1001 classiques

15 mai 2022

Une jeunesse au temps de la Shoah, extrait d'Une vie de Simone Veil : ISSN 2607-0006

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De nombreux témoignages sur les camps de concentration existent comme Mauss de Spiegelman, Si c'était un homme de Primo Levi... Mais aussi Une vie de Simone Veil. Dans les quatre premiers chapitres de son autobiographie, la femme politique Simone Veil décrit son enfance privilégiée à Nice et la montée du nazisme - à travers le témoignage de réfugiés - et enfin la déportation.

Sans pathos, elle arrive à retranscrire l'incertitude de l'époque ou la réaction des déportés ou des gens face aux déportés lors de son retour en France. Surtout, elle s'interroge : " Parler de la Shoah, et comment ; ou ne pas en parler, et pourquoi ? Eternelle question?" (p. 113). Elle soulève d'autres questions et ne se montre jamais arrogante ni moralisatrice. Elle évoque aussi d'autres témoignages ou livre sur les camps, notamment Eichmann à Jerusalem d'Hannah Arendt. Il me semble toutefois qu'elle réduit la portée des propos d'H. Arendt en évoquant seulement le fait que tout homme peut être mauvais... La philosophe parle surtout de l'absence de réflexion, de pensées, chez les nazis qui ont conduit au système concentrationnaire...

Toujours avec sobriété, Simone Veil raconte aussi son parcours de femme. Enfant, au moment où Simone Veil et sa famille connaissent des difficultés financières, sa mère, qui est mère au foyer, lui dit : "Il faut non seulement travailler mais avoir un vrai métier" (p. 45). Lorsqu'elle devient adulte et mère de deux enfants, son mari ( comme son père avec sa propre mère) refuse de la laisser travailler. Mais cette future magistrate montre toute sa détermination et décroche son diplôme, à une époque où les femmes n'avaient pas encore accès à tous les métiers de la fonction publique : "Le parcours était semé d'embûches, mais c'était mal me connaître que d'imaginer que j'abandonnerais la partie dès les premiers obstacles" (p. 143).

C'est donc à la fois l'écriture sobre et le caractère déterminé, d'une grande ouverture d'esprit de cette femme qu'on peut admirer dans cette autobiographie. Pourquoi lire ce livre ? Voici la réponse de l'écrivain : " L'idée d'extraire de ma biographie les queslques passages qui peuvent être regardés comme d'utile pédagogie vis-à-vis de la jeunesse d'aujourd'hui m'a paru séduisante" S. V. "

Veil Simone, Une vie (extrait), Le livre de poche, France, octobre 2021, 147 p.

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La famille Jacob, pages centrales, Une vie, Le livre de poche

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11 mai 2022

Show me love d'Ami Fushimi : ISSN 2607-0006

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© Ami Fushimi 2018

Que ce soit la dépression dans Elle et son chat de Makoto Shinkai, les regrets d'une amitié perdue dans Look back de Fujimoto ou les stéréotypes de genres dans Le secret de Madoka (Editions Akata large), les mangakas excellent à représenter la société et les humains dans toutes leurs diversités. La collection Akata large est d'ailleurs présentée sur le site de l'éditeur comme "des œuvres aux thématiques plus sociales, plus engagées, plus adultes, ou au contenu parfois plus explicite ou frontal". Show me love d'Ami Fushimi appartient à cette catégorie.

 Ce one-shot donne à voir deux familles dysfonctionnelles : Nami, une jeune collégienne, vit seule avec sa mère. Pour l'aider, elle travaille en tenant compagnie à des hommes. Sa mère aussi se démène au point de tomber malade... Nami n'espère plus aller au lycée étant donné la pauvreté de son foyer. Découragée, elle étudie peu. Un jour, elle rencontre, dans un des appartements de sa résidence, un de ses professeurs qui vient d'emménager. Elle se prend d'affection pour son fils, Kenta, qui est harcelé et qui doit faire face à une beau-père négligent. Pour oublier sa détresse, Kenta qui n'a que 5 ans, passe son temps à étudier. Alors que leur caractère les opposent, Nami étant exubérante pour cacher son mal-être et Kenta et son père étant taciturnes, ils vont s'entraider involontairement, par le hasard de la vie...

177615La rencontre de ces trois êtres malmenés par la vie les feront mutuellement évoluer. Malgré l'aspect sociétal sombre, en se côtoyant, chacun grandira. Les mutiples sujets - famille monoparentale, harcèlement, absence de travail scolaire, solitude - sont bien traités même si les dessins paraissent inachevés : les fonds sont généralement blancs et les cadrages assez simples. Pourtant, la jeune mangaka arrive à rendre les visages extrêmement expressifs, développant toute une gamme de sentiments.

© Ami Fushimi 2018

Dans sa première oeuvre, Ami Fushimi a su bien représenter de nombreux problèmes sociétaux contemporains. Elle nous incite à réfléchir sur bien des aspects de la vie !

Show me love d'Ami Fushimi, Editions Akata large, Italie, Mars 2020.

Lu par Blandine.

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08 mai 2022

En bonne compagnie de Carlos Fuentes : ISSN 2607-0006

9782070442669_1_75Découvrons aujourd'hui un auteur classique de la littérature mexicaine : "En bonne compagnie" de Carlos Fuentes contient deux nouvelles fantastiques et gothiques. Voici une petite présentation de cet auteur ( folio) : "Carlos Fuentes est né à Mexico en 1928. Fils de diplomate, il a poursuivi des études au Chili, en Argentine et aux Etats-Unis et reçu une éducation cosmopolitaine.[...] Carlos Fuentes, auteur d'une quinzaine de romans, de récits, de nouvelles et d'essais dont Cervantes ou la critique de la lecture, est aujourd'hui considéré comme l'un des chefs de file de la littérature sud-américaine. Comme Carpentier ou Borges, il a sur extraire le merveilleux d'un réel ordinaire et se considère comme "un passeur de cultures" entre le Vieux Continent et le Nouveau Monde".

Dans la première nouvelle "En bonne compagnie", nous découvrons la vie d'un jeune homme vivant pauvrement à Lille. A la mort de sa mère, comme sa fortune a été dilapidée par son grand-père et son père, il décide de rendre visite, au Mexique, à deux tantes cruelles selon sa mère. Ces deux femmes vivent isolées dans une maison délabrée. Alejandro raconte à la première personne des événements étranges qui surviennent peu à peu dans son quotidien : l'apparition d'objets ayant appartenu à un enfant, un cauchemar où il est écrasé par un tramway... Est-il fou ? Ses tantes sont-elles vivantes ? Est-il mort ?

Dans "La chatte de ma mère", une vieille fille Leticia attend l'héritage de son acariâtre de mère, qui passe son temps à insulter Guadalupe, sa servante indigène, accompagnée de son félin. Elle veut forcer sa fille à épouser leur avocat lorsque Leticia rencontre un bel homme qui devient comme par magie le secrétaire de leur licenciado. A la mort de sa mère, Leticia épouse le bellâtre, qui commence à se comporter de manière étrange : il cherche à déterrer dans la cuisine un "secret". Qui est cet homme inquiétant ?

Tout d'abord, notons que la première nouvelle est fantastique tandis que dans la deuxième nouvelle, la présence d'êtres surnaturels est clairement une métaphore de l'histoire du Mexique en évoquant l'Inquisition au XVIeme siècle. De nombreuses références littéraires accompagnent les récits dans le premier, nous pouvons lire : "Musset regardait son temps en de face, tant pour l'amour que pour la guerre. Simenon observait le sien par le trou de la serrure. Alex se sentait un peu fils des deux" (p. 30). Effectivement, le récit est partagé entre le quotidien et le surnaturel, le réalisme et le fantastique, la mort et la vie etc... Dans le deuxième texte, l'évocation d'Alice au pays des merveilles semble être une référence à la présence surprenante d'animaux de toute sorte dans la vie de Leticia et à son basculement dans un univers qui lui est totalement étranger.

Ensuite, remarquons que les narrateurs de ces histoires qui se passent à Mexico emploie des mots et des références à toutes sortes de cultures, que ce soit des mots anglais ou français ou des allusions à l'histoire du passé mexicain. Voici une description de la ville par Alexjandro, le narrateur d'"En bonne compagnie" : "Les beautés de la ville - une église baroque ici, là le palais de tezontle, un jardin entrevu - donnaient un aperçu de sa profondeur, à l'opposé de son extension. car Mexico était aussi [...] une ville aux couches superposées, cité aztèque, coloniale, néoclassique, moderne..." (p. 17).

L'auteur de La mort d'Armetio Cruz se révèle bien être ce "passeur de cultures" et tout en écrivant des récits fantastiques efficaces, il décrit par petites touches le Mexique. Ces nouvelles semblent une bonne introduction pour découvrir une des facettes de l'oeuvre de ce romancier mexicain et donne envie de découvrir les autres nouvelles de cet auteur.

book trip - mexico bibliFuentes Carlos, En bonne compagnie, folio, Avril 2011, Espagne, 120 p.

Participation au challenge book trip mexicain organisé par Rachel et par A girl from earth.

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Tepeyac, Wikipedia

 

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04 mai 2022

C'est le premier, je balance tout (avril 2022) : ISSN 2607-0006

128622564logo d'allez-vous faire lire

1 LES FILMS

Sense 1 à 6 d'Hamaguchi/ Les contes du hasard d'Hamaguchi (IG)/ Les bad guys de Pierre Perifel (IG)/ Mai la rage d'une mère d'Atul Mongia

 

2. MES LECTURES

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61jMcVwvH9LMes lectures ont été dictées par les challenges : pour un mois au Japon organisé par lou et Hilde  et pour le hanami book challenge de Miss Amelia Chartterton, j'ai découvert les carnets de voyage de Nicolas Jolivot (A pieds sous les volcans), des mangas ( Elle et son chat de Shinkai, Sahara, le samouraï aux fleurs de Shibata, Les carnets de l'apothicaire d'Itsuki Nanao,Fairy Tale battle royale de Soraho Ina, Look back de Fujimoto) et des romans (Un café maison d'Higashino, Mitsuba et Zakuro d'Aki Shimazaki, ), des albums jeunesse ( Le petit chaperon rouge et ce qu'il advint dans le ventre du loup de François Amoretti et La grande vague de Véronique Massenot). Merci aux organisatrices !♥♥♥

L'étoile du Nord de D. B. John est une LC coréenne avec rAchel. La prochaine LC, en juin, sera La princesse Bari de Sok Yong Hwang.

En ce qui concerne le challenge des étapes indiennes organisées par Hilde et Blandine , j'ai lu Blissful land d'Ichimon Izumi. Et enfin pour le book trip mexicain de A girl et Rachel , j'ai lu deux excellents romans : Quatorze crocs de Martin Solares et Jours de combat de Paco Ignacio Taibo II.

Pour finir, voici mes futures LC :

- La colère des aubergines de B. Sharma avec Blandine, fin mai

- le 20 mai (jour de la naissance de balzac), LC du cousin Pons de Balzac avec Rachel, Miriame et Pativore !

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3. MES ACHATS

Comme d'habitude, j'ai acheté des livres autours de diverses thématiques : Rage against the machisme de Larrère (Lily en parle ici), un livre jeunesse L'épouvanteur de Joseph Delaney, El ultimo lector de David Toscana et Gabacho d'Aura Xilonen pour le book trip mexicain organisé A girl et Rachel et deux mangas Show me love Fishimi Ami (lu par Blandine) et Les carnets de l'apothicaire, le tome 2 de Nanao.

El-ultimo-lectorShow-me-love-akataLes-Carnets-de-l-apothicaire

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01 mai 2022

L'étoile du Nord de D. B. John : ISSN 2607-0006

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Les romans d'espionnages sont souvent complexes avec de multiples problèmes géopolitiques et de nombreux personnages sans oublier les péripéties à foison. Ce n'est absolument pas le cas de L'étoile du Nord  de D. B. John qui s'intéresse tout particulièrement à un état : la Corée du Nord à travers le point de vue de trois personnages.

On suit donc les aventures qui paraissent rocambolesques - mais qui reposent sur des faits réels comme le rappellent les notes de l'auteur en fin d'ouvrage où il révèle ses sources et ses inspirations  - de Moon, une nord-coréenne, de Jenna, une américano-coréenne et de Cho, un représentant du régime de Corée du Nord.

Moon est une pauvre paysanne qui cherche à améliorer son misérable quotidien en vendant des galettes de riz sur un marché clandestin. Elle va faire la rencontre de "Bouclette" et de Kyu, un orphelin errant dans les rues. A travers son histoire, c'est le quotidien des Nord-Coréens que l'on découvre entre peur du régime et révolte devant de nombreuses injustices. Entrelacés à ce récit, deux autres narrations nous font découvrir la vie d'un haut fonctionnaire du régime de Kim Jong-Il, appelé Cho et celle de Jenna qui vit aux Etats-Unis : sa soeur jumelle a disparu sur une plage de Corée de Sud. Est-elle morte ? Pourquoi a-t-elle disparu ? Recrutée par la CIA pour ses connaissances sur la corée du Nord et pour ses aptitudes physiques, elle va mener une enquête pour retrouver sa soeur... Quant à Cho, ce colonel doit être sans cesse sur ses gardes pour ne pas déplaire aux dirigeants... Envoyé aux Etats-Unis, il doit négocier pour obtenir des fonds. Le moindre faux-pas dans l'entourage du Leader provoque une mort certaine...

L'auteur croise habilement tous ces destins pour décrire un des Etats les plus secrets du monde... Mais les brefs chapitres, qui facilite la lecture, empêche aussi l'immersion dans la vie de chaque personnage. A peine a-t-on le temps de prendre connaissance d'un événement concernant l'un des personnages qu'on est aussitôt précipité dans la vie d'un autre, radicalement différente. Le choix d'un seul personnage aurait appauvri la perception que l'on pourrait avoir de la Corée du Nord, cependant, l'accumulation frénétique d'actions rend laborieuse la lecture : la mort du père de Jenna est ainsi expédiée en une ligne, les personnages sont tous caricaturaux, excepté Cho !

Une fictionnalisation de l'histoire contemporaine pas déplaisante, voire enrichissante, mais trop hachée dans sa construction !

J. B. John, L'étoile du Nord, Equinox, France, janvier 2019, 611 p.

LC coréenne avec Rachel.

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30 avril 2022

Zakuro, Au coeur du Yamato, d'Aki Shimazaki : ISSN 2607-0006

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Après avoir découvert la vie d'un salarié,appelé Aori dans Mitsuba d'Aki Shimazaki, dans une grosse entreprise tokyoïte, nous découvrons celle de Tsuyoshi Toda. Il apparaissait comme un personnage secondaire du le premier tome de cette deuxième série romanesque d'Aki Shimazaki, Au coeur du Yamato. C'est le chef du département des affaires étrangères d'Aori. Contrairement à ce dernier, entièrement dévoué à sa carrière, Tsuyoshi n'évoque qu'assez peu son travail.

Zakuro aborde un pan de l'histoire japonaise, oublié des manuels d'histoires : la déportation en Sibérie des Japonais en 1942 qui se trouvaient en Mandchourie. Le père de Tsuyoshi est porté disparu, comme tant d'autres, depuis la fin des années 1947. Cependant sa femme ne perd pas espoir et son fils, Tsuyoshi s'occupe de ses frères et ses soeurs. Un jour, un ami journaliste affirme l'avoir vu dans un restautant à Los Angeles. Est-ce Banzo Toda son père ? Pourquoi n'a-t-il pas rejoint sa famille une fois revenu de Sibérie ?

Ce tome-ci, Zakuro, ressemble beaucoup aux tomes de la première pentalogie, mais en se rapprochant du genre du roman policier avec cette quête du père à partir des indices donnés par le journaliste. La famille tient une grande place dans cette histoire où le personnage principal prend soin de ses frères et soeurs mais aussi de sa mère qui devient malade. Ses relations avec son petit-fils sont aussi souvent évoqués.

Ainsi tout en décrivant le quotidien et la destinée d'un homme, la romancière accorde une grande place à l'histoire nipponne en dévoilant la vie dans un camp de travaux forcés en Sibérie et le chaos qui régnait das l'après-guerre. Encore un excellent roman qui agence adroitement petite et grande histoire ! Que nous réserve la romancière dans Tanbo, le troisième tome de cette série romanesque ?

logo 2 japon 2022Aki Shimazaki, Zakuro, Au coeur du Yamato, Babel, France, Juillet 2020, 138 p.

Participation à un mois au Japon (checklist éditions Actes Sud ) organisé par lou et Hilde

 

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27 avril 2022

Look Back de Fujimoto : ISSN 2607-0006

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© by FUJIMOTO Tatsuki / Shûeisha

Look Back est un one-shot qui a beaucoup fait parler de lui car le mangaka Fujimoto est le fameux dessinateur de Shainsaw man et de Fire punch. Très bref et comportant peu de dialogue, Look back est comme Elle et son chat de Makoto Shinkai, une histoire qui en dit long avec simplicité mais subtilité... Que vaut la lecture de ce one-shot ?

Elève d'une classe de primaire, Fujino dessine pour le journal de son école une planche de 4 cases toutes les semaines. Tout le monde admire son travail qu'elle a fait négligemment. C'est, en effet, une jeune fille joviale, ayant de nombreuses amies et des loisirs. Un jour, son professeur lui demande de partager sa rubrique avec une élève "fantôme", Kyômoto, qui n'arrive plus à sortir de sa chambre. Cette dernière se révèle être particulièrement douée pour dessiner. Jalouse, Fujino décide, en autodidacte, de s'intruire davantage en matière de dessins pour réussir ses perspectives et d'apprendre l'anatomie... Pourtant, elle n'arrive pas égaler sa rivale et finit par inquiéter son entourage, qui la voit se couper du monde pour se consacrer à sa passion. Finalement, son professeur lui demande de remettre le diplôme de fin d'année à Kyômoto et cette rencontre bouleverse la vie des deux filles. Commence une grande amitié entre les deux passionnées de dessins.

Avec de simples dessins, le mangaka réussit à nous émouvoir par cette histoire d'amitié et d'art. Il réussit aussi à rendre sensible le passage du temps, l'évolution de la relation entre les deux filles, le changement de leur caractère, leur obstination à dessiner, ce qui donnent d'ailleurs un caractère répétitif à certaines cases les représentant en train de dessiner... La rencontre des deux filles autour d'un concours de dessins prend un tournant inattendu. Fujino, qui déprécie son amie et sa passion pour le dessin, finira par avoir des regrets alors qu'elle a toujours été sûre d'elle-même...

La construction de l'intrigue surprend et fait de Look back une véritable ode à la fiction et à l'imagination comme remède à la douleur et au deuil...

Fujimoto, Look back, Kazé, Italie, Avril 2022,

 Participation à un mois au Japon (checklist manga ) organisé par lou et Hilde

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© by FUJIMOTO Tatsuki / Shûeisha

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24 avril 2022

Jours de combat de Paco Ignacio Tiabo II : ISSN 2607-0006

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Découvrons un nouvel auteur de polar mexicain et un roman complètement déjanté : Jours de combat de Paco Ignacio Taibo II.

Sur un coup de tête, Hector décide un jour de quitter son emploi et sa femme. Il devient détective privé comme un dans un roman policier. Au même moment, un étrangleur se met à tuer des femmes à Mexico. Hector veut l'arrêter. Comment va-t-il s'y prendre ? "1 se remettre dans l'ambiance de la poursuite de l'étrangleur, concevoir un nouveau plan, réorganiser l'attaque. 2. Retrouver la fille, cette femme à la jupe courte et à la queue de cheval. Et pourquoi pas finir de tomber amoureux d'elle. 3. Savoir qui avait essayé de l'assassiner et pourquoi. 4. Gagner le grand prix des soixante quatorze mille pesos."

Notre héros aime faire des listes et le narrateur aime employer diverses narrations comme le passage au tutoiement subitement. Parfois, il dresse des listes et ajoute des personnages comme si tous étaient conscients de vivre dans un roman, tout en cumulant les clichés de romans noirs, comme l'apparition d'une femme fatale, d'un héros torturé, de course de poursuite.

Une place spéciale est réservée à un Mexico cauchemardesque : "La ville se nourrit de charogne. Comme un vautour, comme une hyène, comme l'Urubu si mexicain qui se repaît des morts pour la patrie. Et la ville avait faim". Lisez Jours de combat pour découvrir une enquête surréaliste à l'écriture atypique ! 

book trip - mexico bibliPaco Ignacio Tiabo II, Jours de combat, Rivages/ noir, France, Avril 2000, 266 p.

LC avec A girl, Kathel, Maryline,

Participation au book trip mexicain organisé par A girl et Rachel

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21 avril 2022

Mai la rage d'une mère d'Atul Mongia : ISSN 2607-0006

Mai la rage d'une mère est une série indienne violente. Vous ne trouverez pas de saris colorés, de musiques bollywoodiennes dans cette série à l'ambiance de thriller. Corruption et criminels hantent cette histoire qui repose sur des trahisons, des meurtres et du blanchiment d'argent.

  Une femme timide, Sheel, s'aperçoit que sa fille muette se comporte de manière étrange : lorsque cette dernière veut lui expliquer ce qui la préoccupe, elle est percutée par un camion et meurt sans pouvoir parler... Après le procès du chauffard, celui-ci fait des déclarations qui allertent la mère : il ne voulait pas tuer sa fille. La mère endeuillée, surnommée "Mai" par sa fille, décide de mener une enquête... Tout autour d'elle, évoluent les forces spéciales de la police, deux couples de malfrats, une ancienne taularde qui a tué son mari qui la battait, une belle-famille riche mais terrifiante... qui est le coupable ?

En menant son enquête avec obstination, elle va se révéler être meilleure que James Bond dans tout ce qu'elle entreprend même si elle commet de nombreuses erreurs (Et oui, n'est pas Sherlock qui veut) : elle, si douce, grimpe les murs des jardins pour rentrer illégalement dans des propriétés, vole des produits pharamaceutiques, torture une criminel, en assomme un autre... Mais peut-on faire justice soi-même, même si la justice est elle-même corrompue ?

Le suspense est vraiment prenant ! Comme le dit si bien la fille de Mai, rien n'est tout blanc, rien n'est tout noir. Et c'est donc éclairé d'une lumière jaunâtre, dans des scènes souvent noctures, grises, et tristes que se déroulent la plupart des scènes de cette série en 6 épisodes de 45 minutes. Des pluies de morts et de retournements de situations viennent rythmer chaque épisode qui commence toujours sur un retour en arrière : et c'est là que le spectateur comprend réellement qui sont les personnages tous nuancés... et voir l'ampleur de la corruption dans la société, la place des femmes dans la famille, de la violence dans le système indien. Une efficace série policière indienne mais au visuel trop académique...

274536042_4937182766373437_4794930244502068578_nMai, la rage d'une mère, Netflix, 2022, Atul Mongia

Participation "Ecrans" au challenge Les étapes indiennes organisées par Hilde et Blandine

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18 avril 2022

La grande vague, Hokusai de Véronique Massenot : ISSN 2607-0006

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Comme dans Le vieux fou de dessin qui racontait la vie d'Hokusaï à travers une histoire fictive, la grande vague, Hokusai de Véronique Massenot accompagnée des illustrations de Bruno Pilorget, conte une petite histoire en s'appuyant sur des estampes d'Hokusaï : un couple sans enfants en adopte un donné par une gigantesque vague... Malheureusement, l'enfant ne grandit pas....

Lors de la présentation du couple, Aki et Taro, qui n'ont pas d'enfants, on les représente dans le paysage du Lac Suwa, la dix-septième estampe des 36 vues du mont Fuji. Quant à la fin du conte, on reconnaît la neuvième planche qui dépeint La passe d'Inume. Reconnaîtrez-vous les autres ?

Cet album publié dans la collection Pont des arts permet donc de rendre accessible les oeuvres d'art, notamment les estampes iconiques d'Hokusaï, pour les enfants. Le grand format magnifie les dessins. A la dernière page, des informations pédagogiques complètent les connaissances sur ce peintre : pourquoi a-t-il influencé les impressionnistes ? Que signifie Koi Nobori ? Qu'est-ce une estampe ? Une collection, Pont des arts, qui permet de belles rencontres avec des artistes !

logo 2 japon 2022Massenot Véronique, La grande vague, L'élan vert, mars 2010

Lu aussi par Nathalie

Participation au challenge un mois au Japon (checklist album jeunesse et autour d'Hokusaï) organisé par lou et Hilde

 

1831 : comment la vague d'Hokusai a déferlé sur l'art
En direct des grands chocs esthétiques de l'histoire des arts et de la culture, Mathilde Serrell est aujourd'hui en 1831, devant une estampe japonaise magistrale, une vague monstrueuse, œuvre d'Hokusai. Elle est monstrueuse, dévorant presque tout le cadre, le tout petit Mont Fuji au loin, avec son dôme enneigé, n'est rien à côté de cette vague...
https://www.franceculture.fr

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La passe d'Inume. Crédits : Hokusai

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La grande vague, Bruno Pilorget

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