1001 classiques

12 juin 2019

Gunnm, tome 1 : Un ange de rouille (édition orginale) de Yukito Kishiro : ISSN 2607-0006

gunnm

GUNNM © Yukito Kishiro / Kodansha Ltd.

 Vous n'avez jamais lu de manga ? Vous pouvez faire l'amusant et superficiel test proposé par Le monde pour trouver celui qui vous convient ou simplement choisir un manga culte comme Gunnm, paru de 1990 à 1995, adapté en 2019, sous le titre d'Alita : Battle Angel par Robert Rodriguez.

Le tome 1 de Gunnm (l'édition originale), manga de science-fiction, un seinen, nous fait pénétrer dans l'univers du cybernéticien Ido : il vit sur terre, devenue la décharge de Zalem, une ville flottante ( image 1). En recherchant des pièces détachées pour réparer des cyborgs, des androïdes et des robots, il découvre un cyborg féminin amnésique dont le buste est en parfait état. Il décide de la réparer et de la prénommer Gally. Assez vite cette dernière découvre qu'Ido est aussi chasseur de prime, tuant les criminels, remplaçant ainsi une police qui a déserté les lieux. Gally décide elle  aussi de devenir une " hunter-warrior" lorsqu'elle sauve la vie d'Ido en utilisant naturellement le panzerkunst, une technique d'art martial très aboutie venue de Mars. Après avoir eu le corps détruit dans un combat contre un redoutable cyborg Makaku, Ido répare le corps de Gally en lui donnant celui d'un Berserker - en référence à la mythologie nordique.

Ainsi résumé, Gunnm 1 ne semble qu'une succession de combats et pourtant, ce manga arrive à créer intelligemment un univers cyberpunk avec une vision pessimiste du futur de la terre qui interroge les utilisations des intelligences artificielles. Kuzutetsu, la ville décharge, fourmille de détails et de lieux qu'on découvre avec curiosité, grâce à des dessins aux traits fins et aux arrières-plans souvent grisés ou blancs, permettant une meilleure compréhension des images. Le mangaka déploie tout un univers construit de manière cohérente mais qui mêle plusieurs mythologies et références culturelles.

La violence omniprésente - corps désarticulés, cyborg mangeur de cercelles, hectolitres de sang - dans ce manga n'est pas gratuite (images 2 et 3). Elle est toujours motivée de manière psychologique : si Ido travaille comme chasseur de prime par " goût du sang", d'autres comme Gally, veulent défendre les innocents. La brutalité des personnages est celle aussi du monde dans lequel chacun tente de survivre.

Si l'on continue à lire cette histoire malgré la déchaînement de violence, c'est ausi pour ses personnages attachants avec Ido, qui ne manque pas d'humour, qui se conduit comme un père attentif et (très) compréhensif pour sa fille cybernétisée, qui ressemble d'abord à une adolescente révoltée mais qui évolue bien vite vers une jeune femme aux choix éthiques personnels. Dans sa quête d'identité, Gally se montre beaucoup plus humaine que bien des humains. Après avoir lu ce premier tome, on est évidemment tenté de découvrir la suite des aventures de cette héroïne iconique courageuse et audacieuse.

 Kishiro Yukito, Gunnm, tome 1 : Un ange de rouille, Glénat, Italie, mars 2019, 224 p.

gunnm-1

GUNNM © Yukito Kishiro / Kodansha Ltd.

index

GUNNM © Yukito Kishiro / Kodansha Ltd.

gunnm scan 1

GUNNM © Yukito Kishiro / Kodansha Ltd.

Sur le web : Paquot Valentin, "Le petit lexique indispensable du manga", Le figaro, mis en ligne le 1 janvier 2017. URL : http://www.lefigaro.fr/bd/2017/01/01/03014-20170101ARTFIG00008-le-petit-lexique-indispensable-du-manga.php

Croquet Pauline, "Du Japon à Hollywood : "Gunnm" le manga cyberpunk culte", Le monde, mis en ligne. URL : https://www.lemonde.fr/pixels/visuel/2016/10/19/du-japon-a-hollywood-gunnm-le-manga-cyberpunk-culte_5016474_4408996.html

Posté par maggie 76 à 23:59 - - Commentaires [10] - Permalien [#]


10 juin 2019

Parasite de Bong Joon Ho : ISSN 2607-0006

Le trailer de Parasite réalisé par Bong Joon ho

Qu'est-ce qu'un "parasite" ? Dans un sens biologique ou dans son sens courant, le parasite est celui qui profite de son hôte. On va donc voir une famille de pauvres coréens, les Ki-Taek, être peu à peu embauchés chez la riche famille Park, dont la mère est crédule et hystérique. Le frère, sans diplôme, est d'abord employé comme professeur d'anglais. Il introduit sa soeur, qui se fait passer pour une cousine d'un jeune étudiant connu de la famillle et pour une étudiante d'art. Enfin, le père deviendra le chauffeur et la mère gourvernante. Lorsque la famille aisée part pour une semaine de camping fêter l'anniversaire du fils, tous se réunissent dans la maison pour se réjouir et dîner. Là, ils vont faire un glauque découverte. Vont-ils réussir à poursuivre leur arnaque ? La cohabitation avec la famille Park est-elle possible ?

Comme dans ses films précédents - The host, Memories of murder, - Bong Joon Ho reprend un genre, celui du home invasion pour le politiser en en faisant à la fois une comédie et une satire sociale. Les moments comiques sont cumulés dans une première partie et repose sur l'acteur Song Kang-ho, jouant le rôle du père, se cognant aux meubles dans leur appartement exigü ou répétant son rôle pour être embauché. Personnage burlesque et maladroit, ce sont ses enfants qui mettent en place l'arnaque. Peu à peu, l'atmosphère s'assombrit et le comique laisse la place à l'angoisse.

La satire de la fracture sociale  - déjà présente dans Le transperceneige - est très bien menée dans la métaphore du haut et du bas. Le travelling descendant introduit le logement des Kim, en sous-sol alors qu'une ascension mène à la famille. La demeure des Park elle-même comporte aussi cette même division didactiquement traitée. Quelle place pour ceux qui cherchent à fuir la misère ?

Ce film, qui a reçu la palme d'or au festival de Cannes en 2019, n'est pas le meilleur du réalisateur avec un rythme lent et la recherche de twists. L'histoire soulève les questions de l'entraide entre classe sociale démunie, les relations familiales et le mépris de classe, questions qui reflètent une réalité où la richesse est rassemblée dans les mains de quelques-uns et où les plus démunis deviennent plus nombreux. La richesse thématique ne fait pas oublier la vision terrifiante, qui manque quelque peu de subtilité, dans laquelle le spectateur sombre progressivement. Comme dans Get out de J. Peele, l'horreur s'allie à la satire pour provoquer un certain malaise. 

Parasite de Bong Joon Ho, avec Song Kang-ho, Cho Yeor-jeong, 2 h 12, 2019.

Filmographie : The Host, Le transperceneige, Okja, Memories of murder

1225019-parasite1okjpg

Photo The Jokers. Les Bookmakers

1225020-parasite-cannes-8jpg

Photo The Jokers. Les Bookmakers

Sur le web : billet de Trillian, Dasola,

Guédot Valérie, "Parasite de Bong Joon Ho, France inter, mis en ligne le 6 mai 2019. URL : https://www.franceinter.fr/cinema/parasite-de-bong-joon-ho-sortie-en-salles-le-5-juin-2019

Serrell Mathilde, "Pourquoi "Parasite" peut devenir la Palme la plus populaire depuis "Pulp Fiction" ?", le billet culturel, Le monde, mis en ligne le 6 juin 2019. URL : https://www.franceculture.fr/emissions/le-billet-culturel/le-billet-culturel-du-jeudi-06-juin-2019

Gesbert Olivia, "Les deux Corées de Bong Joon-ho", La grande table culture, Le monde, mis en ligne le 23 mai 2019. URL : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-1ere-partie/les-deux-coree-de-bong-joon-ho

Guedj Phillipe, "Bong Joon-ho : les bottes secrètes du cinéaste de "Parasite", Le point pop, mis en ligne le 6 juin 2019. URL : https://www.lepoint.fr/pop-culture/cinema/bong-joon-ho-les-bottes-secretes-du-cineaste-de-parasite-06-06-2019-2317298_2923.php

Posté par maggie 76 à 07:01 - - Commentaires [10] - Permalien [#]

06 juin 2019

Asako I & II d'Hamagushi : ISSN 2607-0006

ASAKO I&II Bande Annonce (2019) Romance

Asako I & II, vous fera imanquablement penser à Sueurs froides d'Hitchcock. En effet, une jeune femme, Asako, tombe immédiatement sous le charme de Baku, lors de leur première rencontre. Cependant, un jour, Baku disparaît. Deux ans plus tard, à Tokyo, Asako rencontre Ryohei, un homme d'affaire, qui ressemble trait pour trait à Baku.  Instantanément séduite, elle hésite à engager une relation basée sur des faux-semblants. Cinq ans plus tard, Baku, devenu manequin, revient. Va-t-elle quitter son amant pour partir avec Baku ? Aime-t-elle réellement Ryohei ?

La manipulation des personnages dans le film d'Hitchcock est menée dans un mouvement réflexif. Le personnage féminin est regardé par un observateur, qui pourrait être le spectateur. La mise en scène dont elle fait l'objet lors de la deuxième rencontre avec le narrateur crée un parallèle avec le travail du cinéaste. Le travail du réalisateur de Fenêtre sur cour est dominé par la spirale tandis que celui de Hamagushi est dominé par le cadre - les personnages se rencontrent lors d'une exposition de photos - et le double. Deux personnages masculins, deux rencontres amoureuses, deux voyages de nuit...

Devant un fleuve en crue, Ryohei déclare : " c'est sale". Mais Asako trouve ce même paysage "beau". Et c'est cette beauté que filme talentueusement Hamagushi : beauté des pas qui s'avancent vers l'autre, beauté des gestes du quotidien pour venir en aide aux sinistrés des séismes, beauté des êtres qui n'hésitent pas à s'aimer malgré les trahisons et les mensonges. Formellement magnifique, Asako I & II filme merveilleusement et délicatement le sentiment amoureux, sans sentimentalité mais avec des ellipses et des silences.

Asako I & II, Hamagushi, avec Masahiro Higashide et Erika Karata, 2019

Sueurs froides, Hitchcock, 1958, 2h09 min, avec James Stewart, Kim Novak, et Barbara Bel Geddes

asako-1-2-e1546595825955-1050x627Erika Karata et Masahiro Higashide dans « Asako I & II », Hamaguchi. ART HOUSE DISTRIBUTION

vlcsnap-2019-01-27-11h51m51s749Erika Karata dans « Asako I & II », deRyusuke Hamaguchi. ART HOUSE DISTRIBUTION

0793734Erika Karata dans « Asako I & II », deRyusuke Hamaguchi. ART HOUSE DISTRIBUTION

Sur le web : Dasola

Rauger J-F, "Sueurs froides", Le monde, mise en ligne 31 juillet 2009. URL : https://www.lemonde.fr/vous/article/2009/07/31/sueurs-froides_1224532_3238.html

Les chemins de la philosophie. 2018. "Philosopher avec Hitchcock (2/4) : sueurs froides". Animée par Adèle Van Reeth. Diffusée le 27février 2018.

Mandelbaum Jacques, "Asako I & II" : éternel recommencement amoureux", Le monde, mis en ligne le 1 janvier 2019. URL : https://www.lemonde.fr/cinema/article/2018/12/31/eternel-recommencement-amoureux_5403795_3476.html

Posté par maggie 76 à 22:21 - - Commentaires [14] - Permalien [#]

03 juin 2019

Instincts, exposition de Mika : ISSN 2607-0006

Connaissez-vous l'univers du street art ? Vous pouvez découvrir à l'Institut Magrez "Instincts", une exposition autour d'une vingtaine d'oeuvres de Mika. "L'instinct" du titre de cette exposition fait référence à sa manière de créer. Ci-dessous ( photographie 1), vous pouvez voir un de ses croquis, qui lui viennent spontanément, instinctivement. Son style présente d'ailleurs des coulures, des mélanges et des imperfections.

Mais "l'instinct", c'est aussi celui de la nature qui reprend ses droits. Emblématisé par un oiseau (photographie 2), l'instinct naturel se propage d'une oeuvre à l'autre, ou à l'intérieur de ses toiles dans la cohabitation de l'humain et d'une nature florale ou animale. Elle envahit les visages, ou elle est symbolisée par des dieux ( photographie 3 et 4), comme Poséidon ou Arthémis. Le camaïeu de couleurs unit ces grands visages anguleux, comme des masques de la commedia dell arte, à une nature luxuriante.

Laissez-vous transporter par ces gigantesques têtes aux regards songeurs envahis d'une végétation majestueuse (photographie 5)...

20190601_161541-1

Sans titre, stylo sur papier encadré, 2017 -  Centre culturel Bernard Magrez © MIKA

20190601_161419

Sans titre, stylo sur papier encadré, 2017 -  Centre culturel Bernard Magrez © MIKA

20190601_161328

Poséidon, 2019, Acrylique sur toile -  Centre culturel Bernard Magrez © MIKA

20190601_161402

La nymphe d'Hélicon, 2019, Acrylique sur toile Centre culturel Bernard Magrez © MIKA

20190601_161411

Habitat 1, 2018Acrylique sur toile Centre culturel Bernard Magrez © MIKA

 

Instincts, Exposition de Mika

16 rue Tivoli

Institut Magrez

33000 Bordeaux

du 28 mai au 1 septembre 2019

 

Posté par maggie 76 à 22:26 - - Commentaires [9] - Permalien [#]

01 juin 2019

C'est le premier, je balance tout (mai 2019) : ISSN 2607-0006

c-est-le-1er-je-balance-tout-banniere-bicolore-marineLogo d'Allez-vous faire lire

1) LES CHRONIQUES VENUES D'AILLEURS

Cannes, ce sont le tapis rouge et les robes de soirée, les stars et les paillettes, mais en 2019, ce sont aussi des films politiques, beaucoup de films politiques. Retrouvez le palmarès dans l'article du Monde : festival de Cannes : la palme d'or revient à "Parasite", le grand prix à "Atlantique". C'est avec ravissement que je constate que la palme revient à Bong Joon Ho, le cinéaste coréen qui a réalisé The Host, Snowpiecer, Memories of murder ou Okja.

Cannes 2019 : le palmarès du festival en images

2) MES FILMS

1805481The-Dead-Don-t-Die-de-Jim-Jarmusch-la-critique-du-film-d-ouverture-du-Festival-de-Cannesel-reino

DÉTECTIVE PIKACHU Bande Annonce VF # 2 (2019) NOUVELLE, Film Pokémon

 Equalizer - Bande annonce VF

 POLAR (FIRST LOOK - Trailer NEW) 2019 Mads Mikkelsen, Vanessa Hudgens Netflix Action Movie HD

JOHN WICK 3 Bande Annonce Française (2019)

Troisième film de la franchise, John Wick parabellum semblait très attendu des spectateurs. Ce n'est pas étonnant que le film soit réalisé par un cascadeur, Chad Stahelski, car ce long-métrage ne cumule que des scènes d'actions. Pour avoir enfreint des règles érigées par la Grande table, une organisation de tueurs, John Wick est poursuivi par cette organisation, dans le monde entier.

La trame est si mince qu'on a envie de reprocher à ce scénario des scènes de violences gratuites. Le réalisateur a clairement voulu faire des parallèles entre les scènes de combats et d'autres arts comme la danse, mais on peine à s'attacher à ces acteurs qui jouent sans conviction alors qu'on ressent de l'empathie pour McCall - tueur retraité et solitaire de The Equalizer - qui vient en aide à une jeune prostituée, ou à Kaiser Black - également tueur dépressif et solitaire de Polar - qui aide sa jeune voisine à retrouver les assassins de ses parents, car on les voit vivre au quotidien et qu'on comprend leur motivation. Les combats de John Wick ressemblent à un manuel du parfait tueur, où vous apprendrez comment tuer quelqu'un avec un livre ou cheval. La dimension esthétique présente dans les couleurs et les cadrages ne suffisent pas à compenser la vue de la montagne de cadavres.

Polar, de Jonas Akerlund, 1h58, avec Mads Mikkelsen, Vanessa Hudgens, Katheryn Winnick, Matt Lucas, 2019, Netflix

The Equalizer d’Antoine Fuqua, avec Denzel Washington, Cloë Grace Moretz, Marton Csokas (2 h 11), 2014, Netflix.

John Wick parabellum, Chad Stahelski, avec Keanu Reeves, Halle Berry, Anjelica Huston (2 h 12), 2019.

Sur le web : Mauge Sébastien, “Polar” sur Netflix : Mads Mikkelsen disperse façon puzzle dans ce film ultraviolent", Télérama, mis en ligne le 25 janvier 2019. URL : https://www.telerama.fr/cinema/polar-sur-netflix-mads-mikkelsen-disperse-facon-puzzle-dans-ce-film-ultraviolent,n6104079.php

Rauger Jean-François, " The Equalizer : irrésistible héros", Le monde, mis en ligne le 1 octobre 2014. URL : https://www.lemonde.fr/cinema/article/2014/09/30/the-equalizer-irresistible-heros_4496757_3476.html

Rauger Jean-François, "John Wick parabellum : le film d'action entre dans la postmodernité", Le monde, mis en ligne le 21 mai 2019. URL : https://www.lemonde.fr/culture/article/2019/05/21/john-wick-parabellum-le-film-d-action-entre-dans-la-postmodernite_5464932_3246.html

3) MES LIVRES

En ce mois de mai, j'ai éouté mes deux derniers audiolib. J'en ai abandonné un (L'art de la joie de G. Sapienza) alors que l'autre était une" relecture" d'un livre culte ( Martin Eden de Jack London).

J'ai fait une petite incursion dans le monde la BD avec Zai Zai Zai Zai et je compte bien poursuivre mes découvertes avec d'autres BD de l'auteur. Malheureusement, j'ai abandonné son roman Figurec à l'humour systématisé et hyperbolique, dont le thème du complot ne m'a que vaguement intéressée. En effet, notre anti-héros qui cherche désespérement d'écrire plus de deux répliques à sa pièce, rencontre à chaque enterrement le même personnage. Cet homme lui révèle qu'il fait partie d'une agence de figurants... Je n'ai pas eu le courage de suivre les aventures vaines de notre dramaturge raté. Le ton est toujours aussi caustique, mais Fabrice Caro manie un humour répétitif et lassant dans ce court récit.

Nous avons continué nos lectures balzaciennes avec Melmoth réconcilié et nous nous retrouverons le mois prochain ( 22 juin) avec La maison Nucingen. L'écoute d'un nouveau roman de K. Follet, La marque de Windfield ne m'a toujours pas réconcilié avec le style de cet auteur.

Zai-zai-zai-zaiart de la joiemartin_eden

41miRHhmVNLbm_CVT_Ma-memoire-assassine_4358product_9782070380527_195x320

 

index

 

4) MES ACHATS

A ma PAL, s'est ajouté En attendant le jour de Michael Connely et L'histoire comme émancipation de M. Larrère. J'avais beaucoup apprécié les portraits de femmes dans l'Amérique des années 80 dans Tout ce qu'on ne s'est jamais dit de Céleste Ng, j'ai donc acheté La saison des feux du même auteur. Après la lecture de Fabcaro, je voudrais m'attaquer à un autre classique de la BD, L'arabe du futur de Riad Sattouf. La lecture de Simetière m'a poussée à acheter un nouveau titre de Stephen King, Salem et L'envers de l'histoire contemporaine a été aquis pour de futures lectures balzaciennes. Bonnes lectures à tous !

41c+uo2Zz4Lcouv_313451F6-7+n4RL

410IQlrnoHLCapturesalem

Posté par maggie 76 à 00:13 - - Commentaires [20] - Permalien [#]


30 mai 2019

Aliens de James Cameron : ISSN 2607-0006

ALIENS - 1986 - Trailer Recut HD

A l'occasion du quarantième anniversaire d'Alien : le huitième passager de Ridley Scott, vous aurez peut-être envie de visionner les films de la saga du monstre lovecraftien. Deuxième opus d'une franchise de 6 films, Aliens est un survival réussi, réalisé à un moment où J. Cameron n'est pas encore un cinéaste reconnu. Dans les commentaires audio, il explique qu'on lui a proposé d'écrire trois scénarios en même temps, ce qu'il a accepté : il a donc écrit Aliens en même temps que Terminator.

Dans ce qui est devenu un classique de la science-fiction, nous retrouvons Ellen Repley dérivant dans l'espace et atterrissant sur une station orbitale. Lorsqu'elle explique à la Weyland que le vaisseau le Nostromo a été attaqué par un alien sur la planète LV-426, la compagnie refuse de la croire car elle a envoyé des colonisateurs sur cette planète qu'ils ont terraformé. Les contacts avec LV-426 ayant cessé, Burke, l'avocat de la Weyland, décide d'envoyer une équipe de marines. Ripley se joint à léquipe finalement. Mais il s'avère que le vrai combat qu'elle mène n'est pas contre les aliens...

L'ambiance est brumeuse, inquiétante ; l'action se déroulant dans une ville terraformée désaffectée. Comment créer cette atmosphère et ces monstres ? Le film a reçu 7 oscars dont l'oscar des meilleurs effets visuels. Aliens a été tourné à une époque où les effets spéciaux et les retouches numériques n'étaient pas encore performants. L'équipe du tournage a toutefois réussi à recréer une ambiance et un décor crédibles et qui n'ont pas pris une ride ! Certes, le Sulaco, le vaisseau spatial des marines, et certains engins ressemblent parfois à des maquettes, ce qu'ils sont réellement. Mais l'illusion est parfaite dans la majeure partie du film.

L'autre atout de ce film est son héroïne : avant Katniss, Captain Marvel ou Wonder woman, Sigourney Weaver incarne parfaitement Repley, cette femme courageuse, confrontée à la compagnie et à un général incompétent. L'autre personnage important est une petite fille, qui est très convaincante dans son rôle alors que ce n'est pas une comédienne professionnelle et qu'elle n'a pas voulu faire une carrière dans le cinéma. Et les aliens ? Quel suspense ! Comme Spielberg dans Jurassic park, J. Cameron sait maintenir le suspense en ne faisant apparaître les aliens que tardivement et en les dévoilant progressivement ! Les personnages sont peu développés, l'action primant sur la psychologie, mais Aliens reste un classique de la SF à découvrir.

Aliens de James Cameron, avec Sigourney Weaver, 137 min, 1986.

Alien, le huitième passager, de Ridley Scott, 1979, Harry Dean Stanton (Brett), Jones the cat.

Alien (1979) Trailer

Sur le web : "Aliens, le retour : six choses à savoir sur l'Alien de James Cameron", Première, mis en ligne le 26 mai. URL : http://www.premiere.fr/Tele/Aliens-le-retour-six-choses-a-savoir-sur-l-Alien-de-James-Cameron

Audureau William et Pierre Stéphanie, "Quand le premier "Alien" était comparé à des nanars de zérie Z", Le monde, publié le 27 mai 2019. URL : https://www.lemonde.fr/pixels/article/2019/05/27/alien-le-huitieme-passager-un-film-considere-comme-kitsch-a-sa-sortie_5468118_4408996.html?fbclid=IwAR3klw16onTdNI6_ZTxKN5j7ZBbyReKCpCISytVaw37dP4TsqCusvzM-Ock

Les chemins de la philosophie. 2018. "Philopsophie d'Alien : 1979 la naissance d'un monstre" (1/4). Animée par Adèle Van Reeth. Diffusée le 1 janvier 2018.

Les chemins de la philosophie. 2018. Philopsophie d'Alien : 1986 la guerre de l'homme contre l'homme (2/4). Animée par Adèle Van Reeth. Diffusée le 2 janvier 2018.

Les chemins de la philosophie. 2018. "Philopsophie d'Alien : 1992 comment tuer le mal en nous" (3/4). Animée par Adèle Van Reeth. Diffusée le 3 janvier 2018.

Les chemins de la philosophie. 2018. "Philopsophie d'Alien : 1997 une résurrection bien gore" (4/4). Animée par Adèle Van Reeth. Diffusée le 4 janvier 2018.

 

Posté par maggie 76 à 08:31 - - Commentaires [4] - Permalien [#]

27 mai 2019

La marque de Windfield de Ken Follet : ISSN 2607-0006

index

https://www.audiolib.fr/livre-audio/la-marque-de-windfield-9782367626833

Roman de moeurs, La marque de Windfield fait évoluer ses personnages dans tous les milieux londoniens des années 1860 jusqu'aux années 1890. Nous pouvons suivre l'évolution de toute la famille Pilaster, riches banquiers, qui vit sous la domination d'Augusta. Ambitieuse, cruelle, elle manipule à son gré toute sa famille, ainsi que tous ceux qui s'approchent d'elle. Son fils Edward, Micky Miranda, un ami du Cordovay, et Hugh, un parent pauvre Pilaster, dont le père a fait faillite, sont témoins de la mort de Peter lorsqu'ils étaient encore pensionnaires dans le collège de Windfield. Sept ans plus tard, le frère de Peter, avocat vient inquiéter Augusta et Micky. Les agissements d'Augusta et Micky vont-ils être découverts ?

Ken Follet entend montrer l'hypocrisie de la bonne société londonienne, thème traditionnel des romans parlant de l'ère victorienne. Plusieurs meurtres sont commis dont un inaugural, qui marque le début de l'histoire, mais il n'y pas d'enquête à proprement parler : La marque de Windfield n'est pas un roman policier.

Les personnages simplistes et caricaturaux - Augusta l'ambitieuse, Hugh l'homme d'affaire de génie, April et Maisie, les prostituées au grand coeur - et l'intrigue sans grande originalité ne permettent pas d'éprouver le moindre intérêt pour ce roman. Ce récit présente les mêmes défauts qu'A l'orée du verger de Tracy Chevalier : les personnages sont antipathiques, sans intériorité et l'arrière-plan brossé à grands traits. L'intrigue est prévisible et quelle fin ! Manichéenne à souhait ! Après le déceptif Code Rebecca, La marque de Windfield est aussi un roman très oubliable... Le désintérêt pour l'histoire est indépendant de la lecture de Thierry Blanc, qui est énergique et dynamique. On peut écouter un extrait ici.

La marque de Windfield, Ken Follet, Audiolib, lu par Thierry Blanc, 16h33,  2018.

Partenariat Audiolib .

Autres romans : Code Rebecca,

Posté par maggie 76 à 19:18 - - Commentaires [16] - Permalien [#]

23 mai 2019

Melmoth réconcilié de Balzac : ISSN 2607-0006

product_9782070380527_195x320

http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-classique/La-Maison-Nucingen-precede-de-Melmoth-reconcilie

Etiqueté comme un auteur "réaliste", on peut s'étonner de voir tout un pan de La comédie humaine confiner au fantastique. C'est le cas de Melmoth réconcilié dont le titre vous évoque certainement un roman noir irlandais de Maturin, dont le succès fut immédiat à l'époque, à tel point qu'il fut traduit en français en 1828, l'année de sa parution. Alors que Maturin développe l'histoire du pacte avec le diable, l'auteur de La comédie humaine balzacianise son héros réaliste.

Après avoir décortiqué l'aristocratie dans Le cabinet des antiques, les pères dans Le père Goriot ou les usuriers dans Gobsek, Balzac décrit en naturaliste les caissiers de Paris. Voici les premières lignes : " Il est une nature d'hommes que la Civilisation dans le Règne Social, comme les fleuristes dans le Règne végétal par l'éducation de la serrre, une espèce hybride qu'ils ne peuvent reproduire ni par semis, ni par bouture" (p. 67). "L'observation préparatoire" mise en place, Balzac introduit son deuxième thème de prédilection : "le principe d'honneur" est remplacé par "le principe Argent" (p. 70). Nous voici donc en présence de Castanier, le caissier de Nucingen, qui s'endette pour contenter une prostituée, Aquilina. Au moment où il projette une rocambolesque fuite en Italie, il rencontre Melmoth. Ce dernier lui propose un pacte faustien : "si le démon te demandait ton âme, ne la donnerais-tu pas en échange d'une puissance égale à celle de Dieu ?" (p. 97).

Castanier tout en côtoyant Rastignac, Nucingen, personnages récurrents de La comédie humaine, devient extrêmement puissant. Mais ce pouvoir le rend-il heureux ? Tout en employant les ressorts du fantastique,  Balzac est éminemment de son temps et introduit son caissier dans le monde de la bourse, tout en le montrant assister à une pièce au Gymnase, dans une mise en abyme. Après Don Juan, dans L'exilir de longue vie, l'auteur du Colonel Chabert, s'empare du mythe faustien pour dépeindre son époque. Que devient le pacte faustien sous la seconde Restauration ? le mythe déchoit dans les spéculations financières : ne dit-on pas de Castanier qu'il "alla joyeux à la Bourse, en pensant qu'il pourrait trafiquer d'une âme comme on y commerce des fonds publics" ?

Le mystère entourant l'omnipotence de Melmoth, puis de Castanier, nous attache à leurs pas, vers la chute de la nouvelle. Ce bref récit, s'appuyant sur deux scandales réels, permet à Balzac d'emblématiser son époque par le thème de l'argent. Encore une petite nouvelle balzacienne, qui prend place dans les études philosophiques, à découvrir !

Balzac, La maison Nucingen, précédé de Melmoth réconcilié, Folio, Saint-Amand, 1989.

LC avec Cléanthe et Miriam. La prochaine LC : La maison Nucingen est programmé pour le 22 juin.

La comédie humaine :

1. Scène de la vie de province : Eugénie Grandet, Le cabinet des antiques

2. Scène de la vie parisienne : "Pierre Grassou", La fille aux yeux d'or, La duchesse de Langeais

3. Etude philosophique : "Melmoth réconcilié", La peau de chagrin, L'auberge rouge, L'Elixir de longue vie

4. Scène de la vie privée :"Le bal de Sceaux",  Mémoires de deux jeunes mariées, Le père Goriot, La bourse, Le colonel Chabert, Gobseck

5. Scène de la vie de campagne : Le lys dans la vallée.

 

Posté par maggie 76 à 18:54 - - Commentaires [14] - Permalien [#]

18 mai 2019

The Dead dont die de Jarmusch : ISSN 2607-0006

THE DEAD DON'T DIE - Official Trailer [HD] - In Theaters June 14

Une comédie avec des morts-vivants en ouverture du festival de Cannes ? Voici ce qui paraît étonnant, moins si l'on sait que c'est Jarmusch le réalisateur. Sur la lente musique country de The Dead don't die de Sturgilll Simpson, nonchalamment, deux policiers ( Cliff Robertson et Ronnie Peterson) d'une petite ville américaine assistent à des événements étranges dus à un dérèglement climatique. On déambule dans Centerville en compagnie d'un groupe de jeunes, d'un ermite, d'un fermier ou d'une légiste-samourai.

L'apocalypse de J. Jarmusch est décalé, ironique et même méta. C'est d'ailleurs l'aspect qui fonctionne le moins bien dans ce film mélancolique. Ronnie Peterson a déjà lu le script et sait que cela va mal se terminer. Cliff Robertson connaît la chanson de Dead don't die. Normal, c'est la musique du film... Ces réponses surgissent de manière importune dans le scénario. En revanche, les nombreuses citations de films telles que La nuit des morts-vivants de Romero ou Psychose de Hitchcock contribuent à créer une atmosphère poétique et politique.

L'humour pince-sans-rire, parfois noir, engendre un univers désenchanté où sont critiqués désastre écologique, consummérisme, les hispters... comme dans d'autres comédies zombiesques, Shaun of the dead de Wright ou Dernier train pour Busan de Yeon Sang Ho. Prenant à rebours l'ordre du cycle de la vie - les zombies ont l'air plus vivant que les vivants eux-mêmes - ou les codes cinématographiques (pas de cataclysmes apocalyptiques mais de nombreux plans fixes, ni d'hystérie de masse dans cette fin du monde jarmuschienne flegmatique) - le réalisateur promène le spectateur dans une plaisante balade crépusculaire.

The Dead dont die de Jarmusch, 2019, 1h40 avec Bill Murray, Adam Driver,

Sur le web : Guedj Philippe, "The dead don't die" : il vaut quoi le film d'ouverture de Cannes ?", Le point, mis en ligne le 14 mai. URL :https://www.lepoint.fr/pop-culture/cinema/the-dead-don-t-die-il-vaut-quoi-le-film-d-ouverture-de-cannes-14-05-2019-2312605_2923.php

"The Dead don't die", le film de zombies de Jim Jarmusch, est-il aussi raté qu'on le dit ?, L'obs, mis en ligne le 16 mai 2019, pendant le festival de Cannes. URL : https://www.nouvelobs.com/clash-culture/20190516.OBS13016/the-dead-don-t-die-le-film-de-zombies-de-jim-jarmusch-est-il-aussi-rate-qu-on-le-dit.html

Foubert Frédéric, "Cannes 2019 : The Dead don't die, à mourir d'ennui", Première, mis en ligne le 15.05.  URL : http://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Cannes-2019-The-Dead-don-t-die-a-mourir-d-ennui

Posté par maggie 76 à 20:24 - - Commentaires [22] - Permalien [#]

15 mai 2019

La mémoire assassine de Kim Young-ha : ISSN 2607-0006

bm_CVT_Ma-memoire-assassine_4358

http://www.editions-picquier.com/ouvrage/ma-memoire-assassine-2/

Parmi les auteurs sud-coréens, voici encore un auteur à découvrir, dont vous trouverez la biographie sur le site Picquier et une bibliographie.

Un ancien tueur en série, Kim Byeong-su, croit qu'on veut tuer sa fille adoptive Eun-hee. Ce narrateur écrit dans un carnet comment malgré la maladie d'Alzheimer et ses soixante-dix ans, il décide de la sauver et de supprimer cet homme. Mais comment faire lorsqu'on ne souvient même plus de son nom ? "Ce matin, j'ouvre les yeux et me retrouve dans un endroit inconnu. Je me lève d'un bond et enfile à la va-vite mon pantalon avant de sortir en courant de la maison. Un chien que je vois pour la première fois aboie en me voyant. Tandis que je m'agite en tous sens pour retrouver mes chaussures, j'aperçois Eun-hee qui sort de la cuisine. En fait, je suis chez moi. Heureusement que je me souviens encore de Heun-Hee. (p. 51)".

A personnage atypique, histoire atypique. Tout en philosophant et en écrivant de la poésie, le vieillard qui cite Montaigne ("Nous troublons la vie par le soin de la mort, et la mort par le soin de la vie". (p. 12)) tente tant bien que mal - et plutôt mal - de commettre son dernier meurtre. La narration est fragmentaire, parcellaire et nous n'avons accès qu'à ce que note Kim. Rien de morbide, ni de macabre, l'auteur faisant de l'humour noir : " Lorsqu'on voit du sang goutter du coffre d'une Jeep de Chasse, on peut penser qu'il s'agit d'un chevreuil mort, mais moi, dans un cas comme celui-là, je pars plutôt de l'hypothèse qu'il contient un cadavre humain. Ca me paraît plus probable." ( p. 20). On retrouve beaucoup du ton et du style des films coréens comme The stranger de Na Hong-Jin ou Memories of murder, de Bong Joon Ho - cité par le narrateur - qui ont su renouveler le cinéma de genre. Ce court récit, savamment construit mais qui déconstruit les codes du roman policier, vous mènera à une fin surprenante  et donne envie de découvrir d'autres récits de cet auteur.

Kim Young-Ha, La mémoire assassine, Picquier Poche, 151 p.

Sur le web : A girl from earth,

Posté par maggie 76 à 23:16 - - Commentaires [25] - Permalien [#]