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11 avril 2015

Embrassons-nous Folleville/ L'affaire de la rue Lourcine de Labiche : ISSN 2607-0006

béraud

Boulevard des cépucines de Béraud © Photo RMN-Grand Palais - Bulloz

Après Feydeau, Labiche est certainement le vaudevilliste le plus fécond du Second Empire. Parmi les 160 pièces qu'il a écrites avec des collaborateurs, dont Un chapeau en Italie, toujours joué à la Comédie Française ou Le voyage de Monsieur Perrichon, certaines portent les caractéristiques de ce qu'on a appelé "la folie-vaudeville".

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La folie vaudeville :

Ce sont de courtes pièces en un acte dominé par la déraison : dans Embrassons-nous Folleville, le marquis de Manicamp veut marier sa fille Berthe au chevalier Folleville qui lui a rendu un service en cachant au roi une injure que lui a faite le marquis. Mais Folleville et Berthe ne s'aiment pas et tous leurs gestes de désamour sont mal interprétés par le père de Berthe, qui croit que le mariage est imminent. Le vicomte de Chatenay a été giflé par Berthe, en tombe éperdument amoureux et la demande en mariage, non sans casser une infinité de vases car tous ces personnages ont le caractère vif. Une même logique de déraison domine Le meurtre de la rue Lourcine. Un bourgeois, Lenglumé, s'éveille en ayant oublié une soirée d'ivresse. qui trouve-t-il dans son lit ? Non, pas une maîtresse mais un ancien camarade, qui serait son complice dans un hypothétique meurtre. Il est prêt à tuer pour préserver sa respectabilité.

"Une bête à mille pattes", c'est ainsi que Labiche définissait ses pièces : si le spectateur s'arrête de rire, si la mécanique de la pièce s'essoufle alors la pièce est un four. Et effectivement, dans chacune de ses pièces dès que le mécanisme est enclenché, les actions s'enchaînent à un rythme effréné. Comique de répétition, néologismes, pataquès, quiproquos s'accumulent vers le dénouement. Les intrigues frénétiques de ce dramaturge sont merveilleusement ingénieuses.

Le Second Empire de Labiche : 

Cependant, ces pièces ne sont pas de simples imbroglios savamment réglés. Dans Embrassons-nous Folleville, le mariage arrangé est vivement critiqué comme dans certaines pièces de Molière. Quant à L'affaire de la rue Lourcine, Lenglumé prône les valeurs bourgeoises, au point de commettre des crimes en leur nom. Fils d'un riche industriel, L'abiche critique les travers d'une classe socials qu'il connaît bien. L'allusion à Molière n'est pas anodine. Le vaudeville puise souvent dans d'autres textes et on se délecte devant Lenglumé se frottant les mains telle Lady Macbeth. Son crime renvoie au roman-feuilleton de l'époque. Témoignage des divertissements sous Napoléon III, avec ses couplets légers, les vaudevilles de Labiche n'ont rien perdu de leur vis comica.

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Commentaires
M
@ Margotte : J'adore le Tartuffe ! Quelle chance de le voir à la comédie française. J'avais vu la mise en scène de Wajmann, vraiment très réussie ! J'espère que le vaudeville te plaira...<br /> <br /> <br /> <br /> @ Claudia : Oui, c'est un genre plus satirique qu'il n'y parait et vraiment Feydeau et Labiche font preuve d'une inventivité folle ! J'adore leur sens du comique et de la satire... J'espère que je verrai une mise en scène de ces vaudevilles... Je suis sûre que c'est encore plus hilarant de les voir...
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C
Longtemps j'ai détesté le vaudeville avant de voir au festival d'Avignon des mises en scène qui éclairaient toutes les facettes de ces oeuvres, le rire mais aussi la noirceur dans les relations entre mari et femme, les rapports sociaux etc...
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M
C'est un auteur que je n'ai encore jamais abordé. Et en moment, côté théâtre, je suis avec Molière (je viens de voir une version de Tartuffe par la Comédie française). Mais ton billet est tentant, c'est un genre que je connais mal et vers lequel il peut être drôle d'aller !<br /> <br /> Bonne journée !
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M
@ Dasola : Je suis folle des vaudevilles ! J'ai des Courteline dans ma PAL ( pas encore lu !, tu fais bien d'en parler, je vais le ressortir...)<br /> <br /> <br /> <br /> @ Lesalondeslettres : J'ai acheté l'intégrale ( Embrassons-nous Folleville et autres pièces) et je compte bien en lire d'autres. Je n'ai pas parlé du Voyage de Monsieur Perrichon dans ce billet mais c'est une pièce que j'adore aussi !<br /> <br /> <br /> <br /> @ Shelbylee : Je suis bien contente de t'avoir tentée ! J'espère que ce genre te plaira...<br /> <br /> <br /> <br /> @ Océane : Je n'en lis pas beaucoup non plus. Les portes qui claquent ! C'est vraiment la marque de fabrique des vaudevilles ( il y en a 5 dans l'affaire de la rue Lourcine). J'aimerai bien en voir une jouée ! Quant à un chapeau de paille en Italie, il faut que je découvre la pièce la connue de Labiche...
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O
J'en ai lu du théatre plus jeune et j’adorais ça, pourquoi je ne le fais plus ? Ton billet réveille des envies chez moi, des envies de portes qiu claque, de chapeau de paille en Italie ;)
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