1001 livres

27 juillet 2017

Laurent Binet, HHhH

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Laurent Binet, HHhH, audiolib, 11h06, 2017.

Laurent Binet, HHhH, Le livre de poche, 442 p. billet d'Agnès (mon biblioblog)

Merci Audiolib pour ce partenariat. Pour écouter un extrait : ici.

 

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19 juillet 2017

Mourlevat, La rivière à l'envers l'intégrale en audiolib + Silhouette

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"La vie a plus de fantaisie que moi" Mais quel conteur ! Quand on ouvre  le livre des aventures de Tomek, on a l'impression de traverser le miroir d'Alice aux pays des merveilles. Lorsqu'Hannah, une jeune fille entrée dans son épicerie lui avoue qu'elle part à la recherche de la rivière à l'envers, Tomek part aussitôt à l'aventure. Mais pourquoi cette rivière coule à l'envers ? Où se situe-t-elle ? Et quelle aventure ! Le jeune héros doit traverser la forêt de l'oubli, le village des parfumeurs, répondre à des énigmes sur une île qui n'existe pas etc... Que d'inventions ! Que de poésie !

"Mais tu dois savoir qu'aucun de ces cadeaux n'égalera cette histoire que je vais te dire" Aussitôt La rivière à l'envers refermé, on n'a qu'une envie c'est de rester dans ce monde enchanteur ! Le récit d'Hannah, qui reprend certains éléments de celui de Tomek, est aussi poétique et exaltant : à nouveau, on découvre des lieux étranges, des personnages hors du commun, des caravanes qui n'existent pas, des villages en ruine et des équipées diaboliques, une princesse Alyzée maudite... Hannah nous ensorcelle avec son récit comme une nouvelle Shéhérazade : " Je t'ai lu presque tout le grand livre des Mille et Une nuits, Tomek Plus de 800 pages... Quelquefois, je perdais le fil de l'histoire, et je laissais couler les mots dans ma bouche sans m'occuper de leur sens. D'autres fois, au contraire, je le suivais si bien que je devenais Shéhérazade. J'étais allongée auprès du sultan Sharhriyar, et je contais pour ne pas mourir".  Des enchantements, le monde du conte, des références littéraires, un univers à découvrir, un auteur à lire et à aimer !

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Cette oeuvre estampillée "jeunesse", mais qu'adulte, on peut tout autant savourer est déjà une oeuvre transmédiatique grâce à audiolib. Vous pouvez désormais écouter les histoires de Mourlevat, en intégral, lu par l'auteur lui-même. Sa voix très agréable nous entrainer rapidement dans les aventures de nos héros. Le découpage en courts chapitres permet une écoute facile. En outre, l'écoute de CD est autorisée en classe. Ces CD d'audiolib sont encore une véritable réussite !

La rivière à l'envers, Mourlevat, audiolib, 6h56

Merci audiolib. Extrait à écouter ici.

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Alors que Terrienne m'avait fait aimer un auteur pour son humour et son style, j'ai abandonné son recueil de nouvelles Silhouette. Une femme appelée à figurer dans un film... Un adolescent qui veut sauver son chat... Cruelles et ancrées dans la réalité quotidienne, je n'ai pas, dans ces courts récits, retrouvé le style de l'auteur. Est-ce le genre qui m'a déplu ? Les nouvelles à chutes sont légions maintenant... Est-ce les thèmes qui renvoient à un univers banal qui m'ont fait abandonner ce recueil ? Sans être déplaisantes, je n'ai pas voulu passer plus de temps avec ce livre.

Sihlouette, Mourlevat, Gallimard jeunesse, 220 p.

Mourlevat, La rivière à l'envers, 1. Tomek, PKJ, 191 p.

Mourlevat, La rivière à l'envers, 2. Hannah, PKJ, 158 p.

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15 juillet 2017

Le retour, Robert Goddard

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Si vous avez déjà lu un roman de Robert Goddard, vous reconnaîtrez certains ingrédients, qui sont présents dans ses précédentes oeuvres : l'importance du passé dans la vie d'un homme et le thème du chantage, qui apparaissait déjà dans Les mystères d'Avebury. Dans Le retour, Christopher Napier est en proie à un chantage : pour quelle raison ? Qui est cette femme qui lui réclame de l'argent ? Cet épisode va permettre au héros narrateur de faire un retour en arrière sur sa vie et ce ne sera pas le seul. Le livre est entièrement construit sur des analepses : chaque nouvel élément permet à l'auteur d'évoquer ses souvenirs.

En effet, la famille de Chris est devenue riche grâce à un oncle Joshua, qui a fait fortune en Alaska à l'époque de la ruée vers l'or. Mais cet argent ne leur était pas destiné. Le vieil oncle était amoureux de Cornélia Lanyon et celle-ci était devenue sa gouvernante. La soeur de Joshua, personnage cupide n'a de cesse de se rapprocher de lui dans l'espoir d'hériter de cette colossale fortune. Soudain, l'oncle est tué par son protégé Michael Lanyon, le fils de Cordélia. A partir de ce drame, les Napier deviennent riches alors que les Lanyon subissent de nombreux revers de fortune. Mais le fils de Michael Lanyon, Nick, est persuadé de l'innocence de son père. Lorsque Nick se suicide, Chris décide de mener une enquête pour vérifier la culpabilité de Michael Lanyon.

Comme dans Les mystères d'Avebury, le héros part à la quête des témoins du meurtre passé et est confronté à de nombreux problèmes. Outre, ces problèmes, il doit faire face aux mensonges des uns et des autres. L'enfance du héros se déroulant pendant les années 1940, on nous donne aussi un aperçu de l'Angleterre après la Seconde Guerre Mondiale. La construction du roman est très efficace mais, on voit réapparaître quelques ficelles similaires aux Mystères d'Avebury. Le retour reste toutefois un bon page-turner.

Le retour, Robbert Goddard, Livre de poche, 517 p.

Lecture commune avec Missycornish : son billet ici. Billet de Lewerentz

Autres romans de cet auteur : Les mystères d'Avebury

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07 juillet 2017

Goddard, Le mystère d'Avebury

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En 1981, à Avebury, David Umber est le malheureux témoin d'un enlèvement d'une petite fille et du meurtre de sa soeur, les enfants des Hall. Il venait rencontrer, dans ce lieu historique, un universitaire, qui devait lui donner des renseignements sur Junius : ce dernier est un polémiste anonyme du XVIIIeme siècle. L'affaire semble close, lorsqu'un tueur en série reconnaît, dix ans plus tard, avoir tué la jeune enfant des Hall. Mais Sharp, l'enquêteur en charge de l'affaire, à la retraite, a reçu une lettre anonyme, qui relance l'affaire. 

"Parce que ça veut dire que nous pouvons oublier les experts scientifiques à la noix. Je n'ai jamais fait confiance aux blouses blanches de toute façon [...]. Alors que le temps ? C'est autre chose. Il révèle des structures, des motifs. Ce que les gens touchés par l'enlèvement de Tamsin Hall et le meurtre de Miranda Hall ont fait pendant toutes ces années, voilà les éléments que nous allons passer au crible", déclare Charp. L'ancien inspecteur et David vont donc rencontrer tous les témoins de l'affaire.

Il y a donc une énigme littéraire, à l'intérieur d'une énigme policière. Qui est Junius ? Quel est son lien avec l'enlèvement de Tamsin Hall ? David tente de résoudre cette affaire mais les embûches sont sans nombre. Autant l'énigme autour de Junuis est enthousiasmante et réelle, autant l'excès de rebondissements rend invraisemblable l'histoire : les lieux, les personnages, les secrets se multiplient. En outre, le personnage principal est maladroit, naîf et désorienté. On dirait un pantin balloté par un un écrivain en proie à une imagination débordante. L'aspect jeu de piste avec les rendez-vous manqués devient un procédé lassant.

Cependant, Robert Goddard arrive à maintenir le suspense jusqu'à la fin, mais en complexifiant à l'outrance l'intrigue, qui aurait mérité d'un peu plus de vraisemblance. Sous ses airs de simple quête de vérité, on perçoit aussi une vision assez sordide de l'humanité, où tout se monnaie, où les hommes sont sans scrupule et sans honneur.  Les mystères d'Avebury reste toutefois un bon page-turner...

Le mystère d'Avebury, Goddard, Les éditions sonatine, 394 p.

Merci Lewerentz pour ce livre : son billet ici.

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05 juillet 2017

La loi des Sames, Pettersson

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Pourquoi on aime ce roman ? Dans ce roman policier, Lars Pettersson ne situe pas son intrigue en Laponie norvégienne, tout en oubliant le décor. Il nous décrit les us et coutumes du peuple autochtone, les Sames. Anna est subtitut du procureur, en Suède et a donc quitté la siida ( et sa mère avant elle), c'est-à-dire le clan. Sa famille ne cesse de lui reprocher cette défection. Elle est rappelée par sa grand-mère pour défendre son cousin Nils, accusé de viol. -40 degrés, l'aurore boréale, des paysages enneigés à perte de vue, des éleveurs de rennes pas commodes : voici ce à quoi est confronté notre héroïne.

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( carte p. 10)

Qui sont les Sames ? Grâce à ce thriller, vous en saurez plus sur leur chant traditionnel, les élevages de rennes, leurs costumes traditionnels. Une carte, placée à la première page, nous permet de suivre les déplacements d'Anna en Laponie et la traductrice a ajouté des notes de bas de pages pour traduire tous les mots Sames. C'est d'ailleurs la force et la faiblesse de ce roman que de décrire avec des détails zoliens la vie quotidienne de ce peuple : le nombre de gauffres avalés ou de cognac ingurgités, les plats détaillés, débouchage héroïque de canalisation semblent parfois superflus.

"La police des canards" ( p. 286) " Quel rôle notre système juridique moderne pouvait-il jouer dans une société qui présumait que la loi et le droit dépendent du contexte social et des expériences accumulés au cours de l'histoire ?". Une chasse aux canards est autorisée au printemps où chacun ne peut tuer que deux canards. Seuls trois policiers surveillent cette chasse qui se déroule sur un territoire aussi grand que la Belgique. Mais personne en respecte cette réglementation. Ainsi en est-il pour la justice où le commissaire local, appartenant à une puissante famille, classe les affaires qui ne lui sont pas favorables. Pourtant Anna, ayant un caratère bien trempé, ne va pas se laisser intimider et va mener son enquête tambour battant tout en réfléchissant sur la politique de norvégianisation des Samis, du rôle des femmes dans son peuple et de la place qu'elle occupe dans sa famille. Ne vous laissez pas détourner de ce roman bien ficelé, par le premier chapitre un peu confus et le début un peu lent à se mettre en place, qui sont largement compensés par le caractère de l'héroïne et la découverte des Samis.

La loi des sames, Pettersson, folio policier, 523 p.

Merci folio pour ce partenariat ! Merci Claudia, qui par sa passion pour ce pays où elle a voyagé m'a donné envie de découvrir ce roman.

P1000242Photo prise par Claudia, son blog ici

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01 juillet 2017

C'est le premier, je balance tout ( juillet 2017)

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1) FILMS

The Jane Doe identity, de André Ovredal, avec Emile Hirtsch et Brian Cox, 2017, 86 min

Comment une thématique intéressante, un huis-clos étouffant peuvent-ils aboutir à un film de série B ? Alors que le film commençait comme une véritable enquête passionnante et que le décor principal du film était anxiogène à souhait, peu à peu le film sombre dans l'invraisemblance  à cause du jeu des acteurs ( les pires horreurs ne les effraient pas mais leur tirent parfois un regard attristé) et de situations presque parodiques.

Billet de Dasola qui a aimé le film.

THE+AUTOPSY+OF+JANE+DOE

2) TOP...

 Je parlerai prochainement de ma découverte des romans policiers de Donna Leon, notamment Une question d'honneur et Brunetti entre les lignes, et du très original HHhH de Laurent Binet. En ce qui concerne A. Ernaux, dont j'aime toujours la "musique originale" ( Divry), mon billet est ici.

Regarde-les-lumieres-mon-amourUne-question-d-honneur9782253157342-001-T

ET FLOP...

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Divry, La cote 400, 10/18, billet ici.

Alors que j'avais lu avec plaisir Immortelle randonnée, qui relate avec humour, réflexions et conseils, le chemin parcouru jusqu'à Compostelle par l'auteur ( bien que certaines personnes m'aient dit qu'elles avaient connu un voyage bien plus difficile), Le collier rouge ne m'a pas du tout touchée. En 1919, un homme décoré est retenu prisonnier pour avoir insulté des gradés lors d'un défilé du 14 juillet. Devant sa geôle, son chien lui reste fidèle. Ce dernier l'a suivi jusqu'au front d'Orient. C'est ce qu'apprend un juge militaire, venu interroger notre prisonnier et décider de sa culpabilité. Cette histoire, inspirée d'une véritable anecdote, m'a paru sans intérêt par rapport au contexte de la première Guerre Mondiale et aurait dû rester au rang de simple anecdote...

Immortelle randonnée, Ruffin, folio, 273 p.

Le collier rouge, Ruffin, folio, 164 p.

3) LES CHRONIQUES VENUES D'AILLEURS

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J'ai repéré le bonheur insoutenable d'Ira Levin sur le blog des livres qui rêvent : cette dystopie n'est pas sans rappeler 1984 d'Orwell. Uniford remplace Big Brother pour surveiller un monde uniformisé. Une dénonciation de la standardisation, de la surveillance outrancière ? Un roman qui semble bien d'actualité... Seul hic, le livre n'est plus publié mais peut-être le trouverais-je dans une bibliothèque. (L'avis de Keisha que remercie pour son lien en commentaire)

4) ACHATS

Regarde les lumières mon amour, Ernaux + Céleste, ma planète de Timothée de Fombelle + Le retour de Goddard + Le collier rouge de Ruffin + City on fire, Garth risk Hallberg + Divergente, Roth + L'heure zéro, A. Christie + Mariachi Plaza, Connely + Froid comme la mort, Manzini

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26 juin 2017

Regarde les lumières, mon amour, Annie Ernaux

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Au XIXeme siècle, Zola décrivait les grands magasins, leurs techniques de vente inventées par le génial Octave Mouret, qui souhaite construire "un temple" dédié au femmes. De même, dans son journal intime Regarde les lumières mon amour,Annie Ernaux l'auteur de La place, La honte, Une femme, souligne ce sexisme toujours présent dans notre société : "Beaucoup de monde au rayon jouets d'Auchan. D'enfants. séparés rigoureusement. Aucune fille devant les voitures et les panoplies de Spiderman, aucun garçon devant les Barbies, les Hello Kitty, les poupons Rik et Rok qui pleurent" (p. 41).

Comme dans un essai sociologique, elle retranscrit aussi les techniques commerciales des grandes surfaces pour vendre davantage, leur manière de se renouveler sans cesse pour nous faire consommer... Elle montre aussi comment la surconsommation est permise grâce au travail et à l'exploitation d'autres personnes. Sans pathos, elle constate les faits : " Le bilan de l'effondrement d Rana Plaza au Bangladesh est de 1127 morts. On a retrouvé dans les décombres des étiquettes des marqes de Carrefour, Camaïeu et Auchan" (p. 78).

Comme le temple qui désignait le grand magasin d'Octave dans Au bonheur des dames de Zola, Ernaux use d'une métaphore religieuse pour désigner Auchan : " Jamais le centre ne ressemble davantage à une cathédrale flamboyante qu'en cette période" ( p. 36). Ce n'est ni une élogieuse description des hypers, ni une satire de ces lieux que fait Annie Ernaux mais elle nous livre sa pensée, qui me semble un peu moins vraie que ses autres observations d'une remarquable justesse, me semble-t-il : "Consigner mes déplacements à l'hyper Auchan durant plusieurs mois entre 2012 et 2013 a été une façon de fixer des moemnts de cette histoire collective, continue et insensible. de saisir en moi des pensées, des sensations, et des émotions qui ne peuvent surgi que là, dans cet espace où sont rassemblés le plus de mes semblables différents, où le vivre ensemble", cette incantation creuse, possède une réalité corporelle, visible. Car l'hyper reste - jusqu'à un redoutable nouvel ordre dont l'apparition se profile dans la dérive inquiétante de la société française - un espace de liberté et d'égalité d'accès, ouvert à tous et toutes sans distinction de revenu, de tenue vestimentaires, d'identé". Un style à découvrir si ce n'est pas déjà fait...

Regarde les lumières mon amour, Ernaux, Folio, 96 p.

Billet de Lilly, qui m'a donné envie de découvrir ce livre, ici.

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18 juin 2017

Sophie Divry, La cote 400 / La mystérieuse affaire de style

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"La mystérieuse affaire de style" ! C'est ainsi qu'a joliment intitulé Sophie Divry son article, publié dans Le monde diplomatique et qui est un extrait de son essai Rouvrir le roman.  Pourquoi trouver son style ?, s'interroge-t-elle. C'est tout d'abord pour " traduire la singularité de sa vision et la volonté narcissique d'avoir un style reconnaissable". Ainsi fustige-t-elle, à travers la quête d'un écriture singulière, la vanité des écrivains. Elle y oppose aussi les auteurs qui ont " leur petite musique originale" et ceux qui s'efforcent d'avoir "une pluralité stylistique". Mais voici de la paraphrase, sans style, bien maladroite : vous pouvez lire plutôt son intéressant article ici, évoqué aussi par Christw dans son blog le marque-pages.

 Le lendemain, examinant, contemplant et m'extasiant sur la table des nouveautés, dans ma librairie, mon oeil est attiré par le nom de Sophie Divry. Mais c'est justement l'auteur de l'article ! De quel titre s'agit-il ? Je ne saurais le dire. D'ailleurs, j'ai oublié le contenu de la quatrième de couverture. Je vais vite dans le rayon voir si d'autres livres de cet auteur sont encore en vente. Là, je découvre La cote 400, qui a dû plaire à une des libraires, au point que celle-ci a pris le temps d'y mettre son opinion, sur un carton bristol. Je survole la quatrième de couverture où le mot " bibliothécaire" m'incite à l'acquérir. Rarement, les livre sur les livres me déplaisent et me voici repartie avec l'objet du délit.

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Le soir venu, j'ouvre le livre. Et je suis horrifiée. Je l'abandonne une première fois. Puis une deuxième, mais je veux comprendre. Comment l'auteur a pu commettre un pareil récit ! Une bibliothécaire monologue face à un pauvre hère, enfermé la veille dans le sous-sol de la bibliothèque ( plutôt invraisemblable, non ?). Ses opinions sont évoquées en suivant la classifiation de Dewey : la cote 900, l'histoire, lui permet de critiquer Napoléon. Mais quelle harpie ! Quel personnage antipathique ! Non seulement, elle méprise les magasiniers, soit-disant moins intelligents qu'elle, mais elle rend la vie pénible aux architectes sous prétexte qu'elle travaille dans un sombre sous-sol, fait du café trop fort pour ne pas être " rançonner par ses collègues", critique les " zombis" qui écoutent de la musique dans le bus au lieu de lire ! A quoi mène cet amer soliloque ? Je ne le saurais jamais car j'ai laissé ce haineux personnage dans son sous-sol et ce livre, dont le procédé est orginal, mais dont le contenu est décevant et désagréable.

Sophie Divry, La cote 400, collection 10/18, 95 p.

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12 juin 2017

Black out de Bryan Selznick

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fille 1Voici l'héroïne du livre : une jeune fille, habitant le New Jersey, en 1927, entourée de maisons en papier et d'articles d'une actrice célèbre. Elle ne cesse de vouloir fuir sa maison, où elle vit avec son père. Son histoire va être racontée en image.

chap 1Et maintenant voici le héros : il s'appelle Ben, vit en 1977, dans le Minnesota et vient de perdre sa mère, bibliothécaire qui aimait les citations. Il ne connaît pas son père mais il découvre, par un soir d'orage, des objets dans le chalet de sa mère, qui va le mettre sur la trace de son passé. Après un terrible accident dû à la foudre, commence la quête du héros... Il raconte simplement son histoire, qui est extraordinaire.

selznick-wonderstruck-museum11Vous pouvez admirer ci-dessus les magnifiques dessins qui alternent avec le texte. Un des objets, qui relie Ben à son passé, est un livre sur les cabinets de curiosités, écrit par un  conservateur de musée travaillant au musée d'histoire naturelle à New York. Les objets, les lieux tiennent une grande place dans la vie de cet enfant.

" Nous sommes tous au fond du trou mais certains regardent les étoiles" (O. Wilde) : cette citation ponctue le récit. Elle n'est pas la seule. Des objets, des rêves récurrents, des événements se répètent d'un destin, celui de Rose, à l'autre, celui de Ben. Mais si on entre émerveillé dans ce roman, et qu'on a envie de se perdre dans ces belles illustrations, on reste un peu sceptique devant les dangers qui disparaissent comme par enchantement, les coincidences si nombreuses... Au lieu d'admirer l'imbrication des pièces du puzzle, on reste dubitatif devant les facilités narratives, les parallèles presque forcés. A la fin du récit un addendum permet à l'auteur de raconter la genèse de l'oeuvre, les sources, les influences de son roman. Un beau roman où j'ai préféré la forme que le fond... mais je sais que je lirai L'invention d'Hugo Cabret tant l'univers de cet auteur est fascinant. Le livre vient d'être adapté et c'est l'un des oubliés de ce festival de Cannes 20017. En voici l'affiche :

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Black out, Selznick, Bayard jeunesse.

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06 juin 2017

Tandis que j'agonise de Faulkner/ Mud, sur les rives du Mississippi, de Nichols

 

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Voyez le Mississippi, au sud des Etats-Unis, c'est là que se déroulent les romans de Faulkner comme Le bruit et la fureur ou Tandis que j'agonise.

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 L'écrivain Ellen Glaqglow a forgé, en 1936, le terme de Southern Gothic pour qualifier les écrits de Faulkner, en référence au roman anglais noir. Mais quel est le rapport entre ces deux genres de littérature qui paraissent aussi éloignés ? Le southern gothic désigne moins le fantastique que les peurs et les superstitions d'un sud pauvre et décadent, d'une ruralité sauvage et violente.

Dès le titre, Tandis que j'agonise, on pressent une histoire lugubre, comme la pluie diluvienne qui ne cesse de s'abattre sur les tristes personnages de cette histoire. C'est celle d'une famille, dont la mère Addie est mourante. Alors que la mère est allitée, le fils Cash, charpentier, prépare son cercueil, sous ses yeux. Elle a émis le souhait d'être enterrée dans le cimetière près de la ville, ce qui va obliger les enfants, Darl le cadet, Jewel le plus jeune et la fille Dewey et leur père à entreprendre un voyage plein de péripéties glauques comme une jambe cimentée, un incendie, une charrette qui tombe à l'eau...

L'histoire est des plus banales et s'inscrit dans un quotidien rural. Mais ce qui n'est pas banal, c'est l'écriture de Faulkner. La déliquescence de cette famille transparaît dans l'écriture : par courts chapitres, l'auteur révèle grâce au monologue intérieur les pensées des personnages. Juste des bribes. Des fragments. Il instaure le procédé qu'il développera dans Le bruit et la fureur. Les chapitres étant très courts, et n'utilisant pas selon l'expression sartrienne "la technique du désordre", comme dans Le bruit et la fureur, où les temporalités sont mêlées, la lecture en est plus aisée pour découvrir les destins grotesques et sordides de tous ces personnages cernés par l'odeur de mort du cadavre qu'ils transportent. Voici un exemple d'un chapitre faulknerien, pas forcément représentatif puisqu'il s'interrompt au milieu d'une phrase et est particulièrement bref :

Numérisation_20170608Tandis que j'agonise, Faulkner, folio, 254 p.

 

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Ce sont sur les mêmes rives du Mississippi que vit Mud, découvert par Ellis, un jeune garçon naïf et idéaliste. Loin de l'insouciance d'un Tom Sawyer, Ellis est confronté à la dure réalité - il doit aider son père, vendeur de viande et de poisson, alors qu'il n'a que 14 ans, et il doit subir la désunion de ses parents, qui souhaitent divorcer. Mais Ellis est romantique et se réfugie souvent sur une île en quête d'aventures. C'est là, avec son meilleur ami, Neckbone, un orphelin, qu'il découvre un bateau surréalistement perché dans un arbre et un homme mystérieux : Mud.

Mud s'inscrit aussi dans la lignée du southern gothic : dans une nature lumineuse, Ellis et le spectateur font la découverte des dangers de la nature et de la nature humaine. Qui est Mud ? un menteur ou un amoureux ? Ellis va-t-il l'aider à retrouve l'amour de son enfance, Juniper, sachant que Mud est un meurtrier ? Tout en suivant Ellis dans un parcours initiatique, on peut voir des aventures dans la tradition du cinéma américain, la vie des habitants des bayous en train de disparaître ; une fusillade et une traque digne d'un thriller. Un univers à la fois sordide et merveilleux, trouble comme Mud et le fleuve sur lesquels vivent les personnages... Une belle découverte...

Mud, Jeff Nichols, 2012, avec Mattew McConaughey, Tye Sheridan, 2h10.

billet de Dasola

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