27 novembre 2011

Les aventures de Tom Sawyer, Mark Twain


Générique Tom Sawyer

Tom Sawyer semble être un héros de l'enfance tombé dans la désuétude, poussé hors du champ littéraire par des personnages plus récents comme Harry Potter et compagnie. Ses aventures, relatées par Mark Twain sont d'ailleurs un étrange mélange de banalité et d'aventures incroyables,  de remarques ironiques et d'événements insignifiants.

L'enfance décrite semble assez banale, celle d'un enfant orphelin, élevé par sa tante, qui refuse de travailler et préfère faire les quatre cents coups avec ses amis. Paresseux, menteur, voleur, Tom n'est pas un modèle enfantin conventionnel. Comme dans un autre roman de jeunesse ultérieur Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, la part à l'imagination est grande : Tom Sawyer s'identifie toujours dans ses jeux à Robin des bois, à des pirates en citant textuellement les répliques... Rien que du très banal et du très humain. Si l'on s'ennuie parfois à suivre Tom dans ses mésaventures ou aventures, l'histoire prend parfois un tour plus surprenant, très romanesque : Tom et Huckleberry Finn sont les témoins cachés d'un meurtre et Tom finira même par trouver un énorme trésor...En outre, le livre n'est pas dénué de comique qui naît dans les réactions et descriptions exagérés des aventures amoureuses, des sentiments et réactions de Tom... et dans les remarques ironiques de l'auteur qui ne cesse d'intervenir pour souligner ce que la société peut avoir de rigide dans ses lois comme dans ses coutumes.

Ainsi là où le roman se fait le reflet d'une époque révolue, c'est dans la part très grande qui est faites à la superstition et à la religion. C'est là où le ton de l'auteur se fait le plus railleur : " L'hymne une fois chantée, le révérend M. Sprague se transforma en un bulletin de nouvelles. Il donna sur les réunions, les fêtes, les événements de la localité, des détails dont l'énumération semblait devoir durer jusqu'au jugement dernier. Etrange habitude, qui persiste en Amérique même à notre époque où la presse est si développée. il semble que moins une coutume se justifie plus elle soit dure à déraciner", ou "le pasteur énonça le texte de son sermon et entreprit d'une voix monotone un commentaire si filandreux que bien des assistants commencèrent à dodeliner de la tête; Et cependant il s'agissait du feu éternel, auquel les élus devaient échapper en si petit nombre que ce n'était guère la peine de les sauver" ! On prend davantage de plaisir à découvrir l'écriture railleuse de Mark Twain qu'aux aventures de Tom Sawyer...

Mark Twain, Tom Sawyer, Folio junior, 343 p.

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23 octobre 2010

L'île au trésor, Stevenson

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L'île au trésor de Stevenson...

"Monsieur Trelawney, le docteur Livesey et tous ces messieurs m'ayant demandé d'écrire ce que je sais de l'ïle au Trésor, du commencement à la fin, sans rien omettre, si ce n'est la position exacte de l'île, et cela parce qu'il s'y trouve encore un trésor, je prend la plume en l'an de grâce 17.., et retourne à l'époque où mon père tenait l'auberge de l'Amiral-benbow, et au jour où le vieux marin à la peau basanée et balafrée d'un coup de sabre prit pour la première fois logement sous notre toit" : ainsi commence L'île au trésor, le roman d'aventures par excellence. L'apparition de Billy Bones annonce de nombreuses aventures pour notre jeune narrateur, Jim Hawkins. Ce dernier aide ses parents à tenir une auberge où pour leur malheur, débarque un vieux loup de mer louche. Peu à peu Jim comprend que Billy Bones est détenteur d'une carte menant à un trésor. Mais avant d'arriver au trésor, il devra braver de nombreux dangers et affronter des individus peu recommandables.

Ce roman de mer présente une intrigue qui n'est entravée par aucune intrigue secondaire : tous les chapitres convergent vers l'île sur laquelle vont se révéler les personnages. Raconté à la première personne, on suit les peurs et les rêves de Jim, gamin de 15 ans, exalté par cette aventure mais aussi favorisé par le destin et par son courage. Une première partie correspondrait à l'attente et le rêve de voyage, ponctué par les effrayantes apparitions de Chien noir et l'ombre du "loup de mer à une jambe", mais on côtoie aussi le comique Trelawney et le brave docteur Livesey. La deuxième partie se passe sur une île, rude, sauvage, où s'affrontent des pirates conduit par Long Silver et des hommes honnêtes autour du brave capitaine Smollett. Mais cette confrontation est moins manichéenne qu'elle n'y paraît... Morts violentes, lutte acharnée entre les deux camps, trésor, pirates, L'île aux trésor est indéniablement un roman d'aventures exaltant, mais qui fait la part belle à l'aventure humaine. La force de ce récit est de nous projeter sur les pas de cet enfant, dans cette île malsaine, dont on suit chacun de ses espoirs et de ses doutes. S'il n'y pas de réalisme psychologique,  l'aventure ne manque pas entre trahisons et rencontres étranges. Ce roman est sans le moindre doute un modèle du genre qu'il faut lire pour son style épuré...

...à l'édition tourbillon...

Si on peut déplorer les éditions expurgées ou par extraits, mutilant souvent de grandes oeuvres, Les éditions Tourbillon ont sorti une version "ad delphinum" très réussie de L'île au trésor.. Certes l'histoire a subi une grande simplification mais l'essentiel du roman est là, efficace. Les descriptions sont moins nombreuses mais l'intrigue reste très fidèle. L'île au trésor illustré par Vincent Dutrait est un bel ouvrage.

L'île au trésor, Stevenson, Livre de poche, 243 p.
L'île au trésor, illustré par Vincent Dutrait, Edition Tourbillon.

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15 mars 2010

Alice aux pays des Merveilles de Lewis Caroll

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Lorsqu'on jette un rapide regard sur la littérature victorienne, on s'aperçoit que les auteurs usent d'ironie ou d'humour pour railler une société rigide. D'autres auteurs, font preuve parfois de fantaisie, présente par exemple, dans les romans de Wilkie Collins, où les rebondissements les plus invraisemblables se multiplient, ou dans des romans tels que ceux de L. Caroll, comme si l'imaginaire romanesque voulait s'affranchir d'un carcan réel.

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Alice au pays des merveilles est l'un des romans marquants de ma jeunesse et je l'ai acquis dans des éditions différentes, magnifiquement illustrée par les dessins de Tenniel. Mais qui est Alice ? S'endormant sur un livre d'école, Alice tombe dans un monde où les lapins donnent des ordres, où les chats sourient et où La Reine de coeur fait couper des têtes. Dans le pays des Merveilles, Alice est confrontée à la folie des personnages et à la fantaisie du langage. Destiné à des enfants, il est lu par les adultes car c'est un conte avec un fol imaginaire qui pose la question de l'identité. Après plusieurs métamorphoses, Alice se demande : " mais si je ne suis pas la même, qui donc serais-je ?". En filigrane apparaît aussi l'ordre de l'ère victorienne : Alice est puni de ses actes irréfléchis, de son manque de savoir et de ses libres prises de paroles. A la vue du départ rageur d'une souris, une mère crabe dit à sa fille : "Ah! ma chérie ! que ceci te serve de leçon : ne perds jamais ton sang froid !". Mais cet ordre est remis en cause par la dimension ludique du langage - jeux de mots, calligramme, chanson populaire, dialogue absurde - qui frôle le non-sens. Découvrez l'étrange monde d'Alice, lisez ses aventures oniriques...

Je ne sais pas si j'irai voir l'adaptation de Tim Burton, mais je suis ravie de voir que le livre suscite encore un engouement !

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17 août 2009

Les désastreuses aventures des enfants Baudelaire de Lemony Snicket : ISSN 2607-0006

 

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S'inscrivant dans la tradition du roman-feuilleton du XIXeme, Les désastreuses aventures des enfants Baudelaire est paru en 13 tomes.

Tome 1 : "Tout commence mal..." L'histoire est celle de trois enfants confrontés à de multiples mésaventures. Nos trois héros surdoués sont Violette, l'aînée de quatorze ans, qui aime inventer des machines farfelues, Klaus qui adore lire et la petite dernière Prunille qui aime mordre les gens. Tout débute avec la mort de leurs parents, qui ont péris dans un incendie. Mr Poe, ami de la famille, décide de les placer chez un parent éloigné, le Comte Olaf. Ce dernier, mi-comte, mi-acteur, n'a qu'une idée en tête voler l'immmense fortune de la famille Baudelaire. Toute son ingéniosité est mise au service de ce projet qui vaudra bien des malheurs aux orphelins Baudelaire...

Ce roman tient à la fois du conte et du roman mélodramatique du XIXeme siècle. Ce qui relève du conte, ce sont  les lieux et les temps indéterminés, la figure d'opposant, le comte Olaf, l'adjuvant, la juge Abott, et les héros malheureux qui doivent surmonter des épreuves. Mais il s'agit aussi d'une histoire mélodramatique qui mêle sentiment, humour, suspense et un narrateur omniprésent. Celui-ci intervient directement, avec beaucoup de désinvolture, dans le récit, pour commenter les aventures des orphelins. J'ai été charmé de retrouver le style désuet des romans-feuilleton et de la place qu'occupe les livres dans l'intrigue. On a hâte de suivre les aventures de nos trois malheureux héros...

"Klaus regarda la porte se refermer sur sa soeur et un accès de découragement le prit. Trois jours, il ne restait que trois jours pour découvrir ce que tramait le comte, sans parler, bien sûr, de trouver le moyen de déjouer ses plans. Pauvre Klaus ! Il avait grandi dans la certitude que les livres contenait la solution à tous les problèmes. Il avait toujours cru, dur comme fer, qu'il suffisait d'avoir beaucoup lu pour venir à bout de tout. Il n'en était plus si sûr. Un coassement le fit sursauter : - Dis donc, toi ! Qu'est -ce que tu fais là ?

Il se retourna. Un compère du comte s'encadrait dans la porte, le grand diable aux crochets à la place des mains."

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