06 octobre 2017

Pourquoi lire des romans policiers ?

Pourquoi lire des romans policiers ? Pour se divertir ( malgré les meurtres) !

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Le lieu du crime : un théâtre, à Siglufjördur, Islande. La victime : Hrolfur, un vieil écrivain, qui a connu la gloire grâce à un roman, Au nord des collines. L'arme : une chute. Les suspects : Leifur est un menuisier, qui s'occupe des décors du théâtre. Ugla est une jeune fille arrivée depuis peu à Siglufjördur et elle joue le rôle principal dans la pièce écrite par Palmi. Ce dernier est un instituteur à la retraite, qui a écrit la pièce de théâtre jouée par la troupe amateur. Karl a le premier rôle et Anna, joue un rôle secondaire dans la pièce. Elle est jalouse d'Ugla, la protégée du vieil écrivain. Ulfur, ancien ambassadeur, dirige toute la troupe. L'inspecteur : Ari Thor, un jeune enquêteur, tout juste sorti de l'école de police.

Voici tous les éléments posés : qui est l'assassin ? Quel est son mobile ? Il n'y a pas d'arrière-fond social dans ce roman policier, contrairement aux romans d'un autre célèbre auteur islandais, Indridasson ( L'homme du lac ). On suit l'évolution des sentiments d'Ari Thor, qui a des difficultés à s'intégrer dans ce petit village, où rien ne reste caché.

Snjor s'inscrit dans la lignée des whodonits : l'auteur a été un traducteur d'A. Christie et on le perçoit bien en le lisant. D'ailleurs, la résolution de l'enquête ne repose pas entièrement sur des preuves mais sur la psychologie des personnages. D'autres morts s'accumulent sur le chemin du pauvre Ari Thor, oppressé par la neige : un bon whodonit.

Snjor, Jonasson, Editions de la Martinière, 348 p.

Merci Lewerentz pour ce roman. Billet de Dasola. PArticipation au challenge nordique de Margotte.

Pour sa dimension littéraire !

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"Je sais apprécier un bon roman policier. Mais voyez-vous, ils commencent toujours pas le mauvais bout ! Ils commencent par le meurtre. Or le meurtre n'est jamais que la fin. L'histoire débute bien avant ça - des années plus tôt, parfois - avec les mille et une causes et la longue suite d'événements qui font que des individus donnés sont présents un jour donné, à une heure donnée, dans un endroit donné. [...] Tous ont convergé vers un point donné dans l'espace et le temps... Et le moment venu, hop ! le couvercle a sauté. L'heure zéro...", déclare Mr Treve (p. 10)

Ainsi A. Christie va-t-elle mettre en oeuvre cette théorie. On commence par voir une personne, qui n'est pas nommée, mettant au point un plan diabolique. Puis, tous les personnages vont converger vers cette heure zéro. A Saltcreek, demeure de Lady Tressilian, sont rassemblés un tennisman Neville Strange et sa femme Kay. L'ex-femme de Neville, Audrey, son ami d'enfance, Thomas, Ted, un ami de Kay et enfin le juge Treve sont aussi présents.  Un premier mort survient. Crime ou accident ? Un deuxième meurtre est commis. "le couvercle a sauté"

Dans ce huis clos, on nous donne différents éléments, même des pistes assez éloignées  - comme un vol soi-disant perpétré par la fille de Battle - pour nous donner la longue suite d'événements qui vont mener au meurtre : saurez-vous trouver le vrai coupable ? C'est l'inspecteur Battle qui enquête avec son neveu. Ce whodonit se démarque des autres intrigues par sa construction atypique, commenté par l'un des personnages lui-même ( Treve).

Il existe aussi un téléfilm assez fidèle mais simplifié de ce roman avec, à la place de Battle, Miss Marple. ( série avec Géraldine Mc Ewan, 2007)

L'heure zéro, A. Christie, Livre de poche, 251 p.

billet de LewerentLilly

Pour sa dimension sociétale :

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Rébus - célèbre commissaire créé par Rankin - est à la retraite et travaille à la résolution des affaires non classées. La disparition d'une jeune fille semble être l'oeuvre d'un tueur en série.

"Tu es vinyles, nous sommes numériques", réplique Clarke, une collègue de Rankin. Effectivement, l'enquête, comme dans une série comme Brodchurch, montre l'importance des nouvelles technologies dans les enquêtes actuelles. Elles peuvent aider la policer par l'envoi de photos, ou a contrario, la freiner en diffusant des informations allertant le tueur. Rien de bien original, mais Rebus est un homme attachant, intuitif, et bien évidemment, alcoolique et solitaire.

Rankin, Debout dans la tombe d'un autre, Livre de poche, 600 p.

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16 septembre 2017

Donna Leon, Brunetti entre les lignes/ Une question d'honneur

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Contrairement aux giallos, d'une grande noirceur, Brunetti entre les lignes est remplie de douceur, de nostalgie, et un meurtre n'est commis qu'au milieu du roman. Mais en quoi consiste donc l'enquête ? Le commissaire est appelé par la bibliothèque (fictive) de Merula car des manuscrits ont été volés. Une bibliothèque ancienne, des livres rares, un prêtre défroqué et érudit qui est appelé "Tertullien" : pourtant cet univers est très éloigné du complexe et riche d'Au nom de la Rose.

L'intrigue se met lentement en place, au rythme des souvenirs de Brunetti, se rappelant ses années estudiantines, son amour des livres, partagé par sa femme Paola, professeur dans une université. Venise est amoureusement décrite par l'auteur, qui semble prendre plaisir à décrire rues, canaux, bâtiments... Une enquête sur les trafics de livres anciens lente et reposante, pas des plus remarquables.

Brunetti entre les lignes, Donna Leon, Editions Points, 301 p.

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Claudia est presque l'incarnation vénitienne de Lili Barth, héroïne malheureuse d'Edith Wharton, romancière qui fait l'objet des cours de la femme de Brunetti. Cette jeune étudiante souhaite réhabiliter la mémoire de son grand-père, accusé de vol d'oeuvres d'art pendant la seconde Guerre Mondiale. Est-il coupable ? Brunetti fait face à son passé et à d'anciens fascites.

"De plus en plus curieux", répondit Paola, la femme de Brunetti en citant Alice aux pays des merveilles. Quant au commissaire, il répond à ses enfants : " Est-ce que vous n'avez pas honte de consacrer toute votre énergie à acquérir davantage de richesses, sans penser un seul instant à la vérité et à la compréhension des choses, ainsi qu'à la perfection des âmes" ( Platon). Mais les références littéraires ne sont pas le seul attrait de ce livre. L'enquête amène l'auteur a aborder plusieurs problèmes sociétaux, notamment les pots de vins, les malversations, les immigrés... mais aussi des considérations sur l'art, l'histoire, la justice et la littérature... On prend vraiment plaisir à mener l'enquête aux côtés de Brunetti, même si tout semble un peu édulcoré. D'autres lectures de la série viendront certainement, bien que les enquêtes semblent d'inégales factures.

Une question d'honneur, une enquête du commissaire Brunetti, Donna Leon, Points, 340 p.

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29 juillet 2017

Intérieur nuit, Marisha Pessl

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Après un premier roman à succès, comme La physique des catastrophes, on attendait avec impatience une autre oeuvre du même auteur. Mais sera-t-elle à la hauteur ? En ce qui concerne le deuxième roman de Marisha Pessl, je l'ai beaucoup apprécié tout en le trouvant moins crédible que le premier ( le défaut de la fin du roman La physique des catastrophes, la théorie du complot, s'étend en quelque sorte à l'ensemble de Intérieur nuit).

Intérieur nuit, c'est l'enquête d'un journaliste Scott McGrath sur la mort mystérieuse de Ahsley Cordova, la fille d'un non moins mystérieux réalisateur. Ses films d'horreur ne sont pas projetés en salle et ses tournages restent entourés d'une aura de mystère. Scott découvre un monde cinématographique fascinant, autour du PEak, demeure de Cordova. Ashley s'est-elle suicidée ? Etait-elle possédée ? Malade ? L'intrigue est à la frontière du fantastique, voire du satanique, du réel et de la fiction... Comment découvrir la vérité derrière les mensonges, les mises en scène ? Comment rester lucide devant ces faux-semblants ? "Je me faisais des films" (p. 302), contaste le narrateur...

Mais quelle inventivité en ce qui concerne les personnages et la forme que prend la narration ! Autant le personnage de journaliste relève du cliché, autant pour Cordova, Pessl fait preuve d'une inventivité démiurgique, recréant une filmographie, une demeure, un univers ténébreux... Et puis admirez, ci-dessous, la forme des informations distillées au lecteur : pages de sites, fausse couverture, photos permettent de donner vie à cette inextricable aventure. Un roman à lire même si, parfois, l'histoire paraît un peu trop abracadabrantesque...

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Marisha Pessl, Intérieur nuit, folio, 487 p.

Son prédécent billet : La physique des catastrophes, Pessl

Merci Folio pour ce partenariat.

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15 juillet 2017

Le retour, Robert Goddard

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Si vous avez déjà lu un roman de Robert Goddard, vous reconnaîtrez certains ingrédients, qui sont présents dans ses précédentes oeuvres : l'importance du passé dans la vie d'un homme et le thème du chantage, qui apparaissait déjà dans Les mystères d'Avebury. Dans Le retour, Christopher Napier est en proie à un chantage : pour quelle raison ? Qui est cette femme qui lui réclame de l'argent ? Cet épisode va permettre au héros narrateur de faire un retour en arrière sur sa vie et ce ne sera pas le seul. Le livre est entièrement construit sur des analepses : chaque nouvel élément permet à l'auteur d'évoquer ses souvenirs.

En effet, la famille de Chris est devenue riche grâce à un oncle Joshua, qui a fait fortune en Alaska à l'époque de la ruée vers l'or. Mais cet argent ne leur était pas destiné. Le vieil oncle était amoureux de Cornélia Lanyon et celle-ci était devenue sa gouvernante. La soeur de Joshua, personnage cupide n'a de cesse de se rapprocher de lui dans l'espoir d'hériter de cette colossale fortune. Soudain, l'oncle est tué par son protégé Michael Lanyon, le fils de Cordélia. A partir de ce drame, les Napier deviennent riches alors que les Lanyon subissent de nombreux revers de fortune. Mais le fils de Michael Lanyon, Nick, est persuadé de l'innocence de son père. Lorsque Nick se suicide, Chris décide de mener une enquête pour vérifier la culpabilité de Michael Lanyon.

Comme dans Les mystères d'Avebury, le héros part à la quête des témoins du meurtre passé et est confronté à de nombreux problèmes. Outre, ces problèmes, il doit faire face aux mensonges des uns et des autres. L'enfance du héros se déroulant pendant les années 1940, on nous donne aussi un aperçu de l'Angleterre après la Seconde Guerre Mondiale. La construction du roman est très efficace mais, on voit réapparaître quelques ficelles similaires aux Mystères d'Avebury. Le retour reste toutefois un bon page-turner.

Le retour, Robbert Goddard, Livre de poche, 517 p.

Lecture commune avec Missycornish : son billet ici. Billet de Lewerentz

Autres romans de cet auteur : Les mystères d'Avebury

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07 juillet 2017

Goddard, Le mystère d'Avebury

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En 1981, à Avebury, David Umber est le malheureux témoin d'un enlèvement d'une petite fille et du meurtre de sa soeur, les enfants des Hall. Il venait rencontrer, dans ce lieu historique, un universitaire, qui devait lui donner des renseignements sur Junius : ce dernier est un polémiste anonyme du XVIIIeme siècle. L'affaire semble close, lorsqu'un tueur en série reconnaît, dix ans plus tard, avoir tué la jeune enfant des Hall. Mais Sharp, l'enquêteur en charge de l'affaire, à la retraite, a reçu une lettre anonyme, qui relance l'affaire. 

"Parce que ça veut dire que nous pouvons oublier les experts scientifiques à la noix. Je n'ai jamais fait confiance aux blouses blanches de toute façon [...]. Alors que le temps ? C'est autre chose. Il révèle des structures, des motifs. Ce que les gens touchés par l'enlèvement de Tamsin Hall et le meurtre de Miranda Hall ont fait pendant toutes ces années, voilà les éléments que nous allons passer au crible", déclare Charp. L'ancien inspecteur et David vont donc rencontrer tous les témoins de l'affaire.

Il y a donc une énigme littéraire, à l'intérieur d'une énigme policière. Qui est Junius ? Quel est son lien avec l'enlèvement de Tamsin Hall ? David tente de résoudre cette affaire mais les embûches sont sans nombre. Autant l'énigme autour de Junuis est enthousiasmante et réelle, autant l'excès de rebondissements rend invraisemblable l'histoire : les lieux, les personnages, les secrets se multiplient. En outre, le personnage principal est maladroit, naîf et désorienté. On dirait un pantin balloté par un un écrivain en proie à une imagination débordante. L'aspect jeu de piste avec les rendez-vous manqués devient un procédé lassant.

Cependant, Robert Goddard arrive à maintenir le suspense jusqu'à la fin, mais en complexifiant à l'outrance l'intrigue, qui aurait mérité d'un peu plus de vraisemblance. Sous ses airs de simple quête de vérité, on perçoit aussi une vision assez sordide de l'humanité, où tout se monnaie, où les hommes sont sans scrupule et sans honneur.  Les mystères d'Avebury reste toutefois un bon page-turner...

Le mystère d'Avebury, Goddard, Les éditions sonatine, 394 p.

Merci Lewerentz pour ce livre : son billet ici.

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05 juillet 2017

La loi des Sames, Pettersson

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Pourquoi on aime ce roman ? Dans ce roman policier, Lars Pettersson ne situe pas son intrigue en Laponie norvégienne, tout en oubliant le décor. Il nous décrit les us et coutumes du peuple autochtone, les Sames. Anna est subtitut du procureur, en Suède et a donc quitté la siida ( et sa mère avant elle), c'est-à-dire le clan. Sa famille ne cesse de lui reprocher cette défection. Elle est rappelée par sa grand-mère pour défendre son cousin Nils, accusé de viol. -40 degrés, l'aurore boréale, des paysages enneigés à perte de vue, des éleveurs de rennes pas commodes : voici ce à quoi est confronté notre héroïne.

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( carte p. 10)

Qui sont les Sames ? Grâce à ce thriller, vous en saurez plus sur leur chant traditionnel, les élevages de rennes, leurs costumes traditionnels. Une carte, placée à la première page, nous permet de suivre les déplacements d'Anna en Laponie et la traductrice a ajouté des notes de bas de pages pour traduire tous les mots Sames. C'est d'ailleurs la force et la faiblesse de ce roman que de décrire avec des détails zoliens la vie quotidienne de ce peuple : le nombre de gauffres avalés ou de cognac ingurgités, les plats détaillés, débouchage héroïque de canalisation semblent parfois superflus.

"La police des canards" ( p. 286) " Quel rôle notre système juridique moderne pouvait-il jouer dans une société qui présumait que la loi et le droit dépendent du contexte social et des expériences accumulés au cours de l'histoire ?". Une chasse aux canards est autorisée au printemps où chacun ne peut tuer que deux canards. Seuls trois policiers surveillent cette chasse qui se déroule sur un territoire aussi grand que la Belgique. Mais personne en respecte cette réglementation. Ainsi en est-il pour la justice où le commissaire local, appartenant à une puissante famille, classe les affaires qui ne lui sont pas favorables. Pourtant Anna, ayant un caratère bien trempé, ne va pas se laisser intimider et va mener son enquête tambour battant tout en réfléchissant sur la politique de norvégianisation des Samis, du rôle des femmes dans son peuple et de la place qu'elle occupe dans sa famille. Ne vous laissez pas détourner de ce roman bien ficelé, par le premier chapitre un peu confus et le début un peu lent à se mettre en place, qui sont largement compensés par le caractère de l'héroïne et la découverte des Samis.

La loi des sames, Pettersson, folio policier, 523 p.

Merci folio pour ce partenariat ! Merci Claudia, qui par sa passion pour ce pays où elle a voyagé m'a donné envie de découvrir ce roman.

P1000242Photo prise par Claudia, son blog ici

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16 janvier 2017

Parsons, Des garçons bien élevés

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Voici un polar pas des plus originaux mais captivant... En effet, d'emblée, on identifie assez vite les criminels. Une jeune fille est tuée par plusieurs garçons. Plusieurs années plus tard, deux meurtres sont commis : un banquier et un SDF. Quel lien les lie-t-il ? Rapidement, une personne surnommée Bob le boucher semble revendiquer les meurtres. L'enquête est menée par le touchant Max Wolfe qui essaie d'élever seul sa fille tout en faisant face à de nombreux problèmes techniques : Bob le Boucher semble inateignable derrière ses écrans et de nouvelles victimes potentielles évoluent dans les hautes sphères politiques ou financières.

Rien de bien neuf me diriez-vous. Pourtant, l'auteur arrive encore à nous surprendre grâce à quelques rebondissements savamment placés pour nous garder éveillés, notamment un à la dernière page... En outre, Parson est un peu le Connely anglais puisqu'il nous décrit minutieusement tous les rouages de la police, donnant un grand réalisme à son enquête. Il semble notamment fasciné par le Black museum, lieu où sont rassemblées toutes les armes et tous les souvenirs de meurtres anciens et qu'il exploite à plusieurs reprises dans le roman.

Tout aussi précisément, il détaille la vie d'une école prestigieuse Potter's field. Pourtant, en abordant la vie des nantis, de ces génies que tout favorise, le romancier n'a pas fouillé l'aspect sociétal, s'attardant davantage sur les interactions de la police avec la presse ou le politique. En revanche, Parsons dans les garçons bien élevés a sur doser vie privée de l'inspecteur et quête des indices. Un très bon roman policier qui donne envie de découvrir ses précédents romans !

Tony PArsons, Des garçons bien élevés, points, 424 p.

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16 décembre 2016

J. J. Murphy, Le cercle des plumes assassines

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Connaissez-vous Dorothy Parker ? Elle a travaillé pour Vanity fair, ainsi que Robert Benchley, autre protagoniste de l'histoire. A leur côté, on trouve Woolcott, Kauffman, Moss Hart... qui se réunissaient à l'Hotel Algonquin avec toute l'intelligensia new-yorkaise. Ces personnes réelles vont être rassemblées en dépit de la chronologie réelle pour une enquête. Dans les plumes assassines, les convives de la Table Ronde sont confrontés au meutre de Leland Mayflower, critique de théâtre du Knickerbocker News, tué par un stylo plume dans le coeur, ce qui fera dire à notre héroïne : " il a pris l'écriture trop à coeur" (p. 29). 

Certes, l'intrigue est bien menée, dans de brefs chapitres où s'accumulent de nombreux rebondissements évoquant la Prohibition, la vie artistique new-yorkaise. Quel est le mobile du crime ? la police croit à la culpabilité de William Faulkner - rien moins que ça - débarquant de son sud natal et que Dorothy prend sous son aile. Elle décide pour le disculper de partir à la chasse aux indices et se retrouve nez à nez avec un tueur à gage, un mafieu etc...

Pour mieux rendre compte de l'ambiance qu'il régnait dans le "cercle vicieux", J.J. Murphy a émaillé son texte de jeux de mots : mais quel humour ! Quel dialogue ! Quelle verve ! Ainsi peut-on lire de Robert Benchley, qui a volé un carnet dans un restaurant, qu'il a commis "un menu larcin" de Church, qui a une jambe de bois, qu'il perd pied dans cette enquête : " Enfin Benchley prit la parole :

- Apparemment, notre ami estropié est bien perplexe.

- En effet.

Puis, incapable de résiter :

- On peut même dire qu'il perd pied.

- Nouveau silence. Puis :

- Vous croyez que Tony Soma est encore ouvert à cette heure ? fit Benchley. Après tous ces cadavres, je boirais bien quelque chose, moi.

- Allons-y conclut-elle. Du moment qu'on ne finit pas ivres morts."( p. 212)

J.J. Murphy, Le cercle des plumes assassines, folio, 421 p.

Merci folio pour ce partenariat

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26 novembre 2016

Camillieri, Meurtre aux poissons rouges

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Après Gangemi ( La revanche du petit juge) ou Vicchi ( Le commissaire Bordelli), j'ai eu envie de connaître un autre célèbre auteur de romans policiers italiens. J'ai donc jeté mon dévolu sur Camillieri. J'ai abandonné La première enquête de Montalbano pour raison de traduction : dès la première ligne, on peut lire " les deux hommes se tenaient alabrités" ? Puis, "enfin le circulaire survint, les deux hommes grimpèrent, il repartit" ( Un bus ? on comprend le sens mais je n'ai jamais vu " circulaire" employé dans ce sens là !). Outre des erreurs grammaticales, je n'ai pas pu continuer ma lecture tant des phrases incompréhensibles m'irritaient : "Tu veux voir qu'il s'était pris quelques degrés de fièvre? " ???

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Reposant donc le livre, j'en ai saisi un deuxième (pas publié dans la même collection), écrit à deux mains. Et quel plaisir ! Quelle originalité ! Une collègue de Montalbano, personnage récurrent des romans de Camillieri, l'inspecteur Grazia Negro lui écrit pour lui demander son aide dans une affaire des plus étranges qu'on cherche à étouffer : un homme est retrouvé axphysié, chez lui, près de lui des énigmatiques poissons rouges et une chaussure en moins. Un roman policier épistolaire ! On découvre jointe à la lettre les déposition des témoins, procès-verbaux, rapport du légiste, des photographies...

La réponse de Salvo Montalbano ne tarde pas et réserve bien des surprises, de même que la suite de l'enquête, qui est des plus rocambolesques mais reste vraisemblable ! Grazia, menacée de mort, fait passer ses messages dans des tortellini et Salvo utilise des messages cryptés. Le tout ne manque pas d'humour avec notamment le personnage étourdi et distrait de Catarella ou le séducteur de Mimi Augello. Une enquête pleine de rebondissements et dont le suspense est maintenu grâce à une intrigue qui se met en place comme un puzzle... Un enquête originale, étourdissante et drôle...

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Andrea Camillieri, La première enquête de Montalbano, fleuve noir, 340 p.

Camillier et Lucarelli, Meurtes aux poissons rouges, 152 p.

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04 novembre 2016

Ellory, les Assassins

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Si tu regardes trop l'abîme, l'abîme regardera en toi" ( Nitzsche)

En 2006 à New York, une série de crimes copient d'anciens meurtriers en série comme ceux du Zodiaque, du marteau de Dieu... Pour traquer l'assassin, l'inspecteur Irving est aidé d'un rescapé d'un tueur en série, John Costello, documentaliste dans un journal le City Herald. Un copycat ? Une citation en exergue lue déjà mille fois ?

Mais le suspense est diabolique ! Malgré une écriture très éclectique à laquelle il faut s'adapter ( extraits de journaux, d'article internet, alternance au départ des pensées de John puis les faits, la retranscription d'interrogatoire), on finit par être aussi nerveux qu'Irving : arrivera-t-il à arrêter le meurtrier qui semble insaisissable ? La quête semble désespérée car le meurtrier ne laisse aucun indice et se joue de la police en l'induisant en erreur... Mais quelle tension !

L'atmosphère très noire et opressante, l'écriture factuelle rend difficile à lâcher ce roman. A l'humanisme des deux personnages principaux s'opposent l'évocation de nombreux tueurs en série et de nombreux faits sordides autour de leurs crimes comme la recherche d'objets ayant appartenu aux criminelles. On nous décrit aussi le fonctionnement de la NYPD et de ses heurts avec le politiques et le journalisme. Même si le sujet n'est pas particulièrement original, le questionnement sur le mal, sur la personnalité des tueurs, le réalisme de l'enquête et l'absence de facilité nous font reposer ce livre qu'une fois la dernière page lue !

R.J. Ellory, Les assassins, Livre de poche, p.661

Merci aux éditions Livre de poche pour ce partenriat

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