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Julia Margaret Cameron est une excentrique typiquement britannique. Photographe-amateur à une époque où cette technique se développait à peine, Julia Margaret innove en faisant des flous artistiques, en s'inspirant de la littérature pour la pose des personnes et en refusant de retoucher celles-ci même lorsqu'elles sont tachées. Elle aimait par-dessus tout photographier les personnalités de son temps mais si elle n'a jamais mis d'objets ou de paysages en valeur dans ses photographies, ses modèles étaient assez divers, des enfants et des inconnus posant même pour elle. Sa soeur, Sarah Prinsep tenait un salon, fréquenté par Tackeray, Millet... et son amitié avec Tennyson lui permirent de traquer de nombreuses célébrités, qui se pliaient bon gré mal gré aux exigences de J. M. Cameron, notamment Julia Jackson, sa nièce et mère de V. Woolf.

Voici tout d'abord des anecdotes peignant bien cette femme originale : " Un tempérament fougueux, un caractère déterminé et ne revenant jamais sur une décision, ne faisait qu'accentuer chez elle la forte propension à la singularité et au non respect des convenances. Les mémoires et les souvenirs des contemporains fourmillent d'anecdotes amusante qui la montrent, insouciante des modes, vêtues de draperies flottantes et de châles indiens aux couleurs éclatantes, reconduisant jusqu'à la gare ses hôtes ayant toujours une tasse de thé, ou décidant un matin de percer une fenêtre et réussissant à convaincre maçons, menuisiers, peintres, vitriers et couturières de tout réaliser dans la journée"...

La plupart de ses photographies sont des portraits proche de l'esthétique des préraphaélites, représentant des modèles rêveuses, mélancoliques, dans une atmosphère onirique. Elle s'est inspirée de la littérature pour certaines des poses, comme les poèmes de Tennyson, la légende d'Ophélie ou celle de Béatrice Cenci... Certains des portraits ressemblent aux madones de Raphaël. Les flous artistiques sont souvent rehaussées par une lumière particulière créant des contrastes très forts. L'innovation majeure est son goût des gros plans pourtant difficile à réaliser vers 1870. A travers les photographies rassemblées dans ce catalogue, on perçoit tout le talent de Julia Margaret Cameron qui apporte une réelle dimension esthétique et littéraire à cet art.

Hommage de Julia Margaret Cameron, Catalogue rédigé par Jean Marie Brusson

Ophelia