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31 décembre 2019

C'est le premier, je balance tout ( meilleurs voeux 2020) : ISSN 2607-0006

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TOP : FILMS

Comme l'année dernière, j'ai dressé un palmares de 4 fims qui m'ont plu cette année : Dieu existe, son nom est Petruyna de Mitevska, At eternity's gate de Shnabel, The dead don't die de Jarmusch, Asako de Hamagushi.

DIEU EXISTE SON NOM EST PETRUNYA (2019) HD Streaming VOSTFR HD1080

ASAKO I&II Bande Annonce (2019) Romance

THE DEAD DON'T DIE - Official Trailer [HD] - In Theaters June 14

AT ETERNITY'S GATE Trailer NEW (2018) - Willem Dafoe Vincent van Gogh Movie

TOP : LIVRES

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Le maître et margueriteFridaproduct_9782070380527_195x320

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Forcément, parmi ma sélection de découvertes marquantes, figure Balzac dont les LC continuent et reprendront le 22 février 2020 avec La vendetta. Un autre auteur classique doit être cité, c'est Boulgakov avec Le maître et Marguerite auquel s'ajoutent deux classiques de science-fiction : La servante écarlate de M. Atwood et Le mur invisible de Haushofer. Parmi les auteurs contemporains, j'ai fait une belle découverte en lisant Que font les rennes après Noël ? de Rosenthal ( C'est la rubrique un peu foutraque, où il y a différents genres, sans classement, des romanciers qui n'ont rien à voir avec l'année 2019 et des oublis certains... J'ai mis un peu au hasard des souvenirs de lectures... et je pourrais aussi citer La note américaine de Grann mais il faut bien un moment que j'arrête ce catalogue homérique).

125583617Mes lectures d'auteurs coréens m'ont beaucoup plu aussi avec Les 7 yeux de chats de Choi Jae-Hoon, ou La mémoire assassine de Kim Youg-Ha.

J'étais hilare en découvrant le bédéiste Fabrice Caro avec son humour décalé ( Zai Zai Zai Zai) et ravie d'avoir lu les albums de Benjamin Lacombe, notamment Frida.

Dédale © Takachimi

Enfin, je citerai 4 univers de mangakas absolument fabuleux ( et un coup de ♥ pour Dédale de Takachimi) : Nihei ( Blame, Biomega et Aposimz), Gotouge (Démon slayer), et Oikawa ( Grendel).

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« Grendel ». © MAKO OIKAWA /Demon slayer © 2019 by Koyoharu Gotouge / BLAME ! © Tsutomu Nihei

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https://www.e-reader-forum.de/sonstiges/cafe/5594-interessante-oder-lustige-fundstuecke/?postID=239429&highlight=25s3j3c#post239429

Meilleurs voeux à tous et bonnes lectures !

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30 décembre 2019

C'est le premier, je balance tout (décembre 2019) : ISSN 2607-0006

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1) MES FILMS

DRAGONS 3 : LE MONDE CACHÉ Bande Annonce Finale en Français ! (Dessin Animé, 2019)

Au début de cette année 2019, sortait le dernier volet de la trilogie Dragons. Ce film d'animation allait-il être à la hauteur des deux premiers opus ? Nos deux héros, Harold et Krokmou continuent d'évoluer : le mignon dragon découvre l'amour en voyant une furie éclair et Harold tente d'être un chef viking pour les villageois de Beurk. Devenus trop nombreux depuis que les dragons cohabitent avec les humains, les vikings doivent changer d'île et tentent de trouver, comme le père d'Harold, le monde caché des dragons. En effet, le méchant Grimmel essaie de tuer le furie nocture.

On nous invite à un voyage initiatique où Harold et son dragon doivent trouver leur place dans le monde et faire leur preuve. C'est mignon, niais et disneylandisé et plein de bons sentiments. Les personnages sont caricaturaux et outranciers. Mais l'animation est fabuleuse et certaines séquences sont absolument magnifiques notamment lorsqu'on découvre enfin le fameux monde caché. Et comment résister aux prouesses techniques et à celles de Krokmou pour séduire la furie éclair ?

Dragons 3. Le monde caché, de Dean Deblois, 1h34.

Sur le web : Cauhapé Véronique, "Dragons 3 : dernier envol époustouflant pour les vikings et leurs dragons", Le monde, mis en ligne le 6 février. URL : https://www.lemonde.fr/culture/article/2019/02/06/dragons-3-dernier-envol-epoustouflant-pour-les-vikings-et-leurs-dragons_5419818_3246.html

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Dragons 3. Le monde caché © Universal pictures

2) MES LIVRES

J'ai lu plusieurs mangas historiques ce mois-ci : Le tigre des neiges de Higashimura, Kingdom de Yasuhisa, Bounder d'Oyama et Peleliu de Takeda. Vous ne connaissez pas encore la BD de Bagieu, Culottées ? C'est le moment de la lire car elle sort en format poche chez Folio. Si vous aimez ou si vous ne connaissez pas encore Laurent Binet, vous pouvez lire Civilizations : c'est un excellent roman qui mêle histoire et fiction. Verte de Desplechin et Ce que savait la nuit d'Indridason, Où les roses ne meurent jamais de Stalesen sont des séries à découvrir dans des genres bien différents... Je n'ai pas publié mon billet sur La vendetta - encore une excellente nouvelle de Balzac - donc il est reporté au 22 février, après une pause en janvier...

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le tigre des neigesCivilizationsverte

3) MES ACHATS

time-shadows-1-kanaCette fois-ci, j'ai fait plusieurs achats autour de mangas policiers : Museum de Tomoe, Strange fruit d'Asada, Time Shadows de Tanaka. J'avais déjà dans ma PAL Le Bateau de Thésée d'Higashimoto et Le mystère de Taisho de Kei Tome.

A cela s'ajoute quelques classiques tels que La traversée de Paris de Marcel Aymé ou une autobiographie plus récente Neverland de T. de Fombelle.

Pour Noël, j'ai eu des nombreux livres : Les volumes 2, 3 et 4 de Peleliu, Le vice-consul de Duras et Harry Potter, le prisonnier d'Azkaban de J.K. Rowling...

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29 décembre 2019

Où les roses ne meurent jamais de Gunnar Staalesen : ISSN 2607-0006

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Si vous ouvrez un roman policier où un inspecteur boit sans mesure, sombre dans le désarroi à cause de la mort d'un proche, rencontre des problèmes innombrables, c'est que vous lisez un polar nordique : " Une espèce de tristesse tomba entre nous. Nous semblions avoir admis que la vie n'était peut-être pas ainsi, en fin de compte : une scène où l'on avait toujours besoin d'un souffleur fidèle pour aller d'une aile à l'autre tranquillement, sans risquer d'être victime d'un concert de sifflets dans la salle ou d'un massacre en bonne et due forme dans la presse le lendemain" (p. 273). Mais la particularité du personnage de Gunnar Staalesen est d'être un privé : narrateur à la première personne, on suit son enquête comme dans un hard boiled. Le détective privé commence par évoquer un braquage qui semble sans lien avec les recherches qui vont suivre. Cependant, on comprendra in fine les rapports qu'il entretient avec l'enquête principale.

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Bergen © Getty

Lors d'un braquage, un homme vivant anciennement dans une "communauté d'habitation de Solstolen" décède accidentellement. Un accident ? Existe-t-il un lien avec la disparition d'une fillette de 3 ans dans cette petite communauté ? Comme la date de prescription approche, la mère de la fillette fait appel à Varg Veum pour savoir ce qu'il lui est arrivé. Va-t-il retrouver l'enfant alors que les efforts de la police ont été vains ?

"Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark", dit l'un des personnages, où plutôt à Bergen. Effectivement, les investigations faites autour de ce drame vieux de 25 ans, amène Varg Veum à déterrer de nombreux secrets enfouis, tout en restant alcoolisé et désabusé : "Je me sentais comme un chat en quête de souris dans un entrepôt frigorique dont toutes les portes étaient fermées depuis des lustres. Sans trop d'illusions, autrement dit" (p. 66). Tout en menant ses investigations, notre privé rencontre des femmes fatales, des tueurs à gage... mais comme il a travaillé dans le service de la protection de l'enfance, tout un pan de l'enquête concerne les traumatismes de jeunes enfants, leurs répercutions sur la vie d'adulte...

Quinzième opus, Où les roses ne meurent jamais se révèle être un bon polar nordique, avec son personnage attachant et ses comparaisons sans pareil, montrant obliquement les changements de la société norvégienne - notamment les changements architecturaux - et ses dérives.

Staalesen Gunnar, Où les roses ne meurent jamais, Folio, Barcelone, novembre 2019.

Partenariat Folio

Autres romans : L'enfant qui criait au loup

26 décembre 2019

Peleliu (volume 1) de Takeda : ISSN 2607-0006

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© Kazuyoshi Takeda 2018

Des photographies en couleur, puis les dessins du mangaka nous introduisent dans la guerre du Pacifique, en l'été 1944. Sur cette île considérée comme stratégique, 50 000 mille soldats américains et japonais vont s'affronter. Pour nous montrer la réalité de la guerre, Kazuyoshi Takeda, avec le concours de Masao Hiratsuka, membre du Groupe de Recherches sur la Guerre du Pacifique, s'est appuyé sur de nombreux ouvrages même s'il a pris de petites libertés avec la réalité, ce qu'il explique dans un bonus final, précédé d'une bibliographie.

27 PeleliuDans Peleliu, nous suivons les pas d'un jeune soldat, Tamaru, son quotidien, sa découverte des réalités de la guerre. Avec des dessins ronds et enfantins, ce seinein ne cherchent pas à atténuer les cruautés de la guerre. Tamaru, qu'on voit dessiner car il veut devenir mangaka, est confronté à de nombreuses morts absurdes et en devenant "attaché au mérite", il est chargé d'écrire des lettres mensongères aux familles.

Pl. 1 © Kazuyoshi Takeda 2018

Propagande, attaque des Américains, morts des camarades, souffrances des soldats : à travers ses dessins simples, le mangaka arrive toutefois à nous plonger dans l'enfer de la guerre. Des bonus nous instruisent sur les grades militaires, la situation de Peleliu ou les stratégies militaires. Un très bon seinen historique pour découvrir la guerre du Pacifique...

Takeda Kazuyoshi, Peleliu, Guernica of paradise, volume 1 (8 volumes, série terminée), Vega, France, septembre 2018.

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Pl. 2 © Kazuyoshi Takeda 2018

25 décembre 2019

Joyeux Noël 2019 !

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22 décembre 2019

Ce que savait la nuit d'Indridason : ISSN 2607-0006

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 Design VPC - Illustration © Dhwee/Getty Images

Vous vous souvenez de la récente trilogie des ombres, le passage des ombres, Dans l'ombre La femme de l'ombre ? Dans ces romans policiers apparaissait Konrad, nouveau personnage récurrent. Dans ce volume Ce que savait la nuit, il est à la retraite et doit faire face à son passé. Il doit affronter des problèmes personnels comme l'assassinat de son père, un escroc se faisant passer pour un voyant. Son passé ressurgit avec son cortège de mauvais souvenirs... Un inspecteur à la retraite ? Comme dans la trilogie, une vieille affaire vient l'arracher à sa vie de grand-père gardant deux petits-enfants. Un homme tué lors d'une altercation réapparaît dans un glacier en train de fondre...

Vous reconnaissez certainement toutes les vieilles ficelles utlisées dans les précédents romans de l'auteur. Un cold case, une vie privée tourmentée, de nombreux dialogues, une enquête sans esbrouffe loin des incroyables rebondissements des polars nordiques de Nesbo. Dans les romans d'Indridason, c'est doucement mélancolique ( ce que rend bien la lecture de Martin Spinhayer qu'on peut entendre sur le site audiolib), ça ronronne un peu mais on se laisse prendre dans cette atmophère où les motivations des personnages, leurs sentiments sont plus importants que d'incroyables retournements de situations.

Certes le roman n'est pas follement orginal mais Indridason parle du quotidien, des réalités banales comme le harcèlement scolaire, des anciennes traces de l'occupation américaine, de la contrebande exitant à l'époque, la fonte du glacier Langjökull... Ce n'est pas le meilleur roman de cet auteur mais on croise à nouveau la route de Konrad devenu comme un vieil ami et on se laisse doucement emporter dans cette enquête...

Indridason, Ce que savait la nuit, Audiolib, lu par Martin Spinhayer, 7h59, novembre 2019, France.

Autres romans : La femme de l'ombre, Dans l'ombre, tome 1, Le passage des ombres, L'hiver arctique, L'homme du lac, Le lagon noir,

Sur le web : Champenois Sabrina, "Arnaldur Indridason, Actes dégueulasses au pays des glaces", Libération, mis en ligne le 7 février 2019. URL : https://next.liberation.fr/livres/2019/02/07/arnaldur-indridason-actes-degueulasses-au-pays-des-glaces_1707803

Partenariat Audiolib

 

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Glacier de Langjökull, Islande, National Geographic

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Glacier de Langjökull, Islande, Wikimedia

18 décembre 2019

Verte de Desplechin : ISSN 2607-0006

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Waterhouse ( 1849-1917), Le cercle magique/ Victor Muller ( 1829-1871), Blanche-Neige et la vieille

sorcieresDe la sorcière au nez crochu telle que l'a popularisée Disney à l'érudite sorcière Hermione Granger, l'image de la sorcière a beaucoup évolué ces dernières années. Devenue une tendance lifestyle, un business ou des pratiques ancestrales, la sorcière incarne de nos jours "la femme avec un grand F, celle qui, libérée du patriarcat, fait bouger les lignes pour sauver le monde. Vive la transgression, vive la magie" ("ce que sorcière veut dire", Les sorcières, histoire d'une renaissance, p. 6).

Grâce au hors-série du Point, on traverse les époques pour évoquer les magiciennes comme Circé ou Médée, les grands procès en sorcellerie mais aussi les films cultes portant sur ce thème ou les animaux associés à ces femmes.

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Blair witch 001 - CopieMaléfique

Hermione Granger/  Kiki, La petite sorcière, Miyazaki/ Blanche-Neige et les sept nains/ Ma sorcière bien aimée/ Maléfique

Richement illustré, il propose même une brève analyse du tableau Frans Francken. La marche de l'histoire consacre aussi une de ses émissions aux récits de sorcellerie dans laquelle on peut entendre Le sabbat d'Alfred Schnittke par l'Orchestre du Théâtre de Bolchoï.

verteDans le sillage d'Harry Potter, le jeune sorcier, Desplechin s'empare aussi de la figure devenue iconique de la sorcière pour parler de sujets contemporains comme la normalité dans une famille dans laquelle on a "l'habitude des dingues" ou l'héritage.

A travers son récit humoristique, elle décrit les relations entre une fille, Verte, et sa mère sorcière. Cependant, Verte refuse cet héritage qu'elle trouve trop encombrant. Mais à quoi ressemble une sorcière de nos jours ? Finalement, peu de véritable magie est présente dans le récit même si l'histoire s'appuie sur des éléments traditionnels comme les mandragores ( synthétiques pour certaines...), les grimoires ou les sorts.

"Sorcière, tu es née, sorcière tu dois devenir" (p. 29) : La véritable magie se situe autre part, notamment dans la composition du roman - qu'il ne faut pas révéler pour laisser la surprise aux lecteurs - et dans la richesse des thématiques : Verte décrit aussi la construction de soi à l'adolescence, les rapports familiaux entre générations, la découverte de l'amour... Le roman de Desplechin fait partie de ces livres magiques dont parle justement un sorcier, Harry Potter : " Il y avait même un livre qu'on ne pouvait plus s'arrêter de lire une fois qu'on avait mis le nez dedans"( Harry Potter, à l'école des sorciers).

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© Julien Piffaut

Adapté par Léna Bréban, la pièce Verte retranscrit parfaitement l'univers de Desplechin. Le choix de points de vue différents disparaît mais l'univers féérique a été accentué : brume, objets qui se meuvent seuls, décors qui apparaissent... La mise en scène dynamique est rythmée par des musiques, des danses, des lumières recréant une ambiance onirique - avec un arbre particulièrement extraordinaire - mais aussi assez réaliste comme dans le roman. Le caractère des personnages est bien retranscrit grâce à un jeu d'acteurs extrêmement enlevé. Une très belle pièce !

Desplechin, Verte, L'école des loisirs, Novembre 2018, France, 175 p.

Verte, mise en scène de Léna Bréban, avec Rachel Arditi, Céline Carrère, Pierre Lefevre/ Julie Pilod, 1h10

Hors-série, Les sorcières, Histoire d'une renaissance, Le point,n° 4, Novembre-décembre 2019, 90 p.

Sur le web : La marche de l'histoire. 2018. Les récits de sorcellerie, France culture. Animée par Jean Lebrun. 19 février 2018.

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John D. Batten, La belle au bois dormant

15 décembre 2019

Culottées de Bagieu II, 1 : ISSN 2607-0006

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Ces dernières années ont vu fleurir de nombreuses anthologies biographiques sur les femmes : on peut penser Aux douze scandaleuses de l'histoire de Marc Fourny (billet Le salon des lettres), Aux sorcières de la littérature (billet de Cathulu), Sorcières la puissance invaincue des femmes (billet de Hilde), 7 femmes de Salvayre (billet Niki)... Que ce soit des essais féministes comme l'essai de Mona Chollet ou des biographies comme Il était une fois des femmes fabuleuses, ces écrits démontrent que quelle que soit la période, les romancières, aviatrices, chanteuses ont été négligées, oubliées... Dans Culottées 2, Bagieu leur redonne une place de choix en dessinant leur histoire.

product_9782072833373_195x320Après la publication en deux volumes, en poche, de Culottées 1, voici la sortie du deuxième volume, toujours en deux parties chez les éditions Folio. Dans cette BD en poche, on y découvre donc les destins de 7 femmes. Certes les biographies sont succintes mais la BD présente une grande variété de figures féminines, comme le portrait de l'athètle Chéryl Bridges (planche 2), celui de chanteuses telles que Betty Davis ou de scientifiques

Bette davis 001Les couleurs, les graphismes donnent de la vivacité à ces récits de vie contrairement à ceux de l'illustratrice Bodil Jane où Frida Kahlo ou Marie Curie ont l'air complètement figé (dans Il était une fois des femmes fabuleuses). Graphiquement magnifique, de très belles doubles pages (planche 1) séparent chaque récit de vie. Le petit format n'empêche pas une lecture aisée et ne perd pas en qualité, les pages étant sur papier glacé épais. Une belle édition pour de beaux portraits !

Pl. 1 Culottées, II, 1 © Bagieu

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Pl. 2 Culottées, II, 1 © Bagieu

Les auteurs, les époux von Grut, d'Il était une fois des femmes fabuleuses ont aussi fait le choix de raconter la vie d'une dizaine de femmes célèbres. Si les illustrations n'apportent rien au propos, on peut souligner le ton de l'oralité choisi. Comme dans les contes, les narrateurs semblent directement s'adresser aux lecteurs : ce ton de la conversation nous fait découvrir sans ennui la vie de ces femmes remarquables comme Marie Curie, Frida Kahlo ou J.K. Rowling... La biographie de Wangari Maathai commence ainsi : " Nous allons vous parler d'une femme que l'on appelle la Mère des arbres, une grande dame qui vécut en Afrique et qui eut beaucoup de courage pour affronter des hommes prêts à tout pour faire disparaître la forêt. Mais, pour raconter cette histoire fabuleuse, mettons-nous à l'ombre des grands arbres et laissons-nous inspirer..." (p. 13).

001L'album et la BD  - graphiquement très belle ( planche 3) - présentent des biographies succintes mais elles suscitent notre curiosité et nous poussent à lire d'autres ouvrages pour en savoir davantage. Elles s'adressent aussi aux plus jeunes, favorisant ainsi leurs connaissances sur la condition de la femme...

Pl. 3 Culottées, II, 1 © Bagieu

Bagieu, Culottées II, 1, Folio BD, France, octobre 2019, 95 p.

Von Grut, Il était une fois des femmes fabuleuses, Larousse jeunesse, 2008, 45 p.

Autres BD : Cadavre exquis. Culottées I, 1,2, Culottées 2

Sur le web : Lecture sans frontière

Partenariat Folio.

11 décembre 2019

Kingdom (volumes 1 et 2) de Yasuhisa Hara/ Bounder de Oyama : ISSN 2607-0006

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© HARA Yasuhisa

L'histoire de la Chine, à l'époque des Royaumes combattants, entre le Veme siècle avant J.C. au IIeme siècle, est mis en scène dans Kingdom, une série publiée chez Meian.  Lancez-vous dans la lecture de l'histoire chinoise à travers les aventures d'un jeune orphelin voulant devenir le plus grand général sous les cieux. Ce sont donc des événements historiques racontés de manière nekketsuesque avec des orphelins et leur quête... Comme le rappelle un autre auteur de manga historique K. Takeda, dans Peleliu, "puisque c'est un manga, il faut aussi que ce soit palpitant et facile à lire" (postface).

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Illustration 1 Kingdom © HARA Yasuhisa

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Illustration 2 Kingdom © HARA Yasuhisa

A une époque où la Chine n'est pas encore unifiée ( illustration 1), différents personnages se déchirent pour prendre le pouvoir : le jeune roi, Ei Sei, du pays de Quin, (il deviendra Qin Shi Huangdi, l'unificateur de la Chine et celui qui a fait construire le mausolée avec les soldats de terre cuite) soutenu par le général Shobunkun est trahi par un riche marchand Ryo, devenu chancelier, et par son demi-frère. Le jeune roi va chercher l'alliance du monarque du peuple des montagnes dans le volume 2.

Au delà des batailles épiques, des stratégies mis en place, Kingdom montre aussi des personnages qu'on apprend à connaître comme le jeune Shin, le jeune Karyo Ten et le roi (illustration 2). Les différents protagonistes sont nombreux mais vite identifiables. Même si c'est un seinen, le mangaka a ajouté de l'humour, outre les horreurs de la guerre - Hyou un personnage important meurt assez rapidement - et les parties plus politiques, avec des SD.

Si le premier volume présente des cases plutôt dépouillées, dès le deuxième volume, les paysages sont impressionnants (planche 1) et les scènes grandioses même si les découpages des cases sont toujours très stricts. Dommage, aucun bonus ne vient indiquer les sources, la manière dont a procédé le mangaka pour travailler...

Avec plus 50 volumes en cours au Japon, Kingdom connaît un engouement qui ne semble pas prêt de s'arrêter et l'on comprend pourquoi en lisant le début de cette histoire...

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Pl. 1 Bounder © by ÔYAMA Takumi / Kôdansha

En revanche, Bounder qui traite du même sujet, est à découvrir malgré tous ses défauts et ils sont nombreux ! Ce gros one shot, de plus de 300 pages, ne présente pas une grande qualité d'impression : certains dialogues sont pris dans la reliure et ne sont donc pas lisibles. Autres choix malheureux, la couverture et le titre : rien ne fait penser à un manga historique sérieux alors qu'il l'est davantage que Kingdom.

Yu un jeune orphelin s'attaque à l'empereur Quin, présenté comme un véritable tyran... ce qu'il était réellement dans les documents historiques comme vous pouvez le constater dans l'émission la marche de l''histoire. Le mangaka évoque aussi l'armée de terre cuite ou "L'incendie des livres et l'enterrement des lettrés". L'histoire colle davantage à la réalité historique même si elle est "shonenisé", avec son personnage d'orphelin qui veut se venger de l'empereur... Les dessins, sans être d'une grande originalité, ne manquent pas de dynamisme mais l'édition laisse à désirer...

Hara Yasuhisa Hara, Kingdom, Meian, volumes 1 et 2, (56 volumes, en cours),

ÔYAMA Takumi, Bounder, One shot, Kurokawa, Paris, août, 2019.

Sur le web : Otakulte,

Quin le premier empereur. La marche de l'histoire. 20 juin 2013.

Les derniers secrets de l'armée de terre cuite, Ian Bremner, arte.

double page Kingdom 001

Planche 1 Kingdom © HARA Yasuhisa

8 décembre 2019

Civilizations de Laurent Binet : ISSN 2607-0006

Civilizations

Couverture : (d’après) Charles de Habsbourg dit Charles Quint, 1605. Juan Pantoja de la Cruz (1553-1608). Museo del Prado, Madrid. © FineArtImages / Leemage

Remarqué grâce à son très réussi premier roman Hhhh, Laurent Binet vient d'être récompensé par le Grand prix de l'Acamédie française pour son nouveau roman Civilizations. C'est encore une fiction qui parle d'Histoire et dont l'origine paraît bien surprenante : plus jeune, l'auteur déclare, dans un entretien final, qu'il jouait à un jeu "Civilisation" où chaque joueur pouvait construire son monde. Quel monde l'auteur a décidé de construire ?

incas1Ce récit historique commence par une exploration avec l'histoire de la fille d'Erick le rouge, aboutissant au Brésil. Quant à Colomb, il décède en Amérique. Atahualpa ne triomphe pas de son demi-frère et est obligé de traverser l'Océan pour aterrir au Portugal : là, il découvre l'inquisition, le christianisme, un tremblement de terre, les guerres...

https://www.courrierinternational.com/article/histoire-ainsi-ecrivaient-les-incas

Cela ne vous rappelle rien ? L. Binet réutilise le fameux regard décentré, celui des Persans de Montesquieu. A travers les yeux des Incas, nous découvrons l'Europe de Charles Quint, de la Renaissance et nous rencontrons des personnages aussi divers que Pizarro ou Marguerite de Navarre. Ces observateurs de "l'Ancien Monde", ne tardent pas à découvrir l'amour de l'or des Européens, les rituels religieux catholiques - dont l'Inquisition présentée de manière tout aussi absurde que dans Candide - les guerres et leurs alliances.

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Mais Civilizations n'est pas qu'une simple uchronie qui se contenterait d'inverser les rapports de force qui ont lieu au XVIeme siècle : avec jubilation et ludisme, Binet pastiche le journal de Colomb, les lettres des humanistes comme More ou Erasme, les sagas islandaises lors du périple de la fille d'Erick le rouge... Certains passages - comme l'énumération des lois incas - paraissent longs - surtout que la lecture de Bernard Gabay est un peu lente - mais le texte nous réserve bien des surprises comme la rencontre de Cervantes ou de Rabelais au détour d'une phrase ou d'un chapitre. S'appuyant sur des faits historiques réels, Binet imagine un monde dominé par le Dieu soleil des Incas. où la Mecque n'est plus la Mecque mais Cuzco.

Une revanche littéraire pour les peuples décimés ? Une critique des fanatismes religieux ? Réflexion sur les hasards du passé ? Un jeu littéraire ? Tout cela à la fois, pour notre plus grand plaisir d'écoute.

Binet Laurent, Civilizations, Audiolib, 12h43, lu par Bernard Gabay, France, septembre 2019.

Autres romans : HHhH

Sur le web : La grande librairie. "Cilizations : une inversion de l'histoire du monde signé Binet".  30.10. 2019. Extrait.

Partenariat Audiolib

Le prince Machiavel1011519-Cervantès838_054_bra02091

Ph. © Zefa/ Portrait de Michel Eyquem de Montaigne (1533-1592) © Photo Josse / Leemage - AFP

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