1001 classiques

10 avril 2021

Pompoko de Takahata : ISSN 2607 0006

 Deux célèbres scénaristes ont fondé les studios Ghibli : l'un est Miyazaki, réalisateur du Château dans le ciel, du Voyage de Chihiro et l'autre est Takahata, réalisateur du Tombeau des lucioles, des Voisins les Yamada. Chez Miyazaki, les dessins sont merveilleusement beaux, majestueux comme dans les fables écologiques Princesse Mononoke ou Nausicaa la vallée du vent. Pompoko traite exactement du même sujet mais sur un ton joyeux, farcesque à travers la vie de Tanuki. Ces derniers sont des sortes de divinités capable de se tranformer pour certains.

© by Ghibli 

Pour lutter contre l'invasion des humains et des promoteurs qui déforestent leurs habitats, les tanuki décident d'aller chercher les sages pour les aider. Pendant ce temps, deux clans se forment : ceux qui souhaitent combattre agressivement les hommes et ceux qui agissent d'une manière plus indirecte. On assiste donc à un défilé d'ectoplasmes, à des gags pour effrayer les humains mais rien n'y fait ! L'urbanisation galopante se poursuit...

Malgré le pessimisme du message, l'auteur arrive à nous faire rire de ce problème sérieux et à nous faire réfléchir sur le respect de la nature. Ce qui frappe dans ce film d'animation, ce sont les changements d'esthétiques : parfois, les tanuki sont représentés de manière réalistes à d'autres moments, ils sont stylisés. Malgré les déboires des tanukis, on rit devant leur comportement burlesque, leur pitreries, leur goinfrerie sans jamais oublier le message écologique... Takahata met aussi en lumière le folklore japonais avec toutes ces divinités et la relation entre les humains et ces créatures : à côté des festifs Tanuki, on retrouve aussi parmi les humains, d'autres dieux cachés comme les renards. Une merveille à découvrir avec un message écologique encore d'actualité !

logo Japon 2021Pompoko de Takahata, Netflix, 1994, 1h

Participation au Mois du Japon organisé par Lou et Hilde (voir un film de Takahata)

 

 

© by Ghibli

 Sur le web :

Mort d'Isao Takahata, réalisateur du " Tombeau des lucioles "
Cofondateur avec le réalisateur Hayao Miyazaki du studio Ghibli, producteur et réalisateur de films d'animation comme Le Tombeau des lucioles ou Le Conte de la princesse Kaguya, nommé aux Oscars en 2015, le Japonais Isao Takahata est mort jeudi 5 avril à 82 ans.
https://www.lemonde.fr

 

"Totoro" et "Pompoko", vie et mort du Japon rural
Voilà bien longtemps que l'on attendait cette édition de Mon voisin Totoro. Projeté en 1998 dans les salles françaises, dix ans après sa sortie au Japon, le plus exquis, le plus doux des films d'Hayao Miyazaki était resté inédit en DVD.
https://www.lemonde.fr



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07 avril 2021

Moi aussi de Reiko Momochi : ISSN 2607-0006

 

Moi aussiMoi aussi 2

© Reiko Momochi 

Un bandeau annonce sur le tome 2 de Moi aussi : " Pour chaque exemplaire vendu, 5% du prix reversés à l'association [solidarité femme] jusqu'au 30 avril 2021". Vous aurez aussi reconnu en lisant le titre, la référence au fameux #Me Too. En effet, Moi aussi, Shôjo en deux volumes, parle de la condition des femmes dans le monde du travail.

On apprend sur la quatrième de couverture que l'histoire se fonde sur une histoire vraie, dévoilant un problème de société dans une société patriarcale (L'histoire commence en 2005). Satsuki travaille en tant qu'intérimaire, opératrice client dans un service téléphonique, dans une société où elle forme de jeunes recrues. Elle est harcelée par son supérieur (et par d'autres hommes de l'entreprise) et la jeune héroïne tombe rapidement malade. Elle devient boulimique, suicidaire... Va-t-elle réussir à le dénoncer ? Aura-t-elle des preuves suffisantes ? Quelqu'un a-t-il croire une simple "intérimaire" ?

Dans le tome 2, on voir le combat de la victime face à son agresseur. Elle doit affronter plusieurs instances sociales qui restent sceptiques. Les rejets de l'inspection du travail ne la rebuttent pas : elle intente enfin un procès à l'Etat pour faire reconnaître le harcèlement sexuel comme un accident du travail... On voit donc la jeune femme combattre les préjugés, les hommes de l'entreprise, mais aussi sa famille qui ne la comprend pas...

MoiAussi-6La mangaka réussit parfaitement à montrer l'angoisse et la souffrance de cette femme, grâce à des gros plans sur les visages. Les sentiments sont retranscrits avec justesse. On voit aussi la réaction des hommes, notamment celui de l'agresseur. Même s'il y a très peu de décors dans les cases, l'ensemble paraît très réaliste, aussi bien dans les conversations que dans les situations professionnelles.

Le parcours de cette femme, inspirée de faits réels, est retranscrit avec vraisemblance. Dans son parcours contre l'injustice, elle est aidée par une association d'entraide pour les femmes où l'héroïne découvre d'autres femmes battues... Enfin, on admire le courage de Satsuki : une fois qu'elle a commencé à parler, elle aceptera de témoigner à visage découvert et ne renoncera jamais face aux multiples embûches...

C'est avec brio que la mangaka met en lumière ce problème de société dans le Japon et hélas, ailleurs aussi... Achetez ce manga et regardez aussi Purl de Kristen Lester, un court-métrage de Pixar, de 8 minutes, créé pour Youtube, pour dénoncer le sexisme.

© Reiko Momochi

logo Japon 2021Moi aussi, Reiko Momochi, (deux tomes, série terminée), éditions Akata, Italie, septembre 2020.

Participation à un mois au Japon organisé par Lou et Hilde/ LC du  avril : lire un manga

Sur le web :

Les (shôjo) mangas luttent contre les violences faites aux femmes
" Moi aussi ", " Don't fake your smile ", " 17 ans, une histoire du mal ", " Transparente "... Plusieurs sorties manga s'attaquent aux agressions sexuelles. L'éditeur Akata a voulu faire de 2020 une année engagée et féministe. Le shôjo manga raconte depuis toujours des histoires dures, avant-gardistes.
https://www.20minutes.fr

 

Du récit intime à la dénonciation, quand le manga s'empare des violences envers les femmes
Pendant dix ans, Satsuki Yamaguchi a mené une bataille administrative et judiciaire : faire reconnaître comme un accident du travail le harcèlement sexuel qu'elle a vécu en tant qu'intérimaire sur une plate-forme d'appels téléphoniques.
https://www.lemonde.fr



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04 avril 2021

C'est le premier, je balance tout (mars 2021) : ISSN 2607-0006

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Logo d'allez-vous faire lire

LES CHRONIQUES VENUES D'AILLEURS

logo Japon 2021Pour les lecteurs aimant le Japon, je rappelle que Hilde et Lou ouvrent la 4eme édition du mois du Japon avec un beau programme riche que vous pouvez découvrir sur son site. Voici ma présentation du challenge. J'ai déjà commencé avec des nouvelles d'Akutagawa : Rashômon. En ce qui concerne les challenges, je me suis aussi inscrite au challenge les étapes indiennes toujours chez Hilde : voici son billet récapitulatif

LES FILMS

LES LIVRES

Pour la journée internationale des droits de la femme, j'ai lu L'événement d'Annie Ernaux qui parle d'IVG dans les années 60 mais dont le propos est toujours d'actualité. J'ai continué la lecture de la série Demon slayer et parcouru la biographie de Goya. Pour notre LC balzacienne, nous avons lu "Adieu", une courte nouvelle captivante... Pour la prochaine LC, j'ai proposé Honoré et moi de T. Lecoq pour le 25 avril. Pour les lectrices, qui lisent d'autres romans sur Balzac, vous pouvez publier le même jour même si ce n'est pas le même titre...

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adieuGoyaL'événement

MES ACHATS

Bientôt une nouvelle série de fantasy, sortira sur la plateforme Netflix : elle adapte la série Grisha de Bardugo. Je continue la lecture et les achats de Demon Slayer (tomes 5, 6 et 7). J'ai acheté un nouveau livre de Sand : Le château de Pictordu. J'ai ajouté un nouveau polar pour le challenge coréen (L'île des Chamanes de Kim Jay).

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île des chamanesgrishale chateau de pic tordu

 

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Rashômon et autres contes de Ryûnosuke Akutagawa : ISSN 260-0006

rashomonQuatre "contes " rassemblés dans ce recueil nous introduisent dans l'oeuvre de Akutagawa et deux nouvelles ont été adaptées en film par Kurosawa. Elles ont été écrites entre 1915 et 1922.

"Rashômon" nous introduit d'emblée dans l'univers étrange et inquiétant, voire cauchemardesque, de cet auteur japonais : un homme, qui vient de perdre son emploi, dans une ville sinistrée, est désespéré. Va-t-il être amené à voler ou à mourir de faim ? Dans les décombres de la ville, il voit, le soir tombant, une vieille femme en train d'arracher les cheveux d'un cadavre. Qui est-elle ? Pourquoi agit-elle ainsi ?

Un conteur raconte dans "Figures infernales" l'histoire tragique d'un peintre. Dès le début, l'histoire suscite la terreur du narrateur : "Moi, entre tous, qui le servais depuis vingt ans, je n'avais jamais vu spectacle plus horrible" (p. 33). Enfin, il commence à conter l'histoire d'un peintre aimant beaucoup sa fille, mais il est d'une grande arrogance, créant l'antipathie du seigneur d'Horikawa. Pendant ce temps, sa fille d'une grande beauté rentre au service du seigneur, au grand déplaisir du père. L'artiste ne peint que ce qu'il voit et ses disciples doivent se plier à toutes les excentricités de leur maître. Quand le seigneur lui commande Le paravent des Figures infernales, un choix cornélien s'offre au père : choisira-t-il de sauver sa fille ou de peindre avec justesse...

"Dans le fourré" est une succession de cinq dépositions faites à un lieutenant : on vient de retrouver un homme mort. Un moine itinérant est interrogé, puis un mouchard, la belle-mère du mort, sa femme, un voleur et enfin, le mort par la bouche d'une sorcière. Mais chaque version est différente : l'épouse a-t-elle tué son mari ?  Est-ce le voleur ? Ou l'homme retrouvé mort s'est-il suicidé ?

Enfin, "Gruau d'igname" est plus flou dans ses intentions : un homme, méprisé par tous, rêve de manger un gruau d'igname. Lorsqu'il pourra se rassasier de ce plat, il ne le fera que dans l'inquiétude. En effet, son maître lui prépare des soupières et des soupières de ce met rare. Mais veut-on montrer que cet homme finira par s'affirmer ou au contraire, qu'être le centre d'intérêt peut créer bien des problèmes ?

KonjaruLes trois premières nouvelles permettent de prendre connaissances d'anciens contes, écrits au XIII, Le Konjaru monogatari. C'est un univers peuplé de légendes, de dieux, d'esprits contenant une certaine cruauté, créant une inquiétude chez le lecteur.

En peu de mots, l'auteur sait peindre des situations, des personnages, des atmosphères. Le style est concis mais extrêmement évocateur. Ces nouvelles sont contruites d'une manière virtuose ! On pense notamment à "Dans le fourré", où chaque point de vue diffère légèrement. Qui croire ? Quant à "Figures infernales", le conteur ménage un suspense terrible, ne cessant de retarder le dénouement inéluctable. En mettant en scène le conteur, il nous entraîne dans ces histoires à la limite du fantastique...

Ces nouvelles d'Akatugawa se révèlent être d'excellents récits pour découvrir la littéraire japonaise traditionnelle (Konjaru manogatari) renouvelée...

logo Japon 2021Akutagawa Ryûnosuke, "Rashômon et autres contes", folio 2 euros, Barcelone, 26 décembre 2018, 105 p.

Participation à un mois au Japon organisé par Lou et Hilde, LC du 2 avril : lire une nouvelle.

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01 avril 2021

Journal de bord, un mois au Japon 2021: ISSN 2607-0006

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Lou et Hilde nous invitent à explorer divers domaine de la culture japonaise pendant un mois. Pour cette quatrième édition, elles ont prévu un programme dans ce billet de présentation du challenge.

Pour le premier avril, elles proposaient de présenter nos PAL, nos collections en rapport avec le challenge etc... De fait, je vous présente ma petite collection de mangas que j'ai débutée il y a un an environ... Tous ne sont pas rangés car j'ai évidemment une PAL de mangas...

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20210331_213903En ce qui concerne mes futures lectures, j'espère, pour le 2 avril, avoir le temps de lire les nouvelles de Rashomon. Ci-contre, une photo où ne paraissent pas tous les livres que j'ai prévu de lire...

Pour le 7, 14, et 21 avril, je vous présenterai des mangas : j'ai déjà lu Moi aussi de Reiko Momoshi (en 2 volumes) que j'ai beaucoup apprécié. Je lirai certainement Wandering souls, une autre série courte en deux tomes de Zélihan. Et enfin, Je finirai la série Mes voisins les esprits d'Ushio que j'avais commencée me semble-t-il l'année dernière pour le mois du Japon 2020.

Pour l'hommage aux victimes de Fukushima, j'ai commandé Les cerisiers fleurissent quand même d'Ishigushi. Mais vais-je le recevoir à temps (12 avril) ? En attendant la réception du livre, j'ai acquis les trois tomes d'Au coeur de Fukushima de Kazuto Tatsuta sur le même thème.

Avec Noir sur blanc de Tanizaki, je compte participer, le 19 avril, à la lecture d'un polar.

Pour le 25 avril, si j'ai le temps (cela fait deux fois que je le dis....), je découvrirai le roman Les délices de Tokyo de Sukegawa dont j'ai vu l'adaptation.

In fine, pour conclure ce modeste mais réjouissant programme, j'ai prévu de voir un film japonais : Gozilla versus Biollante ? Les 47 ronins de Carl Rinsh ?  J'ai d'ailleurs acheté Les 47 ronins de Jiro Osaragi mais je ne suis pas sûre de venir à bout des 1085 pages avant la fin du mois...

Et vous ? Avez-vous préparé votre PAL ? Bonnes lectures à tous et belles découvertes !

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Un mois au Japon organisé par Lou et Hilde

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31 mars 2021

Soirée pop-corn fims avec une héroïne #6 : ISSN 2607-0006

Présenté au festival de Sundance en 2017, I don't feel at home in this world anymore est à la fois une comédie réjouissante et grinçante. Dépressive et solitaire, travaillant dans une maison de retraite, une infirmière ignorée par les uns, bousculée par les autres, décide d'aller à la recherche de son ordinateur volé, de la vaisselle de sa grand-mère, volée également, et de sa dignité. Elle demande de l'aide à son voisin. Ce dernier, tout aussi solitaire, en apparence inoffensif, a en réalité, un comportement un peu psychotique, n'hésitant pas à lancer ses shurikens à tout moment...

Au fil de la quête de la vaisselle ayant appartenu à son aïeule, notre jeune infirmière est confrontée à des voleurs pathétiques, à un vieillard mercantile, à un flic dépressif... Ces faux durs - la gentille infirmière et le petit voisin emporté sachant manier un ninjaku - se font passer pour des faux policiers mais deviennent des vrais meurtriers et seront involontairement politiquement incorrects en frappant un vieillard au grand scandale de toute la foule présente alors que ce dernier était un escroc. Entre événements amusants et moments spleenétiques, notre banale anti-héroïne ne baissera pas les bras face à l'adversité et aux nombreuses embûches qui se dresseront devant elle. Ce film oscille, avec un parfait équilibre, entre scènes de la vie quotidienne et situations déjantées.

Satire de la société individualiste complètement indifférente aux problèmes des uns et des autres, caricature et parodie de films de gangsters, ce film atypique montre comment une jeune femme réussit à reprendre sa vie en main avec beaucoup d'humour, pas potache, mais mélancolique.

127947176_oI don't feel at home int his world anymore, Macon Blair, avec Mélanie Lynskey, Elijah Wood, David Yow, 2017, 1h33, Netflix

Participation aux soirées pop-corn avec Missycornish (son billet Little Miss Sunshine ici)

 

 

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28 mars 2021

Adieu de Balzac : ISSN 2607-0006

adieu

La longue nouvelle "Adieu" est influencée par les genres en vogue au début du XIXeme siècle et fait échos à des événements contemporains : ce récit commence un roman gothique, se poursuit comme un roman "walterscotté" et se finit par un dénouement tragique typiquement balzacien.

bonhommes 001Château des Bonhommes. Gouache d'André Heurlier. DR. Illustration de l'édition Le livre de poche, p. 29

En effet, dans cette histoire, deux chasseurs perdus dans une forêt d'Ile-de-France découvre les ruines du manoir "des bonhommes" où ils aperçoivent une femme fantomatique. L'un des hommes, le colonel Philippe de Sucy croit reconnaître son amante, la marquise Stéphanie de Vandières. Ils ont été séparés en 1812 lors du passage de la Bérésina. Va-t-il pouvoir lui faire retrouver la raison ? Pourront-ils s'aimer à nouveau ?

" C'était comme un lieu funeste abandonné par les hommes. Le lierre avait étendu partout ses nerfs tortueux et ses riches manteaux (p. 30)". Dans ce lieu qualifié par l'un des deux chasseurs, le magistrat, de "palais de la Belle au Bois Dormant" (p. 31) surgit une jeune femme folle. Mais une fois planté ce décor digne des romans noirs anglais, Le colonel prend la parole pour éclairer la vie de la femme, qui se révèle être la marquise de Vandières.

Balzac fait le récit de la traversée de la Beresina par l'armée impériale en s'appuyant sur des faits historiques et des personnages réels tels que le général Eblé alors que les principaux protagonistes sont, eux, fictifs. Cet épisode peu connu de la campagne de Russie est décrit épiquement dans ses moindres détails tout en restant focalisé sur le sort de Philippe de Sucy et de Stéphanie.

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Les pontonniers du général Eblé https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_la_B%C3%A9r%C3%A9zina

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 La retraite de Moscou de Napoléon, Adolph Northern https://fr.wikipedia.org/wiki/Bataille_de_la_B%C3%A9r%C3%A9zina

Au moment où l'on est plongé dans ce récit historique, on retourne sur le sort de la jeune femme : comment la guérir ? L'amant doit-il la laisser dans cet état comme le fait son oncle, le docteur Fanjat ? Dans l'introduction, Lucette Vidal rappelle que les aliénistes de l'époque se préoccupaient fort de la folie et des pratiques à mettre en place pour guérir les fous. De même, la question de "fille ou d'enfant sauvage" comme Victor de l'Aveyron (1799) préoccupait aussi les scientifiques de l'époque...

Une nouvelle passionnante traitant des thématiques balzaciennes de la passion tragique, de la satire de la société du début du XIXeme siècle et de leurs préoccupations ! Vraiment passionnant !

Balzac, "Adieu", Le livre de poche, 92 p, Juillet 2019, Espagne.

LC avec Rachel, Claudia. Prochaine LC : Honoré et moi de T. Lecoq pour le 25 avril.

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La comédie humaine :

1. Scène de la vie de province: La vieille fille"La femme abandonnée", " Pierrette", Le curé de Tours, Ursule Mirouet, Eugénie Grandet, La vieille fille, Le cabinet des antiques,

2. Scène de la vie parisienne :La cousine Bette, Ferragus, La maison Nucingen, "Pierre Grassou", La fille aux yeux d'or, La duchesse de Langeais

3. Etude philosophique : Maître Cornélius, Un drame au bord de la mer, Fascino cane, Louis Lambert, Melmoth réconcilié, La peau de chagrin, L'auberge rouge, L'élixir de longue vie.

4. Scène de la vie privée : Adieu,  "La maison du chat qui pelote", Un début dans la vie, La vendetta, Une double famille, "Le bal de Sceaux", Mémoires de deux jeunes mariées, Le père Goriot, La bourse, Le colonel Chabert, Gobseck

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17 mars 2021

Demon slayer de Koyoharu Gotouge (volumes 2, 3 et 4 ) : ISSN 2607-0006

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Demon slayer © 2019 by Koyoharu Gotouge/ SHUEISHA Inc.

Après l'interruption de la série en 2017, les éditions Panini ont sorti deux nouveau volumes en octobre 2019, un mois après la publication des deux premiers volumes.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que dans cette série, la mangaka ne musarde pas ! Dès le deuxième volume, notre héros Tanjiro enchaîne les missions de pourfendeur de démons. Sans traîner, il rencontre Muzan, celui qui a massacré sa famille, mais découvre aussi d'autres créatures démoniaques, pas toutes mal intentionnées. Au fil de ses aventures, deux autres compagnons vont accompagner le sérieux Tanjiro, apportant de l'humour par leur comportement burlesque.

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Demon slayer © 2019 by Koyoharu Gotouge/ SHUEISHA Inc.

Quant aux dessins, le graphisme est toujours aussi beau avec des cadrages audacieux et des motifs toujours aussi finement travaillés (planche 1). De gigantesques onomatopées viennent dynamiser les scènes. Quelle inventivité dans les épisodes, le découpage des cadres et la narration ! Les rencontres et les démons s'enchaînent mais ne se ressemblent pas. Il y a des trouvailles extraordinaires qui empêchent l'ennui de s'installer.

Même s'il y a beaucoup de combats comme dans les shonens traditionnels, la mangaka prend le temps de développer les rapports entre le frère et la soeur et l'univers de nos héros : les moyens de communication entre pourfendeurs de démons, leur grade, les caractéristiques des démons... Nezuko ne se contente pas d'être trimballée dans une boîte pour être protégée du soleil, elle aide aussi son frère dans les combats et se montre tout aussi altruiste et courageuse. Une série à découvrir ou à poursuivre...

Gotouge, Demon slayer, volumes 2 à 3, (17 volumes, en cours), Panini, août 2019, Nice.

autres volumes : Demon slayer ( volume 1)

 

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14 mars 2021

Goya de Serafini Guiliano : ISSN 2607-0006

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L'ombrelle, Goya, 1777

saturneComment imaginer que le même peintre ait peint L'ombrelle et le sombre Saturne ? La peinture de Goya présente une variété, une richesse extraordinaire et une modernité surprenante. C'est ce que s'attache à montrer cette biographie chronologique avec, d'abord, la période où il copie des maître lorsqu'il fait le Grand Tour (1770) où il a peut-être rencontré Piranèse ( Prison XIII). Il peint alors des tableaux comme Hannibal contemple pour la première fois l'Italie du haut des Alpes.

Saturne, Goya, 1820

 

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Hannibal contemple pour la première fois l'Italie du haut des Alpes ( 1770), Goya

Plus tard appelé à Madrid ( 1774), il s'inspire de la mode du majisme et représente des scènes galantes, de la vie quotidienne édulcorée telles que Les lavandières.

L'intérêt de cette biographie est d'avoir inséré des encadrés permettant l'analyse d'un tableau spécifique (La prairie de San Isidro qui est non seulement une peinture de "plein air" mais aussi moderne par son "inachevé") ou de développer les influences du peintre aragonais en faisant des parallèles entre, par exemple, Vélasquez et Goya.

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La pradera de San Isidro, Goya

1200px-GOYA_-_El_aquelarre_(Museo_Lázaro_Galdiano,_Madrid,_1797-98)Tout au long de sa vie, Goya est proche du pouvoir et répond à de nombreuses commande avec notamment des portraits officiels. Au moment où il est atteint de surdité, la Cayetano devient la muse du peintre aragonais ( La duchesse d'Albe). Commence une période où les tableaux de l'artiste présente un aspect plus sombre de l'humanité avec Les caprices, suivis des sorcières de l'Alameda (Le grand bouc).

Le grand bouc, Goya, 1797

Lorsque le biographe éoque la maja desnuda ( 1800), il met en parallèle ce nu avec la Venus d'Urbino de Titien (1553) ou la Venus au miroir de Velasquez ( 1647) pour montrer comment le peintre critique les coutumes et la morale. Le peintre des caprices a aussi peint la guerre avec les célèbres le 2 mai 1808 et le 3 mai 1808 mais sans patriotisme ni héroisation des soldats.

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 El tres de mayo de 1808 et el dos de mayao de 1808

On retrouve la même veine des Caprices, avec Les Proverbios qui poussent encore plus loin les thématiques de la folie et de l'absurdité. L'aspect ténébreux de la condition humaine est aussi visible dans le Pélerinage à San Isidro lorsqu'on le compare avec la prairie de san Isidro.

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Manière de voler ( Les proverbes) et El sueno de la razon produce monstros (Les caprices)

Enfin, à 80 ans, Goya s'exile en France et séjourne à Bordeaux où il peint La laitière de Bordeaux ( 1827).

Richement illustrée, cette collection "vies d'artistes" est une bonne introduction à l'art du peintre aragonais.

Serafini Guiliano, Vies d'artistes, Goya, Grund, mars 2005, 118 p.

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Le pélerinage à San Isidro, Goya, 1820, musée du Padro

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08 mars 2021

L'événement d'Annie Ernaux : ISSN 2607-0006

Le 13 janvier 2021, A. Ernaux aurait dû faire l'actualité avec son roman Passion simple adapté au cinéma par Danielle Arbid. Malheureusement, la sortie de ce film sélectionné au Festival de Cannes en 2020 est repoussée. Toutefois, sa longue nouvelle autobiographique L'événement est toujours d'actualité, avec le thème de l'avortement, en ce 8 mars, journée internationale des droits des femmes.

photo ernauxL'événement

Une librairie bordelaire © 1001 classiques

Dans ce court récit, A. Ernaux décrit quelques mois, dans les années 60, durant lesquels elle essaie d'avorter suite à une grossesse non désirée. Son copain, étudiant en médecine, indifférent à son sort et éloigné géographiquement ne la soutient ni moralement, ni financièrement. Elle ne peut guère compter sur l'aide de ses parents, d'origine modeste et pétris de préjugés. C'est dans la solitude qu'elle doit faire face à cette situation, situation d'autant plus difficile qu'à l'époque, les femmes n'ont d'autres solutions que d'avorter clandestinement.

On pourra apprécier la retenue de la romancière, qui ne tombe jamais dans une plainte ou un lyrisme facile. Au contraire, elle fait ressentir sa douleur, sa solitude et sa souffrance sans effusion. On reconnaîtra d'ailleurs son style habituel, son écriture "plate" (La place) qui mêle autobiographie, restitution de son époque et réflexion sur l'écriture : en l'occurence, elle cherche une manière d'exprimer sa douleur en cherchant à retrouver les sensations, les sentiments qu'elle a vécus sans les transformer. Vers la fin du récit autobiographique, elle affirme : "Et le véritable but de ma vie est peut-être seulement celui-ci : que mon corps, mes sensations et mes pensées deviennent de l'écriture, c'est-à-dire quelque chose d'intelligible et de général, mon existence complètement dissoute dans ma tête et la vie des autres" ( p. 125).

Un roman similaire à ses précédents romans ? En fait, Annie Ernaux, par ce récit d'un événement douloureux, s'inscrit dans la mémoire collective, mais plus spécifiquement de celle de toutes les femmes : (" Je ne suis pas le plombier !" [dit un chirurgien]. cette phrase comme toute celle qui jalonnent cet événement, des phrases très ordinaires, proférées par des gens qui les disaient sans réfléchir, déflagre toujours en moi. Ni la répétition ni un commentaire sociopolitique ne peuvent attérnuer la violence. [...] Et cette phrase que lui avait peut-être inspirée un sketch de Fernand Raynaud qui faisait alors rire toute la France, continue de hiérarchiser le monde en moi, de séparer, comme à coup de trique, les médecins des ouvriers et des femmes qui avortent, les dominants et les dominés" (p. 108).

"Il se peut qu'un tel récit provoque de l'irritation, ou de la répulsion, soit taxé "de mauvais goût". D'avoir vécu une chose, qu'elle qu'elle soit, donne le droit imprescriptible de l'écrire. Il n'y a pas de vérité inférieure. Et si je ne vais pas au bout de la relation de cette expérience, je contribue à obscurcir la réalité des femmes et je me range du côté de la domination masculine du monde" (p. 58).

Contrairement à ce que croit la romancière, la lutte contre l'IVG est peut-être terminée en France mais elle ne l'est pas dans d'autres états comme le rappelle un film récent Never rarely sometimes always (2020) ou d'autres événements de notre société contemporaine (France info).

Ernaux Annie, L'événement, Folio, France, août 2001, 130 p.

Autres romans de la romancière : Mémoire de fille, La place, la honte, une femme, Regarde les lumières mon amour

Sur le web : billet de Lilly

VIDEO. IVG : comment ça se passe dans le monde ?
L'IVG peut être pratiquée jusqu'à 24 semaines. C'est l'un des délais les plus élevés d'Europe avec les Pays-Bas. L'avortement est quasiment illégal. Les femmes polonaises ne peuvent désormais recourir à l'IVG qu'en cas de viol, d'inceste ou de danger pour la vie de la mère.
https://www.francetvinfo.fr

 

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