06 juin 2019

Asako I & II d'Hamagushi : ISSN 2607-0006

ASAKO I&II Bande Annonce (2019) Romance

Asako I & II, vous fera imanquablement penser à Sueurs froides d'Hitchcock. En effet, une jeune femme, Asako, tombe immédiatement sous le charme de Baku, lors de leur première rencontre. Cependant, un jour, Baku disparaît. Deux ans plus tard, à Tokyo, Asako rencontre Ryohei, un homme d'affaire, qui ressemble trait pour trait à Baku.  Instantanément séduite, elle hésite à engager une relation basée sur des faux-semblants. Cinq ans plus tard, Baku, devenu manequin, revient. Va-t-elle quitter son amant pour partir avec Baku ? Aime-t-elle réellement Ryohei ?

La manipulation des personnages dans le film d'Hitchcock est menée dans un mouvement réflexif. Le personnage féminin est regardé par un observateur, qui pourrait être le spectateur. La mise en scène dont elle fait l'objet lors de la deuxième rencontre avec le narrateur crée un parallèle avec le travail du cinéaste. Le travail du réalisateur de Fenêtre sur cour est dominé par la spirale tandis que celui de Hamagushi est dominé par le cadre - les personnages se rencontrent lors d'une exposition de photos - et le double. Deux personnages masculins, deux rencontres amoureuses, deux voyages de nuit...

Devant un fleuve en crue, Ryohei déclare : " c'est sale". Mais Asako trouve ce même paysage "beau". Et c'est cette beauté que filme talentueusement Hamagushi : beauté des pas qui s'avancent vers l'autre, beauté des gestes du quotidien pour venir en aide aux sinistrés des séismes, beauté des êtres qui n'hésitent pas à s'aimer malgré les trahisons et les mensonges. Formellement magnifique, Asako I & II filme merveilleusement et délicatement le sentiment amoureux, sans sentimentalité mais avec des ellipses et des silences.

Asako I & II, Hamagushi, avec Masahiro Higashide et Erika Karata, 2019

Sueurs froides, Hitchcock, 1958, 2h09 min, avec James Stewart, Kim Novak, et Barbara Bel Geddes

asako-1-2-e1546595825955-1050x627Erika Karata et Masahiro Higashide dans « Asako I & II », Hamaguchi. ART HOUSE DISTRIBUTION

vlcsnap-2019-01-27-11h51m51s749Erika Karata dans « Asako I & II », deRyusuke Hamaguchi. ART HOUSE DISTRIBUTION

0793734Erika Karata dans « Asako I & II », deRyusuke Hamaguchi. ART HOUSE DISTRIBUTION

Sur le web : Dasola

Rauger J-F, "Sueurs froides", Le monde, mise en ligne 31 juillet 2009. URL : https://www.lemonde.fr/vous/article/2009/07/31/sueurs-froides_1224532_3238.html

Les chemins de la philosophie. 2018. "Philosopher avec Hitchcock (2/4) : sueurs froides". Animée par Adèle Van Reeth. Diffusée le 27février 2018.

Mandelbaum Jacques, "Asako I & II" : éternel recommencement amoureux", Le monde, mis en ligne le 1 janvier 2019. URL : https://www.lemonde.fr/cinema/article/2018/12/31/eternel-recommencement-amoureux_5403795_3476.html

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30 mai 2019

Aliens de James Cameron : ISSN 2607-0006

ALIENS - 1986 - Trailer Recut HD

A l'occasion du quarantième anniversaire d'Alien : le huitième passager de Ridley Scott, vous aurez peut-être envie de visionner les films de la saga du monstre lovecraftien. Deuxième opus d'une franchise de 6 films, Aliens est un survival réussi, réalisé à un moment où J. Cameron n'est pas encore un cinéaste reconnu. Dans les commentaires audio, il explique qu'on lui a proposé d'écrire trois scénarios en même temps, ce qu'il a accepté : il a donc écrit Aliens en même temps que Terminator.

Dans ce qui est devenu un classique de la science-fiction, nous retrouvons Ellen Repley dérivant dans l'espace et atterrissant sur une station orbitale. Lorsqu'elle explique à la Weyland que le vaisseau le Nostromo a été attaqué par un alien sur la planète LV-426, la compagnie refuse de la croire car elle a envoyé des colonisateurs sur cette planète qu'ils ont terraformé. Les contacts avec LV-426 ayant cessé, Burke, l'avocat de la Weyland, décide d'envoyer une équipe de marines. Ripley se joint à léquipe finalement. Mais il s'avère que le vrai combat qu'elle mène n'est pas contre les aliens...

L'ambiance est brumeuse, inquiétante ; l'action se déroulant dans une ville terraformée désaffectée. Comment créer cette atmosphère et ces monstres ? Le film a reçu 7 oscars dont l'oscar des meilleurs effets visuels. Aliens a été tourné à une époque où les effets spéciaux et les retouches numériques n'étaient pas encore performants. L'équipe du tournage a toutefois réussi à recréer une ambiance et un décor crédibles et qui n'ont pas pris une ride ! Certes, le Sulaco, le vaisseau spatial des marines, et certains engins ressemblent parfois à des maquettes, ce qu'ils sont réellement. Mais l'illusion est parfaite dans la majeure partie du film.

L'autre atout de ce film est son héroïne : avant Katniss, Captain Marvel ou Wonder woman, Sigourney Weaver incarne parfaitement Repley, cette femme courageuse, confrontée à la compagnie et à un général incompétent. L'autre personnage important est une petite fille, qui est très convaincante dans son rôle alors que ce n'est pas une comédienne professionnelle et qu'elle n'a pas voulu faire une carrière dans le cinéma. Et les aliens ? Quel suspense ! Comme Spielberg dans Jurassic park, J. Cameron sait maintenir le suspense en ne faisant apparaître les aliens que tardivement et en les dévoilant progressivement ! Les personnages sont peu développés, l'action primant sur la psychologie, mais Aliens reste un classique de la SF à découvrir.

Aliens de James Cameron, avec Sigourney Weaver, 137 min, 1986.

Alien, le huitième passager, de Ridley Scott, 1979, Harry Dean Stanton (Brett), Jones the cat.

Alien (1979) Trailer

Sur le web : "Aliens, le retour : six choses à savoir sur l'Alien de James Cameron", Première, mis en ligne le 26 mai. URL : http://www.premiere.fr/Tele/Aliens-le-retour-six-choses-a-savoir-sur-l-Alien-de-James-Cameron

Audureau William et Pierre Stéphanie, "Quand le premier "Alien" était comparé à des nanars de zérie Z", Le monde, publié le 27 mai 2019. URL : https://www.lemonde.fr/pixels/article/2019/05/27/alien-le-huitieme-passager-un-film-considere-comme-kitsch-a-sa-sortie_5468118_4408996.html?fbclid=IwAR3klw16onTdNI6_ZTxKN5j7ZBbyReKCpCISytVaw37dP4TsqCusvzM-Ock

Les chemins de la philosophie. 2018. "Philopsophie d'Alien : 1979 la naissance d'un monstre" (1/4). Animée par Adèle Van Reeth. Diffusée le 1 janvier 2018.

Les chemins de la philosophie. 2018. Philopsophie d'Alien : 1986 la guerre de l'homme contre l'homme (2/4). Animée par Adèle Van Reeth. Diffusée le 2 janvier 2018.

Les chemins de la philosophie. 2018. "Philopsophie d'Alien : 1992 comment tuer le mal en nous" (3/4). Animée par Adèle Van Reeth. Diffusée le 3 janvier 2018.

Les chemins de la philosophie. 2018. "Philopsophie d'Alien : 1997 une résurrection bien gore" (4/4). Animée par Adèle Van Reeth. Diffusée le 4 janvier 2018.

 

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18 mai 2019

The Dead dont die de Jarmusch : ISSN 2607-0006

THE DEAD DON'T DIE - Official Trailer [HD] - In Theaters June 14

Une comédie avec des morts-vivants en ouverture du festival de Cannes ? Voici ce qui paraît étonnant, moins si l'on sait que c'est Jarmusch le réalisateur. Sur la lente musique country de The Dead don't die de Sturgilll Simpson, nonchalamment, deux policiers ( Cliff Robertson et Ronnie Peterson) d'une petite ville américaine assistent à des événements étranges dus à un dérèglement climatique. On déambule dans Centerville en compagnie d'un groupe de jeunes, d'un ermite, d'un fermier ou d'une légiste-samourai.

L'apocalypse de J. Jarmusch est décalé, ironique et même méta. C'est d'ailleurs l'aspect qui fonctionne le moins bien dans ce film mélancolique. Ronnie Peterson a déjà lu le script et sait que cela va mal se terminer. Cliff Robertson connaît la chanson de Dead don't die. Normal, c'est la musique du film... Ces réponses surgissent de manière importune dans le scénario. En revanche, les nombreuses citations de films telles que La nuit des morts-vivants de Romero ou Psychose de Hitchcock contribuent à créer une atmosphère poétique et politique.

L'humour pince-sans-rire, parfois noir, engendre un univers désenchanté où sont critiqués désastre écologique, consummérisme, les hispters... comme dans d'autres comédies zombiesques, Shaun of the dead de Wright ou Dernier train pour Busan de Yeon Sang Ho. Prenant à rebours l'ordre du cycle de la vie - les zombies ont l'air plus vivant que les vivants eux-mêmes - ou les codes cinématographiques (pas de cataclysmes apocalyptiques mais de nombreux plans fixes, ni d'hystérie de masse dans cette fin du monde jarmuschienne flegmatique) - le réalisateur promène le spectateur dans une plaisante balade crépusculaire.

The Dead dont die de Jarmusch, 2019, 1h40 avec Bill Murray, Adam Driver,

Sur le web : Guedj Philippe, "The dead don't die" : il vaut quoi le film d'ouverture de Cannes ?", Le point, mis en ligne le 14 mai. URL :https://www.lepoint.fr/pop-culture/cinema/the-dead-don-t-die-il-vaut-quoi-le-film-d-ouverture-de-cannes-14-05-2019-2312605_2923.php

"The Dead don't die", le film de zombies de Jim Jarmusch, est-il aussi raté qu'on le dit ?, L'obs, mis en ligne le 16 mai 2019, pendant le festival de Cannes. URL : https://www.nouvelobs.com/clash-culture/20190516.OBS13016/the-dead-don-t-die-le-film-de-zombies-de-jim-jarmusch-est-il-aussi-rate-qu-on-le-dit.html

Foubert Frédéric, "Cannes 2019 : The Dead don't die, à mourir d'ennui", Première, mis en ligne le 15.05.  URL : http://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Cannes-2019-The-Dead-don-t-die-a-mourir-d-ennui

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12 mai 2019

Dieu existe, son nom est Petrunya de Teona Strugar Mitevska : ISSN 2607-0006

DIEU EXISTE SON NOM EST PETRUNYA (2019) HD Streaming VOSTFR HD1080

Voici un film macédonien à ne pas rater ! Il était une fois une femme de trente ans, historienne sans emploi, victime des humiliations de sa mère, jugeant sa fille vieille, moche et incapable. Un jour, lors de la cérémonie orthodoxe de l'Epiphanie, elle assiste au lancer de croix qui apporte richesse et bonheur à celui qui l'attrappe. Seuls les hommes ont le droit d'aller la chercher. Sur une impulsion subite, Petrunya se jette dans l'eau et ressort victorieuse ! Rompant les traditions, les croyances et bravant l'autorité des hommes, elle est poursuivie comme une fugitive lorsqu'elle s'empare de la croix !

Si Dieu existe, son nom est Petrunya ressemblerait à un thriller féministe si la réalisatrice Teona Strugar Mitevska n'avait pas pris le soin de déconstruire bien des codes et des cadres filmiques. De nombreux regards face caméra interpellent le spectateur sur le sort des femmes, que ce soit celui d'une journaliste en prise avec ses problèmes familiaux, avec son cameraman ou que ce soit celui de Petrunya face à un patron qui tient des propos sexistes et des policiers machistes.

Mais la réalisatrice ne traite pas banalement que du féminisme, elle questionne plus globalement une société enfermée dans ses préjugés, "cimentée comme au Moyen Age" comme dirait la journaliste. Petrunya est donc "un mouton déguisée en loup" pour affronter les problèmes posés par la société contemporaine. Toujours séparée des autres par des vitres, des grillages ou une longue table d'interrogatoire, l'héroïne doit faire face à des convenances qu'elle saura dépasser.

Ne pensez pas que vous allez ennuyer vous car l'arc narratif ne cesse de surprendre à partir d'une situation initiale absurbe mais qui a réellement existée. Le film n'est pas dénué d'humour avec des scènes cocasses, où la mère de Petrunya profite d'un passage à la télévision pour pouvoir demander de l'emploi pour sa fille ou diverses interviews qui critiquent le non-sense de cette histoire. Surtout le film repose sur une actrice incroyable, attachante et rebelle par rapport aux conventions. La photographie du film est magnifique ! Ce long-métrage est une merveille !

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Copyright sistersandbrothermitevski

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Copyright Pyramide International

Dieu existe, son nom est Petruyna, de T. S. Mitevska, 2019, 1h40, avec Zorica Nusheva.

Sur le web : Dasola, billet dans lequel on trouve deux liens : Missfujii, Mymp,

Débat sur Dieu existe son nom est petruyna, Le cercle. Animé par A. Trapenard. Diffusée le 10 mai 2019. URL : https://www.mycanal.fr/cinema/debat-sur-dieu-existe-son-nom-est-petrunya-le-cercle-du-05-03/p/1534973

Sotinel Thomas, "Dieu existe, son nom est Petruyna" : échapper au joug du patriarcat par la nage", Le monde, mis en ligne le 1 mai 2019 . URL : https://www.lemonde.fr/culture/article/2019/05/01/dieu-existe-son-nom-est-petrunya-echapper-au-joug-du-patriarcat-par-la-nage_5456961_3246.html

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29 avril 2019

Dumbo de Tim Burton : ISSN 2607-0006

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Depuis maintenant une vingtaine d'années, Tim Burton adapte ou réalise régulièrement de nouveaux films avec plus ou moins de succès. Ses films fascinent par son univers original et macabre, celui des monstres, du fantastique et des portes de travers.

En 2016, l'adaptation de Miss Peregrine et les enfants particuliers est confiée à Tim Burton : cela semble naturel, étant donné l'univers de Ramson Riggs dans lequel évoluent des enfants singuliers dans un univers sombre. J'ai abandonné ce film dont l'exposition est très longue, sans susciter d'intérêt. Même lorsqu'on arrive dans la boucle où vivent les enfants particuliers et qu'on découvre un immense manoir abandonné, la photographie paraît plutôt impersonnelle.

En revanche, Ed Wood aborde un autre thème burtonesque, celui de la figure de l'artiste. Ed Wood est un véritable hommage à l'artiste maudit et au cinéma. Considéré comme le plus mauvais réalisateur de tous les temps, celui qui a réalisé La fiancée du monstre ne cesse de tourner alors que personne ne veut financer ses films. Ce long-métrage semble s'éloigner de l'univers noir et fantaisiste de Burton en s'ancrant dans un certain réalisme, celui du monde hollywoodien. Cependant, l'esthétique expressionniste rend bien visible le style du réalisateur avec un jeu sur les ombres, sur les thèmes macabres ou fantastiques, notamment dans les scènes où est présent Lugosi.

Sleepy Hollow est une adaptation brillante d'une nouvelle de W. Irving ! Jouant sur le double registre du macabre et du comique, Sleepy Hollow conte l'enquête d'un policier légiste qui va rechercher un coupable dans un petit village où il tombe immédiatement amoureux d'une jeune femme et sur une multitude de cadavres. L'anti-héros s'évanouit à la vue du sang, donnant lieu à des scènes cocasses et à un jeu d'acteur réussi et burlesque de J. Depp. La noirceur des personnages et les décapitations qui jalonnent l'enquête s'inscrivent parfaitement dans la veine burtonienne de ses films d'animation comme Frankenweenie.

Récemment, les studios Disney avaient demandé au réalisateur d'adapter Alice au pays des merveilles. Adapter ? Alice de Tim Burton n'est plus une enfant en quête d'identité mais une jeune femme qui est confrontée au passage à l'âge adulte. Alors qu'un insupportable fils de lord la demande en mariage, Alice suit le fameux lapin blanc et se retrouve dans le monde déjanté et manichéen des merveilles. Epreuve après épreuve, Alice finit par s'affirmer dans ce monde, où les créatures sont plus burtonisantes que jamais avec un chapelier encore plus loufoque que celui de Carroll, où dominent les rayures, les personnages aux figures pâles et cernées. Tout n'est pas parfait dans ce film visuellement époustouflant ( comme dans Les animaux fantastiques, où l'esthétique semble prendre le pas sur le reste)...

DUMBO Bande Annonce VF # 2 (NOUVELLE, 2019) Tim Burton, Film Disney

Et puis, une nouvelle association entre Tim Burton et les studios Disney donne naissance à Dumbo. S'inscrivant dans la mode des remake en "live action" de dessins animés qui ne sont plus récents, Dumbo étant sorti en 1941, ce film nous parle à nouveau de monstres et de parias.

Dumbo s'inscrit-il dans cette veine commerciale qui pousse Disney à refaire ses classiques en live action ? Après La Belle et la bête, Aladdin et Le roi lion, Dumbo se voit donc donner une nouvelle vie. Tout le monde se moque de Dumbo, qui naît avec des oreilles démesurées. On le sépare de sa mère qui cherche à le défendre et cause l'effondrement du chapiteau. Heureusement que le jeune éléphanteau rencontre deux enfants qui l'aident à voler et à séchapper du cirque. Avant, ils seront confrontés au directeur de Dreamland.

Il n'y a pas grand chose à redire sur l'esthétique de ce film, dont l'intrigue est un peu répétitive, mais dont le principal intérêt est le parallèle - comme l'ont souligné de nombreux critiques - du parc d'attraction et de Disney, qui exploite sans vergogne hommes et animaux, et qui ne souhaite que générer du profit. Comme dans les autres films de la production, on retrouve une héroïne féminine positive et une fin heureuse. Mais où est Burton dans tout cela ? A l'instar de nombreux blockbusters, la beauté burtonienne disparaît sous le cahier des charges des films produits par Disney...

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Tim Burton, Dumbo, avec Colin Farrell, Danny DeVito, Eva Green, 2019, 1 h 52.

Tim Burton, Ed Wood, 2h17, avec Johnny Deep, Martin Landau, Sarah Jessica Parker, 1994

Tim Burton, Miss Perregrine et les enfants particuliers, avec Eva Green, Asa Butterfield, Terence Stamp, Samuel L. Jackson, 2 h 07.

Tim Burton, Sleepy Hollow, Netflix, 1999, 1h45, Johnny Depp, Christina Ricci, Miranda Richardson

Tim Burton, Alice aux pays des merveilles, Netflix, avec Johnny Depp, Mia Wasikowska, Anne Hathaway, Helena Bonham Carter, 2019, 1 h 49.

Autres films : L'étrange noël de Mister Jack,

Sur le web : Le cinéma de Durandal, Pamolico,

Conférence. 2019. "Pourquoi il faut relire "Alice au pays des merveilles" de Lewis Carroll, France culture. Conférence de Philippe Forest. Diffusée le 11 janvier 2019.

Douin, Jean-Luc, Alice au pays des merveilles" : un conte enchanteur sur l'identité, à voir absolument en relief", Le monde cinéma, mis en ligne le 23 mars 2010. URL : https://www.lemonde.fr/cinema/article/2010/03/23/alice-au-pays-des-merveilles-un-conte-enchanteur-sur-l-identite_1323303_3476.html

Sotinel Thomas, "Dumbo" : saltimbanques contre show-business", Le monde, mis en ligne le 27 mars 2019. URL : https://www.lemonde.fr/culture/article/2019/03/26/dumbo-saltimbanques-contre-show-business_5441295_3246.html

No ciné, Dumbo, quand Disney trompe énorménent,

Mandelbaum Jacques, "Miss Peregrine et les enfants particuliers" ; dans la boucle de l'enfance éternelle", mis en ligne le 5 octobre 2016. URL : https://www.lemonde.fr/cinema/article/2016/10/04/miss-peregrine-et-les-enfants-particuliers-dans-la-boucle-de-l-enfance-eternelle_5007763_3476.html

Le masque et la plume. 2019. "Dumbo" : "courrez-y !". Animée par Jérôme Garcin. Diffusée le 8 avril 2019.

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22 avril 2019

Simetierre de Stephen King : ISSN 2607-0006

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De mutilples films sont des adaptations de l'oeuvre de Stephen King. Alors que Jessie et 1922 sont des films bien adaptés de romans moins connus du maître de l'horreur, Simeterre a déjà été adapté en 1989 par Mary Lambert. Profitant du succès récent de Ca, remake aussi d'une série des années 80, Simetierre souffre d'une mise en scène banale et d'un manque de profondeur.

Louis Creed s'installe à la campagne, dans le Maine, cher à Stephen King, pour profiter davantage de sa famille. Ironie du sort, il va causer le malheur de ses enfants et de sa femme. A peine arrivé, il doit faire face à la mort d'un jeune homme, qui reviendra le hanter. Le chat, Church, va rapidement être écrasé. Pour éviter un grand chagrin à sa fille, il accepte d'enterrer son animal dans un lieu étrange et glauque, que même les indiens Micmacs ont fui, protégé par un gigantesque entrelacs de bois morts...

Succession de jump scares, de scènes gores juxtaposées, le film n'arrive pas à susciter d'émotions tant les personnages manquent de profondeur, exceptés la femme de Louis et le voisin, dont on découvre les peurs, le passé. A contrario, l'univers mental de Louis, qui semble peu à peu obsédé par la mort, est bien représentée par des portes s'ouvrant sur le lieu maudit, sombre à souhait. Bénéficiant de trop d'argent pour être un nanar et d'une trop belle photographie pour être un navet, Simetierre est un simple film d'horreur supplémentaire contenant le cahier des charges d'un banal film horrifique avec zombies, grincements de porte et hectolitres d'hémoglobine...

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https://www.livredepoche.com/livre/simetierre-9782253151432

En revanche, il est étonnant qu'on réduise l'oeuvre de Stephen King à des romans d'horreur : à partir de l'introduction de Simetierre un peu décousue, l'auteur annonce le thème métaphysique de son livre, " le mystère de la mort". Comme un leitmotiv, la mort s'insinue partout. Les premières lignes évoquent la mort du père de Louis Creed, médecin, qui va travailler dans le dispensaire d'une université, où dès le premier jour d'ouverture du dispensaire, un jeune homme décède. De même, son chat  - "qui tel le chat du Sheshire, repar[aît] comme par enchantement" - et son fils vont connaître un sort funeste. Comment Louis va-t-il réagir face à la mort brutale et inhumaine de son fils ?

Certes, l'arc narratif est chronologique, sans complexité en apparence, mais des notations de temps montrent l'inéluctabilité de la mort, voire la fatalité qui frappe le personnage principal. Les lieux hantent ce père de famille. On retrouve les paroles en italiques indiquant le monologue intérieur de Louis, spécificité présente dans les romans précédents de l'auteur. Homme rationnel, homme de science, Louis ne croit pas à l'au-delà. La banalité de son quotidien se mue imperceptiblement en une lente escalade vers le surnaturel culminant dans une scène finale atroce. La folie, thème emblématique de l'auteur, plane inexorablement sur Louis : le roman est assez éprouvant d'un point de vue psychologique et les protagonistes poignants.

Est-ce dû à la traduction ? Le lexique spécialisé de la médecine - Louis écrit des articles scientifiques, comme beaucoup de personnages de S. King, c'est un écrivain - et un langage courant ou soutenu permettent de s'immerger dans cette histoire où les sensations, les descriptions de lieux et les sentiments prennent une place très importante par rapport à l'intrigue. On n'est pas loin des Revenants de Kasischke, la complexité narrative en moins, mais aussi des romans noirs anglais, cités fréquemment : "Une autre idée lui passa par la tête : celle que cette équipée lui avait fait courir des dangers bien réels, même si elle semblait droit sortie d'un roman-feuilleton frénétique de Wilkie Collins" (p. 212).

Ne vous laissez pas influencer par l'étiquette habituellement attribuée à S. King ( bien que l'horreur et le surnaturel soient présents). Certes, ce roman appartient à la "littérature populaire" exploitant un imaginaire éculé comme les zombies, les fantômes... mais il n'en est pas pour autant mauvais. Découvrez ce roman qui parle des rituels mortuaires, de la question du deuil, de la relation de l'homme et de la mort dans la société américaine... 

King Stephen, Simetierre, Livre de poche, France, mars 2019.

Simetierre de Kevin Kolsch, Dennis Widmyer, avec Jason Clarke, Amy Seimetz, 2019, 1h41

Jessie, de Mike Flanagan, avec Carla Gugino, Bruce Greenwood, Carel Struycken, Netflix, 2017, 1h43

1922, Zak Hilditch, 1922, Netflix,  avec Thomas Jane, Dylan Schmid, 1h43, 2019.

Sur le web : No ciné, Simetierre, ce fléau

Mury Cécile et Douhaire Samuel, "A voir sur Netflix : trois adaptations inédites de Stephen King", Télérama, mis en ligne

Macheret Mathieu, "Simetierre" : une petite mécanique horrifique", Le monde, mis en ligne le 10 avril 2019. URL : https://www.lemonde.fr/culture/article/2019/04/10/simetierre-une-petite-mecanique-horrifique_5448127_3246.html

LGL spécial Stephen King, entretien de l'émission La grande librairie. URL : https://www.youtube.com/watch?v=6-f8C3GU23I

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15 avril 2019

Leave no trace de Debra Granik : ISSN 2607-0006

Bande annonce - Leave no trace (2018)

Peut-on vivre en dehors de la société ? Comment faire face à un traumatisme de guerre ? La société de consommation ne comporte-t-elle que des points négatifs ? Voici quelques questionnements que Debra Granik aborde dans  Leave No Trace.

Ce long métrage retrace la vie d'un père, Tom, et de sa fille, Will, qui vivent dans un parc naturel, dans l'Oregon, en consommant le moins possible et en tirant leurs ressources de la forêt. Lorsqu'ils sont repérés, on cherche à les réinsérer dans une sylviculture. La jeune adolescente s'adapte rapidement et lie facilement connaissance alors que son père refuse de s'intégrer, d'installer un téléphone et d'utiliser les commodités proposées. Au bout de quelques temps, le père décide de repartir... Blessé après une chute dans la forêt, le père est à nouveau contraint à l'immobilité dans une zone forestière, où vivent quelques marginaux dans des mobil-homes. Sa fille le suivra-t-elle dans cette fuite de la civilisation ?

Comme le film commence in medias res et qu'il y a peu de dialogues, on ne comprend que progressivement que le père est un ancien vétéran et qu'il ne peut pas supporter le bruit des hélicoptères, qui lui rappelle certainement la guerre. Laquelle ? Nous n'en saurons rien. Beaucoup d'éléments restent dans l'ombre et on ne sait pas ce qu'est devenu la mère de Will.

Des gros plans de la nature permettent de voir la beauté des paysages, et parfois son inclémence avec la froidure, le manque de nourriture... Sans beaucoup de paroles, ni de bande-son, ce qui surprend assez, la réalisatrice Debra Granik arrive à suggérer les liens familiaux forts entre le père et la fille et la psychologie des personnages, notamment le dilemme de la jeune fille, partagée entre son amour pour son père et son refus de fuir les autres. Un très beau film, tout en délicatesse, sur les blessures psychologiques provoquées par la guerre, le refus de la consommation de masse, les liens familiaux, le regard porté sur l'adolescence...

Leave No Trace de Debra Granik, avec Thomasin Harcourt McKenzie, Ben Foster, 1h49, 2018.

Sur le web : Sotinel Thomas, "Leave no trace" : le père, la fille et l'esprit des bois", Le Monde, mis en ligne le 19 septembre 2018. URL : https://www.lemonde.fr/cinema/article/2018/09/19/leave-no-trace-le-pere-la-fille-et-l-esprit-des-bois_5357118_3476.html

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08 avril 2019

Minuscule, La vallée des fourmis perdues de Thomas Szabo et Hélène Giraud : ISSN 2607-0006

Bande annonce - Minuscule - La vallée des fourmis perdues (2014)

 "Il existe une très ancienne légende chantée tout l'été par les grillons et les cigales, l'épopée d'une coccinelle ayant combattu les fourmis rouges... Voici son histoire".

Des fourmis noires trouvent une boîte de sucre, laissée par un couple qui pique-niquait, dans une plaine aux allures de la comté de la Terre du Milieu. Une petite coccinelle, qui n'arrive pas à voler, les accompagne vers leur fourmilière. Mais chemin faisant, elles sont confrontées à des fourmis rouges.

La coccinelle-"Frodon" et la communauté de fourmis doivent aussi descendre un fleuve comme le hobbit descendant Auduin. Les fourmis "Uruk-hai" rouges font le siège de leur foumilière-"gouffre du Helm". Ce serait réducteur de faire croire que Minuscule est la transposition du  Seigneur des Anneaux  à l'échelle d'un monde minuscule. D'autres références - western, Star Wars - sont convoquées. A côté des aventures de nos héroïnes, de nombreux gags fourmillent créant une touche de comique. En outre, les insectes ne sont pas personnifiés mais l'absence de dialogue et les décors créent une immersion dans une nature colorée et poétique.

Dans le making-of ( 35 min), on apprend comment le film a été tourné, notamment les repérages des paysages dans le Mercantour, les reconstitutions en studio et ce qui a été créé en images de synthèse, la manière dont ont été conçue les insectes. Toute une partie est consacrée aux bruitages. Le travail est impressionnant !

Dans le minuscule livret du film, on nous rappelle les inspirations filmiques des réalisateurs ( Chaplin, Indiana Jones, Star Wars) et une double page concerne l'éco-attitude : " Le sujet étant la découverte du monde vivant, la production a choisi de s'engager dans une démarche responsable lors du tournage en prenant en compte l'impact de ses propres actions. Un long travail a été fait en amont pour avoir une empreinte écologique maîtrisée aux côtés des Parcs Nationaux, avec l'aide du proramme AGIR de la région PACA et accompagné par Eco Prod et l'outil Carbon' Clap  calculateur de carbone. Toute une série de points spécifiques ont été anticipés en préparation, ce qui a permis de réduire de façon importante l'incidence environnementale du tournage".

"Le film reflète la volonté partagée avec les Parcs Nationaux français de véhiculer des valeurs de respect et de partage, de sensibiliser à la fragilité de la nature et du petit monde qui nous entoure pour "naturellement" les protéger. L'ensemble des objets du films ont la même origine : la polution. La canette rouillée, la boîte d'allumettes, le pesticipe Butor les cotons tiges, les cure-dents ou encore les objets inombrables dans les réserves faites par les fourmis et la petite araignée noire... ces clins d'oeil subtils touchent notre inconscient et proposent une version singulière et originale du recyclage !"

Minuscule, La vallée des foumis perdues, Thomas Szabo et Hélène Giraud, 85 min, 2013

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25 mars 2019

Ave César ! des Cohen : ISSN 2607-0006

AVE CÉSAR Bande Annonce VF (2016)

Après la parodie de film d'espionnage dans Burn after reading, les frères Cohen s'attaquent au film noir et plus globalement aux films hollywoodiens des années 50 : Eddie Mannix dirige les studios Capitole à Los Angeles et gère les problèmes de la vie personnelle des stars, de choix de casting... et d'enlèvement d'acteurs.

"L'usine à rêve" : ces deux mots antonymiques subsument l'univers des films hollywoodiens. Ave César ! n'est pas une simple parodie mais les mises en abyme permettent de montrer comment sont tournés les films et on assiste donc aux tournages de péplums, de films avec scènes aquatiques, de westerns... Dans les années 50, concurrencés par la télévision, les studios doivent opter pour des films à gros budgets et que ce soit dans l'image des acteurs ou que soit celle des films, ils cherchent à renvoyer une vision époustouflante du monde cinématographique. Et ces pastiches sont de véritables réussites, avec un George Clooney qui cabotine à merveille !

"C'est une histoire sans fin car son histoire est écrite dans une lumière éternelle" :  Ave César ! n'est pas un simple exercice de style, bien que les séquences semblent parfois juxtaposées sans trop d'effort de raccord, mais propose une réflexion sur les finalités de cet art.  Lorsque la voix off commente le film que nous regardons, nous constatons qu'un parallèle est tissé entre la religion et le cinéma, redoublé par de nombreuses allusions à la foi. Le cinéma permet-il de se rapprocher du bien et de la vérité. S'apparente-t-il à une forme de religion ? La politique, dans son lien avec le cinéma, n'est pas négligée avec l'intervention d'un groupe de communistes et avec les valeurs occidentales véhiculées dans les diverses parodies. Un bon film des Cohen !

Ave César !, d'Ethan et Joel Cohen, 2016, Netflix, avec George Clooney, Scarlet Johansson, Josh Brodin

Sur le web : Dasola

Guichard Louis, Avé César, Télérama. URL : https://www.telerama.fr/cinema/films/ave-cesar,500609.php

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18 mars 2019

La neuvième vie de Louis Drax d'Alexandre Aja : ISSN 2607-0006

The 9th Life of Louis Drax (Jamie Dornan, Aaron Paul, Sarah Gadon, Aiden Longworth)–Official Trailer

La neuxième vie de Louis Drax mêle plusieurs influences pour créer un film prenant même s'il reste en dessous de certains modèles du genre comme Le labyrinthe de Pan de G. del Toro ou Quelques minutes après minuit de Bayona. Ce long-métrage est l'adaptation d'un livre de Liz Jensen.

Débutant de manière burlesque, la voix off de Louis, un petit garçon, narre comment plusieurs accidents ont failli lui coûter la vie. A huit reprises, il a frôlé la mort ! Electrocution, chute, accidents ont jalonné sa vie. Lors de son anniversaire, il tombe d'une falaise et son père disparaît, ce qui le rend suspect aux yeux de la police. Tombé dans le coma, sa mère veille sur lui, de même qu'un neurologue (incarné très platement par Jamie Dorman, qui semble devoir jouer toujours le même type de rôle). Des flash-back de la vie de Louis finissent par reconstituer les évéments dramatiques. Le père de Louis est-il un assassin ?

 A la fois hitchcokien - cette fois-ci, ce n'est pas une femme qui disparaît mais un homme - et fantastique, le scénario parvient à bien allier ces deux éléments à l'enquête policière. Si l'on peut faire un rapprochement avec les films de Guillermo del Toro et J. A. Bayona, c'est parce que le monstre n'est ici que la métaphore des peurs de l'enfant, qui n'arrive pas à surmonter un drame. Il incarne à la fois l'imaginaire enfantin et un traumatisme.

Scénaristiquement bien construit, la tension ne retombe jamais. Sous des dehors de conte fantastique, La neuxième vie de Louis Drax cache des aspects plus profonds qu'il n'y paraît et aborde un domaine psychologique intéressant.

La neuvième vie de Louis Drax, Alexandre Aja, Netflix, 2017, 1h48, Aiden Longworth, Jamie Dornan, Sarah Gadon.

Sur le web : Douaire Samuel, " La neuxième vie de Louis Drax" d'Alexandre Aja : terrifiant et merveilleux" Télérama, mis en ligne le 24 juin 2017. URL : https://www.telerama.fr/cinema/la-9e-vie-de-louis-drax-d-alexandre-aja-terrifiant-et-merveilleux,159907.php

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