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1 mars 2011

Oeil du serpent d'Oates : ISSN 2607-0006

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 Même en s'éloignant de récits de faits divers comme En eaux troubles ou des descriptions des milieux sociaux comme dans Délicieuses pourritures, on retrouve une atmosphère malsaine, que maîtrise parfaitement J. C. Oates, qui explore les pans inavouables de la psyché des hommes, dans son thriller psychologique Oeil de serpent. "Lee Roy Sears est-il, oui ou non, un meurtrier ?", demanda Geena O'Meara, femme de l'avocat Michael qui doit défendre ce dernier surnommé "Oeil de serpent". Ancien combattant du Vietnam, cet homme indigent et de surcroit aux origines indiennes pourra-il s'en sortir ? Michael, homme intègre et militant contre la peine de mort, réussit à faire commuer la peine de mort de Lee Roy en condamnation à vie. Sept ans plus tard, grâce à sa bonne conduite et à son travail d'art-thérapie, Lee Roy est libéré et va travailler dans le Connecticut, là où habite la famille O'Meara. Là Michael vit paisiblement avec sa femme et ses jumeaux. Mais le rêve américain qu'ils incarnent va être troublée par Lee Roy.

Dans ce roman policier, comme dans tous ses romans, J. C. Oates regarde l'envers du rêve américain. Michael représente justement l'américain type qui a réussi sa "vie très américaine et sans histoire" (p. 22), malgré un sentiment de culpabilité qui le ronge. L'auteur décrit longuement ce modèle familial, peut-être un peu trop longuement, mais n'est-ce pas pour mettre en valeur la descente vertigineuse et soudaine vers une réalité cauchemardesque ?

Michael, travaillant comme avocat pour la firme Pearce, une industrie pharmaceutique, est confronté à de nombreux cas juridiques liés à des maladies psychologiques et aux réactions aux médicaments : Les problèmes psychologiques, l'inconscient ainsi que la place des fantasmes dans chaque individu permettent à l'auteur de développer tous les aspects sombres et obsessionnels de l'homme. D'ailleurs le lecteur ayant accès aux pensées de Lee Roy pressent et redoute de terribles événements. Ce roman policier atypique, sans enquête traditionnelle mais montrant plutôt la naissance d'un monstre, est efficace et est agréable à lire, même si  des longueurs et une deuxième intrigue sur la gémellité semble interférer inutilement avec l'intrigue principale.

Oates, Oeil du serpent, Archi poche, 369 p.

Merci à BOB et à Archi poche pour ce partenariat.

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Commentaires
M
@ Alinéa : Je n'ai pas lu les chutes mais je trouve que les choses mettent beaucoup de temps à se mettre en place alors qu'elle décrit des événements assez convenus... C'est beaucoup moins prenant que délicieuses pourritures.<br /> <br /> @ claudia : La violence dans ce roman est particulière car il est question de relation sociale avec un psychopathe mais dans l'ensemble, elle est une observatrice assez juste...
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C
Je ne connais pas celui-là. Moi, les mots crus ne me dérangent pas. Par contre je trouve qu'il y a beaucoup de violence dans Oates mais elle est psychologique et sociale. Les rapports des humains entre eux ne sont pas tendres!
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A
j'ai lu les chutes il y a peu de temps et dans seconde partie là aussi j'ai ressenti des longueurs quand elle parlait des personnages secondaires .
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M
@ Ellcrys : Je ne l'ai aps encore lu mais je compte bien le faire...<br /> <br /> @ Mango : je me dis la même chose ! J'ai encore Blonde dans ma PAL mais je pense emprunter d'autres...<br /> <br /> @ Océane : moi aussi je découvre cette dimension de son oeuvre : en fait, elle signe ses romans policiers sous le pseudo de Rosamund Smith<br /> <br /> @ Choupynette : Lauren Kelly ? Je ne sais pas... en tout cas, celui que j'ai lu est efficace, je me disais que ça faisait très scénario hollywoodien...<br /> <br /> @ Ys : tu as une sacré PAL... J'espère qu'il te plaira : tu verras ça se lit très vite... C'est une lecture facile pour un bon moment de détente.<br /> <br /> @ Céline : Je crois que pour l'instant mon préféré est Délicieuses pourritures... Il n'y a rien de très original mais la lecture et l'intrigue restent agréable.<br /> <br /> @ Sabbio : Ce que je n'aime pas trop dans l'écriture de J.C.O. ce sont ses mots crus mais il n'y a pas non plus énormément de violence... C'est juste sombre, notamment la fin.
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S
Encore un qui semble bien trop sombre pour moi...
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