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13 juin 2021

Aucune terre n'est la sienne de Prajwal Parjuly : ISSN 2607-0006

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© Public Child.

bouthanL'exil est l'une des grandes préoccupations contemporaines. Parjuly Prajwal, fils d'un père indien et d'une mère népalaise, aborde la vie des exilés du Bhoutan dans une nouvelle "Aucune terre n'est la mienne" accessible intégralement sur le site des éditions JenJayu.

A travers le personnage principal, Anamika, qui est une femme originaire du Bhoutan, vivant dans un camp de réfugiés, se déploie les conditions de vie de cette femme et indirectement la question complexe de leur statut. Son père, malade, a pu attester de sa nationalité bhoutanaise, mais Anamika, dont le premier mari manifestait contre la monarchie, a été expulsée de son pays avec Dikki, sa fille. Dans le camp, elle est confrontée à la xénophobie, à la violence verbales des hommes, car elle est séparée de son deuxième mari, ce qui fait d'elle une femme aux moeurs légères mais cette dernière ne se laisse pas marcher sur les pieds : "Anamika roula son châle d’été, le plaça sur sa tête et posa le lourd fagot de bois en équilibre sur ce coussin avant de redescendre le chemin en marchant comme une funambule.
Comme à leur habitude, les étudiants étaient à l’échoppe de singara. Anamika accéléra le pas. Elle se prépara à ce qui allait venir en adressant une prière silencieuse à Dieu et en répétant mentalement les répliques appropriées. La peur ne paralyserait pas sa langue comme c’était le cas des années plus tôt. Elle était devenue très douée pour adresser aux hommes la réponse qu’ils méritaient".

Avec ce personnage féminin au caractère bien trempé, l'auteur ne veut pas donner une vision misérabiliste de ce camp. Certes on comprend que cette famille vit dans le dénuement et doit faire face au rationnement, aux faux espoirs d'immigration, à la violence conjugale et à une société patriarcale où seul le chef de famille - un homme - est autorisé à dialoguer avec les instances officielles. En outre, Anamika n'est pas nostalgique, même si elle regrette le temps où elle travaillait... L'auteur donne aussi, brièvement, une vision de la culture bhoutanaise avec ses traditions, sa langue, sa culture. Prenez le temps de lire cette nouvelle brisant les clichés sur le Bhoutan et sans pathos ! 

logo indienParjuly Prajwal, "Aucune terre n'est la sienne", Cartes et territoires n°4, JenJayu.

Participation aux étapes indiennes organisées par Blandine et Hilde : étape n°9 récits d'expratriés, de migrants, réfugiés.

Sur le web : billet de Hilde, Pativore...

Bhoutan : la face cachée du "pays du bonheur"
Le Bhoutan va changer de gouvernement à l'issue d'élections législatives organisées ce jeudi. Mais pour une partie de la population, ce scrutin ne changera rien, car ce "pays du bonheur" a aussi sa part d'ombre : des réfugiés maltraités, des jeunes au chômage ou des violences familiales.
https://www.franceculture.fr
Népal : les réfugiés oubliés du Bhoutan
Camp de Sanischare (est du Népal) envoyé spécial "C ombien de temps devrons-nous encore attendre ?" Assise dans sa petite hutte en bambou tapissée de papiers journaux, Tilamaya Bista désespère. "Nous étions agriculteurs, nous vivions bien au Bhoutan. Mais cela fait tellement longtemps que nous sommes coincés dans ce camp qu'aujourd'hui nos enfants ne savent même plus reconnaître une pousse de riz."
https://www.liberation.fr

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https://www.lexpress.fr/tendances/voyage/le-bhoutan-pays-du-bonheur-immediat_1493404.html

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26 mai 2021

Le tigre blanc d'Aravind Adiga/adaptation de Ramin Bahrani : ISSN 2607-0006

Le tigre blancinde

Aravind Adiga décrit l'Inde contemporaine dans Le tigre blanc, premier roman, publié en 2008, de cet auteur journaliste, dans une forme tout aussi actuelle et originale : la satire de l'Inde se fait à travers l'envoi de mails d'un entrepreneur Balram au premier ministre de la Chine, qui doit venir à Bangalore, en Inde. C'est le contenu des mails, écrits en 7 nuits qui forment 7 chapitres, que nous lisons dans lesquels nous pouvons découvrir une description de toute la société indienne, étant donné que le personnage principal a traversé plusieurs états avant de devenir un homme riche.

On apprend d'emblée que Balram est recherché pour meurtre. C'est à partir de l'avis de recherche qu'il dresse son portrait et se remémore ses années de misères, les différents métiers qu'il a exercés. Pourquoi est-il un meurtrier ? Quels sont les mobiles de son crime ? Voici ce qu'il révèle dans ses lettres tout en décrivant une société divisée en deux castes : basse ou haute. Le souvenir du père, mort dans le dénuement le plus complet, le hante tout comme la vision de pauvres dormant dans les rues...

Balram se désigne par le surnom de "tigre blanc", animal rare. En effet, il a reçu un peu d'instruction, se distinguant des membres de sa famille. Tout au long du roman, est filé cette métaphore : il y a ceux qui sont comme des poules, serviles, vivant enfermés dans des cages et puis les autres. Il détaille longuement la relation qu'il entretenait avec ses maîtres. Voici un des passages illustrant  la vie de nombreux indiens :"Ici une poignée d'hommes a entraîné les 99,9% restants - forts, talentueux et intelligents dans tous les domaines - à vivre dans une servitude perpétuelle, une servitude si forte que, si vous mettez la clé de son émancipation dans la main de quelqu'un, il vous la jettera à la figure en vous maudissant" (p. 178).

Evidemment, avec son cynisme, son intelligence et son sens de l'observation, Balram réussit à sortir des "Ténèbres", d'une vie misérable, échappant au destin de son père. Mais à quel prix ? C'est avec cynisme qu'il raconte son parcours tout en décrivant une société inégalitaire, corrompue.

En 2021, Ramin Bahrani adapte ce best-seller pour Netflix. Cette adaptation est assez fidèle dans les grandes lignes en montrant comment Balram arrive à échapper de sa servitude, à sortir des "ténèbres, en usant de tous les moyens. Avec une voix off pour dire les mails envoyés et les retours en arrière, le roman semble entièrement respecté.

Cependant, le personnage principal paraît beaucoup plus sympathique que dans le roman. Dans le livre, il apparaît dès son plus jeune âge comme un enfant arriviste alors que, dans le film, il attire davantage la sympathie du spectateur en montrant davantage de scrupule.

Filmé de manière très classique, sans cadrage révolutionnaire, Bahrani parvient à bien montrer l'Inde telle qu'elle est décrite dans le roman d'Aravind Adiga, entre pauvreté et opulence, honnêté des serviteurs et corruption des politiques. Ce long-métrage était d'ailleurs nominé pour la catégorie "meilleur scénario adapté" aux oscars. Si le film est très classique, le livre mérite vraiment d'être lu.

Logo tigre blancAdiga, Le tigre blanc, 10/18, France, avril 2010, 316 p.

Le tigre blanc de Ramin Bahrani, 2021, Netflix, avec Adarsh Gourav, Priyanka Chopra Jonas, Rajkummar Rao; 2h07

Participation aux étapes indiennes n° 4 "nos étapes communes" organisées par Blandine et par Hilde. LC avec Rachel.

Sur le web : Billet de A girl from earth, Katell Hilde

 

"Le Tigre blanc", Rastignac à l'indienne
Le roman doit être très bon, captivant. En Inde, il a obtenu le prix Booker, récompense littéraire de prestige. Publié en 2008 et signé Aravind Adiga, le Tigre blanc est à l'origine un best-seller.
https://www.liberation.fr
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