28 octobre 2016

L'enfant qui criait au loup de Gunnar Staalesen : ISSN 2607-0006

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 Varg Veum a quitté la protection de l'enfance pour devenir un détective privé. Il s'est occupé notamment d'un enfant surnommé Jannegutt, dont la mère est toxicomane et le beau-père violent, soupçonné de trafic d'alcool... A trois reprises, l'enfant va être confronté à des meurtres extrêmement violents : avec ses antécédents, Jannegut est le coupable idéal. Pourtant Varg est persuadé qu'il est innocent mais comment le prouver ?

Encore un roman norvégien, me diriez-vous ? Présente-t-il des aspects nouveaux ? Est-il construit autour d'une intrigue haletante ? Tout d'abord, l'enquête n'est pas menée sur quelques jours mais elle se déroule tout au long de la vie de Jannegut et nous pouvons donc voir évoluer tous les personnages, sur une vingtaine d'années. Ensuite, Varg est un privé, comme ceux de Hammett ou de Chandler. Il est souvent frappé, cogné...

En revanche, on retrouve l'aspect sociétal développé dans de nombreux polars norvégien : cette fois-ci, ce sont les enfants maltraités qu'on suit, monde sombre et sans espoir... Et enfin, l'auteur n'a pas manqué de faire de la Norvège, un haut lieu de criminalité ! "C'était dans le cadre de cette grande affaire de contrebande d'alcool dans le sunnfjord [...]. On se croirait parfois à Chicago, si tu vois ce que je veux dire", dit l'un des personnages à Veum. Des rebondissements vous tiendront en haleine, l'intrigue est efficace mais les personnages manquent de relief. Ce n'est pas le meilleur roman norvégien que j'ai lu.

Gunnar Staalesen, L'enfant qui criait au loup, folio policier, 480 p.

Merci folio pour ce partenariat.

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04 septembre 2016

Le lagon noir d'Indridason : ISSN 2607-0006

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Si vous êtes "indridasonifié", vous aimerez ce nouvel opus des enquêtes de l'inspecteur Erlendur : de facto, point de surprise. Dans Le lagon noir, deux enquêtes parallèles sont menées. L'une concerne la disparition, vieille d'une quarantaine d'années, d'une jeune fille, l'une des obsessions de l'inspecteur, qui a lui-même vécu la disparition d'un être cher. L'autre enquête nous amène à découvrir un meutre lié à une base américaine, installée en Islande.

La lenteur de l'enquête, peu de violence, peu de rebondissements caractérisent ce roman policier. Habituellement, se déploie un arrière-fond historique plutôt riche comme dans L'homme du lac, ce qui n'est pas le cas ici : la présence de la base américaine est traitée de manière superficielle même si l'auteur s'étend davantage sur les relations entre les deux cultures. En effet, de nombreux dialogues s'attardent sur les liens de la victime avec une américaine, sa soeur malade d'un cancer, et l'ami de celle-ci, un journaliste... et les mauvaises relations de la police islandaise avec la base américaine.

En outre, on regrette de ne pas en savoir davantage sur Marion Briem et Erlendur, en tant que jeunes enquêteurs. Marion est parfois évoquée dans d'autres enquêtes mais l'auteur ne s'étend pas sur leur vie personnelle, contrairement aux romans précédents. L'écoute est assez brève et le roman est agréablement lu par Jean-Marc Delhausse ( comédien vivant à Bruxelles) mais l'enquête est moins prenante que  La cité des Jarres ou Hypodermie...

Le lagon noir, Indridason, Audiolib, 10 h04. Vous pouvez écouter un extrait ici

Merci Audiolib pour ce partenariat.

sur ce blog, billet d'hiver arctique et L'homme du lac,

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25 juin 2016

Dust de Sonja Delzongle : ISSN 2607-0006

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Embarquez pour l'Afrique avec Dust de Zonja Delzongle. En effet, l'enquête se déroule au Kenya même si son héroïne, Hanah Baxter est une profileuse française habitant à New-York. De nombreux meutres ont été commis à Nairobi mais les corps n'ont pas été retrouvés et seules de sanglantes croix indiquent les lieux des crimes. Est-ce que ce sont les méfaits d'un tueur en série ? Des crimes rituels ? Arrivée dans la capitale du Kenya, Hanah découvre le massacre des Albinos, considérés comme des êtres maudits ou portant chance...

L'auteur a cherché à sortir des sentiers battus en proposant une héroïne atypique car elle est utilise la radiesthésie pour faire avancer l'enquête. La tension narrative est bien présente et les nombreuses découvertes ou actions laissent peu de repos au lecteur.

Contrairement au polar de Moussa Konaté ( La malédiction du Lamantin), elle fait une peinture sans pittoresque du Kenya, là où se déroule aussi La ferme africaine de Blixen, qui est évoquée dans le roman. Le dépaysement, l'exotisme font place à une réalité sordide comme le montre cette phrase, presque un zeugme : "Des petits kiosques où l'on pouvait déguster de la banane plantain en barquette, frit à l'huile de palme ou de moteur. D'autres vendaient des mangues, des papayes ou des noix de coco percées, dont on aspirait le jus à l'aide d'une paille, en même temps que le virus de l'hépatite" ( p. 57). Un polar efficace, très bien documenté, mais d'une grande noirceur...

Sonja Delzongle, Dust, folio policier,

Merci Folio pour ce partenariat.

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14 mai 2016

La malédiction du Lamantin de Konaté : ISSN 2607-0006

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Nous retrouvons dans cette nouvelle enquête, le commissaire Habib et son jeune protégé Sosso. Près du fleuve Niger, au Mali, à Bamako, vit la tribu des Bozos. Le chef de la tribu ainsi que sa deuxième femme sont tués comme dans la légende du Lamantin, une divinité des eaux. Le peuple Bozo, tout comme les Dogons, ont des croyances dans leurs dieux très fortes, ce qui rend plus difficile l'enquête puisque l'enquêteur doit démêler le faux du vrai, les croyances du mensonge... Pour des Maliens ne connaissant pas leurs coutumes, il est plus difficile pour eux d'apprendre des événements qui les mèneront jusqu'au meurtrier.

Dans le magazine, Lire spécial polar, paru en mars 2016, j'ai trouvé le terme d'ethno-polar, qui s'applique parfaitement à ce roman policier. Certes, le roman repose partiellement sur la recherche d'indices, de coupables, dont le meurtrier reste insoupçonnable jusqu'à la fin, mais on nous décrit aussi les légendes des Bozos, leur histoire, bien que de manière superficielle.

Les enquêtes du commissaire Habib peuvent se lire sans ordre, même s'il est fait référence à L'empreinte du renard, dans ce nouvel opus. On trouve de nombreuses similitudes dans la construction du roman avec la précédente enquête et les coutumes Bozos ne sont pas assez décrites, bien qu'ingénieusement intégrées dans l'histoire. En outre, les deux personnages principaux sont assez caricaturaux, trop simplifiés. L'auteur a aussi écrit Meurtre à Tombouctou et des essais.

La malédiction du Lamantin, point, Moussa Konate, 188 p.

Vous pouvez aussi écouter une émission de France culture " Seydou Keita, portraits de Maliens des années 50

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© Seydou Keïta, tirage argentique réalisé en 1998

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11 mai 2016

Le crime de l'orient-express d'Agatha Christie : ISSN 2607-0006

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 Audiolib, dans "A. christie, la reine du crime en chiffres", nous rappelle l'extraordinaire popularité de cette romancière, 40 ans après sa mort : 67 romans policiers, 190 nouvelles, 18 pièces, 2 milliards d'exemplaires vendus dans le monde... Vous pouviez lire ses romans et maintenant, vous pourrez aussi les écouter. En ce qui concerne Le crime de l'Orient-Express, dont j'avais déjà lu le roman, l'enquête est extrêmement agréable à écouter, notamment parce que les chapitres sont très courts et l'écriture simple. On suit aisément l'histoire même en n'écoutant pas d'affilé les 7 heures de lecture. En outre, la voix agréable et expressive de Samuel Labarthe contribue à l'écoute intelligible de cette célibrissime enquête ( sur la jacquette, on nous indique qu'il a suivi les cours de Mesguich et vous l'avez peut-être vu dans La conquête de Durringer ou Les petits meurtres d'Agatha Christie).

"L'impossible ne peut se produire, donc l'impossible doit devenir possible malgré les apparences"

Doit-on encore présenter cette intrigue ? Elle fait partie de ces enquêtes ingénieuses, comme Les dix petits nègres, car l'histoire est particulièrement originale : un homme est tué dans un train, bloqué par la neige. Il a été tué de 12 coups de couteau. Qui a pu commettre ce meurtre effroyable dans un lieu clos ? En redécouvrant l'histoire, on remarque les faiblesses de l'intrigue - notamment un lien, très rapidement, se tisse entre les suspects et la victime et une mécanisation des faits ( présentation de chaque suspect, un par un, audition de chaque personne à la suite...). Mais c'est avec plaisir qu'on retrouve Poirot tout en déduction, car empêché de tous mouvements dans ce train à l'arrêt, il va depuis son fauteuil, résoudre cette énigme.

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Le crime de L'Orient-Express de Sydney Lumet :

Alors que Douze hommes en colère est un huis clos réussi, ce whodunit n'est pas brillamment adapté par S. Lumet. Certes, l'intrigue est respectée et le casting éblouissant. Malheureusement, le personnage de Poirot incarné par Albert Finney paraît plus fou qu'excentrique, plus extravagant que minutieux. Son jeu outré n'est pas sans rappeler un autre Poirot, peu crédible, Peter Ustinov ( qui ronfle bouche ouverte dans un salon, dans Mort sur le Nil, mais au moins ce film avait le mérite d'être comique, grâce à des personnages secondaires extravagants). Bref, celui qui incarne le mieux Poirot, sa méticulosité et son orgueil, est David Suchet. Ce film suscite l'ennui, parce que Poirot y est ridiculement mal interprété et parce que l'intrigue est répétitive ( 12 témoins à écouter !).

Agatha Christie, Le crime de l'Orient-Express, lu par Samuel Labarthe, 6h41. Vous pouvez écouter un extrait ici.

Sidney Lumet, Le crime de l'Orient-Express, 1974, 120 min, avec Albert Finney, Vanessa Redgrave, J.P. Cassel, Lauren Bacall...

Merci Audiolib pour ce partenariat

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27 avril 2016

Le commissaire Bordelli de Marco Vichi : ISSN 2607-0006

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A Florence, en 1963, le commissaire Bordelli mène une enquête sur une vieille dame, très riche, qui semble être morte d'une crise d'asthme violente. Cependant, très rapidement, des indices prouvent qu'elle a été assassinée. Ses héritiers sont-ils les coupables ? Voici une enquête très traditionnelle, construit comme un whodunit.

L'enquêteur aussi est assez banal, si ce n'est sa propension à fréquenter des marginaux comme des prostituées, des anciens détenus, un savant fou, un cousin silencieux et aimant corriger des copies... Il faut souligner aussi que, dans cette Italie après-guerre, la pauvreté règne et Vichi s'attache à décrire l'atmosphère de Florence, sous une chaleur torride.

Il y a peu de descriptions de la ville, en revanche, la torpeur du commissaire et l'arrivée de Piras qui est le fils d'un ancien compagnon de guerre, l'amène à se remérorer ses souvenirs de guerre. Dans une note de l'auteur, à la fin du roman, on apprend que ce sont les récits de combats parternels contre les nazis, qui ont inspiré Vicchi. Comme Simenon, avec son commissaire Maigret, l'auteur s'attache surtout à décrire le quotidien de son commissaire, ses problèmes pour arrêter de fumer, son amour pour la nourriture, sa vie sans femme...

Ce roman ne présente aucun événement sensationnel, ni de recherches formelles mais c'est un livre agréable à lire où l'enquête paraît presque secondaire par rapport au personnage de Bordelli et ses différentes rencontres ainsi que son passé. C'est ce dernier aspect, qui m'a plu, et qui semble être encore développé dans la nouvelle enquête de Bordelli, parlant de traque nazis : Une sale affaire ( lu par Keisha).

Marco Vichi, Le commissaire Bordelli, 10-18, 214 p.

Lu par Lewerentz, Le livre d'après,

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23 avril 2016

Piste noire de Manzini : ISSN 2607-0006

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Dans le nord de L'Italie, dans la vallée de l'Aoste, une dameuse écrase un homme. C'est le sous-préfet Rocco Schiavone qui va enquêter. Ce dernier, fraîchement muté de Rome, supporte mal le froid et son exil. D'ailleurs, il supporte mal tous ses collègues, dont il se moque allègrement. Dès que le corps est identifié, on soupçonne un ancien amant de la femme de l'homme assassiné. Evidemment les apparences sont trompeuses et malgré ses défauts, le sous-préfet mènera à bien son enquête, grâce à de petits indices mentionnés mais l'identité du meurtrier est difficilement soupçonnable...

Si l'enquête est assez traditionnelle, le personnage principal, R. Schiavone, l'est beaucoup moins. Non seulement, le protagoniste est désagréable, mais contrairement, à nombre de policiers qui enfreignent les lois au nom d'une certaine justice et droiture, il commet des actes illégaux pour des raisons personnelles. Il n'hésite pas à menacer et à frapper les témoins. Le lieu qu'il choisit pour dévoiler l'identité de la victime n'est pas moins original. Bref, voici un héros atypique que j'ai fini par trouver attachant malgré son caractère. Ce personnage odieux évolue parmi d'autres personnages immoraux. De nombreux politiques sont corrompus, univers familier pour ceux qui ont déjà lu des romans policiers italiens.

Dans cette première enquête de R. Schiavone, sa vie sentimentale est développée de manière plus subtile. Des passages en italique explorent les sentiments du personnage principal. On comprend mieux ainsi ses motivations. Malgré des doutes, on ne découvre qu'à la fin le drame de ce policier brutal et irascible. Une enquête classique à lire si vous arrivez à supporter le sous-préfet R. Schiavone, qui à force de misanthropie provoque un certain comique...

Manzini, Piste noire, Folio policier, 290 p.

Merci folio pour ce partenariat

 billet d'Eimelle

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10 avril 2016

La revanche du petit juge de Gangemi : ISSN 2607-0006

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En Calabre, Alberto Lenzi est un magistrat peu considéré, un juge de peu d'envergure et de sucroît noceur. Lorsque son ami Giorgio Maremmi, un magistrat aussi, est assassiné, pour le venger, Alberto va risquer sa vie pour faire justice. Quelle enquête Giorgio menait-il pour que sa vie soit en péril ? Qui avait intérêt à le faire taire ? D'emblée, les preuves semblent accuser la 'Ndrangheta, la mafia calabraise. En effet, les hommes accusés du meurtre de Giorgio sont des 'Ndranghetistes, eux-mêmes retrouvés morts.

La revanche du petit juge s'inscrit dans la veine des "giallo" - les collections romans noirs italiens sont jaunes, d'où ce nom m'a expliqué la libraire - qui mêlent meurtres sanguinaires, politiques véreux, mafia, noirceur des personnages. Quelle immersion ! Quelle enquête tortueuse où la population préfère se taire que d'affronter les 'Ndranghetistes ! Gangemi décrit ainsi une société calabraise dominée par l'argent et des hommes ayant leur propre code et ne se référant pas à la loi. On découvre donc les codes d'honneur, le "chef de bâton", le fonctionnement et la structure de la mafia calabraise. En outre, Alberto, tout en faisant face à ses problèmes conjugaux, filiaux, amoureux, découvre que le parquet cache une taupe. Les morts pleuvent autour de lui et les assassins ont toujours une longueur d'avance... d'où un suspense jusqu'à la dernière page.

Après un temps d'adaptation, la traduction semble parfois faite mot à mot ( j'ai découvert des expressions étranges " vu qu'il ne mettait pas de sel s'il s'agissait d'ouvrir le feu et que tuer était pour lui un métier comme un autre", p. 18 ), j'ai pris plaisir à côtoyer tous ces personnages secondaires bien développés. Certes ce roman violent, parfois cru dans la narration des amours d'Alberto ne manque pas d'humour : l'excès caractérise tous les personnages, sans oublier de jolies descriptions de la Calabre. Il existe un cercle où les personnages ont pour principale activités le commérage, de véritables fantôches : " C'était surtout don Saro, propriétaire terrien, qui tenait le crachoir. Il revenait tout juste d'un long séjour en Australie. Et il en racontait des merveilles. Il parlait des farms à l'intérieur du pays, où la terre était si fertile que les pommes de terre y pesaient en moyenne trente kilos [...].( p. 307).

On découvre donc avec plaisir, une société de propriétaires terriens amoureux de leurs oliviers, une société en mutation où les pères ne comprennent pas que leurs filles fassent des études, où même la mafia modifie ses code en accord avec une société qui évolue, le fonctionnement du Parquet où officie Alberto, où Dieu et tous les saints sont régulièrement invoqués et où un simple mal de tête devient l'annonce d'une mort imminente ! Apparemment, un deuxième opus est en traduction, je l'attends avec impatience...

Mimmo Gangemi, La revanche du petit juge, points, 401.

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12 mars 2016

Lire ou ne pas lire : Ragougneau et Moussa Konaté : ISSN 2607-0006

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A lire : L'emprinte du renard, meurtre en pays Dogon, Moussa Konaté, 260 p., Points.

C'est armée d'une carte du Mali que j'ai commencé la lecture de L'empreinte du renard. Ne connaissant pas ce pays, j'ai découvert grâce à l'enquête de Habib, commissaire fameux de Bamako, les coutumes et les moeurs des Dogons.

En effet, des meurtres étranges sont commis en pays Dogons : après un duel traditionnel entre deux amis, d'autres meurtres s'ensuivent. c'est Issa, le conseiller du ministre, qui dépêche Habib dans ce lieu où l'irrationnel domine. Là, le commissaire et l'inspecteur Sosso sont confrontés au silence des Dogonos et à leurs rites qui leurs paraissent étranges, bien qu'habitant le même pays.

On découvre donc le rôle du Hogon, le chef spirituel, un Dama, une fête funéraire ou une séance de divination où des devins observent des messages laissés par des renards... Dans cette communauté, ce qui les surprend, c'est la jeunesse du maire et de ses adjoints, qui semblent très riches malgré leur petit salaire. Le personnage principal applique la loi mais cela ne l'empêche pas de mener des réflexions : " Ce qui est sûr, dit Habib, c'est que j'ai reçu la plus belle leçon d'humilité de ma vie. J'ai rencontré des personnes qui mettent l'homme au centre du monde. S'ils commettent un crime, ce n'est jamais pour défendre des intérêts personnels, mais pr sauver l'honneur et maintenir les fondements de leur société. [...] Ils vivent peut-être en dehors du temps, ils s'accrochent peut-être à un monde condamné à disparaître, mais ce monde a un sens".

L'empreinte du renard permet de découvrir presque de manière ethnologique la communauté des Dogons, mais en plus, la langue est sobre et élégante. Il n'y a pas de longues descriptions pédagogiques : les informations sont intégrés dans des dialogues. Un très bon roman où le suspense est maintenu et qui donne envie de découvrir les autres enquêtes de cet inspecteur.

autre roman de Moussa Konaté : La malédiction du Lamantin

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A ne pas lire : A. Ragougneau, La madone de Notre-Dame, 230 p., Points.

Comme j'avais lu une bonne critique du deuxième roman de Ragougneau, intitulé Evangile pour un gueux, publié aux Editions Hamy et qu'on soulignait sa ressemblance avec Fred Vargas, j'ai décidé d'ouvrir son premier roman : La madone de Notre-Dame.

Une jeune femme arabe est assassinée à l'intérieur de l'église mais qui a pu commettre ce crime dans un lieu clos ? Est-ce un crime raciste ? Le mobile est-il religieux ? L'enquête est menée par le commandant Landard, un homme mysogyne, raciste, et brutal :

"C'est ça mon garçon. La statue la Vierge, les curés, les chevaliers de saint frusquin et la petite poule en blanc qui tortillait du cul à pas deux mètres de toi. Tu t'en souviens ?

- Oui, je m'en souvens, oui mais vous avez de ces mots..."

Effectivement, le personnage antipathique et le vocabulaire employé m'a tellement déplu que je n'ai pas fini le roman. Dommage, ce roman policier finissait chaque chapitre en dévoilant un élément essentiel qu expliquait toute la scène antérieure, créant un bon suspense mais cela n'a pas suffit à me donner envie de découvrir le fin mot de l'histoire.

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23 janvier 2016

Goodbye Billy, Les rats de poussière de Whale : ISSN 2607-0006

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L'avis positif d'Adalana

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