19 mars 2018

Condor de Caryl Férey : ISSN 2607-0006

Condor

Au Chili, dans la quartier de la Victoria, plusieurs adolescents décèdent, dans l'indifférence générale. Grabriella, une jeune Mapuche vidéaste, décide de faire appel à un avocat Roz-Tagle pour défendre leur cause : elle a cru voir des traces de drogue sur le nez de la dernière victime de quinze ans, le fils d'un ami. Celle-ci est aussi aidée de Stefano, un ancien militant du MIR qui a lutté contre Pinochet.

Le titre fait référence à l'opération Condor : on assassinait les opposants du régime, en s'appuyant sur la DINA. Quelques années plus tard, on retrouve ces anciens militants qui font face à leurs tortionnaires mais aussi la nouvelle génération, qui doit envisager l'avenir dans un pays dominé par le capitalisme, la corruption, la pauvreté. Roman politique, avec le passé du pays qui hante les personnages, Condor est aussi un ethno-polar : quelques passages font référence à la culture mapuche et aux autochtones du désert d'Atacama.

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"Salar" de Tara

L'écriture est sèche et nerveuse. Excepté une digression autour d'un récit écrit par Esteban et des larmes récurrentes, ce roman brasse incroyablement bien une grande diversité de thèmes et de lieux : s'appuyant sur des voyages, sur des rencontres au Chili et sur la lecture des livres de Pierre Kalfon, C. Ferey nous montre la vie dans les "poblaciones" avec des enfants vivant dans des décharges, des études inaccessibles au plus grand nombre, et l'histoire des habitants du "salar" de Tara. Même si les personnages ne sont pas très attachants ( un peu stéréotypés), Condor nous plonge au coeur de la tragique histoire et des paysages superbes du Chili post-dictatorial...

Condor, Férey, Folio policier, 500 p.

Sur le web : article "opération Condor : cauchemar de l'Amérique latine", Le monde diplomatique, 2001

Cliquez ici pour obtenir le livre sur Bookwitty.

Merci Folio pour ce partenariat. Lecture de partage de lecture

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23 février 2018

Sidney Sambers et l'ombre de la mort, Les mystères de Grantchester de James Runcie : ISSN 2607-0006

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Sydney Sambers et l'ombre de la mort ressemble à un recueil de nouvelles, constitué de 6 enquêtes mais se déroulant dans une continuité chronologique. Dans le chapitre "l'ombre de la mort", une veuve vient annoncer à Sidney Chambers, qui est un écclésiaste, que son amant, qu'on vient d'enterrer, a été assassiné. Elle avait prévu de quitter la ville avec lui. Qui a pu tuer son amant ? Ami de l'inspecteur Keating, le chamoine de Grantchester va mener l'enquête. Dans le chapitre suivant, "Une affaire de confiance", une vieille femme meurt dans des circonstances suspectes. Aurait-elle été tuée par son médecin, qui souhaite épouser la fille de la vieille dame ? A nouveau, les talents du jeune pasteur vont être mis à l'épreuve. 

Un écclésiaste qui enquête vous paraît-il surprenant ? En fait, les gens se confient plus facilement au prêtre et ce dernier réfléchit davantage aux questions morales, ce qui lui permet de trouver les motivations des personnages. La dimension religieuse n'est pas absente mais ce n'est pas un prêche qu'on nous sert : on voit davantage la vie quotidienne d'un prêtre, ses préoccupations morales...

En outre, les enquêtes s'ancrent clairement dans l'après-guerre ( évoquée par Sidney, qui a participé à la seconde Guerre Mondiale) : "L'incessante escalade internationale en matière d'armes atomiques était telle que, pour la première fois, l'humanité possédait les moyens de sa propre extermination. [...] Et pourtant, ici, tout le monde parlait de tapis.". On se plaît à suivre ces enquêtes qui mêlent humour, moeurs, psychologie, intrigue sentimentale et policière. De nombreuses références littéraires et artistiques - Sidney enseigne la théologie et cite des poèmes - viennent rehausser les enquêtes. Elles ont été adaptées pour la télévision et méritent d'être lues.

Sidney Sambers et l'ombre de la mort, Les mystères de Grantchester, James Runcie, Acte sud, 356 p.

cliquez ici pour obtenir le livre sur Bookwitty

Avis de Lewerentz

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18 novembre 2017

Promesse de Jussi Adler-Olsen : ISSN 2607-0006

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J'ai découvert le fameux auteur danois, Jussi Adler-Olsen, créateur des enquêtes du département V, via une adaptation : Profanation est une enquête assez sombre, dont les suspects évoluent dans les hautes sphères de la société danoise. La série est noire, mais peu originale. J'ai un souvenir assez précis de l'intrigue mais j'ai complètement oublié la personnalité des enquêteurs, ne me rappelant que de la belle qualité de l'image et d'une intrigue à nous tenir en haleine.

Profanation, de Mikkel Norgaard, 2015, 1h59

9782367624150-001-T

Dans la sixième enquête du département V, Promesse, un policier se suicide le jour où il prend sa retraitre car il n'arrive pas à résoudre une enquête et il a demandé de l'aide à Carl Morck. Il enquêtait sur la mort d'une jeune fille renversée par un chauffard, affaire vieille de 17 ans. Deux histoires se mettent en place et finiront par se rejoindre : parallèlement à l'enquête du trio, est développée une histoire de secte, des adorateurs du culte du soleil.

Quelle n'est pas ma surprise quand je découvre plusieurs éléments comiques, voire plutôt de l'humour noir dans les premiers chapitres alors que je croyais que l'univers de cet auteur était très sombre ! La mort d'un cousin laisse notre inspecteur Carl Morck complètement indifférent, voire juge cyniquement le frère de ce cousin intéressé. Ensuite, son assistant Assad prend à la lettre les expressions lexicalisées créant du comique de mots.

Le romancier a su doser plusieurs ingrédients traditionnels : vie privée des enquêteurs, actions, rebondissements... . Assad se fait appeler Said mais nous n'en saurons pas plus dans cet opus. On assiste aux relations familiales et sentimentales de Morck. Le roman est un peu bavard, avec de nombreuses intrigues secondaires, mais à l'écoute, cela n'est pas gênant : les chapitres étant découpés en petites parties s'écoulant rapidement. Toutefois, ce roman policier reste une lecture de divertissement, étant donné qu'aucune dimension particulière n'est développée, si ce n'est le fonctionnement des sectes, mais là, rien de bien nouveau... Disons que cet opus-là ne me paraît pas remarquable mais se laisse écouter facilement...

Jussi Adler Olsen, Promesse, Audiolib, 16h53, lu par Julien Chatelet. Présenté ici, sur le site audiolib, que je remercie pour ce partenariat. Vous pouvez y écouter un extrait et le résumé.

Participation au challenge nordique de Margotte.

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11 novembre 2017

Dans l'ombre d'Indridason : ISSN 2607-0006

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Image de l'" Europe des écrivains : l'Islande"

Le documentaire diffusé sur arte " L'Europe des écrivains : L'islande" montraient trois auteurs présenter leur île : Thorarinsson, auteur de polars, Stefansson et Olafsdottir. Ces auteurs soulignaient des aspects primordiaux dans la littérature et l'histoire du pays : l'importance de la nature violente et aride, la crise écomonique du XXeme siècle et la "Situation", c'est-à-dire l'occupation des Américains pendant la seconde Guerre Mondiale.

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Image de l'" Europe des écrivains : l'Islande"

C'est d'ailleurs cet aspect-là que le premier opus, Dans l'ombre, de cette trilogie policière développe : sur fond de nazisme et d'occupation américaine, se noue un drame sentimental et idéologique. 

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 Point d'Erlendur, mais un duo d'enquêteurs, dont les personnalités sont juste esquissées, va tenter de résoudre cette affaire. Flovent, enquêteur islandais et Thorson,  enquêteur militaire. On a découvert dans un appartement de Reykjavik, un représentant de commerce tué d'une balle, avec une croix gammée sur le front. Mais assez vite, on s'aperçoit que la véritable cible était le fils d'un directeur d'école, qui aurait des accointances avec les nazis. Tout un passé sombre va ressurgir.

Surtout, leur enquête les amène à interroger les militaires américains, permettant à l'écrivain islandais de décrire l'influence de ces jeunes soldats dans le pays, mais aussi à interroger des gens vivant dans des endroits reculés montrant l'aspect plus rural du pays ( dimension sociétale qu'on trouve avec bonheur dans ses précédents romans comme La femme en vert ou ou L'homme du lac). Indridason lorgne vers le roman d'espionnage pour ce premier volume de la trilogie des ombres, sans tomber dans des complications incompréhensibles. Si les dialogues patinent un peu, on attend tout de même impatiemment la suite...

La mise en voix de ce texte présente de grandes qualités, mais les changements d'intonation lors des dialogues m'ont paru un peu excessifs. La lecture est suffisamment expressive sans les cabotinages. Vous pouvez écouter un extrait ici.

Dans l'ombre, Indridason, lu par P. Réismont, 9h03.

Merci Audiolib pour ce partenariat.

Participation au challenge nordique de Margotte.

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06 octobre 2017

Pourquoi lire des romans policiers ? : ISSN 2607-0006

Pourquoi lire des romans policiers ? Pour se divertir ( malgré les meurtres) !

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Le lieu du crime : un théâtre, à Siglufjördur, Islande. La victime : Hrolfur, un vieil écrivain, qui a connu la gloire grâce à un roman, Au nord des collines. L'arme : une chute. Les suspects : Leifur est un menuisier, qui s'occupe des décors du théâtre. Ugla est une jeune fille arrivée depuis peu à Siglufjördur et elle joue le rôle principal dans la pièce écrite par Palmi. Ce dernier est un instituteur à la retraite, qui a écrit la pièce de théâtre jouée par la troupe amateur. Karl a le premier rôle et Anna, joue un rôle secondaire dans la pièce. Elle est jalouse d'Ugla, la protégée du vieil écrivain. Ulfur, ancien ambassadeur, dirige toute la troupe. L'inspecteur : Ari Thor, un jeune enquêteur, tout juste sorti de l'école de police.

Voici tous les éléments posés : qui est l'assassin ? Quel est son mobile ? Il n'y a pas d'arrière-fond social dans ce roman policier, contrairement aux romans d'un autre célèbre auteur islandais, Indridasson ( L'homme du lac ). On suit l'évolution des sentiments d'Ari Thor, qui a des difficultés à s'intégrer dans ce petit village, où rien ne reste caché.

Snjor s'inscrit dans la lignée des whodunits : l'auteur a été un traducteur d'A. Christie et on le perçoit bien en le lisant. D'ailleurs, la résolution de l'enquête ne repose pas entièrement sur des preuves mais sur la psychologie des personnages. D'autres morts s'accumulent sur le chemin du pauvre Ari Thor, oppressé par la neige : un bon whodunit.

Snjor, Jonasson, Editions de la Martinière, 348 p.

Billet de Dasola.

PArticipation au challenge nordique de Margotte.

Pour sa dimension littéraire !

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"Je sais apprécier un bon roman policier. Mais voyez-vous, ils commencent toujours pas le mauvais bout ! Ils commencent par le meurtre. Or le meurtre n'est jamais que la fin. L'histoire débute bien avant ça - des années plus tôt, parfois - avec les mille et une causes et la longue suite d'événements qui font que des individus donnés sont présents un jour donné, à une heure donnée, dans un endroit donné. [...] Tous ont convergé vers un point donné dans l'espace et le temps... Et le moment venu, hop ! le couvercle a sauté. L'heure zéro...", déclare Mr Treve (p. 10)

Ainsi A. Christie ( biographie sur le site Larousse) va-t-elle mettre en oeuvre cette théorie. On commence par voir une personne, qui n'est pas nommée, mettant au point un plan diabolique. Puis, tous les personnages vont converger vers cette heure zéro. A Saltcreek, demeure de Lady Tressilian, sont rassemblés un tennisman Neville Strange et sa femme Kay. L'ex-femme de Neville, Audrey, son ami d'enfance, Thomas, Ted, un ami de Kay et enfin le juge Treve sont aussi présents.  Un premier mort survient. Crime ou accident ? Un deuxième meurtre est commis. "le couvercle a sauté"

Dans ce huis clos, on nous donne différents éléments, même des pistes assez éloignées  - comme un vol soi-disant perpétré par la fille de Battle - pour nous donner la longue suite d'événements qui vont mener au meurtre : saurez-vous trouver le vrai coupable ? C'est l'inspecteur Battle qui enquête avec son neveu. Ce whodunit se démarque des autres intrigues par sa construction atypique, commenté par l'un des personnages, Treve.

Il existe aussi un téléfilm assez fidèle mais simplifié de ce roman avec, à la place de Battle, Miss Marple. ( série avec Géraldine Mc Ewan, 2007)

L'heure zéro, A. Christie, Livre de poche, 251 p.

billet de LewerentLilly

Pour sa dimension sociétale :

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Rébus - célèbre commissaire créé par Rankin - est à la retraite et travaille à la résolution des affaires non classées. La disparition d'une jeune fille semble être l'oeuvre d'un tueur en série.

"Tu es vinyles, nous sommes numériques", réplique Clarke, une collègue de Rébus. Effectivement, l'enquête, comme dans une série comme Brodchurch, montre l'importance des nouvelles technologies dans les enquêtes actuelles. Elles peuvent aider la policer par l'envoi de photos, ou a contrario, la freiner en diffusant des informations allertant le tueur. Rien de bien original, mais Rebus est un homme attachant, intuitif, et bien évidemment, alcoolique et solitaire.

Rankin, Debout dans la tombe d'un autre, Livre de poche, 600 p.

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16 septembre 2017

Brunetti entre les lignes/ Une question d'honneur de Donna Leon : ISSN 2607-0006

9782757862827

Contrairement aux giallos, d'une grande noirceur, Brunetti entre les lignes est rempli de douceur, de nostalgie, et un meurtre n'est commis qu'au milieu du roman. Mais en quoi consiste donc l'enquête ? Le commissaire est appelé par la bibliothèque (fictive) de Merula car des manuscrits ont été volés. Une bibliothèque ancienne, des livres rares, un prêtre défroqué et érudit qui est appelé "Tertullien" : pourtant cet univers est très éloigné du complexe et riche d'Au nom de la Rose, d'U. Eco ( biographie sur le site Larousse).

L'intrigue se met lentement en place, au rythme des souvenirs de Brunetti, se rappelant ses années estudiantines, son amour des livres, partagé par sa femme Paola, professeur dans une université. Venise est amoureusement décrite par l'auteur, qui semble prendre plaisir à décrire rues, canaux, bâtiments... Une enquête sur les trafics de livres anciens lente et reposante, pas des plus remarquables.

Brunetti entre les lignes, Donna Leon, Editions Points, 301 p.

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Claudia est presque l'incarnation vénitienne de Lili Barth, héroïne malheureuse d'Edith Wharton, romancière qui fait l'objet des cours de la femme de Brunetti. Cette jeune étudiante souhaite réhabiliter la mémoire de son grand-père, accusé de vol d'oeuvres d'art pendant la seconde Guerre Mondiale. Est-il coupable ? Brunetti fait face à son passé et à d'anciens fascites.

"De plus en plus curieux", répondit Paola, la femme de Brunetti en citant Alice aux pays des merveilles. Quant au commissaire, il répond à ses enfants : " Est-ce que vous n'avez pas honte de consacrer toute votre énergie à acquérir davantage de richesses, sans penser un seul instant à la vérité et à la compréhension des choses, ainsi qu'à la perfection des âmes" ( Platon). Mais les références littéraires ne sont pas le seul attrait de ce livre. L'enquête amène l'auteur a aborder plusieurs problèmes sociétaux, notamment les pots de vins, les malversations, les immigrés... mais aussi des considérations sur l'art, l'histoire, la justice et la littérature... On prend vraiment plaisir à mener l'enquête aux côtés de Brunetti, même si tout semble un peu édulcoré. Les enquêtes semblent d'inégales factures.

Une question d'honneur, une enquête du commissaire Brunetti, Donna Leon, Points, 340 p.

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29 juillet 2017

Intérieur nuit de Marisha Pessl : ISSN 2607-0006

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Après un premier roman à succès, comme La physique des catastrophes, on attendait avec impatience une autre oeuvre du même auteur. Mais sera-t-elle à la hauteur ? En ce qui concerne le deuxième roman de Marisha Pessl, je l'ai beaucoup apprécié tout en le trouvant moins crédible que le premier ( le défaut de la fin du roman La physique des catastrophes, la théorie du complot, s'étend en quelque sorte à l'ensemble d'Intérieur nuit).

Intérieur nuit, c'est l'enquête d'un journaliste Scott McGrath sur la mort mystérieuse de Ahsley Cordova, la fille d'un non moins mystérieux réalisateur. Ses films d'horreur ne sont pas projetés en salle et ses tournages restent entourés d'une aura de mystère. Scott découvre un monde cinématographique fascinant, autour du PEak, demeure de Cordova. Ashley s'est-elle suicidée ? Etait-elle possédée ? Malade ? L'intrigue est à la frontière du fantastique, voire du satanique, du réel et de la fiction... Comment découvrir la vérité derrière les mensonges, les mises en scène ? Comment rester lucide devant ces faux-semblants ? "Je me faisais des films" (p. 302), contaste le narrateur...

Mais quelle inventivité en ce qui concerne les personnages et la forme que prend la narration ! Autant le personnage de journaliste relève du cliché, autant pour Cordova, Pessl fait preuve d'une inventivité démiurgique, recréant une filmographie, une demeure, un univers ténébreux... Et puis admirez, ci-dessous, la forme des informations distillées au lecteur : pages de sites, fausse couverture, photos permettent de donner vie à cette inextricable aventure. Un roman à lire même si, parfois, l'histoire paraît un peu trop abracadabrantesque...

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Marisha Pessl, Intérieur nuit, folio, 487 p.

Autre roman : La physique des catastrophes, Pessl

Merci Folio pour ce partenariat.

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15 juillet 2017

Le retour de Robert Goddard : ISSN 2607-0006

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Si vous avez déjà lu un roman de Robert Goddard, vous reconnaîtrez certains ingrédients, qui sont présents dans ses précédentes oeuvres : l'importance du passé dans la vie d'un homme et le thème du chantage, qui apparaissait déjà dans Les mystères d'Avebury. Dans Le retour, Christopher Napier est en proie à un chantage : pour quelle raison ? Qui est cette femme qui lui réclame de l'argent ? Cet épisode va permettre au héros narrateur de faire un retour en arrière sur sa vie et ce ne sera pas le seul. Le livre est entièrement construit sur des analepses : chaque nouvel élément permet à l'auteur d'évoquer ses souvenirs.

En effet, la famille de Chris est devenue riche grâce à un oncle Joshua, qui a fait fortune en Alaska à l'époque de la ruée vers l'or. Mais cet argent ne leur était pas destiné. Le vieil oncle était amoureux de Cornélia Lanyon et celle-ci était devenue sa gouvernante. La soeur de Joshua, personnage cupide n'a de cesse de se rapprocher de lui dans l'espoir d'hériter de cette colossale fortune. Soudain, l'oncle est tué par son protégé Michael Lanyon, le fils de Cordélia. A partir de ce drame, les Napier deviennent riches alors que les Lanyon subissent de nombreux revers de fortune. Mais le fils de Michael Lanyon, Nick, est persuadé de l'innocence de son père. Lorsque Nick se suicide, Chris décide de mener une enquête pour vérifier la culpabilité de Michael Lanyon.

Comme dans Les mystères d'Avebury, le héros part à la quête des témoins du meurtre passé et est confronté à de nombreux problèmes. Outre, ces problèmes, il doit faire face aux mensonges des uns et des autres. L'enfance du héros se déroulant pendant les années 1940, on nous donne aussi un aperçu de l'Angleterre après la Seconde Guerre Mondiale. La construction du roman est très efficace mais, on voit réapparaître quelques ficelles similaires aux Mystères d'Avebury. Le retour reste toutefois un bon page-turner.

Le retour, Robbert Goddard, Livre de poche, 517 p.

Billet de Lewerentz

Autres romans de cet auteur : Les mystères d'Avebury

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07 juillet 2017

Le mystère d'Avebury de Goddard : ISSN 2607-0006

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En 1981, à Avebury, David Umber est le malheureux témoin de l'enlèvement d'une petite fille et du meurtre de sa soeur, les enfants des Hall. Il venait rencontrer, dans ce lieu historique, un universitaire, qui devait lui donner des renseignements sur Junius : ce dernier est un polémiste anonyme du XVIIIeme siècle. L'affaire semble close, lorsqu'un tueur en série reconnaît, dix ans plus tard, avoir tué la jeune enfant des Hall. Mais Sharp, l'enquêteur en charge de l'affaire, à la retraite, a reçu une lettre anonyme, qui relance l'affaire. 

"Parce que ça veut dire que nous pouvons oublier les experts scientifiques à la noix. Je n'ai jamais fait confiance aux blouses blanches de toute façon [...]. Alors que le temps ? C'est autre chose. Il révèle des structures, des motifs. Ce que les gens touchés par l'enlèvement de Tamsin Hall et le meurtre de Miranda Hall ont fait pendant toutes ces années, voilà les éléments que nous allons passer au crible", déclare Charp. L'ancien inspecteur et David vont donc rencontrer tous les témoins de l'affaire.

Il y a donc une énigme littéraire, à l'intérieur d'une énigme policière. Qui est Junius ? Quel est son lien avec l'enlèvement de Tamsin Hall ? David tente de résoudre cette affaire mais les embûches sont sans nombre. Autant l'énigme autour de Junuis est enthousiasmante et réelle, autant l'excès de rebondissements rend invraisemblable l'histoire : les lieux, les personnages, les secrets se multiplient. En outre, le personnage principal est maladroit, naîf et désorienté. On dirait un pantin balloté par un écrivain en proie à une imagination débordante. L'aspect jeu de piste avec les rendez-vous manqués devient un procédé lassant.

Cependant, Robert Goddard arrive à maintenir le suspense jusqu'à la fin, mais en complexifiant à l'outrance l'intrigue, qui aurait mérité d'un peu plus de vraisemblance. Sous ses airs de simple quête de vérité, on perçoit aussi une vision assez sordide de l'humanité, où tout se monnaie, où les hommes sont sans scrupule et sans honneur.  Les mystères d'Avebury reste toutefois un bon page-turner...

Le mystère d'Avebury, Goddard, Les éditions sonatine, 394 p.

Billet de Lewerentz ici.

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05 juillet 2017

La loi des Sames de Pettersson : ISSN 2607-0006

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Pourquoi aime-t-on ce roman ? Dans ce roman policier, Lars Pettersson ne situe pas son intrigue en Laponie norvégienne, tout en oubliant le décor. Il nous décrit les us et coutumes du peuple autochtone, les Sames. Anna est subtitut du procureur, en Suède et a donc quitté "la siida" ( et sa mère avant elle), c'est-à-dire le clan. Sa famille ne cesse de lui reprocher cette défection. Elle est rappelée par sa grand-mère pour défendre son cousin Nils, accusé de viol. -40 degrés, l'aurore boréale, des paysages enneigés à perte de vue, des éleveurs de rennes pas commodes : voici ce à quoi est confronté notre héroïne.

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( carte p. 10)

Qui sont les Sames ? Grâce à ce thriller, vous en saurez plus sur leur chant traditionnel, les élevages de rennes, leurs costumes traditionnels. Une carte, placée à la première page, nous permet de suivre les déplacements d'Anna en Laponie et la traductrice a ajouté des notes de bas de pages pour traduire tous les mots Sames. C'est d'ailleurs la force et la faiblesse de ce roman que de décrire avec des détails zoliens la vie quotidienne de ce peuple : le nombre de gauffres avalés ou de cognac ingurgités, les plats détaillés, débouchage héroïque de canalisation semblent parfois superflus.

"La police des canards" ( p. 286)

" Quel rôle notre système juridique moderne pouvait-il jouer dans une société qui présumait que la loi et le droit dépendent du contexte social et des expériences accumulés au cours de l'histoire ?". Une chasse aux canards est autorisée au printemps où chacun ne peut tuer que deux canards. Seuls trois policiers surveillent cette chasse qui se déroule sur un territoire aussi grand que la Belgique. Mais personne en respecte cette réglementation. Ainsi en est-il pour la justice où le commissaire local, appartenant à une puissante famille, classe les affaires qui ne lui sont pas favorables. Pourtant Anna, ayant un caratère bien trempé, ne va pas se laisser intimider et va mener son enquête tambour battant tout en réfléchissant sur la politique de norvégianisation des Samis, du rôle des femmes dans son peuple et de la place qu'elle occupe dans sa famille. Ne vous laissez pas détourner de ce roman bien ficelé, par le premier chapitre un peu confus et le début un peu lent à se mettre en place, qui sont largement compensés par le caractère de l'héroïne et la découverte des Samis.

La loi des sames, Pettersson, folio policier, 523 p.

Merci folio pour ce partenariat !

P1000242Photo prise par Claudia, son blog ici

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