05 avril 2010

Jeu concours

Ayant participé à plusieurs jeu-concours qui m'ont beaucoup amusée, j'ai décidé de lancer un petit quizz.
Vous devez reconnaître les romancières, dont vous trouverez les portraits ci-dessous.
Vous pouvez m'envoyer votre réponse dans "contactez l'auteur". Un tirage au sort départagera les gagnantes dimanche 11 avril.

A gagner un DVD de Marie Antoinette de Sofia Coppola (ou autre DVD selon la gagnante)
Quels noms illustres se cachent derrière ces portraits ? A vous de jouer  et amusez-vous bien !!!
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03 avril 2010

Pierre de lune, Wilkie Collins

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Voici encore un roman de Wilkie Collins, qui diffère au niveau de la forme de ses autres oeuvres, mais tout aussi palpitant et surprenant au niveau de l'intrigue... La pierre de lune, prétendue magique et dotée de pouvoir, magnifique et fabuleux bijou, connaît un destin hors norme : volée, perdue, elle arrive entre les mains de Herncastle, d'une manière crapuleuse. Gardée par trois brahmanes, Herncastle arrive à la voler en les tuant lors de la prise de Seringapatam, en 1799. Cinquante ans plus tard, cette pierre maudite atterrit dans les mains de la fille de Lady Verinder, Miss Rachel, le jour de son anniversaire. Herncastle en offrant ce bijou à sa nièce, a-t-il intentionnellement voulu attirer le malheur sur sa belle famille qui l'a rejeté ? Est-elle maléfique ? Le soir même, le bijou est volé.

Deux ans plus tard, Betteredge, le majordome de Lady Verinder, entreprend d'écrire l'histoire du vol de la Pierre de Lune, sur la demande du cousin de Rachel, Mr  Franklin Blake. Qui a pu commettre le vol de la pierre dans une maison barricadée ? Commence une enquête de l'inspecteur Seagrave. Ce dernier, jugé trop sot pour résoudre cette terrible affaire est remplacé par le sergent Cuff, qui se révèle être un détective hors norme, et semble avoir trouvé le coupable. Mais l'affaire de la pierre maudite est loin d'être résolue. La narration des faits entourant le vol, de Betteredge, est suivie de celle d'une vieille fille, Miss clack, nièce de feu John Verinder. Plusieurs plumes se relaient pour retracer l'extraordinaire quête de la Pierre de Lune, peuplée d'hindous fanatiques, de jeunes gens oisifs de la bonne société, de réputations entachées, de servantes voleuses, de détectives amoureux de roses...  et de secrets gardés pour ne pas "braver l'opinion publique"...

Ce roman est une nouvelle découverte palpitante ! On est charmé et amusé par le personnage de majordome, lecteur de Robinson Crusoé : "N'allez pas m'accuser non plus d'ignorance ou de stupidité, si je déclare ici qu'aucun livre n'a jamais égalé ni n'égalera jamais Robinson Crusoé. Je fréquente ce livre depuis des années - généralement accompagné d'une bonne pipe - et il m'a souvent été un compagnon précieux. Lorsque je suis découragé, j'ai recours à Robinson Crusoé. Lorsque j'ai besoin d'un conseil... Vite, j'ouvre Robinson Crusoé...". La narration de l'histoire de la Pierre de lune par le majordome est fort drôle, car sa relation oscille entre superstition  et pragmatisme : dignement, "il avoue que quoiqu'il arrive dans une maison, vol ou meurtre, le petit déjeuner est sacré" ! Le fait que l'histoire soit relatée du point de vue d'un serviteur nous permet de voir le reflet de la bonne société anglo-saxonne à travers des anecdotes : critique acerbe de la justice, a priori sur les aristocrates, remarques misogynes... A travers ces descriptions, c'est toute la société du monde britannique du XIXeme siècle qui revit sous sa plume. Et puis, sa manière d'écrire consciencieusement, amène dans son histoire une avalanche de digressions qui augmente notre impatience de découvrir le criminel... dont le nom est plutôt surprenant. Habilement, parfois il en dit beaucoup et parfois pas assez laissant dans le flou, le lecteur. L'intensité dramatique ne cesse d'augmenter au fil des diverses narrations : l'enquête est rocambolesque, incroyablement complexe à résoudre. Tous les narrateurs ont une personnalité remarquable, tantôt risible - Mr Betterdge en lecteur fanatique de Robinson Cruosé ou Mrs Clake, pour qui même un prude victorien est une âme naufragée ! -, tantôt émouvante, Mr Jenning ou Mr Blake. Wilkie Collins a su admirablement peindre tous ses personnages, faire éclater la vérité de manière théâtrale et scientifique et révéler les secrets cachés sous le vernis pudique de la société victorienne, avec humour, tout en se jouant des nerfs de ses lecteurs !

Quelle diversité dans l'oeuvre de Wilkie Collins ( Il a aussi écrit Profondeurs glacés, L'hôtel hanté) ! On ne s'ennuie pas en compagnie de Wilkie et de cette rocambolesque et diabolique aventure de La pierre de Lune...
Pierre de lune, Wilkie Collins, phébus, Libretto, 504 p.

Lecture dans le cadre du challenge Wilkie collins addict de Cryssilda... L'avis de Titine...

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01 avril 2010

La controverse de Valladolid, de Carrière.

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En 1550, à Valladolid, dans un petit couvent espagnol, une polémique autour du statut des indiens, récemment découverts lors des expéditions espagnoles, fait rage. Une controverse oppose deux hommes radicalement opposés : un dominicain humaniste, Las casas, et un philosophe Sépulvéda. Ces peuples sont-ils humains ? ou sont-ils des esclaves nés ? Les deux hommes vont s'affronter avec en arrière fond un contexte religieux très important.

Le personnage de Las Casas n'est pas sans rappeler un certain Guillaume de Baskerville (Le nom de la rose, d'Umberto Eco) par son humanisme, ses raisonnements. Véritable joute verbale, la rhétorique  des deux hommes est impeccable, que ce soit la persuasion mise en oeuvre par Las Casas en décrivant des massacres sanguinaires pour faire appel à la compassion du lecteur ou la logique implacable mais inhumaine de Sépulvéda n'hésitant par utiliser des comparaisons animales pour parler d'êtres humains.

Cependant, une question plus grave, un sujet plus sérieux est au coeur de cette courte pièce de théâtre, celle du statut des habitants du Nouveau Monde et de la colonisation par les armes. Ces discours sur les races n'ont pas perdu de leur actualité et sont représentés d'une manière dramatique et dynamique pour empêcher toute dimension didactique ennuyeuse. Une pièce à thèse tout à fait convaincante ! Je signale aussi le roman sorti en 1992, en même temps que le film...

La controverse de Valladolid, Carrière, GF, 109 p.

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Film de Jean-Daniel Verharge, avec Jean Pierre Marielle (Las Casas).

En 1991, pour fêter le 500ème anniversaire de la découverte de l'Amérique, un film est commandé à J. C. Carrière, pour la télévision. La pièce de théâtre en est le scénario. Il a un an pour tourner ce film, ce qui explique l'économie des moyens, et son moindre intérêt, une fois le livre lu. Les décors sont sobres et symboliques, plaçant au centre, sur une estrade, une croix et le légat. D'un côté s'agite Las Casas, défendant corps et âme sa thèse, défendant ces indiens qu'il a côtoyés. De l'autre, au contraire, calme et froid, Sépulvéda s'interroge sur le statut de ces peuples tout en usant d'arguments spécieux. Le cadre en contre plongée permet d'augmenter l'intensité dramatique de ce huis clos, qui même s'il réaménage la réalité historique, a le mérite d'aborder et de mettre au jour une page de l'histoire un peu oubliée... L'accent mis sur le discours des personnages amène un certain statisme des acteurs et confère une certaine lenteur, regrettable, au film... Cependant, j'ai beaucoup apprécié, globalement, le film et le livre...

Lu et vu dans le cadre du challenge lunettes noires sur pages blanches, organisé par Happy few.

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31 mars 2010

Le mariage de Figaro de Beaumarchais

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Deuxième opus d'une trilogie composée du Barbier de Séville, de La mère coupable, Le mariage de Figaro marque un tournant dans l'écriture théâtrale de Beaumarchais ( présentation de l'auteur sur le site de la BNF ; les essentiels littérature) : Figaro doit épouser Suzanne mais celle-ci est courtisée par le comte d'Almaviva, marié à Rosine. Mais le mariage ne peut pas être célébré, empêché par le comte mais aussi par Marceline : Figaro est lui-même convoité par Marceline, la vieille femme de charge, qui cherche à faire valoir ses droits à l'aide d'une lettre de dette, où Figaro s'engage à se marier avec elle s'il ne la rembourse pas d'un emprunt. Elle s'allie avec le docteur Bartholo, ancien tuteur et prétendant de Rosine, qui se réjouit de se venger de Figaro. Ajoutons à tous ces personnages, Chérubin, le jeune page du comte, intéressé par toutes les femmes, un jardinier ivre...
Cette pièce n'est pas sous-titrée inutilement "une folle journée" : les intrigues amoureuses se multiplient ainsi que des ruses pour se jouer soit du comte, soit de Figaro. Les actions s'imbriquent à un rythme très dynamique avec de nombreux déguisements, témoins cachés, non pas pour donner une dimension comique mais romanesque à cette pièce. En effet, une scène de reconnaissance, un jugement et les sujet du mariage et de la justice donnent une dimension sérieuse à l'intrigue. Beaumarchais traite de la question du mariage avec originalité puisque le mariage ne marque pas le dénouement de la pièce mais devient une des actions principales de cette folle journée, en outre, il  dépeint aussi l'après-mariage à travers le couple que forme le comte et Rosine, Le mariage de Figaro se situant trois ans après Le Barber de Séville.
Après Molière, les comédies se rapprochent du drame et les dénonciations de la justice, des abus de la noblesse font de cette pièce une véritable satire très enlevée.
Le mariage de Figaro, Beaumarchais, GF, 222 p.

 Lu dans le cadre du challenge j'aime les classiques ! de Marie L .

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30 mars 2010

Le Club de Jane Auten de Karen Joy Fowler : ISSN 2607-0006

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Un club de lecture réunit cinq femmes et un homme. De quoi parlent-ils ? De Jane Austen bien sûr et de ses romans ! Que pensent-ils de ses romans ? Chaque chapitre, par exemple le premier est intitulé "où nous nous réunissons chez Jocelyn pour discuter d'Emma", aborde un roman de l'auteur et les janéites se déchainent autour de la question de la vraisemblance, des peintures des caractères. Quelle est l'intrigue ? Le roman alterne les réunions du club mais aussi l'histoire des destins croisés des différents personnages et bien sûr de leurs déboires sentimentaux. Qui sont les personnages ? Grigg a rencontré Jocelyn à une convention de science-fiction. Jocelyn, qui tient un chenil et aime les concours canins, connaît depuis son enfance Sylvia qui est mariée à Daniel et sa fille Allegra. Celle-ci est gay et vit une difficile rupture avec Corinne. Prudie vit aussi de difficiles moments mais avec ses élèves, dans la canicule de cet été californien. Quant à Bernadette, elle prend beaucoup de plaisir à jouer les entremetteuses alors que ses nombreux mariages ont tous échoué...
Ce roman dont le titre laisser présager de délicieux moments avec Jane Austen est un peu décevant. Les non-lecteurs de cette romancière anglaise ne comprendront pas toutes les allusions à ses romans tandis que les admirateurs de Jane Austen seront peut-être un peu déçus de se trouver plongés dans un roman à l'écriture relâché et assez éloigné de l'univers de austenien, excepté la fin. Tout ce qui concerne les réunions du club ont éveillé mon intérêt, cependant, la vie des personnages n'a pas réussi à retenir mon attention...
En revanche, j'ai beaucoup apprécié la partie finale intitulée "réaction" qui regroupe les avis des proches de J. Austen et de la réception de ses romans au fil des siècles. Un livre léger, qui m'a ennuyée, déçue par l'écriture peu recherchée et par l'absence de l'ambiance austenienne. La permanence d'un auteur classique anglais dans la littérature américaine me plaît mais les histoires des différents personnages ne me laisseront pas un souvenir impérissable.

Je remercie Blog o book et La Table Ronde de m'avoir permis de découvrir ce livre... Lu aussi par Fleur., Xiane, blabbertmouth et àproposdeslivres.

Le club de Jane Austen, Karen Joy Fowler, Table Ronde, 333 p.

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26 mars 2010

Orgueil et préjugés adapté par Andrew Davies : ISSN 2607-0006

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On ne peut que louer et adorer la version BBC d'Orgueil et préjugés, qui reproduit parfaitement le livre d'Austen ( biographie ici). Les cinq filles Bennet sont en âge de se marier. Voici de quoi laisser libre cours à l'imagination romanesque et ironique de Jane Austen. D'abord déçue par une Lizzy un peu trop souriante et effacée, j'ai été rapidement entraînée par l'ironie des dialogues et par la description caustique de la haute société : lorsque Darcy et son ami Bingley, présentés comme des riches partis, arrivent dans un bal, chacun s'exclame sur leur belle prestance mais une femme demande : "serait-il aussi  beau s'il était moins riche ?"
Surtout la première rencontre entre Mrs Bennet et Darcy est tout à fait amusante : elle lui demande s'il veut danser avec Elizabeth et jacasse tant que lorsqu'elle relève la tête, Darcy a déjà fui devant cette femme bruyante et babillarde ! Forcément, elle en conçoit beaucoup de préjugés contre cet homme orgueilleux.

La reconstitution est remarquable : les intérieurs, l'élégance des bals sont saisissants de réalisme. Véritablement fidèle dans la peinture des personnages, lorsque l'on voit le flagorneur Collins ou les gloussantes soeurs Bennet, on ne peut que s'écrier : Ah ! c'est exactement le personnage créé par Jane Austen ! Et que dire de Darcy ? Beau, suffisant, arrogant puis passionné et amoureux. Colin Firth incarne superbement Darcy. Et à l'instar de l'héroïne Elizabeth, on ne peut que succomber à son charme !
C'est le livre fait film ! Une véritable merveille ! Une somptueuse reconstitution de la société du XIXeme britannique à voir, absolument !

Autre adaptation : Wrigth, Orgueil et préjugés

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23 mars 2010

Jane Eyre adapté par Franco Zeffirelli : ISSN 2607-0006

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Un film de Franco Zeffirelli, d'après l'oeuvre de Charlotte Brontë, avec Charlotte Gainsbourg, William Hurt...

Sans avoir lu l'oeuvre de Charlotte Brontë, j'avais vu la Jane Eyre de Robert Young dont je garde un bon souvenir, un film classique et honnête, et je viens de découvrir celle de Franco Zeffirelli qui m'a complètement fascinée. Quelle belle, émouvante et passionnante histoire ! Tout commence avec l'enfance malheureuse de Jane Eyre, dans une atmosphère triste et tourmentée, où les enfants de l'orphelinat Lodwood sont humiliés, battus et malheureux. Mais déjà Jane Eyre apparaît comme une enfant douée pour le dessin et courageuse, avec un caractère bien trempé. Lorsqu'elle obtient la place de gouvernante dans le château de Rochester, sa vie est complètement bouleversée par la rencontre de cet homme violent et irritable. Qu'est-ce qui a pu briser la vie de cet homme ?

Ce film est tout simplement fascinant. Les paysages enneigés, automnales ou printaniers, de la campagne anglaise sont merveilleux et la première vision du château de Rochester est spectaculaire : il est immense, sombre, un peu délabré, à la manière des manoirs gothiques hantant la littérature britannique du XIXeme siècle. Les reconstitutions de décors, les costumes sont admirables, et nous projettent au côté de la sombre et mince silhouette de Jane Eyre.

Rochester considère Jane Eyre comme un "personnage de conte fée" : et c'est effectivement un personnage qui force notre admiration. Dessinatrice, cultivée et intelligente, Jane Eyre est aussi honnête et vibrante de passion. Charlotte Gainsbourg prête ses traits diaphanes à l'héroïne, "restant calme et grave au seuil de l'Enfer". Des moments touchants, les leçons données à Adèle, la fille délaissée de Rochester, la vie misérable au foyer Lodwood, côtoient des moments dramatiques et inquiétants comme des cris et sanglots qui résonnent dans l'immense et imposant château, des agressions mystérieuses...

Un film dont la beauté des personnages, de l'intrigue et des paysages nous transportent dans un lointain XIXeme siècle, mais Jane Eyre est aussi une bouleversante peinture de la passion.

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22 mars 2010

Mrs Dalloway de V. Woolf

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Mrs Dalloway est le roman londonien de V. Woolf ( biographie ici), décrivant à travers l'intériorité des personnages, un Londres d'après guerre peu conformiste, poétique et sombre. Lisez Mrs Dalloway, où sans discontinuité, vous serez submergé par "des myriades d'impressions", les pensées de Clarissa Dalloway, de son mari Richard, d'un de leur ami Peter Walsh... Une fois entrée dans le tourbillon des pensées des personnages, on suit avec attention les sensations, les sentiments et les souvenirs de chacun d'entre eux. Jamais le langage particulier des personnages ne se confond avec une autre voix, qui sont toutes singulières : Mrs Dalloway est entièrement tournée vers cette réception qu'elle organise. Elle est bien différente de celle de Septimus en proie à la folie, peuplée des images de la mort, de l'enfer et du suicide.
Lisez ce roman qui vous emmène au-delà des apparences où les mots naissent, se pressent, semblent vouloir s'échapper des pages, semblables au flux et reflux de la mer. Portrait d'une femme, de la parfaite hôtesse, Mrs Dalloways laisse transparaître aussi une description impressionniste du Londres d'après-guerre. Lisez ce roman de la beauté des sensations, saisissant l'instant de cette journée londonienne de juin, comme dans ce magnifique passage : "Puis elle ouvrit les yeux : qu'elles étaient fraîche, les roses, comme du linge tuyauté tout propre, rentrant de la blanchisserie dans des corbeilles d'osier ; et sombres et soignés les oeillets rouge qui redressaient la tête ; et tous les pois de senteur s'étalant dans leurs vases, veinés de violet, d'un blanc de neige, pâles - comme si c'était le soir, et que des jeunes filles en robes de mousseline étaient venues cueillir les pois de senteur et les roses à la fin de la superbes journée d'été, avec son ciel bleu nuit, ses delphinium, ses oeillets, ses arums ; que c'était le moment où toutes les fleurs - les roses, les oeillets, les iris, les lilas - luisent d'un doux éclat ; où chaque fleur semblent brûler de ses propres feux, avec douceur, avec pureté, au milieu des massifs embrumés ; et comme elle aimait les paillons de nuit gris pâles qui tourbillonnaient en tous sens au-dessus de l'héliotrope, au-dessus des primevères du soir !". Lisez Mrs Dalloway !

Mrs Dalloways, V. Woolf, Folio, 321 p.

Lu dans le cadre du challenge, V. Woolf, organisée par Lou et d'une lecture commune avec Keisha, AGFE, Pauline, Mango, Cynthia, Papillon, George Sand, Tif, Dominique, l'or des chambres...

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18 mars 2010

Pofondeurs glacées de Wilkie Collins

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Après la Suisse (Hôtel hanté), l'Italie (L'abîme), Collins nous dépayse complètement avec un expédition polaire, très loin de l'Angleterre victorienne : très vite, on quitte l'univers d'un bal londonien pour les grandes étendues polaires. Mais même dans le grand Nord, on retrouve le style Wilkie Collins, avec les déchirements  de personnages à la personnalité trouble, une place faite au destin ou aux coïncidences et son habileté à créer le suspense, sans oublier le surnaturel et l'aventure !  A conditions de vie extrême, sentiments extrêmes !

Richard est repoussé par Clara, qui aime Frank. Les deux hommes s'embarquent pour le Nord : c'est l'expédition Franklin. Richard arrivera-t-il à supprimer son rival ? La manière dont Richard apprend l'identité de son rival est tout simplement époustouflante ! L'aventure des hommes perdus dans la blancheur des étendues glacées se déploient lentement. L'affrontement des deux hommes est assez elliptique et l'auteur accorde quelque importance à son héroïne, qui est pourtant falote. Trahison, amour, suspense et un dernier rebondissement spectaculaire nous entrainent vers la fin de ce roman passionnant, ce qu'on ne pressent pas à la lecture du  titre ou de la quatrième de couverture... Certes, l'intrigue écrase un peu les personnages, qui manquent de consistance mais un roman de Wilkie Collins est toujours à découvrir !

La préface présente un grand intérêt : Le Bris nous décrit le rapport conflictuel entre les deux grands romanciers victoriens, que sont Dickens et Collins. Petite anecdote amusante, nos deux romanciers jouèrent cette oeuvre et lorsqu'on sait la rivalité qu'il existait entre les deux hommes, l'affrontement de Dickens en Wardour et Collins en Aldersley, sur les planches a dû être peu banale : Le Bris imagine " le plaisir qu'eut Collins, pour une fois, à se donner un rôle d'officier quand Wardour était simple matelot - mais aussi le plaisir qu'eut Dickens à délirer devant un Aldersley réduit à sa merci, rêvant d'assassiner dans les pires souffrances celui qui se croyait son ami...".

Profondeurs glacées, Wilkie Collins, Phébus Libretto, 135 p.

 Lu dans le cadre du challenge Wilkie Collins Addicts organisé par Chryssilda.

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17 mars 2010

L'étrange Noel de Mister Jack de Tim Burton : ISSN 2607-0006

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Après l'esprit de fête de Dickens, je me suis plongée dans une autre singulière fête, celle du Noël de Mister Jack : "Jack Skellington "le roi des citrouilles", est le grand ordonnateur des festivités dans la ville Halloween. Fatigué, il décide de partir. c'est alors qu'il découvre par hasard la ville de Noël qui rayonne de joie et de liesse. Il rentre chez lui avec la ferme intention de contrôler la fête de Noël, et fait kidnapper le Père Noël par trois garnements. Toute la ville Halloween se met alors au travail pour fabriquer des cadeaux aussi horribles que terrifiants. La nuit de Noël, Jack part offrir aux enfants ses macabres cadeaux. Panique sur la ville" (jaquette).

Horrible ? Epouvantable ? Macabre ? Oui, L'étrange noël de Mister Jack est tout cela à fois ! Mais ce n'est pas seulement un film d'animation d'épouvante. Dès les premières images, Tim Burton nous entraîne dans un tourbillon endiablé d'images et de chansons, dans un monde peuplé de personnages orignaux et surprenants. L'imaginaire parfaitement macabre est rehaussée par des images impeccables, dans une esthétique similaire à Noces Funèbres : Jack n'est pas un génie du mal mais semble incompris des autres habitants. Surtout, sa conception de la "fête joyeuse" n'est pas la même que celle des humains. Autre figure importante, Sally, véritable créature de Frankenstein, mais ô combien sensible. Elle amène une grande part de beauté sentimentale dans un monde crépusculaire et j'ai beaucoup admiré les scènes qui étaient éclairées par la pleine lune, notamment la dernière séquence... Un funeste conte, non dépourvu de poésie, un chef d'oeuvre de cinéma d'animation !

L'ETRANGE NOEL DE MONSIEUR JACK (VF) - Bande Annonce

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