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Mina de Vanghel est une jeune fille riche, l'une des plus riches de la cours d'Allemagne à la mort de son père. Sa mère craignant de laisser sa fille seule la presse de se marier. Mais Mina a une imagination débridée et se fait une haute conception de l'amour :" Mina ne connaissait les cours que par les romans de son compatriote Auguste Lafontaine. Ces tableaux de l'Albane présentent souvent les amours d'une riche héritière que le hasard expose aux séductions d'un jeune colonel, aide de camp du roi, mauvaise tête et bon coeur. Cet amour, né de l'argent, faisait horreur à Mina". Pour échapper à cet amour qu'elle juge vulgaire et plat, elle décide d'aller vivre à l'étranger. Elle s'entraîne à se déguiser en homme pour s'enfuir de la cour lorsque sa mère obtient la permission d'aller en France. Là, elle croit rencontrer l'amour en la personne d'un homme marié et médiocre, Monsieur de Larçay.

"Une âme trop ardente pour se contenter du réel de la vie".

Pour trouver l'amour, Mina est prête à tout. Elle de déguise en dame de compagnie pour entrer au service de Madame de Larçay et se rapprocher de l'homme qu'elle aime et invente un plan machiavélique où les masques vont révéler l'identité de chacun. Elle n'hésite pas à manipuler les personnes autour d'elle. Ah ! Encore un trio amoureux !  Mais ici, c'est la femme qui a un caractère fort et les hommes n'ont qu'une place subalterne ou un rôle désavantageux.

Le narrateur, sur un ton détaché, usant d'ironie pour parler de son personnage, expose sa conception de l'amour. A travers le destin de Mina de Vanghel, c'est le phénomène de cristallisation que démontre Stendhal (biographie Larousse) : on invente des qualités à l'aimé, on voue un culte à un amour idéalisée... Mina de Vanghel est une très belle tragédie, sans effusion de sang, ni de sentiments, sur fond de décor romantique, ruines, clair de lune et balcon, le lac de Genève et des références à Rousseau. Et on pourrait d'ailleurs conclure sur les mots de Rousseau, cité à plusieurs reprises dans cette nouvelle, qu'il n'y a de vraiment beau que ce qui n'existe pas.

Mina de Vanghel, Stendhal,  Bibliothèque Gallimard.

Lecture dans le cadre du challenge "Au bon roman" de Praline.