1001 livres

16 septembre 2017

Donna Leon, Brunetti entre les lignes/ Une question d'honneur

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Contrairement aux giallos, d'une grande noirceur, Brunetti entre les lignes est remplie de douceur, de nostalgie, et un meurtre n'est commis qu'au milieu du roman. Mais en quoi consiste donc l'enquête ? Le commissaire est appelé par la bibliothèque (fictive) de Merula car des manuscrits ont été volés. Une bibliothèque ancienne, des livres rares, un prêtre défroqué et érudit qui est appelé "Tertullien" : pourtant cet univers est très éloigné du complexe et riche d'Au nom de la Rose.

L'intrigue se met lentement en place, au rythme des souvenirs de Brunetti, se rappelant ses années estudiantines, son amour des livres, partagé par sa femme Paola, professeur dans une université. Venise est amoureusement décrite par l'auteur, qui semble prendre plaisir à décrire rues, canaux, bâtiments... Une enquête sur les trafics de livres anciens lente et reposante, pas des plus remarquables.

Brunetti entre les lignes, Donna Leon, Editions Points, 301 p.

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Claudia est presque l'incarnation vénitienne de Lili Barth, héroïne malheureuse d'Edith Wharton, romancière qui fait l'objet des cours de la femme de Brunetti. Cette jeune étudiante souhaite réhabiliter la mémoire de son grand-père, accusé de vol d'oeuvres d'art pendant la seconde Guerre Mondiale. Est-il coupable ? Brunetti fait face à son passé et à d'anciens fascites.

"De plus en plus curieux", répondit Paola, la femme de Brunetti en citant Alice aux pays des merveilles. Quant au commissaire, il répond à ses enfants : " Est-ce que vous n'avez pas honte de consacrer toute votre énergie à acquérir davantage de richesses, sans penser un seul instant à la vérité et à la compréhension des choses, ainsi qu'à la perfection des âmes" ( Platon). Mais les références littéraires ne sont pas le seul attrait de ce livre. L'enquête amène l'auteur a aborder plusieurs problèmes sociétaux, notamment les pots de vins, les malversations, les immigrés... mais aussi des considérations sur l'art, l'histoire, la justice et la littérature... On prend vraiment plaisir à mener l'enquête aux côtés de Brunetti, même si tout semble un peu édulcoré. D'autres lectures de la série viendront certainement, bien que les enquêtes semblent d'inégales factures.

Une question d'honneur, une enquête du commissaire Brunetti, Donna Leon, Points, 340 p.

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07 septembre 2017

Rosa Montero, Le poids du coeur

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A la page 152, le personnage principal, la répliquante Bruna Husky, des Larmes sous la pluie fait elle-même un bilan de la situation : " Tout un coup le monde entier semblait être devenu radioactif. D'où l'intérêt de cette ancienne mine d'uranium. Un diamant volé, une fausse veuve, une épouse morte, un accident simulé, deux cadavres réels, un bras amputé, un rapport d'incident sanitaire escamoté et de la radioactivité partout" (p. 91). Ainsi Bruna enquête sur un cimetière nucléaire tout en faisant face à de nombreux problèmes, notamment ses problèmes existentiels. Alors que les heures de la répliquante sont comptées ( il ne lui reste que 3 ans à vivre), elle se bat pour plus de justice.

Ce nouvel opus lorgne vers le space-opéra puisque la répliquante doit poursuivre son enquête sur Labari, planète artificielle : là on découvre une société médiévale en quelque sorte, qui en imite l'esthétique mais qui permet à l'auteur de dénoncer un système de castes, notamment la place accordée aux femmes. Non seulement ce roman de SF aborde de multiples sujets passionnants (écologique, téchnologique, politique) mais en plus, il ne manque pas d'humour avec quelques personnages secondaires bien campés. Il faut aussi savoir que les remarques scientifiques sur la radioactivité, présents dans ce roman, reposent sur des faits réels et dans les remerciements, Montero nous conseille Into Eternity, un documentaire de Michael Madsen. On attend la suite des aventures passionnantes de l'androïde !

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Dans ce documentaire, le réalisateur s'interroge sur le stockage des déchets racioactifs. Qu'en faire ? En Finlance, se construit un tunnel qui permettraient de les stoquer pendant 100 000 ans. En attendant, dans quelles conditions sont-ils gardés ? Comment protéger les générations futures de ce lieu ? En s'appuyant sur des images tournées à Onkalo même (où une partie du livre se déroule), sur des interviews de scientifiques, Madsen livre un intéressant documentaire, bien qu'un peu lent et répétitif. On peut regretter, marketing oblige j'imagine, la mention sur la jacquette de "meilleur film de SF depuis 10 ans" ! Into eternity n'est ni un film, ni de la science-fiction.

Madsen, Into Eternity, 1h15

Rosa Montero, le poids du coeur, Métaillié, 357 p.

Du même auteur : Les larmes sous la pluie.

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01 septembre 2017

C'est le premier, je balance tout (septembre 2017)

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1) FILMS

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 Mae ( jouée par Emma Watson) est embauchée par The circle - un groupe de nouvelles technologies - qui amène les gens à être ultra connectés. Cependant, on n'a pas attendu J. Ponsoldt pour savoir que la surveillance constante peut être néfaste. Quelques incohérences sont, en outre, à relever dans le rôle de l'héroïne et du concepteur du logiciel. C'est un film oubliable, étant donné que la thématique n'est pas neuve et qu'elle est traitée sans originalité.

The circle, de Ponsoldt, avec Emma Watson et Tom Hanks, 2017, 1h50

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La planète des singes, suprématie clôt la trilogie commencée par La planète des singes, les origines. César pense qu'une cohabitation est possible entre les hommes et les singes mais le colonel Mccullough, un militaire fou - tel un nouveau Kurtz sorti d'Apocalypse now- décide de traquer les singes. Il y a aussi une autre apocalypse qui est évoquée, mais celle-ci biblique, avec le slogan des soldats ( l'alpha et l'oméga renvoyant au jugement dernier dans l'Evangile de Saint Jean). Un peu de comique, un peu de sentiments ( trop à la fin, avec une fin un peu bavarde), des questionnements sur l'humanité et l'animalité, des motion captures saisissantes : un film à voir pour ceux qui ne l'auraient pas encore vu !

La planète des singes, suprématie, de Matt Reeves, 2017, 140 min, Billet sur la route du cinéma, Dasola,

2) MES LECTURES : TOP...

J'ai redécouvert un chef d'oeuvre ( L'éducation sentimentale de Flaubert), découvert un autre auteur remarquable, Lobo Antunes ( Le cul de Judas dont je vous parlerai bientôt) et j'ai continué la série policière écrite par Connely (Mariachi plaza).

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... FLOP

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Alors que j'avais lu avec admiration tous les livres de Rosa Montéro ( Les larmes sous la pluie, le poids du coeur et L'idée ridicule de ne plus jamais te revoir), j'ai abandonné à la page 100 Le territroire des barbares. Ce roman narre la traque de Zarza, une jeune femme qui vit seule, par son frère jumeau, qui cherche à se venger. Rien dans l'écriture ou l'histoire n'a retenu mon attention.

Le territoire des barbares, Montero, points,  288 p.

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yenneAutre abandon : Divergente 2. Dans un futur post-apocalyptique, une société est divisée en 5 factions : les altruistes, les audacieux, les Erudits, les Sincères et les Fraternels. Comme vous l'avez compris, selon votre caractère, vous êtes destinés à une fonction et malheur à celui qui n'arrive pas à rentrer dans une case et qu'on appelle alors un "divergent". Notre jeune héroïne, Béatrice Prior, est une divergente, conséquemment, elle ne ressent pas les effets d'un sérum, qui permet à Jeannine ( une érudite) de dominer toutes les autres factions. C'est un bon livre young adult qui aborde de nombreux problèmes liés à l'adolescence ( quelle place dans la société ? comment s'intégrer dans un groupe ? L'amour et l'amitié ) mais aussi à un système totalitaire. Malheureusement, les sentiments de Béatrice envahissent trop le deuxième tome et j'ai abandonné ce roman qui était pourtant très intéressant.

Divergente 1, Roth, Pkj, 488 p.

Divergente 2, Roth, Pkj, 523 p.

3) LES CHRONIQUES VENUES D'AILLEURS

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Le fossoyeur de film et Durendal sont tous deux des critiques de cinéma talentueux. Ils proposent des analyses de films précises, parfois comiquement présentées et richements argumentées. Grâce à eux, j'ai vu des films peu connus ( comme Jusqu'en enfer de Sam Raimi ou  Planète hurlante, une adaptation de P. K Dick, voir ici), ils m'ont donné envie de voir un classique du genre ( 2001 L'Odysée de l'espace) ou ils m'ont aidé à mieux comprendre certains univers comme le Marvel cinematic universe (ici) etc... Deux sites très différents mais à découvrir !

4) ACHATS

Ce mois-ci peu d'achats ( Balibar, Marie Curie, 2001 l'Odyssée de l'espace, Clarke et La vague de Strasser), je m'attaque à ma PAL !

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01 août 2017

C'est le premier, je balance tout (aout 2017)

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1) FILMS

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 En 2011, au Caire, le commissaire Nourredine cherche à découvrir l'assassin d'une chanteuse, retrouvée égorgée dans un hôtel. On apprécie dans ce film policier, la trajectoire d'un flic corrompu face à des crimes odieux. L'enquête est moins importante que le contexte social ( les inégalités flagrantes) et historique : le réalisateur filme en caméra semi-objective, la révolution égyptienne de 2011, qui va renverser le président Moubarak. Un excellent film à voir !

Le Caire Confidentiel, de Tarik Saleh, avec Fares Fares, 1h50. Billet de PascaleDasola, Trillan

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Spiderman homcoming, 2017, 2h14, de Jon Watts, Tom Holland, Robert Downey. Billet de Pascale

Valerian et la cité des mille planètes, de Besson, avec Dane DeHann, Cara Delevingne, 2h18

 Encore une nouvelle adaptation de Spider man où on insiste sur l'apprentissage moral du jeune homme et l'apprivoissement de ses pouvoirs parce que ce n'est pas toujours facile de tisser des toiles pour retenir deux moitiés d'un paquepot ou de marcher sur les plafonds... Dans ce nouveau film, il fait face à un homme vauteur, qui exploite malhonnêtement des énergies extraterrestres.

Quant à Valérian, c'est un space opéra où deux agents intergalactiques doivent lutter contre un méchant militaire pour éviter un génocide.

Ce sont des films qu'on regarde pour le divertissement, qui allient rythme rapide, images de synthèse époustouflantes mais qui ne sont pas particulièrement originaux. Il me semble, toutefois, que certains réalisateurs choississent des héros adolescents pour un public bien ciblé. Ces films me paraissent l'équivalent de la littérature "young adult".

2) MES LECTURES ( cliquez sur l'image pour avoir les liens vers les billets)...

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3) LES TOPS...

Ce mois-ci, j'ai découvert avec plaisir l'excellent roman historique de Laurent Binet HHhH ( infographie ici), L'heure zéro de l'indémodable Agatha Christie, que je chroniquerai plus tard.  J'ai décidé de relire toute la saga d'Harry Potter de Rowling que je n'avais pas terminé. Et j'aime toujours autant Rosa Montero dont j'ai lu L'idée ridicule de ne plus jamais te revoir et Le poids du coeur ( billet à venir pour ce roman de SF)

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...ET FLOP

C'est la deuxième fois que j'abandonne un livre de Camillieri à cause de la traduction. "S'areveilla", " pinser" au lieu de "penser" sont des choix expliqués dans l'avertissement du traducteur mais qui, à la lecture, deviennent vite pénibles. Je n'ai donc pas achevé ma lecture. Dommage, j'avais beaucoup aimé un de ses précédents romans ( Meutre aux poissons rouges)...

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3) LES CHRONIQUES VENUES D'AILLEURS

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 Cette chronique parle d'un monde venu d'ailleurs, du futur plus précisément : en 2022, une crise économique mondiale plonge la terre dans le chaos. Margotte nous conseille ce livre, Le paradaoxe de Fermi de JEan Pierre Boudine et l'émission " de la SF plein la valise" (France culture). Sitôt son billet lu, sitôt le livre acheté...

4) ACHATS

Violaine Gelly, Charlotte Delbo + Aucun de nous ne reviendra, Delbo + Ceux qui avaient choisi, Delbo, Harry Potter et la chambre des secrets, Rowling, Laurent Julllier, Une brève histoire du cinéma, Marie Curie, Petit

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5) PETITE PAUSE ESTIVALE, BONNES LECTURES A TOUS...

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29 juillet 2017

Intérieur nuit, Marisha Pessl

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Après un premier roman à succès, comme La physique des catastrophes, on attendait avec impatience une autre oeuvre du même auteur. Mais sera-t-elle à la hauteur ? En ce qui concerne le deuxième roman de Marisha Pessl, je l'ai beaucoup apprécié tout en le trouvant moins crédible que le premier ( le défaut de la fin du roman La physique des catastrophes, la théorie du complot, s'étend en quelque sorte à l'ensemble de Intérieur nuit).

Intérieur nuit, c'est l'enquête d'un journaliste Scott McGrath sur la mort mystérieuse de Ahsley Cordova, la fille d'un non moins mystérieux réalisateur. Ses films d'horreur ne sont pas projetés en salle et ses tournages restent entourés d'une aura de mystère. Scott découvre un monde cinématographique fascinant, autour du PEak, demeure de Cordova. Ashley s'est-elle suicidée ? Etait-elle possédée ? Malade ? L'intrigue est à la frontière du fantastique, voire du satanique, du réel et de la fiction... Comment découvrir la vérité derrière les mensonges, les mises en scène ? Comment rester lucide devant ces faux-semblants ? "Je me faisais des films" (p. 302), contaste le narrateur...

Mais quelle inventivité en ce qui concerne les personnages et la forme que prend la narration ! Autant le personnage de journaliste relève du cliché, autant pour Cordova, Pessl fait preuve d'une inventivité démiurgique, recréant une filmographie, une demeure, un univers ténébreux... Et puis admirez, ci-dessous, la forme des informations distillées au lecteur : pages de sites, fausse couverture, photos permettent de donner vie à cette inextricable aventure. Un roman à lire même si, parfois, l'histoire paraît un peu trop abracadabrantesque...

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Marisha Pessl, Intérieur nuit, folio, 487 p.

Son prédécent billet : La physique des catastrophes, Pessl

Merci Folio pour ce partenariat.

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27 juillet 2017

Laurent Binet, HHhH

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Laurent Binet, HHhH, audiolib, 11h06, 2017.

Laurent Binet, HHhH, Le livre de poche, 442 p. billet d'Agnès (mon biblioblog)

Merci Audiolib pour ce partenariat. Pour écouter un extrait : ici.

 

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19 juillet 2017

Mourlevat, La rivière à l'envers l'intégrale en audiolib + Silhouette

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"La vie a plus de fantaisie que moi" Mais quel conteur ! Quand on ouvre  le livre des aventures de Tomek, on a l'impression de traverser le miroir d'Alice aux pays des merveilles. Lorsqu'Hannah, une jeune fille entrée dans son épicerie lui avoue qu'elle part à la recherche de la rivière à l'envers, Tomek part aussitôt à l'aventure. Mais pourquoi cette rivière coule à l'envers ? Où se situe-t-elle ? Et quelle aventure ! Le jeune héros doit traverser la forêt de l'oubli, le village des parfumeurs, répondre à des énigmes sur une île qui n'existe pas etc... Que d'inventions ! Que de poésie !

"Mais tu dois savoir qu'aucun de ces cadeaux n'égalera cette histoire que je vais te dire" Aussitôt La rivière à l'envers refermé, on n'a qu'une envie c'est de rester dans ce monde enchanteur ! Le récit d'Hannah, qui reprend certains éléments de celui de Tomek, est aussi poétique et exaltant : à nouveau, on découvre des lieux étranges, des personnages hors du commun, des caravanes qui n'existent pas, des villages en ruine et des équipées diaboliques, une princesse Alyzée maudite... Hannah nous ensorcelle avec son récit comme une nouvelle Shéhérazade : " Je t'ai lu presque tout le grand livre des Mille et Une nuits, Tomek Plus de 800 pages... Quelquefois, je perdais le fil de l'histoire, et je laissais couler les mots dans ma bouche sans m'occuper de leur sens. D'autres fois, au contraire, je le suivais si bien que je devenais Shéhérazade. J'étais allongée auprès du sultan Sharhriyar, et je contais pour ne pas mourir".  Des enchantements, le monde du conte, des références littéraires, un univers à découvrir, un auteur à lire et à aimer !

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Cette oeuvre estampillée "jeunesse", mais qu'adulte, on peut tout autant savourer est déjà une oeuvre transmédiatique grâce à audiolib. Vous pouvez désormais écouter les histoires de Mourlevat, en intégral, lu par l'auteur lui-même. Sa voix très agréable nous entrainer rapidement dans les aventures de nos héros. Le découpage en courts chapitres permet une écoute facile. En outre, l'écoute de CD est autorisée en classe. Ces CD d'audiolib sont encore une véritable réussite !

La rivière à l'envers, Mourlevat, audiolib, 6h56

Merci audiolib. Extrait à écouter ici.

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Alors que Terrienne m'avait fait aimer un auteur pour son humour et son style, j'ai abandonné son recueil de nouvelles Silhouette. Une femme appelée à figurer dans un film... Un adolescent qui veut sauver son chat... Cruelles et ancrées dans la réalité quotidienne, je n'ai pas, dans ces courts récits, retrouvé le style de l'auteur. Est-ce le genre qui m'a déplu ? Les nouvelles à chutes sont légions maintenant... Est-ce les thèmes qui renvoient à un univers banal qui m'ont fait abandonner ce recueil ? Sans être déplaisantes, je n'ai pas voulu passer plus de temps avec ce livre.

Sihlouette, Mourlevat, Gallimard jeunesse, 220 p.

Mourlevat, La rivière à l'envers, 1. Tomek, PKJ, 191 p.

Mourlevat, La rivière à l'envers, 2. Hannah, PKJ, 158 p.

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15 juillet 2017

Le retour, Robert Goddard

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Si vous avez déjà lu un roman de Robert Goddard, vous reconnaîtrez certains ingrédients, qui sont présents dans ses précédentes oeuvres : l'importance du passé dans la vie d'un homme et le thème du chantage, qui apparaissait déjà dans Les mystères d'Avebury. Dans Le retour, Christopher Napier est en proie à un chantage : pour quelle raison ? Qui est cette femme qui lui réclame de l'argent ? Cet épisode va permettre au héros narrateur de faire un retour en arrière sur sa vie et ce ne sera pas le seul. Le livre est entièrement construit sur des analepses : chaque nouvel élément permet à l'auteur d'évoquer ses souvenirs.

En effet, la famille de Chris est devenue riche grâce à un oncle Joshua, qui a fait fortune en Alaska à l'époque de la ruée vers l'or. Mais cet argent ne leur était pas destiné. Le vieil oncle était amoureux de Cornélia Lanyon et celle-ci était devenue sa gouvernante. La soeur de Joshua, personnage cupide n'a de cesse de se rapprocher de lui dans l'espoir d'hériter de cette colossale fortune. Soudain, l'oncle est tué par son protégé Michael Lanyon, le fils de Cordélia. A partir de ce drame, les Napier deviennent riches alors que les Lanyon subissent de nombreux revers de fortune. Mais le fils de Michael Lanyon, Nick, est persuadé de l'innocence de son père. Lorsque Nick se suicide, Chris décide de mener une enquête pour vérifier la culpabilité de Michael Lanyon.

Comme dans Les mystères d'Avebury, le héros part à la quête des témoins du meurtre passé et est confronté à de nombreux problèmes. Outre, ces problèmes, il doit faire face aux mensonges des uns et des autres. L'enfance du héros se déroulant pendant les années 1940, on nous donne aussi un aperçu de l'Angleterre après la Seconde Guerre Mondiale. La construction du roman est très efficace mais, on voit réapparaître quelques ficelles similaires aux Mystères d'Avebury. Le retour reste toutefois un bon page-turner.

Le retour, Robbert Goddard, Livre de poche, 517 p.

Lecture commune avec Missycornish : son billet ici. Billet de Lewerentz

Autres romans de cet auteur : Les mystères d'Avebury

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07 juillet 2017

Goddard, Le mystère d'Avebury

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En 1981, à Avebury, David Umber est le malheureux témoin d'un enlèvement d'une petite fille et du meurtre de sa soeur, les enfants des Hall. Il venait rencontrer, dans ce lieu historique, un universitaire, qui devait lui donner des renseignements sur Junius : ce dernier est un polémiste anonyme du XVIIIeme siècle. L'affaire semble close, lorsqu'un tueur en série reconnaît, dix ans plus tard, avoir tué la jeune enfant des Hall. Mais Sharp, l'enquêteur en charge de l'affaire, à la retraite, a reçu une lettre anonyme, qui relance l'affaire. 

"Parce que ça veut dire que nous pouvons oublier les experts scientifiques à la noix. Je n'ai jamais fait confiance aux blouses blanches de toute façon [...]. Alors que le temps ? C'est autre chose. Il révèle des structures, des motifs. Ce que les gens touchés par l'enlèvement de Tamsin Hall et le meurtre de Miranda Hall ont fait pendant toutes ces années, voilà les éléments que nous allons passer au crible", déclare Charp. L'ancien inspecteur et David vont donc rencontrer tous les témoins de l'affaire.

Il y a donc une énigme littéraire, à l'intérieur d'une énigme policière. Qui est Junius ? Quel est son lien avec l'enlèvement de Tamsin Hall ? David tente de résoudre cette affaire mais les embûches sont sans nombre. Autant l'énigme autour de Junuis est enthousiasmante et réelle, autant l'excès de rebondissements rend invraisemblable l'histoire : les lieux, les personnages, les secrets se multiplient. En outre, le personnage principal est maladroit, naîf et désorienté. On dirait un pantin balloté par un un écrivain en proie à une imagination débordante. L'aspect jeu de piste avec les rendez-vous manqués devient un procédé lassant.

Cependant, Robert Goddard arrive à maintenir le suspense jusqu'à la fin, mais en complexifiant à l'outrance l'intrigue, qui aurait mérité d'un peu plus de vraisemblance. Sous ses airs de simple quête de vérité, on perçoit aussi une vision assez sordide de l'humanité, où tout se monnaie, où les hommes sont sans scrupule et sans honneur.  Les mystères d'Avebury reste toutefois un bon page-turner...

Le mystère d'Avebury, Goddard, Les éditions sonatine, 394 p.

Merci Lewerentz pour ce livre : son billet ici.

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05 juillet 2017

La loi des Sames, Pettersson

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Pourquoi on aime ce roman ? Dans ce roman policier, Lars Pettersson ne situe pas son intrigue en Laponie norvégienne, tout en oubliant le décor. Il nous décrit les us et coutumes du peuple autochtone, les Sames. Anna est subtitut du procureur, en Suède et a donc quitté la siida ( et sa mère avant elle), c'est-à-dire le clan. Sa famille ne cesse de lui reprocher cette défection. Elle est rappelée par sa grand-mère pour défendre son cousin Nils, accusé de viol. -40 degrés, l'aurore boréale, des paysages enneigés à perte de vue, des éleveurs de rennes pas commodes : voici ce à quoi est confronté notre héroïne.

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( carte p. 10)

Qui sont les Sames ? Grâce à ce thriller, vous en saurez plus sur leur chant traditionnel, les élevages de rennes, leurs costumes traditionnels. Une carte, placée à la première page, nous permet de suivre les déplacements d'Anna en Laponie et la traductrice a ajouté des notes de bas de pages pour traduire tous les mots Sames. C'est d'ailleurs la force et la faiblesse de ce roman que de décrire avec des détails zoliens la vie quotidienne de ce peuple : le nombre de gauffres avalés ou de cognac ingurgités, les plats détaillés, débouchage héroïque de canalisation semblent parfois superflus.

"La police des canards" ( p. 286) " Quel rôle notre système juridique moderne pouvait-il jouer dans une société qui présumait que la loi et le droit dépendent du contexte social et des expériences accumulés au cours de l'histoire ?". Une chasse aux canards est autorisée au printemps où chacun ne peut tuer que deux canards. Seuls trois policiers surveillent cette chasse qui se déroule sur un territoire aussi grand que la Belgique. Mais personne en respecte cette réglementation. Ainsi en est-il pour la justice où le commissaire local, appartenant à une puissante famille, classe les affaires qui ne lui sont pas favorables. Pourtant Anna, ayant un caratère bien trempé, ne va pas se laisser intimider et va mener son enquête tambour battant tout en réfléchissant sur la politique de norvégianisation des Samis, du rôle des femmes dans son peuple et de la place qu'elle occupe dans sa famille. Ne vous laissez pas détourner de ce roman bien ficelé, par le premier chapitre un peu confus et le début un peu lent à se mettre en place, qui sont largement compensés par le caractère de l'héroïne et la découverte des Samis.

La loi des sames, Pettersson, folio policier, 523 p.

Merci folio pour ce partenariat ! Merci Claudia, qui par sa passion pour ce pays où elle a voyagé m'a donné envie de découvrir ce roman.

P1000242Photo prise par Claudia, son blog ici

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