Générique Tom Sawyer

Tom Sawyer semble être un héros de l'enfance tombé dans la désuétude, poussé hors du champ littéraire par des personnages plus récents comme Harry Potter et compagnie. Ses aventures, relatées par Mark Twain sont d'ailleurs un étrange mélange de banalité et d'aventures incroyables,  de remarques ironiques et d'événements insignifiants.

L'enfance décrite semble assez banale, celle d'un enfant orphelin, élevé par sa tante, qui refuse de travailler et préfère faire les quatre cents coups avec ses amis. Paresseux, menteur, voleur, Tom n'est pas un modèle enfantin conventionnel. Comme dans un autre roman de jeunesse ultérieur Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, la part à l'imagination est grande : Tom Sawyer s'identifie toujours dans ses jeux à Robin des bois, à des pirates en citant textuellement les répliques... Rien que du très banal et du très humain. Si l'on s'ennuie parfois à suivre Tom dans ses mésaventures ou aventures, l'histoire prend parfois un tour plus surprenant, très romanesque : Tom et Huckleberry Finn sont les témoins cachés d'un meurtre et Tom finira même par trouver un énorme trésor...En outre, le livre n'est pas dénué de comique qui naît dans les réactions et descriptions exagérés des aventures amoureuses, des sentiments et réactions de Tom... et dans les remarques ironiques de l'auteur qui ne cesse d'intervenir pour souligner ce que la société peut avoir de rigide dans ses lois comme dans ses coutumes.

Ainsi là où le roman se fait le reflet d'une époque révolue, c'est dans la part très grande qui est faites à la superstition et à la religion. C'est là où le ton de l'auteur se fait le plus railleur : " L'hymne une fois chantée, le révérend M. Sprague se transforma en un bulletin de nouvelles. Il donna sur les réunions, les fêtes, les événements de la localité, des détails dont l'énumération semblait devoir durer jusqu'au jugement dernier. Etrange habitude, qui persiste en Amérique même à notre époque où la presse est si développée. il semble que moins une coutume se justifie plus elle soit dure à déraciner", ou "le pasteur énonça le texte de son sermon et entreprit d'une voix monotone un commentaire si filandreux que bien des assistants commencèrent à dodeliner de la tête; Et cependant il s'agissait du feu éternel, auquel les élus devaient échapper en si petit nombre que ce n'était guère la peine de les sauver" ! On prend davantage de plaisir à découvrir l'écriture railleuse de Mark Twain qu'aux aventures de Tom Sawyer...

Mark Twain, Tom Sawyer, Folio junior, 343 p.