1001 classiques

18 mars 2019

La neuvième vie de Louis Drax d'Alexandre Aja : ISSN 2607-0006

The 9th Life of Louis Drax (Jamie Dornan, Aaron Paul, Sarah Gadon, Aiden Longworth)–Official Trailer

La neuxième vie de Louis Drax mêle plusieurs influences pour créer un film prenant même s'il reste en dessous de certains modèles du genre comme Le labyrinthe de Pan de G. del Toro ou Quelques minutes après minuit de Bayona. Ce long-métrage est l'adaptation d'un livre de Liz Jensen.

Débutant de manière burlesque, la voix off de Louis, un petit garçon, narre comment plusieurs accidents ont failli lui coûter la vie. A huit reprises, il a frôlé la mort ! Electrocution, chute, accidents ont jalonné sa vie. Lors de son anniversaire, il tombe d'une falaise et son père disparaît, ce qui le rend suspect aux yeux de la police. Tombé dans le coma, sa mère veille sur lui, de même qu'un neurologue (incarné très platement par Jamie Dorman, qui semble devoir jouer toujours le même type de rôle). Des flash-back de la vie de Louis finissent par reconstituer les évéments dramatiques. Le père de Louis est-il un assassin ?

 A la fois hitchcokien - cette fois-ci, ce n'est pas une femme qui disparaît mais un homme - et fantastique, le scénario parvient à bien allier ces deux éléments à l'enquête policière. Si l'on peut faire un rapprochement avec les films de Guillermo del Toro et J. A. Bayona, c'est parce que le monstre n'est ici que la métaphore des peurs de l'enfant, qui n'arrive pas à surmonter un drame. Il incarne à la fois l'imaginaire enfantin et un traumatisme.

Le film est scénaristiquement bien construit et la tension ne retombe jamais. Sous des dehors de conte fantastique, La neuxième vie de Louis Drax cache des aspects plus profonds qu'il n'y paraît et en profite pour aborder un domaine psychologique intéressant.

La neuvième vie de Louis Drax, Alexandre Aja, Netflix, 2017, 1h48, Aiden Longworth, Jamie Dornan, Sarah Gadon.

Sur le web : Douaire Samuel, " La neuxième vie de Louis Drax" d'Alexandre Aja : terrifiant et merveilleux" Télérama, mis en ligne le 24 juin 2017. URL : https://www.telerama.fr/cinema/la-9e-vie-de-louis-drax-d-alexandre-aja-terrifiant-et-merveilleux,159907.php

Posté par maggie 76 à 17:05 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


14 mars 2019

Frère d'âme de David Diop : ISSN 2607-0006

frere_dame

Frère d'âme commence par une terrible scène, in medias res. Le lecteur est projeté au coeur de la Guerre de 14-18. Un soldat sénégalais, Alfa Ndiaye voit son ami Mademba Diop éventré, mourir sous ses yeux, au bout d'une longue agonie. Il regrette de ne pas l'avoir tué au moment où ce dernier le lui demandait. Miné par la culpabilité, Alfa effraie les autres soldats en coupant les mains de ses ennemis. La sauvagerie qu'il symbolise aux yeux des autres soldats blancs devient une seconde nature chez ce tirailleur devenu fou à cause de la culpabilité et de l'atrocité de la guerre.

La lecture paraît parfois pas assez nette, à cause de la voix grave de Babacar M'Baye Fall (Vous pouvez écouter un extrait sur le site) ou trop articulée, pour donner de la force à ses paroles, pour marteler son propos. Cependant, le roman est saisissant, émouvant. Les scènes décrites, le comportement d'Alfa ne sont pas édulcorées : le récit est dur, très dur, il montre la folie humaine née de la barbarie.

L'écriture très simple, anaphorique et répétitive reflète les actions sans cesse répétées, la folie d'Alpha confronté au traumatisme de la mort de son meilleur ami. "Toute chose comporte en elle son contraire", " toute chose est double" : d'abord considéré comme un héros de guerre, il est vu comme "un fou sanguinaire". On lui reproche de faire une guerre " peu civilisée" ! Mais qui est le barbare ?

Le narrateur évoque aussi les mutinés qui sont fusillés, un capitaine Armand amoureux de la guerre, les femmes, l'amour, son passé au Sénégal. Et puis, il évoque avec force, avec tendresse, son amitié avec Mademba, annoncée dès le titre programmatique. Qu'aurait pu penser un tirailleur sénégalais pendant la Grande Guerre ? Quels sentiments aurait-t-il éprouvés sous le feu des ennemis ? S'inspirant des Paroles de poilus de Guéno, David Diop fait entendre la voix d'Alpha, ses pensées, ses émotions, des expressions particulières et les coutumes peules. Un texte et une écriture à lire, à écouter et à découvrir !

Frère d'âme, David Diop, Audiolib, lu par Babacar M'Baye Fall, 2018, 3h40.

Audiolivre écouté dans le cadre du Prix Audiolib 2019.

Sur le web : Par Jupiter ! 2018. "David Diop". Animé par Charline Canhoenacker, Alex Vizoreck. Diffusé le vendredi 9 novembre 2018.

Propos recueillis par Gladys Marivat, "David Diop :" La France a construit l'image d'un tirailleur courageux, obéissant et parfois sanguinaire", Le monde, mise en ligne le 30 décembre 2018. URL : https://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/12/30/la-france-a-construit-l-image-d-un-tirailleur-courageux-obeissant-et-parfois-sanguinaire_5403714_3212.html

Kodjo-Grandvaux Séverine, "Centenaire du 11-Novembre : l'Afrique, l'autre scène de guerre", Le monde, mis en ligne 06 novembre 2018. URL : https://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/11/06/centenaire-du-11-novembre-l-afrique-l-autre-scene-de-guerre_5379416_3212.html

Posté par maggie 76 à 00:01 - - Commentaires [16] - Permalien [#]

11 mars 2019

Blade runner 2049 de Denis Villeneuve : ISSN 2607-0006

BLADE RUNNER 2049 Bande Annonce VF (Nouvelle // 2017)

Faire une suite à Blade runner ? Etait-ce utile ? La suite n'est qu'une pâle copie du film de Ridley Scott : un blade runner, l'officier K, est chargé de tuer des Nexus VIII, des androïdes de nouvelle génération qui se rebellent contre l'être l'humain. Lors d'une de ses missions, l'officier K découvre une malle enterrée avec des ossements. Cela l'amène à des découvertes qui vont intéresser la Wallace entreprise, qui fabrique les androïdes.

Visuellement impeccable avec une ambiance de fin de monde glaciale, où tout est minimaliste, comme les dialogues, Villeneuve developpe tant bien que mal ( et plutôt mal) une enquête où tous les événements tirent en longueur, sans nécessité : la révolte des "réplicants" est évoquée puis oubliée, de même que les projets de la Wallace entreprise dont on voit le directeur, à deux reprises, mais qui est bien vite délaissé. Alors que les enjeux du transhumanisme se font plus présents de nos jours, le film se contente de développer une atmosphère mélancolique.

Simple copie de Blade runner, on retrouve les scènes iconiques du film du réalisateur d'Alien le huitième passager, comme le repas dans un quartier populaire, la mort d'un androïde non pas en slip sous la pluie, mais en manteau dans la neige ( et évidemment sans dialogue métaphysique), l'oeil s'ouvrant initiant le film... Dans cet interminable long-métrage, on peut voir des acteurs jouant mal, ayant une ou deux expressions à leur disposition, voire aucune ( Jared Leto ou Harrison Ford). On cherche les enjeux mais il semblerait qu'il n'y en ait pas. Une suite commerciale ? Que de lenteur ! Que de vide !

Blade runner 2049 de Denis Villeneuve, avec Harrison Ford, Ryan Gosling, 2017, 2h44

Autres films : Premier contact, Incendie, Enemy, Prisoners

Sur le web : Dasola

Morice Jacques, Blade runner 2049, Télérama. URL : https://www.telerama.fr/cinema/films/blade-runner-2049,511409.php

No ciné. "Blade Runner 2049, réplicant sans répondant".

Débat sur "blade runner 2049", Le Cercle, présenté par Auguste Trapenard, 2018.

Posté par maggie 76 à 00:04 - - Commentaires [10] - Permalien [#]

07 mars 2019

La toile du monde d'Antonin Varenne : ISSN 2607-0006

la toile du monde

Une femme, Aileen Bowman, élevée dans un ranch du Nevada et journaliste du New-York Tribune, vient couvrir, afflubée de son pantalon et de ses bottes, l'exposition universelle de Paris de 1900. Monuments parisiens et personnalités historiques font l'objet des articles de la journaliste américaine. Les nuits parisiennes et les rencontres professionnelles ou amoureuses se succèdent pour dépeindre "la toile du monde".

Arrivée dans le "monde électrifié", Aileen va résider dans les locaux de la Fronde, dirigée par la féministe Marguerite Durand. Elle y rencontre d'autres femmes qui se battent, par exemple, pour qu'elles puissent exercer le métier d'avocat. "Cela ne m'empêche pas de me méfier des combats pour obtenir autant que les autres, parce que que les autres ne vous l'accordent jamais avant d'être certains que vous êtes devenues un des leurs, que vos différences sont effacées. Les hommes accorderont le droit de vote aux femmes quand ils seront sûrs  qu'elles voteront comme eux", déclare la femme américaine : cette phrase est certainement plus remarquable que bien des écrits féministes.

Aileen est un personnage fictionnel mais elle rencontre de nombreux personnages historiques comme l'inventeur du moteur Diesel (Rudolf Diesel), des peintres tels que Julius Stewart, des scientifiques, des critiques comme Royal Cortissoz... L'exposition universelle est ainsi évoquée de manière précise et documentée, à travers des dialogues et de couts paragraphes descriptifs. Les articles d'Aileen sont d'ailleurs une personnification de Paris qui énoncerait elle-même les changements advenus dans la ville lumière. L'auteur ne s'arrête pas là et continue à énumérer les métamorphoses du monde moderne au début du XXeme en narrant la vie d'Aileen de retour dans son ranch.

A cette première intrigue, d'autres s'ajoutent comme une relation amoureuse naissante entre Aileen et un ingénieur, puis avec sa femme. Parallèlement à ses articles, la journaliste recherche aussi ses racines ( sa mère est française) et son frère, Joseph, un métis indien participant aux spectacles des villages coloniaux. Et c'est là que le roman, à partir de la moitié du récit, se perd dans des thèmes inutiles au développement de l'intrigue : l'auteur semble se complaire dans l'évocation de scènes érotiques concernant la vie intime de son personnage et à décrire avec complaisance des scènes de bordel, utiliser de manière répétive les mots "catin", "putain". Dommage qu'on s'attarde autant sur l'émancipation sexuelle du personnage principal alors que le sujet était déjà si riche.

La lecture de Julien Defaye  - comédien et photographe - s'accorde parfaitement avec le sujet et ses personnages : sa voix est dynamique comme l'est le personnage principal et la vie trépidante parisienne. Elle devient solennelle lorsqu'il fait parler Paris personnifiée dans les articles de journaux. Il sait aussi changer de tonalité dans les nombreuses conversation et on est ainsi jamais perdu dans l'écoute des dialogues (Vous pouvez écouter un extrait ici). Une belle lecture bien rythmée !

072

Neurdein frères, " Champ de Mars. Palais de l'électricité, fête de nuit"

BNF, Estampes et Photographie, D. L. 1900, Qb1 1900 folio, Exposition universelle, photographies de Neurdein, tome 3

 La toile du monde, Antonin Varenne, lu par Julien Defaye, 9h47, Audiolib.

Audiolivre lu dans le cadre du Prix Audiolib 2019.

Sur le web : Exposition virtuelle "Les Expositions universelles à Paris 1867-1900" Bibliothèque nationale de France.

Posté par maggie 76 à 00:00 - - Commentaires [19] - Permalien [#]

05 mars 2019

Burning de Lee Chang-Dong : ISSN 2607-0006

BURNING (2018) Official US Trailer | Steven Yeun Movie

Adapté d'une nouvelle de Murakami, qui transpose un roman de Faulkner ( Barn burning), Burning  dévoile la vie de Jongsu, un jeune coursier qui souhaite devenir écrivain et qui admire Faulkner. Il tombe amoureux de Haemi, une jeune femme qui a été sa voisine dans l'enfance. Mais celle-ci part en Afrique et lui demande de venir nourrir son chat. Elle revient accompagnée d'un riche jeune homme, Ben, le Gatsby coréen. Peu après, Haemi disparaît. Ben prétend ne plus avoir de ses nouvelles. Qu'est devenue Haemi ?

Avec les influences littéraires citées, on s'attend évidemment à un flou entre la réalité et le rêve (Murakami) ou à un univers non perceptible entièrement (Faulkner). La première partie avant le départ de la jeune femme est ancrée dans le quotidien et on découvre progressivement la vie de Jongsu dans un monde rural, à la frontière de la corée du Nord. Il ne s'y passe pas grand chose. En revanche, après sa disparition, Jongsu suit Ben et peu à peu, on se met à douter des faits : le chat de Haemi existe-t-il ? Est-ce le même que celui de Ben ? Ce dernier brûle-t-il des serres pour s'amuser ? Des montages cut montrent Jongsu en train de dormir après certains évémements : ce que nous percevons, est-ce la réalité ?

Toute la première partie manque un peu de rythme, ce qui provoque l'ennui. Cependant, elle semble nécessaire pour comprendre la deuxième partie : le banal contraste avec une réalité qui se délite, dans un entre-deux où le film s'installe, symbolisé par de nombreux passages crépusculaires. Un film où le mystère reste entier et qu'on apprécie qu'une fois les dernières minutes visionnées... Dans le livret de 24 pages qui accompagne le DVD, on peut lire un article de François Bégaudeau et un entretien de Didier Péron (Libération) avec le réalisateur, qui laisse toute l'opacité du film.

Burning de Lee Chang-Dong, (2h28), Avec Yoo Ah-in, Steven Yeun, Yun Jong-seo, 2018.

Sur le web : Mandelbaum Jacques, "Burning", un trio brûlant dans une Corée de cendre", Le monde, mis en ligne le 28 août 2018. URL : https://www.lemonde.fr/cinema/article/2018/08/28/trio-brulant-dans-une-coree-de-cendres_5346863_3476.html

Le masque et la plume. 2018. "Les critiques du "Masque" enthousiasmés par "Burning" de Lee Chang-Dong". Animée par Jérome Garcia. Diffusée 7 septembre 2018.

Morice Jacques, “Burning” : c’était notre Palme d’or au dernier Festival de Cannes, Télérama, mis en ligne le 29 août 2018. URL : https://www.telerama.fr/cinema/burning-cetait-notre-palme-dor-au-dernier-festival-de-cannes,n5780944.php

Kaganski Serge, "Cannes 2018 : "Burning" de Lee Chang-dong, autre sérieux postulant à la Palme", Les Inrockuptibles, mis en ligne 17 mais 2018. URL : https://www.lesinrocks.com/2018/05/17/cinema/cannes-2018-burning-de-lee-chang-dong-autre-serieux-postulant-la-palme-111084154/

Débat sur "Burning", Le Cercle, présenté par Auguste Trapenard, 2018.

Posté par maggie 76 à 00:08 - - Commentaires [8] - Permalien [#]


02 mars 2019

C'est le premier, je balance tout ( février 2019) : ISSN 2607-0006

c-est-le-1er-je-balance-tout-banniere-bicolore-marineLogo d'allez vous faire lire

1) LES CHRONIQUES VENUES D'AILLEURS

Effets Spéciaux, crevez l'écran - une exposition itinérante

 Saviez-vous que le premier film entièrement réalisé en images de synthèse est Toy story ? Mais comment sont crées ces images virtuelles ? L'univers cinématographique suscite-t-il votre curiosité ? Etes-vous impressionnés par les performances visuelles dans Le seigneur des anneaux ou par les CGI qui donnent vie à César dans La planètes des singes ? L'exposition " Crevez l'écran", qui vient tout droit de la Villette, s'expose en ce moment à Bordeaux jusqu'en juin 2019.

Ainsi vous pourrez découvrir les maquillages qui permettent de rendre crédible les personnages de films, la motion capture, la réalisation d'un film, de son script à la sortie dans les salles. Des activités ludiques donnent à voir la création d'effets spéciaux grâce au fond vert, à la plongée verticale ou à l'arrêt sur image et vous pourrez repartir avec vos propres courts-métrages !

Cap Sciences Hangar 20

du 13 octobre 2018 au 9 juin 2019

Site : CAP sciences

2) MES FILMS

"3 Billboards, les panneaux de la vengeance", la bande-annonce

Désespérée par le meurtre et le viol de sa fille et l'indifférence de la police locale, Mildred Hayes décide de louer trois panneaux publicitaires, pour dénoncer l'attitude de la police. Elle est alors en butte à toutes les critiques, de la part de sa famille et des habitants du village, notamment de Dixon, un flic homophobe et raciste. Pourtant, Mildred ne baisse pas les bras. L'enquête reste secondaire face à la composition des personnages. Mildred est montrée comme une femme courageuse, qui n'hésite pas à affronter toutes les situations, même si cela cache une culpabilité profonde. Quant aux autres personnages, ils évoluent et ne sont pas prévisibles. Ce qui caractérise le film, c'est le passage brutal de moments joyeux ou tendres à la tragédie la plus noire, sans oublier un humour grinçant. On est quand même en-dessous du cinéma des Cohen, dont on a rapproché le film... 

3 Billboards : les panneaux de la vengeance, 2017, Martin McDonagh, 1h55, avec France McDormand.

Sur le web : Régnier Isabelle «  3 Billboards » : une soif de vengeance désespérée", Le Monde, mis en ligne le 17 janvier 2018. URL : https://www.lemonde.fr/cinema/article/2018/01/17/3-billboards-une-soif-de-vengeance-desesperee_5242765_3476.html

Murat Pierre, 3 Billboards : les panneaux de la vengeance, Télérama. URL : https://www.telerama.fr/cinema/films/three-billboards-outside-ebbing-missouri,518156.php

Le masque et la plume. 2018. "3 Billboards" : absolument formidable du début à la fin, avec des éclats d'humour noir". Animée Jérome Garcia. Diffusée 29 janvier 2018.

3) MES LECTURES

Ce mois-ci, j'ai écouté La daronne d'Hannelore Cayre et Avec toutes mes sympathies d'Olivia de Lamberterie pour le prix Audiolib 2019. J'ai aussi lu quelques classiques comme Le facteur sonne toujours deux fois et une nouvelle balzacienne, "L'Elixir de longue vie". Une autre lecture commune s'annonce  le 23 mars avec "Pierre Grassou". Pour ceux qui le souhaitent, je propose "Melmoth réconcilié" pour le 23 mai.

121686543_o41XJRJEAuHLavec toutes mes sympathies

 

cain 001unité alphabetproduct_9782070376339_195x320

4) MES ACHATS

J'ai reçu deux livraisons d'audiolivres d'un coup pour le Prix Audiolib 2019 ! Que des auteurs que je ne connais pas ! J'ai aussi reçu en partenariat : La marque des Windfield de Ken Follet et le dernier roman de Jussi Adler Olsen ( L'unité Alphabet).

la toile du mondeindex51FMrxXkQKL

519z5BbSxfLart de la joieindex

Posté par maggie 76 à 08:00 - - Commentaires [21] - Permalien [#]

28 février 2019

L'unité alphabet de Jussi Adler Olsen : ISSN 2607-0006

unité alphabet

Jussi Adler Olsen s'est-il lancé sur le même sentier que les autres auteurs de polars nordiques, à savoir des romans ayant pour arrière-plan la Seconde Guerre Mondiale comme Dans l'ombre d'Indridason ?

C'est ce que laisse penser le début du roman : deux officiers britanniques, Bryan et James, survolent les infrastructures allemandes lorsqu'ils sont repérés et leur avion touché. Roman d'espionnage ? Roman de guerre ? Ni l'un, ni l'autre ! Les deux hommes arrivent à prendre un train en marche où ils découvrent des officiers SS considérés comme fous. Là, ils sont soignés avant de regagner le front. Bryan parvient à s'échapper et apprend que l'hôpital psychiatrique a été bombardé. L'intrigue reprend en 1972, en Angleterre, où Bryan a abandonné son métier de médecin et s'occupe de produits pharmaceutiques. Lorsqu'on lui propose d'aller comme consultant aux J.O. de Munich et qu'il rencontre un homme ayant visité les sanatoriums à la fin de la Guerre, il reprend espoir : peut-être va-il retrouver James.

"Ce livre n'est pas un roman de guerre", nous indique l'auteur dans une note. Effectivement, l'auteur s'attarde davantage sur les méthodes employées dans les asiles que sur les faits historiques. D'ailleurs, le père de J. Adler Olsen était un psychiatre et le romancier a fréquenté des asiles d'aliénés dont les traitements radicaux de l'époque l'ont frappé. De même, la question de la pseudo-maladie de certains patients l'a longtemps fasciné. Une grande partie de l'intrigue repose sur des simulateurs, de criminels Nazis qui arrivent à s'en sortir. Et c'est la meilleure partie du roman.

J. Adler Olsen rompt avec le ton acerbe et sarcastique de sa série des Enquêtes du département V. Cela rend son roman un peu plus banal. Certes, la toile de fond est intéressante, mais la deuxième partie, qui consiste en une quête du corps de James, devient complètement invraisemblable et repose sur des facilités narratives. Un des personnages constate que tous ces événements - multiples meurtres en une ou deux heures, coincidences multiples - "dépassent l'entendement" ( "Il y avait vécu trop de choses dans cette dernière heure"), et celle du lecteur aussi. L'histoire s'écoute facilement mais ce n'est pas le meilleur opus de J. Adler Olsen. Cependant, la voix de Benjamin Junger ( on peut écouter un extrait ici) sait bien donner vie à tous ces personnages.

L'unité Alphabet, de Jussi Adler Olsen,  lu par Benjamin Jungers, Audiolib, 16h33, 2018.

Partenariat Audiolib .

Autres romans de l'auteur : Promesse, Selfies

Posté par maggie 76 à 08:23 - - Commentaires [15] - Permalien [#]

26 février 2019

At Eternity's gate de Julian Schnabel : ISSN 2607-0006

AT ETERNITY'S GATE (2018) - Official HD Movie Trailer | Media Hub

At Eternity's gate montre les dernières années de la vie du peintre Vincent Van Gogh. "Montrer" est bien le mot puisqu'il est beaucoup question de la vision du monde selon le peintre, de sa conception de la création, de la beauté, et de la vision d'un cinéaste aussi. On voit donc le peintre quitter Paris pour Arles. Il vit quelques temps avec Gauguin, puis fréquente le docteur Gachet. Admis plusieurs fois dans des asiles, l'artiste est incompris, isolé et affaibli. Sa peinture, peu appréciée de son vivant, semble reconnue lors de l'exposition des Indépendants.

"Le monde reste un mystère"

Enfin un biopic qui sort de l'académisme habituel ! "L'état frénétique" dans lequel était le peintre pour créer est reproduit par les mouvements de la caméra. Souvent, les plans sont filmés caméra à l'épaule, non pas dans un but documentaire, mais pour reproduire le regard subjectif du protagoniste. Les tourments du peintre sont rendus par ces mouvements de caméra rapides, parfois étranges : pourquoi filmer les chaussures prises comme modèle avec un cadre à l'horizontal ? pourquoi passer à du noir et blanc comme un négatif quand Vincent Van Gogh peint ? Mais globalement, les choix de cadrage permettent un immersion dans la nature, épousant les sensations du peintre. Les plans d'ensemble montrent une grande intensité des couleurs de la nature, voire parfois, étrangement avec des filtres jaune ou bleu, mais qui renvoient à l'intensité des coloris des tableaux du peintre. Nomminé aux oscars dans la catégorie "meilleur acteur", Willem Dafoe incarne génialement ce peintre tourmenté et maudit. Un film sensoriel, atypique et esthétique sur l'art et le génie de Vincent Van Gogh !

At Eternity's gate, de Julian Schnabel, Netflix, avec Willem Dafoe, 1h51, 2019

At_Eternitys_Gate

Extrait de la bande-annonce « At Eternity's Gate » © YouTube/CBS Films

Posté par maggie 76 à 13:59 - - Commentaires [6] - Permalien [#]

23 février 2019

L'Elixir de longue vie de Balzac : ISSN 2607-0006

product_9782070376339_195x320

Popularisé par Molière qui fait de son Don Juan un libertin, ce personnage est promis à une longue postérité. Goethe, Byron, Delacroix, peintres et écrivains s'emparent du mythe. Don Juan Belvidero vit à Ferrare, dans la débauche, en attendant la mort de son père, Bartholoméo. Ce dernier, sur son lit de mort, lui révèle qu'il possède un Elixir capable de ressusciter les morts. Il lui demande donc de le frictionner entièrement avec le contenu de la fiole pour revivre. Don Juan constate la véracité des propos de son père en faisant un essai sur l'un des yeux du mourant et devient un paricide en décidant de l'étouffer. Il décide de garder l'Elixir pour lui-même. Face à ce père indulgent, Don Juan se comporte comme un égoïste. A son tour, devenu un vieillard, il fait la même requête à son fils.

Cette nouvelle renouvelle le mythe de Don Juan même si l'on retrouve quelques éléments anti-cléricaux dans le dénouement, le mariage avec Elvire et un libertinage de moeurs. Mais Don Juan n'est plus le libertin des siècles antérieurs. Balzac, sous l'influence du romantisme frénétique, transforme l'histoire en un conte fantastique, grotesque et horrifique : "Une assez violente rafale de lueur [...], illumina la tête de son père : les traits en étaient décomposés, la peau collée fortement sur les os avait des teintes verdâtres que la blancheur de l'oreiller, sur lequel le vieillard reposait, rendait plus horribles.[...] Malgré ces signes de destruction, il éclait sur cette tête un caractère incroyable de puissance".

Le rôle de l'argent, de l'héritage et de la paternité, présent dans La peau de chagrin, Le cabinet des antiques, Gobseck, et bien d'autres  oeuvres de La comédie humaine, en font un personnage et une histoire éminemment balzaciens. Dans cette Italie de la Renaissance de convention, puis dans une Espagne pittoresque, Balzac a su donner aussi une teinte romantique au mythe, renouvelant le type don juanesque en lui donnant une dimension faustienne, dans le défi avec la mort.

 Balzac Honoré, "L'Elixir de longue vie", Barcelone, Folioplus, 2014.

Lecture commune avec Cléanthe. Prochaine Lecture commune : "Pierre Grassou" le 23 mars et "Melmoth réconcilié", le 23 mai.

La comédie humaine :

1 Scènes de la vie de province : Eugénie Grandet, Le cabinet des antiques

2. Scènes de la vie parisienne : La fille aux yeux d'or, La duchesse de Langeais

 3. Les études philosophiques : La peau de chagrin, L'auberge rouge, "L'Elixir de longue vie"

4. Scènes de la vie privée : Mémoires de deux jeunes mariées, Le père Goriot, Le colonel Chabert, Gobseck, "La bourse",

5. scènes de la vie de campagne : Le lys dans la vallée,

Posté par maggie 76 à 00:42 - - Commentaires [16] - Permalien [#]

19 février 2019

Le facteur sonne toujours deux fois de James M. Cain : ISSN 2607-0006

product_9782070399918_195x320

Ce roman noir de J.M. Cain se construit autour d'une passion intense entre un vagabond, Frank, et une femme, Cora, mal mariée, vivant dans un endroit isolé. Elle est mariée à un Grec, qu'elle déteste. Dès qu'il la voit, il sait qu'il ne pourra plus la quitter. Au bout de vingt pages, les deux amants projettent de tuer le mari. Malheureusement, le meurtre est empêché par l'électrocution du chat et le mari sort presque indemne de cette première tentative. Frank propose à Cora de s'enfuir avec lui, mais elle refuse de vivre sur les routes. Le hasard les réunit à nouveau. Vont-ils réussir à se débarrasser du mari encombrant ?

"Cora, c'est le destin. Nous avons tout essayé" (p. 51)

Cette sordide histoire d'adultère a une intrigue très resserrée. Plusieurs tentatives de meurtres, un procès, des séparations, créent une tension qui ne s'éteindra qu'au dénouement. Le narrateur, Frank, ne raconte que les faits et son point de vue. Ce récit, qui est la confession de Frank, par sa concision, ne laisse aucune place à psychologie, aux remord. Frank parle de meurtre comme de mécanique et Cora ne cherche qu'à s'enrichir. C'est un personnage singulier qui préfère le nomadisme à la vie de petit-bourgeois que Cora choisit. Alors qu'il choisit la liberté, être sur les routes, Frank ne cesse d'accuser le destin, présentant sa passion pour Cora comme une tragédie. Mais la fatalité a-t-elle un rôle dans leur histoire ? Peut-être, puisque le récit s'achève sur l'ironie du sort qui frappe le personnage masculin... Ce récit est une telle réussite qu'il a été adapté à quatre reprises !

OSSESSIONE - LUCHINO VISCONTI - 1943 - TRAILER

Comme dans Mort à Venise, Visconti métamorphose complètement la nouvelle de J.M. Cain. Au-delà de l'italianisation des noms et des lieux, le réalisateur Des amants diaboliques ne garde que l'histoire du couple adultère, qui veut se débarrasser du mari, et certains éléments comme le métier du Grec, appelé Bragana, ou le dénouement. On est proche des amants zoliens dans Thérèse Raquin avec l'amant hanté par le mari et sa dimension psychologique, absente de la nouvelle.

Surtout, Visconti initie le néoréalisme avec ce film. Pendant une période où le cinéma italien présente surtout un cinéma " téléphone blanc", symboles d'élégance, avec des comédies divertissantes, Visconti introduit les classes populaires, la pauvreté, la prostitution et la violence dans ce long-métrage. Là où la nouvelle présente une intrigue resserrée, Visconti amplifie des scènes populaires comme le bal dans la trattoria ou le concours de chant lyrique. C'est bien une recréation et non une simple adaptation.

Ossessione, Visconti,1942, avec Clara Calamai, Massimo Girotti et Juan De Landa,140 min

Cain J.M., Le facteur sonne toujours deux fois, folio cinéma, 151 p.

Posté par maggie 76 à 16:22 - - Commentaires [12] - Permalien [#]