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Vous pensiez tout connaître de l'oeuvre de Jack London ? Saviez-vous qu'il avait écrit un récit d'anticipation ? Dans La peste écarlate, Jack London décrit un futur post-apocalyptique où ne survivent que quelques hommes dont Smith, un  professeur de littérature, vivant à San Fransisco. Ce dernier raconte à ses trois petits-fils comment s'est propagée la peste écarlate, qui en quelques mois a détruit quasiment toute l'humanité, 60 ans avant.

"chacun luttait pour soi" (p. 51).

Dans un monde surpeuplé, les maladies étaient combattues jusqu'à qu'apparaisse une maladie qui se propage si rapidement qu'aucun vaccin n'a pu être trouvé. Les riches fuient en avion, les pauvres ravagent les villes. Peu à peu, faute de savants ou d'ouvriers, l'eau vient à manquer ainsi que l'électricité. Des groupes s'organisent mais les effets du fléau se répandent si rapidement que les villes de la terre entière se transforment en charnier. Pendant le récit du vieillard, interrompu par les trois garçons, qui n'arrivent pas à conceptualiser ce qu'ils n'ont jamais vu comme l'argent ou des voitures, le narrateur fait la satire de cette société inégalitaire  : "En plein coeur de notre civilisation, dans ses bas-fonds et dans ses gettos du travail, nous avions laissé croître une race de barbares, qui maintenant se retournaient contre nous, dans nos malheurs, comme des animaux sauvages, cherhant à nous dévorer" (p. 52).

"Le flot de la vie primitive est revenu sur lui-même, balayant l'oeuvre humaine"(p. 19) :

Quelques survivants tentent se refonder la civilisation, tel que Smith en gardant des livres dans une grotte. En outre, il essaie de transmettre son savoir par son récit. L'humanité reviendra à son apogée... un récit optimiste ? une fin montrant la foi dans l'homme ? En fait, chacun des trois petits-fils semblent l'incarnation d'un type d'homme :  "Les trois types éternels de dominations, le prêtre, le soldat, le roi repatraîtront d'eux-mêmes" (p. 92). Ce court récit ou cette longue nouvelle pose des questionnements (surpopulation, maladie, inégalités sociales) proches des récents paradoxe de Fermi de Boutine ou de Soleil vert d'Harrisson, dans un style concis mais romanesque et très agréable à lire. Une sorte de "survival" qui a gardé toute sa modernité ! Une belle découverte !

La peste écarlate de Jack London, Librio 2 euros, 110 p.