I-2

Culottées 2, où Bagieu décrit le destin de plusieurs femmes comme Nelly Bly, prolonge une première série de portraits, qui vient de paraître dans la collection Folio en format poche. Deux volumes permettent de découvrir les vies de 14 femmes telles que Clémentine Delait, Nzinga, Margaret Hamilton, Las Mariposas, Josephina Van Gorkum, Lozen, Annette Kellerman, Delia Akeley (partie 1), Joséphine Baker, Tove Jansson, Agnodice, Leymah Gbowee, Girogina Jorgensen, Wu Zetian ( partie 2).

Reprenant le système de courtes biographies, suivie d'une double page s'intercalant entre les planches, la bédéiste croque rapidement la trajectoire hors du commun de femmes, qui sont méconnues comme l'impératrice Wu Zetian. Popularisée par le film de Tsui Hark dans la série des détective Dee, elle apparaît comme une impératrice intelligente et ambitieuse. Elle améliore la condition des femmes, des paysans, faisant de son règne l'un des plus propères de l'histoire chinoise. Bagieu retrace sa biographie en mettant à distance la légende noire qui entoure ce personnage : " longtemps, les historiens officiels ont dépeint Wu Zetian comme une sorte de version chinoise de la reine de coeur d'Alice aux pays des merveilles, en se focalisant sur sa police secrète et sa tendance à se débarrasser de ses ennemis". Le ton humoristique, se fait parfois critique, en dénonçant certains stéréotypes : "En revanche, il est systématiquement précisé (et souligné comme un fait inoui) qu'elle était "redoutable", "ambitieuse", "intransigeante"... Des traits de caractères communs et valorisés chez à peu près tous les empereurs de l'histoire..." ( p. 75, livre I, partie 2).

Les planches permettent de sortir de l'oubli des femmes comme Delia Akeley, primatologue, Las Mariposas qui sont deux soeurs engagées politiquement ou  Annette Kellerman, une Australienne qui a coupé les jambes de son maillot et qui a fait une carrière d'actrice aquatique. "J'ai aidé les femmes à libérer  leur corps", peut-on lire dans la dernière bulle... Culottées est ainsi un bel hommage à toutes ces femmes. Le format, plus petit qu'une BD traditionnelle est facilement maniable, transportable, et ne perd pas en qualité : feuilles épaisses, couleurs vives, bulles très lisibles. Encore une série de très beaux portraits  à découvrir !

Culottées 1, Partie 1 et partie 2 Pénélope Bagieu (en deux tomes, folio, 71 p. partie 1 et 69 p. partie 2)

Autres BD : Cadavre exquis, Culottées 2,

Sur le web : site de la bédéiste

Merci Folio pour ce partenariat

8 mai 2019

Zaï zaï zaï zaï de Fabcaro : ISSN 2607-0006

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http://6pieds-sous-terre.com/zai-zai-zai-zai-un-road-movie/-u946

Fabcaro présente un univers déjanté dans ses BD ou ses romans. Cet univers rappelle celui de Quentin Dupieux, où le quotidien devient absurde et improbable : le bédéiste n'a pas sa carte du magasin au moment de payer ses courses. Aussitôt, il est pourchassé comme un dangereux délinquant. Voici trois raisons de lire cette BD si ce n'est pas déjà fait !

1. L'humour : Fabcaro sait créer des décalages des plus comiques. Se mettant en scène comme un bédéiste humoristique, voyons la définition qu'il en donne : " il s'agit d'un courant d'auteurs qui s'inspirent de situations du quotidien et les déforment de manière à détendre les gens, voir en dans certains cas à les faire sourire". Effectivement, le sourire, voire des explosions de rire, nous quitte pas devant ce road movie déroutant. Dans sa fuite éperdue, le bédéiste fait du stop. Qu'arrive-t-il au personnage principal ? "Et allez évidemment, un groupe de gospel pile là où je fais du stop, classique", constate-il ! Les détournements d'objets du quotidien sont parfaitements risibles : l'auteur menace le vigile avec un poireau et ce dernier menace notre anti-héros de faire une roulade arrière !

2. L'art de la chute : les planches se succèdent mais les personnages et les intrigues ne se suivent pas. D'une planche à l'autre, on découvre différents protagonistes qui commentent les événements. Ce mode de narration contrevient au "systématisme dans les schémas de narration". Cette première surprise est redoublée par la chute de chaque planche : les brèves histoires de chaque page ou double page se terminent par une pointe. Un homme révèle à sa femme que lui aussi a fait des courses. Lui est-il arrivé une mésaventure comme celle du personnage principal ? Sa femme est inquiète ! Mais non, il n'est plus qu'à 37 points de l'appareil à raclette ! Devant une telle félicité, le couple s'embrasse et la jeune femme déclare : " Parfois, j'ai peur que tout ça ne soit qu'un rêve" !

3. La satire : mais de qui se moque-t-on dans Zaï zaï zaï ? Facaro dénonce aussi bien la vacuité des discours des médias que celle des discussions des citoyens envahies par les clichés. La police et les politiciens ne sont pas épargnés. A travers l'aventure héroïcomique de la carte de fidélité, se profile une dénonciation de la consommation de masse, des complotistes ( l'auteur faisait ses courses dans un super U lorsqu'il est poursuivi. Or c'est bien connu, selon un complotiste, "Super U → UB40 → 40 → guerre de 40 → Juifs" !), des antisémites, de l'intolérance, du politiquement correct et de l'individualisme. Par exemple, le bédéiste en cavale fait du stop. Un automobiliste s'arrête et explique : "Je ne peux pas vous prendre, je suis assez individualiste, je préfère être seul et écouter ma musique tranquille que d'avoir à engager une conversation avec quelqu'un que je ne connais pas" ( on peut aimer aussi le politiquement incorrect où une personne dit ce qu'elle pense sans cacher son discours sous de faux bons sentiments) ! Zaï zaï zaï a sa place dans la bédéthèque idéale !

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Si la pièce radiophonique est jouée près de chez vous, allez voir les dialogues absurdes et critiques de Fabcaro mis en scène par Paul Moulin. Vous serez projetés dans l'univers de la BD : le texte est gardé à 90 pour cent. Ce projet est parti d'une commande du théâtre Rungis pour la saison 2017-2018, qui renouvelle la fiction radiophonique.

Avec vivacité, musiques, et bruitages, les comédiens font revivre le road trip inventé par le bédéiste. Les sons ingénieusement rendus, grâce notamment à un poireau, immergent le spectateur dans l'univers de Zai Zai Zai Zai. Les voix des acteurs sont modulés en fonction des personnages représentés, de même que leurs expressions et mouvements - on retrouve avec plaisir les deux amoureux consuméristes, le vigile égocentré, la satire des écrivains - et les captations sonores permettent de recréer les différents lieux du récit. Si vous avez ri en lisant les dialogues de la BD, vous ne pourrez qu'apprécier le spectacle trépidant, créatif, orginal, grinçant, humoristique et burlesque ( c'est un vrai plaisir de voir la roulade arrière, celle qu'il rate, du vigile !).

Dans les dernières lignes de l'article de J. Lachasse, on apprend que l'écriture d'un scénario est en cours. Fabrice Caro ne doit rien divulguer. Quentin Dupieux est-il derrière ce projet cinématographique ? Ce serait parfait !

Fabcaro, Zai zai zai, 6 pieds sous terre, Bulgarie, Octobre 2018.

Zai zai zai, Pièce radiophonique, mise en scène par Paul Moulin, avec Aymeric Demarigny, Ariane Begoin, Maïa Sandoz, Aurélie Verillon, Maxime Coggio, Élisa Bourreau, Christophe Danvin et Cyrille Labbé.

Théâtre des Quatre Saisons - Parc de Mandavit - 33170 Gradignan

Sur le web : Saxaoul, Hélène,

Le Saux Laurence, "Bédéthèque idéale #92 : “Zaï zaï zaï zaï”, le goût pour l'absurde de Fabcaro", Télérama, mis en ligne le 21 mars 2018. URL : https://www.telerama.fr/livre/bedetheque-ideale-92-zai-zai-zai-zai-le-gout-pour-l-absurde-de-fabcaro,128180.php

Lachasse Jérôme, "BD: plongée dans l’univers de Fabcaro, l’auteur à succès de Zaï zaï zaï zaï", BFMTv, mis en ligne le 28 juin 2018. URL : https://www.bfmtv.com/culture/bd-plongee-dans-l-univers-absurde-de-fabcaro-l-auteur-a-succes-de-zai-zai-zai-zai-1479884.html

Schmitt Amandine, "Le Grand Prix de la Critique pour "Zaï zaï zaï zaï", la BD qui se moque de l'état d'urgence", Bibliobs, mis en ligne le 27 janvier 2016. URL :https://bibliobs.nouvelobs.com/bd/20160127.OBS3464/le-grand-prix-de-la-critique-pour-zai-zai-zai-zai-la-bd-qui-se-moque-de-l-etat-d-urgence.html

19 juin 2019

La salle de bal d'Anna Hope : ISSN 2607-0006

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http://www.folio-lesite.fr/Catalogue/Folio/Folio/La-salle-de-bal

Après le joli succès du chagrin des vivants, Anna Hope a écrit La salle de bal, qui, sous ce titre romanesque, aborde une réalité historique qui l'est moins. Le début chaotique, avec des phrases brèves, non verbales, nous fait entrer dans l'histoire de trois personnages, en 1911, en Irlande. Des sous-titres, les noms des personnages, introduisent trois points de vue différents. Ella :  jeune fille pauvre, elle travaille depuis l'âge de huit ans dans les fillatures. Progressivement, on découvre qu'elle est battue et abandonnée dans l'asile de Sharston. John : après avoir perdu sa fille et sa femme, John devient miséreux et se rend dans cet asile. Charles : Médecin médiocre, pour échapper à sa famille, il devient auxiliaire infirmier tout en jouant du violon comme thérapie pour les patients de l'asile. Mais attiré par les idées d'eugénisme, il développe des théories de l'homme supérieur en observant les indigents et les aliénés de l'asile.

 La plume de la romancière est aussi agréable et fluide à lire que celle de Tracy Chevalier, par exemple, mais elle présente les mêmes travers que cette dernière. Ellle inclut aussi l'histoire de ses personnages principaux dans le contexte historique de l'époque. Quel regard porte-t-on sur les aliénés ? Comment les soigne-t-on ? Le quotidien du personnel et des indigents, le bal thérapeutique, les activités des aliénés sont développés minutieusement. On peut regretter que le mélodrame sentimental prenne le pas sur l'aspect historique.

Dans ses remerciements et la note de l'auteur, H. Hope rend hommage à son grand-père qui a été interné dans cet hôpital. Elle décrit ses sources et la genèse de son roman. Elle explique aussi qu'elle a fait de nombreuses recherches en s'appuyant notamment sur les archives en ligne sur le site http://www.highroydshospital.com et les photographies de Mark Davis. De même, elle s'est intéressée à l'histoire de l'eugénisme et cite des documents fidèlement comme la Eugenics review. Le développement de ses recherches dans les archives de l'hôpital ou sur les fileuses de l'époque est bien plus passionnant que le roman lui-même.

Hope Anna, La salle de bal, Folio, Barcelonne, Mars 2019, 439 p.

Partenariat Folio.

Sur le web : Lu par Book'ing, Tania,

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http://www.highroydshospital.com

14 février 2021

L'isle lettrée de Mark Dunn : ISSN 2607-0006

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On peut déjà être un peu surpris par le choix du titre du roman de Mark Dunn : Ella Minnow Pea a été transformé en L'isle lettrée. Le jeu sur les lettres de l'alphabet disparaît. Cela laisse mal augurer du reste... Pourtant, excepté le titre, la traductrice tente de restituer la lettre du texte. De nombreux jeux de mots sont présents dans les missives échangées par les habitants d'Utopianian, rebaptisée Nollop, en l'honneur d'un des écrivains de leur île, qui a écrit un pangramme, c'est-à-dire une phrase où toutes les lettres de l'alphabet sont employées ("Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume"). Dans cette société insulaire fermée aux innovations technologiques, les habitants se voient refuser l'utilisation de la lettre Z après une interprétation superstitieuse d'un accident sur l'île, une des lettres du pangramme étant tombée. La sanction de mort touche tous ceux qui osent employer cette lettre interdite : de fait les abeilles sont condamnées à mort pour la prononcer sans cesse !

Mark Dunn développe un monde où la tyrannie de 1984 d'Orwell aurait rencontré l'univers de La disparition de Pérec, où une lettre est supprimée. Evénement bénin ? Il s'en suit que les habitants ne peuvent plus écouter la radio où la lettre prohibée est prononcée. Les îliens vont-ils se révolter contre les répressions ? Comment les enseignants peuvent-t-ils transmettre des savoirs  - sans livre, ceux-ci contenant la lettre interdite - et en supprimant une lettre. Les contraintes amenées par la disparition progressives des lettres provoquent des jeux sur le langage et une créativité tout à fait réjouissante  ( "Ces DOUX ENNemis" : écoutez le son de ces mots mis en capitales !) et attristante.

Pourtant, même si l'intrigue est bien conçue et n'est pas oubliée au détriment de la forme, on peut regretter que les styles épistolaires se ressemblent tous, faisant des personnages des êtres de papier. Moutonniers et lâches, les différents personnages se ressemblent tous par leur comportement légnifiant, leur naïveté, leur désuétude. L'ambiance qui rappelle La lettre écarlate d'Hawthorne - avec des piloris et des coups de fouet - donne une dimension inactuelle à cette dystopie épistolaire originale, qui pousse à réfléchir. L'idôlatrie, la superstition font évidemment mauvais ménage avec le savoir et le progrès. Voici encore une preuve s'il en est besoin. Cependant, des problèmes de traductions freinent la lecture et la rendent pénible, à tel point que j'ai abandonné le roman : " Les personnes présentes maintenant en notre isle, je tente à parler à elles" ( p. 167). Un bon concept mais déservi par la traduction...

Dunn Mark, L'isle lettrée, Elya Edition, Saint-Etienne, mai 2013.

sur le web : Lecture sans frontières,

28 février 2019

L'unité alphabet de Jussi Adler Olsen : ISSN 2607-0006

unité alphabet

https://www.audiolib.fr/livre-audio/lunite-alphabet-9782367627823

Jussi Adler Olsen s'est-il lancé sur le même sentier que les autres auteurs de polars nordiques, à savoir des romans ayant pour arrière-plan la Seconde Guerre Mondiale comme Dans l'ombre d'Indridason ?

C'est ce que laisse penser le début du roman : deux officiers britanniques, Bryan et James, survolent les infrastructures allemandes lorsqu'ils sont repérés et leur avion touché. Roman d'espionnage ? Roman de guerre ? Ni l'un, ni l'autre ! Les deux hommes arrivent à prendre un train en marche où ils découvrent des officiers SS considérés comme fous. Là, ils sont soignés avant de regagner le front. Bryan parvient à s'échapper et apprend que l'hôpital psychiatrique a été bombardé. L'intrigue reprend en 1972, en Angleterre, où Bryan a abandonné son métier de médecin et s'occupe de produits pharmaceutiques. Lorsqu'on lui propose d'aller comme consultant aux J.O. de Munich et qu'il rencontre un homme ayant visité les sanatoriums à la fin de la Guerre, il reprend espoir : peut-être va-il retrouver James.

"Ce livre n'est pas un roman de guerre", nous indique l'auteur dans une note. Effectivement, l'auteur s'attarde davantage sur les méthodes employées dans les asiles que sur les faits historiques. D'ailleurs, le père de J. Adler Olsen était un psychiatre et le romancier a fréquenté des asiles d'aliénés dont les traitements radicaux de l'époque l'ont frappé. De même, la question de la pseudo-maladie de certains patients l'a longtemps fasciné. Une grande partie de l'intrigue repose sur des simulateurs, de criminels Nazis qui arrivent à s'en sortir. Et c'est la meilleure partie du roman.

J. Adler Olsen rompt avec le ton acerbe et sarcastique de sa série des Enquêtes du département V. Cela rend son roman un peu plus banal. Certes, la toile de fond est intéressante, mais la deuxième partie, qui consiste en une quête du corps de James, devient complètement invraisemblable et repose sur des facilités narratives. Un des personnages constate que tous ces événements - multiples meurtres en une ou deux heures, coincidences multiples - "dépassent l'entendement" ( "Il y avait vécu trop de choses dans cette dernière heure"), et celle du lecteur aussi. L'histoire s'écoute facilement mais ce n'est pas le meilleur opus de J. Adler Olsen. Cependant, la voix de Benjamin Junger ( on peut écouter un extrait ici) sait bien donner vie à tous ces personnages.

L'unité Alphabet, de Jussi Adler Olsen,  lu par Benjamin Jungers, Audiolib, 16h33, 2018.

Partenariat Audiolib .

Autres romans de l'auteur : Promesse, Selfies

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