1001 livres

30 avril 2016

Au mois d'avril 2016...

Exposition : Itinéraires des photographes voyageurs, Bordeaux. J'ai pu voir trois expos des photographes Kalian Lo, Anne-Lise Broyer et Guillaume Millet.

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Tivoli, 2010, série au roi du bois : Anne-Lise Broyer courtesy La Galerie Particulière, Paris

Les carnets de la création, sur France culture  parle de A.L Broyer et Céline Clanet, LEs carnets de la création

Mes derniers livres lus :

- La revanche du petit juge de Gangemi ,

- Plus haut que la mer de Melandri,

- Piste noire de Manzoni,

-Le commissaire Bordelli de Vicchi

Mes derniers films vus :

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Un montre à mille têtes, 2016, de Rogrigo Pla avec Jana Raluy, 1h14

Une femme, au Mexique, est désespérée : son mari est gravement malade mais sa compagnie d'assurance refuse de lui accorder le traitement médical qui pourrait le sauver. Elle décide alors de prendre les choses en main et en otage le médecin, coordonnateur de sa compagnie. Cette première action déclenche une succession de catastrophes, dans une administration kafkaienne. Cette histoire est filmée d'une manière originale. Dès le départ, on sait que cette femme, Sonia Bonet, comparait devant un tribunal et on voit au fur et à mesure les différents témoins du parcours de Sonia. Les scènes sont vues du point de vue du personnage principal puis d'un autre personnage. L'un d'entre eux est myope, donc, la scène devient floue à travers son regard etc... La maîtrise de la technique est parfaite mais on est tellement concentré sur ces détails et l'aspect technique qu'on reste à distance des malheurs et souffrance de cette femme.

Desierto, de Jonas Cuaron, 2016, 1h34, avec Gael Garcia Bernal

Dans le sud de la Californie, après une panne de leur camionnette, des migrants sont obligés de traverser le désert de Sonora pour traverser la frontière illégalement. Un homme xénophobe leur tire dessus et les traque sans pitié, avec son chien qu'il préfère aux hommes. Finalement, à part un dialogue bref sur les raisons d'aller aux Etats-Unis, ce film ressemble à une chasse à l'homme et s'assimile au genre "survival", tant à la mode ces derniers temps. La question des flux migratoire semble passer au second plan dans ce duel entre le gringo rascite et le clandestin...

Fritz Bauer, de Lars Kraume, 2016, 1h47 avec Burghart Klaubner

Fritz Bauer est un biopic très intéressant, étant donné qu'il révèle le rôle de ce magistrat dans la traque d'Eichmann. Ce dernier serait à Buenos Aires, selon le témoignage d'un aveugle. Bauer continue ses recherches, aidé d'un autre magistrat homosexuel. Ce film montre le caractère de cet homme juif inflexible, de sa lutte acharnée dans une Allemagne encore dirigée par de nombreux anciens nazis. Ce film biographique très classique, linéaire, qui ne s'attache qu'à la période de la traque d'Eichmann, est, finalement, surtout intéressant comme témoignage sur l'Allemagne des années 1960, où encore nombre de partisans nazis étaient encore en place dans l'administration...

Mes derniers achats :

 - Mahmoud Darwich, La Palestine comme métaphore et La terre est étroite et autres poèmes

- F. Garcia Lorca, Romancero gitano

- L. Juiller, Analyser un film

- Mario Vargas Llosa, Lituma dans les Andes, Qui a tué Palomina Molero ?

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27 avril 2016

Marco Vicchi, Le commissaire Bordelli

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A Florence, en 1963, Le commissaire Bordelli mène une enquête sur une vieille dame, très riche, qui semble être morte d'une crise d'asthme violente. Cependant, très rapidement, des indices prouvent qu'elle a été assassiné. Ses héritiers sont-ils les coupables ? Voici une enquête très traditionnelle, construit comme un whodunit.

L'enquêteur aussi est assez banal, si ce n'est sa propension à fréquenter des marginaux comme des prostituées, des anciens détenus, un savant fou, un cousin silencieux et aimant corriger des copies... Il faut souligner aussi que, dans cette Italie après-guerre, la pauvreté règne et Vicchi s'attache à décrire l'atmosphère de Florence, sous une chaleur torride.

Il y a peu de description de la ville, en revanche, la torpeur du commissaire et l'arrivée de Piras qui est le fils d'un ancien compagnon de guerre, l'amène à se remérorer ses souvenirs de guerre. Dans une note de l'auteur, à la fin du roman, on apprend que ce sont les récits de combats parternels contre les nazis, qui ont inspiré Vicchi. Comme Simenon, avec son commissaire Maigret, l'auteur s'attache surtout à décrire le quotidien de son commissaire, ses problèmes pour arrêter de fumer, son amour pour la nourriture, sa vie sans femme... Ce roman ne présente aucun événement sensationnel, ni de recherches formelles mais c'est un livre agréable à lire où l'enquête paraît presque secondaire par rapport au personnage de Bordelli et ses différentes rencontres et son passé. C'est ce dernier aspect, qui m'a plu, et qui semble être encore développé dans la nouvelle enquête de Bordelli, parlant de traque nazis : Une sale affaire ( lu par Keisha).

Marcho Vecchi, Le commissaire Bordelli, 10-18, 214 p.

Lu par Lewerentz, Le livre d'après,

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23 avril 2016

Manzoni, Piste noire

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Dans le nord de L'Italie, dans la vallée de l'Aoste, une dameuse écrase un homme. C'est le sous-préfet Rocco Schiavone qui va enquêter. Ce dernier, fraîchement muté de Rome, supporte mal le froid et son exil. D'ailleurs, il supporte mal tous ses collègues, dont il se moque allègrement. Dès que le corps est identifié, on soupçonne un ancien amant de la femme de l'homme assassiné. Evidemment les apparences sont trompeuses et malgré ses défauts, le sous-préfet mènera à bien son enquête, grâce à de petits indices mentionnés mais l'identité du meurtrier est difficilement soupçonnable...

Si l'enquête est assez traditionnelle, le personnage principal, R. Schiavone, l'est beaucoup moins. Non seulement, le protagoniste est désagréable, mais contrairement, à nombre de policiers qui enfreignent les lois au nom d'une certaine justice et droiture, il commet des actes illégaux pour des raisons personnelles. Il n'hésite pas à menacer et à frapper les témoins. Le lieu qu'il choisit pour dévoiler l'identité de la victime n'est pas moins original. Bref, voici un héros atypique que j'ai fini par trouver attachant malgré son caractère. Ce personnage odieux évolue parmi d'autres personnages immoraux. De nombreux politiques sont corrompus, univers familier pour ceux qui ont déjà lu des romans policiers italiens.

Dans cette première enquête de R. Schiavone, sa vie sentimentale est développée de manière plus subtile. Des passages en italique explorent les sentiments du personnage principal. On comprend mieux ainsi ses motivations. Malgré des doutes, on ne découvre qu'à la fin le drame de ce policier brutal et irascible. Une enquête classique à lire si vous arrivez à supporter le sous-préfet R. Schiavone, qui à force de misanthropie provoque un certain comique...

Manzoni, Piste noire, Folio policier, 290 p.

Merci folio pour ce partenariat

*Edit du 23.04 : billet d'Eimelle

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18 avril 2016

Melandri Francesca, Plus haut que la mer.

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"Deux choses remplissent mon coeur d'admiration et de vénérération : le ciel étoilé au-dessus de moi et la loi morale en moi ( Kant)"

Dans les années 70, sur une île où se situe une prison de haute sécurité, trois destins vont se croiser. Luisa, agricultrice, vient rendre visite à son mari, qui est un homme violent et qui a, en outre, tué un gardien de prison. Quant à Paolo, c'est un professeur de philosophie, dont le fils a commis un acte terroriste tuant plusieurs personnes notamment une petite fille. Lorsqu'ils débarquent sur l'île, une tempête les empêche de regagner la terre ferme, les obligeant à rester sur les lieux, surveillés par un gardien du pénitencier, Nitti Pierfrancesco.

Au fur et à mesure de la narration, on découvre la vie de ces deux personnages ainsi que celle du gardien de prison. Leurs souvenirs, leurs souffrances nous sont décrites avec subtilité. Leur vie quotidienne et leur passé sont dévoilés peu à peu. Pensées, dialogues, descriptions sont développés au détriment de l'action. Comment vit-on lorsqu'un proche est en prison ? Comment faire face à la violence du monde pénitencier ? Pourtant leur rencontre va bouleverser leur vie mais sans aucune miévrerie. L'évocation de la vie carcérale et des " années de plomb" en Italie sont faites indirectement : c'est un roman d'ambiance où les noms des lieux et des événements ne sont pas nommément cités mais où se recrée obliquement toute une époque. Ce roman donne envie de découvrir le premier roman de cet auteur, Eva dort.

 

Plus haut que la mer, Francesca Melandri, folio, 220 p.

Merci folio pour ce partenariat.

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10 avril 2016

Mimmo Gangemi, La revanche du petit juge

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En Calabre, Alberto Lenzi est un magistrat peu considéré, un juge de peu d'envergure et de sucroît noceur. Lorsque son ami Giorgio Maremmi, un magistrat aussi, est assassiné, pour le venger, Alberto va risquer sa vie pour faire justice. Quelle enquête Giorgio menait-il pour que sa vie soit en péril ? Qui avait intérêt à le faire taire ? D'emblée, les preuves semblent accuser la 'Ndrangheta, la mafia calabraise. En effet, les hommes accusés du meurtre de Giorgio sont des 'Ndranghetistes, eux-mêmes retrouvés morts.

La revanche du petit juge s'inscrit dans la veine des "giallo", les collections romans noirs italiens sont jaunes, d'où ce nom m'a expliqué la libraire, qui mêle meurtres sanguinaires, politiques véreux, mafia, noirceur des personnages. Quelle immersion ! Quelle enquête tortueuse où la population préfère se taire que d'affronter les 'Ndranghetistes ! Gangemi décrit ainsi une société calabraise dominée par l'argent et des hommes ayant leur propre code et ne se référant pas à la loi. On découvre donc les codes d'honneur, le "chef de bâton", le fonctionnement et la structure de la mafia calabraise. En outre, Alberto, tout en faisant face à ses problèmes conjugaux, filiaux, amoureux, découvre que le parquet cache une taupe. Les morts pleuvent autour de lui et les assassins ont toujours une longueur d'avance... d'où un suspense jusqu'à la dernière page.

Après un temps d'adaptation, la traduction semble parfois faite mot à mot ( j'ai découvert des expressions étranges " vu qu'il ne mettait pas de sel s'il s'agissait d'ouvrir le feu et que tuer était pour lui un métier comme un autre", p. 18 ), j'ai pris plaisir à côtoyer tous ces personnages secondaires bien développés. Certes ce roman violent, parfois cru dans la narration des amours d'Alberto ne manque pas d'humour : l'excès caractérise tous les personnages, sans oublier de jolies descriptions de la Calabre. Il existe un cercle où les personnages ont pour principale activités le commérage, de véritables fantôches : " C'était surtout don Saro, propriétaire terrien, qui tenait le crachoir. Il revenait tout juste d'un long séjour en Australie. Et il en racontait des merveilles. Il parlait des farms à l'intérieur du pays, où la terre était si fertile que les pommes de terre y pesaient en moyenne trente kilos [...].( p. 307).

On découvre donc avec plaisir, une société de propriétaires terriens amoureux de leurs oliviers, une société en mutation où les pères ne comprennent pas que leurs filles fassent des études, où même la mafia modifie leur code en accord avec une société qui évolue, le fonctionnement du Parquet où officie Alberto, où Dieu et tous les saints sont régulièrement invoqués et où un simple mal de tête devient l'annonce d'une mort imminente ! Apparemment, un deuxième opus est en traduction, je l'attends avec impatience...

Mimmo Gangemi, La revanche du petit juge, points, 401.

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03 avril 2016

au mois de mars 2016...

Une pensée pour la Belgique...

Mes derniers films vus :

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Un homme, Hugh Glass, dont le fils est un métisse, qui sert de guide dans le nord-ouest américain, est abandonné intentionnellement dans les montagne et le froid. Ce dernier survit dans une nature hostile où indiens et trappeurs guerroient sans relâche. Hugh est déterminé à retrouver l'homme qui a tué son fils, avant de l'abandonner. Certes l'intrigue est mince et mécanique, accumulant des embûches sur le chemin du héros. Certes des images sont assez kitshs, comme l'esthétique de certains rêves du trappeur. Cependant, des gros plans sur la nature ou des plans d'ensemble provoquent un émerveillement malgré de nombreuses images de massacres et d'une nature sauvage et implacable où personne n'est épargné. La virtuosité d'Inarritu arrive à faire oublier la mince intrigue.

The revenant, Inarritu, 2016, avec Leonardo Dicaprio, 2h36

vu par Valérie

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Dans la Chine du IXeme siècle, une jeune femme, Nie Yimmang, doit tuer son cousin, gouverneur de Weibo, car il s'oppose au pouvoir impérial. L'histoire est quelque peu difficile à comprendre, du fait des noms étrangers et contrairement au cinéma américain, qui est dans la redondance, ici, les personnages sont rapidement évoqués et l'intrigue politique reste assez nébuleuse. En outre, on ne sait pas pourquoi cette jeune fille a été élevée de cette manière par des religieuses. En revanche, la photographie et l'aspect pictural qu'a donné le réalisateur à tous ses plans ( en utilisant des cadres de portes, des encadrements de rideaux, des plans fixes...) est remarquable. Chaque séquence ressemble à un tableau aux couleurs chatoyantes, renforcé par des jeux de lumière, de flous... Je ne sais pas quel est le degré de vraisemblance dans la reconstitution des décors et des costumes mais ils sont magnifiques, contribuant à donner une dimension esthétique à ce long métrage. Un très beau film, qui renouvelle le genre de film d'arts martiaux en le rendant contemplatif, dont l'intrigue aurait mérité d'être moins confuse.

The assassin, de Hou Hsiao Hsien 2016, 1h45

Vu par Dasola,

 

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Un jeune homme, le neveu de Jeffrey Allen, chef de la brigade d'Atlanta, arrive dans une police corrompue. Ces derniers sont à la solde de la mafia russo-israélienne, dirigée par une femme impitoyable, Irina. Irina exerce un chantage sur Michael, qui vient de braquer une banque pour elle et doit trouver des documents permettant de libérer son mari. Pour ce dernier hold-up, Michael et ses hommes décident d'utiliser le code 999, qui signifie qu'un officier de police est à terre. L'intrigue est efficace avec de nombreux rebondissements et beaucoup d'actions. Les scènes sont violentes, noirceur qu'on retrouve dans les scènes nocturnes toujours teintées de rouge. Il y a des scènes inhérentes aux films de narcos, comme des hommes torturés, des affrontements dans les rues avec des gangs. Un bon thriller, qui maintient du suspense jusqu'aux dernières minutes du film.

Triple 9, John Hillcoat, avec Casey Affleck, Kate Winslet, 1h56.

Vu par Alex

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Mes derniers achats :

- Sarid, Le poète de Gaza

-  Tesson, Berezina

- Moussa Konaté, La malédiction du Lamantin

-  Mimmo Gangemi, La revanche du petit juge

- Marco Vichi, Le commissaire Bordelli

- De cataldo, Romanzo criminale

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30 mars 2016

Fusées, Mon coeur mis à nu, Baudelaire

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Fusées, mon coeur mis à nu est venu rejoindre mes livres baudelairiens. Certaines citations de ce livre posthume doit vous être familières comme : "Je ne conçois guère un type de beauté où il n'y ait du malheur", "le plaisir aristocratique de déplaire", "l'éternelle supériorité du dandy".

Tout d'abord qu'elle est l'intention de l'auteur ? Il l'explique dans une lettre à sa mère. Les notes prises sur la fin de sa vie reflètent l'amertume dont il est rongé et les critiques attribuent souvent à ses dettes et à sa dépendance envers sa mère (" Histoire des Fleurs du mal, humiliation par le malentendu et mon procès") : " Eh bien ! oui, ce livre tant rêvé sera un livre de rancune [...]. Mais tout en racontant mon éducation, la manière dont se cont façonnés mes idées et mes sentiments, je veux faire sentir sans cesse que je me sens étranger au monde et à ses cultes. Je tournerai contre la France entière mon réel talent d'impertinence. J'ai un besoin de vengeance comme un homme fatigué a besoin d'un bain" ( Lettre à Mme Aupick, Paris, 5 juin 1863, extrait)

En fait, ces écrits mêlent des principes esthétiques, des remarques misogynes, des critiques acerbes sur la politique et un souhait de faire le panorama de la vie sous le Second Empire, à partir de portraits de contemporains. Comme dans Le spleen de Paris, dont on retrouve des canevas de poèmes en prose, Baudelaire reproche la médiocrité et l'hypocrisie de son époque : il critique Sand et Rousseau, parle de "portrait de canaille littéraire", mais aussi de politique (" le 2 décembre m'a physiquement dépolitiqué") ou de la société matérialiste ( " être un homme utile m'a paru toujours quelque chose de bien hideux").

L'appareil critique est immense ! sur les 400 pages, seulement 200 concerne le texte écrit par Baudelaire. De fait, la lecture n'est pas aisée et je l'ai relu car la première lecture était entrecoupée par des notes, très longues, parfois inutilement savantes. Elles sont toutefois nécessaires pour éclairer certaines réflexions du poète. En revanche, d'autres liens auraient pu être faits avec les poèmes en prose. Il faut dire que ces notes sont déjà interminables et que, conséquemment, je n'ai pas lu la préface... A ces notes s'ajoutent la correspondance de Baudelaire et des poèmes en prose en liaison avec Fusées ou mon coeur mis à nu et des textes moins connus comme des notes prises sur Les liaisons dangereuses que le poète devait préfacer. Fusées et mon coeur mis à nu contribuent à construire l'image d'un Baudelaire dandy et maudit.

Fusées, Mon coeur mis à nu et autres fragements posthumes, folio, p. 463.

Merci Folio pour ce partenariat.

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25 mars 2016

La poupée de Kafka, Fabrice Colin

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Photographie p. 32, La poupée de Kafka

Toute l'intrigue est bâtie autour d'une anecdote : une petite fille pleure, dans un parc de Berlin, en 1923, car elle a perdu sa poupée. Kafka l'aurait consolée en lui disant qu'elle lui avait écrit une lettre. Il lui apporte les lettres de la poupée de semaine en semaine. Mais que sont devenus ces écrits du célèbre auteur de La Métamorphose ? Qui est cette petite fille ? L'histoire est-elle véridique ? C'est ce que voudrait aussi savoir Abel Spieler, un spécialiste de la littérature germanique, un homme lâche, séducteur et menteur, qui se désintéresse de sa femme et de sa fille, Julie. L'incipit raconte les relations entre le père et la fille, Julie. Comme c'est banal ! Toute l'histoire familiale des Spieler m'a paru quelconque et ennuyeuse, aussi bien le divorce des parents que les relations ombrageuses entre Abel et sa fille.

"Ne dit-on pas que la littérature aide à vivre ?"

Quelques photographies de Kafka - et de jolis croquis de Sidonie Mangin - parsèment le livre. Mais Kafka est seulement le fil d'Ariane de cette histoire. En revanche, la littérature, le mensonge fictionnel est mis en exergue : Julie Spieler retrouve une vieille femme accariâtre, Else, qui semble être la petite fille à la poupée. Celle-ci lui raconte, comme dans Les mille et une nuits, "le livre de son enfance". Mais s'intercale vertigineusement, dans ce dédale de récits, une autre histoire écrite en italique. Telle Shéhérazade, Else arrive à retenir notre attention. Ment-elle ? As-t-elle vraiment rencontré Kafka ? Que lui a-t-il écrit ? A-t-elle encore les lettres ? La poupée de Kafka est une belle ode à la fiction et au rôle de la littérature, du mensonge fictionnel, même si je regrette qu'il y ait certains passages mélodramatiques comme la fin ou inutiles comme les relations familiales des Spieler.

La poupée de Kafka, Fabrice Colin, Acte Sud, 258p.

Merci Claudia pour ce livre voyageur, son avis ici.

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p. 129, croquis de Sidonie Mangin

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19 mars 2016

Palmyre, L'irremplacable trésor, Paul Veyne

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Paul Veyne, spécialiste de l'Antiquité gréco-romaine se fait "guide de tourisme dans le temps" pour nous emmener au II siècle à Palmyre, son apogée. Son livre témoigne, avec un cahier photographique en couleurs et des descriptions, de ce que fut " la splendeur de Palmyre qu'on ne plus désormais connaître qu'à travers les livres".

Tout en décrivant les monuments, dont le temps de Bêl, il nous dévoile les moeurs, le commerce, la religion, l'épopée de Zénobie, les rites funéraires de cette civilisation millénaire. Cet essai est extrêmement documentée, précis avec des notes de bas de pages, des sources, qui n'alourdissent pas la lecture car cet historien fait surtout l'éloge de la diversité culturelle de cette antique ville. Paul Veynes ne cesse de souligner la richesse des influences de cette ville syrienne qui s'allie harmonieusement avec leur propre culture aréméenne : "Les palmyréens sont donc des Araméens, mâtinés d'éléments arabes, qui ont persisté à parler araméen en famille comme tous les syriens mais aussi à l'écrire concurremment au grec, leurs riches mausolées familiaux ont souvent une inscription bilingue à leur porte, mais à l'intérieur l'épitaphe de chaque défunt n'est qu'en araméen ; la bilingue attestait l'intérêt que la famille portait au vaste monde".

Tout en étant un ouvrage érudit, Palmyre se lit facilement et agréablement. Quel cicerone ! Quelle étude passionnée ! Paul Veyne n'oublie pas de nommer les villes actuelles équivalent des cités antiques ou n'omet pas de donner des comparaisons avec les autres civilisations plus connues du lecteur, comme celle des Romains. Son livre est une belle manière de voyager dans la somptueuse Palmyre, de visiter les rues et de cheminer sur la route des caravaniers. Bel ouvrage de vulgarisation, Palmyre est un ouvrage achéologique mais aussi une ode à la liberté comme l'atteste ces deux citations que j'ai relevées dans la conclusion : " loin d'aboutir à l'universelle uniformité, tout patchwork culturel, avec sa diversité, ouvre la voix à l'inventivité" ( p. 139) et " oui, décidément, ne connaître, ne vouloir connaître qu'une seule culture, la sienne, c'est se condamner à vivre sous un éteignoir".

 

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temple de Baalchamîn, détruit par l'EI en 2015

Paul Veyne, Palmyre, Albin Michel, 141 p.

Palmyre, l'apogée d'un lieu sur France culture

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16 mars 2016

Les 8 salopards, Tarantino

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Des personnages bavards et violents, des scènes grandguignolesques, plusieurs héros qui s'entrecroisent dans une intrigue originale : on reconnaît vite un film de Tarantino ! Huit personnages, dans un paysage enneigé, se retrouvent dans une auberge : un chasseur de prime a capturé une femme pour la faire pendre.  Leur arrivée dans une auberge et leur enfermement ressemblent à un traquenard.

L'originalité de la narration est indéniable ! Le spectateur est pris dans un emboîtement de flashbacks et de faux-semblants impressionnants. Cependant, l'aspect sanguinolent de certaines scènes et la longueur des répliques alourdissent inutilement le film. On en reconnaît pas non plus la musique d'Ennio Morricone si caractéristique. Paradoxalement, les 2h40 passent vite, on est piégé par le scénario... mais on en ressort ennuyé par le verbiage des personnages. J'ai préféré ses précédents films tels que Inglourious Basterds ou Django Unchained, moins inventif au niveau formel mais plus remarquable, en ce qui concerne l'histoire.

Billet d'Alex,

 True Grit, Coen, 2011, 1h50 avec Jeff Bridges, Hailee Steinfeld...

Pour une poignée de dollars, 1966, 1h36, Sergio Leone, avec Clint Eastwood...

Les 8 salopards, Tarantino, 2016, 2h48, avec Samuel L. Jackson, Kurt Russel, Jennifer Jason Leight

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