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Zola (une exposition virtuelle sur la BNF lui est consacré ici) désirait avec ce roman, appartenant au cycle des Rougon-Macquart, écrire un grand roman du crime et ferroviaire. En effet, dans ce roman, "la bête humaine" est une métaphore du train, qui symbolise la marche forcenée du progrès et que Zola personnifie. Mais "la bête humaine", ce sont aussi les Misard : un mari tente d'empoisonner sa femme pour lui prendre de l'argent, qu'elle a caché. C'est aussi Jaques Lantier, fils de Gervaise, dont la lourde hérédité le pousse à tuer toutes les femmes qu'il rencontre. Il y a aussi Séverine et son mari, les Roubaud, qui tuent Grandmorin, le mari étant jaloux de ce protecteur, qui aurait abusé de sa femme avant le mariage... Les destins de ces personnages vont se croiser autour de la ligne du Havre/ Paris où les êtres sont entraînés au rythme de la machine.

Avec sa verve épique, de nouveau, Zola illustre avec ses personnages, sa théorie de l'hérédité. Il dépeint avec fidélité le milieu ferroviaire ainsi que ces personnages, qui ne sont pas maîtres de leurs pulsions. Proche de l'intrigue de Thérèse Raquin, ce roman peint - avec des hyperboles et à grand renfort de descriptions - une intrigue policière, une histoire d'adultère mais qui a pour fond de toile, l'Histoire : de nombreuses fois, sont évoqués les troubles politiques liés au Second Empire. Si l'écriture naturaliste est bien présente, de part ses thèmes et le vocabulaire technique, les symboles n'en sont pas absents. Un chef-d'oeuvre !