1001 livres

27 juin 2016

Concours sac folio soledad

13388488_1728055294149448_1815887276_nActuellement, vous pouvez gagner un tote bag folio pour l'achat de deux folios. Je vous propose d'en gagner un. Qu'allez-vous emporter comme livres cet été ? Il suffit de me l'indiquer dans un commentaire et je ferai un tirage au sort mardi prochain ( 5.07.2016).

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25 juin 2016

Sonja Delzongle, Dust

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Embarquez pour l'Afrique avec Dust de Zonja Delzongle ! En effet, l'enquête se déroule au Kenya même si son héroïne, Hanah Baxter est une profileuse française habitant à New-York. De nombreux meutres ont été commis à Nairobi mais les corps n'ont pas été retrouvés et seules de sanglantes croix indiquent les lieux des crimes. Sont-ce les méfaits d'un tueur en série ? Des crimes rituels ? Arrivée dans la capitale du Kenya, Hanah découvre le massacre des Albinos, considéré comme des êtres maudits ou portant chance...

L'auteur a cherché à sortir des sentiers battus en proposant une héroïne atypique car elle est utilise la radiesthésie pour faire avancer l'enquête. La tension narrative est bien présente et les nombreuses découvertes ou actions laissent peu de repos au lecteur.

Contrairement au polar de Moussa Konaté ( La malédiction du Lamantin), elle fait une peinture sans pittoresque du Kenya, là où se déroule aussi La ferme africaine de Blixen, qui est évoquée dans le roman. Le dépaysement, l'exotisme font place à une réalité sordide comme le montre cette phrase, presque un zeugme : "Des petits kiosques où l'on pouvait déguster de la banane plantain en barquette, frit à l'huile de palme ou de moteur. D'autres vendaient des mangues, des papayes ou des noix de coco percées, dont on aspirait le jus à l'aide d'une paille, en même temps que le virus de l"hépatite" ( p. 57). Un polar efficace, très bien documenté, mais d'une grande noirceur...

Sonja Delzongle, Dust, folio policier,

Merci Folio pour ce partenariat.

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18 juin 2016

Hervé Jubert, Magies secrètes, Une enquête de Georges Hercule Bélisaire Beauregard

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La quatrième de couverture assure que " la première des enquêtes de Georges Hercule bélisaire Beauregard [est] assurément un des joyaux du steampunk". C'est généralement la rencontre entre l'industrialisation du XIXeme siècle et la fantasy, la science-fiction ou le fantastique. Effectivement, l'action de Magies secrètes s'ancre dans le XIXeme siècle : L'empereur Obéron III et son préfet Hoffmann reconstruisent la ville tel Napoléon III et Haussmann. De nombreux éléments accentuent les ressemblances entre Sequana et le Second Empire avec des tableaux vivants, la mode des robes antiquisantes etc...( " composer un tableau vivant consistait à réunir plusieurs personnes, souvent des courtisanes girondes et dévêtues, à leur inculquer une pose et, ainsi, à former un tableau digne du Salon". p. 64) Et c'est là l'aspect le plus séduisant de ce livre que j'ai abandonné. 

En effet, L'intrigue est des plus décousue, lente et proliférante et les personnages ressemblent une babel mythologique : Beauregard est un magicien mage en quête d'un parasite qui rend fou les êtres auquel il s'attaque. Entre-temps, on nous raconte des souvenirs de sa jeunesse et sa rencontre avec une fille Jeanne qu'il prend sous son aile. Isis, Titiana, des salamandres et un porc-épic géants, des succubes apparaissent au fur et à mesure des pages. Déjà qu'il est difficile de s'adapter à tous ces personnages, mythes, lieux qui s'entremêlent lorsqu'on n'a pas l'habitude de ce genre littéraire, en plus, l'intrigue disparait derrière des petits chapitres sans lien véritables entre eux... J'ai abandonné ce roman, que j'espérais aimer, qui a tout de même eu le Grand prix de l'imaginaire dans la catégorie jeunesse et il a plu à Lilly, dont le billet est situé ici.

Hervé Jubert, Magie secrète, Folio SF, 308 p.

Merci Folio pour ce partenariat.

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12 juin 2016

Harper lee, Va et poste une sentinelle

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 Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur était le seul roman publié par Harper Lee, récompensé par le prix Pulitzer en  1961 qui raconte l'enfance de Jean Louise Finch, la fameuse "Scout", en Alabama. Cette dernière admire son père, un avocat qui défend un noir accusé du viol d'une femme blanche.

Récemment un manuscrit du même auteur a surgi d'un coffre fort. Quelles sont les raisons de cette publication tardive ? On n'en saura rien puisque la romancière vit comme une recluse.

C'est un livre culte, à tel point que des statues représentent les deux héros du roman à Monroeville ( ci-dessous, comme l'Angleterre qui a son Peter Pan). Mais oh ! Scandale ! disent les lecteurs. On a désacralisé ces héros américains dans Va et poste une sentinelle : Atticus Finch n'est plus l'avocat des droits civiques mais un homme trônant dans des réunions du KKK. Jean Louise, de retour dans sa ville natale, découvre avec invraisemblance, que ses proches sont rascistes. La véritable déception est dans l'écriture qui est banale et les personnages médiocres, sans intérêt, même si l'historie est racontée par la voix agréable de Cachou Kirsh. On est face à une description assez ordinaire d'une ville du Sud à l'époque de la ségrégation... Pourquoi ce manuscrit n'est-il pas resté dans son coffre-fort ?

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Harper Lee, Va et poste une sentinelle, 8h25, audiolib

Ecoutez un extrait ici, sur le site audiolib

Merci Audiolib pour ce partenariat

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08 juin 2016

La Bruyère, Les caractères, De l'homme

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Dans Ridicule, P. Leconte mettait en scène le bel esprit des salons mondains du XVIIeme siècle. De même, La Bruyère ne cesse de définir l'honnête homme, cet idéal du classicisme, dans une langue spirituelle. Dans le chapitre " De l'homme", le portrait de Brancas a été pastiché par Mme de Sévigné. Il incarne le distrait, Gnathon est le fâcheux et Antogoras le plaideur : cette galerie de portraits n'est pas sans rapeler les comédies moliéresques... Le moraliste se place donc parmi les autres auteurs classiques...

Après Montaigne ( qui disait déjà que l'homme est "un sujet vain, divers et ondoyant"), La Bruyère questionne la condition humaine, en rejetant le stoïcisme mais en soulignant sa labilité et sa vanité " Ne nous emportons point contre les hommes en voyant leur dureté, leur ingratitude, leur injustice, leur fierté, leur amour d'eux-mêmes, et l'oubli des autres ; ils sont ainsi faits, c'est leur nature c'est ne pouvoir supporter que la pierre tombe, ou que le feu s'élève"( 1). Le choix fait par folio de n'éditer qu'un chapitre n'est pas aberrant : Les caractères sont une suite de maximes, d'aphorismes, de portraits, qui sont autotéliques et tissés dans un réseau, réseau si cher à ces nobles de la Cour. La fragmentation de voix renvoie aussi à l'art conversationnel du Grand siècle.

Il y a des livres qu'on pourrait lire cent fois et qui semble encore nous résister. Il y a des livres qu'on aurait envie d'apprendre par coeur tant le style éblouit ! En effet, La Bruyère est un moraliste en décrivant les moeurs de son temps, mais sa réflexion critique s'accompagne de la séduction de son écriture. En voici un exemple vertigineux :

" Ménalque descend son escalier, ouvre sa porte pour sortir, il la referme ; il s'aperçoit qu'il est en bonnet de nuit ; et venant à mieux s'examiner, il se trouve rasé à moitié, il voit que son épée est mise du côté droit, que ses bas sont rabattus sur ses talons, et que sa chemise est par-dessus ses chausses. s'il marche dans les places il se sent tout d'un coup rudement frapper à l'estomac, ou au visage ; il ne soupçonne point ce que ce peut-être jusqu'à ouvrant les yeux  et se réveillant, il se trouve ou devant un limon de charrette ou derrnière un long ais de menuiserie que porte un ouvrier sur ses épaules. On l'a vu une fois heurter du front contre celui d'un aveugle, s'embarrasser dans ses jambes, et tomber avec lui chacun de son côté à la renverse : il lui est arrivé plusieurs fois de se trouver tête pour tête à la rencontre d'un prince sur son passage se reconnaître à peine, et n'avoir que le loisir de se coller à un mur pour lui faire place. Il cherche, il brouille, il crie, il s'échauffe,  il appelle ses valets l'un après l'autre, on lui perd tout, on lui égare tout ; il demande ses gants qu'il a dans ses mains ; semblable à cette femme qui prenait le temps de demander son masque, lorsqu'elle l'avait sur son visage."...

La Bruyère, Les caractères, "De l'homme", folio sagesse, 84 p.

Merci Folio pour ce partenariat.

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04 juin 2016

Au mois de mai 2016...

Qu'ai-je acheté ce mois-ci ? Depuis que j'ai découvert le blog d'Allez vous faire lire, j'ai acquis des ouvrages jeunesses tels que Le château, "les ferrailleurs" de carey, De bons présages de Prachett et Gaiman, La rivière à l'envers de Mourlevat, La félicidad de Jean Molla, Neverwhere de Gaiman. Merci Keisha pour Le huitième jour de Vésale...

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Qu'ai-je lu ce mois-ci ? J'ai commencé d'ailleurs à explorer les nouveaux territoires de la littérature jeunesse avec Lucas et les machines extraordinaires de Lisa Evans et un livre de science-fiction de Collin intitulé Projet Oxatan. J'ai enfin découvert la jolie prose de Mathias Enard avec la lecture de Boussole, le léger et divertissant Les meilleurs zeugmas, et j'ai lu deux romans policiers ( Le crime de L'orient-Express d'Agatha Chritie et La malédiction du lamantin de Konaté). In fine, j'ai dévoré un campus novel au style original présentant une énigme criminelle et littéraire : La physique des catastrophes de Pessl

Qu'ai-je vu ce mois-ci ?

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C'est le film le plus désopilant, le plus stupide, le plus ridicule, le plus esthétique, le plus gore, le plus, inoui, le plus comique, le plus exubérant, le plus absurde, le plus horrible, le plus vain, le plus drôle, le plus hilarant, le plus inepte, le plus horrifique... De quel film s'agit-il ? De Ma Loute de Bruno Drumont ! En 1910, des bourgeois disparaissent dans le Nord de la France. Deux enquêteurs aussi ahuri l'un que l'autre mènent l'enquête qui n'aboutira pas. Autour d'eux s'agitent une famille de bourgeois dégénérés, les Van Peteghem et une famille de pêcheurs très particulière. Très esthétique, et non sans rappeler l'univers de Tardi parfois, avec des moments véritablement comiques, le film confine trop au non-sense, à un univers gagesque sans but, pour vraiment être un grand film.

Ma loute, Bruno Dumont, 2016, avec Luchini et Valéria Bruni Tedesschi, 122 min.

L'avis de Choupynette. Alex

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Quelques séquences en noir et blanc nous immergent dans les années 50, à l'époque du macCartysme. A un paysage idyllique - ranch, poney, famille heureuse, grande étendue verte - succèdent procès, travail forcené, prison. Cette biopic retrace la vie de Dalton Trumbo, l'un des réalisateurs mis sur la liste noire à cause de ses idées politiques, jugée anti-américaines. Il est obligé de travailler dans l'ombre et devient tyrannique envers sa famille. Présenté comme un véritable Spartacus, qui reçut deux récompenses pour Vacances romaines et Les clameurs se sont tues, le film n'oublie pas de mentionner les victimes malchanceuses, de cette période sombre américaine. L'acteur principal est époustouflant et les frères King apportent une touche d'humour dans ce film, qui reconstitue bien l'Hollywood, enjolivé, de cette époque.

Dalton Trumbo, Jay Roach, 124 min, 2016, avec Bryan Cansom

billet de Dasola, Niki, Alex,

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Mad Max, un simple film d'action ? En effet, dans un monde post-apocalyptique, les femmes d'un tyran décident de s'enfuir avec l'aide de Furiosa, main droite d'Immortan Joe, qui règne sur le désert. Les hommes à sa solde ont emprisonnés Max. L'intrigue tient en une ligne mais le film présente de véritables qualités et a remporté de nombreux prix bien mérité : maquillage, décor, paysage sont particulièrement inventifs, fous, créatifs ! La course poursuite dans le désert permet une débauche d'engins de toutes sortes, de combats, d'explosion... Comme tout blockbuster qui se respecte, ont été ajoutés une histoire d'amour impossible, des réflexions sur la rédemption, la condition féminine mais ce n'est pas ce qu'on retiendra de ce film explosif où les scènes de combats sont esthétisés et chorégraphiés comme dans les films d'arts martiaux...

Mad Max fury Road, G. Millet, avec Tom Hardy et Charlize Theron, 2015

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25 mai 2016

Lisa Evans, Lucas et les machines extraordinaires

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Quelle histoire cache cette jolie couverture ? Ce sont les aventures de Lucas Hutin que nous suivons. Les parents de cet enfant de 10 ans, complexé par sa petite taille ne trouvent rien de mieux à faire que de déménager en plein été, dans leur village natal anglais Beetom et il se retrouve esseulé. Mais la découverte d'une boite énigmatique, ayant appartenu à un grand-oncle magicien, va l'amener à enquêter sur la disparition mystérieuse de son oncle, de son atelier de magie et de la fiancée de cet ancêtre.

Comme dans Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire de Snicket, un narrateur facétieux, le cynisme en moins, entame le récit d'une enquête parsemée de jeux de mots, d'énigmes. De grosses coincidences permettent à notre héros de découvrir la vérité. Lucas et les machines extraordinaires est une agréable lecture même si la fin est farfelue. Le personnage du père est particulièrement réussi, un cruciverbiste distrait, ce qui permet à l'auteur de développer un riche vocabulaire et beaucoup d'humour. Un bon livre jeunesse à découvrir parlant de magie et faisant appel à la magie de l'enfance...

" Et que tu dis-tu de celui-ci ? reprit son père, un autre journal à la main. "Quantité de boulanger qui rend malheureux les triskaïdékaphobes", en six lettres.

- Ch'sais pas, souffla Lucas.

- En fait, c'est assez limpide. La triskaïdékaphobie désigne la phobie du nombre de treize. Et quand on parle de "douzaine de boulanger" c'est pour faire référence à leur habitude de faire treize pièces quand  on en demande douze ; d'où l'expression " treize à la douzaine" ou " douzaine de boulanger". Le mot est donc treize".

Lucas et les machines extraordinaires, Lisa Evans, Bayard jeunesse, 284 p.

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22 mai 2016

Mathias Enard, Boussole

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Lors d'un salon du livre, L'escale du livre à Bordeaux, j'ai pu écouter l'auteur venu parler de son livre, qui révélait avec humour, et moult anecdotes, avoir fait des études de langues orientales et avoir beaucoup voyagé dans le Moyen Orient. J'ai donc profité d'un partenariat Audiolib pour découvrir ce romancier dont je ne connaissais pas l'écriture. L'avantage d'une lecture faite par l'auteur lui-même, c'est qu'il connaît bien son texte pour le dire avec expressivité. On sent lorsqu'il évoque les " bavardages de couloir" des universitaires ou leur folie, tout leur ridicule dans le ton de la voix. D'autres moments, elle paraît plus mélancolique, à l'évocation d'un amour malheureux avec Sarah. A la fin de Boussole, un entretien avec l'auteur, nous permet d'en savoir davantage sur l'écriture du roman.

De quoi parle Boussole ? Cette "boussole" est nécessaire pour se repérer dans les méandres de ce récit : un musicologue malade, Frantz, se remémore des souvenirs de voyages, entrelacés de souvenirs amoureux. Le narrateur nous emmène dans des conversations, dans des lectures, dans des lieux exotiques, qui font surgir un Orient merveilleux, livresque mais aussi réel, avec la guerre en Irak. Pourtant, aucune pédanterie ne ressort de ce livre parce que la relation à Sarah est évoquée avec humour, et le narrateur ne manque pas d'autodérision. Delacroix, Flaubert, les traductions de Galand, Chateaubriand, Mozart, Liszt...  sont évoqués tour à tour : mais quel roman ! On reste étourdi devant un tel foisonnement ! On pense aux romans fin de siècle, où les narrateurs sans sortir de leur chambre font voyager par l'imaginaire...

Ce n'est pas un texte qu'on écoute en faisant d'autres activités. Elle nécessite une certaine concentration car le texte fourmille de références, de détails, de lieux, de personnages. Mais c'est une écoute qui laisse une certaine musique dans l'oreille, qui nous laisse rêveur, sous le charme d'un Orient lointain. "Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants" est un autre titre de cet auteur, dont les sonorités me plaisaient et qui j'espère me captivera autant que Boussole.

Mathias Enard, Boussole, 18h, audiolib

Extrait lu par l'auteur sur le site audiolib

Merci Audiolib pour ce partenariat.

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19 mai 2016

Fabrice Colin, Projet Oxatan

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Avant ma lecture de La poupée de Kafka, comme j'avais beaucoup lu de billets positifs sur Fabrice colin, j'avais acheté quelques livres au hasard. Les vampires de Londres débute par l'histoire de deux soeurs, qui découvrent leur nature de vampire au premier chapitre. J'ai refermé le livre. Mauvais moment pour commencer une histoire imaginaire ? Est-ce le thème qui me déplaisait ? J'avais d'ailleurs abandonné Comme des fantômes, du même auteur.

Ayant d'autres livres de cet auteur sous la main, j'ai commencé projet oXatan, qui débute ainsi : " Les plaines de Mars. Couleur : rouge sang. A l'horizon, les premiers feux du soleil achèvent de mettre l'aube en lambeaux. Notre vaisseau file au-dessus du désert, loin du Bunker, loin du cratère, loin du Lac noir et de la pyramide. Notre Paradis n'est plus qu'un souvenir. Diana est morte. Jester est mort. Mademoiselle Grace est morte. Jamais je n'aurais imaginé que les choses se terminerait ainsi". Mais qui sont ces personnages ? Pourquoi sont-ils morts ? Une analepse, grâce au journal d'Arthur, 13 ans, qui note les événements sur son ordinateur, nous permet de découvrir la vie de quatre enfants, complètement isolés, vivant sous l'autorité de Mademoiselle Grâce. Des "voix" semblent les appeler, des ogres rodent dans la forêt, un agent du Comité d'Ethique Mondial surgit brusquement...

Ce petit roman de science-fiction s'interroge sur l'humain et les progrès techniques. Comment définir l'homme ? Sans philosopher comme Montaigne ou La Bruyère, F. Colin développe une histoire palpitante et bien construite. Est-ce que parce que le roman est destiné à la jeunesse qu'il n'aborde que superficiellement les problèmes multiples abordés ? Beaucoup de pistes sont esquissées qu'on aurait aimé voir approfondies... Reprenant le procédé plaisant de La poupée de Kafka, F. Colin a inséré des dessins que le narrateur aurait fait à l'aide d'un crayon optique, aidant à la lecture et créant un effet de réel. Bien qu'un peu superficiel, Projet oXatan est un bon roman jeunesse de SF. Vous rouverez, par ailleurs, plein d'idées de littérature jeunesse sur le site d'allez vous faire lire

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Projet Oxatan, Fabrice Colin, Etonnants Classiques, 217 p.

Les vampires de Londres, Fabrice Colin, Folio Junior, 310 p.

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14 mai 2016

Konaté, La malédiction du Lamantin

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Nous retrouvons dans cette nouvelle enquête, le commissaire Habib et son jeune protégé Sosso. Près du fleuve Niger, au Mali, à Bamako, vit la tribu des Bozos. Le chef de la tribu ainsi que sa deuxième femme sont tués comme dans la légende du Lamantin, une divinité des eaux. Le peuple Bozo, tout comme les Dogons, ont des croyances dans leurs dieux très fortes, ce qui rend plus difficile l'enquête puisque l'enquêteur doit démêler le faux du vrai, les croyances du mensonge... Pour des Maliens ne connaissant pas leurs coutumes, il est plus difficile pour eux d'apprendre des événements qui les mèneront jusqu'au meurtrier.

Dans le magazine, Lire spécial polar, paru en mars 2016, j'ai trouvé le terme d'ethno-polar, qui s'applique parfaitement à ce roman policier. Certes, le roman repose partiellement sur la recherche d'indices, de coupables, dont le meurtrier reste insoupçonnable jusqu'à la fin, mais on nous décrit aussi les légendes des Bozos, leur histoire, bien que de manière superficielle.

Les enquêtes du commissaire Habib peuvent se lire sans ordre, même s'il est fait référence à L'empreinte du renard, dans ce nouvel opus. J'ai malheureusement trouvé de nombreuses similitudes dans la construction du roman avec la précédente enquête et les coutumes Bozos ne sont pas assez décrites, bien qu'ingénieusement intégrées dans l'histoire. En outre, les deux personnages principaux sont assez caricaturaux, trop simplifiés. C'est une enquête que j'ai lue avec plaisir mais je ne pense pas lire Meurtre à Tombouctou, dernier volet des aventures de Habib, en tout cas dans l'immédiat, mais je vais plutôt me tourner vers les essais de cet auteur.

La malédiction du Lamantin, point, Moussa Konate, 188 p.

Vous pouvez aussi écouter une émission de France culture " Seydou Keita, portraits de Maliens des années 50

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© Seydou Keïta, tirage argentique réalisé en 1998

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