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27 janvier 2018

La fille du fermier de Jim Harrison : ISSN 2607-0006

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Connu pour des textes comme Légendes d'automne, qui a été adapté au cinéma ou Dalva ( Télérama propose une sélection de 5 livres), Jim Harrison est une "figure majeure de la littérature des grands espaces" (p. 7). N'ayant jamais lu cet auteur, ce bref roman ou longue nouvelle est une excellente introduction à l'oeuvre de ce romancier : quel dépaysement ! Sarah, à 9 ans, quitte son Ohio natale pour le Montana : elle découvre une vie solitaire, aux somptueux paysages et aux moeurs rustiques. Entre un père mutique et une mère évangélique, Sarah se construit à l'aide de Terry, un adolescent qui lui fait découvrir la littérature et Tim, un vieux cow-boy. Intelligente, belle, mais isolée et mature, Sarah cherche à se venger d'un homme, qui l'a agressée un soir de beuverie...

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Sarah est une héroïne digne de l'ouest américain ! Comme Calamity Jane, ou Mattie Rosse ( True Grit, Charles Portis), elle n'hésite pas à se faire vengeance et à manier les fusils. Elle grandit dans une ferme, sans véritable contact social. Le livre repose sur une dualité : l'amour des livres et de la musique de Sarah mais aussi la réalité, celle des mains calleuses, de la chasse à l'élan, de la mélancolie ou de l'alcoolisme touchant les femmes vivant dans ces endroits déserts... Elle lit Tristram Shandy de Sterne et connaît par coeur une phrase de Emily Dickinson : " La vie est si étonnante qu'elle laisse peu de temps pour autre chose". (p. 96).

Elle grandit donc recluse dans ce Montana à la fois sauvage, fascinant, mais extrêmement âpre : elle est très vite confrontée à la sexualité et elle ne cesse de s'interroger sur ses études, l'amour, et sa vengeance. Mais est-elle prête à tout sacrifier par vengeance ? On suit donc avec fascination le passage de l'adolescence de Sarah. Seule la fin m'a paru choquante mais elle ne semble pas l'être pour le Montana... J'ai passé un bon moment à découvrir la rudesse du Montana, dans cette prose sans fioriture, sèche, en parfait accord avec le sujet...

Jim Harrison, La fille du fermier, Folio 2 euros, 130 p.

L'avis de Maryline

Partenariat Folio

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20 janvier 2018

The stranger de Na Hong-Jin : ISSN 2607-0006

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Dans the strangers, de nombreuses morts surviennent dans un village coréen. Les policiers incompétents n'arrivent pas trouver les causes de cette épidémie, qui poussent les habitants dans une folie meurtrière. Aussitôt, ces dernirs accusent un Japonais, qui vit en ermite, d'être un fantôme et de hanter les lieux. Le drame survient lorsque la fille d'un des policiers est aussi contaminée. Il décide alors de se faire justice et le chaman qui l'aide déclare : " La proie est tombée dans le piège". Mais qui est la proie ? Sur qui le piège va-t-il se refermer ?

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Entre scènes sombres et scènes burlesques, le film oscille entre plusieurs genres. Beaucoup d'événements renvoient à la vie très soporifique d'un des policiers et de sa famille : ces séquences réalistes et rustiques ne sont pas sans rappeler Mother ou Memories of murder de Bong Joon Ho ( ce que ce réalisateur appelle " le thriller rural"). En effet, The strangers s'apparente à un histoire policière avec une dimension burlesque ( chute, imbécillité des policiers) et avec des  jumps scares comiques. Mais la tension dramatique monte et peu à peu, l'enquête prend des allures de film d'horreur. Certaines séquences font penser à une sorte d'exorciste coréen tandis que d'autres rappellent des films de zombies.

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Le mélange est assez peu hollywoodien et conventionnel : point de fin heureuse et point de véritable dénouement. Il y est beaucoup question du chamanisme mais je ne sais pas si ces pratiques sont montrées avec réalisme ou vraisemblance. L'aspect sociétal réside là, dans ces différentes croyances du sud de la Corée.

Décidément, le cinéma coréen est des plus attrayants, même si c'est un cinéma souvent violent, violence présente dans Dernier Train pour Busan Yeon Sang Ho ou J'ai rencontré le diable de J. Woon Kim. J'attends toujours avec impatience les derniers films coréens et en 2017, Le tunnel de Kim Seong Hoon était représentatif de ce cinéma coréen, qui renouvelle les genres.

The stranger, Na Hong Jin, 2h36

11 novembre 2016

Sept secondes pour devenir un aigle de Thomas Day : ISSN 2607-0006

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Sept secondes pour devenir un aigle est un recueil de SF plutôt surprenant étant donné que toutes les nouvelles ne me paraissent pas appartenir à ce genre. En effet, le premier court récit parle de la découverte de Mariposa par Magellan et fait cohabiter une intrigue politique et écologique, à la limite du fantastique. En outre, le récit repose sur différentes époques ( relation du récit de voyage de Magellan, la Deuxième guerre mondiale et les années 1950) et différents styles de langage, qui déçarsonnent le lecteur, sont assez éloignés de l'écriture de la littérature d'anticipation.

Ce sont des caractéristiques que l'on retrouve dans d'autres nouvelles. "Ethologie du tigre" (Un homme a cessé de se battre pour les derniers tigres du Cambogde) et "Sept secondes pour devenir un aigle" affirment nettement leur message écologique : dans un road-movie initiatique l'amenant jusqu'en Californie, un jeune indien, sorti par son père de sa réserve, apprend à ouvrir les yeux sur les dévastations industrielles ( "Garée sur le bas-côté de la route, l'Impala se trouvait au centre d'un paysage de désolation : une terre noire à perte de vue, hérissée de pompes à pétrole - celles, très cinématographiques, dont la partie sommitale, tournoyante, évoque les mécanismes de roues des vieux trains à vapeur. Une terre gorgée de pétrole, d'huile, de cambouis, de poussière métallique. Une lande morte, stérile, juste coupée en deux par la route à quatre voies").

En revanche, deux nouvelles s'inscrivent bien dans la littérature d'anticipation : "Tjukurpa" montre le choix d'un groupe de jeunes arborigènes choisissant de retrouver la nature primordiale, grâce à des rêves virtuelles et la dernière nouvelle "Lumière noire" nous laisse découvrir un monde dominé par une intelligence artificielle. Il est intéressant, parmi tous ce matériau composite et déroutant de voir des pistes de réflexion diversifiées, des choix d'action très différents d'un personnage à l'autre face un futur menacé. On n'a pas une vision aussi radicale et pessimiste que dans Soleil vert. on peut juste regretter l'irruption de moments violents et de mots crus qui détonnent par rapport à la narration globale.

Day, Sept secondes pour devenir un aigle, folio SF, 374 p.

Partenariat Folio

9 janvier 2018

Premier contact, Villeneuve : ISSN 2607-0006

Arrival Official Trailer 1 (2016) - Amy Adams Movie

Les scénarios de Villeneuve sont toujours des réussites : je pense à Sicario ou Prisoners. Dans Premier contact, une linguiste Louise Banks est appelée à la rescousse par l'armée car des extra-terrestres ont débarqué sur terre. Que veulent ? Viennent-ils pour détruire la terre ? Aidée d'un astro-physicien, Louise a peu de temps pour dialoguer avec les aliens car le monde est au bord du chaos et de nombreux états sont sur la défensive... Parallèlement à ces événements, Louise a de nombreux souvenirs qui ressurgissent soudainement...

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Premier contact

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2001, L'odyssée de l'espace

Ce qui est dommage, c'est que la présence des aliens ne semble là que pour traiter de questions qui touchent le personnage principal. D'ailleurs, les raisons de leur présence ne me semblent pas très claire. Des éléments du scénario m'ont paru incohérents : pourquoi la linguiste arrive à déchiffrer le langage alien mais eux ne semble pas pouvoir communiquer avec elle ? Comment a-t-elle fait pour créer ce langage ? La décision finale du personnage étonne, c'est un peu comme si les savoirs qu'elle avait acquis ne servaient à rien...

En revanche, Villeneuve surprend en ne voguant pas sur le genre du film à grand spectacle mais en mettant l'accent sur la communication, la découverte de l'autre, la rencontre. L'esthétique choisie semble faire signe vers l'Odyssée de l'espace ( autre film que je n'ai pas su apprécier et que je n'aurai peut-être pas compris si je n'avais pas lu le livre), qui a peut-être influencée l'histoire un peu fantastique de Louise Banks...

Premier contact, Denis Villeneuve, 2016, 1h56, avec Amy Adams, Jeremy Renner

7 janvier 2018

Thor, Kenneth Branagh : ISSN 2607-0006

THOR (VF) - Bande Annonce

Dans Thor, nous pouvons découvrir un des héros de Marvel atterrir sur terre, contre sa volonté, et percuté par une scientifique étudiant des phénomènes scientifiques dans le Nouveau Mexique. Nous apprenons dans un flash-back qu'il devait être couronné roi d'Asgard : lors de la cérémonie, Thor lance son marteau en l'air, ( capture d'image ci-dessous même si elle n'est pas très nette)  se fait acclamer par la foule, fait des clins d'oeil aux femmes... et surtout déclenche une guerre contre les Géants de glace.  Face à ce dieu arrogant, narcissique et immature, Odin décide de l'envoyer sur terre : le dieu du tonnerre perd tous ses pouvoirs et Mjollnir ne pourra être soulevée que par un héros de valeur...

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J'ai failli abandonner le film dans le premier quart d'heure : je trouvais les décors en toc et l'acteur tout en muscle insupportable. Puis, je me suis laissée entraîner par l'histoire : bien m'en a pris. On voit donc le héros progresser pour mériter son marteau et ses pouvoirs : comme dirait l'oncle de Spider Man, "Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités" ! Outre l'évolution du personnage, c'est la dimension humoristique qui participe pour beaucoup à rendre attrayant ce film. L'adaptation de Thor dans un monde qui n'est pas le sien crée des décalages et du comique de situation. N'oublions pas que ce film est adapté d'un "comics", mot transparent.

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Surtout, lorsqu'on écoute les commentaires de Kenneth Branagh, dans les bonus ( il commente entièrement le film), on comprend mieux les choix du réalisateur : par exemple, les deux captures d'écran sont des images débullées. Ce choix a été fait, explique le réalisateur, pour donner du dynamisme, imiter les BD. De même, de nombreux plans ont été pensés pour mettre en scène le conflit entre le père et le fils.  Décors, costumes, choix des acteurs donnent un divertissant film d'action. Une bonne surprise...

Thor, Kenneth Branagth, 2011, 1h55, avec Chris Hemsworth, Anthony Hopkins, Natalie Portman...

Autre film de Branagh : Frankenstein

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12 février 2018

Songe à la douceur de Beauvais : ISSN 2607-0006

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Après un premier abandon des petites reines qui avait connu me semble-t-il un joli succès, j'ai voulu tenter de lire un autre roman de cet auteur, qui est très médiatisé, avec Songe à la douceur. Malheureusement, j'ai aussi abandonné ce deuxième roman. Pourtant, l'écoute permet généralement de rendre plus facile la découverte de texte car on se laisse entraîner par une voix. Ce n'est d'ailleurs pas la voix très agréable de Rachel Arditi, qui m'a dérangée, mais l'histoire aussi bien que le style m'ont d'emblée agacée. J'ai finalement abandonné nos anti-héros...

 Eugène traine son mal être jusqu'à la banlieue où vit Tatiana. Elle tombe aussitôt amoureuse. Mais lorsque le roman débute, on apprend qu'ils se retrouvent après quelques années de séparation et Eugène semble à nouveau sous le charme de Tatiana. Cette histoire d'amour est inspirée d'Eugène Onéguine de Pouchkine et de Taïchkovski. L'hypotexte est écrit en vers mais celui de C. Beauvais est en vers libres. J'ai trouvé l'humour du texte appuyé, à l'instar d'un autre auteur J. M. Erre dont j'ai abandonné la lecture pour les mêmes raisons : un comique trop visible et surrabondant. Les qualités d'écriture sont noyées dans des remarques caricaturales :

Beauvais 001Voici toutefois le billet d'un autre auditrice qui a aimé écouter cette histoire et elle se pose à raison la question de l'humour : parenthèse de caractère.

Partenariat Audiolib.

Songe à la douceur, Beauvais, 4h40, écoutez un extrait ici.

13 janvier 2018

Thor, Le monde des ténèbres, Alan taylor : ISSN 2607-0006

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Thor, le monde des ténèbres ( d'Alan Taylor, qui a réalisé entre autre une saison de Game of Thrones) est beaucoup moins intéressant et prenant que le premier opus Thor : certes il y a de l'action, mais les personnages n'évoluent pas vraiment et on a peu de nouveautés.

On a donc les deux héros jeunes et beaux. Jane est possédée par l'ether ce qui attire la convoitise des elfes noirs...

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qui sont des adversaires très laids et particulièrement méchants...

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Certains passages sont très esthétiques et source d'émotions...

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... d'autres drôles comme le physicien qui explique la coincidence des neuf mondes à l'aide de chaussures ( et vous ne le voyez pas mais il est en slip dans d'autres scènes...)

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Mais l'ensemble manque de profondeur. D'ailleurs le scénario peut-être écrit sur un confetti. Cet épisode est peut-être insignifiant mais j'attends avec impatience de voir Thor ragnarock.

Thor, le monde des ténèbres, Alan Taylor, 2013, 1h52 avec Anthony Hopkins, Chris Hemsworth, Natalie Portman, Tom Hiddleston

 

4 janvier 2018

Nocturnal animals, Tom Ford : ISSN 2607-0006

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Tom Ford avait déjà réussi un film particulièrement esthétique : A single man. Avec Nocturnal aminals, on retrouve de magnifiques couleurs contrastées, des paysages somptueux ( même la mort est esthétisée !). C'est une variation aussi sur le deuil d'un amour de jeunesse et sur la solitude. Mais le scénario se déroule de manière originale et la fin n'est pas aussi perssimiste que le laisse entendre la violence des images et la souffrance des personnages. Mais qui sont les personnages ? Quel est le synopsis ?

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Susan est une galeriste, originaire d'une famille catholique texane et délaissée par son mari. Elle reçoit un roman de son ex-mari. Insomniaque, elle commence à lire le roman, qui met en scène une famille, qu'on visualise sous les traits d'Edward et d'une femme qui lui ressemble. Sur une route du Texas déserte, Edward et sa famille se font agresser. Parallèlement à la lecture du roman, Susan s'interroge sur sa vie présente...

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Ce film est riche de symboles et porté par des acteurs qui jouent avec une grande justesse. Le film n'est en rien sentimental et met en parallèle une enquête très violente - celle racontée dans le roman - et la vie de Susan. Est-elle heureuse ? A-t-elle fait les bons choix ? L'histoire racontée par le roman est angoissante, pleine de suspense, s'opposant à la vie très normée de Susan : ce changement de rythme nous tient en haleine jusqu'au bout. Outre les thèmes que j'ai déjà cités - la solitude, le deuil, l'amour - s'ajoute aussi me semble-t-il une réflexion sur l'art contemporain, les écrivains et l'art qui peut directement impacter la vie réelle.

Nocturnal animals, Tom Ford, 116 min, avec Amy Adams, Jack Gyllenhaal, 2016

19 juillet 2017

La rivière à l'envers l'intégrale/ Silhouette de Mourlevat : ISSN 2607-0006

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"La vie a plus de fantaisie que moi" (tome 1)

Mais quel conteur ! Quand on ouvre  le livre des aventures de Tomek, on a l'impression de traverser le miroir d'Alice aux pays des merveilles. Lorsqu'Hannah, une jeune fille entrée dans son épicerie lui avoue qu'elle part à la recherche de la rivière à l'envers, Tomek part aussitôt à l'aventure. Mais pourquoi cette rivière coule à l'envers ? Où se situe-t-elle ? Et quelle aventure ! Le jeune héros doit traverser la forêt de l'oubli, le village des parfumeurs, répondre à des énigmes sur une île qui n'existe pas... Que d'inventions ! Que de poésie !

"Mais tu dois savoir qu'aucun de ces cadeaux n'égalera cette histoire que je vais te dire"(tome 2)

Aussitôt La rivière à l'envers refermé, on n'a qu'une envie c'est de rester dans ce monde enchanteur grâce au deuxième volume. Le récit d'Hannah, qui reprend certains éléments de celui de Tomek, est aussi poétique et exaltant : à nouveau, on découvre des lieux étranges, des personnages hors du commun, des caravanes qui n'existent pas, des villages en ruine et des équipées diaboliques, une princesse Alyzée maudite... Hannah nous ensorcelle avec son récit comme une nouvelle Shéhérazade : " Je t'ai lu presque tout le grand livre des Mille et Une nuits, Tomek Plus de 800 pages... Quelquefois, je perdais le fil de l'histoire, et je laissais couler les mots dans ma bouche sans m'occuper de leur sens. D'autres fois, au contraire, je le suivais si bien que je devenais Shéhérazade. J'étais allongée auprès du sultan Sharhriyar, et je contais pour ne pas mourir".  Des enchantements, le monde du conte, des références littéraires, un univers à découvrir, un auteur à lire et à aimer !

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Cette oeuvre estampillée "jeunesse", mais qu'adulte, on peut tout autant savourer est déjà une oeuvre transmédiatique grâce à audiolib. Vous pouvez désormais écouter les histoires de Mourlevat, en intégral, lu par l'auteur lui-même. Sa voix très agréable nous entraine rapidement dans les aventures de nos héros. Le découpage en courts chapitres permet une écoute facile. En outre, l'écoute de CD est autorisée en classe. Ces CD d'audiolib sont encore une véritable réussite.

Mourlevat, La rivière à l'envers, audiolib, 6h56

Partenariat Audiolib. Extrait à écouter ici.

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Alors que Terrienne m'avait fait aimer un auteur pour son humour et son style, j'ai abandonné son recueil de nouvelles Silhouette. Une femme appelée à figurer dans un film... Un adolescent qui veut sauver son chat... Cruelles et ancrées dans la réalité quotidienne, je n'ai pas, dans ces courts récits, retrouvé le style de l'auteur. Est-ce le genre qui m'a déplu ? Les nouvelles à chutes sont légions maintenant... Est-ce les thèmes qui renvoient à un univers banal qui m'ont fait abandonner ce recueil ? Sans être déplaisantes, je n'ai pas voulu passer plus de temps avec ce livre.

Mourlevat, Silhouette, Gallimard jeunesse, 220 p.

Mourlevat, La rivière à l'envers, 1. Tomek, PKJ, 191 p.

Mourlevat, La rivière à l'envers, 2. Hannah, PKJ, 158 p.

3 février 2018

C'est le premier, je balance tout ( février 2018) : ISSN 2607-0006

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1) Les chroniques venues d'ailleurs

Hamnøy –the Oldest and Most Picturesque Fishing Village in Lofoten, Norway

Savez-vous que Margotte a lancé un challenge nordique ( présentation ici) ? Il prend fin en août 2018 mais ne vous privez pas de littérature venue du Nord pour autant. Ce week-end, elle organisait un RAT et on devait soutenir les blogueuses.  C'est chose faite même si je n'ai pas pu y participer. Emma présente d'ailleurs L'heure trouble de Théorin. Je suis inscrite à ce challenge et j'ai fait quelques achats en vue de cette participation...

2) Les achats

Depuis que j'ai lu Le poisson Scorpion et L'usage du monde de Nicolas Bouvier, je commence à prendre goût à la littérature de voyage. A défaut d'arpenter des pays réels, je voyage donc grâce à ces auteurs. D'autres auteurs vont m'emmener loin comme Koyoshi ( Maiko, Journal d'une apprentie geisha) et Jaaskelainen avec Lumikko.

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3) Les livres et films

Ce mois-ci n'a pas été riche en lecture mais en visionnage de films. J'ai tout de même découvert un auteur : La fille du fermier d'Harrison. Vous aimez le cinéma coréen ? Regardez The strangers. Je vous conseille aussi Nocturnal animals de Tom Ford et Premier contact de Denis Villeneuve, deux réalisateurs que j'affectionne. Dans le Marvel cinématic universe, je conseille Thor.

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4) Les flops

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Parmi les films qui m'ont ennuyé, il y a Thor , le monde des ténèbres, Les animaux fantastiques, qui sont insipides ( bien que visuellement réussis) et Deadpool : je n'ai pas regardé ce long métrage jusqu'à la fin car une débauche de violence et de vulgarité m'ont déplu.

Deadpool, de Tim Miller, 1h43 avec Ryan Reynolds

Bonnes lectures pour mars...

9 décembre 2017

C'est le premier, je balance tout (novembre 2017) : ISSN 2607-0006

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1) LES CHRONIQUES VENUES D'AILLEURS

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 Un billet intitulé "c'est le premier, je balance tout", publié le 9 du mois ne paraît pas logique. Cela ne va pas m'empêcher de vous parler littérature... Ce mois-ci, en me promenant dans le labyrinthique réseau de blogs, j'ai déniché Derniers regards de William H Gass. Peut-être connaissez-vous ce nom ? Océane en parle avec tant de passion que je l'ai noté, me promettant de l'acheter ou de le lire au plus vite : ici son billet.

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Un autre billet passionné a occasionné un achat, celui de Claudia qui parle de la "poésie du grand nord" avec les contes d'Andersen. Je ne les connais pas tous. C'était donc l'occasion pour moi d'acheter l'édition illustrée par Dulac.

2) MES TOPS...

Commençons par une exposition : "Le théâtre du pouvoir", au édition du Louvre.

Ici, sur le site du Louvre, un aperçu de la collection. Quel rapport entre l'art et le théâtre ? Comment la scénographie du pouvoir est-elle représentée dans les arts ? Plusieurs parcours de l'Egypte ancienne, en passant par le fameux couronnement de Napoléon et en s'arrêtant sur les attributs de la République, sont détaillés. N'ayant pas l'occasion d'aller voir l'exposition, voici un livre qui comblera en partie la visualisation des oeuvres du Louvre.

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Parmi mes dernières découvertes, je vous avais parlé de Monsieur Jabot de Toepffer ("le plus féroce des bédéistes", selon Bouvier dans Histoires d'une image) qui décrit la vie de Mr Jabot. Quelle est son ambition ? Plaire aux aristocrates et se conformer aux usages du monde, à ce qui est convenu, attendu d'un homme du monde. Toepffer en profite pour le ridiculiser : Mr Jabot se retrouve ainsi accroché à un clou, tombe à de nombreuses reprises et prend feu ( ci-dessous). L'auteur se moque donc de notre personnage arrogant et suffisant. Les traits de dessins sont simples et confinent à la caricature : considéré comme le père de la BD, je rapprocherai plutôt ses planches des romans graphiques...

jabot30a-1Je continue avec constance à écouter des audiolivre : rien de mieux pour vous accompagner dans les longues files d'attentes, les trajets dans des transports en communs. Ce mois-ci, le tome 2 de la quête d'Ewilan de Bottero m'a tenu compagnie...

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3) MES ACHATS

Ruffin est un auteur qui aborde toutes les époques et tous les genres. Etant assez surprise de voir qu'il avait même écrit une utopie, j'ai fait l'acquisition du livre, assez curieuse de voir comment il imaginait notre société dans Globalia... Même surprise devant ce titre de Balzac, Un début dans la vie, qui ne me semble pas très connu... et après ce classique, j'ai acheté un livre contemporain Réparer les vivants, qui a été adapté récemment et qui a été très médiatisé...

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2 décembre 2017

Ken Liu, la ménagerie de papier : ISSN 2607-0006

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19 nouvelles sont rassemblées dans La ménagerie de papier aussi dissemblables les unes que les autres. Quel foisonnement ! "La plaideuse" est une enquête policière. "Le peuple de Pélé" ou "Renaissance" racontent la rencontre avec d'autres peuples extraterrestres. "Trajectoire" médite sur la mort et "L'oracle" ou "Faits pour être ensemble" abordent les nouvelles technologies.

Pourtant, ces nouvelles se cristallisent autour de l'altérité et les différences de culture, de l'imagination au pouvoir, de la mémoire et de la langue. En introduisant des thèmes originaux, Ken Liu arrive à renouveler le genre de la SF. Certains sont plus classiques. Prenons, par exemple, "L'algorithmes de l'amour" : cette nouvelle s'interroge sur l'âme des androides. Une poupée semblable à l'homme peut-elle remplacer un enfant mort ? Quant à "Faits pour être ensemble", ce court récit fait penser à 1984 ou le film The circle : l'ultrasurveillance est-elle acceptable ? "L'oracle" dans la nouvelle éponyme permet de prédire les crimes futurs (comme les précop de P. K. Dick). Cependant, ces nouvelles ont toujours un aspect surprenant, une chute qui permet de ne pas avoir l'impression de relire de pâles copies du genre.

L'auteur, né en Chine, a émigré aux EU à 11 ans nous informe la succincte biographie dans l'ouvrage Folio : cet élément ne semble pas anodin. La rencontre avec d'autres cultures extraterrestres est au coeur de nombreuses nouvelles : cohabitation ou incompréhension, l'auteur imagine différents scénarii, sans tomber dans l'idéalisme, la diabolisation... C'est justement là où réside l'art de cet écrivain qui sait nuancer les caractères, les situations, ses univers. Prix Hugo, prix Nebula, prix Seiun, World fantasy award, Grand prix de l'imaginaire ont bien été mérités pour ce recueil.

Ken Liu, La ménagerie de papier, folio SF, 503 p.

Autrres romans de Ken Liu : L'homme qui mit fin à l'histoire, Le regard.

Partenariat Folio

5 juillet 2016

Résultat du concours sac folio soledad : ISSN 2607-0006

13388488_1728055294149448_1815887276_nActuellement, vous pouvez gagner un tote bag folio pour l'achat de deux folios. Je vous propose d'en gagner un. Qu'allez-vous emporter comme livres cet été ? Il suffit de me l'indiquer dans un commentaire et je ferai un tirage au sort mardi prochain ( 5.07.2016).

 Merci à toutes les participantes d'avoir laissé des commentaires sur vos lectures de l'été. Nous sommes le 4 juillet, j'annonce donc le nom de la gagnante : c'est Violette qui a remporté le sac. Peux-tu me laisser stp tes coordonnées dans contact sur la colonne de droite ?

18 juin 2016

Magies secrètes, Une enquête de Georges Hercule Bélisaire Beauregard d'Hervé Jubert : ISSN 2607-0006

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La quatrième de couverture assure que " la première des enquêtes de Georges Hercule Bélisaire Beauregard [est] assurément un des joyaux du steampunk". C'est généralement la rencontre entre l'industrialisation du XIXeme siècle et la fantasy, la science-fiction ou le fantastique. Effectivement, l'action de Magies secrètes s'ancre dans le XIXeme siècle : L'empereur Obéron III et son préfet Hoffmann reconstruisent la ville tel Napoléon III et Haussmann.

De nombreux éléments accentuent les ressemblances entre Sequana et le Second Empire avec des tableaux vivants, la mode des robes antiquisantes...( " composer un tableau vivant consistait à réunir plusieurs personnes, souvent des courtisanes girondes et dévêtues, à leur inculquer une pose et, ainsi, à former un tableau digne du Salon". p. 64). Et c'est là l'aspect le plus séduisant de ce livre que j'ai abandonné. 

En effet, l'intrigue est des plus décousue, lente et proliférante et les personnages ressemblent à une babel mythologique : Beauregard est un magicien mage en quête d'un parasite qui rend fou les êtres auxquels il s'attaque. Entre-temps, on nous raconte des souvenirs de sa jeunesse et sa rencontre avec une fille Jeanne qu'il prend sous son aile. Isis, Titiana, des salamandres et un porc-épic géant, des succubes apparaissent au fur et à mesure des pages.

Déjà qu'il est difficile de s'adapter à tous ces personnages, mythes, lieux qui s'entremêlent lorsqu'on n'a pas l'habitude de ce genre littéraire, en plus, l'intrigue disparaît derrière des petits chapitres sans lien véritables entre eux... J'ai abandonné ce roman, que j'espérais aimer, qui a tout de même eu le Grand prix de l'imaginaire dans la catégorie jeunesse et il a plu à Lilly, dont le billet est situé ici.

Jubert, Magies secrètes, Folio SF, 308 p.

Partenariat Folio.

4 novembre 2017

C'est le premier, je balance tout ( octobre 2017) : ISSN 2607-0006

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1) LES CHRONIQUES VENUES D'AILLEURS

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Avec un peu de retard, je vous livre mes dernières lectures et trouvailles. Sur la route du cinéma propose plusieurs chroniques de films sortis en octobre : comme je n'ai pas eu beaucoup de temps ni pour lire, ni pour aller au cinéma, voici un petit florilège vraiment tentant. En exergue, je mets Zombillenium qui est vraiment de saison mais aussi Knok ( un cauchemar de collégienne !). Et voici le lien vers son site pour lire d'autres critiques...

2) MES LECTURES

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 ...MES TOPS

Plus qu'un roman, je viens de découvrir un auteur dont je lis à présent le troisième ouvrage traduit : Ken Liu.

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...MES FLOPS

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Inspiré d'une histoire vraie, La vague décrit la démonstration d'un professeur : qu'est-ce qu'une dictature ? Mesurant mal les conséquences de ses leçons, l'auteur veut montrer le danger du totalitarisme. C'est un livre qui se lit facilement donnant une vision assez manichéenne et simpliste de l'embrigradement de jeunes pour une idéologie (mais finalement, peut-être qu'il n'est pas si éloigné de la réalité...). Disons, que ce message a été donné de manière plus remarquable dans La ferme des animaux par exemple...

Le livre de Strasser a été adapté en film mais je ne l'ai pas trouvé plus intéressant que le livre. Seul différence majeure, le réalisateur a transposé l'histoire en Allemagne.

3) MES ACHATS

Loin de la rentrée littéraire, quelques classiques sont venus rejoindre ma PAL...

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28 octobre 2017

Le regard/ L'homme qui mit fin à l'histoire de Ken Liu : ISSN 2607-0006

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L'homme qui mit fin à l'histoire commence comme un livre de SF avec tout un jargon scientifique pour décrire la manière dont les voyages dans le temps ont été rendus possibles. Mais ce n'est pas un voyage dans le temps typique : les personnages ne veulent pas changer le passé, découvrir leur futur ( comme La machine à explorer le temps, de HG Wells) mais témoigner !

En effet, ce récit nous réserve une double surprise : tout d'abord la forme du récit est celle d'un documentaire aves les témoignages de personnes interrogées, et de séquences sur les deux chercheurs principaux, leurs lieux de travail... Ensuite, l'auteur pose un questionnement sur la mémoire et l'éthique : est-on responsable des actes de ses parents ? doit-on s'en souvenir ?

La dimension historique se prolonge par la découverte de ce passé, de l'unité 731 : en Chine, pendant la seconde Guerre Mondiale, des Japonais ont effectué des vivisections sur des Chinois. Le thème est très dur mais le roman vaut le détour.

 Liu, L'homme qui mit fin à l'histoire, Le bélial, p. 106

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Alors que sur nos écrans a déferlé Blade Runner 2049, qui comme le film de Ridley Scott aborde la question des replicants, Ken Liu a imaginé une détective Ruth Law dont la particularité est d'être augmentée : elle a un régulateur, l'empêchant de sombrer dans la dépression et des muscles renforcés... Elle doit enquêter dans une sombre affaire de meurtres de prostituées : ces dernières sont toutes énucléées.

Ce bref récit sobre semble influencé par les nouvelles de P. K. Dick (biographie sur le site Larousse) et montrent des points de ressemblance avec Les larmes sous la pluie de Rosa Montero.  Les dérives des nouvelles technologiques ne sont pas une nouveauté mais Ken Liu arrive tout de même à nous attirer dans son univers pas si éloigné du nôtre. Est-ce la simplicité de son écriture ou l'humanisme irréductible de son enquêtrice qui nous séduit  alors que le thème n'est pas original ? Ken Liu a réussi à écrire une courte enquête prenante où les technologies ont une grande place.

Liu, Le regard, Belial, p. 93

Vient de paraître La ménagerie de papier aux éditions folio - que je suis en train de lire - pour ceux qui voudrait découvrir ce talentueux auteur, né en Chine et qui a émigré aux Etats-Unis.

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6 octobre 2017

Pourquoi lire des romans policiers ? : ISSN 2607-0006

Pourquoi lire des romans policiers ? Pour se divertir ( malgré les meurtres) !

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Le lieu du crime : un théâtre, à Siglufjördur, Islande. La victime : Hrolfur, un vieil écrivain, qui a connu la gloire grâce à un roman, Au nord des collines. L'arme : une chute. Les suspects : Leifur est un menuisier, qui s'occupe des décors du théâtre. Ugla est une jeune fille arrivée depuis peu à Siglufjördur et elle joue le rôle principal dans la pièce écrite par Palmi. Ce dernier est un instituteur à la retraite, qui a écrit la pièce de théâtre jouée par la troupe amateur. Karl a le premier rôle et Anna, joue un rôle secondaire dans la pièce. Elle est jalouse d'Ugla, la protégée du vieil écrivain. Ulfur, ancien ambassadeur, dirige toute la troupe. L'inspecteur : Ari Thor, un jeune enquêteur, tout juste sorti de l'école de police.

Voici tous les éléments posés : qui est l'assassin ? Quel est son mobile ? Il n'y a pas d'arrière-fond social dans ce roman policier, contrairement aux romans d'un autre célèbre auteur islandais, Indridason ( L'homme du lac ). On suit l'évolution des sentiments d'Ari Thor, qui a des difficultés à s'intégrer dans ce petit village, où rien ne reste caché.

Snjor s'inscrit dans la lignée des whodunits : l'auteur a été un traducteur d'A. Christie et on le perçoit bien en le lisant. D'ailleurs, la résolution de l'enquête ne repose pas entièrement sur des preuves mais sur la psychologie des personnages. D'autres morts s'accumulent sur le chemin du pauvre Ari Thor, oppressé par la neige : un bon whodunit.

Jonasson, Snjor, Editions de la Martinière, 348 p.

Billet de Dasola.

PArticipation au challenge nordique de Margotte.

Pour sa dimension littéraire !

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"Je sais apprécier un bon roman policier. Mais voyez-vous, ils commencent toujours pas le mauvais bout ! Ils commencent par le meurtre. Or le meurtre n'est jamais que la fin. L'histoire débute bien avant ça - des années plus tôt, parfois - avec les mille et une causes et la longue suite d'événements qui font que des individus donnés sont présents un jour donné, à une heure donnée, dans un endroit donné. [...] Tous ont convergé vers un point donné dans l'espace et le temps... Et le moment venu, hop ! le couvercle a sauté. L'heure zéro...", déclare Mr Treve (p. 10)

Ainsi A. Christie ( biographie sur le site Larousse) va-t-elle mettre en oeuvre cette théorie. On commence par voir une personne, qui n'est pas nommée, mettant au point un plan diabolique. Puis, tous les personnages vont converger vers cette heure zéro. A Saltcreek, demeure de Lady Tressilian, sont rassemblés un tennisman Neville Strange et sa femme Kay. L'ex-femme de Neville, Audrey, son ami d'enfance, Thomas, Ted, un ami de Kay et enfin le juge Treve sont aussi présents.  Un premier mort survient. Crime ou accident ? Un deuxième meurtre est commis. "le couvercle a sauté"

Dans ce huis clos, on nous donne différents éléments, même des pistes assez éloignées  - comme un vol soi-disant perpétré par la fille de Battle - pour nous donner la longue suite d'événements qui vont mener au meurtre : saurez-vous trouver le vrai coupable ? C'est l'inspecteur Battle qui enquête avec son neveu. Ce whodunit se démarque des autres intrigues par sa construction atypique, commenté par l'un des personnages, Treve.

Il existe aussi un téléfilm assez fidèle mais simplifié de ce roman avec, à la place de Battle, Miss Marple. ( série avec Géraldine Mc Ewan, 2007)

Christie, L'heure zéro, Livre de poche, 251 p.

billet de LewerentLilly

Pour sa dimension sociétale :

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Rébus - célèbre commissaire créé par Rankin - est à la retraite et travaille à la résolution des affaires non classées. La disparition d'une jeune fille semble être l'oeuvre d'un tueur en série.

"Tu es vinyles, nous sommes numériques", réplique Clarke, une collègue de Rébus. Effectivement, l'enquête, comme dans une série comme Brodchurch, montre l'importance des nouvelles technologies dans les enquêtes actuelles. Elles peuvent aider la policer par l'envoi de photos, ou a contrario, la freiner en diffusant des informations allertant le tueur. Rien de bien original, mais Rebus est un homme attachant, intuitif, et bien évidemment, alcoolique et solitaire.

Rankin, Debout dans la tombe d'un autre, Livre de poche, 600 p.

1 octobre 2017

C'est le premier, je balance tout (septembre 2017) : ISSN 2607-0006

 

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Alors que la rentrée littéraire bat son plein, je n'ai pas beaucoup lu... ni écrit... Voici donc un bref bilan.

1) LES FILMS

Vive le cinéma coréen ! Il produit des films à voir absolument, dans tous les genres, tout en les mêlant et les renouvelant : il y a eu récemment une parodie de films de zombie ( Dernier train pour Busan), une film catastrophe atypique ( Le tunnel), un film postapocalyptique (The Snowpiercer), un film fantastique ( The host)... Pourtant les deux derniers films que j'ai pu voir était plutôt décevants.

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Kim Jee woon, dans J'ai rencontré le diable, filme un agent secret qui décide de venger la mort de sa fiancée. Lorsqu'il retrouve le tueur en série, il ne l'arrête pas mais fait le choix de le torturer. Le film est donc constitué de scènes violentes, d'une succession de sévices infligés au sérial killer. Le réalisateur ne nous épargne ni les détails sordides, ni la cruauté des personnages. Ce film, qui traite de la vengeance, parle aussi de la monstruosité de chacun... Un film assez éprouvant à voir.

J'ai rencontré le diable, Kim Jee Woon, 2h22, 2011

 

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Navet ou parodie ? Ce film mêle fantastique et écologie : une bête féroce mange des hommes. Plusieurs hommes partent la traquer, amenant une réflexion écologique ( " la vie d'un être humain vaut plus que des pommes de terre") : cette bête est née de la pollution provoquée par les humains, qui empiètent sur son territoire. Le fond sociétal est intéressant mais les effets sont grossiers. Clairement parodique, le film exagère tant qu'on est à la limite du nanar ( manque de budget ? ) : on se moque du "gros bras" venu traquer la bête, une sorte de rambo coréen, on se moque aussi des policiers incompétents, qui font des roulés-boulés dans toutes les scènes... La bête est si mal faite qu'une peluche paraît plus réelle ( voir ci-dessous)... Il n'y a pas une personne folle mais deux... Dommage, l'excès empêche d'apprécier complètement le film.

Chaw, Shin Jung Won, 2h00, 2019

 

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2) MES LECTURES sans TOP...

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J'ai peu apprécié ma lecture de L'usage du monde de Bouvier : il raconte son voyage, partant de la Yougoslavie et aboutissant en Inde. Bouvier, ce n'est pas l'exostisme romantique des grands tours qu'il recherche, mais sa quête est à la fois géographique, historique et sociale... Pourtant, la répétition des mésaventures et un humour que je ne partage pas, m'a emmenée laborieusement vers la fin du voyage... Son récit est littéraire, total - il a intégré des dessins de Thierry Vernet et il aurait voulu y ajouter des photographies - mais ses observations n'ont pas suscité l'émerveillement qu'il a ressenti : sans doute, il y a différentes façons d'être au monde...

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En revanche, je vous parlerai bientôt du paradoxe de Fermi, le livre de Boutine, que j'ai trouvé très intéressant : encore de la SF intelligente...

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Et pour terminer, j'ai découvert l'une des deux dernières pièces de Racine, ses pièces religieuses jouées par les demoiselles de Saint Cyr : Esther. Commande de Mme de Maintenon, cette tragédie mêle chant et vers. Evidemment, on est admiratif devant le vers racinien...

...LES FLOPS

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Dans cette autobiographie, S. Tesson énonce les motivations qui l'ont conduit à se réfugier dans une cabane en Sibérie. Il décrit ce qu'il voit et ce qu'il vit, en comparant son isolement sibérien à sa vie parisienne. Autour de sa cabane, il y a de la neige, une mésange et la solitude. Puis, il y a de la neige, une mésange et la solitude. Oui, comme vous l'avez compris, j'ai trouvé son récit assez répétitif, superficiel et je n'ai pas réussi à m'intéresser aux élucubrations de l'auteur et à ses allusions quotidiennes à l'alcool, qui me semble s'éloigner de l'idée de " se retrouver soi-même".

Sylvain Tesson, Dans les forêts de Sibérie, folio, 290 p.

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Je suis une légende de Matheson, un livre culte ? Je me suis beaucoup ennuyée en le lisant et je vous dirai bientôt pourquoi...

3) LES ACHATS

Ken Liu, L'homme qui mit fin à l'histoire, Volupté de Sainte-Beuve et merci Lewerentz pour Sidney Chambers et l'ombre de la mort, LEs mystères de Grantchester de James Runcie.

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22 mai 2016

Boussole de Mathias Enard : ISSN 2607-0006

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Lors d'un salon du livre, L'escale du livre à Bordeaux, j'ai pu écouter l'auteur venu parler de son livre, qui révélait avec humour, et moult anecdotes, avoir fait des études de langues orientales et avoir beaucoup voyagé dans le Moyen Orient. J'ai donc profité d'un partenariat Audiolib pour découvrir ce romancier dont je ne connaissais pas l'écriture. L'avantage d'une lecture faite par l'auteur lui-même, c'est qu'il connaît bien son texte pour le dire avec expressivité. On sent lorsqu'il évoque les " bavardages de couloir" des universitaires ou leur folie, tout leur ridicule dans le ton de la voix. D'autres moments, elle paraît plus mélancolique, à l'évocation d'un amour malheureux avec Sarah. A la fin de Boussole, un entretien avec l'auteur, nous permet d'en savoir davantage sur l'écriture du roman.

De quoi parle Boussole ? Cette "boussole" est nécessaire pour se repérer dans les méandres de ce récit : un musicologue malade, Frantz, se remémore des souvenirs de voyages, entrelacés de souvenirs amoureux. Le narrateur nous emmène dans des conversations, dans des lectures, dans des lieux exotiques, qui font surgir un Orient merveilleux, livresque mais aussi réel, avec la guerre en Irak. Pourtant, aucune pédanterie ne ressort de ce livre parce que la relation à Sarah est évoquée avec humour, et le narrateur ne manque pas d'autodérision. Delacroix, Flaubert, les traductions de Galand, Chateaubriand, Mozart, Liszt...  sont évoqués tour à tour : mais quel roman ! On reste étourdi devant un tel foisonnement ! On pense aux romans fin de siècle, où les narrateurs sans sortir de leur chambre font voyager par l'imaginaire...

Ce n'est pas un texte qu'on écoute en faisant d'autres activités. Elle nécessite une certaine concentration car le texte fourmille de références, de détails, de lieux, de personnages. Mais c'est une écoute qui laisse une certaine musique dans l'oreille, qui nous laisse rêveur, sous le charme d'un Orient lointain. "Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants" est un autre titre de cet auteur, dont les sonorités me plaisent et qui j'espère me captivera autant que Boussole.

Mathias Enard, Boussole, 18h, audiolib

Partenariat Audiolib. Extrait lu par l'auteur sur le site audiolib

26 juin 2017

Regarde les lumières, mon amour d'Annie Ernaux : ISSN 2607-0006

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Au XIXeme siècle, Zola décrivait les grands magasins, leurs techniques de vente inventées par le génial Octave Mouret, qui souhaite construire "un temple" dédié au femmes. De même, dans son journal intime Regarde les lumières mon amour,Annie Ernaux l'auteur de La place, La honte, Une femme, souligne ce sexisme toujours présent dans notre société : "Beaucoup de monde au rayon jouets d'Auchan. D'enfants. séparés rigoureusement. Aucune fille devant les voitures et les panoplies de Spiderman, aucun garçon devant les Barbies, les Hello Kitty, les poupons Rik et Rok qui pleurent" (p. 41).

Comme dans un essai sociologique, elle retranscrit aussi les techniques commerciales des grandes surfaces pour vendre davantage, leur manière de se renouveler sans cesse pour nous faire consommer... Elle montre aussi comment la surconsommation est permise grâce au travail et à l'exploitation d'autres personnes. Sans pathos, elle constate les faits : " Le bilan de l'effondrement de Rana Plaza au Bangladesh est de 1127 morts. On a retrouvé dans les décombres des étiquettes des marqes de Carrefour, Camaïeu et Auchan" (p. 78).

Comme le temple qui désignait le grand magasin d'Octave dans Au bonheur des dames de Zola, Ernaux use d'une métaphore religieuse pour désigner Auchan : " Jamais le centre ne ressemble davantage à une cathédrale flamboyante qu'en cette période" ( p. 36). Ce n'est ni une élogieuse description des hypers, ni une satire de ces lieux que fait Annie Ernaux mais elle nous livre sa pensée, qui me semble un peu moins vraie que ses autres observations d'une remarquable justesse, me semble-t-il : "Consigner mes déplacements à l'hyper Auchan durant plusieurs mois entre 2012 et 2013 a été une façon de fixer des moments de cette histoire collective, continue et insensible. de saisir en moi des pensées, des sensations, et des émotions qui ne peuvent surgi que là, dans cet espace où sont rassemblés le plus de mes semblables différents, où le vivre ensemble", cette incantation creuse, possède une réalité corporelle, visible. Car l'hyper reste - jusqu'à un redoutable nouvel ordre dont l'apparition se profile dans la dérive inquiétante de la société française - un espace de liberté et d'égalité d'accès, ouvert à tous et toutes sans distinction de revenu, de tenues vestimentaires, d'identé". Un style à découvrir si ce n'est pas déjà fait...

Ernaux, Regarde les lumières mon amour, Folio, 96 p.

Autres romans : La place, La honte, Une femme,

Billet de Lilly  ici.

18 juin 2017

La cote 400/ La mystérieuse affaire de style de Sophie Divry : ISSN 2607-0006

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"La mystérieuse affaire de style" ! C'est ainsi qu'a joliment intitulé Sophie Divry son article, publié dans Le monde diplomatique et qui est un extrait de son essai Rouvrir le roman.  Pourquoi trouver son style ?, s'interroge-t-elle. C'est tout d'abord pour " traduire la singularité de sa vision et la volonté narcissique d'avoir un style reconnaissable". Ainsi fustige-t-elle, à travers la quête d'un écriture singulière, la vanité des écrivains. Elle y oppose aussi les auteurs qui ont " leur petite musique originale" et ceux qui s'efforcent d'avoir "une pluralité stylistique". Mais voici de la paraphrase, sans style, bien maladroite : vous pouvez lire plutôt son intéressant article ici, évoqué aussi par Christw dans son blog le marque-page.

 Le lendemain, examinant, contemplant et m'extasiant sur la table des nouveautés, dans ma librairie, mon oeil est attiré par le nom de Sophie Divry. Mais c'est justement l'auteur de l'article ! De quel titre s'agit-il ? Je ne saurais le dire. D'ailleurs, j'ai oublié le contenu de la quatrième de couverture. Je vais vite dans le rayon voir si d'autres livres de cet auteur sont encore en vente. Là, je découvre La cote 400, qui a dû plaire à une des libraires, au point que celle-ci a pris le temps d'y mettre son opinion, sur un carton bristol. Je survole la quatrième de couverture où le mot " bibliothécaire" m'incite à l'acquérir. Rarement, les livres sur les livres me déplaisent et me voici repartie avec l'objet du délit.

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Le soir venu, j'ouvre le livre. Et je suis horrifiée. Je l'abandonne une première fois. Puis une deuxième, mais je veux comprendre. Comment l'auteur a pu commettre un pareil récit ! Une bibliothécaire monologue face à un pauvre hère, enfermé la veille dans le sous-sol de la bibliothèque ( plutôt invraisemblable, non ?). Ses opinions sont évoquées en suivant la classifiation de Dewey : la cote 900, l'histoire, lui permet de critiquer Napoléon. Mais quelle harpie ! Quel personnage antipathique ! Non seulement, elle méprise les magasiniers, soit-disant moins intelligents qu'elle, mais elle rend la vie pénible aux architectes sous prétexte qu'elle travaille dans un sombre sous-sol, fait du café trop fort pour ne pas être " rançonner par ses collègues", critique les " zombis" qui écoutent de la musique dans le bus au lieu de lire ! A quoi mène cet amer soliloque ? Je ne le saurais jamais car j'ai laissé ce haineux personnage dans son sous-sol et ce livre, dont le procédé est orginal, mais dont le contenu est décevant et désagréable.

Divry, La cote 400, collection 10/18, 95 p.

16 septembre 2017

Brunetti entre les lignes/ Une question d'honneur de Donna Leon : ISSN 2607-0006

9782757862827

Contrairement aux giallos, d'une grande noirceur, Brunetti entre les lignes est rempli de douceur, de nostalgie, et un meurtre n'est commis qu'au milieu du roman. Mais en quoi consiste donc l'enquête ? Le commissaire est appelé par la bibliothèque (fictive) de Merula car des manuscrits ont été volés. Une bibliothèque ancienne, des livres rares, un prêtre défroqué et érudit qui est appelé "Tertullien" : pourtant cet univers est très éloigné du complexe et riche d'Au nom de la Rose, d'U. Eco ( biographie sur le site Larousse).

L'intrigue se met lentement en place, au rythme des souvenirs de Brunetti, se rappelant ses années estudiantines, son amour des livres, partagé par sa femme Paola, professeur dans une université. Venise est amoureusement décrite par l'auteur, qui semble prendre plaisir à décrire rues, canaux, bâtiments... Une enquête sur les trafics de livres anciens lente et reposante, pas des plus remarquables.

Leon Donna, Brunetti entre les lignes, Editions Points, 301 p.

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Claudia est presque l'incarnation vénitienne de Lili Barth, héroïne malheureuse d'Edith Wharton, romancière qui fait l'objet des cours de la femme de Brunetti. Cette jeune étudiante souhaite réhabiliter la mémoire de son grand-père, accusé de vol d'oeuvres d'art pendant la seconde Guerre Mondiale. Est-il coupable ? Brunetti fait face à son passé et à d'anciens fascites.

"De plus en plus curieux", répondit Paola, la femme de Brunetti en citant Alice aux pays des merveilles. Quant au commissaire, il répond à ses enfants : " Est-ce que vous n'avez pas honte de consacrer toute votre énergie à acquérir davantage de richesses, sans penser un seul instant à la vérité et à la compréhension des choses, ainsi qu'à la perfection des âmes" ( Platon). Mais les références littéraires ne sont pas le seul attrait de ce livre. L'enquête amène l'auteur a aborder plusieurs problèmes sociétaux, notamment les pots de vins, les malversations, les immigrés... mais aussi des considérations sur l'art, l'histoire, la justice et la littérature... On prend vraiment plaisir à mener l'enquête aux côtés de Brunetti, même si tout semble un peu édulcoré. Les enquêtes semblent d'inégales factures.

Leon Donna, Une question d'honneur, une enquête du commissaire Brunetti, Points, 340 p.

12 juin 2017

Black out de Bryan Selznick : ISSN 2607-0006

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Voici l'héroïne du livre : une jeune fille, habitant le New Jersey, en 1927, entourée de maisons en papier et d'articles sur une actrice célèbre. Elle ne cesse de vouloir fuir sa maison, où elle vit avec son père. Son histoire va être racontée en image.

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Et maintenant voici le héros : il s'appelle Ben, vit en 1977, dans le Minnesota et vient de perdre sa mère, bibliothécaire qui aimait les citations. Il ne connaît pas son père mais il découvre, par un soir d'orage, des objets dans le chalet de sa mère, qui va le mettre sur la trace de son passé. Après un terrible accident dû à la foudre, commence la quête du héros... Il raconte simplement son histoire, qui est extraordinaire.

Vous pouvez admirer ci-dessus les magnifiques dessins qui alternent avec le texte. Un des objets, qui relie Ben à son passé, est un livre sur les cabinets de curiosités, écrit par un  conservateur de musée travaillant au musée d'histoire naturelle de New York. Les objets, les lieux tiennent une grande place dans la vie de cet enfant.

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" Nous sommes tous au fond du trou mais certains regardent les étoiles" (O. Wilde) : cette citation ponctue le récit. Elle n'est pas la seule. Des objets, des rêves récurrents, des événements se répètent d'un destin, celui de Rose, à l'autre, celui de Ben. Mais si on entre émerveillé dans ce roman, et qu'on a envie de se perdre dans ces belles illustrations, on reste un peu sceptique devant les dangers qui disparaissent comme par enchantement, les coincidences si nombreuses... Au lieu d'admirer l'imbrication des pièces du puzzle, on reste dubitatif devant les facilités narratives, les parallèles presque forcés. A la fin du récit un addendum permet à l'auteur de raconter la genèse de l'oeuvre, les sources, les influences de son roman. Un beau roman où j'ai préféré la forme que le fond... mais je sais que je lirai L'invention d'Hugo Cabret tant l'univers de cet auteur est fascinant. Le livre vient d'être adapté et c'est l'un des oubliés de ce festival de Cannes 2017.

Selznick, Black out, Bayard jeunesse.

6 juin 2017

Tandis que j'agonise de Faulkner/ Mud, sur les rives du Mississippi de Nichols : ISSN 2607-0006

 

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Voyez le Mississippi, au sud des Etats-Unis, c'est là que se déroulent les romans de Faulkner comme Le bruit et la fureur ou Tandis que j'agonise.

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 L'écrivain Ellen Glaqglow a forgé, en 1936, le terme de Southern Gothic pour qualifier les écrits de Faulkner, en référence au roman anglais noir. Mais quel est le rapport entre ces deux genres de littérature qui paraissent aussi éloignés ? Le southern gothic désigne moins le fantastique que les peurs et les superstitions d'un sud pauvre et décadent, d'une ruralité sauvage et violente.

Dès le titre, Tandis que j'agonise, on pressent une histoire lugubre, comme la pluie diluvienne qui ne cesse de s'abattre sur les tristes personnages de cette histoire. C'est celle d'une famille, dont la mère Addie est mourante. Alors que la mère est allitée, le fils Cash, charpentier, prépare son cercueil, sous ses yeux. Elle a émis le souhait d'être enterrée dans le cimetière près de la ville, ce qui va obliger les enfants, Darl le cadet, Jewel le plus jeune et la fille Dewey et leur père à entreprendre un voyage plein de péripéties glauques comme une jambe cimentée, un incendie, une charrette qui tombe à l'eau...

L'histoire est des plus banales et s'inscrit dans un quotidien rural. Mais ce qui n'est pas banal, c'est l'écriture de Faulkner. La déliquescence de cette famille transparaît dans l'écriture : par courts chapitres, l'auteur révèle grâce au monologue intérieur les pensées des personnages. Juste des bribes. Des fragments. Il instaure le procédé qu'il développera dans Le bruit et la fureur. Les chapitres étant très courts, et n'utilisant pas selon l'expression sartrienne "la technique du désordre", comme dans Le bruit et la fureur, où les temporalités sont mêlées, la lecture en est plus aisée pour découvrir les destins grotesques et sordides de tous ces personnages cernés par l'odeur de mort du cadavre qu'ils transportent. Voici un exemple d'un chapitre faulknerien, pas forcément représentatif puisqu'il s'interrompt au milieu d'une phrase et est particulièrement bref :

Numérisation_20170608Faulkner, Tandis que j'agonise, Folio, 254 p.

 

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Ce sont sur les mêmes rives du Mississippi que vit Mud, découvert par Ellis, un jeune garçon naïf et idéaliste. Loin de l'insouciance d'un Tom Sawyer, Ellis est confronté à la dure réalité - il doit aider son père, vendeur de viande et de poisson, alors qu'il n'a que 14 ans, et il doit subir la désunion de ses parents, qui souhaitent divorcer. Mais Ellis est romantique et se réfugie souvent sur une île en quête d'aventures. C'est là, avec son meilleur ami, Neckbone, un orphelin, qu'il découvre un bateau surréalistement perché dans un arbre et un homme mystérieux : Mud.

Mud s'inscrit aussi dans la lignée du southern gothic : dans une nature lumineuse, Ellis et le spectateur font la découverte des dangers de la nature et de la nature humaine. Qui est Mud ? un menteur ou un amoureux ? Ellis va-t-il l'aider à retrouve l'amour de son enfance, Juniper, sachant que Mud est un meurtrier ? Tout en suivant Ellis dans un parcours initiatique, on peut voir des aventures dans la tradition du cinéma américain, la vie des habitants des bayous en train de disparaître ; une fusillade et une traque digne d'un thriller. Un univers à la fois sordide et merveilleux, trouble comme Mud et le fleuve sur lesquels vivent les personnages... Une belle découverte...

Mud, Jeff Nichols, 2012, avec Mattew McConaughey, Tye Sheridan, 2h10.

billet de Dasola

1 août 2017

C'est le premier, je balance tout (aout 2017) : ISSN 2607-0006

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1) FILMS

Le Caire confidentiel - Bande-annonce - Sortie: 19.07.17

 En 2011, au Caire, le commissaire Nourredine cherche à découvrir l'assassin d'une chanteuse, retrouvée égorgée dans un hôtel. On apprécie dans ce film policier, la trajectoire d'un flic corrompu face à des crimes odieux. L'enquête est moins importante que le contexte social ( les inégalités flagrantes) et historique : le réalisateur filme en caméra semi-objective, la révolution égyptienne de 2011, qui va renverser le président Moubarak. Un excellent film à voir !

Le Caire Confidentiel, de Tarik Saleh, avec Fares Fares, 1h50.

Billet de PascaleDasola, Trillan

VALERIAN - Teaser trailer 2 officiel VOST [Dane DeHaan, Cara Delevingne]

Spiderman homecoming, 2017, 2h14, de Jon Watts, Tom Holland, Robert Downey.

Billet de Pascale

Valerian et la cité des mille planètes, de Besson, avec Dane DeHann, Cara Delevingne, 2h18

 Encore une nouvelle adaptation de Spider man où on insiste sur l'apprentissage moral du jeune homme et l'apprivoissement de ses pouvoirs parce que ce n'est pas toujours facile de tisser des toiles pour retenir deux moitiés d'un paquepot ou de marcher sur les plafonds... Dans ce nouveau film, il fait face à un homme vauteur, qui exploite malhonnêtement des énergies extraterrestres.

Quant à Valérian, c'est un space opéra où deux agents intergalactiques doivent lutter contre un méchant militaire pour éviter un génocide.

Ce sont des films qu'on regarde pour le divertissement, qui allient rythme rapide, images de synthèse époustouflantes mais qui ne sont pas particulièrement originaux. Il me semble, toutefois, que certains réalisateurs choississent des héros adolescents pour un public bien ciblé. Ces films me paraissent l'équivalent de la littérature "young adult".

2) MES LECTURES ( cliquez sur l'image pour avoir les liens vers les billets)...

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3) LES TOPS...

Ce mois-ci, j'ai découvert avec plaisir l'excellent roman historique de Laurent Binet HHhH ( infographie ici), L'heure zéro de l'indémodable Agatha Christie, que je chroniquerai plus tard.  J'ai décidé de relire toute la saga d'Harry Potter de Rowling que je n'avais pas terminé. Et j'aime toujours autant Rosa Montero dont j'ai lu L'idée ridicule de ne plus jamais te revoir et Le poids du coeur ( billet à venir pour ce roman de SF)

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...ET FLOP

C'est la deuxième fois que j'abandonne un livre de Camilleri à cause de la traduction. "S'areveilla", " pinser" au lieu de "penser" sont des choix expliqués dans l'avertissement du traducteur mais qui, à la lecture, deviennent vite pénibles. Je n'ai donc pas achevé ma lecture. Dommage, j'avais beaucoup aimé un de ses précédents romans ( Meutre aux poissons rouges)...

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3) LES CHRONIQUES VENUES D'AILLEURS

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 Cette chronique parle d'un monde venu d'ailleurs, du futur plus précisément : en 2022, une crise économique mondiale plonge la terre dans le chaos. Margotte nous conseille ce livre, Le paradoxe de Fermi de Jean Pierre Boudine et l'émission " de la SF plein la valise" (France culture). Sitôt son billet lu, sitôt le livre acheté...

4) ACHATS

Violaine Gelly, Charlotte Delbo + Aucun de nous ne reviendra, Delbo + Ceux qui avaient choisi, Delbo, Harry Potter et la chambre des secrets, Rowling, Laurent Julllier, Une brève histoire du cinéma, Marie Curie, Petit

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5) PETITE PAUSE ESTIVALE, BONNES LECTURES A TOUS...

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