Le trailer de Parasite réalisé par Bong Joon ho

Qu'est-ce qu'un "parasite" ? Dans un sens biologique ou dans son sens courant, le parasite est celui qui profite de son hôte. On va donc voir une famille de pauvres coréens, les Ki-Taek, être peu à peu embauchés chez la riche famille Park, dont la mère est crédule et hystérique. Le frère, sans diplôme, est d'abord employé comme professeur d'anglais. Il introduit sa soeur, qui se fait passer pour une cousine d'un jeune étudiant connu de la famillle et pour une étudiante d'art. Enfin, le père deviendra le chauffeur et la mère gourvernante. Lorsque la famille aisée part pour une semaine de camping fêter l'anniversaire du fils, tous se réunissent dans la maison pour se réjouir et dîner. Là, ils vont faire un glauque découverte. Vont-ils réussir à poursuivre leur arnaque ? La cohabitation avec la famille Park est-elle possible ?

Comme dans ses films précédents - The host, Memories of murder, - Bong Joon Ho reprend un genre, celui du home invasion pour le politiser en en faisant à la fois une comédie et une satire sociale. Les moments comiques sont cumulés dans une première partie et repose sur l'acteur Song Kang-ho, jouant le rôle du père, se cognant aux meubles dans leur appartement exigü ou répétant son rôle pour être embauché. Personnage burlesque et maladroit, ce sont ses enfants qui mettent en place l'arnaque. Peu à peu, l'atmosphère s'assombrit et le comique laisse la place à l'angoisse.

La satire de la fracture sociale  - déjà présente dans Le transperceneige - est très bien menée dans la métaphore du haut et du bas. Le travelling descendant introduit le logement des Kim, en sous-sol alors qu'une ascension mène à la famille. La demeure des Park elle-même comporte aussi cette même division didactiquement traitée. Quelle place pour ceux qui cherchent à fuir la misère ?

Ce film, qui a reçu la palme d'or au festival de Cannes en 2019, n'est pas le meilleur du réalisateur avec un rythme lent et la recherche de twists. L'histoire soulève les questions de l'entraide entre classe sociale démunie, les relations familiales et le mépris de classe, questions qui reflètent une réalité où la richesse est rassemblée dans les mains de quelques-uns et où les plus démunis deviennent plus nombreux. La richesse thématique ne fait pas oublier la vision terrifiante, qui manque quelque peu de subtilité, dans laquelle le spectateur sombre progressivement. Comme dans Get out de J. Peele, l'horreur s'allie à la satire pour provoquer un certain malaise. 

Parasite de Bong Joon Ho, avec Song Kang-ho, Cho Yeor-jeong, 2 h 12, 2019.

Filmographie : The Host, Le transperceneige, Okja, Memories of murder

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Photo The Jokers. Les Bookmakers

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Photo The Jokers. Les Bookmakers

Sur le web : billet de Trillian, Dasola,

Guédot Valérie, "Parasite de Bong Joon Ho, France inter, mis en ligne le 6 mai 2019. URL : https://www.franceinter.fr/cinema/parasite-de-bong-joon-ho-sortie-en-salles-le-5-juin-2019

Serrell Mathilde, "Pourquoi "Parasite" peut devenir la Palme la plus populaire depuis "Pulp Fiction" ?", le billet culturel, Le monde, mis en ligne le 6 juin 2019. URL : https://www.franceculture.fr/emissions/le-billet-culturel/le-billet-culturel-du-jeudi-06-juin-2019

Gesbert Olivia, "Les deux Corées de Bong Joon-ho", La grande table culture, Le monde, mis en ligne le 23 mai 2019. URL : https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-1ere-partie/les-deux-coree-de-bong-joon-ho

Guedj Phillipe, "Bong Joon-ho : les bottes secrètes du cinéaste de "Parasite", Le point pop, mis en ligne le 6 juin 2019. URL : https://www.lepoint.fr/pop-culture/cinema/bong-joon-ho-les-bottes-secretes-du-cineaste-de-parasite-06-06-2019-2317298_2923.php