1001 classiques

17 septembre 2018

Office de Hong Won Chan : ISSN 2607-0006

Office - Bande annonce HD VOST

Conseillé par Télérama, Office est un thriller coréen de Hong Won Chan, son premier film, projeté en séance de minuit au festival de Cannes en 2018. Cette enquête policière est supplantée par d'autres aspects mis en avant : le monde de l'entreprise. Dans une boîte de vente, Monsieur Kim, un salarié laborieux et sérieux, tue soudainement toute sa famille à coups de marteau : ce meurtre sordide - hors champ - surprend tout le monde, notamment parce que c'est un homme effacé, gentil, sans histoire. Cependant, au fur et à mesure de la découverte du quotidien de cette entreprise, on perçoit une autre vérité.

Monsieur Kim semble s'être évaporé : tout le monde pense qu'il est encore dans les locaux. Les meurtres se poursuivent, effrayant toute l'équipe de cadres et une jeune stagiaire timide, ayant de nombreux points communs avec Monsieur Kim au niveau professionnel. Les open space permettent de créer un climat anxiogène par leur disposition, de lieux semi-clos. Surtout le montage crée des ellipes, qui laissent surgir le doute quand à l'identité du criminel, et des indices parsemés progressivement nous font peu à peu comprendre la réalité glaçante sur cette série de meurtres. La tension ne cesse de croître.

Les couleurs grises et ternes, les lumières artificielles des open-space, des orages et un climat pluvieux contribuent à créer une ambiance délétère et oppressante, introduite par la sauvagerie inaugurale des premiers meurtres. Même s'il y a quelques scènes englantées, le réalisateur évite le gore ou le grand-guignolesque car il montre plutôt la violence dans le milieu professionnel, la déshumanisation produite par le monde du travail. Un bon premier film...

Office, de Hong Won Chan, avec Ko Asung, Netflix, 1h51, 2015

 Sur le web : L'actu du festival de Virginie Apiou, "A voir sur netflix un thriller coréen et une sitcom anglaise sur les geeks" de Samuel Douaire et Pierre Langlais.

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14 septembre 2018

Le cabinet des antiques de Balzac : ISSN 2607-0006

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Dans L'éducation sentimentale ( I, 5) de Flaubert, Deslauriers résume ainsi les mécanismes de la société telle que l'a décrite Balzac : "Il croyait aux courtisanes conseillant les diplomates, aux riches mariages obtenus par les intrigues, au génie des galériens, aux docilités du hasard sous la main des forts". Effectivement, Balzac dans Le cabinet des antiques se fait "l'annaliste de son temps" en décrivant la magistrature et " le Faubourg-Saint-Germain de Province" dont le sobriquet est "le cabinet des antiques"

Emile Blondet, fils illégitime du préfet, prend la parole pour raconter la terrible histoire des d'Esgrignon, vieille noblesse ruinée après 1789 et oubliée pendant la Restauration. Le marquis préside le "cabinet des antiques" : "Les hommes de ce salon offraient les couleurs grises et fanées des tapisseries, leur vie était frappée d'indécision ; [...] seulement leurs cheveux blancs, leurs visages flétris, leur teint de cire, leurs fronts ruinés, la pâleur des yeux donnaient à tous une ressemblance avec les demmes qui détruisait la réalité de leur costume" (p. 67). Cette vieille noblesse complètement anachronique lutte contre les riches bourgeois du Croissier, du parti des industriels.

L'histoire commence véritablement en 1822, lorsque l'unique fils d'Esgrignon, Victurnien,  monte à Paris pour trouver un emploi mais tombe amoureux de la duchesse de Maufrigneuse, qui mène une vie ruineuse qui va le mener à sa perte. Commence alors une lutte sans merci entre Chesnel, notaire dévoué corps et âme à la famille d'Esgrignon, sorte de père Goriot afflublé de l'énergie de Napoléon ( car comme le disait Baudelaire, chez Balzac, même les concierge ont du génie) et du Croissier, qui veut la ruine de Victurnien. Cette deuxième partie est dominée par le genre théâtral, avec des références à Célimène pour désigner la duchesse et avec des coups théâtre, digne d'un mélodrame. En apparence, les d'Esgrignon semble avoir sauvé leur honneur mais la dernière page affiche clairement la fin du "cabinet des antiques"... Dans ce roman de la " scène de la vie de province", inspiré de deux faits réels où des aristocrates ont commis des faux, l'auteur de La comédie humaine décrit admirablement l'"histoire de la vie provinciale sous l'Empire et la Restauration".

Le cabinet des antiques, Balzac, Folio, 308 p.

La comédie humaine :

1. Scène de la vie de province : Eugénie Grandet, Le cabinet des antiques,

2. Scène de la vie parisienne : La fille aux yeux d'or, La duchesse de Langeais

3. Etudes philosophiques : La peau de chagrin

4. scène de la vie privée : Mémoires de deux jeunes mariées, Le père Goriot

5. Scène de la vie de campagne : Le lys dans la vallée

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10 septembre 2018

Captive de Margaret Atwood : ISSN 2607-0006

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S'inspirant d'un fait divers qui a fait grand bruit au Canada, dans les années 1840, Margaret Atwood a imaginé la confession d'une jeune femme Grace Marks, condamnée à mort avec un jeune homme qui l'aurait aidée à tuer ses deux maîtres. Cependant, elle réussit à échapper à pendaison et sa peine est commuée en prison à perpétuité. Mais l'auteur de La servante écarlate ne rend pas compte de ce fait divers à la manière de l'historienne Kate Colquhoun dans Le chapeau de Mr Briggs : elle imagine là où les archives et témoignages font défauts. Elle cite d'ailleurs au début des 15 chapitres, des journaux, la déposition de Grace et de James, le témoignage de l'écrivain S. Mooddie...

Cette confession est faite au docteur Jordan, aliéniste, qui cherche plus à faire avancer la science qu'à la juger. De fait, la narratrice retrace ses souvenirs depuis son enfance pour aboutir au meurtre. Elle raconte ainsi comment ses misérables parents irlandais ont émigré au Canada et comment elle devient une servante au service de différentes familles, jusqu'à atterrir chez Mr Kinnear et sa gouvernante, qu'elle aurait assassinés. Est-elle véritablement amnésique ? Est-elle somnambulique ? Aurait-elle une double personnalité ?

Des dossiers concernant la coupable étant déjà lacunaires, voire mensongers à l'époque, cette meurtrière restera jusqu'au bout énigmatique. Parallèlement à l'enquête, on peut découvrir la correspondance et la vie de Simon Jordan, notamment ses réflexions scientifiques. Ainsi le roman, tout en s'attardant sur le témoignage de la détenue, nous dépeint la société de l'époque, en évoquant la condition des femmes en détention, au service des nantis, ou dépendantes de leur mari ainsi que les mariages convenus. Quant à la vie du docteur Jordan, elle nous donne une idée de l'état de la science à l'époque, de la situation politique, du poids de la morale, de la vogue du spiritisme... M. Atwood donne remarquablement vie à cette histoire et à tout un pan du XIXeme siècle au Canada, tout en gardant le mystère entier autour de Grace Marks.

Alias Grace - Trailer - Bande annonce VO Captive | 2017 | saison 1 - Netflix Film HD

Captive a été adaptée en mini-série de six épisodes de 45 minutes par Sarah Polley : elle est particulièrement fidèle au roman malgré une simplication de la construction de l'histoire. Tout est centré autour de la vie de Grace Marks et on s'attarde moins que dans le roman sur la vie du docteur Jordan. L'actrice fait bien revivre l''héroïne principale, notamment ses dons de conteuse. Elle apparaît tout aussi ambigüe que dans le livre. Une bonne adaptation avec une photographie très belle !

Captive de Margaret Atwood, 10/18, 623 p.

Captive, de Sarah Polley, minisérie, Netflix, avec sarah Gadon, Edward Holcroft, 2017, 6 x 45 min

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07 septembre 2018

Culottées 2 de Pénélope Bagieu : ISSN 2607-0006

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Cette bande dessinée rassemble des biographies de figures féminines célèbres ou moins célèbres comme Temple Grandin, Sonité Alizadeh, Chéryl Bridge, Thérèse Clerc, Betty Davis, Nellie Bly, Phulan Devi, The shaggs, Katia Krafft, Jesselyn Radack, Hedy Lamarr, Naziq Al-Abid, Frances Glessner Lee, Mae Jemison, Peggy Guggenheim. Ces biographies mettent en avant les difficultés qu'elles ont rencontrées pour s'imposer dans leur domaine comme Mae Jemison, qui est la première femme noire envoyée dans l'espace, ou rendent hommage à des femmes, qui n'ont pas été reconnues de leur vivant comme Hedy Lamarr, plus connue pour sa beauté d'actrice que pour ses inventions.

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En plus de l'idée très bonne d'avoir rassemblé tous ces portraits de femmes, on prend plaisir à voir le trait de crayon reconnaissable de Pénélope Bagieu, dont les dessins colorés ne sont pas surchargés avec un arrière-plan souvent uni, permettant ainsi de donner une plus grande place au texte, qui ne manque pas d'humour ( comme dans un roman graphique). Ci-dessus un exemple de planche extraite de la vie de Nelly Bly). Un vrai plaisir visuel et de beaux portraits féminins ! 

Culottées 2 Pénélope Bagieu, Gallimard bd, 163 p. 

autres BD : Cadavre exquis,

sur le web : Violette,

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03 septembre 2018

Incendies de Denis Villeneuve : ISSN 2607-0006

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Avant de réaliser Blade runner 2049 ou les excellents Premier contact, Prisoners, Enemy, ou Sicario, Denis Villeneuve a adapté Incendies une pièce de théâtre de Wajdi Mouawad ( né au Liban).  A la mort de leur mère Nawal Marwan, son patron qui est notaire, Jean Lebel, lit le testament devant ses deux enfants. Les jumeaux, Simon et Jeanne, reçoivent deux enveloppes à remettre à leur père qu'ils croyaient mort et à leur frère, dont ils ne connaissaient pas l'existence. Si les jumeaux ne retrouvent pas leur famille, ils ne pourront pas donner de pierre tombale à leur mère. 

Le film retrace le drame d'une famille déchirée par la guerre. Jeanne part du Canada pour aller au Moyen-Orient où vivait sa mère, avant son exil, pendant une guerre civile qui opposaient les Chrétiens et les Musulmans. Là, elle va découvrir de nombreux secrets familiaux.

La construction atypique ne cesse de déconstruire cette histoire aussi cahotique que celle de de Nawal. Plusieurs Flashes-backs montrent sa jeunesse et ses difficiles débuts dans la vie marquée par l'horreur de la guerre. De nombreux gros plans soulignent les émotions intenses des personnages mais aussi des indices concernant le premier fils de Nawal que les jumeaux doivent chercher. Plusieurs titres fractionnent le film - "La femme qui chante", " Nahad", "Chamseddine"... - en lien avec le genre d'une pièce théâtrale mais ausi les pièces d'un puzzle, qui se remettent en place pour nous conduire au bout de la quête.

Cette enquête et quête identitaire tragique - beaucoup d'éléments renvoient à la tragédie d'Oedipe - est accompagnée de la mélancolique musique de Radiohead ( You and whose army, ci-dessous) et nous fait ressentir avec intensité cette histoire. Un excellent film à voir...

Incendie de Denis Villeneuve, Netflix, 2010, avec Lubna Azabal, Maxim Gaudette, Rémy Girard, Mélissa Désormeaux-Poulin, 2h10

autres films : Premier contact, Ennemy, Prisoners

Radiohead - You and Whose Army

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31 août 2018

C'est le premier, je balance tout (août 2018) : ISSN 2607-0006

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1) LES CHRONIQUES VENUES D'AILLEURS

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Livre ebdo présente une cartographie interactive de 550 lieux réels d'oeuvres littéraires, ici. Hélas, pour beaucoup, le temps des voyages se termine et la rentrée est là, qu'elle soit livresque, scolaire ou automnale... Parmi les 567 livres présentés en cette année 2018, une sélection de romans vous est proposée aussi par Télérama ; Lire consacre son dernier numéro à la rentrée littéraire, et vous pouvez écouter les choix de France culture et de l'obs... bonnes lectures !

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2) LES FILMS

THE GUILTY Bande Annonce (2018) Thriller

Ce thriller danois, The guilty est vraiment singulier dans sa forme : recevant l'appel d'un femme kidnappée, Asger Holm, policier travaillant au centre d'appels d'urgence décide de mener l'affaire pour la sauver. Il prend donc de nombreuses décisions par téléphone concernant cet enlèvement : il fait suivre la voiture, envoie un collègue pour fouiller la maison du suspect, appelle les enfants de la femme... Parallèlement à cette enquête, on comprend qu'il a des problèmes personnels au sein de la police. Progressivement la tension monte : Asger Holm, va-t-il réussir à sauver cette femme ? Ce film est un concept car on ne voit que le policier ou le centre mais jamais les autres protagonistes : on a juste accès aux voix, aux bruits... Un twist final permet de rendre plus intéressant et profond ce film, qui m'a vaguement ennuyée. De fait, comme on ne regarde que des images similaires ( des gros plans sur le visage d'Asger), on a le temps de réfléchir sur l'enquête qui présente quelques faiblesses.

The guilty, de Möller, 1h25 avec Jakob Cedergren, 2018.

sur le web : Dasola,

 

AU POSTE Bande Annonce Teaser (Benoît Poelvoorde, Orelsan, Quentin Dupieux) 2018

Après avoir abandonné Steak, j'ai pu apprécier Au poste ! de Quentin Dupieux. Un homme (interprété par Grégoire Ludig) a retrouvé le corps d'un homme mort, au bas de son immeuble. Sa déposition est prise par un inspecteur (Benoît Poelvoorde) poussif, tatillon sur le langage et soupçonneux. S'emparant de cette situation banale, le réalisateur en fait une comédie comique et grinçante. Surtout, il développe les situations absurdes et peu sensées : les personnages peuvent intervenir dans les rêves des autres, le commissariat n'en n'est pas vraiment un... Prenons un autre exemple : d'emblée, on voit dans un lieu champêtre un chef d'orchestre presque nu, qui est arrêté. Pourquoi ? Et que fait-il presque nu ? On n'en saura rien. Comme le faisait remarquer un critique dans l'émission du cercle, Au poste ! ressemble à Buffet froid de Blier ( J'en parle ici) avec son décor urbain déshumanisé, une logique illogique, et un travail sur les dialogues. Une excellente comédie déjantée et qui pousse l'absurde très loin, servi par un duo qui fonctionne très bien...

Au poste ! de Quentin Dupieux, avec Grégoire Ludig, Benoit Poelvoorde, 1h13, 2018

Sur le web : Dasola, Trilllian, Le bleu du miroir,

DETECTIVE DEE : LA LÉGENDE DES ROIS CÉLESTES - Bande-annonce officielle VF

J'avais pu apprécier Détective Dee 2 : La légende du dragon des mers mais dans Détective Dee 3 : La légende des rois céleste, Tsui Hark se surpasse encore davantage ! Nous retrouvons donc l'inspecteur Dee, le Sherlock Holmes chinois, qui est chargé de garder une épée magique. Mais, l'impératrice Wu, qui a vécu sous la dynastie des Tang, veut sa perte pour discréditer l'empereur. Elle engage des magiciens pour lui voler l'épée. En fait, l'intrigue est très mince - l'impératrice veut régner seule et elle est prête à tout -  mais compexifiée à souhait.  Cependant, on prend un immense plaisir à voir se déployer de nombreuses fééries comme un dragon et un singe géant. Entre films d'arts martiaux et enquête policière, le réalisateur hong-kongais a réalisé un formidable blockbuster. Une scène post-générique semble faire un clin d'oeil à une autre saga américaine...

Détective Dee, La légende des rois célestes, de Tsui Hark, avec Mark Chao, Carina Lau, Feng Shaofeng, 2h18, 2018

Sur le web : Dasola, M cinéma "Détective Dee 3 : la légende céleste, la féérie du complot,

3) LES LIVRES

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Simone de Beauvoir a écrit un immense cycle autobiographique comprenant Mémoires d'une jeune fille rangée, La force de l'âge, La force des choses, Tout compte fait. On peut aussi intégrer La cérémonie des adieux, où elle relate les dix dernières années de la vie de Sartre. Elle anatomise la maladie, la perte des facultés, l'affaiblissement de Sartre, année après année, de 1970 à 1980 : cela crée une gêne et un malaise, car rien ne nous est épargné que ce soit sa dépendance physique ou que ce soit ses problèmes de dentier. Contrairement à la somme mémoriale, où elle cherche à exprimer "l'universel singulier" pour généraliser et intéresser le lecteur, dans ce récit, elle tombe dans l'anecdotique et le sordide. Toujours prolixe, Beauvoir note avec minutie toutes les actions même insignifiantes.

Certes, dans l'avant-dernier paragraphe de Tout compte fait, Beauvoir avoue ne pas être "une virtuose de l'écriture" comme Proust, Joyce ou Woolf, qu'elle cite, mais devait-elle pour autant décrire aussi platement ces 10 années de maladie de l'homme qui fut son compagnon de toute une vie ? L'exposé de faits quotidiens ne nous en dit pas davantage sur Sartre, ni sur Simone de Beauvoir, excepté sa propension à faire des compte-rendus de son emploi du temps banal.

Simone de Beauvoir, La cérémonie des adieux, Folio, 175 p.

4) LES ACHATS

 Un autre roman de Bello s'est ajouté à ma PAL ( Les funambules) ! J'ai acquis une BD Culottées de P. Bagieu et des romans policiers, La daronne de Cayre et Tout ce qu'on s'est jamais dit de NG Céleste. Je vais me lancer dans la lecture de La comédie humaine avec la Cousine Bette...

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26 août 2018

Sur un mauvais adieu de Connely : ISSN 2607-0006

 

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https://www.audiolib.fr/livre-audio/sur-un-mauvais-adieu-9782367626772

Quel plaisir de retrouver l'incorruptible Bosh ! Dans cet opus, il ne travaille plus pour la police du NYDP mais comme volontaire dans la petite ville de San Fernando. Parallèlement à son travail de bénévole qui l'amène à traquer un violeur en série, il mène des enquêtes pour des particuliers. C'est ainsi qu'il se retrouve à travailler pour Whitney Vance un riche industriel, qui recherche sa descendance. Cependant, la mission semble particulièrement périlleuse puisque le riche industriel laisse un immense empire qui suscite la convoitise de ses associés.

Avec une écriture journalistique, M. Connelly décrit les rouages de la machine policière (notamment les changements survenus dans la carrière des flics, les coupes budgétaires, le fonctionnement des tableaux de présences...), les démarches faites par Bosch pour retrouver des indices concernant l'ancienne petite amie de Vance, enceinte au moment où il l'a lâchement abandonnée...

On croise avec plaisir des personnages familiers, comme la fille de Bosch qui est maintenant en deuxième année de fac ou le demi-frère d'Harry ( Mickey Haller), qui est avocat, venu lui prêter main forte dans les questions d'héritage. Le passé d'Harry ressurgit aussi : le prologue évoque la guerre du Vietnam, en lien avec l'affaire. La voix grave de Jacques Chaussepied s'accorde parfaitement avec le personnage de l'inspecteur. Vous pouvez écouter un extrait ici. Si vous avez aimé ses précédentes enquêtes que ce soit Mariachi plaza ou Dans la ville en feu, vous aimerez tout autant cette dernière enquête...

Sur un mauvais adieu de Connely, Audiolib, 12h40, lu par J. Chaussepied

Autres romans : Echo Park

Merci audiolib pour ce partenariat

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04 août 2018

Mapuche de Ferey : ISSN 2607-0006

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http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-policier/Mapuche2

4 ans avant Condor ( première publication en 2016), Ferey avait déjà écrit une enquête policière se passant en Amérique du Sud, en Argentine : Mapuche. Ce roman policier nous raconte comment Ruben Calderon, un détective, est engagé par un journal pour enquêter sur la disparition d'une jeune femme, fille d'un riche industriel de Buenos Aires, Eduardo Campallo. Au même moment, un travesti disparaît aussi : son ami travesti Paula et Jana, une Mapuche, font appel à Calderon. Les deux intrigues vont rapidement se rejoindre dans une quête commune liée aux disparus de la dictature de Videla.

On y trouve des thèmes obsessionnels de l'auteur, ce roman policier ressemblant fort au suivant. On retrouve le même type de personnages, avec un révolté, Ruben Calderon, en butte à la dictature de Videla, une Mapuche tombant amoureux de notre héros, une certaine complaisance dans la description des scènes de tortures. Dans les ressemblances, on peut aussi noter des fragments poétiques écrits par l'un des personnages.

Comme au Chili, la société argentine fait côtoyer la misère la plus noire à l'opulence la plus clinquante ( et souvent bien malhonnêtement acquise). Outre la dénonciation de l'état actuel des choses, qui repose sur une nombreuse documentation, elle s'accompagne d'une critique du passé dictatorial, du massacre du peuple mapuche et s'intéresse plus particulièrement au "Processus" : les enfants des disparus torturés étaient adoptés par des hauts dignitaires en place. A découvrir pour les injustices ayant lieu en Argentine - décidément, l'arrière-plan historique est plus intéressant dans les romans de Ferey que les personnages - même si l'écriture est beaucoup plus tarabiscotée que celle de Condor et alourdie par des détails inutiles...

Mapuche de Ferey, Folio policier, 560 p.

autres romans : Condor,

Sur le web : "Mapuche, par Caryl Ferey" L'express

Merci Folio pour ce partenariat.

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01 août 2018

C'est le premier, je balance tout ( juillet 2018) : ISSN 2607-0006

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1) LES EXPOSITIONS

 En passant par Toulouse, j'ai pu visiter deux musées :

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Les paquebots étaient la thématique du musée de l'affiche de Toulouse, qui au tournant du début du XXeme siècle, sont devenus un moyen de transport indispensable.  Le musée se compose, malheureusement, d'une seule minuscule pièce. Cependant, les explications des affiches sont très développées et techniques. Surtout, les activités pour les enfants lors de la visite et les produits liés à l'affiche sont très intéressants.

sur le web : site du MATOU

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La fondation Bemberg rassemble les objets, tableaux, bibelots collectionnés par la baronne Mathilde de Rothschild. Cette dernière avait un goût morbide pour les vanités. Or les oeuvres de cette exposition temporaire "Même pas peur" étaient parsemés au milieu des autres objets, sur trois étages : cela crée un manque de cohérence et de continuité. Voici toutefois, quelques oeuvres marquantes de cette expo : les vanités se développent surtout en Hollande, vers 1620, dans un contexte d'iconoclasme. Le paradoxe des vanités, c'est quelles exhibent les beautés du monde tout en dénonçant l'impermanance de l'homme comme dans le tableau de van Schrieck, Serpent, capaud et papillons.

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Au XXeme siècle, on assite à la sécularisation des vanités comme avec Crâne de Jean Michel Alberola :

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Hôtel Assezat, place Assezat, 31000 Toulouse, Exposition du 29 juin au 30 septembre. Site du musée ici.

2) LES FILMS

SANS UN BRUIT : Bande-Annonce Finale VF [actuellement au cinéma]

Ce film d'horreur sort de l'ordinaire : il y a peu de dialogues et peu de bruits mais cela ne nuit pas au film. En effet, les hommes sont contraints de vivre silencieusement depuis que des aliens qui tuent tout ce qui est bruyant ont envahi la terre. On suit une famille qui lutte quotidiennent pour leur échapper. La tension ne cesse de monter grâce à un crescendo de dangers - comme un accouchement imminent - et par la découverte progressive des monstres. Ce très bon film, qui évite les images horrifiques de série B ou son personnel d'abrutis - repose aussi sur l'excellent jeu des acteurs.

Sans un bruit, John Krasinski, avec John Krasinski, Emily Blunt, 2018, 90 min

sur le web : trillian, Dasola, Le bleu du miroir, le cinéma de Durandal,

UNE PLUIE SANS FIN Bande Annonce (2018)

Une pluie sans fin est aussi un film qui donne l'impression de ne plus finir ! Quel ennui  ! Il y a peu d'actions et peu de dialogues. L'intrigue est assez plate : un gardien d'usine traque un meurtrier en série. Il tombe amoureux d'une femme suicidaire, qui ne rêve que d'ouvrir un salon de coiffure à Hong-Kong. Tout est rythmé très soporifiquement par une pluie incessante, qui finit même par diluer la critique sociale : l'anti-héros du film et ses comparses sont tous des laissés-pour-compte de la Chine, juste avant la rétrocession de Hong-Kong. Evidemment, on a de la compassion pour toutes ces pauvres victimes mais ce n'est pas suffisant pour retenir notre attention.

Une pluie sans fin de Hue Dong, avec Yihong Duan, Yiyan Jiang, 2018, 119 min

sur le web : Le bleu du miroir, Dasola,

PARANOÏA : Bande Annonce VF

Paranoia nous parle de harcèlement et de folie. Une femme ayant été harcelée, devient paranoïque et est internée de manière abusive dans un sinistre hôpital psychatrique. Le point de vue adopté est souvent celui de la jeune femme, ce qui nous fait douter de ce qu'elle dit ou voit. Est-ce réellement son harceleur qui travaille dans l'hôpital ou est-ce sa maladie qui provoque des hallucinations ? Est-elle victime d'une arnaque à l'assurance ? Surtout, le malaise et le doute sont renforcés par le cadrage et les choix techniques atypiques : les images filmés par i-phone présentent des couleurs saturées, des déformations, des contre-plongées. L'excellente technique est mise au service d'une intrigue bien menée.

Paranoïa, Soderbergh, avec Claire Foy, Juno Temple, 2018, 98 min

sur le web : Le cinéma de Durandal, Le bleu du miroir,

3) LES LIVRES

Ce mois-ci a été rempli de suspense avec l'histoire des filles au lion de Jessie Burton, Selfie de Adler Olsen, l'enquête littéraire de Bayard ( L'affaire du chien des Baskerville) et l'enquête policière de Bello ( Ada).

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4) LES ACHATS

Voici un nouveau livre sur la cognition qui a rejoint ma PAL ( Libérez votre cerveau ! d'Idriss Aberkane). J'ai fini Ada de Bello et j'ai donc acheté Roman américain et quelques nouveaux romans beauvoiriens après ma lecture d'Une mort très douce : La cérémonie des adieux et Les mandarins.

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