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1 juin 2017

C'est le premier, je balance tout ( juin 2017)

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1) FILMS

Le tunnel, Kim Seung Hun

TUNNEL Bande Annonce (Thriller Coréen - 2017)

Get out,  Jordan Peele

GET OUT Bande Annonce (Horreur, 2017)

Alien Covenant, Ridley Scott : une déception intersidérale !

Avec Michael Fassbinder, 2017, 2h

ALIEN COVENANT Bande Annonce VF (Nouvelle // 2017)

2) TOP ET FLOP

 Comme je n'ai pas publié de billets sur les livres lus ce mois-ci mais que j'ai regardé la grande librairie, je vais vous parler des tops et flops des libraires et écrivains. Moment solennel, il n'y a pas qu'à Cannes que se clôture une cérémonie : François Busnel annonce la dernière réunion livresque pour cette année de la grande librairie. Au programme ? Bien installés dans une vraie librairie, plusieurs écrivains ont rempli la valise idéale. Quel livre pour cet été ? Caryl Férey fait l'éloge de La vie devant soi de Romain Gary et Philipe Delerm Les grandes espérances. Rien de bien original... Je passe donc à la rubrique "30 secondes pour convaincre" et " la littérature étrangère", qui n'intéresseront que les tortues comme moi, avec un train de retard dans toutes leurs lectures : parmi ces derniers, j'ai retenu L'article 353 du code pénal, Les filles au lion de Jessie Burton et Dans la forêt d'Hegland.

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3) ACHATS

Mes derniers achats névrotiques ! Surtout, vient de paraître en poche Intérieur nuit, le dernier roman de M. Pessl, l'auteur de La physique des catastrophes ( j'en parle ici) que j'apprécie particulièrement ! J'ai hâte de le lire ( mais qui a choisi cette couverture ?) : Qui a tué Roger Accroyd, Enquête sur Hamlet, L'affaire du chien de Baskerville, P. Bayard + Devenir le meilleur de nous-même, Maslow + La pyramide des besoins humains, Solé + De Marivaux et du loft de Catherine Henri + Entre les lignes, Donna Léon + Voyage d'Aran, Bouvier + La cote 400 de Sophie Divry

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1 mai 2017

C'est le premier, je balance tout (mai 2017) : ISSN 2607-0006

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VERMEEEEER !!!!! Je rêvais de voir l'exposition au Louvre depuis un certain temps. Malheureusement, la visite a été quelque peu décevante. Après un long moment d'attente, on a pu accéder aux chefs-d'oeuvre hollandais. Là, on pouvait découvrir une douzaine de toiles du "sphinx de Delft" ( selon l'expression de Théophile Toré Burger). Des tableaux emblématiques de son art comme La dame au collier de perles ou La laitière étaient exposés. Mais à part le dialogue instauré avec d'autres peintres de l'époque tels que Gérad Dou ou Gabriel Metsu, la scénographie manquait singulièrement de recherche. Les tableaux étaient simplement posés là, sans beaucoup d'explications. D'ailleurs, l'album de l'exposition n'était pas très riche non plus. Le numéro consacré à Vermeer par Connaissance des arts est beaucoup plus riche d'enseignements : il replace ces peintres du siècle d'or dans le contexte de l'époque avant de donner des éléments plus symboliques. En effet, ces scènes quotidiennes qui appartiennent à la scène de genre élégante peuvent être lus de plusieurs manières ( en s'aidant notamment des ouvrages d'emblèmes de l'époque, comme celle de Cesare Ripa). En voici un exemple :  "Ces allusions et références qui peuplent fréquemment les scènes de genre de la seconde moitié du XVIIeme siècle sont moins évidentes aujourd'hui. De même, l'oeuvre de Gabriel Metsu, Jeune femme lisant une lettre ( ci-dessous), à côté de laquelle une servante, de dos, contemple une marine, resterait pure énigme si on ne la rapprochait pas du vers "l'amour est comme la mer, l'amant comme un navire", tiré du livre d'emblèmes amoureux de Jan Hermansz Krul. Le tableau dans le taleau, dévoilé par la servante donne un éclairage complémentaire à la scène. De son côté, sa maîtresse, plongée dans la lettre de son fiancé semble impatiente de le revoir. En témoignent une pantoufle égarée au sol, métaphore du désir, et un dé à coudre augurant de leur prochaine union, ainsi qu'un petit chien, compagnon impusilf et aletant. Mais au-delà de ces motifs, l'oeuvre loue en filigrane les vertus de la résignation, de patience et de fidélité dont la jeune femme devra faire preuve. Doublant son propos d'une mise en garde, Metsu la prévient des dangers des amours errantes et tumultueuses, qu'incarnent les flots agités de la marine" ( p. 18)

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Metsu, Jeune fille lisant une lettre

Vermeer et les maîtres de la peinture de genre, Hors-série, Connaissance des arts, 67 p.

L'album de l'exposition Vermeer et les maîtres de la peinture de genre, Louvre édition, 46 p.

Il existe aussi un roman de Tracy Chevalier La jeune fille à la perle et l'adaptation de Peter Webber.

Toutes les informations sur le site du Louvre.

 billet de Dasola,

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1) FILMS

LIFE - Official Trailer (HD)

Un survival spatial qui se laisse regarder même si le scénario ressemble un peu trop à celui d'Alien.

Life d' Espinosa, avec Gillenhaal, Ferguson et Reynolds, 2017, 104 min.

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Un combat juridique réel, celui de Déborah Lipstadt contre David Irving, très instructif sur la justice britannique, le négationnisme mais filmé de manière très classique.

Le procès du siècle de Mick Jackson, 2017, Rachel Weisz

Logan | Official HD Trailer #2 | 2017

On suit avec amusement et attendrissement le crépuscule d'un héros, destiné même à ceux qui ne sont pas fans de la série mais qui supportent des combats incessants...

Logan de James Mangold, Hugj Jackman, 2017, 2h17.

2) TOP ET FLOP

tops : Neverwhere de Gaiman Mamoud Darwich, La terre nous est étroite et Le duc des vrais amants, Christine de Pizan

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flop : Fureur et mystère, Char

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3) ACHATS

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25 avril 2017

Suite française de Moynot : ISSN 2607-0006

Numérisation_20170425Même en format poche, cette bande dessinée adaptant le roman d'Irène Némirovsky est lisible et d'une grande clarté : les grandes vignettes sont faciles et agréables à lire. En outre, précédant le début de l'histoire, deux doubles pages présentent les personnages assez nombreux : la famille Péricard, les Corte, les Michaud.

On comprend pourquoi Tardi a choisi ce dessinateur Emmanuel Moynot pour lui succéder dans la série des Nestor Burma, car les dessins présentent des similitudes dans le choix du noir et blanc, des graphismes... En juin 1940, plusieurs familles partent sur les routes devant l'avancée des Allemands en France. " Voilà bien les hommes ! race égoïste et dure", pense Charlie Langelet (p. 135), "un esthète", qui finit par voler un jeune couple un peu naïf. Un curé se fait tuer par ses jeunes protégés et un jeune homme veut participer à tout prix à la guerre mais fuit devant les réalités brutales et sordides. Ainsi voit-on plusieurs destinées se croiser révélant les aspects les plus vils des hommes face au danger, à la peur, à la situation chaotique.

Cette BD est une bonne manière de découvrir l'oeuvre d'une romancière, longtemps restée dans une malle : déportée à Auschwitz, où elle meurt, Irène Némirovsky a légué le manuscrit à ses deux filles. Il n'est publié qu'en 2006. Après cette destinée romanesque, cette oeuvre mérite d'être découverte en BD, qui décrit sans concession différentes attitudes des Français, dans les années 40.

Moynot, Suite française, Tempête en juin, d'après le roman d'Irène Némirovsky, 220 p.

Partenariat Folio

14 mai 2016

La malédiction du Lamantin de Konaté : ISSN 2607-0006

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Nous retrouvons dans cette nouvelle enquête, le commissaire Habib et son jeune protégé Sosso. Près du fleuve Niger, au Mali, à Bamako, vit la tribu des Bozos. Le chef de la tribu ainsi que sa deuxième femme sont tués comme dans la légende du Lamantin, une divinité des eaux. Le peuple Bozo, tout comme les Dogons, ont des croyances dans leurs dieux très fortes, ce qui rend plus difficile l'enquête puisque l'enquêteur doit démêler le faux du vrai, les croyances du mensonge... Pour des Maliens ne connaissant pas leurs coutumes, il est plus difficile pour eux d'apprendre des événements qui les mèneront jusqu'au meurtrier.

Dans le magazine, Lire spécial polar, paru en mars 2016, j'ai trouvé le terme d'ethno-polar, qui s'applique parfaitement à ce roman policier. Certes, le roman repose partiellement sur la recherche d'indices, de coupables, dont le meurtrier reste insoupçonnable jusqu'à la fin, mais on nous décrit aussi les légendes des Bozos, leur histoire, bien que de manière superficielle.

Les enquêtes du commissaire Habib peuvent se lire sans ordre, même s'il est fait référence à L'empreinte du renard, dans ce nouvel opus. On trouve de nombreuses similitudes dans la construction du roman avec la précédente enquête et les coutumes Bozos ne sont pas assez décrites, bien qu'ingénieusement intégrées dans l'histoire. En outre, les deux personnages principaux sont assez caricaturaux, trop simplifiés. L'auteur a aussi écrit Meurtre à Tombouctou et des essais.

Konaté Moussa, La malédiction du Lamantin, Points, 188 p.

La grande table. 2016. " Seydou Keita, portraits de Maliens des années 50. Animé par Caroline Broué. Diffusé le 11 avril 2016.

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. © Seydou Keïta, tirage argentique réalisé en 1998

16 janvier 2017

Des garçons bien élevés de Parson : ISSN 2607-0006

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Voici un polar pas des plus originaux mais captivant... En effet, d'emblée, on identifie assez vite les criminels. Une jeune fille est tuée par plusieurs garçons. Plusieurs années plus tard, deux meurtres sont commis : un banquier et un SDF. Quel lien les lie-t-il ? Rapidement, une personne surnommée Bob le boucher semble revendiquer les meurtres. L'enquête est menée par le touchant Max Wolfe qui essaie d'élever seul sa fille tout en faisant face à de nombreux problèmes techniques : Bob le Boucher semble inatteignable derrière ses écrans et de nouvelles victimes potentielles évoluent dans les hautes sphères politiques ou financières.

Rien de bien neuf me diriez-vous. Pourtant, l'auteur arrive encore à nous surprendre grâce à quelques rebondissements savamment placés pour nous garder éveillés, notamment un à la dernière page... En outre, Parsons est un peu le Connelly anglais puisqu'il nous décrit minutieusement tous les rouages de la police, donnant un grand réalisme à son enquête. Il semble notamment fasciné par le Black museum, lieu où sont rassemblés toutes les armes et tous les souvenirs de meurtres anciens et qu'il exploite à plusieurs reprises dans le roman.

Tout aussi précisément, il détaille la vie d'une école prestigieuse Potter's Field. Pourtant, en abordant la vie des nantis, de ces génies que tout favorise, le romancier n'a pas fouillé l'aspect sociétal, s'attardant davantage sur les interactions de la police avec la presse ou le politique. En revanche, Parsons dans les garçons bien élevés a su doser vie privée de l'inspecteur et quête des indices. Un très bon roman policier qui donne envie de découvrir ses précédents romans !

Tony Parsons, Des garçons bien élevés, points, 424 p.

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27 décembre 2016

Histoires de fantômes de Dickens : ISSN 2607-0006

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Quoi de mieux pour passer de bonnes fêtes de fin d'année que la compagnie de Dickens ? Depuis A christmas Carol, la tradition anglaise allie histoire de fantômes et période de Noël. D'ailleurs la couverture reprend une illustration du fantôme de Marley par John Leech. Ainsi pouvait-on lire dans All the year round, journal auquel collaboraient Gaskell ou Collins, "Fantômes de noël", qui est une suite d'anecdotes comportant des spectres ou "La maison hantée". 

Mais toutes ces histoires ne sont pas liées à cette période. Pourquoi y a-t-il autant de fantômes dans les nouvelles de Dickens ? La vogue du roman gothique de la fin du XVIIIeme siècle et du spiritisme dans les années 1850, inspirent nombres de ces histoires. D'autres, comme "Confession trouvée dans une prison", raconte la dernière journée d'un meurtrier : une autre influence se fait sentir dans ces "histoires", celle du roman policier. Dans "Confession trouvée dans une prison", le narrateur tue un enfant pour capter son héritage et il l'enterre dans son jardin. Mais le crime ne restera pas impuni. Il est aussi question de meurtre et de revenants dans "La chambre de la mariée" et "Le procès pour meurtre". "Le portrait de la belle inconnue" thématise le motif du tableau qui vampirise la vie d'une femme. Cette nouvelle plus développée que les autres rivalise, en suspense et en mystère, avec Le portrait ovale de Poe.

" On n'en finirait pas d'évoquer ces vieux manoirs, avec leurs couloirs envahis d'échos, leurs sinistres appartements d'honneur, et leurs ailes hantées condamnés depuis des années, tous ces lieux où nous pouvons déambuler avec des frissons de plaisir et rencontrer d'innombrables fantômes - même si, conviendrait-il de noter, ceux-ci se ramènent en fait à quelques grands types ou grandes catégories ; car les fantômes manquent d'originalité, et "hantent" des sentiers" battus." (p. 56, "Fantômes de noël"). Et c'est bien là le problème de ces nouvelles : à part la nouvelle "La chambre de la mariée" qui met en scène deux personnages comiques rappelant les caricatures enlevées de Dickens auquels s'ajoutent une intrigue à tiroir, les autres nouvelles sont des pastiches qui rassemblent des anecdotes autour d'esprits, trop courtes pour qu'on arrive à s'y intéresser. Toutefois, "Confessions trouvée dans une prison", "La chambre de la mariée" et "Le portrait de la belle inconnue" développent des atmosphères aussi sombres et mystérieuses que l'univers de Poe...

Dickens, Des histoires de fantômes, folio, 314 p.

L'avis de Lewerentz

Dickens, Un chant de noel, livre de poche, 182 p.

16 décembre 2016

Le cercle des plumes assassines de J. J. Murphy : ISSN 2607-0006

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Connaissez-vous Dorothy Parker ? Elle a travaillé pour Vanity fair, ainsi que Robert Benchley, autre protagoniste de l'histoire. A leur côté, on trouve Woolcott, Kauffman, Moss Hart... qui se réunissaient à l'Hotel Algonquin avec toute l'intelligensia new-yorkaise. Ces personnes réelles vont être rassemblées en dépit de la chronologie réelle pour une enquête. Dans les plumes assassines, les convives de la Table Ronde sont confrontés au meutre de Leland Mayflower, critique de théâtre du Knickerbocker News, tué par un stylo plume dans le coeur, ce qui fera dire à notre héroïne : " il a pris l'écriture trop à coeur" (p. 29). 

Certes, l'intrigue est bien menée, dans de brefs chapitres où s'accumulent de nombreux rebondissements évoquant la Prohibition, la vie artistique new-yorkaise. Quel est le mobile du crime ? la police croit à la culpabilité de William Faulkner - rien moins que ça - débarquant de son sud natal et que Dorothy prend sous son aile. Elle décide pour le disculper de partir à la chasse aux indices et se retrouve nez à nez avec un tueur à gage, un mafieux...

Pour mieux rendre compte de l'ambiance qu'il régnait dans le "cercle vicieux", J.J. Murphy a émaillé son texte de jeux de mots : mais quel humour ! Quel dialogue ! Quelle verve ! Ainsi peut-on lire de Robert Benchley, qui a volé un carnet dans un restaurant, qu'il a commis "un menu larcin" de Church, qui a une jambe de bois, qu'il perd pied dans cette enquête : " Enfin Benchley prit la parole :

- Apparemment, notre ami estropié est bien perplexe.

- En effet.

Puis, incapable de résister :

- On peut même dire qu'il perd pied.

- Nouveau silence. Puis :

- Vous croyez que Tony Soma est encore ouvert à cette heure ?, fit Benchley. Après tous ces cadavres, je boirais bien quelque chose, moi.

- Allons-y conclut-elle. Du moment qu'on ne finit pas ivres morts."( p. 212)

 Murphy J.J., Le cercle des plumes assassines, folio, 421 p.

Partenariat folio.

3 décembre 2016

Une année studieuse d'Anne Wiazemsky : ISSN 2607-0006

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Anne Wiazemsky raconte sa rencontre avec Godard. Qu'allait-elle révéler sur le cinéaste de la Nouvelle vague ? Comme les autobiographies d'Annie Ernaux, allait-elle dévoiler un aspect sociétal des années 1960 ? Non, rien de tout ça ! Anne dissèque ses sentiments et d'une manière factuelle égrène, grâce à son journal, qu'elle cite parfois, les faits d'une manière morne et ennuyeuse.

Anne passe son bac, Anne revoit Godard, Anne apprend à philosopher, Anne est amie avec Antoine Gallimard etc... Le tout est narré dans une prose sans recherche, fade. Petite fille de Mauriac, on voit de loin cette illustre figure. A part, évoquer les séances de cinéma qu'elle est allée voir, ses trajets grisâtres jusqu'à Nanterre, la romancière n'arrive pas à nous toucher avec l'histoire de ses petits dîners avec Godard ou d'autres célébrités, ses hésitations devant une vie commune avec le cinéaste...

Comme je m'ennuyais fermement, le récit étant essentiellement événementiel et superficiel, j'ai abandonné ce livre une soixantaine de pages avant la fin...

Wiazemsky, Une année studieuse, folio, 279 p.

9 décembre 2016

Un roman russe d'Emmanuel carrère : ISSN 2607-0006

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A partir d'un reportage sur un Hongrois, un soldat disparu de la Seconde Guerre Mondiale, enrôlé par les Allemands, c'est tout un passé secret de l'auteur qui ressurgit. Comme dans L'adversaire, s'entrecroise un travail journalistique et autobiographique. Alors que l'auteur avoue qu'il ne " ne supporte plus d'être prisonnier de ce scénario morne et immuable, quel que soit le point de départ de [se] retrouver à tisser une histoire de folie, de gel, d'enfermement, à dessiner le plan du piège qui doit [l]e broyer.", c'est, hélas, à une histoire de folie et d'horreur qu'il nous convie.

Tout d'abord, il y a ce reportage à Kotelnitch, où on découvre toute une population vivant dans une pauvreté révoltante. Cette ville servira d'ailleurs d'arrière-fond à un fait divers des plus horribles. Ensuite, l'auteur raconte sa relation avec Sophie, une jeune femme qu'il aime mais qu'il repousse à cause de son niveau social. Histoire d'amour ? Plutôt une histoire de trahison, de haine, de jalousie. Enfin, en surimpression, s'ajoute l'histoire du grand-père géorgien de l'auteur : collaborateur, peut-être fou, disparu, il hante sa mère et l'écrivain.

Au coeur du roman, se trouve un texte ( est-il cité mot à mot ?) dédié à la femme aimée, publiée dans Le Monde, où comme dans la Modification de Butor, il s'adresse directement à son interlocutrice pour l'inciter à avoir un orgasme. J'ai sauté ces pages : comme le demande quelques pages plus tard, une journaliste anonyme, jusqu'où peut-on donner en pature ses proches ? La partie concernant le reportage est tout à fait instructif mais celle concernant l'auteur m'a mise mal à l'aise. Comment peut-on révéler des détails si intimes ? Cette partie autobiographique était-elle nécessaire ? Un livre dérangeant qui continue à tisser les leitmotives de l'auteur, à savoir le monstrueux et la folie...

Carrère, Un roman russe, 399 p. Folio

Mes billets sur La moustache et L'adversaire et, Bravoure

3 mars 2015

Fille noire, fille blanche de Oates : ISSN 2607-0006

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"Minette n'a pas eu une mort naturelle, et elle n'a pas eu une mort facile. Chaque jour de ma vie, depuis sa mort, j'ai pensé à Minette et au supplice de ses dernières minutes, car j'étais celle qui aurait pu la sauver et je ne l'ai pas fait" : ainsi commence le récit de Generva Meade dans Fille noire, fille blanche de Joyce Carol Oates. Cette obsession l'a amenée à raconter sa cohabitation avec Minette Swift, une fille noire, durant sa première année, à la prestigieuse université de Schuyler college.

Ce campus novel présente des similitudes dans le style avec Délicieuses pourritures : écrit à la première personne, avec des phrases en italiques, exprimant des sentiments intences ou des iées marquantes. En outre, la narratrice est une étudiante perturbée, désireuse de plaire à Minette. Timide, effacée, écrasée par l'ombre de ses glorieux ancêtre et d'un père avocat célèbre, démocrate, et défenseur des bonnes causes, Generva tente de conquérir l'affection de sa voisine noire de chambre, qui reste indifférente. Minette est d'ailleurs préoccupées par d'autres problèmes : est-elle l'objet d'insultes racistes ? Generva a-t-ele une vision lucide des événements ? L'ambiguïté reste présente jusqu'à la dernière ligne du récit.

Enquête policière en mineure, évocation de la situations des noirs dans les années 70, mais surtout portrait psychologique subtil, on découvre peu à peu la personnalité de Generva qui a connu une enfance perturbante, mettant à nu les secrets de cette famille prestigieuse dont les beaux principes cachent un sordide quotidien. Ce roman de Oates est à découvrir pour sa maîtrise à faire régner tension, malaise et suspense...

Oates, Fille noire, fille blanche, Points, 274 p.

4 novembre 2016

les Assassins d'Ellory : ISSN 2607-0006

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Si tu regardes trop l'abîme, l'abîme regardera en toi" ( Nitzsche)

En 2006, à New York, une série de crimes copient d'anciens meurtriers en série comme ceux du Zodiaque, du marteau de Dieu... Pour traquer l'assassin, l'inspecteur Irving est aidé d'un rescapé d'un tueur en série, John Costello, documentaliste dans un journal le City Herald. Un copycat ? Une citation en exergue lue déjà mille fois ?

Mais le suspense est diabolique ! Malgré une écriture très éclectique à laquelle il faut s'adapter ( extraits de journaux, d'articles internet, alternance au départ des pensées de John puis les faits, la retranscription d'interrogatoires), on finit par être aussi nerveux qu'Irving : arrivera-t-il à arrêter le meurtrier qui semble insaisissable ? La quête semble désespérée car le meurtrier ne laisse aucun indice et se joue de la police en l'induisant en erreur... Mais quelle tension !

L'atmosphère très noire et opressante, l'écriture factuelle rend difficile à lâcher ce roman. A l'humanisme des deux personnages principaux s'opposent l'évocation de nombreux tueurs en série et de nombreux faits sordides autour de leurs crimes comme la recherche d'objets ayant appartenu aux criminelles. On nous décrit aussi le fonctionnement de la NYPD et de ses heurts avec le politique et le journalisme. Même si le sujet n'est pas particulièrement original, le questionnement sur le mal, sur la personnalité des tueurs, le réalisme de l'enquête et l'absence de facilité narrative nous font reposer ce livre qu'une fois la dernière page lue !

Ellory, Les assassins, Livre de poche, p.661

Merci aux éditions Livre de poche pour ce partenriat

28 octobre 2016

L'enfant qui criait au loup de Gunnar Staalesen : ISSN 2607-0006

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 Varg Veum a quitté la protection de l'enfance pour devenir un détective privé. Il s'est occupé notamment d'un enfant surnommé Jannegutt, dont la mère est toxicomane et le beau-père violent, soupçonné de trafic d'alcool... A trois reprises, l'enfant va être confronté à des meurtres extrêmement violents : avec ses antécédents, Jannegut est le coupable idéal. Pourtant Varg est persuadé qu'il est innocent mais comment le prouver ?

Encore un roman norvégien, me diriez-vous ? Présente-t-il des aspects nouveaux ? Est-il construit autour d'une intrigue haletante ? Tout d'abord, l'enquête n'est pas menée sur quelques jours mais elle se déroule tout au long de la vie de Jannegut et nous pouvons donc voir évoluer tous les personnages, sur une vingtaine d'années. Ensuite, Varg est un privé, comme ceux de Hammett ou de Chandler. Il est souvent frappé, cogné...

En revanche, on retrouve l'aspect sociétal développé dans de nombreux polars norvégien : cette fois-ci, ce sont les enfants maltraités qu'on suit, monde sombre et sans espoir... Et enfin, l'auteur n'a pas manqué de faire de la Norvège, un haut lieu de criminalité ! "C'était dans le cadre de cette grande affaire de contrebande d'alcool dans le sunnfjord [...]. On se croirait parfois à Chicago, si tu vois ce que je veux dire", dit l'un des personnages à Veum. Des rebondissements vous tiendront en haleine, l'intrigue est efficace mais les personnages manquent de relief. Ce n'est pas le meilleur roman norvégien que j'ai lu.

Staalesen, L'enfant qui criait au loup, Folio policier, 480 p.

 Partenariat Folio.

26 novembre 2016

Meurtre aux poissons rouges de Camilleri : ISSN 2607-0006

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Après Gangemi ( La revanche du petit juge) ou Vicchi ( Le commissaire Bordelli), j'ai eu envie de connaître un autre célèbre auteur de romans policiers italiens. J'ai donc jeté mon dévolu sur Camilleri. J'ai abandonné La première enquête de Montalbano à cause de la traduction : dès la première ligne, on peut lire " les deux hommes se tenaient alabrités" ? Puis, "enfin le circulaire survint, les deux hommes grimpèrent, il repartit" ( Un bus ? on comprend le sens mais je n'ai jamais vu " circulaire" employé dans ce sens là). Outre des erreurs grammaticales, je n'ai pas pu continuer ma lecture tant des phrases incompréhensibles m'irritaient : "Tu veux voir qu'il s'était pris quelques degrés de fièvre? " ?

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Reposant donc le livre, j'en ai saisi un deuxième (pas publié dans la même collection), écrit à deux mains. Et quel plaisir ! Quelle originalité ! Une collègue de Montalbano, personnage récurrent des romans de Camilleri, l'inspecteur Grazia Negro lui écrit pour lui demander son aide dans une affaire des plus étranges qu'on cherche à étouffer : un homme est retrouvé axphysié, chez lui, près de lui des énigmatiques poissons rouges et une chaussure en moins. Un roman policier épistolaire ! On découvre jointe à la lettre les déposition des témoins, procès-verbaux, rapport du légiste, des photographies...

La réponse de Salvo Montalbano ne tarde pas et réserve bien des surprises, de même que la suite de l'enquête, qui est des plus rocambolesques mais reste vraisemblable ! Grazia, menacée de mort, fait passer ses messages dans des tortellini et Salvo utilise des messages cryptés. Le tout ne manque pas d'humour avec notamment le personnage étourdi et distrait de Catarella ou le séducteur Mimi Augello. Une enquête pleine de rebondissements et dont le suspense est maintenu grâce à une intrigue qui se met en place comme un puzzle... Un enquête originale, étourdissante et drôle...

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Camilleri, La première enquête de Montalbano, fleuve noir, 340 p.

Camilleri et Lucarelli, Meurtre aux poissons rouges, 152 p.

2 octobre 2016

Envoyée spéciale de Jean Echenoz : ISSN 2607-0006

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Envoyée spéciale est le dernier roman d'Echenoz, que j'ai pu écouter dans sa version audiolib, lu par Dominique Pinon. Ce dernier a joué dans de nombreux films de Jeunet ( Délicatessen, La cité des enfants perdus, Le fabuleux destin d'Amélie Poulin). C'est avec alacrité qu'il débute l'histoire, qui de prime abord, est déconcertante. S'entrecroisent dès le début un général, un homme d'affaire Tausk et sa femme Constance, une ancienne chanteuse, un ancien taulard qui n'est pas ce que l'on croit etc... Constance est enlevée et conditionnée - à la manière d'Echenoz - à devenir une espionne en Corée du Nord... Les situations farfelues, inattendues permettent à l'auteur de se moquer allégrement du roman d'espionnage : les gardes du corps de Constance attrapent la turista - ce qui n'arrivent jamais dans ce genre de roman -  l'emmènent dans "une éolienne résidentielle"...

Et tout ceci sur un tempo jubilatoire, vif. A ce rythme endiablé, s'ajoute un narrateur facétieux qui souligne l'ennui que peut éprouver le lecteur devant une situation convenue ( envoi d'un doigt coupé après une rançon), ou se disperse en disgressions sur le syndrôme de Stockholm, la vie des éléphants et en deux brefs chapitres, expédie le sort de tous les personnages avec une grande désinvolture. Ce roman s'amuse avec les codes romanesques, mais le style loufoque qui mêle des termes techniques et des périphrases humoristiques le démarque des autres parodies de romans d'espionnage. De cet auteur, sont lus chez Audiolib : Courir, Des éclairs, 14 et Ravel. Après cette joyeuse première rencontre, on a bien envie de se replonger dans l'univers échenozien.

Echenoz, Envoyée spéciale, 6h39, Audiolib, texte lu par Dominique Pinon. Vous pouvez écouter un extrait ici.

Merci Audiolib pour ce partenariat

5 mars 2018

La petite communiste qui ne souriait jamais, Lola Lafon : ISSN 2607-0006

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La petite communiste qui ne sourait jamais est une périphrase qui désigne Nadia Comaneci. Lola Lafon s'empare de la vie de cette gymnaste roumaine pour nous décrire une destinée atypique, sous un régime dictatorial, tout en menant une réflexion sur l'enfance des enfants stars.

L'hybridité du genre est gênante dans la lecture. On a pris soin de marquer "roman" sur la couverture. La fictionnalisation de la vie de Nadia est multiple. Comment accéder à la vérité sur sa vie ? Nadia devient vite un symbole du gouvernement de Ceausescu, qui mythifie le personnage. Des zones d'ombres subsistent. A ces incertidudes s'ajoute le choix narratif fait par l'auteur :  Lola Lafon feint d'avoir des communications avec Nadia pour écrire le roman. Des passages en italiques rendent compte de leur dialogue inventé et d'autres passages sont le récit écrit par l'auteur. A chaque instant, on s'interroge sur le degré de véracité des propos.

 Outre la forme hybride, les phrases elle-mêmes sont parfois confuses. Elles sont longues et n'en précises pas toujours l'énonciateur, comme dans le passage suivant :  "Toutes ces tâches. Ingérées sagement, leurs incessantes exigences à satisfaire se dévident de son être traversé de pellicules et de flashs, une radioactivité mondiale. Ca tourne, chérie. L'ordre du mérite de la nation de l'héroïsme, tout s'effrite, yes sir, j'ai l'image de Comaneci qui pleure, son corps est un champ de batailles acharnés qu'ils mènent et disputent, tous, celui dont l'ombre est au-dessus de Béla, ce plus-que-Béla de la république socialiste de Roumanie qui n'est finalement qu'un autre Béla, tous ces managers, tous, ils reprennent ses gestes un à un, la positionnent de façon qu'elle soit plus efficace, souple, facile d'accès." ( p. 198). Tout paraît confus, sentiment renforcé par l'utilisation de courts chapitres qui passe d'un lieu à un autre...

En revanche, la description du régime dans lequel vit Nadia est évoquée par touches et avec nuance : Lola Lafon qui a écrit ce livre en Roumanie (à Bucarest, précise-t-elle dans les remerciements) a transcrit la vision occidentale de ce pays mais aussi les sentiments des habitants. Elle ne cherche pas à idéaliser, ni à diaboliser le régime politique. Plusieurs anecdotes soulignent la dureté du régime. La securitate dresse des listes de mots interdits : " Ceux, en particulier, qui évoquaient la faim et le froid, et qui étaient considérés comme une allusion directe aux décrets de Ceausescu ; on n'avait pas le droit d'écrire : "il enfila un pull car il frissonnait "! Tout était lu et relu" (p. 218).

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Le destin des femmes sous l'ère Ceausescu semble particulièrement préoccuper l'auteur : la politique pro-nataliste instrumentalise les Roumaines. Tout particulièrement, c'est la starification du corps de l'enfant qui scandalise la narratrice. "L'enfance sacrifiée" et le rejet du corps de Nadia, lorsqu'elle commence à grandir, et son changement remarqué aux JO en Russie en 1980 font l'objet de nombreux passages du roman. On découvre donc la vie fascinante de Nadia Comaneci, mais déservie par une plume un peu brouillonne.

Lafon Lola, La petite communiste qui ne sourait jamais, Babel, 318 p.

Nadia Comaneci, La gymnaste et le dictateur, Pola Rapaport, documentaire, 2015, 50 min.

26 août 2016

Epicure en Corrèze de Marcel Conche : ISSN 2607-0006

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J'ai toujours écouté d'une oreille distraite mes cours de philosophie. Je n'y voyais que des concepts ! "A quoi me serviraient ces notions abstraites ? ", se demandait mon cerveau pragmatique. Si j'avais lu Marcel Conche avant, j'aurais su que la philosophie est aussi une manière de vivre. Tout en racontant ses souvenirs d'enfance qui sont aussi une chronique du monde paysan dont il est issu, Marcel Conche nous fait part de ses réflexions philosophiques sur l'amour, la mort, l'héroisme, la religion...

C'est dans l'esthétique montaignienne que le philosophe nous raconte son enfance : quel homme était son père ? que signifie "noisiller" ? Qu'a-t-il appris dans ses cours et quelles personnes importantes ont jalonné sa vie ? Mais comme les Essais de Montaigne, le livre n'est pas simplement une autobiographie mais "le choix absolu de la philosophie" ( p. 100), qui l'amène à livrer des jugements sur le temps, l'engagement... Lorsqu'il évoque le fait qu'il gardait des vaches près de la Dordogne, c'est pour mieux évoquer la conception du temps d'Héraclite. "Les scènes de paysannerie", comme tuer le cochon, lui permet de faire référence à une autre philosophe Hannah Arendt.

"J'ai écrit mon livre, Montaigne ou la conscience heureuse, qui, dit-on aujourd'hui et j'en suis heureux a rendu Montaigne à la philosophie." ( p. 121). Si Montaigne est souvent évoqué, Epicure ne l'est pas moins ainsi que d'autres philosophes contemporains ou antiques. La philosophie, monde des idées, l'a peut-être éloigné de l'amour et de l'engagement mais elle lui permet d'affronter sereinement l'approche de la mort, de vivre "naturellement", en tenant compte de ses désirs nécessaires et non vains. On apprend beaucoup de choses en ouvrant ce livre, aussi bien sur le monde paysan du début du XXeme siècle que sur les idées dd'un philosophe, qui écrit dans une prose sobre, nous rendant plus lumineuse, plus familière, une matière complexe et notamment la philosophie épicurienne. Vous pouvez vous en donner une idée en l'écoutant sur France culture (dans l'émission Les racines du ciel, "un philosophe en ses terres avec Marcel Conche, à écouter ici) et sur un ton plus ludique et léger, Ali Rebeihi dédie une émission à l'épicurisme dans son émission Ca va pas la tête ( "Comment appliquer Epicure du petit déjeuner au coucher ?" ici )

Conche, Epicure en Corrèze, Folio, 177 p.

Partenariat Folio.

4 septembre 2016

Le lagon noir d'Indridason : ISSN 2607-0006

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Si vous êtes "indridasonifié", vous aimerez ce nouvel opus des enquêtes de l'inspecteur Erlendur : de facto, point de surprise. Dans Le lagon noir, deux enquêtes parallèles sont menées. L'une concerne la disparition, vieille d'une quarantaine d'années, d'une jeune fille, l'une des obsessions de l'inspecteur, qui a lui-même vécu la disparition d'un être cher. L'autre enquête nous amène à découvrir un meutre lié à une base américaine, installée en Islande.

La lenteur de l'enquête, peu de violence, peu de rebondissements caractérisent ce roman policier. Habituellement, se déploie un arrière-fond historique plutôt riche comme dans L'homme du lac, ce qui n'est pas le cas ici : la présence de la base américaine est traitée de manière superficielle même si l'auteur s'étend davantage sur les relations entre les deux cultures. En effet, de nombreux dialogues s'attardent sur les liens de la victime avec une américaine, sa soeur malade d'un cancer, et l'ami de celle-ci, un journaliste... et les mauvaises relations de la police islandaise avec la base américaine.

En outre, on regrette de ne pas en savoir davantage sur Marion Briem et Erlendur, en tant que jeunes enquêteurs. Marion est parfois évoquée dans d'autres enquêtes mais l'auteur ne s'étend pas sur leur vie personnelle, contrairement aux romans précédents. L'écoute est assez brève et le roman est agréablement lu par Jean-Marc Delhausse ( comédien vivant à Bruxelles) mais l'enquête est moins prenante que  La cité des Jarres ou Hypodermie...

Le lagon noir, Indridason, Audiolib, 10 h04. Vous pouvez écouter un extrait ici

Merci Audiolib pour ce partenariat.

sur ce blog, billet d'hiver arctique et L'homme du lac,

9 septembre 2016

Soleil vert de Harry Harrison : ISSN 2607-0006

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Peut-être faites-vous le tri de vos ordures ménagères. Peut-être êtes-vous sensible à la déforestation galopante. Peut-être prenez-vous les transports en commun... L'écologie est l'une des préoccupations de Soleil vert d' Harry Harrison : dès le prologue, l'auteur rappelle que les Etats-Unis consomment 50 % des matières premières. Dans un futur dystopique, situé en 1999, New York surpeuplé voit sa population qui ne cesse de croire et de survivre dans une ville dévastée où les logements sont insuffisants, où la pénurie d'eau et d'aliments se fait sentir. C'est dans ce contexte, de lutte pour la survie, que Billy Chung tue un politicien important. Andy Rush mène l'enquête dans un climat post-apocalyptique où les émeutes de la faim se multiplient, aidé de Sol, un vieillard qui a connu la terre à une époque où les ressources étaient encore abondantes :" Le charbon était censé durer des siècles ; on l'a surexploité pour le chauffage des masses. Et le pétrole, il en reste si peu qu'on ne peut même plus se permettre de s'en servir comme combustible [...] Et les fleuves, qui les a pollués ? L'eau qui l'a bue ? La couche arable qui l'a l'épuisée ? Tout a été englouti, utilisé, consommé" ( p. 296).

Soleil vert est une véritable enquête, mais le suspense importe peu. Deux héros se partagent l'intrigue : Chung lutte pour survivre et nous fait découvrir un monde interlope où la loi de la jungle règne. Inversement, Andy Rush nous introduit dans un monde de nantis et l'envers de la politique. De même, on découvre un autre couple antithétique de personnages : Sol, qui représente la raison, et Shirley, qui choisit une vie insouciante, sans se préoccuper des problèmes de la société. Sans didactisme, en fictionnalisant son propos, l'auteur souligne les aspects néfastes du progrès et de la surconsommation.

Ecrit en 1966, ce roman est d'une étonnante actualité et pose des questions qui nous interpellent :" Et il faut absolument faire quelque chose pour y remédier. Mais ça implique que les gens changent, qu'ils fassent un effort, qu'ils se servent de leurs neurones - rares sont les personnes à aimer ça" ( p. 274). A découvrir, non pas pour ses qualités littéraires ( l'écriture étant plutôt commune) mais pour la prise de conscience que ce livre peut provoquer grâce à la description d'un monde, proche de notre réalité, terrifiant, lugubre et sordide...

Soleil Vert ( Soylent Green ) - Bande Annonce -

Je n'aurai pas lu ce livre, si je n'étais tombée par hasard sur l'adaptation filmique de Fleischer : ce film accentue les dérives de la société en supprimant le personnage de Chung ( et donc tout un pan de l'histoire de H. Harrison) et en mettant l'accent sur la disparition des matières premières. La fin inventée par les scénaristes est terriblement frappante et donne encore plus de relief au message de H. Harrison. Certains aspects du film parraissent datés ( des ordinateurs grands comme des armoires) mais les idées ne le sont pas.

Harrison, Soleil vert, J'ai lu, 347 p.

Soleynt green, Fleischer, 93 min, avec Charlton Heston

15 octobre 2016

Le cycle des robots et et 2 d'Asimov : ISSN 2607-0006

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" Que des machines perfectionnées puissent nous succéder un jour, c'est, je m'en souviens une idée très commune sur la Terre. Elle est courante  non seulement parmi les poètes et les romanciers, mais dans toutes les classes de la société. C'est peut être parce qu'elle est ainsi répandue, née spontanément dans l'imagination populaire qu'elle irrite les esprits supérieurs. Peut-être est-ce aussi pour cette raison qu'elle renferme une part de vérité. Une part seulement : les machines seront toujours des machines", disait Ulysse Mérou, dans La planète des singes ( P. Boulle). Effectivement, c'est une topique de la littérature d'anticipation de faire des robots les successeurs des hommes. On pense notamment à Phillipe K Dick, Rosa Montero.

Dans Les robots, premier tome du cycle, Asimov fonde un classique du genre avec ses trois lois robotiques ( "Première loi ; Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger."). A travers diverses anecdotes, on suit l'évolution des machines vers leur perfectionnement. Entre chaque histoire, intervient Suzan Calvin qui raconte cette évolution à un journaliste. c'est une "robopsychologue", plus rigide que les robots eux-mêmes, chargée de vérifier la dangerosité des machines ou de comprendre leur dysfonctionnement. C'est un personnage qui revient dans Défilé de robots, où de nouvelles histoires d'androïdes sont mises en scène. Les robots peuvent-ils mentir lors d'un procès ? Seront-ils acceptés un jour sur terre ? D'autres personnages réucurrents font leur apparition comme Gregory Powell et Mike Donovan. Ces histoires, parfois amusantes, mettent souvent la lumière sur les faiblesses des hommes. Même si les androïdes d'Asimov ne sont pas près de rejoindre la réalité, l'auteur arrive avec art à leur insuffler vie, à construire un univers cohérent et je continuerai avec plaisir ce cycle commencé ( 6 tomes au total).

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Dans la série Emma, diffusé sur TF1, l'androïde cite les trois lois de la robotique. Cette série policière, bien que terriblement vieillote, avec une intrigue faible, amène le thème de la cohabitation des hommes et des machines avec humour. Au contraire, Almost human, qui associe aussi un duo d'homme et d'androïde, présente une esthétique hautement futuriste et un décor crédible. Dommage, cette série policière interroge les bienfaits ou les méfaits de la technologie mais reste tout de même très classique dans ses intrigues.

Asimov, Le cycle des robots, Les robots 1, J'ai lu, 285 p.

Asimov, Le cycle des robots, Un défilé de robots 2, J'ai lu, 247 p.

8 octobre 2016

Terrienne de Mourlevat : ISSN 2607-0006

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"Aucune carte du monde n'est digne d'un regard si le pays d'utopie n'y figure pas" écrivait O. Wilde. ô combien me paraît juste cette citation car ces mondes imaginaires qui interrogent notre réel me plaisent infiniment.  Voici une utopie destinée à la jeunesse mais qui n'est pas dépourvue de qualités. Dans Terrienne, Mourlevat utilise le procédé du monde parallèle comme Drood de Dan Simmons ou Neverwhere de Gaiman.

Un vieil écrivain, Virgil, prend en autostop une jeune fille, qui va à Campagne, ville qui n'existe pas sur les cartes et dont l'accès n'est que rarement possible. Anne y recherche sa soeur, disparue depuis un an. Quel monde vont découvrir Anne et Virgil ? La jeune fille va-t-elle retrouver sa soeur ? Sa quête aboutira-t-elle ?

Ne croyez pas que Terrienne soit une simple dystopie. L'humour, souvent absent de ce type de récit, contribue à rendre attrayant ce récit. Bien sûr, ce n'est pas une comédie molieresque mais certains passages sont très drôles. Des références à la littérature contribuent aussi à l'intérêt de ce roman : sont convoqués tout à tour le mythe d'Orphée, le conte de "Barbe bleue"... sans oublier le personnage de Virgil, l'écrivain : "Virgil dormit par courtes séquences et d'un sommeil agité. Dans ses moments de veille, il lui semblait qu'il était en train d'écrire un roman fou, un roman dans lequel il ne se serait imposé aucune des limites raisonnables habituelles un roman écrit sans stylo ni traitement de texte, mais avec son propre corps en trois dimensions, dans l'épaisseur des choses"... In fine, on découvre un monde imaginaire où l'auteur nous fait réfléchir sur l'identité humaine, avec humour.

Mourlevat, Terrienne, Gallimard jeunesse, 407 p.

4 juin 2016

Au mois de mai 2016... : ISSN 2607-0006

Qu'ai-je acheté ce mois-ci ? Depuis que j'ai découvert le blog d'Allez vous faire lire, j'ai acquis des ouvrages jeunesses tels que Le château, "les ferrailleurs" de Carey, De bons présages de Prachett et Gaiman, La rivière à l'envers de Mourlevat, La félicidad de Jean Molla, Neverwhere de Gaiman. Merci Keisha pour Le huitième jour de Vésale...

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Qu'ai-je lu ce mois-ci ? J'ai commencé d'ailleurs à explorer les nouveaux territoires de la littérature jeunesse avec Lucas et les machines extraordinaires de Lisa Evans et un livre de science-fiction de Collin intitulé Projet Oxatan. J'ai enfin découvert la jolie prose de Mathias Enard avec la lecture de Boussole, le léger et divertissant Les meilleurs zeugmas, et j'ai lu deux romans policiers ( Le crime de L'orient-Express d'Agatha Chritie et La malédiction du lamantin de Konaté). In fine, j'ai dévoré un campus novel au style original présentant une énigme criminelle et littéraire : La physique des catastrophes de Pessl.

Qu'ai-je vu ce mois-ci ?

MA LOUTE Bande Annonce (2016)

C'est le film le plus désopilant, le plus stupide, le plus ridicule, le plus esthétique, le plus gore, le plus, inoui, le plus comique, le plus exubérant, le plus absurde, le plus horrible, le plus vain, le plus drôle, le plus hilarant, le plus inepte, le plus horrifique... De quel film s'agit-il ? De Ma Loute de Bruno Drumont ! En 1910, des bourgeois disparaissent dans le Nord de la France. Deux enquêteurs aussi ahuris l'un que l'autre mènent l'enquête qui n'aboutira pas. Autour d'eux s'agitent une famille de bourgeois dégénérés, les Van Peteghem et une famille de pêcheurs très particulière. Très esthétique, et non sans rappeler l'univers de Tardi parfois, avec des moments véritablement comiques, le film confine trop au non-sense, à un univers gagesque sans but, pour vraiment être un grand film.

Ma loute, Bruno Dumont, 2016, avec Luchini et Valéria Bruni Tedesschi, 122 min.

L'avis de Choupynette.

DALTON TRUMBO Bande Annonce (2016)

Quelques séquences en noir et blanc nous immergent dans les années 50, à l'époque du maccarthysme. A un paysage idyllique - ranch, poney, famille heureuse, grande étendue verte - succèdent procès, travail forcené, prison. Ce biopic retrace la vie de Dalton Trumbo, l'un des réalisateurs mis sur la liste noire à cause de ses idées politiques, jugées anti-américaines. Il est obligé de travailler dans l'ombre et devient tyrannique envers sa famille. Présenté comme un véritable Spartacus, qui reçut deux récompenses pour Vacances romaines et Les clameurs se sont tues, le film n'oublie pas de mentionner les victimes malchanceuses, de cette période sombre américaine. L'acteur principal est époustouflant et les frères King apportent une touche d'humour dans ce film, qui reconstitue bien l'Hollywood, enjolivé, de cette époque.

Dalton Trumbo, Jay Roach, 124 min, 2016, avec Bryan Cansom

billet de Dasola, Niki,

Mad Max Fury Road - Bande Annonce Officielle (VOST) - Tom Hardy / Charlize Theron

Mad Max, un simple film d'action ? Dans un monde post-apocalyptique, les femmes d'un tyran décident de s'enfuir avec l'aide de Furiosa, main droite d'Immortan Joe, qui règne sur le désert. Les hommes à sa solde ont emprisonné Max. L'intrigue tient en une ligne mais le film présente de véritables qualités et a remporté de nombreux prix bien mérités : maquillage, décors, paysages sont particulièrement inventifs, fous, créatifs ! La course poursuite dans le désert permet une débauche d'engins de toutes sortes, de combats, d'explosion... Comme tout blockbuster qui se respecte, ont été ajoutés une histoire d'amour impossible, des réflexions sur la rédemption, la condition féminine mais ce n'est pas ce qu'on retiendra de ce film explosif où les scènes de combats sont esthétisées et chorégraphiées comme dans les films d'arts martiaux...

Mad Max fury Road, G. Millet, avec Tom Hardy et Charlize Theron, 2015

23 septembre 2016

Retour au pays de Robin Hobb : ISSN 2607-0006

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Le mythe de l'Atlantide relate la destruction d'une cité technologiquement avancée : il transparaît dans de nombreux films, comme Le chateau dans le ciel de Miyazaki, ou des récits comme Retour au pays de Robin Hobb. Si vous n'avez pas lu ses cycles cultes de fantasy comme L'assassin royal et Les aventuriers de la mer, ne renoncez pas à lire Retour au pays qui en est le prélude.

Une femme noble, artiste, est obligée de suivre en exil son mari avec d'autres conspirateurs. Le voyage s'avère mouvementé étant donné que Dame Carillon de Rochecarre est enceinte et malheureuse, loin de la cour du gouverneur Esclépius. Arrivés sur les Rivages maudits, les infortunés voyageurs découvrent que l'eau du fleuve est corrosive, qu'elle provoque la folie et que des marécages s'étendent à perte de vue. Ce fleuve des Déserts de pluie est-il le lieu mythique des anciens rois et reines ? Les colons vont-ils survivre dans ce lieu hostile ?

" Comme si l'art vous soustrayait à la vie alors qu'il vous y plonge, la tête la première !"

Adoptant la forme originale, pour un récit de fantasy, d'un journal intime, ces pages révèlent peu à peu le caractère d'une héroïne insupportable, offusquée du manque de considération qu'on lui accorde. Mais ne lâchez pas le roman. Non seulement ce personnage féminin évoluera mais les lieux imaginaires découverts sont terriblement fascinants. Ressemblant à une forêt primaire inhospitalière, le paysage est décrit avec une plume poétique, dans un langage soutenu s'accordant avec la noblesse de la diariste : " La végétation nous est inconnue et la faune que nous avons aperçue vit dans les plus hautes branches. Pourtant, cette luxuriance inextricable recèle pour qui sait la voir une réelle beauté. Le soleil qui filtre à travers le dais des branches baigne d'une lumière tamisée, mouchetée, les draperies duveteuses des mousses qui pendent des lianes".

Revisitant le mythe de l'Atlantide mais aussi de l'Eldorado, à travers une belle écriture, nous entrons dans un monde marqué par une struture féodale et par le merveilleux. Suivez les pas de Dame Carillon pour découvrir un pays magique, étrange, bizarre menant à une réflexion sur l'art et la nature et découvrez grâce à ce roman très court, l'imaginaire envoûvant de Robin Hobb qui donne envie de découvrir ses cycles.

Robin Hobb, Retour au pays, J'ai lu, 121 p.

25 mai 2016

Lucas et les machines extraordinaires Lisa Evans : ISSN 2607-0006

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Quelle histoire cache cette jolie couverture ? Ce sont les aventures de Lucas Hutin que nous suivons. Les parents de cet enfant de 10 ans, complexé par sa petite taille ne trouvent rien de mieux à faire que de déménager en plein été, dans leur village natal anglais Beetom et il se retrouve esseulé. Mais la découverte d'une boite énigmatique, ayant appartenu à un grand-oncle magicien, va l'amener à enquêter sur la disparition mystérieuse de son oncle, de son atelier de magie et de la fiancée de cet ancêtre.

Comme dans Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire de Snicket, un narrateur facétieux, le cynisme en moins, entame le récit d'une enquête parsemée de jeux de mots, d'énigmes. De grosses coincidences permettent à notre héros de découvrir la vérité. Lucas et les machines extraordinaires est une agréable lecture même si la fin est farfelue. Le personnage du père est particulièrement réussi, un cruciverbiste distrait, ce qui permet à l'auteur de développer un riche vocabulaire et beaucoup d'humour. Un bon livre jeunesse à découvrir, parlant de magie et faisant appel à la magie de l'enfance...

" Et que dis-tu de celui-ci ? reprit son père, un autre journal à la main. "Quantité de boulanger qui rend malheureux les triskaïdékaphobes", en six lettres.

- Ch'sais pas, souffla Lucas.

- En fait, c'est assez limpide. La triskaïdékaphobie désigne la phobie du nombre de treize. Et quand on parle de "douzaine de boulanger" c'est pour faire référence à leur habitude de faire treize pièces quand  on en demande douze ; d'où l'expression " treize à la douzaine" ou " douzaine de boulanger". Le mot est donc treize".

Evans, Lucas et les machines extraordinaires, Bayard jeunesse, 284 p.

8 mai 2016

Les meilleurs zeugmas du masque et la plume, présenté par Jérome Garcin : ISSN 2607-0006

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La semaine dernière, Jérôme Garcin débutait son émission "Le masque et la plume" par la lecture du courrier des auditeurs, clôturant cette partie par l'énumération de Zeugmas relevés par les lecteurs dans divers romans ( écouter ici). Il nous livre l'histoire de "l'entrée triomphale" de ce procédé dans l'émission et l'engouement zeugmaesque créé.

Mais qu'est-ce qu'un zeugma ? Si vous compulsez votre Gradius ( Dupriez), vous trouverez la définition suivante, citée par J. Garcin : " figure de syntaxe qui consiste à réunir plusieurs membres  de phrase au moyen d'un élément qu'ils ont en commun et qu' on ne répétera pas" (p. 19). Vous cherchez un exempe ? En voilà tout un déluge, "un trafic de zeugma", réunis par auteurs et par genres aussi divers que les films, les chansons, les journaux, les romans : 

- "Cet homme marchait pur loin des sentiers obliques

vêtu de probité candide et de lin blanc" (Victor Hugo, "Booz endormi")

- "Ah ! Savez-vous le crime et qui vous a trahie ?" (Racine, Iphigénie)

- "Mais cette pièce d'artifice n'était qu'une roulée qu'administrait Saint-Loup, et dont le caractère agressif au lieu d'esthétique me fut d'abord révélé par l'aspect du monsieur médiovrement habillé, lequel parut perdre à la fois toute contenance, une mâchoire, et beaucoup de sang", ( Proust, Le côté de Guermantes).

Et comme ce procédé irrévérencieux et humoristique, ce recueil de figures de style est ludique, léger, accompagné d'illustration de J. Gerner ( ci-dessous, qui n'apporte rien, à mon avis), coloré ( titres orange et pages oranges intercalées), pour un petit moment de délassement et  de distraction. Prenez votre temps et votre plume ( un zeugma, non ?) pour créer les vôtres : à la fin de cette anthologie, on vous propose d'écire vos propres zeugmas à partir de citations célèbres. Je suis sûre que vous y prendrez goût et que vous deviendrez, peut-être, un collectionneur de cette figure de rhétorique...

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Les meilleurs zeugmas du maque et la plume, illustration de Jechen Gerner, folio, 104 p.

Merci folio pour ce partenariat.

19 mai 2016

Projet oXatan de Fabrice Colin : ISSN 2607-0006

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Avant ma lecture de La poupée de Kafka, comme j'avais beaucoup lu de billets positifs sur Fabrice Colin, j'avais acheté quelques livres au hasard. Les vampires de Londres débute par l'histoire de deux soeurs, qui découvrent leur nature de vampire au premier chapitre. J'ai refermé le livre. Mauvais moment pour commencer une histoire imaginaire ? Est-ce le thème qui me déplaisait ? J'avais d'ailleurs abandonné Comme des fantômes, du même auteur.

Ayant d'autres livres de cet auteur sous la main, j'ai commencé projet oXatan, qui débute ainsi : " Les plaines de Mars. Couleur : rouge sang. A l'horizon, les premiers feux du soleil achèvent de mettre l'aube en lambeaux. Notre vaisseau file au-dessus du désert, loin du Bunker, loin du cratère, loin du Lac noir et de la pyramide. Notre Paradis n'est plus qu'un souvenir. Diana est morte. Jester est mort. Mademoiselle Grace est morte. Jamais je n'aurais imaginé que les choses se terminerait ainsi". Mais qui sont ces personnages ? Pourquoi sont-ils morts ? Une analepse, grâce au journal d'Arthur, 13 ans, qui note les événements sur son ordinateur, nous permet de découvrir la vie de quatre enfants, complètement isolés, vivant sous l'autorité de Mademoiselle Grâce. Des "voix" semblent les appeler, des ogres rodent dans la forêt, un agent du Comité d'Ethique Mondial surgit brusquement...

Ce petit roman de science-fiction s'interroge sur l'humain et les progrès techniques. Comment définir l'homme ? Sans philosopher comme Montaigne ou La Bruyère, F. Colin développe une histoire palpitante et bien construite. Est-ce que parce que le roman est destiné à la jeunesse qu'il n'aborde que superficiellement les problèmes multiples ? Beaucoup de pistes sont esquissées qu'on aurait aimé voir approfondies... Reprenant le procédé plaisant de La poupée de Kafka, F. Colin a inséré des dessins que le narrateur aurait fait à l'aide d'un crayon optique, aidant à la lecture et créant un effet de réel. Bien qu'un peu superficiel, Projet oXatan est un bon roman jeunesse de SF. Vous trouverez, par ailleurs, plein d'idées de littérature jeunesse sur le site d'allez vous faire lire

F

Colin Fabrice, Projet oXatan, Etonnants Classiques, 217 p.

Colin Fabrice, Les vampires de Londres, Folio Junior, 310 p.

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