21 avril 2010

Carmen de Mérimée : ISSN 2607-0006

 

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Carmen, Mérimée, Folio, 154 p.

Tout commence comme dans La Vénus d'Ile, du même auteur ( Biographie ici), excepté le cadre : un archéologue, en Andalousie, sur les traces des batailles de César, rencontre par hasard, un étranger. A la vue de l'agitation de son guide, il s'interroge : est-ce un contebandier ? Un voleur ? Serait-ce le fameux Don José Maria que tout le monde recherche ? Nos deux voyageurs décident d'aller se reposer dans une auberge, mais à la faveur de la nuit, le guide qui a reconnu le célèbre brigand, décide de le dénoncer aux autorités. Quant au narrateur, il sauvera cet homme. Il continue son pélerinage jusqu'au moment où sa route croise la flamboyante Carmen et de nouveau, Don José... Mais lorsqu'ils se retrouveront, Don José doit être exécuté : quels événement ont pu amener ce fatal dénouement ? Il conte alors sa vie...

Deux narrateurs se succèdent dans cette nouvelle pour nous conter leur rencontre avec l'ensorcelante Carmen, la bohémienne. La narration faite par un érudit et dandy est extrêment bien menée et l'intérêt de Mérimée pour le peuple gitan l'amène même à faire une petite étude de leur langue en fin de nouvelle. Carmen est aussi un croisement de multiples références littéraires comme le Cid ou Dom Juan, héros de la terre d'Espagne, dont Carmen garde les traces. On apprécie aussi le pittoresque de la nouvelle, avec tout un lexique espagnol, qui crée une couleur locale, et l'illustration de la passion diabolique et tragique à travers le personnage de Carmen. Un sombre mythe agréable à lire à redécouvrir...

.Mais écoutons plutôt Adrien Goetz qui a écrit une longue et belle préface  à cette nouvelle et qui a analysé ce mythe : "Carmen est devenue un monument : on a restauré aujourd'hui la manufacture de tabacs de Séville "comme elle était au temps de Carmen" et les inspecteurs des Monuments historiques ne trouveraient rien à redire à cette impeccable réalité d'un bâtiment qui ressemble à celui de la fiction. Carmen forgée de toutes pièces à partir de tout ce quipouvait renouveler la mode espagnole en 1845, est devenue un mythe universel, sans lieu, ni date. Gautier avait repris le thème dans Emaux et camées : " Carmen est maigre, - un trait de bistre/cerne son oeil de gitana" pour comparer, à la fin de son poème, sa "moricaude" à la bouche riante " qui prend sa pourpre au sang des coeurs", comme un vampire, à une Venus Anadyomène. [...] Dès lors, tout était dit et le personnage prit son essor, jusqu'à faire oublier la force contenue dans les quelques pages de Mérimée". [...] Carmen, que Mérimée avai voulue en marge des espagnolades de son temps, devient aussi peu espagnole que possible : elle rejoint don Juan, dont on oublie facilement l'hispagnisme originel, parmi les granges incarnations de la séduction, de la fatalité, de la mort."

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19 avril 2010

Quand souffle le vent du Nord de Galttauer : ISSN 2607-0006

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"Un message anodin peut-il bouleverser votre vie ? Leo Leike reçoit par erreur un mail d'une inconnue, Emmi Rothner. Poliment, il le lui signale. Elle s'excuse et, peu à peu, un dialogue s'engage, une relation se noue. Au fil des mails, ils éprouvent l'un pour l'autre un intérêt grandissant.
Léo écrit : "Vous êtes comme une deuxième voix en moi qui m'accompagne au quotidien"
Emmi admet : Quand vous ne m'écrivez pas pendant trois jours, je ressens un manque".
Emmi est mariée, Léo se remet à grand-peine d'un chagrin d'amour. De plus en plus attirés l'un par l'autre, Emmi et Léo repoussent néanmoins le moment de la fatidique rencontre..." (quatrième de couverture).

Un roman entièrement par mails ? Voici une forme prometteuse, renouvelant le roman épistolaire... Et ce long récit, qui se lit très rapidement, est effectivement, simple, pétillant, plein de fraîcheur. Pas de retard de lettres, pas de missives perdues, les échanges s'enchaînent jusqu'au moment où nos deux héros, qui ne se sont jamais vus, commencent à ressentir des sentiments dépassant un simple échange... Sont-ils amoureux ? Vont-ils se rencontrer ? Où va les mener ce jeu de séduction ?

Mais qui sont Emmi et Léo ? Tout d'abord mystérieux, les personnages vont peu à peu sombrer dans la séduction. Leurs tergiversions, et surtout le personnage d'Emmi, mariée, mais séductrice sont vraiment horripilants. Elle, qui semble, louer son couple, ne semble le dire que pour s'en convaincre. Cachée derrière son écran, elle manipule même sa meilleure amie. Leurs paroles semblent parfois stériles comme s'ils en pressentaient la fin : le jeu, devient plus sérieux, et un drame se noue. On ne joue pas impunément avec les mots, ni avec les sentiments des autres. Convaincant par la forme, ce roman manque de romanesque ou d'un "je ne sais quoi" qui rendrait les personnages vraiment attachants ou plus consistants. Un livre léger dont la forme est une véritable prouesse et dont la fin est de tout de même à découvrir...

Quand souffle le vent du Nord, Galttauer, Grasset, 348 p.

Livre voyageur de Keisha : merci (vous trouverez d'autres liens sur son site et la référence d'un ouvrage, qui repose sur le même procédé, que j'ai beaucoup apprécié,  et que je promets de lire : L'imposture, d'Anne Gallet et Isabelle Flaten, publié aux éditions La dernière goutte). Il voyage maintenant jusque chez Choco. Roman chroniqué par Cahtulu, Mango, celmoon,Cuné, Stéphie...

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Sous la tonnelle de Hyam Hared : ISSN 2607-0006

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Sous la tonnelle, Hyam Yared, Edition Sabine Wespieser, p. 276

"Pour garder vive la mémoire de sa grand-mère tout juste disparue, la narratrice se réfugie dans son boudoir, où se sont entassée au fil des ans lettres, dessins et carnets. Elle y retrouve la fantaisie, la liberté et la générosité de la vieille dame qui, pendant toute la guerre du Liban, a refusé, malgré les objurgations de sa famille, de quitter sa maison et son jardin, situé sur la ligne de démarcation entre Beyrouth Ouest. veuve à trente-et-un ans, cette jeune femme d'origine arménienne avait décidé de consacrer sa vie aux autres, après avoir juré fidélité à son mari défunt. Pour sa petite-fille, en instance de divorce, déchirée entre sa quête de liberté et son besoin d'amour, elle était un point d'ancrage et un modèle inatteignable.

Au fil du roman apparaît pourtant, derrière la figure idéalisée, une femme plus complexe et plus mystérieuse aussi. s'arrachant à son isolement, la narratrice finit par rejoindre les"corbeaux". Elle y croise un inconnu, dépité d'être arrivé trop tard pour remettre à l'occupante des lieux l'épais dossier qu'il lui destinait.

Pendant de longue conversation sous la tonnelle, la narratrice médusée va découvrir tout un pan caché de l'existence de sa lumineuse grand-mère. car le visiteur que nul n'attendait n'est autre que le fils de l'homme épris d'absolu et d'archéologie, Youssef, que rencontra la jeune veuve lors d'une croisière en 1974.

Construisant son deuxième roman comme une invocation à cette grand-mère disparue, tissant la trame de son intrigue dans celle des déchirements de l'histoire, Hyam Yared dresse là un très portrait de femme, hanté par ses propres obsessions sur la passion, le désir et la violence.

Yam Yared est née en 1975 à Beyrouth. Elle a publié trois recueils de poésie et, en 2006, un premier roman L'armoire des ombre (Sabine Wespieser éditeur)." (quatrième de couverture).

Cette longue quatrième de couverture ne dévoile pas toute la richesse de ce magnifique roman dont le ton reste juste,  même quand la narratrice évoque crument l'horreur de la guerre du Liban, d'un pays déchiré, depuis la chute de l'Empire Ottoman, par des guerres civiles et des invasions. C'est une peinture cruelle mais sans fioriture d'un pays, riche d'une Histoire pluri-culturelle et pluri-séculaire.

L'écriture vive, dynamique, incisive et très rythmée nous entraîne sur les pas de plusieurs personnages. L'écriture de la citation est agréable. Au détour du récit sont cités V. Woolf ( " La vie est un rêve, c'est le réveil qui vous tue") , Breton, Rilke, Eluard ( "Et je ne sais plus tant je t'aime/ Lequel de nous deux est absent")... citations perçues comme une mémoire, une transmission de sagesse. Le sens de la formule est remarquable et empreinte d'émotion. La place de l'écrit reste importante, pour cette narratrice, qui fait perdurer la présence de sa grand-mère, à travers la lecture de ses journaux intimes, de ses lettres... Témoignage historique, Sous la tonnelle relate aussi plusieurs histoires d'amour, de destins croisés. Mais la romancière embrasse aussi toute la vie entière, abordant tour à tour la question de l'identité, de la beauté, de l'art, de l'absence... Un magnifique roman servi par une prose élégante : une très belle découverte...

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17 avril 2010

The Host de Bong Joon-Ho : ISSN 2607-0006

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Voici un film d'horreur coréen qui se révèle être un film "réjouissant" et très riche. En 2006, un monstre surgit du fleuve pollué, le Han, et enlève la fille chérie de la famille Park : Huyn-seo survit et tente d'échapper à tout prix au monstre. Quant à son père, simple d'esprit, il renverse des montagnes pour sauver son unique enfant et lutte contre l'état, les scientifiques et la police... La famille Park, va-t-elle arriver à retrouver Huyn-Seo. Celle-ci pourra-t-elle survivre longtemps dans les égouts où l'a emmenée le monstre ?

The Host est plus qu'un film de monstre et des problèmes socio-politiques transparaissent dans de nombreuses situations, comme la manière dont l'état de panique de la ville est prise en compte par l'Etat, la question de la désinformation, et l'intervention des Américains.  La dénonciation aussi de la pollution est un des problèmes sous-jacents, représentée dans les premières images avec le déversement de produits toxiques dans le fleuve.

Ce film prend une dimension comique, burlesque, grâce aux personnages : la famille Park se rassemble pour sauver la fillette, mais ce sont des anti-héros : maladroit, le père ne pense qu'à dormir et à manger. Quant à son frère, il a fait des études mais est alcoolique. La soeur, plus mature, a aussi ses faiblesses. On retiendra des scènes mémorables : le père veut sauver sa fille, lorsque la bête fait sa première apparition, mais après une chute, il s'aperçoit qu'il est en train de sauver l'enfant d'un autre. Tout le pathos est désamorcé : le grand-père de la famille Park veut revaloriser son fils aîné en racontant sa jeunesse pathétique, en montrant à ses frères qu'il a été mal éduqué, abandonné à lui-même : ses enfants en profitent pour dormir pendant son récit.  Les chutes et les maladresses des personnages se multiplient donnant une dimension grotesque à cette histoire de kidnapping.

Un film donc, qui mélange les genres, extravagant à l'image du monstre hybride, mélange de plusieurs créatures : the host tient autant d'Alien que du monstre du Loch Ness... Cette production hybride, délirante, novatrice, pas du tout horrifique même si parfois on sursaute, nous fait passer un agréable moment de détente...

The Host (2006) bande annonce

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15 avril 2010

Ruy Blas de Victor Hugo : ISSN 2607-0006

 

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RUY BLAS : [...]

"Madame, sous vos pieds, dans l'ombre, un homme est là
Qui vous aime, perdu dans la nuit qui le voile ;
Qui souffre, ver de terre amoureux d'une étoile ;
Qui pour vous donnera son âme, s'il le faut ;
Et qui se meurt en bas quand vous brillez en haut" (Acte II, scène 2)

Don Salluste, grand d'Espagne, est exilé par la reine pour avoir séduit l'une de ses suivantes. A partir de cet instant, il met tout en oeuvre pour se venger et l'instrument de sa vengeance sera Ruy Blas, son valet. Ce dernier est amoureux de la reine, "sous l'habit d'un valet", il a les "passions d'un roi". Ayant pris le déguisement de Don césar, cousin débauché de Don Salluste, Ruy Blas peut enfin approcher celle qu'il aime et participe activement à redresser la vie politique décadente de l'époque. La reine, étrangère, se meurt d'ennui, loin de son mari... et succombe, chastement, au charme de Ruy Blas.
Comme l'indique V. Hugo ( une exposition virtuelle est consacrée à Victor Hugo, sur le site de la BNF), dans sa préface, cette pièce est un drame romantique alliant le grotesque et le sublime : "les trois formes souveraine de l'art pourraient y paraître personnifiées et résumées. Don Salluste serait le Drame, don César la Comédie, Ruy Blas la tragédie". Ainsi, on rit de don Guritan, comparé au héron des Fables de La Fontaine, amoureux malheureux et éconduit de la reine ou de la duchesse d'Albuquerque, prude et sorte de barbon au féminin. On frémit devant le sombre et machiavélique don Salluste, qui se joue cyniquement des personnes qui l'entourent, telles que Don césar ou Ruy Blas, uniquement et égoïstement préoccupé par sa vengeance. On pleure devant l'amour impossible de Ruy Blas, éminemment romantique.
Cette pièce est magnifique à lire : Hugo a si bien briser ce "grand niais d'alexandrin" qu'on croyait lire de la prose tant ses vers sont fluides. La critique de la noblesse castillane et sa décadence est faite à travers une peinture vive et surtout, on apprécie l'ambiance extravagante et emplie de rêve de ce drame : l'amour de la reine pour Ruy Blas lui paraît onirique tout au long des scènes. De même, don César semble ne pas croire à son aventure : devenu esclave, puis à son retour en Espagne, l'argent semble pleuvoir sur lui, ainsi que la nourriture... Une pièce d'une grande beauté, mêlant amour tragique, duel et peinture historique, délicieuse à lire et on comprend mieux à sa lecture, pourquoi Juliette Drouet, amante de V. Hugo, connaissait presque par coeur cette pièce...

V. Hugo, Ruy Blas, 198 p. Garnier Flammarion.

Lecture commune avec Fleur : son avis ici.

 

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14 avril 2010

Bravoure d'Emmanuel Carrère

Sur l'impulsion de "découvrons un auteur" de Pimprenelle, nous pouvions, pour le mois d'avril, lire les romans d'Emmanuel Carrère. N'ayant jamais lu de livres de cet auteur et ayant fait l'acquisition récente, au salon du livre de Bravoure, je me suis donc lancée dans l'aventure.

Quelques mots sur l'auteur (biographie édition folio): " Emmanuel Carrère est né en 1957. D'abord journaliste, il a publié un essai sur le cinéaste Werner Herzog en 1982, puis L'ami du jaguar, Bravoure (Prix passion 1984, prix de la Vocation en 1895), Le détroit de Béring, essai sur l'Histoire imaginaire (prix Valérie Larbaud et Grand prix de la science fiction française 1987), Hors d'atteinte ? et une biographie du romancier Philip K. Dick, Je suis vivant et vous êtes morts. Il a aussi signé La classe de neige, prix Fémina 1995, porté à l'écran par Claude Miller, de même que L'adversaire adapté par Nicolas Garcia. En 2003, il réalise un documentaire, Retour à Kotelnitch, et adapte lui-même en 2004, La moustache coécrit avec Jérome Beaujour, et interprété par Vincent London et Emmanuelle Devos. Ses livres sont traduits dans une vingtaine de langues."

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Bravoure a pour point de départ une anecdote autour de la création de Frankenstein de Mary Shelley : chacun des auteurs présents en 1816, près du Lac Léman, devait écrire une histoire de spectres : Byron et P. Shelley, ont très vite abandonné, le docteur Polidori ainsi que Mary Shelley (biographie ici) ont terminé leur récit mais seul celui de Mary Shelley passera à la postérité.

Celui de Polidori fait l'objet d'une étrange controverse autour du véritable auteur : il a été publié sous le nom de Lord Byron. C'est cet aspect que développe l'auteur : le début du roman est extrêmement mystérieux, on découvre un personnages tourmenté, malade, en proie au laudanum. Polidori, après avoir été le secrétaire et médecin de Lord Byron va peu à peu sombrer dans la déchéance et la folie, après de nombreux échecs et humiliations diverses. Soudain, la narration est prise en compte par un certain capitaine Walton, dans une époque récente, - Walton est le nom d'un des personnages de fiction de Shelley - qui réécrit Frankeinstein, en gardant les personnages mais en changeant les événements : Victor Frankeinstein, nom d'emprunt, d'un savant épousera bien Elizabeth dans cette version mais malade, elle est tuée puis ressuscitée par son mari. Cette dernière devient diabolique et tue des personnages de son entourage pour les rendre similaires à elle. Ils vont ainsi former une famille de morts-vivants décidée à remplacer la race humaine.... Suivront aussi l'histoire de Ann, contemporaine de celle du capitaine Walthon et la véritable histoire de Mary Shelley.

Vous l'avez compris, cher lecteur, cette histoire mêle plusieurs genres et imbrique plusieurs intrigues, à tel point que la confusion se crée autour de l'identité des personnages. On apprécie les anecdotes autour de la vie des personnalités littéraires comme Byron, les Shelley... et le style pastichant celui de Mary Shelley : on se retrouve plongé littéralement dans un nouveau Frankeinstein. Mais où s'arrête la fiction ? Où commence la vérité historique ? Quelle est la part de rêve dans ce roman où personne n'est celui qu'on croit et où chacun est en proie à des cauchemars ? Si certaines parties du récit paraissent confuses, j'ai quand même apprécié l'intrigue bâtie comme une énigme littéraire et la création romancée du Frankeinstein de Shelley... Une découverte déconcertante mais qui me donne envie de découvrir d'autres romans du même auteur...

Les autres participantes sont : pimprenelle, Moka, stéphie, Evertkhorus, vanounyme, lili, Penny Lane, Calypso, Mirontaine, Lou, Cynthia, Caro, PrsPepys, Marie L, géraldine, Lasardine, Clara , Djak, Lancelau, Zorane, Cacahuète, Aurore

Bravoure, E. carrère, Folio, 369 p.

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13 avril 2010

Frankenstein de de Mary W. Shelley : ISSN 2607-0006

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On connaît tous le mythe de Frankenstein mais connaît-on l'auteur ? Dès la préface, avant même de commencer à lire le roman, on se prend d'intérêt pour la genèse de cette histoire qui est très romanesque.  " Comment moi, alors une jeune fille, en suis-je venue à envisager et exploiter une idée aussi hideuse ?", se demande la romancière, dans la préface.  Jeune fille rêveuse, Mary Shelley ( biographie ici), en 1816, se trouve au bord du lac Léman, avec comme voisin Byron qui leur propose une sorte de jeu littéraire : "chacun de nous va écrire une histoire de spectres". Ecrite plus tard, en 1831, Frankenstein se révèle être bien plus qu'une simple histoire de spectres et mêle habilement "science-fiction", récit d'épouvante et de persécution, roman gothique et fantastique...

La narration virtuose emboite plusieurs histoires : tout d'abord, des lettres de Robert Walton, ancien baleinier et aventurier, sont envoyés à Mrs Savile, sa soeur, en Angleterre. Il lui raconte comment, dans le grand froid du pôle Nord, il a fait la rencontre surprenante d'un jeune homme souffrant poursuivant un homme qui le fuit. Commence alors la narration de Victor Frankenstein qui dès le plus jeune âge souhaite découvrir "le secret du ciel et de la terre".

Son histoire est connue, c'est celle d'un scientifique qui crée une créature si monstrueuse qu'il s'en détourne. Ce dernier, livré à la solitude et à la haine des hommes, de bon et vertueux devient maléfique. Pour se venger de son créateur, il tue les êtres chers à Victor, et sème la mort sur son passage. La traque de la monstrueuse créature commence...

Tout le début du récit est marqué par l'exaltation romantique du jeune chercheur qu'est Frankenstein et manque de rythme jusqu'au moment où la créature prend vie. Puis les rebondissements s'enchaînent laissant une large place à la sublime nature, proche des poèmes  de P. Shelley. De nombreuses références littéraires sont faites à la littérature de l'époque, de Goethe à Milton... Des meurtres se succèdent et des innocents sont accusés à tort. La confrontation entre Frankenstein et sa créature est haletante : qui survivra ? La créature aura-t-elle la victoire sur ce créateur qui l'a rejetée ? Le lecteur suit les traces des deux personnages de Oxford en Russie... à travers une narration entrecoupée de lettres, et de récits faits par divers narrateurs... Après un début difficile et ennuyeux, cette lecture s'est révélée passionnante : un mythe à découvrir...

Un autre avis sur le bookophile...

Mary Shelley, Frankenstein, Livre de poche, 327 p.

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11 avril 2010

Réponse du jeu concours : quizz 1 : ISSN 2607-0006

Qui sont ces célèbres romancières ?

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Les réponses sont :
1) Madame de La Fayette
2 ) Daphné du Maurier
3 ) Françoise Sagan
4 ) George sand.

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Merci à tous les participants ! Et le sort désigne (Oui, la photo n'est pas nette, je sais, suspense...), comme gagnante : MANGO !!!!

Mango, peux-tu m'indiquer ton adresse dans "contact auteur" pour que je puisse t'envoyer le DVD neuf, Marie Antoinette de S. Coppola ? A bientôt pour d'autres jeux...

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Le chateau Miromesnil de Maupassant : ISSN 2607-0006

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Le château Miromesnil, où naquit Maupassant ( biographie ici), allie admirablement différents styles : la façade sud est de style Henri IV, très sobre à dominante rouge, brique de Varengeville et grise, pour les ardoises. Deux tours défensives ont remplacé d'anciennes  fortifications. La façade Nord présente un style Louis XIII monumental, réaménagé au XIXeme siècle : elle est ornée de masques, de guirlandes et de pilastres. Les pièces sont vraiment admirables avec des ambiances XIXeme siècle, tapisserie à fleurs, gravures avec des femmes en tenue d'époque, un piano ayant appartenu à Laure de Maupassant et des meubles Louis XVI...

Maupassant naquit donc dans l'une des tourelles, et tous ses romans sont imprégnés de cette Normandie natale : Boule de suif, son premier succès se déroule à Tôte. On peut voir, dans ce château, quelques souvenirs rattachés à cet écrivain comme une lettre adressée à Flaubert ou son acte de naissance. Mais ce lieu est riche historiquement puisque, ici, a aussi habité le marquis Armand Thomas de Hue, juriste, homme humaniste, qui supprimera notamment la question préalable. Ses appartements contiennent de magnifiques objets tels qu'une boîte à secret en ivoire, ses livres...

Non loin du château se trouve une petite chapelle, très sobre extérieurement mais qui renferme de très beaux vitraux, jaune d'argent du XVIeme siècle. Autour du château, se déploie un magnifique parc, dominé par un cèdre du Liban, des magnolias et des rosiers et un jardin botanique "mix border" (pour les anglophiles amoureux de la nature... ),

Dommage que ce lieu ne soit lié qu'à la naissance de Maupassant, donc il n'y a que peu de souvenirs sur l'auteur. La visite fut tout de même extrêmement agréable. A visiter pour tous ceux qui aiment l'esthétique XIXeme siècle et les ambiances bucoliques...

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J'ai acheté ce livre Choses et autres de Maupassant en souvenir...

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10 avril 2010

Le secret de Wilkie Collins : ISSN 2607-0006

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Qui est-ce ? Si je vous dis que c'est un auteur victorien, qu'il est le précurseur du roman policier anglais, et qu'il est passé maître des intrigues mystérieuses et sensationnelles. Vous avez deviné ? Bien sûr, c'est Wilkie Collins ! "En cette nuit du 23 août 1829, sur la côte déchiquetée des Cornouailles, la résidence d'été des Treverton n'est plus que silence et ténèbres. Le manoir tout entier est suspendu aux battements du coeur de la maîtresse de maison qui rend bientôt son souffle, laissant derrière elle un époux accablé, une fillette en pleurs et beaucoup de questions sans réponses. Que contient par exemple, cette mystérieuse lettre confiée par Mrs Treverton à sa femme de chambre avant de mourir ? Et quel terrible secret Sarah Leeson préfère-t-elle dissimuler dans la demeure familiale avant de disparaître, s'opposant ainsi aux dernières volontés de la défunte ? Un secret suffisamment effroyable pour que, des années plus tard, la domestique sorte de son silence afin d'empêcher Rosamund Treverton de retourner sur les lieux de son enfance, au risque d'y perdre son âme... (Quatrième de couverture).

Voici trois bonne raison d'aimer Le secret :

- Quel est ce secret dont parle le titre ? Le suspense, dans ce roman est terriblement bien maintenu jusqu'aux derniers chapitres ! Bien qu'ayant des soupçons, le lecteur n'apprend la résolution de l'énigme que vers la fin du roman. L'intrigue se tisse autour de dialogues, qui en paraissent presque longs, tant on voudrait connaître le fin mot de l'histoire ! Ce qu'on aime aussi, c'est que la découverte du secret se fait toujours d'une manière littéraire...

- Que dire des personnages ? Contrairement aux personnages habituellement très troubles des romans wilkiens, ici, pas de "méchants". Pas de précipices pour y pousser un rival, pas d'étendues glaciaires pour y abandonner un compagnon détesté, dans Le secret, l'amour triomphe des apparences de la bonne société victorienne. Avec humour, Wilkie Collins développe une galerie de portraits d'excentriques, dont un misanthrope qui rappelle le "Scrooge" de Dickens, merveilleusement et humoristiquement dépeint, une jeune femme qui ne respecte pas les bienséances, une servante courageuse et mystérieuse. Voici un extrait du portrait de Andrew Teverton, le misanthrope : " On sut ensuite, et toujours par de vagues rumeurs, qu'il y menait la vie d'un avare, en compagnie d'un vieux domestique nommé Shrowl, encore plus misanthrope que son maître. [...] Andrew ne se rasait plus, et son domestique avait ordre de laisser, lui aussi, pousser la barbe. En 1844 (Ceci ne doit pas pas être perdu de vue), aux yeux de la partie la plus éclairée du peuple anglais, un homme était réputé malsain d'esprit par ce seul fait qu'il laissait son menton se couvrir de poils que la nature y fait pousser."

- Le secret est un imbroglio romanesque : un château, un fantôme, un secret, la description de la haute société anglaise, des rebondissements nombreux, tous les ingrédients wilkiens sont réunis. Si vous avez lu et aimé d'autres romans de Wilkie Collins  ( Profondeurs glacés, Hôtel hanté, Pierre de lune), celui-ci ne vous décevra pas...

Le secret, Wilkie Collins, édition du masque, 571 p., Lu dans le cadre du challenge dans Wilkie Collins addict de Chryssilda

Merci Alapage pour ce partenariat et l'envoi de ce roman...

 

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