1001 livres

13 janvier 2015

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02 janvier 2015

Bonne année 2015

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29 décembre 2014

Le complexe d'Eden Bellwether, de Benjamin Wood

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05 octobre 2014

BREVES DU MOIS D'OCTOBRE 2014

BREVES OCTOBRE 002erratum : LC Le prince est prévue pour le 15 décembre.

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30 septembre 2014

DE LA PHILOSOPHIE POLITIQUE : Le discours de la servitude volontaire, La Boétie

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"Il en est que le métier ingrat de courtisan use dans la servitude volontaire"

De la briéveté de la vie, Sénèque

Quel paradoxe ! Pourquoi accepter le joug d'un tyran ? Pourquoi le peuple "s'asservit" et "se coupe la gorge" ? Ce bref texte de La Boétie suscite d'autres questions que celles de son titre oxymorique. Et tout d'abord qui est cet auteur dont on sait peu de chose ? La date de publication est incertaine et le message est des plus ambigus : comme Le prince de Machiavel qui connut un destin peu ordinaire (" on se perd en conjecture sur le sens de sa démonstration" dit Spinoza)  - de la naissance du concept du machiavélisme à l'interprétation " du livre des Républicains" de Rousseau - Le discours de la servitude est tantôt perçu comme un livre écrit au service du roi contre les Protestants, tantôt comme un discours contre le roi et défendant les parlementaires, ou tantôt comme un texte en faveur des Protestants... A-t-il été écrit contre les répressions de la Gabelle de 1548 ? Est-il un jeu rhétorique ou un pamphlet politique ? Huit versions de ce texte existent, qui ne cessent d'être réactualisés, brandis par les révolutionnaires de 1789 ou par les réplublicains en 1851...

" D'avoir plusieurs seigneurs aucun bien je n'y voy. Qu'un sans plus soit le maître, et qu'un seul soit le roi". La dénonciation du pouvoir est étonnamment moderne pour l'époque car elle s'affranchit de toutes allusions religieuses. Ce discours reflète l'appartenance au mouvement de l'humanisme de son auteur, avec la valorisation de l'amitié ( " L'amitié est un nom sacré") qui est synonyme d'égalité et de connaissance mutuelle, de savoirs partagés mais est aussi visible dans le recours aux exemples puisés dans l'histoire antique. Non seulement La Boétie contredit les idées d'Aristote, mais il ne fait pas de son discours un miroir du prince. Il analyse les moyens dont disposent le tyran pour maintenir sa domination : coutume, divertissement, religion et soutien des favoris. On peut donc y lire une corruption de l'ensemble de la société, annonçant le pessimiste de la fin du XVIeme siècle, déchirée par les Guerres civiles, une dégradation des idéaux de l'humanisme.

Si l'on considère ce discours comme l'exercice d'un rhéteur, on ne peut qu'admirer la prose de ce texte qui révèle une véritable éloquence : période cicéronienne, questions oratoires, accumulations, métaphores, parallélismes. En voici un bel exemple ( p. 85) : "Pour ce coup je ne voudrois rien entendre comm'il se peut faire que tant d'hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations endurent quelque fois un tyran seul, qui n'a puissance que celle qu'ils lui donnent ; qui n'a pouvoir de leur nuire, sinon tant qu'ils ont vouloir de l'endurer ; qui ne sçauroit leur faire mal aucun, sinon lors qu'ils aiment mieulx le souffrir que lui contredire." Quel que soit l'idéologie portée par ce texte, sans cesse réactualisée, il incite à la réflexion et force l'admiration par sa magnifique rhétorique...

La Boétie, De la servitude volontaire, Tel Gallimard.

Lecture commune avec Margotte, Claudia, Océane.

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16 septembre 2014

T. More, L'utopie

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Planisphère de Martin Waldseemuler ( publié avec le texte d'origine)

Comme le Planisphère, à bien y regarder est aussi une vanité, le texte de More est au-delà d'un récit de voyage, comme un traité sur le meilleur gouvernement possible. Morus nomme ce procédé, la " menée oblique" : la fiction permet d'enrober l'aridité d'un essai de philosophie politique. Voguant sur les succès des publications des récits de voyages des explorateurs du XVeme siècle ( le Mundus Novus de Vespucci est un best-seller que tout le monde s'arrache à l'époque) , L'utopie est conçue comme la relation vraie d'un voyage d'un certain Raphaël Hythlodée, qui a participé au trois premiers voyages en Amérique d'Amérigo Vespucci, à Thomas Morus. Avant de révéler sa découverte de l'île, Raphael raconte un dîner avec les puissants de l'Angleterre. Là il décrit les travers de la Grande Bretagne, une dystopie, notamment les peines infligées aux voleurs, l'orgueil des hommes...

Puis, il commence la description de l'Utopie. Comment se présente cette île ? Quelles sont ses moeurs ? Quel est le système politique et économique ? Grâce aux notes, nous pouvons voir que l'Utopie ressemble beaucoup à la Réplublique de Platon, ce qui n'est pas étonnant lorsque l'on connaît l'amour immodéré des Humanistes pour les sources antiques. Ainsi, les utopiens ne connaissant pas la propriété, rejettent l'expansionnisme et n'idôlatrent pas l'or. En creux, cette description critique l'Europe à l'époque de More, notamment les enclosures ( en Angleterre), les conquêtes sanglantes du Nouveau Monde ou " le goût déraisonnable du luxe". Cette île du " non-lieu" présente des aspects modernes pour l'époque comme l'étude pour tous, la mise en valeur du savoir, une des préoccupations humanistes. C'est pourquoi, ils ont beaucoup de temps de loisir " afin qu'ils consacrent à cultiver et à affranchir leur esprit. Car c'est en cela, croient-ils, qu'est située la félicité humaine".

Cependant dans la conversation finale entre Raphael et Morus, nous comprenons que ce dernier est réticent face à certains aspects des propos du jeune voyageur : Morus n'est pas un idéaliste et a une approche plus aristotélicienne de la politique, en favorisant la pratique aux spéculations. Tolérance, vertu, équité, L'utopie est-elle la Res publica idéale ? Il faut surtout se demander si l'on pourrait l'expérimenter... Ce texte m'a permis de réfléchir sur la politique et la morale des utopiens mais aussi à renouer avec les auteurs antiques, notamment la philosophie des stoïciens...

T. More, L'utopie, folio, 382 p. avec le paratexte.

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09 septembre 2014

Les mémoires d'Hadrien, Yourcenar/ L'oeuvre au noir

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"Deux êtres profondément différents l'un de l'autre : l'un reconstruit sur des fragments de réel, l'autre imaginaire, mais nourri d'une bouillie de réalité" : ainsi M. Yourcenar décrivait ses deux oeuvres. Les mémoires d'Hadrien peuvent faire penser aux biographies de Suétone, par leur dimension anecdotique, privée, qui développe la vie de Néron, Caligula, décrivant précisément, de manière fouillée leur règne. De facto, l'empereur rend compte de son oeuvre politique, de l'histoire de la Rome du IIeme siècle... comme un "miroir du prince" qu'il adresserait à Marc-Aurèle, son successeur. Mais c'est aussi une méditation sur la mort : au seuil de la mort, Hadrien se juge, médite, confronte diverses philosophies tout en avouant sa fascination pour les différents cultes qu'il a contribué à restaurer. Mais Les Mémoires d'Hadrien ont parfois été appelés par la critique le "roman d'Antinous" : le culte insensé qu'Hadrien rendit à ce jeune homme frappa les historiens de l'époque et Marguerite Yourcenar dessine les lignes de cet amour si tragique qui imprègne le roman d'une grande mélancolie et d'un grand désespoir. Ce livre qui raconte la vie " d'un génie politique", réussissant à instaurer la paix dans l'Empire romain, est aussi une mytification et une poétisation des amours d'Hadrien. Le style togé - style académique, surfait, que les critiques dépréciaient -, la beauté de la langue si chère à l'auteur, enchante le lecteur dès les premières lignes. Et ciselé dans cette belle écriture, à travers la voix d'Hadrien qui relate sa vie, M. Yourcenar construit le véritable tombeau d'Antinous.

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" Je me suis gardée de faire de la vérité une idole, préférant lui laisser son nom plus humble d'exactitude", dit Zénon, le héros de L'oeuvre au noir. Personnage fictif, Zénon est proche de figures réelles comme Léonard de Vinci, Campanella... - que M. Yourcenar énumère dans ses notes. Toujours en fuite, et fuyant tout dogme, ce personnage de médecin, d'alchimiste traverse le seizième siècle qui est à feu et à sang, déchiré par les guerres d'Italie, les guerres de Religions.  Il vit dans un monde boschien ou bruegelien, où les rois sont les débiteurs de marchands cupides,  où les religieux sont des fanatiques, où tout ce qui n'est pas expliqué par le divin paraît hérétique.  Mais Zénon dit aussi : " La révolte qui vous inquiète était en moi, ou peut-être dans le siècle". En effet, au delà du XVIeme siècle, Zénon incarne une figure de contestataire contre toutes les valeurs, tous ces " châteaux d'idées" qui enferment l'homme. Il incarne une certaine image de l'homme qui agit et choisit la liberté comme principe. Ecrit en 1968, L'oeuvre au noir éblouit par son style et par son personnage, qui résiste littérairement parlant - à une époque où Sarraute a proclamé "l'ère du soupçon" dans laquelle le personnage est entré -, et à tout dogmatisme. Est-ce le classicisme de son écriture qui voue M. Yourcenar à un relatif oubli ? Est-ce son érudition qui poussent les lecteurs à refermer ses romans ? Toujours est-il que ses deux magnifiques romans fascinent et éblouissent.

"Les bâtisseurs d'empire : l'empire romain", est un documentaire d'History Channel ( Engineering an Empire) qui s'attarde surtout sur les prouesses architecturales des Romains, de César à Claude.

Le premier siècle de l'Empire romain, Evocation très superficielle des premiers empereurs romains.

Lecture commune avec Claudia, Océane, Praline, Alison, Margotte.

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30 août 2014

Au mois de septembre 2014...

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Le mois de septembre est pour certain simplement annonciateur de l'automne, pour d'autres, c'est la rentrée. Mois spleenétique, s'il en est... Mais cette rentrée sera peut-être studieuse pour les élèves, fastueuse pour la rentrée littéraire, et challengesque aussi ! Alors que se clôt le challenge I love London avec ma copine Titine, que je remercie ainsi que les participantes ( son bilan ici car j'ai été incapable de mettre à jour les liens correctement !), d'autres débutent comme le mois américain organisé par Titine. Je voulais aussi signaler le challenge Tous risques lancé par Aaliz et le challenge Un an en Irlande organisé par Cryssilda auxquels, je vais essayer de participer !

Quoi de neuf ? Shelbylee fait un très beau panorama des séries à venir. Actuellement, vous pouvez aussi suivre la saison 1 de whitechapel et de Ripper Street. thefrenchbooklover aborde aussi quelques séries ( édit du 31/08). Mrs Figgs a été déçue par le dernier roman de N. solomons : La galerie des maris disparus. Keisha a déjà commencé en beauté et avec plaisir la rentrée littéraire avec Hérétiques de Padura, de même que Margotte avec la peau de l'ours de Joy Sorman . Alice nous parle d'un peintre préraphaélite à travers la lecture de E. McGregor, La jeune fille au miroir vert. Parmi les auteurs contemporains, Miss léo a chroniqué Aristote, mon père de A . Lyon et pour égayer cette rentrée grisâtre, rien ne vaut La fin du monde a du retard de J-M Erre selon Shelbylee.

Je rappelle quelques dates de LC :

- 10/09 Les mémoires d'Hadrien, Yourcenar avec alison, Claudia, Praline, Océane et Margotte.

-30/ 09 Le discours de la servitude, La Boétie avec Claudia, Océane, Margotte.

- L'énéas avec claudia et Océane : date à définir

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Dans mes derniers achats, se trouvaient Marguerite Yourcenar de Savigneau, Les nouvelles orientales de Yourcenar, Napoléon de Jean Tulard, Le vieil homme et la mer, Une drôle de traversée, Histoire naturelle des mortsPour qui sonne le glas, L'adieux des armes, Le soleil se lève aussi, d'Hémingway, La vie des douze César de Suétone, Les annales de Plutarque, et le conte d'hiver de Shakespeare. Mon catalogue virgilien est terminé ! Bonne lecture et bonne rentrée à tous !

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26 août 2014

Flaubert, Salammbô

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Roman historique, Salammbô décrit la guerre inexpiable : la révolte des mercenaires contre Carthage en 264. Le roman commence au moment où les soldats mercenaires sont rassemblés dans les jardins d'Halmicar qu'ils ravagent dans l'attente d'être payés. Mais les oligarches rusent pour ne pas les rétribuer. Comme le soulignait Sainte-Beuve, "L'érudition, qui peut jeter un pont, nous refroidit en même temps et nous glace. On ne peut recomposer la civilisation antique de cet air d'aisance et la ressusciter tout entière" ( article du Constitutionnel). Quel reproche injustifié ! On prend plaisir au contraire à découvrir Carthage et son histoire. Effectivement, l'érudition philologique rend difficile la lecture des premières pages mais un glossaire aide à la compréhension des mots spécifiques à cette civilisation. Bien sûr, l'Histoire présentée dans Salammbô - dont les sources sont Polybe, Hérodote... - est une Histoire fantasmée, une Histoire romantique comme Hugo l'a pu aussi écrire. Elle s'inscrit bien dans le goût de l'orientalisme des Romantiques bien que Flaubert s'en défende et déclare dans sa réponse à l'article du constitutionnel : " je n'ai point fait une carthage fantastique". Ainsi, si Flaubert reconstitue une Carthage historique, c'est la narration qui apparaît comme romanesque.

A cause, peut-être, du procès de Madame Bovary, Flaubert proteste contre "la pointe d'imagination sadique" que lui attribue Sainte-Beuve dans un de ses articles du Constitutionnel... Certes, le roman commence comme un poème parnassien, empli de parfums, de couleurs : " Les flammes oblongues tremblaient sur les cuirasses d'airain. toutes sortes de scintillements jaillissaient des plats incrustés de pierres précieuses. Les cratères, à bordure de miroirs convexes, mutipliaient l'image élargie des choses ; les soldats se pressant autour s'y regardaient avec ébahissement et grimaçaient pour se faire rire." Puis, au fur et à mesure de la découverte des conflits qui opposent les deux camps, on découvre des lions et des hommes cruxifiés, des hommes mourant de faim, le martyre de Matho dont on ne distingue plus les liens qui le retiennent captifs de ses tendons... C'est péniblement que j'ai fini le roman tant il m'apparaissait comme un château sadien. C'est aussi, peut-être, parce que Matho et Salammbô, qui succombent sous les sorts les plus cruels, m'apparaissaient comme des héros romantiques, auxquels je me suis attachée, et que leur destin m'ont davantage touchée que le rôle d'Halmicar ou même des mercenaires... Salammbô est donc un roman à la fois poétique, historique mais aussi d'une grande férocité.

Flaubert, Salammbô, folio, 530 p.

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23 août 2014

Dan Waddell, code 1879/ Depuis le temps de vos pères.

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C'est en regardant, avec plaisir, la série Whitechapel ( l'épisode 4, de la troisième série), que j'ai repensé à la trilogie de Dan Waddell. En effet, Les inspecteurs J. Chandler et Ray Miles utilisent les archives rangées par Ed Buchan qui ne manque pas d'humour noir ( en rangeant les dossiers sur l'Islande, il prévient son patron que s'il trouve des harengs sur les lieux d'un meurtre, il pourra toujours chercher dans les meutres islandais...). Dans Code 1879, on découvre donc une sombre d'affaire résolue en partie avec l'aide d'un généalogiste : ces cadavres découverts dans des cimetières prennent sens par rapport à un passé lointain. Et c'est Nigel Barnes qui est amené à tisser ces liens entre le passé et le présent. L'amateur-enquêteur est original et sympathique ( l'officier Heather Jenkins tombe même sous son charme), le final spectaculaire et on découvre aussi le milieu des généalogistes...

Nous retrouvons donc Nigel, dans une deuxième enquête Depuis le temps de vos pères : la mort d'une femme et l'enlèvement de sa fille est la nouvelle enquête confiée à l'inspecteur Foster. D'anciennes affaires similaires dans la même famille sont révélées. Quel lien cette affaire entretient-elle avec le passé ? Si dans Whitechapel, le lien entre passé et présent est fortuit ( dans l'épisode dont je parlais la ficelle est des plus grossières : une affaire exactement similaire se serait produite des années antérieures (?), où un jeune patissier éconduit aurait empoisonnée son aimée avec un poison, exactement le même cas que doit résoudre Chandler), ici, le rapport avec l'histoire familiale sera primordiale pour résoudre l'énigme. Comme dans le premier opus, corrolairement à l'enquête, nous est racontée l'histoire d'une jeune fille en lien avec l'enquête. Assez vite, le lecteur peut faire les liens entre les deux histoires. Et pourtant, nous continuons la lecture : cette nouvelle aventure de Nigel dévoile de nouvelles informations sur les recherches généalogiques, sur sa vie personnelle, et sur l'église des Mormons. Un ouvrage agréable à lire, en attendant le troisième tome...

Dan Waddell, depuis le temps de vos pères, Babel noir, 392 p. Merci Soie pour le livre, son billet ici.

Dan Waddell, Code 1879, Babel noir, 361 p.

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