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19 août 2012

L'aventure de Mme Muir de Mankiewicz : ISSN 2607-0006

L'aventure de Mme. Muir - Bande-annonce

Une lectrice concluait que si ce n'était pas l'oeuvre Mme Muir et le fantôme de R.A. Dick qu'on qualifiait de chef d'oeuvre, se devait être l'adaptation de Mankiewicz. Et elle avait tout à fait raison. Ce film est un chef doeuvre ! Quels personnages ! Quelles joutes verbales ! Ah, chers téléspectateurs, laissez vous entraîner dans l'univers de Mrs Lucy Muir : cette jeune et séduisante veuve fuit le joug de sa belle-famille pour s'installer avec sa fille et sa servante Marthe dans une demeure baptisée " les goélands" dans le sud de l'Angleterre, qu'on refuse de lui louer. Pourquoi ? Parce qu'elle est hantée ! Là, en effet, est mort un marin qui est de prime abord bourru et colérique. Mais la jeune femme s'exclame : "hantée ! Passionnant !". Puis tout naturellement, elle parle au fantôme et fait progressivement connaissance de cet étrange hôte... S'entendant comme chien et chat au début, ils finissent par écrire ensemble une biographie " sans calfatage" dudit capitaine Gregg...

L'aventure de Mme Muir est un formidable portrait de femme qui refuse d'être "une faible femme", en ce début du XXeme siècle. Mais ce film aborde aussi les thèmes du passage du temps, de la solitude, de l'amour, de l'écriture et du rêve... On éprouve de la tendresse pour les personnages, que ce soit pour le capitaine qui se révèle plus affectueux qu'il n'en a l'air, pour la servante Marthe qui a la langue bien pendue mais qui prend tendrement soin de sa maîtresse et pour Lucy qui affronte la vie avec détermination, indépendance et humour et même pour sa belle-famille encombrante, bienséante et ridicule à souhait...  On est émerveillé par les beaux paysages marins et par la maîtrise dont fait preuve le réalisateur pour signifier le passage du temps... Comédie romantique - l'amour est plus fort que la mort et même que les rêves - c'est surtout un magnifique film onirique dont tous les vifs dialogues humoristiques font mouche. Un véritable chef d'oeuvre !

L'aventure de Mme Muir, Mankiewicz, 1h40, avec Rex Harrison, George Sander et Gene Tierney, 1947

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4 décembre 2012

Jeune et innocent, Hitchcock

JEUNE ET INNOCENT - Bande-annonce

Jeune et Innocent fait partie des  films de jeunesse de Hitchcock irradiant de jovialité et de légèreté, bien que le thème du coupable innocent soit toujours présent. En effet, Robert Tisbull est vu par deux jeunes filles en train de s'éloigner, en courant, d'une victime, une actrice qu'il connaissait de surcroit. Il a beau affirmer qu'il allait chercher de l'aide, personne ne le croit car la morte a laissé à ce jeune nouvelliste un leg assez conséquent et qu'elle a été en outre étranglée par la ceinture de son pardessus qu'on lui avait volé... Tout va donc au plus mal pour notre jeune héros et pourtant son avocat est des plus heureux de le défendre car il y a longtemps qu'il n'a pas eu d'affaires aussi intéressantes bien que perdu d'avance... Et même accusé d'un meurtre, pourquoi désespérer un jour aussi beau, comme se le demande Robert ?

Echappant aux policiers dans le tribunal où l'on l'amenait pour être jugé, joyeusement il se met en quête de son par-dessus pour prouver que c'est la personne qui l'a volé qui est le véritable coupable. Heureusement que dans sa fuite romantique, rocambolesque et positivement burlesque, la fille du commissaire lui apporte son secours, ce qui ne va pas sans certaines scènes cocasses, comme leur irruption impromptu à l'anniversaire d'une petite fille. Et comment ne pas se faire repérer lorsqu'on est accompagné de la fille d'un commissaire connue de tous... et dont le père a les moyens de la retrouver quelle que soit le lieu où elle se trouve ? De surcroit, le duo va être secondé par un clochard qui va provoquer des péripéties romanesques et fantaisistes. Comme pour Mais qui a tué Harry, Hitchcock signe là un film policier réjouissant dont la géniale fin et des plus surprenantes !

Jeune et innocent, Hitchcock, 1937, avec Nova Pilbeam, Derrick de Marney, Percy Marmont, Edward Rigby, 88 min.

Autres films : Psychose, La corde, Une femme disparaît, La loi du silence, Mais qui a tué Harry ?, chantage,

Participation au challenge Hitchcock organisé par Titine. son billet ici.

16 juillet 2012

Miss Austen regrets de Jeremy Lovering : ISSN 2607-0006

Miss Austen Regrets - Trailer

Un mois austenien sans biopic de l'auteur, cela n'était pas imaginable... Mais que sait-on de la vie de Jane Austen ? Bien peu de choses en réalité, d'après les biographies à la fin des éditions de ses romans* : ce sont surtout les lettres qu'elle écrivit à sa soeur qui sont une mine d'informations sur les gens qui l'entourent... Malheureusement pour les Janéites curieux, Cassandra, la soeur de Jane Austen, a expurgé les lettres et elles se quittèrent très peu durant toute leur vie, ce qui réduit leur correspondance à une peau de chagrin... A quoi ressemblait-elle ? Aucun portrait ni description n'existe si ce n'est un dessin de Cassandra. Fille d'un pasteur, né dans une famille modeste, les Austen étaient tous de grands lecteurs et tous écrivaient. Comme toute jeune fille de son époque, Jane dansait, cousait, jouait du piano... De 1795 à 1800, la jeune fille écrit les premières versions de ses célébrissimes romans tels que Sense and sensibily... A partir de la mort de son père, sa famille connaît une certaine gêne financière... Mais la romancière continue sans cesse de réécrire ses livres et arrive à les publier.

Miss Austen regrets retrace les dernières années de la vie de l'auteur :  réalité ou fiction ? fidélité aux sources ou trahison ? La première partie du film donne une image surprenante de Jane car bien qu'elle soit ironique et parfois même méchante dans ses commentaires - l'exemple souvent cité de sa correspondance est le suivant : " Mrs Hall, de Sherbourne, a mis au monde hier prématurément un enfant mort-né, à la suite dit-on, d'une grande frayeur. Je suppose qu'elle dû, sans le faire exprès, regarder brusquement son mari"* - on a peine à l'imaginer en train de glousser dans des fourrées avec sa nièce ou flirtant ouvertement avec un quelconque médecin... Bien qu'une grande partie semble romancée - il est d'ailleurs souvent question de la confusion entre ses romans et sa vie -, ce biopic aborde justement une partie méconnue de sa vie sentimentale... Si le film est poignant - le sort des vieilles filles n'étaient guère enviables, ni celles des femmes globalement, le réalisateur a su aborder de nombreux aspects de sa vie comme la question de l'édition de ses romans, ses rapports avec ses proches, et surtout son indépendance. N'écrit-elle pas à sa nièce Fanny Knight qui lui demande conseils sur le choix d'un prétendant : "Tout doit être préféré ou supporté plutôt que de se marier sans affection"... In fine l'image donnée de cet auteur est peu flatteuse et non idéalisée mais apporte une touche supplémentaire au portrait incomplet de cette grande romancière.

Miss Austen regrets, Jeremy Lovering avec Olivia Williams.

* Jane Austen, Emma, 10/18.

Jarrod Julian, Jane, avec A. Hathaway, 2007, 1h58.

Participation au challenge back to the past, organisé avec Lou.

16 mai 2012

Portrait-souvenir de Balzac de Simenon : ISSN 2607-0006

Sous ce titre trompeur de Portrait-souvenir de Balzac, on peut découvrir de nombreux textes et articles de Simenon, riches par leur diversité : il décrit de grands écrivains dans la Revue Sincère, que ce soit Daudet, Maurice Barrès ou bien il défend Maupassant, tout en affirmant que " tout ceci n'est qu'opinion d'un homme qui se défend d'avoir des idées". Sous ce titre est aussi rassemblés des conférences, des articles sur le roman policier et des préfaces...

Le portrait de Balzac est court mais extrêmement vivant. Aucun élément nouveau n'est avancé par rapport à d'autres biographies mais il met en valeur la vocation d'écrivain de Balzac, son génie romanesque... Comme un personnage de la comédie humaine, Balzac, une fois arrivé à Paris ne cessera de rechercher le succès. De nombreuses citations et extraits de lettres apparaissant comme un catalogue complètent ce portrait dynamique et admiratif pour l'auteur du père Goriot : " L'idée monumentale ne lui viendra d'ailleurs qu'assez tard, à quarante deux ans. Et pour le mener à bien, il faudra, comme il le répète si souvent, sacrifier sa vie privée, son bonheur personnel." (p.47).

Dans une autre conférence "l'aventure est morte" qui se présente comme une causerie, il parle de la mort de l'aventure géographique ; car c'est le roman qui est en fait la véritable aventure : " Et dans le grand Nord, en pleine Laponie, j'oserais à peine vous dire quel moyen de transport nous attendait. Un traineau, bien sûr ! Mais un traineau tiré par une grosse motocyclette américaine qui pétaradait comme un dimanche de course sur la place d'une petite ville" (p. 138). Au passage, il égratigne volontiers les colons.

Mais ce qui frappe dans cette série d'article, c'est le portrait de l'écrivain Simenon qui apparaît en filigrane : parle-t-il de la genèse d'un roman de Maigret qu'il nous conte les conditions dans lesquelles il l'a écrit - en Hollande après l'achat de l'Ostrogoth qui lui permit de voyager dans toute la France et en Europe... De facto, Simenon a beaucoup voyagé, jusqu'en Amérique. Quand il parle de Daudet, se profile le visage malicieux du jeune journaliste qu'il était. Et puis c'est aussi un grand causeur : veut-il nous parler des codes du roman policier, il l'aborde grâce à une anecdote sur Victor Hugo lors d'une représentation d'Hernani. Ainsi portrait de l'homme et théorie littéraire se mêlent intrinsèquement dans un style vivant et bref... C'est donc une manière agréable d'aborder une partie de l'oeuvre journalistique de Simenon, tout en découvrant quelques parcelles de sa biographie...

Simenon, Portrait-souvenir de Balzac, Bourgois, 299 p.

Autre roman : L'affaire saint-fiacre

Merci à dialogue pour ce partenariat et à Caroline.

2 juillet 2012

Mais qui a tué Harry ? de Hitchcock : ISSN 2607-0006

 Mais qui a tué Harry ? Bande annonce VO

Quand on sait que The trouble with Harry est adapté d'un roman britannique dont l'auteur est Jack Trévor Story, on comprend mieux l'humour absurde et anglais qui préside aux dialogues et aux situations du film. Cette joyeuse comédie commence par la découverte d'un cadavre. Miss Graveley s'exclame : " Il semble qu'il y ait un petit ennui", en voyant le capitaine Albert Wiles traînant le mort. Doux euphémisme... suivi d'une proposition de prendre une tasse de thé : le décalage entre les propos des personnages et les situations crée de l'humour tout au long du film, où une série de scènes illogiques et cocasses se succèdent. Quant à la femme, Jennifer, en apprenant la mort de son mari Harry, elle déclare satisfaite : " M'en voilà débarrassée" !

Mais qui a tué Harry est aussi un faux film policier, car finalement le shérif ne fait qu'une brève apparition bouffonne où son seul indice est le témoignage d'un sans-abri, voleur des chaussures de Harry et d'un dessin qu'aussitôt le peintre - Sam - modifie, le détruisant ainsi mais une vraie comédie avec de nombreuses idylles qui se nouent tout autour de ledit cadavre... En revanche, s'il y a un vrai mort, les fausses causes apparaissent toutes plus absurdes les unes que les autres : Miss Graveley pense l'avoir tué avec un coup de talon, alors qu'Harry venait juste de recevoir un coup de poêle sur la tête, coup venant de sa femme !  Il est vrai qu'à certains moments, le scénario se fait volontairement répétitif et malheureusement plus languissant : comme le capitaine Albert, on irait bien dormir un peu... Mais ce film est la rencontre de l'humour britannique avec l'humour macabre de Hitchcock. Humoristique et atypique dans l'oeuvre de Hitchcock, n'attendez pas pour découvrir cette hilarante comédie macabre...

En ce qui concerne les anecdotes tournant autour de ce film, on peut citer la première apparition de Shirley Mac Laine qui a eu un Academy Award pour ce rôle, mais que je n'ai pas trouvé particulièrement remarquable, j'ai préféré le flegme tout britannique de l'acteur Edmund Gwenn (Albert Wiles, le capitaine) ou la cocasserie du jeu de John Forsythe en peintre déjanté et enjoué malgré la situation. Les making-of insistent aussi sur les déboires atmosphériques qu'a connu le réalisateur : Hitchcock a dû recréer les forêts automnales en studio, en faisant peindre et coller les feuilles orangées et or à des arbres ! Et encore une fois, Hitchcock fait une brève apparition, le trouverez-vous ?

Mais qui a tué Harry ? / The trouble with harry, Hitchcock, 1955, 1h35,

Autres films : La corde, Psychose,

Participation au challenge " Hitchcock" organisé par Titine et Sabbio. visionnage commun avec Titine, son billet ici.

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21 mai 2012

La corde de Hitchcock : ISSN 2607-0006

Hitchcock - La Corde (VF) - Bande Annonce

Saviez-vous que Hitchcock avait toujours rêvé de filmer une pièce de théâtre ? Il a réalisé en partie son rêve avec La corde, pièce à l'origine intitulée Rope's end de Patrick Hamilton. Le dramaturge s'est inspiré d'un fait divers qui s'est déroulé à Chicago dans les années 1920 : l'affaire Leopold-Loeb. Hitchcock a d'ailleurs innové techniquement en ce qui concerne le tournage du film : premier film en couleur, il voulait tourner en continu les scènes, ce que ne lui permettait pas les bobines de pellicules qui étaient trop courtes, mais effectivement, on a l'impression en regardant le film qu'il n'y a pas de coupures... On comprend aussi que vu la taille des caméras, le tournage fut une véritable prouesse pour le réalisateur mais un enfer pour les comédiens !

Mais de quoi nous parle La corde ? deux jeunes étudiants Brandon et Phillip décident par jeu de tuer un jeune homme, David, une de leur connaissance. Toujours dans l'esprit de jeu - mais combien macabre et lugubre ! - les deux jeunes hommes décident de fêter cet événement et invitent les parents de la victime, l'amie de David... mais aussi leur professeur qui partage leurs idées et leur a enseigné des préceptes peu moraux comme mettre au rang d'art, le crime.  D'emblée, on est confronté à la mort du jeune David, où se situe alors l'intérêt du film ? Dans la tension qui ne cesse de grandir. La nervosité des personnages, les soupçons de l'ancien professeur, l’inquiétude des parents qui ne voient pas venir leur fils... créent une tension insoutenable : vont-ils être démasqués ? Est-ce un crime parfait ? On retrouve avec plaisir le traditionnel mélange de suspense, d'humour macabre du célèbre réalisateur et une ambiance de huis-clos étouffant... Le personnage de Brandon est particulièrement effrayant dans son cynisme à la Dorian Gray : alors que le meurtre vient d'être commis, il s'écrit joyeusement : " Que la farce commence" ! La corde est un excellent Hitchcock !

Pour l'anecdote - et il y en a beaucoup dans le making-of à voir absolument -, le film n'eut pas le succès escompté à cause semble-t-il de l'homosexualité latente des personnages : d'ailleurs, jamais l'équipe de tournage, la production ne prononça ce mot et disaient " en" : le professeur "en" était aussi. D'ailleurs, Hitchcock a supprimé à la lecture du script, tous les "my dear" entre Brandon et Phillip, trouvant que ce mot montrait explicitement qu'ils "en étaient". Cary Grant refusa d'ailleurs le rôle du professeur de peur qu'on croit qu'il "en" était... ah ! Amérique puritaine... Le making-of est aussi intéressant par les informations apportées sur le travail de Hitchcock, et sur son portrait qui se dessine à travers les témoignages des acteurs et notamment du scénariste Arthur Laurents... Où est Hitchcock ? Dans chacun de ses films, le réalisateur a l'habitude de faire une courte apparition, le trouverez-vous ?

Hitchcock, La corde, 1950, 1h23, avec James Stewart, John Dall, Farley Granger.

autre film : Psychose

Challenge "Hitchcock" organisé par Titine et Sabbio. visionnage commun avec titine, son billet ici.

31 mars 2012

L'art d'aimer d'Ovide : ISSN 2607-0006

Vous souhaitez trouver l'homme ou la femme qui vous convient ? Vous voulez ensuite faire perdurer votre amour ? Alors prenez pour maître Ovide, suivez ses conseils... Mais L'art d'aimer n'est pas une oeuvre banale : aimer serait soumis à des règles comme un art poétique ? Ovide évidemment parodie les traités de l'agriculture, de chasse, militaire, de l'époque en empruntant ainsi maints images qu'on trouve dans de tels ouvrages. Ne lisez pas cet essai comme un guide mais comme une oeuvre qualifiée d'érotique - dans le sens qui a trait à l'amour et non à la sexualité - , une oeuvre légère et parfois satirique qui semble-t-il aurait valu l'exil à Ovide tant son oeuvre est irrévérencieuse, critiquant certaines institutions de manière oblique... alors qu'Auguste voulait retrouver un certain "puritanisme"...

"Où chercher ? : A Rome, même. Tandis que, libre encore, tu vas où tu veux, la bride sur le cou, choisis celle à qui tu puisses dire : " toi seule me plais". Elle ne tombera pas du ciel, glissant parmi l'air subtil ; il te faut chercher la femme qui te charmera tes yeux. Il sait bien, le chasseur, où tendre les filets à cerf ; il sait bien la vallée que hantent les grognements du sanglier ; [...]".

Au cirque : Ne néglige pas non plus les courses où rivalisent les chevaux généreux. [...] Si comme il arrive, il vient à tomber de la poussière sur la poitrine de ta belle, que tes doigts l'enlèvent ; s'il n'y a pas de poussière, enlève tout de même celle qui n'y est pas : tout doit servir de tes soins officieux. Le manteau trop long traine-t-il à terre ? Prends-en le bord, et, avec empressement, soulève-le du sol malpropre.Aussitôt récompense de ton zèle officieux, sans que ta belle puisse s'en fâcher, tes yeux verront des jambes qui en valent la peine" !

"Si les larmes te font défaut ( car elle ne viennent pas toujours à commandement), mouille-toi les yeux avec la main. "Je ne t'ordonne pas non plus d'offrir ta poitrine aux flèche. Mon traité, prudent, te donneras des ordres plus faciles à suivre" ! écrit-il suite à l'histoire de Milanion et d'Atalante. "

"L'amour au teint de rose" : la mythologie comme l'évocation de Dédale ou l'épisode de la Diane chasseresse, côtoie ces conseils parodiques, et le ton docte n'est pas sans créer un certain humour. Les références aux " fils d'Eson", ou à "Ménale" d'ailleurs rendent parfois ardu la lecture de ce traité. On ne peut que souligner la modernité d'Ovide qui a construit son ouvrage en trois parties dont une concerne les conseils donnés à des femmes. Une excellente oeuvre comique qui mérite d'être relu à côté des Métamorphoses qui ont peu éclipsés les autres oeuvres de l'auteur...

Ovide, L'art d'aimer, Belles Lettres Hatier, 221p.

Participation au challenge de l'Irrégulière. Lu aussi par Neph

1 juillet 2011

Le songe d'une nuit d'été de Shakespeare : ISSN 2607-0006

A Midsummer Night's Dream Trailer 1999

"Seigneur que ces mortels sont fous !"

Comédie shakespearienne écrite à l'occasion d'un mariage, Le songe d'une nuit d'été conte les amours de 3 couples : Thésée et Hyppolite vont se marier mais Egée fait appel à Thésée pour résoudre un cas épineux amoureux : il veut obliger sa fille Hermia à épouser Demetrius mais elle aime Lysandre. Quant à Demetrius il est aimé désespérément par Héléna. Pendant ce temps-là, Obéron et Titania, reine des fées, se disputent la possession d'un petit garçon alors que proche d'eux une troupe d'amateurs peu éclairés répètent une pièce en l'honneur du mariage de Thésée. Ajoutez à cela Puck, un elfe farcétieux qui par inadvertance crée des quiproquos... qui pourtant amèneront la paix dans les ménages. Voici pour la trame brièvement résumée. 

Ah ! Shakespeare exprime dans ce texte la poésie et le rêve éveillé : " J'ai eu une vision extraordinaire. J'ai fait un songe et l'esprit humain est impuissant à dire ce qu'il était" (acte IV, sc 1). L'imagination "reine des facultés" pour Baudelaire l'est aussi pour notre dramaturge qui s'amuse dans la plus baroque et la plus surnaturelle de ses pièces à aborder l'amour comme vu à travers un songe. L'humour n'est pas absent incarné par Bottom, un cabotin et toute sa troupe. "Etriqué : Avez-vous le rôle du lion par écrit ?" Et Lecoin de lui répondre : "vous pouvez improviser, car il ne s'agit que de rugir" ! (Acte I scène 2).

Malheureusement le grand nombre de personnages principaux, l'intrication entre les différentes intrigues et des dialogues parfois insignifiants font de cette pièce un assemblage étrange et on peine à s'intéresser à l'histoire. Les thèmes shakespeariens foisonnent ainsi que les intrigues créant un délitement de l'action et de l'intérêt du lecteur : les faux-semblant du théâtre, le mariage d'amour, le rêve, l'intervention du surnaturel,... Selon Yves Florienne, la moindre qualité de cette pièce s'expliquerait par l'emploi du vrai langage de l'amour et une parodie du discours amoureux amenant des dialogues de qualité différente : "C'est Shakespeare se parodiant lui-même, quand un amour parodie l'autre"...*

Le film de M. Hoffman, agréable à voir, souffrent des mêmes défauts que la pièce bien que les décors soient somptueux, les effets spéciaux bien intégrés, et le texte fidèle. Les acteurs sont tous excellents, notamment A. Flockhart dans le rôle d'une Héléna outragée vraiment convaincante ce qui nous empêche pas de nous ennuyer fermement...

,Shakespeare, Le songe d'une nuit d'été Livre de poche.

Le songe d'une nuit d'été, de Michael Hoffman, avec Rupert Everett, Calista Flockhart,Kevin Kline, Michelle Pfeiffer, 1h55, 1999.

Challenge Shakespeare organisé avec Claudia.

* commentaires p. 203

21 décembre 2011

Les Borgia de Neil Jordan : ISSN 2607-0006

The Borgias Season 1 Trailer (TV)

" Rome ne serait pas Rome sans tous ces complots" La légende noire est née sous la plume des romantiques, mais de leur vivant, les Borgia étaient décriés, accusés de meurtres, d'inceste, de simonie... La première ascension montre en grande pompe l'ascension au trône du futur Alexandre VI, Rodrigo Borgia : les achats des autres cardinaux, les alliances à travers les mariages de Lucrère avec un Sforza ou celle de son petit frère Gioffre permettent l'accession au pouvoir de toute la famille Borgia. En parallèle, on suit les manœuvres du cardinal della Rovere - le futur pape soldat, Jules II- qui a fuit Rome...

"Vaut-il mieux être aimé que craint " (Machiavel) : Le réalisateur ne lésine pas sur les effets : cette série est un condensé de tous les meurtres possibles et inimaginables, sous l'eau, avec des garots, des poisons, en duel... Tout est prétexte à violence et débauche. Cependant, si les Borgia sont montrés le plus fidèlement possible, les autres grands seigneurs et cardinaux ne sont pas de reste : le cardinal Sforza fornique avec sa cousine, tandis que le Prince de Milan faisait empailler ses adversaires... Coups bas, sexe, luxure et violence, voici les ingrédients majeurs de cette série qui semble pourtant atténuer la noirceur de cette époque.

Toutefois, on se prend étrangement de sympathie pour ces héros malgré eux, poussé par un père assoiffé de pouvoir et d'argent. Celui qui semble le moins fidèle est certainement Cesare qui bien que machiavélique - il a servi de modèle au fameux Prince du non moins fameux ambassadeur des Médicis, semble plus sensible que dans la véritable Histoire. Les infidélités sont nombreuses et pourtant, le rythme soutene, les scènes spectaculaires d'autres plus sentimentales comme l'agonie de Djem, certaines mêmes comiques comme le défilé des prétendants pour la main de Lucrèce ou celui de Gioffre arrivent à nous tenir en haleine, sans compter le faste des décors et des costumes. Une très belle reconstitution romancée...

Les Borgia, de Neil Jordan avec Jeremy Irons, François Arnaud, 2011.

Les Borgia, revue Historia

1 décembre 2011

Le nom de la rose de Jean Jacques Anaud : ISSN 2607-0006


Le nom de la rose Bande annonce + Lien vers le film

Si comme Jean-Jacques Anaud, vous êtes fascinés par le Moyen Age, les livres et les romans policiers, regardez Le nom de la rose qui combine tous ces éléments d'une façon terriblement palpitante  !

Un moine se suicide dans une abbaye où se situe une formidable bibliothèque labyrinthique cachée, suivie de nombreux meurtres. Est-ce l'oeuvre du diable ? Le malin rôde-t-il parmi ces religieux ? Dans un contexte religieux agité, controversé, on voit s'affronter les moines autour des questions du pouvoir temporel et spirituel... Guillaume de Baskerville mène l'enquête : esprit libre et ouvert, il va être confronté à l'Inquisition, incarné par l'inflexible Bernado Guy. Dernière originalité, l'histoire est racontée par Adso de Melk, un jeune novice, plus tourmenté par les plaisirs de la chair que par les querelles religieuses. Naïf et amoureux, il provoque par son ignorance d'amusants dialogues. A une question sotte d'Adso, son maître Guillaume répond : " c'est élémentaire "! Outre les querelles religieuses, le fanatisme, Umberto Eco aborde la perception du rire au Moyen Age. Un film très riche, passionnant, et magnifique : il aura fallu pas moins de 5 ans et 9 scénarios pour aboutir à ce superbe film qui nous plonge au coeur du Moyen Age...

Il est intéressant de se pencher sur les bonus pour connaître quelques anecdotes et curiosités autour du film ainsi que la méthode de travail de J.J. Anaud : Sean Connery qui incarne à merveille le franciscain Guillaume de Baskerville aurait été jugé trop ringard à l'époque du film : la Columbia aurait même déchiré le contrat sachant ce choix. Film d'époque, J.J. Anaud a particulièrement veillé sur la crédibilité du décor, du choix des lieux... Il narre aussi, et c'est là qu'on découvre à la fois la passion du Moyen Age du réalisateur et ses dons de conteur et d'imitateur, sa relation extrêmement amicale avec U. Eco qui a refusé d'intervenir dans ce film, son oeuvre à lui étant achevé...

"Ubi sunt" ("mais où sont les neiges d'antan", Villon) :

les choses disparaissent mais les noms restent... Cependant le roman dont est inspiré Le nom de la rose est non seulement un livre admirable mais aussi une énigme, notamment pour son titre. Selon sa théorie du lecteur, U. Eco a refusé d'expliquer davantage son titre, étant donné que pour lui les livres sont des "machines à générer de l'interprétation" et que le texte "produits ses propres effets de sens". L'apostille au nom de la rose est une formidable et humoristique analyse de la fabrique du texte. L'auteur théorise aussi son lecteur et conte la genèse de son oeuvre... Un petit livre à connaître !

Le nom de la rose, Jean Jacques Anaud, avec Sean Connery, Christian Clater, 1986, 2h

Eco, Le nom de la rose, Livre de poche, 1980.

Lu par Choupynette, Karine, ...

 Eco, Apostille au nom de la rose, livre de poche, 90 p.

 

27 novembre 2011

Les aventures de Tom Sawyer de Mark Twain : ISSN 2607-0006


Générique Tom Sawyer

Tom Sawyer semble être un héros de l'enfance tombé dans la désuétude, poussé hors du champ littéraire par des personnages plus récents comme Harry Potter et compagnie. Ses aventures, relatées par Mark Twain sont d'ailleurs un étrange mélange de banalité et d'aventures incroyables,  de remarques ironiques et d'événements insignifiants.

L'enfance décrite semble assez banale, celle d'un enfant orphelin, élevé par sa tante, qui refuse de travailler et préfère faire les quatre cents coups avec ses amis. Paresseux, menteur, voleur, Tom n'est pas un modèle enfantin conventionnel. Comme dans un autre roman de jeunesse ultérieur Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee, la part à l'imagination est grande : Tom Sawyer s'identifie toujours dans ses jeux à Robin des bois, à des pirates en citant textuellement les répliques... Rien que du très banal et du très humain. Si l'on s'ennuie parfois à suivre Tom dans ses mésaventures ou aventures, l'histoire prend parfois un tour plus surprenant, très romanesque : Tom et Huckleberry Finn sont les témoins cachés d'un meurtre et Tom finira même par trouver un énorme trésor. En outre, le livre n'est pas dénué de comique qui naît dans les réactions et descriptions exagérées des aventures amoureuses, des sentiments et des réactions de Tom et dans les remarques ironiques de l'auteur qui ne cesse d'intervenir pour souligner ce que la société peut avoir de rigide dans ses lois comme dans ses coutumes.

Ainsi là où le roman se fait le reflet d'une époque révolue, c'est dans la part très grande qui est faites à la superstition et à la religion. C'est là où le ton de l'auteur se fait le plus railleur : " L'hymne une fois chantée, le révérend M. Sprague se transforma en un bulletin de nouvelles. Il donna sur les réunions, les fêtes, les événements de la localité, des détails dont l'énumération semblait devoir durer jusqu'au jugement dernier. Etrange habitude, qui persiste en Amérique même à notre époque où la presse est si développée. il semble que moins une coutume se justifie plus elle soit dure à déraciner", ou "le pasteur énonça le texte de son sermon et entreprit d'une voix monotone un commentaire si filandreux que bien des assistants commencèrent à dodeliner de la tête; Et cependant il s'agissait du feu éternel, auquel les élus devaient échapper en si petit nombre que ce n'était guère la peine de les sauver" ! On prend davantage de plaisir à découvrir l'écriture railleuse de Mark Twain qu'aux aventures de Tom Sawyer...

Twain, Tom Sawyer, Folio junior, 343 p.

15 novembre 2011

Barry Lindon de Stanley Kubrick : ISSN 2607-0006

Barry Lyndon - Bande Annonce Officielle (VOST) - Stanley Kubrick

"Barry Lyndon ou la chute des idoles"* :

Adapté d'un roman de Tackeray, Barry Lindon de Kubrick est comme un tableau de Hogarth, un mélange de frivolité apparente et de dénonciation moqueuse : débutant dans l'Irlande du XVIIIeme siècle, Redmond Barry tue en duel le prétendant de sa cousine dont il est amoureux, fuit le pays et s'engage dans l'armée où il devient tour à tour déserteur, traître, tricheur et épouse la comtesse Lyndon par intérêt... Ainsi découvrons-nous un anti-héros : le roman d'apprentissage semble s'inverser et amener le héros vers une chute inéluctable.

Guerre, déchéance, souffrance, ce film dégage une impression de tristesse diffuse renforcée par des commentaires en voix-off d'un narrateur, de sorte qu'on est toujours tenu à distance des sentiments et des actions des personnages. La froideur de la mise en scène est redoublée par des images d'une étonnante somptuosité glaçante. Nous regardons donc de "loin" ces personnages évoluer. Mais quels acteurs ! Et quel final ! Cependant, c'est moins la peinture fastueuse et décadente de cette noblesse du XVIIIeme siècle que la musique envoutante qu'on retiendra de ce film, créant une atmosphère délétère et spleenétique - le personnage inoubliable de la comtesse Lyndon est emblématique de ce film, par sa détresse réprimée face aux exigences de l'étiquette, sa manière d'être ruinée par un arriviste, sa froideur apparente... Très riche sémantiquement*, Barry Lyndon est d'une grande beauté visuelle dont se dégage une indicible tristesse.


Sarabande en D minor ( Haendel ) - pour 3 guitares


Schubert - Trio pour violon, piano, violoncelle (Andante )

Barry Lyndon, Stanley kubrick, 1957, avec Ryan O'Neal, Marisa Berenson.

vu par Mango;

Participation au challenge Back to the past , organisé avec Lou.

participation au mois anglais de Lou, chryssilda et Titine.

9 novembre 2011

Les misérables de Josée Dayan : ISSN 2607-0006

Cosette chez les Thénardier - extrait du téléfilm de Josée Dayan

Cosette et Marius étaient les héros de mon enfance. Parce que j'ai une affection et une admiration particulière pour Les misérables de Victor Hugo, je me suis lancée dans le visionnage de la mini-série de Josée Dayan, avec un énorme a priori, voire une certaine répugnance. Et effectivement, il y a des libertés prises par rapport à l'oeuvre de Hugo (exposition virtuelle sur V. Hugo sur le site de la BNF), des changements dus à la recherche de la vraisemblance et de l'intensité dramatique. Ce qui disparaît totalement, c'est la langue du XIXeme siècle, en plus de pans entiers de l'histoire...

Mais dans l'ensemble quel film ! quel rythme ! Ce qui m'a particulièrement plu, c'est l’affrontement des deux personnages principaux, Jean Valjean et Javert. L'un est un ancien forçat devenu une sorte d'ange après un pacte antifaustien où Jean Valjean promet à l'évêque de Digne de devenir un homme bon : "Jean Valjean, mon frère, vous n'appartenez plus au mal, mais au bien. C'est votre âme que je vous achète"*. L'autre, c'est le policier inflexible, incorruptible aux pensées binaires et manichéennes : pour Javert, un misérable reste un misérable. Voici son portrait, très bien incarné par un impassible et cynique J. Malkovitch : " Javert sérieux était un dogue ; lorsqu'il riait, c'était un tigre. Du reste peu de crâne, beaucoup de machoire, les cheveux cachant le front et tombant sur les sourcils, entre les deux yeux un froncement central permanent comme une étoile de colère, le regard obscur, la bouche pincée et redoutable, l'air de commandement féroce."* Quel affrontement !

Et puis il y a aussi le couple un peu falot et pâlot, Marius et Cosette, le couple Thénardier aussi vil et abject que Jean Valjean est bon et grand. C. Clavier donne d'ailleurs un aspect cabotin et comique à ce personnage tout en rendant bien sa cupidité. Tous ces personnages évoluent dans un décor superbe, un peu trop, étant donné que les égouts sont aussi propres que des sous neufs - mais ne cherchons pas la petite bête car ce film rend un réel hommage au livre de Victor Hugo - en lui redonnant un nouveau souffle. Ce téléfilm dure peut-être six heures mais j'ai eu l'impression de n'être restée qu'une petite heure que j'aurais bien voulu prolonger... Une manière grandiose et spectaculaire de rendre vie aux personnages hugoliens.

* citations du roman.

Les misérables, Josée Dayan, 4 épisodes de 90 min, 2000, avec G. Depardieu, Christian Clavier, john Malkovitch.

Participation au challenge back to the past, organisé avec Lou.

challenge romantisme organisé avec Claudia.

17 décembre 2011

Les enquêtes de Murdoch de Maureen Jeening : ISSN 2607-0006


Les enquêtes de Murdoch - Générique (Série tv)

L'éventreur de Toronto : Parmi les nombreuses séries policières diffusées ou rediffusées ces derniers temps, attardez-vous dans l'univers de Murdoch. Jack l'éventreur a défrayé les chroniques victoriennes mais il fascine toujours. Dans l'éventreur de Toronto, Murdoch et toute son équipe affronte Jack l'éventreur, parti d'Angleterre pour éliminer d'autres femmes dans le monde, de la France au Caire en passant par le Canada. L'enquête semble assez vite se résoudre, grâce à l'aide d'un aliéniste et de Slaton, un enquêteur sur les traces de l'éventreur mais Murdoch n'est pas satisfait du profil de l'assassin... Et heureusement, il découvre l'identité du véritable tueur en série en s'appuyant sur les empreintes trouvées sur le lieu du crime.

"Le nouveau monde affronte l'Ancien, la science affronte la sorcellerie" ( "La marionnette diabolique") : Le charme de cette série tient tout autant du charisme que du caractère des personnages principaux que de divers ingrédients qui viennent différencier cette série des autres. William Murdoch est un épigone de Sherlock Holmes, tant par ses raisonnements scientifiques que par son attention aux détails. Le personnage du médecin légiste est incarné par une femme le docteur Julia Ogden, soulignant par là la modernité des personnages bien que le tonitruant inspecteur Brackenreid soit des plus réactionnaires. Quant au pauvre G. Grabtree, il joue le rôle de Watson...

Mais les comparaison s'arrêtent là car le réalisateur s'est plu à mêler fiction et réel : Conan Doyle vient assister à une enquête tandis que Wells intervient dans une affaire sur l'eugénisme. L'esprit ouvert de l'inspecteur permet de mettre en scène toutes les nouveautés inondant la fin du XIXeme siècle que ce soit les théories des aliénistes - "La marionnette diabolique" - que les superstitions - "Le manoir hanté" et les sciences... Ainsi, Murdoch est confronté à son époque : le racisme, la peine de mort... Les dialogues humoristiques en sus d'intrigues bien bâties, viennent renforcer le charme de cette série d'époque aux décors de qualité...

Les enquêtes de Murdoch, Maureen Jeening.

Billet de Lou. Participation au challenge "back to the past", organisé avec Lou.

30 septembre 2011

El secreto de los ojos de Campanella : ISSN 2607-0006

Dans ses yeux - Bande-annonce Officielle [VOST FR]

Les yeux sont le miroir de l'âme pensait les Romantiques. Autour de cet adage, Campanella bâtit une histoire mélancoliquement belle se déroulant dans l'Argentine des années 70. Un meurtre horrible d'une jeune institutrice provoque le désarroi de Benjamin Esposito qui enquête sur ce crime et dont la rencontre avec le mari Ricardo Mojales - enchaîné à son amour - va bouleverser profondément au point que 25 ans plus tard, il décide d'écrire un livre racontant la vie des différents protagonistes gravitant autour de cette affaire. C'est donc aussi l'histoire d'un écrivain - toujours Esposito - et de son amour impossible pour Irène, qui lui semble inaccesible de part sa situation sociale.

Ce film a mérité ses 5 prix et ses 8 nominations. Loin d'une enquête traditionnelle et loin des effets spéciaux qui s'attachent parfois à ce genre, ce film est plein de surprises et de rebondissements. "une passion reste une passion" : Crimes, vengeances, injustices s'accumulent dans ce film sans pour autant être tragique car les dialogues humoristiques désamorcent la gravité des situations, grâce en partie au personnage de Sandoval, ami d'Esposito, perspicace mais dont l'alcoolisme provoque quiproquos et scènes cocasses.

Il y a ainsi des scènes extraordinaires, voire surréalistes comme lorsque nos enquêteurs trouvent un suspect dans un stade de supporters en délire, romanesque aussi lors du vol de lettres incompréhensibles et de sa résolution... Réflexion sur l'amour, la passion comme moteur de la vie de l'homme, réflexion aussi sur la justice et le souvenir, ce film soulève de nombreuses questions sur l'iniquité de la justice et de la vie, sur l'amour et le destin, sur la vengeance, sur l'écriture... Dans tes yeux est un film remarquable et émouvant, où le réalisateur a su mêler fiction et réalité, présent et passé et où l'écriture peut changer la vie...

El secreto de los ojos, Juan José Campanella, 2h09, avec  2009, avec Soledad Vilamil, Ricardo Darin, Pablo Rago.

Vu aussi par Dasola, Choupynette,

28 septembre 2011

Tristan et Isolde de Kevin Reynold : ISSN 2607-0006

Tristan + Yseult (2006) bande annonce

Ah ! Pauvre surhomme de Tristan ! Presque un demi-dieu chez Béroul ou dans la refonte de René Louis, il redevient un simple mortel adultère devant la caméra de K. Reynold, qui reprend les principaux épisodes des livres en prose du Tristan telle que l'a traduite René Louis et avant lui Bédier, comme l'enfance orpheline de Tristan, le combat avec le Morholt, puis la quête de la belle aux cheveux d'or - Isolde - et de son mariage avec le roi Marc alors que celle-ci aime déjà Tristan... Si les barons félons, les pouvoirs de guérisseuse d'Iseult et Brangien sont toujours présents, le nain Frocin disparaît de même que le mariage de Tristan avec Iseult aux blanches mains et l'épisode fameux de la fuite des amants dans la forêt du Norrois, sans compter les non moins célèbres sauts de la chapelle et la scène des lépreux. Choix encore plus surprenant, alors que ce couple mythique symbolise l'amour plus fort que la mort, le réalisateur a choisi de montrer à la fin un Tristan attaché à son roi et à son devoir !

Tout est réduit à des dimensions humaines : le dragon de la légende tristanienne est évacué, de même, le géant Morholt est réduit à taille humaine dans ce film. Plus de filtre, ni de visions pour Isolde et la fin des amants est on ne peu plus éloignée du récit originel. Bien sûr que l'impératif du temps d'un film a obligé le réalisateur a faire des choix, mais K. Reynold a transformé la célèbre légende en donnant davantage de crédibilité à la réalité prosaique de l'histoire, c'est-à-dire en développant toutes les scènes de batailles qui se multiplient et se répètent, et en développant les coutumes des celtes comme les duels judiciaires. Les batailles intestines pour la prise de pouvoir de la Cornouaille sont assez bien rendues. Hélas, les spectaculaires scènes de batailles, saisissantes par leur réalisme, ne suffissent pas à rendre "cette comédie romantique" plus attrayante. Tristan et Isolde est une adaptation très libre et très éloignée du récit d'un des héros les plus célèbres de la période médiévale, interprétée par des héros tout aussi fades ; à ne regarder que pour l'arrière-fond historique.

Tristan et Isolde, 2h05, 2006, avec James Franco et Sophia Miles.

Tristan et Iseult, traduction, René Louis, Livre de poche, 270 p.

Participation au challenge amoureux "catégorie histoire mythique" de L'irrégulière.

4 octobre 2011

Shaun of dead d'Edgar Wright : ISSN 2607-0006

Bande Annonce Shaun Of The Dead Comme Au Cinéma

En ce mois halloweenesque, si vous aimez les zombies et autres monstres typiques de cette période, vous pouvez regarder Shaun of dead. Cette parodie de film d’horreur rassemble les mêmes acteurs que Hot fuzz mais l'alchimie est moins réussie. Un pauvre anti-héros - Shaun qui ne fait rien de sa vie, excepté trainer dans un pub Le winchester - vit des moments difficiles à cause d'un beau-père envahissant et d'une rupture avec sa petite amie Liz. L’immaturité de notre héros l'amène à multiplier les erreurs alors qu'autour de lui des personnages se comportent de plus en plus bizarrement. Lorsqu'il découvre qu'une jeune femme qui s'est introduite dans son jardin n'est pas une alcoolique finie mais un zombie, Shaun décide de sauver sa mère et sa copine...

Certes, le réalisateur fait rire en jouant avec ostentation avec les codes du genre des films de série B, la présence d'une fausse bimbo qui va se faire forcément tuer, des parodies de scènes sentimentales avant de se faire hacher menu... - en faisant ressentir des frayeurs aux personnages lorsqu'il ne se passe rien alors qu'en pleine invasion zombiesque, nos héros trouvent le moyen de se disputer autour de futilités. Des scènes de comiques faciles qui trainent en longueur sont à déplorer dans ce film qui caricaturent pourtant à merveille les films d'horreur-navet et qui fait un parallèle assez facile entre les vraies mort-vivants et ce qu'on peut considérer comme une vie de zombie, c'est-à-dire la routine métro-boulot-dodo.

Filmé parfois à la manière d'un jeu vidéo, certaines scènes sont hilarantes, notamment lorsque le réalisateur tourne en dérision les comédies sentimentales, lorsque notre joyeuse bande essaie d'imiter les zombies pour passer inaperçus parmi eux en les imitant fort bien, ou fait preuve d'inventivité en décapitant des zombies à coup de 45 tours... Une réussite commerciale et critique mais dont le comique est moins diversifié que dans Hot fuzz, bien que les acteurs excellent dans ce genre de films parodiques...

Shaun of dead, Edgar Wright, 2004, Simon Pegg, Nick Frost, 95 min.

Autre film : Hot Fuzz

Participation au challenge Halloween de Lou et Hilde. Vu par Lou.

23 septembre 2011

Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire de Siberling : ISSN 2607-0006

 Bande-annonce "Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire"

C'est accompagné de la voix off de l'auteur que vous entrerez dans l'univers des orphelins Baudelaire dont l'esthétique est proche de celle des Noces funèbres de Tim Burton. Ne manquant pas d'humour, le réalisateur a mis en images l'avertissement de l'auteur :

" Chers spectateurs, si vous appréciez les films remplis de chants de lapins, de vaisseaux spatiaux éclatants, ou des pom-pom girls, vous avez choisi le mauvais dvd ! Le film que vous allez voir retrace le destin funeste de trois orphelins et d'une véritable crapule, le comte Olaf qui veut les déposséder de leur fabuleuse fortune. vous y trouverez également des sangsues carnivores, une vipère incroyablement mortelle et Meryl Streep. [...] Vous êtes libres de vous orienter vers des histoires plus légères, mais quant à moi, j'ai le triste devoir de continuer mes recherches sur la vie des enfants Baudelaire. Avec mes respects, Lemony Snicket"

Des images mièvres tout droit issues du monde de Disneyland s'enrayent pour laisser place à une atmosphère brumeuse et crépusculaire. Un film horrifique ? Funeste ? Non, le tout est saupoudré d'humour, de personnages ridicules comme Mr Poe et de scènes cocasses.  Et quelle atmosphère ! Quelle inventivité ! Si le film ne suit pas les péripéties identiquement au livre, l'esprit roman-feuilleton y est bien présent. Jim Carrey interprète avec jubilation un super-scélérat très dickensien, quant à Meryl Streep, elle est parfaite en hystérique déjantée. Cette adaptation d'ailleurs évite l'écueil des redites du livre et rend plus amusant les personnages, notamment celui de la petite Prunille.

Visuellement magnifique et onirique à souhait, les personnages originaux nous font vivre une suite d'événements complètement échevelées qui ne manque ni de suspense ni de situations invraisemblables et délicieusement extravagantes. Un écrivain rédigeant les aventures des enfants Baudelaire, des déguisements en cascade, un faux vrai mariage théâtral, des meutres, Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire est un hymne à l'imagination...

Snicket, Les désastreuses aventures des enfants Baudelaire, Le laboratoire aux serpents, Nathan, 198 p.

Les désastreuses aventures des enfants Baudelaire, avec Jim Carrey, Meryl Streep, Jude Law, 1h48, 2004.

Lu aussi par Mélusine. Voici celui du site Nathan si vous avez hâte de découvrir tous les opus.

21 septembre 2011

Hot fuzz de Edgard Wright : ISSN 2607-0006

Bande Annonce Hot Fuzz

Scream vous fait rire par ses outrances, les films d'horreur qui peuplent nos écrans jouant avec les mêmes stéréotypes vous fatiguent, alors regardez Hot fuzz qui est comme une bouffée d'air frais et se moque allégrement de ce genre et qui plus est, parodie nombre de films tels que Point break, Matrix, plus globalement les westerns et les duos de policiers...

A Londres, un flic tellement exceptionnel - Nicholas Engel - est mis au rencart par ses supérieurs qui ont peur d'être mis à la retraite par ce surdoué. Arrivé dans le petit village de Sandford, il découvre ébaubi, et le spectateur avec, un commissariat où on mange des gâteaux comme dans une vente de charité, où la seule affaire importante qui lui incombe est de ramener un cygne. Il va former un duo loufoque avec le fils du chef du commissaire et combattre un inquiétant - par son ridicule - comité de surveillance des voisins. Mais dans la verte et riante campagne anglaise, une série de meurtres met fin à la tranquillité de Nicholas pour notre plus grand plaisir...

Rythme vif, avec des accélérations, jeux de mots, ironie, gags, quiproquos, Hot fuzz n'est pas un simple film d'actions mais une parodie réussie. En outre, elle aborde de manière loufoque et sans prétention les problèmes de vandalismes, du devoir etc... Jusqu'où peut-on aller pour faire baisser le taux de criminalité ? Cette comédie parodique est un pur produit de l'humour bristish et un vrai régal (Ne vous fiez pas à l'affiche du film tapageuse).

Hot Fuzz, de Edgard Wright, avec simon Pegg, Nick Frost, sortie 2007, 115 min.

18 juillet 2011

Les hauts de Hurlevent de Peter kosminsky : ISSN 2607-0006

 

Wuthering Heights(1992)-The kiss

Est-il encore besoin de présenter l'histoire qui  a rendu célèbre Emily Brontë (biographie sur le site Larousse)? Les hauts de Hurvelent, publié en 1847 est un roman de la passion et de la vengeance : il retrace la vie de Catherine et Heathcliff que le mépris d'un frère pour ce dernier séparent. Mais les deux amoureux sont liés jusque dans la mort qui est omniprésente.

L'histoire forme une boucle bien rendue par le réalisateur et l'interprétation du roman reste fidèle, reprenant les phrases et les événements clés du roman. La structure complexe du récit cadre est cependant remplacée par un déroulement simplifiée. La bonne idée, mais peu développée de ce film, est de mettre en scène la romancière elle-même, rêvant à ses personnages, parcourant les lieux qui provoquent son imagination.

Malheureusement, les acteurs incarnent bien mal les personnages créés par E. Bronte : ils ne vieillissent pas, rendant peu crédibles certains passages et J. Binoche est plus glougloussante que convaincante. En ce qui concerne les décors, les paysages sont sublimes et le fantastique diffus, avec une ou deux scènes qui font sursauter. Mais où est passée l'atmosphère obscure et sombre  de ce grand roman ? Pour G. Bataille, c'est "peut-être la plus belle, la plus profondément violente des histoires d'amour". Kominsky ne semble avoir retenu que l'histoire d'amour, masquant la noirceur morale des personnages derrière une bluette sentimentale. La réalisation lisse se regarde sans déplaisir mais si certaines adaptations sont réussies, mieux vaut pour cette fiction, lire le roman...

Les hauts de hurlevent, Adapté par Peter kominsky , 1992, avec Juliette Binoche, Ralph Fiennes.

Challenge Back to the past, organisé avec Lou.

4 mai 2011

Le chaperon rouge de Catherine Hardwicke : ISSN 2607-0006

Le Chaperon Rouge

Le petit chaperon rouge est un conte universellement connu, prenant parfois des formes inattendues. Catherine Harwicke en fait un film fantastique et croise le conte avec le mythe du loup-garou. Dans un village reculé, une jeune fille est amoureuse de Peter un bûcheron mais elle est promise à Henry car il a plus d'argent. Forcément, cela complique l'histoire. Ajoutez à cela une mère adultère et un premier meurtre commis par un loup-garou qui sévit dans la forêt proche. Et voici notre jeune fille prise dans un dilemme et tout le village en émoi part à la chasse du méchant loup-garou.

Ce qui est remarquable dans ce film, c'est l'atmosphère du conte qui est admirablement créée  grâce à la lumière et aux couleurs, la plastique des images - quelques peu carte postale il le faut reconnaître - n'est pas sans rappeler celles des publicités pour haute courture, ayant déjà exploité ce mythe. La féérie est vraiment bien rendue, avec des visions tout à fait réussies de grandes étendues de neiges ou de forêts majestueusement sombres.  En outre, les références à l'histoire du chaperon y sont faites sous forme de clins d'oeil : une grand mère dévorée par un loup, le loup attrapé et jeté au fond de l'eau, la peur de l'étranger etc... Bref, un film qui ne se prend pas au sérieux ?

Cependant, là où le film pèche, c'est dans la trame très convenue. Il y a des scènes attendues, on cherche bien évidemment à séduire un grand public, avec les scènes d'amour platoniques obligés, et des scènes de combats évidemment spectaculaires. Les explications sont bien données et on insiste vraiment. Pas de mystères laissés au hasard, le cinéma américain aime bien être redondant au cas où on n'aurait pas bien compris ce qui se passe... On regrette aussi que tous les acteurs aient la taille manequin et des vêtements qui ne se tachent jamais ; le sang et la boue très peu pour eux, et qu'ils soient aussi expressifs que leurs chaussures en peaux de bête. Les morts pleuvent ainsi que des bras arrachés mais personne n'a une ride qui bouge (trop de silicone ?) : moment frappant, c'est lorsque le loup garou révèle son identité, il le fait tout aussi naturellement que s'il parlait du mauvais temps ou de manger des galettes chez sa grand-mère. Quant au chaperon rouge, elle ne réagit pas à cette découverte qu'on a attendu pendant tout le film : jouer l'étonnement, la colère ou l'horreur doit être trop difficile. Une grosse production hollywoodienne qui se laisse regarder...

 Séverine en parle aussi ici.

Le chaperon rouge de Catherine Hardwicke, 2011, Luckas Haas, amanda Seyfried, Max Iron, Gary oldman

6 mai 2011

Elizabeth, L'âge d'or de Shekhar Kapur : ISSN 2607-0006

Elizabeth (1998) Trailer

L'Espagne catholique de Philippe II, en 1585, domine le monde. L'Angleterre est dirigée par une reine protestante. Menacée par les papistes et par Marie Stuart, reine d'Ecosse, Elizabeth I (biographie sur le site Larousse) doit déjouer les complots. Dans ce contexte explosif, arrive un aventurier Raleigh, qui ne laisse pas la reine indifférente, qui a fondé la Virginie dans le Nouveau Monde en hommage à celle qu'on surnomme la reine vierge : celle-ci, n'ayant pas d'héritier, doit subir un défilé de prétendants... Comment va-t-elle réagir face à tous ces dangers ? 

Intrigue de coeur et intrigue de cour : filmé en plongée, on suit aussi bien la vie intime de la reine que ses interventions publiques. Le réalisateur a saisi les nuances du caratère de la reine, en la montrant aussi bien autoritaire, jalouse et colérique envers ses amants et ses pupilles que tolérante et courageuse. Le ton badin des intrigues amoureuses de la reine, comme le défilé de prétendants avec le  ridicule Eric de Suède, laisse place à une tonalité plus sombre avec des scènes de tortures, la politique et les complots. Et pour montrer le règne d'une des reines les plus marquantes de l'histoire britannique et l'apogée de la création anglaise, le réalisateur a fait des prises de vue spectaculaires grâce à des plans en plongée audacieux. Même si ce biopic souffre de certaines longueurs, l'évocation du règne d'Elizabeth I vue par S. Kapur se fait grandiose et épique.

En + :" Commander aux vents" : Les bonus présentés comme de véritables documentaires, nous instruisent sur les effets spéciaux : à partir d'un seul bateau reconstitué grandeur nature pour l'armada et la flotte anglaise, l'infographiste a réussi à faire des flottes de deux cents navires : une véritable réussite ! L'armada paraît authentique : le résultat est stupéfiant ! "Le royaume d'Elizabeth" : Pour donner cette impression de spiritualité et d'immensité, le réalisateur a tourné dans des lieux éclairés et a choisi les plus beaux monuments gothiques de l'Angleterre : Westminster, Ely, Cambrigde, Wells. La difficulté vient du fait qu'il a fallu travailler entre les offices, celle de 18h30 le soir et celle de 7 h du matin ! Quelle prouesse ! En outre, il a fallu cacher les aérations chauffages victoriens et autres accessoires modernes ! Pour anecdote, on nous raconte aussi que la cathédrale de Westminster - représentant Saint-Paul dans le film - était en reconstruction, ce qui a fait l'affaire de notre réalisateur : les véritables maçons ont servi de figurants !

Elizabeth, L'âge d'or, de Shekhar Kapur, 1h50, avec geoffrey Rush, Cate Blanchett, Clive Owen, 2007.

Challenge back to the past, organisé avec Lou, spécial tea cup.

19 avril 2011

Beaumarchais , l'insolent de Molinaro : ISSN 2607-0006

Beaumarchais, l'Insolent - Trailer

Librement adaptée d'une pièce de Sacha Guitry, la comédie d'Edouard Molinaro retrace le destin d'une personnalité emblématique du siècle des Lumières. C'est cet aspect qui est développé dans ce rafraichissant biopic. Appelé "brillant écervelé" par Voltaire, Beaumarchais ( les essentiels littérature sur le site de la BNF présente l'auteur) a fait preuve d'une activité prodigieuse pas toujours connue, son nom étant surtout attaché à la trilogie du barbier de Séville. Ce film dévoile des aspects méconnus de sa vie comme son rôle d'agent secret ou de trafiquant d'armes. "il a préféré "sa vie à son oeuvre" : dommage que la représentation scénique de ses pièces soient souvent tronquées car elles sont significatives de son brillant langage mais elles ne sont guère mises en avant...

 On nous fait le portrait d'un homme ancré dans son temps. l'époque transparaît clairement  et le contexte pré-révolutionnaire est bien rendu : Beaumarchais, magistrat, n'hésite pas à critiquer les lettres de Cachets, tout en s'asseyant insolemment sur le bureau du juge, ses pièces se rient des nobles...  Ses nombreux séjours en prison montrent à quel point Beaumarchais est irrévérencieux. A l'image de la vie de Caron, le film ne manque pas de rythme : les scènes théâtrales, s'enchaînent et on passe d'un tribunal à un duel, des prisons de Londres aux planches françaises... La distribution est impressionnante, rassemblant de nombreux acteurs connus du cinéma français, cependant on peut déplorer certains choix de casting : malgré toute sa verve, Luchini ne fait pas oublier son habituelle diction et son jeu d'acteur : on ne dirait pas Beaumarchais, mais Luchini déguisé en Beaumarchais. Ce film reste toutefois une biographie légère,  les préoccupations philosophiques restant secondaires, le parti pris du réalisateur étant bien de montrer l'insolence de ce célèbre dramaturge, qui après tout est aussi une forme de liberté.

En + : Les bonus sont très intéressants en ce qui concerne la fabrication d'un film d'époque : dans "architectes de l'éphémère", les décorateurs expliquent leur rôle, comment rendre la patine du temps. Quels costumes ? Quels carrosses ? Tous les détails sont pensés pour le plus vif plaisir de nos yeux !

Beaumarchais l'insolent, Molinaro, avec Michel Serrault, J.C. Brialy, Jean Yanne, J. Weber, F. Luchini...

challenge back to the past, organisé avec Lou.

11 avril 2011

Downton abbey de Julian Fellowes : ISSN 2607-0006

Bande Annonce - Downton Abbey - Saison 1

Série britannique, dans Downton abbey, le réalisateur reprend un procédé utilisé dans Gosford Park : parallèlement à la vie des maîtres de la demeure edwardienne de Downton, il filme le quotidien des domestiques. La série commence de manière dramatique et sur un rythme trépidant. Un télégramme annonce la mort des héritiers de Downton dans le naufrage du Titanic. Nous sommes en 1912 et les trois filles de lady Grantham - tout comme les filles Dashwood de Raison et sentiments - sont spoliées du domaine et de l'héritage. Quel drame ! L'héritier n'est autre qu'un cousin éloigné, Mattew Crawley faisant partie des classes laborieuses !

La reconstitution nous plonge au début du XIXeme siècle où les différences de classes sont très marquée. "Tout ce luxe et rien pour nous", constate le valet de pied de Robert Grantham. De même, Matthew Crawley est ostracisé par son appartenance à la middle class : il travaille sauf les week-end ! "Qu'est -ce qu'un week-end ?", s'écrie scandalisée la comtesse Violet Grantham ! Une mort subite, des prétendants ennuyeux, des chasses à courre rythment la vie de cette riche famille aristocratique.  La vie de la domesticité n'est pas moins agitée. Secrets, intrigues, amours, vols, les journées des domestiques dans une grande demeure ne sont pas de tout repos.

Mais au-delà de l'intrigue et de l'atmosphère de la riante campagne anglaise, l'intérêt de cette série réside dans la peinture des caractères et le jeu talentueux des acteurs : les trois filles de la comtesse Cora Grantham sont très différentes ce qui crée des dissensions. L'aînée Mary profite de sa beauté pour être capricieuse et badiner tandis que la cadette est aussi laide que méchante et ne cherche qu'à supplanter sa soeur. Quant à Sibyl, bien que peu présente, elle est généreuse et courageuse : elle incarne des idées féministes ou du moins modernes, en aidant une domestique à améliorer sa condition, alors que Mary attend passivement de se marier comme le veut l'usage.

Un autre aspect attrayant de cette série, et pas des moindres, sont les scènes humoristiques avec des scènes cocasses notamment lorsque le majordome Carson, qui discourt sans cesse sur la dignité, révèle qu'il a été antérieurement danseur et se produisait dans les foires. En outre, la rivalité entre Violet,  aristocrate arrogante, et Mrs Crawley, altruiste qui ne compte pas se taire devant la hautaine douairière, prête à des scènes savoureuses. Voici une fresque sociale haute en couleur dans l'Angleterre en pleine mutation du début du XIXeme siècle , magnifiquement interprétée et à la reconstitution très soignée, à ne pas manquer !

challenge "Back to the past", "special tea cup", organisé avec Lou

 Sur le web : Céline.

Série britannique, réalisée par Julian Fellowes, première saison, (7 épisodes), diffusée en 2010, avec Maggie Smith, Hugh Bonneville, Elisabeth Mc Govern.

3 mars 2011

Le discours d'un roi de Tom Hooper : ISSN 2607-0006

Bande-annonce : Le Discours d'un Roi VF

Quatre Oscars, récompensant le meilleur film, le meilleur acteur pour Le discours d'un roi, signifie-t-il que c'est un chef d'oeuvre ? Tom hooper filme la vie de George VI, au moment de son accession au trône : son frère, Edward VIII, abdique pour épouser une divorcée américaine, Wallis Simpson. Mais George VI est bègue.  A la veille d'un des conflits politiques majeurs du XXeme siècle, le roi est chargé d'un discours, va-t-il surmonter son handicap ? comment guérir ?

Ces séances de thérapie avec l'orthophoniste, Lionel logue, un acteur qui n'a pas fait carrière, lui permet de se libérer et de lui confier sa malheureuse enfance. Cette relation en dit long sur le protocole et sur le caractère du roi, homme colérique et emporté. Rien n'est embelli, on nous livre un portrait sans fard auquel est ajoutée une touche d'humour, par le biais de ce thérapeute original et extravagant.

A sujet royal, la vie d'un illustre représentant de la maison des Windsor, décors somptueux. La restitution de l'époque, l'Angleterre des années 30 est parfaite. Firth Colin incarne magistralement et avec beaucoup de justesse la souffrance de ce roi. Mais, finalement, ce film n'arrive pas à dépasser le genre du biopic. Alors qu'il est fait référence à la radio comme d'un outil de propagande pour certains, ou au rôle de George VI dans la lutte contre le fascisme, cette dimension politique est occultée. ll est très peu question au final, de l'aspect historique, l'intrigue étant centrée sur la personnalité du roi et sur sa parole. La faiblesse de ce film, aux acteurs impeccables, est d'être trop mélodramatique et pas assez historique : la lutte idéologique et politique se réduit peu à peu à une peau de chagrin, donnant ainsi à ce beau film, une touche lénifiante.

Le discours d'un roi, Tom Hooper; 2011, avec Helena Bonham Carter, Firth Colin, 1h58

Avis de Céline, Lou, Dasola...

 

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