1001 livres

20 juillet 2014

Une pause estivale...

49-ext-close-up-day1Une petite pause estivale...

Bonnes vacances à tous...

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15 juillet 2014

Goldoni, La locandiera

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Surnommé le "Molière italien", Goldoni, avec La Locandiera, a écrit une petite comédie, en trois actes, réjouissante où on retrouve avec plaisir tous les procédés comiques traditionnels comme le comique de caractère avec un protagoniste obsédé par sa haine des femmes, ou un marquis imbu de ses prérogatives nobiliaires. Pour punir un chevalier misogyne, Mirandoline, une hôtelière, décide de le séduire. Elle use de tous les artifices féminins : évanouissements, propos flateurs... Dans son avis au lecteur, Goldoni parle de cette pièce en ces termes : ce serait une pièce " la plus morale, la plus utile, la plus instructive". Quelle est la leçon de cette pièce ? Empêcher les hommes de tomber dans les " périls" de la séduction féminine ? Cependant, on voit bien que le Chevalier n'est nullement guéri de son défaut et en parlant des " funestes pouvoirs" des femmes, il semble encore plus l'ennemi des femmes qu'au premier acte. Son défaut n'en est que plus renforcé ! quant à la manipulatrice, elle s'en tire à bon compte. Peut-on encore parler de morale ?

Cela a le mérite de souligner la complexité de cette pièce, dont les caractères ne sont pas facilement cernables comme dans la commedia dell'arte. Justement, l'édition folio bilingue présente quelques pages en couleurs, représentant le théâtre de l'époque, reproduisant des tableaux des pièces de Goldoni. A ces illustrations  s'ajoutent des commentaires sur la réforme goldonienne : l'apprentissage des textes par les acteurs qui remplace les lazzi, l'absence des masques, et l'abandon des types. C'est d'ailleurs ce théâtre réformé qu'il met en scène dans La locanderia. A la fin de l'acte I, deux comédiennes apparaissent. Quel est leur rôle ? Quel lien avec l'intrigue ? Elles feignent d'être des dames nobles mais leur jeu issu de la commedia dell' arte est si caricatural que Mirandoline les démasque vite. Leur attitude et propos s'opposent au naturel de Mirandoline qui joue les séductrices avec tant de vraisemblance que le Chevalier tombe dans son piège : ne peut-on pas y voir le triomphe du théâtre réformé de Goldoni ? Assurément une pièce très enlevée qui fait découvrir le théâtre italien du XVIIIeme siècle et qui vaut bien à Goldoni son surnom de " Térence de l'Adriatique" !

La Locandiera, Goldoni, Folio bilingue, 284 p.

Participation au challenge mélange des genres de Miss Léo ( mon bilan)

Lecture commune avec Claudia et Margotte.

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07 juillet 2014

Au mois de juillet 2014...

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Voilà un mois très romanesquement anglais qui se termine... Le mois m'a paru très court et mon bilan sera bref : Darwin de Mouret, La maison aux miroirs de Connoly, et Comme il vous plaira de Shakespeare. Crissylda propose un récapitulatif ici,Titine revient sur ce mois bien trépidant ici, Lou fait le bilan là : le billet récap 2014. Parmi cette faramineuse liste, je retiendrai les romans de Mary Hooper comme Velvet dont parle Alice, The disgrace of Katy Grey sur le site de Miss léo,ou Waterloo necropolis, chroniqué par Lili, Le livre des snob de Tackeray que présente L'irrégulière, mais aussi toujours sur le nobisme : suis-je snob de V. Woolf ( chez Margotte). Et on ne saurait parler de mois anglais sans Dickens, donc j'espère pouvoir lire bientôt le Mystère d'Edin Drood chroniqué par Shelbylee.

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Mais comme un nouveau mois s'annonce, je vous fait part des lectures communes prévues avec claudia. N'hésitez pas à nous rejoindre :

- 15/07 : La locandiera, Goldoni, avec Claudia et Margotte

- 7/ 08 : Le Lysistrata, Aristophane avec Océane, Claudia et Margotte

- 11/08 : Cinna, Corneille avec Océane, Claudia et Margotte

- 23/08 : Eneas :

- 10/09 : Les mémoires d'Hadrien, Yourcenar, avec AlisonOcéane, Claudia et Margotte

- 30/ 09 : De la servitude volontaire ou contr'un, La Boétie.avec Océane PralineClaudia et Margotte

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Quelques achats sont venus grossir ma PAL titanesques... Merci Shebylee pour Le dieu de new York !
 J'ai aussi acheté Le gendarme est sans pitié de Courteline, La cagnote de Labiche, Le docteur Thorne de Trollope, Les pensées de Marc Aurèle, Grandeur et décadence de Rome, de Marcel Le Glay, La philosophie antique, de Dumont. Bonnes lectures estivales !

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29 juin 2014

L'école des femmes, Molière

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L'école des femmes, mise en scène de J.C. Roussillon

"Epouser une sotte est pour n'être point sot" (I, 1) :

Craignant d'être cocufié, Arnolphe - décidé à se faire appeler monsieur de la Souche pour s'anoblir - décide d'élever Agnès loin de la société et du savoir. Il craint toutes les précieuses de son temps : "Femme qui compose en sait plus qu'il ne faut" selon lui. La tenant cachée,il lui enseigne la soumission, tout en montrant l'importance des hommes : "du côté de la barbe est la toute puissance" ( III,2). Cependant, toutes les ruses et les maximes de ce vieux barbon ridicule sont inefficaces face à l'amour véritable qu'éprouve Agnès pour Horace. Peu à peu, le ridicule bourgeois voit ses plans s'effondrer face à une jeune fille qui s'impose comme un véritable sujet.

" car il faut craindre un revers de satire" (I,1) :

La caricature du Bourgeois monomaniaque est fréquente dans le théâtre moliéresque. Arnolphe est aveuglé, emblématisé dans le dialogue de sourd avec un notaire, et incapable de changement. Son langage se révèle en inadéquation avec la situation lorsqu'il parle comme Sertorius ( Corneille) du thème de cocuage. Les grandes règles théorisées par les doctes classiques sont respectées : unité de temps, de lieu et d'action. Cependant, L'école des femmes suscite une vive polémique, mise en scène dans La critique de l'école des femmes. Quels sont les griefs adressés à Molière ? Il aurait tenu des propos scandaleux en parodiant des sermons, les 10 commandements, et surtout la scène du "le" provoque la colère des prudes : de nombreux propos grivois choquent le public. L'évolution d'Agnès va aussi à l'enconte des types comiques. Ce personnage complexe permet au dramaturge de démontrer que l'ignorance n'est pas consubstantielle à la femme mais liée à son manque d'éducation. Cette pièce, qui apparaît très conventionnelle, trangresse en fait les genres : l'auteur du Misanthrope fait côtoyer dans cette pièce des scènes dignes de la commedia dell arte tout en parlant de sujet sérieux comme les moeurs de la société, notamment la question de l'éducation de la femme et de sa place dans la société.

"Le moyen d'empêcher ce qui fait du plaisir" ?

Alors que dans Les précieuses ridicules ou Les Femmes savantes, Molière ridiculise les précieuses, il défend dans L'école des femmes leurs idées progressistes sur la question de l'amour, perçu comme une valeur civilisatrice de l'éthique mondaine, de l'éducation  et la sujétion aux hommes. Mais Paul Bénichou dans Morale du grand siècle souligne la position très originale de Molière en parlant de sa " liberté morale" : il promeut le désir naturel, ce que ne prône pas les précieuses. en outre, le théâtre de Molière n'est pas normatif : adhérant à l'éthique de la société galante, ne fait-il pas dire à Dorante dans La critique de l'école des femmes : "Je voudrais bien savoir si la grande règle de toutes les règles n'est pas de plaire". Et il est bien vrai que l'école des femmes est aussi plaisant à lire que La critique de l'école des femmes, Molière ayant ennobli sa comédie sérieuse d'une copia d'effets comiques.

L'école des femmes, Molière, garnier flammarion.

Morale du grand siècle, Benichou, 210-294 p.

Lecture commune avec Claudia. Participation au challenge mélange des genres de Miss Léo ( mon bilan ici).

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23 juin 2014

Darwin, Jean-Noel Mouret/ L'autobiographie, Darwin

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Cave et aude ( Prends garde et ose)* :

On se représente toujours Darwin, à la manière d'une image d'épinal, comme un patriarche avec une vénérable barbe très victorienne, comme l'a immortalisé la statue du museum d'histoire naturelle, mais on ne soulignera jamais assez la portée subversive de ses écrits. Cette biographie chronologique présente la vie de ce naturaliste d'une manière sobre - et parfois avec des pointes d'humour - et très documentée : de longues lettres et des extraits de l'aubiographie de Darwin sont citées.

Pour commencer, il remonte dans la généalogie du célèbre auteur de L'origine des espèces, qui est très liée aux Wedgwood (les célèbres fabricants mondiaux de porcelaine). L'enfance est racontée à travers diverses anecdotes, qui évoque son quotidien, en soulignant notamment sa passion pour la chasse, pour les collections, les expériences chimiques qui le feront surnommé de "poco curante" par son maître. Mais c'est justement, cette manie de la collection  - notamment l'entomologie - et son attachement aux détails qui vont lui permettre de bâtir l'une des théorie les plus subversives du siècle.

E conchis Omnia (Tout vient du coquillage)*

Alors qu'il hésite à devenir pasteur et qu'il mène une vie de dilettante, son voyage autour du monde à bord du Beagles va lui permettre d'observer la nature et de constater des phénomènes qui vont bouleverser le monde de la science : " la transmutation des espèces" qu'il a pu observer à partir des pinsons dont il relève 13 espèces distinctes, dans différentes îles des Galapagos. Comment une seule espèce a-t-elle pu se diversifier ? En outre, sur les côtes chiliennes, il est témoin d'un tremblement de terre qu'il décrit en ces termes, bien avant que ne soit formulée la techtonique des plaque : la terre "bouge sous nos pieds comme une croûte sur un fluide" ( p. 171). La publication de L'origine des espèces provoque un séisme : dans ce livre, jamais n'apparaît le nom de Dieu, ce qui déchaîne la colère des Catholiques. A cause de sa maladie et de son travail, Charles Darwin s'est toujours tenu loin de ces querelles et des darwinophobiques.

Les derniers chapitres m'ont semblé particulièrement intéressant : J-N Mouret relève l'habituelle formule érronée : "l'homme descend du singe", ce que n'a jamais formulé l'auteur et surtout il souligne les dérives d'un darwinisme mal compris. Certains font du " darwinisme social", c'est-à-dire qu'il applique la théorie de la sélection naturelle dans le domaine social amenant des idées d'eugénisme et des théories raciales ( p. 322, dans l'avant-dernier chapitre). Une autobiographie pasionnante et un personnage fascinant !

* Devise de Darwin

 

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Dans cette autobiographie qu'il a écrit à la fin de sa vie, qui a été largement reprise par J.N Mouret, l'auteur dresse surtout le portrait des personnalités qu'il a fréquentées, pensant que les gens fréquentés révèle notre propre nature ( "noscitur socio"). On peut aussi voir un esprit méthodique, la méthode darwinienne : il insiste beaucoup sur le temps qu'il prend pour développer ses idées, " observer et recueillir des faits"... c'est aussi un portrait d'un naturaliste qui a tout consacré à "l'amour de la science". Sur le Beagles, il était surnommé le " philosophe" ( mais aussi "l'attrapeur de mouche" !), surnom très justement choisi lorsque l'on voit la devise des philosophe des Lumières.

Pour en savoir plus, sur Darwin, il existe aussi un très beau film Création d'Amiel et un documentaire intitulé Le Grand Voyage de Darwin, très bien réalisé.

Darwin, Jean Noel Mouret, folio biographie, 400 p. Merci Anne pour ce partenariat Folio.

L'autobiographie, Darwin, Point, 239 p.

Participation au challenge mélange des genres de Miss Léo (mon bilan) et participation au mois anglais de Lou, Cryssilda, Titine.

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17 juin 2014

John Connoly, La maison des miroirs

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Surtout connu pour son livre des choses perdues, chroniqué par Karine ou par Cryssilda, J. Connoly a aussi créé un personnage de détective privé : il a écrit 5 nouvelles pour la BBC, lorsque celle-ci lui a proposé d'écrire des récits pou la radio, s'explique-t-il dans sa préface. L'une d'elle reprend un de ses personnages récurrents, le détective privé Charlie Paker. Il cherche à renouveller le genre policier en mêlant fantastique et enquête. En effet, la maison des miroirs ressemble bien à un manoir hanté, non par des fantômes, mais par un tueur en série. John Grady est un voleur d'enfants et il les enferme dans une maison pleine de miroirs. Le narrateur-détective cherche à résoudre un cas délicat : le propriétaire de cette sinistre maison n'est autre qu'un parent d'une des victimes de John Graddy. Il a retrouvé une photo d'enfant à l'intérieur de cette maison fermée. L'enfant, est-il en danger ? Qui est cet étrange Collectionneur qui se promène comme une ombre sur les routes du Maine ?

Curieusement, ce polar fantastique s'inscrit aussi dans la lignée des romans noirs, l'action s'ancrant dans le Maine. La violence, présente dans deux personnages typiques de mafioso et des règlements de compte, des ex-taulards font partie inhérent de cet univers du hard boiled. Autre curiosité, la nouvelle, qui par définition est brève, développe a contrario de nombreux personnages et on ne peut repprocher à l'auteur d'avoir juste esquissé ses personnages et son intrigue : la vie privée du détective est même évoquée avec force détails à plusieurs reprises. Pourtant si le récit se lit très facilement et l'intrigue est bien ficelé, créant parfois un véritable malaise avec des allusions ésotériques qui restent bien sûr inexpliquées, elle ne donne pas forcément envie de se plonger dans le reste de l'oeuvre policière de cet auteur.

John Connoly, La maison des miroirs, Pocket, 159 p.

Participation au mois anglais organisé par Lou, Cryssilda et Titine.

Participation aux mélanges des genres de Miss Léo ( mon bilan ici).

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12 juin 2014

Shakespeare, Comme il vous plaira

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Jamais pièce shakespearienne n'a paru aussi libre dans sa construction et dans ses thèmes. Dès la fin du premier acte, Célia, fille du tyran Frédéric, qui a usurpé le pouvoir au vieux duc déclare : " Marchons avec joie, non vers l'exil, mais vers la liberté". Où se trouve cet espace de liberté ? C'est dans la forêt des Ardennes que se sont réfugiés le duc exilé et sa cour. C'est le même chemin qu'empruntera Orlando, chassé par son frère, qui lui refuse argent et éducation, et par l'usurpateur. Là, au gré des rencontres, se forment des duos, des couples, devisant sur l'amour, la Fortune, la mélancolie, les apparences... L'indépendance est présente aussi dans le personnage de Rosalinde, fille du vieux duc, qui quitte la cour par amour pour Orlando. Elle semble diriger l'intrigue obligeant Orlando à jouer une comédie de l'amour.

Pas étonnant que les romantiques voyaient en Shakespeare un modèle de renouvellement des règles sclérosées des Classiques. Changeant sans cesse de lieux, de personnages et d'intrigues, cette pièce nous fait traverser différents genres : se terminant comme une comédie, elle est aussi une pastorale avec des bergers dissertant sur l'amour. Poèmes et chansons parsèment les scènes. Mais la gravité n'est pas absente dans certains actes avec le personnage du mélancolique Jacques, proche des bouffons de tragédie et des problèmes très réalistes, comme les enclosures évoquées par le paysan Corin ou le droit de primogéniture que subit Orlando.

Mais c'est bien la comédie qui finalement fait triompher la vérité : Rosalinde déguisée, en jeune homme, cherche à savoir si Orlando l'aime réellement, et c'est ce déguisement qui permettra un dénouement heureux. Pièce hautement baroque, le mouvement et la question des faux-semblants parcourent toute cette brève pièce, où la Fortune se joue des hommes. Qui est le protagonatiste principal ? Quels sont les thèmes importants ? " Comme il vous plaira" nous semble dire la pièce.

Participation au mois anglais organisé par titine, Lou, Cryssilda.

LC avec Claudia et Miriam. Edit du 14.06 : billet de Praline

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31 mai 2014

Au mois de juin 2014....

Que s'est-il passé au mois de mai ? Grâce à Eva, j'ai repéré cette exposition au musée des arts décoratifs sur Dries von noten, un styliste belge.... Titine, quant à elle, a vu Robert Adam au jeu de paume, Adam, un photographe américain qui saisit les vastes étendues de l'Ouest américain tout en montrant l'évolution de ces contrées au contact des hommes. Autre belle expo, Il était une fois l'Orient Express est détaillée par Dasola.

En avance sur le mois anglais, Agnes a lu Bienvenue au club de Coe et la maison du sommeil. Quant à Keisha, elle a lu le dernier Coe, Expo 85. Je souhaite lire Les mémoires d'Adrien : Niki en parle ici. Luocine a lu le manoir de Tyneford de N. Solomons qui me tente fort.

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Pour celles qui ne l'aurait pas marqué d'une pierre blanche, c'est le retour du mois anglais : j'ai commencé la lecture de La foire aux vanités, tout en craignant de ne pas finir à temps..., et une LC est prévue le 11/06 avec Claudia : Comme il vous plaira de Shakespeare. Vous pouvez vous joindre à nous ! D'autres LC sont prévues que vous pouvez consultez sur les sites des organisatrices : Titine, Crissylda et Lou.

 

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Rapidement, j'évoquerai deux films de Tarantino, qui sait déjouer les codes et les genres cinématographiques. Dans Inglorious Bastards, il renouvelle, sur un rythme trépidant, les films de guerre alliant savamment humour, actions avec les " bastards" qui luttent contre les nazis, rencontrent une espionne allemande... Une deuxième intrigue plus sentimentale s'insère dans cette trame, avec l'histoire de Shosanna dont la famille a été exterminée par des nazis et qui mène une vengeance toute personnelle, le tout sur un rythme explosif.

Tarantino a vraiment l'art de traiter de thèmes sérieux tout y mêlant de l'action et de l'humour. Dans Django unchained, sur fond de musique entrainante, on suit la trajectoire spectaculaire d'un esclave nommé Django : ce dernier est devenu un homme libre grâce à un chasseur de prime, Schultz. Il recherche sa femme qui est esclave de l'abominable Calvin Candie.  On y découvre un di Caprio plein d'une rare cruauté. L'humour - notamment une scène inoubliable où Django apparaît vêtu d'un costume très théâtral - n'enlève rien à la dénonciation de la traite des noirs, montrée à travers des images parfois insoutenables. Tarantino revisite d'une excellente manière le genre du Western...

Inglorious Bastards, Tarantino  avec Brad Pitt, Mélanie Laurent, 2009.

Django unchained, 2013, Tarantino, Jamie Foxx, di Caprio.

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Mes derniers achats : Jack rosemblum rêve en anglais et Le manoir de Tyneford ! Merci Soie pour le deuxième opus des aventures de Nigel Barnes, Depuis le temps de nos pères. J'ai aussi acheté La maison des miroirs de Connolly, L'équipage de kessel, L'auberge rouge de Balzac et Escadrille 80 de Roald Dhal.... Bonnes lectures à tous et bon mois anglais !

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21 mai 2014

Tardi, La fleur au fusil / Le der des ders.

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On retrouve la touche des Adèle Blanc-sec dans Adieu Brindavoine : dans l'appareil didactique qui suit cette BD, on apprend qu'elle a été publiée dans un journal hebdomadaire. BD-feuilleton donc, elle met en scène M. Brindavoine, un dilletante, à qui Zarkhov promet un brillant avenir. Brindavoine part à Istambul à la rencontre de son mirifique destin où il fait la connaissance de Carpleasure, un exentrique anglais, qui n'hésite pas en pleine traversée du désert, menacé de mort, à boire son thé. Rêves, aventures rocambolesques, coincidences se succèdent de manière effrénée. Cette aventure très fantaisiste nous permet de faire connaissance avec un anti-héros, Brindavoine, qui va devenir soldat Dans La Fleur au fusil.

En quelques planches, où sont présents aussi les mêmes procédés de rêve, d'animation des objets, La fleur au fusil illustre la vision pacifiste de Tardi : condensé en quelques cases où domine le rouge sang, on voit des combats absurdes et sanglants mais aussi des fraternisations. Certains hommes sont métamorphosés en brute par la guerre, aveuglé par leur pouvoir. Avec des détails historiques réalistes, en employant l'argot des troupiers, Tardi dénonce la guerre avec l'évocation des désertions, des orphelines de guerre, des morts.

Tardi, Adieu Brindavoine, suivi de La fleur au fusil, Magnard Casterman, 79 p.

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Quelques thématiques sont récurrentes chez Tardi : comme les polars, la première Guerre Mondiale... Ce sont ces éléments que l'on retrouve dans Le der des ders. En 1920, le détective privé Eugène Varlot est engagé par un colonel, Fantin de Larsaudière qui soupçonne sa femme d'avoir des relations extra-conjugales. Dans des planches en noir et blanc, on découvre peu à peu une histoire de chantage, avec en arrière-fond une description du Paris de l'entre-deux-guerres, avec mille détails historiques qui ne dément pas l'intérêt de Tardi pour l'Histoire. De surcroît, un épisode sordide et trouble de 1917 est développé ; de même, les cauchemars de Varlot - ancien combattant - et l'évocation des gueules cassées permettent à Tardi de développer sa critique de la guerre. Même si les dessins me semblent souvent très surchargés, on peut voir, dans ces trois histoires, se déployer le talent de Tardi pour créer le suspense, les caricatures mais auss le comique.

Daeninckx, Le der des ders, Magnard Casterman, 107 p.

Participation au challenge le mélange des genres de Miss Léo ( catégorie BD, mon bilan)

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17 mai 2014

Marc Beaugé, De l'art de mal s'habiller sans le savoir.

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De la mode : Nous sommes obligés de nous vêtir - comme le rappelle le journaliste Marc Beaugé dans De l'art de mal s'habiller sans le savoir, car se balader nu en public reste " un plaisir coupable, passible d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende ( article 222-32 du code Pénal))". Cependant, l'auteur se demande s'il est bien raisonnable d'arborer une doudoune, de porter une cravate ultra-fine, de cumuler barbe, lunette, mèche.... question toute rhétorique ! Effectivement, porter une chemisette au travail  se révèlera peu esthétique au moment de faire une présentation power point. En revanche, elle sera tout appropriée à la plage... De même, rentrer son pantalon dans ses bottes - à moins d'être un pêcheur ou un cavalier - est une mode peu sensée car si les manequins rentrent leur pantalon dans leurs boots, c'est pour mieux mettre en valeur ces dernières. Des quiproquos regrettables amènent ainsi des modes peu esthétiques. A partir de chaque pièce de l'habillement féminin ou masculin se cache un héritage sociologique ou historique ou révèle une époque. Par exemple, le mot "dandy" est complètement gavauldé et M. Beaugé de rappeler que ce n'est pas seulement une mode vestimentaire " Le dandysme est davantage une manière d'être que de paraître". Ces articles analysent brièvement, avec drôlerie, les travers vestimentaires et l'historique de certains vêtements.

D'un extrait : "Est-ce bien raisonnable de  porter une cravate quand on est une fille ?

Puisque Honoré de Balzac a eu la gentillesse de nous avertir que "la cravate de l'homme de génie ne ressemble pas à celle du petit esprit" il aurait aussi pu nous prévenir que la cravate de la femme libre, indépendante et , accessoirement, fumeuse de pipe telle que George Sand, n'avait pas grand -chose à voir avec la cravate de la fille vaguement dans le coup, et très mollement punk-rockeuse, telle Avril Lavigne. Cela aurait permis d'éciter toute assimilation entre l'auteure de la mare au diable et celle de Skater Boy.

Car au début de l'histoire, la cravate était , chez la femme, une affaire politique. en délaissant corsets et crinolines pour s'pproprier l'accessoire masculin ultime, les féministes du XIXeme siècle, de Flora Tristan à George Sand, revendiquaient en effet le droit à mener une vie libre et active. A la même époque , la féministe américaine Amelia Bloomer formalisa, pour les femmes, une tenue d'action dite "rationnelle". Outre un pantalon large serré aux chevilles par des volants, celle-ci comprenait une cravate d'homme, symbole de l'émancipation, pas encore objet de mode"...

De l'art d'illustrer :

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 Quelques illustration de Bob London viennent agrémenter cette lecture plaisante. Cet illustrateur a publié ses dessins dans The New York Times et The guardian et il collabore aux chroniques hebdomadaires de Marc Beaugé dans le magazine le Monde.

Marc Beaugé, De l'art de mal s'habiller sans le savoir, point, 167 p. Billet de Keisha

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