30 juin 2018

C'est le premier, je balance tout (juillet 2018) : ISSN 2607-0006

 

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1) LES CHRONIQUES VENUES D'AILLEURS

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Canicules, période estivale, détente ! Avant de faire une pause en août, j'ai commencé Les lettres à Nelson Algren de Simone de Beauvoir, Mémoriser sans peine de Delegaigne Les petites bulles de l'attention de Lachaux et Ada Antoine Bello ( depuis ma découverte d'Enquête sur la disparition d'Emilie Brunet, je veux lire tout Bello ! J'en parlerai probablement bientôt sur ce blog). Comme vous pouvez le constater, je lis de manière obsessionnelle tout ce qui touche Simone de Beauvoir et la cognition... Mais je vais aussi emporter dans ma valise Mapuche de Férey dont j'avais beaucoup apprécié Condor, Les filles aux lions de Jessie Burton et Selfies de Jussi Adler Olsen. Et vous qu'emportez-vous sous la chaleur ?

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2) MES FILMS

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OKJA Bande Annonce VF (Netflix) Film d'Aventure Coréen, Cannes 2017

Outre ces trois films, j'ai enfin pu voir Okja. Le film était-il aussi attrayant que les précédents films de Bong Joon-ho ? Ce réalisateur sud coréen a déjà réalisé l'excellent The Host et Mémories of murder.

Comme The snowpiercer, Okja est une superproduction qui souffre un peu de son hollywoodisation par ses couleurs empruntées à Wes Andersen, une longue course poursuite traditionnelle des films américains d'action ou une amitié ressemblant à celle de Totoro. Cette surhybridation fait perdre un peu de la spécificité du style du réalisateur, même si on retrouve le burlesque ( des chutes, une gesticulation exagérée des acteurs). Okja est un cochon modifié génétiquement, élevé avec amour par Mija dans les montagnes de la Corée de Sud. Mais ce pachyderme n'a été créé qu'à des fins consuméristes sous des dehors humanistes : la société Mirando proclame haut et fort qu'elle veut résorber les problèmes d'alimentation dans le monde. Malgré ses défauts, comme une mise en place un peu lente, l'intrigue prévisible, le message convenu de la déshumanisation de la société capitaliste, Okja reste un bon film. Mais que reste-t-il de son auteur dans ce blockbuster ( et on pourrait se poser pareil question pour Thor réalisé par K. Branagh ou Jurassik world de Bayona) ? 

Okja de de Bong Joon-ho, 1h58, Avec Tilda Swinton, Jake Gyllenhaal, Paul Dano, sur Netflix, 2017

Sur le web : Entretien Télérama, "Okja : Une belle et sa bête seules contre tous" d'Isabelle Régnier M. Cinéma, Le bleu du miroir

3) MES LIVRES

Voici mes lectures éclectiques de ce mois : Une mémoire infaillible de Sébastien Martinez, La maison où je suis mort autrefois d'Higashino et La peste écarlate de J. London. Que de belles découvertes ce mois-ci !

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4) MES ACHATS

Après la lecture de l'intéressant et captivant roman d'Higashino ( La maison où je suis mort autrefois), j'ai acheté Le dévouement du suspect X. Simone de Beauvoir, est-elle encore beaucoup lu ? Je me suis plongée dans Une femme rompue et j'ai tellement apprécié son style que j'ai acquis L'invitée et Une mort très douce. On ne présente plus M. Connely : j'espère que ce volume Sur un mauvais adieu sera aussi efficace que les précédents romans de l'auteur !

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26 juin 2018

Jack London dans les mers du sud : ISSN 2607-0006

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Une belle citation nous accueille au début d'un parcours photographique et ethnographique invitant à la découverte de J. London comme écrivain voyageur : "J'aimerais mieux être un météore superbe et que chacun de mes atomes brille d'un magnifique éclat, plutôt qu'une planète endormie". Cette exposition s'articule autour des archipels traversés comme les îles d'Hawaï, Les îles marquises, Samoa... Des photographies prises par l'auteur, durant les étapes de son voyage, montrent tantôt l'équipage d'amateurs, tantôt des paysages etc... Objets d'époque, comme une machine à écrire ou un gramophone, et oeuvres d'art océnien complètent les notices retraçant le voyage.

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Sur la pirogue à voile de Tehei, entre Raiatea et Tahaa, 1908

@ Courtesy of Jack London Papers, The Huntington Library

http://www.musee-aquitaine-bordeaux.fr

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Le Snark dans la baie de Taiohae, Nuku Hiva, îles Marquises, 1907

© Courtesy of Jack London Papers, The Huntington Library, San Marino, California

https://vieille-charite-marseille.com

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https://vieille-charite-marseille.com

En 1907, sur le Snark ( hommage à Lewis Carroll), embarquent J. London et sa femme Charmian. Ce voyage dure 7 ans mais les avaries nombreuses et la maladie empêcheront l'écrivain d'aller plus loin. Cependant, ces périples inspireront de nombreux ouvrages parmi lesquels ont peu citer Les contes des mers du sud, La croisière du Snark ou L'aventureuse... En résonance avec les découvertes du couple et de l'équipage est projetée, à la fin du parcours, une vidéo de Martin Johnson. Ce dernier, cuisinier puis mécanicien sur le Snark, devient cinéaste et filme, sur les îles Salomon et les nouvelles Hébrides, la vie quotidienne des populations locales, leurs traditions, leur cérémonie, nous faisant accéder à de nouvelles cultures... Une très belle exposition immersive par la disposition des photographies, qui nous entourent dans chacune des pièces...

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Grand poteau cérémonial ( détails) Ugi, île Salomon, collecté par J. London en 1908 -collection J. London, Museum California State Parks, USA @ Courtesy of California states Parks, 2017

https://vieille-charite-marseille.com

 Exposition Jack London dans les mers du sud, au Musée d'Aquitaine

Mardi 29 Mai 2018, de 11:00 à 18:00

Toutes les informations sur le site du musée d'Aquitaine.

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22 juin 2018

La peste écarlate de Jack London : ISSN 2607-0006

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Vous pensiez tout connaître de l'oeuvre de Jack London ? Saviez-vous qu'il avait écrit un récit d'anticipation ? Dans La peste écarlate, Jack London décrit un futur post-apocalyptique où ne survivent que quelques hommes dont Smith, un  professeur de littérature, vivant à San Fransisco. Ce dernier raconte à ses trois petits-fils comment s'est propagée la peste écarlate, qui en quelques mois a détruit quasiment toute l'humanité, 60 ans avant.

"chacun luttait pour soi" (p. 51).

Dans un monde surpeuplé, les maladies étaient combattues jusqu'à qu'apparaisse une maladie qui se propage si rapidement qu'aucun vaccin n'a pu être trouvé. Les riches fuient en avion, les pauvres ravagent les villes. Peu à peu, faute de savants ou d'ouvriers, l'eau vient à manquer ainsi que l'électricité. Des groupes s'organisent mais les effets du fléau se répandent si rapidement que les villes de la terre entière se transforment en charnier. Pendant le récit du vieillard, interrompu par les trois garçons, qui n'arrivent pas à conceptualiser ce qu'ils n'ont jamais vu comme l'argent ou des voitures, le narrateur fait la satire de cette société inégalitaire  : "En plein coeur de notre civilisation, dans ses bas-fonds et dans ses gettos du travail, nous avions laissé croître une race de barbares, qui maintenant se retournaient contre nous, dans nos malheurs, comme des animaux sauvages, cherhant à nous dévorer" (p. 52).

"Le flot de la vie primitive est revenu sur lui-même, balayant l'oeuvre humaine"(p. 19) :

Quelques survivants tentent se refonder la civilisation, tel que Smith en gardant des livres dans une grotte. En outre, il essaie de transmettre son savoir par son récit. L'humanité reviendra à son apogée... un récit optimiste ? une fin montrant la foi dans l'homme ? En fait, chacun des trois petits-fils semblent l'incarnation d'un type d'homme :  "Les trois types éternels de dominations, le prêtre, le soldat, le roi repatraîtront d'eux-mêmes" (p. 92). Ce court récit ou cette longue nouvelle pose des questionnements (surpopulation, maladie, inégalités sociales) proches des récents paradoxe de Fermi de Boutine ou de Soleil vert d'Harrisson, dans un style concis mais romanesque et très agréable à lire. Une sorte de "survival" qui a gardé toute sa modernité ! Une belle découverte !

La peste écarlate de Jack London, Librio 2 euros, 110 p.

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18 juin 2018

Jurassic World : Fallen Kingdom de Bayona : ISSN 2607-0006

JURASSIC WORLD 2 Bande Annonce VF (2018) FINALE

Parmi les derniers reboots, prequels, suites, Jurassic world : Fallen Kingdom ne mérite pas les critiques négatives entendues dans Le masque et la plume, par exemple ou écrites dans l'article du Monde cinéma. C'est un pop-corn movie, donc, du grand spectacle de divertissement. Cependant, comme c'est J. A. Bayona  à la réalisation, il arrive à imprimer sa griffe ( Comme dans la franchise Alien, les différents réalisateurs ont réussi à imposer leur style dans un cahier des charges attendu : Alien, la resurrection de Jeunet n'a pas la même photographie qu'Aliens, le retour de Cameron).

Comme l'indoraptor, créature génétiquement modifiée, qui va hanter le manoir de Lockwood, un riche américain, ce film va hybrider plusieurs genres : tout d'abord, l'histoire débute comme un "survival" : Claire et le dresseur de vélociraptors Owen sont envoyés sur la isla Nublar, le parc d'attraction de Jurassic world 2. L'île est menacée par une éruption volcanique et nos deux héros doivent sauver les dinosaures. Ces derniers, ramenés par un homme sans scrupule, au manoir de Lockwood, sont vendus aux enchères. Commence alors un conte horrifique : tout tourne au désastre et la petite fille de Lockwood, Maisie, cherche à échapper aux dangereux prédateurs.

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Et c'est là que s'impose la vision gothique de Bayona, qui a réalisé L'orphelinat ou Quelques minutes après minuit. Dans ce sombre manoir gigantesque, on peut même voir les griffes de l'indoraptor en ombre chinoise tels la main crochue de nosferatu. Ce long-métrage-là, dans ses coloris et dans son questionnement, semble plus sombre : l'homme peut-il dominer la nature ? Peut-il la modifier sans en payer les conséquences ? Quand doivent s'arrêter les innovations technologiques ? L'intrigue semble assez similaire aux précédents films de la franchise mais la noirceur et les effets spéciaux sont réussis !

Jurassic world : Fallen Kingdom de Bayona, avec Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, 2018, 128 min

Sur le web : Télérama, Le bleu du miroir, Dasola, Pascal, Le monde

 

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15 juin 2018

Une mémoire infaillible de S. Martinez : ISSN 2607-0006

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Sébastien Martinez, champion de France de la mémoire 2015 et formateur en mémorisation auprès d'étudiants et d'entreprises, nous propose plusieurs méthodes de mémorisation, autre que la répétition. "L'art de la mémoire" ( ci-dessous un court écrit de Maulpoix en retrace l'historique) n'est plus enseignée depuis qu'internet nous déverse un flot de connaissances, sans qu'on ait des efforts à fournir alors qu'elle faisait partie de la rhétorique antique.

Commençons par ce que Sebastien Martinez appelle la "méthode du SEL" : voici une liste de mots. Comment la  mémoriser ? Il faut restituer le souvenir encodé par les 5 SENS, puis les lier (LIEN) en créant une histoire (ENFANCE). Des exemples concrets sont donnés de manière pédagogique pour illustrer la manière dont il faut procéder. Ainsi SEL est l'aconyme de SENS, LIEN, ENFANCE. Vous pouvez d'ailleurs tester cette méthode avec la liste, ci-dessous, proposé dans le livre ( p. 29)

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Autre méthode, vous pouvez créer votre propre langage. Prenons l'exemple des chiffres : le "major système" consiste à associer les chiffres à une image convoquant les 5 sens. Quant au chapitre 3, nous découvrons la technique du "palais mental" ou "rhétorique architecturale" (Maulpoix). Vous avez peut-être vu celui de Sherlock Holmes dans la série de Gatiss et Moffat. On visualise une maison, un appartement et on y dépose des mots.

S. Martinez avec beaucoup d'enthousiasme et de didactisme transmet différentes manières de mémoriser des listes, des numéros, des textes, des langues vivantes. Je suis adepte de la technique de la répétition et je ne pense pas changer mes méthodes. En revanche, j'ai testé plusieurs méthodes proposées et elles fonctionnent mais je les ai quelque peu modifiées en fonction de ma propore sensibilité. Un livre à recommander à tous, même à ceux qui n'ont pas besoin d'étudier...

Une mémoire infaillible, Sébastien Martinez, Livre de poche, 178 p.

Sur le web : "L'art de la mémoire", Maulpoix portant sur F.A. Yates

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11 juin 2018

Trois visages de Panahi : ISSN 2607-0006

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Après l'excellent Taxi Téhéran, il faut aller voir le dernier film en compétition à Cannes de Panahi. Moins réussi, plus lent dans le rythme, Trois visages dépeint un Iran rural après avoir montré l'aspect urbain du pays dans son précédent film. Jafar Panahi, qui se met à nouveau en scène, et une actrice Behnaz Jafari ont reçu une vidéo d'une fille, Marziyeh, tournée sur un téléphone, se suicidant car on l'empêche de devenir comédienne. L'atrice bouleversée décide d'aller voir ce qu'il en est : est-ce un canular ? Est-ce une mise en scène de Panahi ou une mort réelle ? Au fil des rencontres, dans le road-movie qui l'emmène vers le petit village reculé, le réalisateur nous fait connaître la vie des paysans. On croise donc un mariage, on nous montre de loin le quotidien d'une ancienne actrice mais aussi un drame familial dû aux valeurs conservatrices de ses habitants...

Panahi aborde la vision du métier d'actrice, déconsidéré dans ces coins reculés, où elles sont considérées comme des "saltimbanques". Lorsqu'une fille prend une pelle pour proposer judicieusement d'agrandir la route, cela lui est refusé : elle déshonore l'agriculture ! Plusieurs thèmes - La condition des femmes, les coutumes, le cinéma - sont scrutés sous la caméra de Panahi et il évoque même le fait qu'il est assigné à résidence... Mais tout n'est pas noir dans ce film : l'appel de la mère de Panahi donne lieu à de véritables petites saynètes de comédie. Entre la fiction et le témoignage, Panahi nous montre un miroir de l'Iran, un peu lent parfois, mais c'est peut-être pour mieux déployer une certaine lumière et couleur de l'iran. Un film qui montre beaucoup d'inventivité lorsque l'on sait que le réalisateur a interdiction de tourner dans son pays !

Trois visages de Panahi, 2018, 100 min, avec Behnaz Jafari et Jafar Panahi

autres films : Taxi Téhéran

Sur le web: Cinérama, Le monde, Le bleu du miroir, Dasola

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09 juin 2018

La maison où je suis mort autrefois de Keigo Higashino : ISSN 2607-0006

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Vous connaissez mal ou peu la littérature japonaise ? Ce récit pourrait être une bonne introduction pour découvrir un auteur comme Higashino : publié dans la collection Babel noir, La maison où je suis mort autrefois n'est pas véritablement un roman policier. Certes, il y a plusieurs morts, certaines symboliques, d'autres réelless mais l'enquête se tourne plus vers une quête identitaire que vers la découverte d'un coupable. 

Dans un récit cadre, le narrateur qui est un trentenaire, célibataire, réçoit une lettre de son père lui annonçant la destruction de leur maison. Elle lui en rappelle une autre plus terrifiante. Commence une analepse où le narrateur raconte comment deux ans plus tôt, pour aider une ex-petite amie Sayaka, il va se rendre dans une demeure contenant bien des mystères. Sayaka est tourmentée : elle a retrouvé dans les affaires de son père mort, une clé et un plan. En outre, peu à peu, on découvre qu'elle a de mauvaises relations avec sa fille de 3 ans. S'ajoutant à tous ces éléments, elle avoue qu'elle n'a pas de souvenirs d'enfance. La visite de l'étrange maison lui permettra-t-elle de retrouver la mémoire ? Que va -t-elle découvrir ?

Dans une écriture sobre mais détaillée, se succèdent d'infimes détails qui vont tous s'assembler pour mettre au jour une terrible vérité. L'atmosphère devient vite étouffante et angoissante. Mais au-delà d'un suspense terriblement efficace, le lecteur découvre les relations intergénérationnelles au Japon, l'éducation des enfants et leurs enjeux. La dimension psychologique et la question de l'enfance sont aussi très présents : " D'ailleurs, chacun n'a-t-il pas une maison où l'enfant qu'il était  est mort autrefois ?", s'interroge le narrateur...

La maison où je suis mort autrefois, Higashino, Babel noir, 254 p.

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04 juin 2018

L'homme qui tua don Quichotte de Terry Gilliam : ISSN 2607-0006

 L' HOMME QUI TUA DON QUICHOTTE - Bande annonce VOSTFR (2018)

Un film, est-il de l'art ou de l'industrie ? Où s'arrête le rêve, quand commence la folie ? Tout ce questionnement et bien d'autres interrogations se retrouvent au coeur de L'homme qui tua don Quichotte. Avant même sa sortie cannoise, le film de Terry Gilliam a connu des déboires, des infortunes dignes d'un roman feuilleton avec un tournage apocalyptique, un imbroglio judiciaire... au point de mériter un documentaire légendaire " Lost in la mancha".

Le réalisateur a mis 20 ans pour raconter l'histoire de Toby, réalisateur de pub, désabusé, qui tombe par hasard sur son film de fin d'études, qu'il avait tourné dans un petit village espagnol. Ce film à l'instar des romans de chevalerie pour don Quichotte de Cervantes bouleverse la vie d'un cordonnier, qui se prend pour le véritable chevalier à la triste figure et d'une jeune fille, qui rêvera de devenir actrice. L'image pousse à la démence. A partir de la redécouverte du petit village et des principaux protagonistes de son film d'étudiant, le réalisateur est pris dans une mécanique de la folie : il est contraint de suivre les chimères du cordonnier se battant contre des moulins, rencontrant sa dulcinée... Chutes, gags, fuites, quiproquos se succèdent dans un rythme effréné.

"Il faut le laisser aller jusqu'au bout de ses rêves" : Folie, obsession, rêve, voici des thèmes centraux du film qui concluent crépusculairement sur l'aboutissement d'un rêve qui ne peut se finir que par la mort ou par la folie. Le film de fin d'études de Toby se superpose aux images du spot publicitaire et fait même référence, de manière métafilmique, au long métrage que nous voyons. Différents niveaux de réalité se côtoient et on ne sait jamais réellement où se situent les limites du rêve et de la réalité. La surenchère d'inventions devient un peu longue dans la dernière partie de ce film admirable. On peut surtout regretter que l'aliénation ne soit pas plus visuelle ( comme dans L'enfer de Clouzot avec des images psychédéliques ou des distortions du temps comme dans Shining de Kubrick). Malgré la déception des fanatiques de la première heure, l'esthétique et les questionnements de ce film sont passionnantes.

L'homme qui tua don Quichotte de Terry Gilliam. Avec Adam Driver, Jonathan Pryce, Olga Kurylenko (2 h 12), 2018

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Sur le web :: "Canne 2018 : pourquoi Terry Gillian n'a jamais renoncé à son don quichotte" (vidéo ci-dessous) " Cannes 2018 : "L'homme qui tua don Quichotte" de Thomas Sotinel, Le bleu du miroir, Trillian, Le fossoyeur de film, Le cinéma de Durendal,

Cannes 2018 : pourquoi Terry Gilliam n’a jamais renoncé à son « Don Quichotte »

 

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