09 juin 2010

Pars vite et reviens tard de Fred Vargas : ISSN 2607-0006

9782290349311

Quel est le nouvel auteur à découvrir en ce mois de juin ? Pimprenelle a choisi Fred Vargas, chercheur en histoire et archéologie au CRNS, qui a écrit une dizaine d'ouvrages, dont des "rompol" L'homme aux cercles bleus, L'homme à l'envers...

"La faute et l'apparence de la faute"

Adamsberg, le doux rêveur aux pensées informes, flanqué de son capitaine Danglard, organisé, précis et rigoureux, repartent dans une affaire criminelle qui s'avère beaucoup plus sombre qu'en apparence. Dans ce roman policier, Vargas ne met pas seulement en scène un traditionnel duo d'enquêteurs complémentaires mais elle les entoure d'une bande d'excentriques : un crieur ancien marin et tueur d'armateur véreux, un faux aristocrate qui exerce la profession de dentelière, Marc Vandoosler, une femme de ménage, et spécialiste du Moyen Age et quelques personnages récurrents comme Camille ou l'oncle de Marc... Ensembles, ils vont chercher à résoudre une mystérieuse affaire anodine en apparence  : de grands 4 inversés fleurissent un peu partout dans divers quartiers de Paris, ce qui ne semble qu'être l'oeuvre d'un tagueur. Mais Adamsberg les trouve "maléfiques"...

" Et puis, quand les serpents, chauves-souris, blaireaux et tous les animaux qui vivent dans la profondeur des galeries souterraines sortent en masse dans les champs et abandonnent leur habitat naturel ; quand les plantes à fruits et les légumineuses se mettent à pourrir et à se remplir de vers [...]" : lorsque Joss Le Guern, crieur de profession commence à trouver des messages sibyllins, parfois en latin, il soupçonne quelques choses de terribles... L'intrigue, qui repose sur le Liber Canonis d'Avicenne, traitant de la peste, est palpitante. Est-ce que ce fléau va bientôt s'abattre sur Paris ? Lorsque les premiers morts apparaissent, la panique s'empare de toute la population... Lecteurs, vous prendrez un véritable plaisir à plonger dans cette histoire de peste, donnant une dimension littéraire à cette intrigue policière, où se côtoient des personnages originaux. On regrette juste des dialogues peu subtils, au style relâché...

Vargas, Pars vite et reviens tard, J'ai lu policier, 347 p.

Belledenuit - Lilibook  - Kikine  - Zorane - - Isabelle - Del - George - pimprenelle et d'autres avis sur le site de Pimprenelle...

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21 février 2010

Le secret de Noël d'Anne Perry : ISSN 2607-0006

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Tout nouvellement pasteur, Dominic Corde et sa femme Clarisse arrivent à Cottisham où Mr Winter, le pasteur de ce petit village, est parti pour un mois de vacances. Sur les lieux, les jeunes mariés découvrent un beau site et des gens tout à fait charmants. Nos deux amoureux vivent particulièrement heureux jusqu'au moment où Clarisse fait une macabre découverte dans la cave du presbytère...

Autant vous dire que je ne m'étendrai pas beaucoup sur un livre qui m'a ennuyée, peut-être dû à ma récente découverte enthousiaste de W. Collins, qui rend, en comparaison, ce roman policier très fade et que j'ai failli abandonner en cours de route. Nos deux jeunes héros n'ont aucune envergure et n'ont pas l'étoffe de grands détectives tels que Holmes ou Poirot. Ils n'ont pas non plus le charme piquant et irrévérencieux du couple Pitt. Les personnages secondaires brossés à grands traits sont tout aussi falots. La mise en place de l'intrigue est des plus lentes et des plus simples. Il ne se passe quasiment rien pendant 150 pages, à part les considérations de la parfaite ménagère qu'est Clarisse. Le dénouement est rapidement expédié dans les dix dernières pages... Je crois surtout que les sentiments mièvres de notre jeune couple m'ont agacée ou alors les bons sentiments qu'ils éprouvent pendant une période telle que Noël. Bref, ce n'est pas le meilleur roman d'Anne Perry et j'ai de beaucoup préféré Resurrection row ou Le cadavre de Bluegate Fields...

Vous trouverez un autre avis sur le site de Lou.

 Perry, Le secret de Noël, 10/18, Grands détectives,  188p.

 

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11 février 2010

Les indiscrétions d'Hercule Poirot d'A. Christie : ISSN 2607-0006

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Rien de vaut un classique du genre... policier pour passer un agréable moment. A. Christie ( biographie ici), dans Les indiscrétions d'Hercule Poirot met en scène une intrigue assez traditionnelle : à la mort du riche Richard Abernethie, toute sa famille est présente pour l'enterrement. La cérémonie funèbre se déroule sans encombre jusqu'au moment où le notaire les rassemble pour la lecture du testament : à ce moment, Cora, la soeur de Richard, considérée comme une "simple d'esprit", sous-entend malencontreusement que son frère aurait pu être tué. Un assassinat ? Qui aurait pu commettre le meurtre sinon un membre de la famille qui hérite d'une fortune à sa mort ? Peu à peu, le doute s'immisce dans la tête du brave notaire qui décide de faire appel au célèbre Hercule Poirot.

On aime le monde désuet qu'A. Christie ressuscite : il y a toujours chez l'auteur, une nostalgie du siècle victorien. Ici elle peint la décadence d'une famille de bourgeois où la jeune génération est opposée à la vieille génération, toutefois, les convenances sont tenaces. Les Abernethie sont une famille comme aime à les décrire A. Christie, bigarrée, avec des hommes appartenant au monde de la finance, des acteurs et des femmes ayant faits des mauvais mariages (entendez, au-dessous de leur condition).

On aime le petit détective au crâne d'oeuf et à la moustache spectaculaire qui semble si bien connaître l'âme humaine. S'inscrivant dans la lignée des détectives perspicaces, observateurs et grand connaisseur d'âme, Hercule Poirot n'a pas besoin d'empreintes digitales, d'indices mais fait fonctionner ces petites cellules grises. Ici, il n'apparaît que très tard dans l'enquête pour mieux laisser les personnages et le lecteur se perdre en hypothèses. Même vieillissant, il garde toujours son orgueil. Cependant, son rôle n'est pas très étoffé dans cette affaire même si c'est lui évidemment qui trouve l'infime détail accusant le meurtrier, qui nous aura échappé à tous !
On aime aussi cette intrigue alambiquée : des gâteaux empoisonnés à l'arsenic, une femme tuée à coups de hache, des religieuses présentes à chaque crime, de nombreux suspects, mais le véritable assassin est toujours le plus invraisemblable d'entre tous.
Avec une écriture simple, une intrigue efficace, qui pique notre curiosité, Les indiscrétions d'Hercule Poirot est une lecture plaisante même si ce n'est pas la plus remarquable.

 Autres romans : Poirot joue le jeu et Le crime de l'Orient-Express.

Christie, Les indiscrétions d'Hercule Poirot, Edition du masque, 284 p.

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18 janvier 2010

Elémentaire, ma chère Sarah de Jo Soares : ISSN 2607-0006

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Dans les faubourgs du Brésil, un crime est commis : sur les lieux on découvre le cadavre d'une fille de joie égorgée. Le crin d'un Stradivarius, offert par l'empereur à une baronne, a été laissé sur le corps. Un deuxième meurtre est accompli dans les mêmes conditions. Dans le même temps, lorsque l'empereur est mis au courant de la disparition du violon, il fait part de cette découverte à la Divine, c'est-à-dire S. Bernhardt, en tournée au Brésil, qui propose de faire appel à Sherlock Holmes. L'inspecteur Mello Pimenta, qui enquête sur cette affreuse affaire de meurtres en série, finit par faire appel au célèbre détective anglais.

"Nous sommes tous plus ou moins fous" (Baudelaire), en exergue du livre.

Des personnages déjantés et originaux contribuent à créer une ambiance amusante : Sarah Bernhardt ne parle qu'en alexandrins, quant à l'inspecteur Mello présenté comme un homme ventru, il sait courir légèrement comme une gazelle. Une comparaison saugrenue ou comique vient agrémenter les descriptions pittoresques des personnages.  Watson est un véritable sot et ne comprend strictement rien car il ne parle pas portugais. De sa bouche sortent d'ailleurs les paroles les plus absurdes du roman : " comme le dit si bien un vieux proverbe écossais, les seuls oiseaux qui meurent tout éveillés sont le dindon et le cochon" ! Habilement, l'auteur mêle fiction et réalité. Des anecdotes amusantes ou croustillantes de la vie très romanesque de la Divine parsèment le roman. Même le personnage de fiction qu'est S. Holmes est parodique : il tombe amoureux, ne pense qu'à manger des plats exotiques et est maladroit : un véritable contre-emploi. D'ailleurs, l'affaire reste non résolue tant les facultés de déductions et la logique de S. Holmes sont fausses.

Le changement de narration contribue à donner une dynamique à ce roman : alternent tour à tour, les extraits des faits et gestes du meurtrier en italique, des reproductions de journaux et des narrations où dominent des dialogues cocasses. L'auteur passe dans différents lieux, décrivant aussi bien le palais impérial que les quartiers sordides de la fin XIXeme siècle. On regrette juste qu'à chaque personnage ou lieux nouveaux, l'auteur fasse une notice biographique ou une description, qui alourdissent le récit de quelques longueurs.

Burlesque et parodique, entre folie du langage et des personnages, ce roman est vraiment distrayant malgré quelques défauts et on ne peut qu'aimer ce récit qui fait de nombreuses références aux livres. Ironie du sort, dans La solution finale, Conan Doyle tuait son personnage, le détective S. Holmes, qu'il jugeait trop envahissant, mais celui-ci connaît de belles aventures posthumes : les auteurs ne cessent de faire revivre ce mythique détective, pour notre plus grand plaisir !

Merci aux éditions Livre de poche de m'avoir offert ce livre en partenariat avec blog o book

Soares, Elémentaire ma chère Sarah !, Livre de poche, 371 p.

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05 janvier 2010

Les orpailleurs de Thierry Jonquet : ISSN 2607-0006

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Comme j'avais beaucoup apprécié la lecture des précédents romans de Thierry Jonquet (La belle et la bête, Le manoir des immortelles) , j'ai poursuivi l'exploration de l'univers très noir de cet auteur avec Les orpailleurs.

Rovère, dansel, Dimiglio et Sandoval sont des inspecteurs d'une brigade parisienne qui vont faire une macabre découverte, celle d'une jeune femme dont on a tranché la main de manière chirurgicale. Elle restera longtemps non-identifiée, créant ainsi une confusion au sein de l'enquête. Ce meurtre est suivi de deux autres meurtres identiques : une jeune artiste peintre polonaise et une vieille femme travaillant à l'ambassade de Pologne sont retrouvées avec la main tranchée. Le mystère s'opacifie surtout que la brigade a d'autres affaires à traiter et que les personnages principaux ont des problèmes personnels, qui viennent interférer avec l'enquête. Quel est le lien entre ces trois femmes ? Et surtout quel est le mobile ?

Ce roman de T. Jonquet est particulièrement complexe car le narrateur suit, de manière assez cinématographique, la vie de plusieurs personnages. On découvre ainsi la vie personnelle mouvementée et dramatique de l'inspecteur Rovère ainsi que celle de la juge Nadia instruisant l'affaire des "femmes aux mains coupés". Le quotidien de la brigade est aussi minutieusement décrit ainsi que d'autres affaires en cours. Les personnages et les intrigues sont donc nombreux et le lecteur reste dans le flou tout le premier tiers du roman. La mise en place des fils de l'intrigue est très longue et ce n'est que dans le dernier tiers du roman qu'on commence à dénouer les fils de l'enquête. T. Jonquet joue avec les nerfs du lecteur et le dénouement en est d'autant plus surprenant.
Cependant si la vie du juge Nadia est mise en valeur, c'est que ce roman policier, en plus de mettre en place une enquête pleine de rebondissements et de surprises, pose les bases d'une réflexion sur la justice et l'Holocauste. Peu à peu, au fil de l'enquête, l'auteur a habilement su mêler des questions sur le souvenir, sur l'histoire et la morale, sans être toutefois moralisateur.
Comme dans Le manoir des immortelles, l'auteur semblent refuser de conclure et la fin est une non fin qui peut être frustrante. Un roman remarquablement complexe dont la lenteur peut agacer mais qui se révèle beaucoup plus riche qu'une simple enquête...

Joncquet, Les orpailleurs, Folio policier, 400 p.

Autres romans de l'auteur : Le manoir des immortelles, La bête et la belle

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04 janvier 2010

Millenium, tomes 2 et 3 de Stieg Larsson : ISSN 2607-0006

 

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Tome 2 : "La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette"

Un journaliste travaillant temporairement pour Millenium, le magazine de Blomkvist, est assassiné ainsi que sa femme. Son article portait sur le trafic sexuel de femmes venues de l'Est. A-t-il été tué à cause des révélations de son article ? Tous les indices semblent désigner Lisbeth comme la parfaite meurtrière : les médias s'emparent avidement de l'affaire pour faire de Lisbeth une coupable avec un passé psychologique très lourd. Est-elle la véritable meurtrière ?

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Tome 3 : " La reine dans le palais de courants d'air"

Lisbeth va être jugée pour coups et blessures aggravés sur la personne de son père. Elle-même a réchappé plusieurs fois de peu à la mort : enterrée vivante, avec une balle dans la tête, elle survit toutefois. Heureusement que M. Blomkvist et quelques amis luttent pour la sauver d'un complot de la SAPO, la police secrète d'Etat, qui cherchent à la faire enfermer à vie...

Ces deux tomes sont beaucoup plus étroitement liés que le premier tome. Si le premier opus est un véritable thriller, ces suites tombent dans le genre du roman d'espionnage. Ils mettent en scène une "théorie du grand complot"  où coexistent des espions de l'ex-URSS, un département secret à l'intérieur de la police secrète suédoise, la SAPO, des secrets défenses...
Le lecteur découvre le passé de Lisbeth Salander sur fond de querelle de guerre froide et de vengeance personnelle. "Démesure" et "invraisemblance" sont deux adjectifs qui pourraient qualifier ces romans qui usent de la surenchère dans la violence  des actions : des crimes et des tueurs à volonté, des héros hors normes et des longueurs qui deviennent de plus en plus longues...
J'ai été beaucoup moins convaincue par ces derniers tomes rocambolesques et peu crédibles...

 Larsson, Millenium, tome 2,Acte Sud, 653 p.

 Larsson, Millenium, tome 3, Acte Sud, 575 p.

Autres romans : Millenium, tome 1

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03 janvier 2010

Millenium, tome 1," Les hommes qui n'aimaient pas les femmes" de Larsson : ISSN 2607-0006

 

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Un vieil homme, Henrick Vanger, de quatre-vingt-dix ans reçoit une fleur séchée pour chacun de ses anniversaires. Seule sa nièce lui en offrait mais celle-ci a disparu ou a été tuée trente ans auparavant. Qui peut lui offrir ces fleurs si ce n'est le meurtrier ? Blomkvist, journaliste à Millenium, est condamné dans l'affaire Wennetrom pour avoir porté de fausses affirmations sur ce groupe. Il est contacté par Vanger pour retrouver le meurtrier de sa nièce... Lors de son enquête, il va être aidé par Lisbeth Salander, une jeune hacker quelque peu asociale... Commence une enquête où se mêle horreur et nazisme.

Voici un polar écrit de manière journalistique : chaque personnage est très fouillé, chaque événement est décrit minutieusement... Paradoxalement, ces descriptions n'empêchent pas le lecteur de se plonger au coeur de cette enquête, au côté de personnages attachants. Blomkvist est un charismatique journaliste mais naïf et bien pensant. Quant à Lisbeth, elle est présentée comme un véritable "concept" : c'est une écorchée vive avec des dons insoupçonnés, notamment en matière informatique.

L'enquête est une véritable énigme présentée comme insoluble : Harriet Vanger a été enlevée ou tuée sur une île dont toutes les issues avaient étaient fermées. Toutes les pistes semblent avoir été sondées, fouillées, vérifiées une centaine de fois. Une série de numéros va pourtant mettre le héros sur la piste d'un tueur en série et des horreurs inimaginables... Un huis clos sur une île, sur sombre fond de nazisme, passionnant...

 Larsson, Millenium, tome 1,Acte Sud, 711p.

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27 décembre 2009

Le fantôme de Baker Street de Fabrice Bourland : ISSN 2607-0006

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Ayant apprécié le retour dans le dix-neuvième siècle avec le roman policier La dernière enquête de Dupin, j'ai poursuivi la découverte des romans de cet auteur avec Le fantôme de Baker Street. James  Trelawnay et Andrew Singleton sont deux jeunes hommes de bonne famille jouant aux détectives privés en Amérique. S'ennuyant à mourir, ils viennent sur le continent à la recherche d'aventures palpitantes. Un jour, Mr Conan Doyle vient personnellement leur demander leur aide pour résoudre une série de crimes qui fait trembler tout Londres par leur sauvagerie... Nos jeunes héros se lancent à la poursuite d'un criminel quelque peu surprenant...

Le début du roman est prometteur avec un couple de détectives classiques. Cependant dès les premiers chapitres, l'intrigue verse dans l'ésotérisme : effectivement, Conan Doyle lui-même, à la fin de la sa vie était fasciné par les séances de spiritisme, ce qui explique l'ambiance très surnaturelle. Mais l'intrigue n'est en rien fantastique, elle tombe dans la fantaisie la plus débridée et devient si improbable, que l'enquête ne semble plus qu'une parodie de roman policier... Un fantôme, meurtrier en série ?
Dommage, des crimes imitant ceux de la littérature victorienne était une bonne idée, cependant cela ne suffit pas pour intéresser le lecteur dont l'esprit peut être vite exaspéré par la kyrielle d'événements improbables. Évidemment, le ton n'est pas dépourvu d'humour, par exemple, un chapitre est intitulé " un peu de lecture n'a jamais fait de mal à personne", toutefois l'invraisemblance outrée des situations rend pénible et agaçante la lecture de ce roman policier.

Bourland, Le fantômes de Baker street, 10/18, grands détectives, 245 p.

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22 décembre 2009

Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles de Gyles Brandreth : ISSN 2607-0006

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Par un bel après midi d'août 1889, un homme " grand, arborant un léger embonpoint et une tenue excessivement recherché" a rendez-vous avec un jeune homme, Billy Wood, qu'il découvre égorgé. Cet homme altier est "le phénomène littéraire de son temps": Oscar Wilde. Celui-ci revient, quelques heures plus tard, accompagné d'Artur Conan Doyle et de son ami Robert Sherard sur les lieux du crime : à leur grande stupéfaction, le corps a disparu. Heureusement, A Conan Doyle découvre des gouttelettes de sang, sur le mur, prouvant bien la véracité des dires d'Oscar Wilde. L'auteur des Sherlock Holmes recommande à O. Wilde de s'adresser à un jeune inspecteur de Scotland Yard, Fraser... Commence une quête de la vérité devenue obsessionnelle pour O. Wilde : qu'est devenu le corps de Billy Wood ? Qui aurait pu avoir un mobile pour le tuer ?

"La seule véritable ivresse est celle de la conversation"

Le mérite de ce roman policier très humoristique est de faire un portrait prestigieux de O. Wilde. "Il se plaisait à dire qu'il avait mis du génie dans sa vie et seulement du talent dans son oeuvre". O. Wilde est donc d'abord présenté comme un homme de goût, aimant faire des traits d'esprit, palabrant sans cesse au grand plaisir du lecteur qui peut retrouver les aphorismes de Wilde parsemés dans sa conversation mais à la grande exaspération des autres personnages. Il est aussi l'auteur du portrait de Dorian Gray, dont la genèse est ici racontée entre deux enquêtes. Oscar Wilde présente un aspect beaucoup plus comique en tant qu'enquêteur : dès les premières lignes, il rivalise avec les techniques de déduction de Sherlock Holmes, faisant preuve d'un don d'observation infaillible qui va d'ailleurs lui permettre de résoudre cette enquête retorse qui réserve bien des surprises. Conan Doyle admiratif dira vouloir en faire le modèle du frère de Sherlock Holmes ! Adulé et critiqué de son vivant, il devient même le rival de l'intrigue : on s'intéresse davantage à sa personne qu'à l'histoire.

Quant à Sherard, narrateur du journal de l'enquête, lui est dévolu le rôle du docteur Watson, c'est-à-dire crédule et vivant dans l'ombre du grand homme. Il n'est en quelque sorte que le humble transcripteur d'une célèbre aventure fictive de O. Wilde. Si la trame est fictive, les personnages sont bien réels : Sherard était un ami de l'écrivain et a écrit sa biographie à plusieurs reprises. Roman policier historique, mêlant fiction et vrais personnages, la résolution du meurtre aux chandelles, menée avec brio, est une lecture distrayante et amusante... 

" Qui donc voudrait toujours être cohérent ? Pas moi en tout cas ! c'est bon pour les fâcheux et les doctrinaires, ces gens ennuyeux qui poursuivent leurs principes jusqu'à les mettre en application, avant que la réalité ne les contredise par l'absurde" (Oscar Wilde).

Brandreth, Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles, 10/18, grands détectives, 385 p.

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03 décembre 2009

La dernière enquête du chevalier Dupin de Fabrice Bourland : ISSN 2607-0006

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Nerval parlait de "l'épanchement du songe dans la vie réelle"... On peut en dire de même pour cette fiction qui parle de la mort de Nerval, l'auteur des filles du feu. Le poète s'est pendu à Paris à la fin du XIXeme siècle. Comme il était psychologiquement instable, on a tout de suite cru à un suicide. Mais cette thèse ne satisfait pas 3 de ses amis qui demandent au chevalier Dupin et à son fidèle compagnon de mener une enquête au sujet de cette mort...

Comme dans les romans policiers de Conan Doyle, le compagnon de l'enquêteur prend la plume pour narrer une aventure d'un célèbre détective. Personnage de fiction, Dupin est le héros des nouvelles de Poe (biographie sur le site Larousse) : il est aussi question de lui, dans ce court récit qui s'inspire de la véritable mort du poète sur laquelle repose l'intrigue.

L'intrigue est assez complexe puisque le narrateur fait de nombreux allers-retours entre le moment de l'écriture et l'époque où les événements se déroulent. L'écriture aussi se fait énigmatique, entre jeux de mots et jeu de l'esprit. On est amusé de voir apparaître Dumas témoigner dans cette enquête, parfois très fantaisiste, qui verse dans l'ésotérisme propre au XIXeme siècle. Et que dire des derniers mots ! "Traduction de Charles Beau de L'Ers".

Roman policier historique et littéraire, La dernière enquête du chevalier Dupin est une enquête amusante et un hommage à Edgar Allan Poe.

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