29 juillet 2017

Intérieur nuit, Marisha Pessl

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Après un premier roman à succès, comme La physique des catastrophes, on attendait avec impatience une autre oeuvre du même auteur. Mais sera-t-elle à la hauteur ? En ce qui concerne le deuxième roman de Marisha Pessl, je l'ai beaucoup apprécié tout en le trouvant moins crédible que le premier ( le défaut de la fin du roman La physique des catastrophes, la théorie du complot, s'étend en quelque sorte à l'ensemble de Intérieur nuit).

Intérieur nuit, c'est l'enquête d'un journaliste Scott McGrath sur la mort mystérieuse de Ahsley Cordova, la fille d'un non moins mystérieux réalisateur. Ses films d'horreur ne sont pas projetés en salle et ses tournages restent entourés d'une aura de mystère. Scott découvre un monde cinématographique fascinant, autour du PEak, demeure de Cordova. Ashley s'est-elle suicidée ? Etait-elle possédée ? Malade ? L'intrigue est à la frontière du fantastique, voire du satanique, du réel et de la fiction... Comment découvrir la vérité derrière les mensonges, les mises en scène ? Comment rester lucide devant ces faux-semblants ? "Je me faisais des films" (p. 302), contaste le narrateur...

Mais quelle inventivité en ce qui concerne les personnages et la forme que prend la narration ! Autant le personnage de journaliste relève du cliché, autant pour Cordova, Pessl fait preuve d'une inventivité démiurgique, recréant une filmographie, une demeure, un univers ténébreux... Et puis admirez, ci-dessous, la forme des informations distillées au lecteur : pages de sites, fausse couverture, photos permettent de donner vie à cette inextricable aventure. Un roman à lire même si, parfois, l'histoire paraît un peu trop abracadabrantesque...

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Marisha Pessl, Intérieur nuit, folio, 487 p.

Son prédécent billet : La physique des catastrophes, Pessl

Merci Folio pour ce partenariat.

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15 juillet 2017

Le retour, Robert Goddard

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Si vous avez déjà lu un roman de Robert Goddard, vous reconnaîtrez certains ingrédients, qui sont présents dans ses précédentes oeuvres : l'importance du passé dans la vie d'un homme et le thème du chantage, qui apparaissait déjà dans Les mystères d'Avebury. Dans Le retour, Christopher Napier est en proie à un chantage : pour quelle raison ? Qui est cette femme qui lui réclame de l'argent ? Cet épisode va permettre au héros narrateur de faire un retour en arrière sur sa vie et ce ne sera pas le seul. Le livre est entièrement construit sur des analepses : chaque nouvel élément permet à l'auteur d'évoquer ses souvenirs.

En effet, la famille de Chris est devenue riche grâce à un oncle Joshua, qui a fait fortune en Alaska à l'époque de la ruée vers l'or. Mais cet argent ne leur était pas destiné. Le vieil oncle était amoureux de Cornélia Lanyon et celle-ci était devenue sa gouvernante. La soeur de Joshua, personnage cupide n'a de cesse de se rapprocher de lui dans l'espoir d'hériter de cette colossale fortune. Soudain, l'oncle est tué par son protégé Michael Lanyon, le fils de Cordélia. A partir de ce drame, les Napier deviennent riches alors que les Lanyon subissent de nombreux revers de fortune. Mais le fils de Michael Lanyon, Nick, est persuadé de l'innocence de son père. Lorsque Nick se suicide, Chris décide de mener une enquête pour vérifier la culpabilité de Michael Lanyon.

Comme dans Les mystères d'Avebury, le héros part à la quête des témoins du meurtre passé et est confronté à de nombreux problèmes. Outre, ces problèmes, il doit faire face aux mensonges des uns et des autres. L'enfance du héros se déroulant pendant les années 1940, on nous donne aussi un aperçu de l'Angleterre après la Seconde Guerre Mondiale. La construction du roman est très efficace mais, on voit réapparaître quelques ficelles similaires aux Mystères d'Avebury. Le retour reste toutefois un bon page-turner.

Le retour, Robbert Goddard, Livre de poche, 517 p.

Lecture commune avec Missycornish : son billet ici. Billet de Lewerentz

Autres romans de cet auteur : Les mystères d'Avebury

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07 juillet 2017

Goddard, Le mystère d'Avebury

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En 1981, à Avebury, David Umber est le malheureux témoin d'un enlèvement d'une petite fille et du meurtre de sa soeur, les enfants des Hall. Il venait rencontrer, dans ce lieu historique, un universitaire, qui devait lui donner des renseignements sur Junius : ce dernier est un polémiste anonyme du XVIIIeme siècle. L'affaire semble close, lorsqu'un tueur en série reconnaît, dix ans plus tard, avoir tué la jeune enfant des Hall. Mais Sharp, l'enquêteur en charge de l'affaire, à la retraite, a reçu une lettre anonyme, qui relance l'affaire. 

"Parce que ça veut dire que nous pouvons oublier les experts scientifiques à la noix. Je n'ai jamais fait confiance aux blouses blanches de toute façon [...]. Alors que le temps ? C'est autre chose. Il révèle des structures, des motifs. Ce que les gens touchés par l'enlèvement de Tamsin Hall et le meurtre de Miranda Hall ont fait pendant toutes ces années, voilà les éléments que nous allons passer au crible", déclare Charp. L'ancien inspecteur et David vont donc rencontrer tous les témoins de l'affaire.

Il y a donc une énigme littéraire, à l'intérieur d'une énigme policière. Qui est Junius ? Quel est son lien avec l'enlèvement de Tamsin Hall ? David tente de résoudre cette affaire mais les embûches sont sans nombre. Autant l'énigme autour de Junuis est enthousiasmante et réelle, autant l'excès de rebondissements rend invraisemblable l'histoire : les lieux, les personnages, les secrets se multiplient. En outre, le personnage principal est maladroit, naîf et désorienté. On dirait un pantin balloté par un un écrivain en proie à une imagination débordante. L'aspect jeu de piste avec les rendez-vous manqués devient un procédé lassant.

Cependant, Robert Goddard arrive à maintenir le suspense jusqu'à la fin, mais en complexifiant à l'outrance l'intrigue, qui aurait mérité d'un peu plus de vraisemblance. Sous ses airs de simple quête de vérité, on perçoit aussi une vision assez sordide de l'humanité, où tout se monnaie, où les hommes sont sans scrupule et sans honneur.  Les mystères d'Avebury reste toutefois un bon page-turner...

Le mystère d'Avebury, Goddard, Les éditions sonatine, 394 p.

Merci Lewerentz pour ce livre : son billet ici.

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05 juillet 2017

La loi des Sames, Pettersson

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Pourquoi on aime ce roman ? Dans ce roman policier, Lars Pettersson ne situe pas son intrigue en Laponie norvégienne, tout en oubliant le décor. Il nous décrit les us et coutumes du peuple autochtone, les Sames. Anna est subtitut du procureur, en Suède et a donc quitté la siida ( et sa mère avant elle), c'est-à-dire le clan. Sa famille ne cesse de lui reprocher cette défection. Elle est rappelée par sa grand-mère pour défendre son cousin Nils, accusé de viol. -40 degrés, l'aurore boréale, des paysages enneigés à perte de vue, des éleveurs de rennes pas commodes : voici ce à quoi est confronté notre héroïne.

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( carte p. 10)

Qui sont les Sames ? Grâce à ce thriller, vous en saurez plus sur leur chant traditionnel, les élevages de rennes, leurs costumes traditionnels. Une carte, placée à la première page, nous permet de suivre les déplacements d'Anna en Laponie et la traductrice a ajouté des notes de bas de pages pour traduire tous les mots Sames. C'est d'ailleurs la force et la faiblesse de ce roman que de décrire avec des détails zoliens la vie quotidienne de ce peuple : le nombre de gauffres avalés ou de cognac ingurgités, les plats détaillés, débouchage héroïque de canalisation semblent parfois superflus.

"La police des canards" ( p. 286) " Quel rôle notre système juridique moderne pouvait-il jouer dans une société qui présumait que la loi et le droit dépendent du contexte social et des expériences accumulés au cours de l'histoire ?". Une chasse aux canards est autorisée au printemps où chacun ne peut tuer que deux canards. Seuls trois policiers surveillent cette chasse qui se déroule sur un territoire aussi grand que la Belgique. Mais personne en respecte cette réglementation. Ainsi en est-il pour la justice où le commissaire local, appartenant à une puissante famille, classe les affaires qui ne lui sont pas favorables. Pourtant Anna, ayant un caratère bien trempé, ne va pas se laisser intimider et va mener son enquête tambour battant tout en réfléchissant sur la politique de norvégianisation des Samis, du rôle des femmes dans son peuple et de la place qu'elle occupe dans sa famille. Ne vous laissez pas détourner de ce roman bien ficelé, par le premier chapitre un peu confus et le début un peu lent à se mettre en place, qui sont largement compensés par le caractère de l'héroïne et la découverte des Samis.

La loi des sames, Pettersson, folio policier, 523 p.

Merci folio pour ce partenariat ! Merci Claudia, qui par sa passion pour ce pays où elle a voyagé m'a donné envie de découvrir ce roman.

P1000242Photo prise par Claudia, son blog ici

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16 janvier 2017

Parsons, Des garçons bien élevés

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Voici un polar pas des plus originaux mais captivant... En effet, d'emblée, on identifie assez vite les criminels. Une jeune fille est tuée par plusieurs garçons. Plusieurs années plus tard, deux meurtres sont commis : un banquier et un SDF. Quel lien les lie-t-il ? Rapidement, une personne surnommée Bob le boucher semble revendiquer les meurtres. L'enquête est menée par le touchant Max Wolfe qui essaie d'élever seul sa fille tout en faisant face à de nombreux problèmes techniques : Bob le Boucher semble inateignable derrière ses écrans et de nouvelles victimes potentielles évoluent dans les hautes sphères politiques ou financières.

Rien de bien neuf me diriez-vous. Pourtant, l'auteur arrive encore à nous surprendre grâce à quelques rebondissements savamment placés pour nous garder éveillés, notamment un à la dernière page... En outre, Parson est un peu le Connely anglais puisqu'il nous décrit minutieusement tous les rouages de la police, donnant un grand réalisme à son enquête. Il semble notamment fasciné par le Black museum, lieu où sont rassemblées toutes les armes et tous les souvenirs de meurtres anciens et qu'il exploite à plusieurs reprises dans le roman.

Tout aussi précisément, il détaille la vie d'une école prestigieuse Potter's field. Pourtant, en abordant la vie des nantis, de ces génies que tout favorise, le romancier n'a pas fouillé l'aspect sociétal, s'attardant davantage sur les interactions de la police avec la presse ou le politique. En revanche, Parsons dans les garçons bien élevés a sur doser vie privée de l'inspecteur et quête des indices. Un très bon roman policier qui donne envie de découvrir ses précédents romans !

Tony PArsons, Des garçons bien élevés, points, 424 p.

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16 décembre 2016

J. J. Murphy, Le cercle des plumes assassines

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Connaissez-vous Dorothy Parker ? Elle a travaillé pour Vanity fair, ainsi que Robert Benchley, autre protagoniste de l'histoire. A leur côté, on trouve Woolcott, Kauffman, Moss Hart... qui se réunissaient à l'Hotel Algonquin avec toute l'intelligensia new-yorkaise. Ces personnes réelles vont être rassemblées en dépit de la chronologie réelle pour une enquête. Dans les plumes assassines, les convives de la Table Ronde sont confrontés au meutre de Leland Mayflower, critique de théâtre du Knickerbocker News, tué par un stylo plume dans le coeur, ce qui fera dire à notre héroïne : " il a pris l'écriture trop à coeur" (p. 29). 

Certes, l'intrigue est bien menée, dans de brefs chapitres où s'accumulent de nombreux rebondissements évoquant la Prohibition, la vie artistique new-yorkaise. Quel est le mobile du crime ? la police croit à la culpabilité de William Faulkner - rien moins que ça - débarquant de son sud natal et que Dorothy prend sous son aile. Elle décide pour le disculper de partir à la chasse aux indices et se retrouve nez à nez avec un tueur à gage, un mafieu etc...

Pour mieux rendre compte de l'ambiance qu'il régnait dans le "cercle vicieux", J.J. Murphy a émaillé son texte de jeux de mots : mais quel humour ! Quel dialogue ! Quelle verve ! Ainsi peut-on lire de Robert Benchley, qui a volé un carnet dans un restaurant, qu'il a commis "un menu larcin" de Church, qui a une jambe de bois, qu'il perd pied dans cette enquête : " Enfin Benchley prit la parole :

- Apparemment, notre ami estropié est bien perplexe.

- En effet.

Puis, incapable de résiter :

- On peut même dire qu'il perd pied.

- Nouveau silence. Puis :

- Vous croyez que Tony Soma est encore ouvert à cette heure ? fit Benchley. Après tous ces cadavres, je boirais bien quelque chose, moi.

- Allons-y conclut-elle. Du moment qu'on ne finit pas ivres morts."( p. 212)

J.J. Murphy, Le cercle des plumes assassines, folio, 421 p.

Merci folio pour ce partenariat

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26 novembre 2016

Camillieri, Meurtre aux poissons rouges

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Après Gangemi ( La revanche du petit juge) ou Vicchi ( Le commissaire Bordelli), j'ai eu envie de connaître un autre célèbre auteur de romans policiers italiens. J'ai donc jeté mon dévolu sur Camillieri. J'ai abandonné La première enquête de Montalbano pour raison de traduction : dès la première ligne, on peut lire " les deux hommes se tenaient alabrités" ? Puis, "enfin le circulaire survint, les deux hommes grimpèrent, il repartit" ( Un bus ? on comprend le sens mais je n'ai jamais vu " circulaire" employé dans ce sens là !). Outre des erreurs grammaticales, je n'ai pas pu continuer ma lecture tant des phrases incompréhensibles m'irritaient : "Tu veux voir qu'il s'était pris quelques degrés de fièvre? " ???

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Reposant donc le livre, j'en ai saisi un deuxième (pas publié dans la même collection), écrit à deux mains. Et quel plaisir ! Quelle originalité ! Une collègue de Montalbano, personnage récurrent des romans de Camillieri, l'inspecteur Grazia Negro lui écrit pour lui demander son aide dans une affaire des plus étranges qu'on cherche à étouffer : un homme est retrouvé axphysié, chez lui, près de lui des énigmatiques poissons rouges et une chaussure en moins. Un roman policier épistolaire ! On découvre jointe à la lettre les déposition des témoins, procès-verbaux, rapport du légiste, des photographies...

La réponse de Salvo Montalbano ne tarde pas et réserve bien des surprises, de même que la suite de l'enquête, qui est des plus rocambolesques mais reste vraisemblable ! Grazia, menacée de mort, fait passer ses messages dans des tortellini et Salvo utilise des messages cryptés. Le tout ne manque pas d'humour avec notamment le personnage étourdi et distrait de Catarella ou le séducteur de Mimi Augello. Une enquête pleine de rebondissements et dont le suspense est maintenu grâce à une intrigue qui se met en place comme un puzzle... Un enquête originale, étourdissante et drôle...

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Andrea Camillieri, La première enquête de Montalbano, fleuve noir, 340 p.

Camillier et Lucarelli, Meurtes aux poissons rouges, 152 p.

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04 novembre 2016

Ellory, les Assassins

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Si tu regardes trop l'abîme, l'abîme regardera en toi" ( Nitzsche)

En 2006 à New York, une série de crimes copient d'anciens meurtriers en série comme ceux du Zodiaque, du marteau de Dieu... Pour traquer l'assassin, l'inspecteur Irving est aidé d'un rescapé d'un tueur en série, John Costello, documentaliste dans un journal le City Herald. Un copycat ? Une citation en exergue lue déjà mille fois ?

Mais le suspense est diabolique ! Malgré une écriture très éclectique à laquelle il faut s'adapter ( extraits de journaux, d'article internet, alternance au départ des pensées de John puis les faits, la retranscription d'interrogatoire), on finit par être aussi nerveux qu'Irving : arrivera-t-il à arrêter le meurtrier qui semble insaisissable ? La quête semble désespérée car le meurtrier ne laisse aucun indice et se joue de la police en l'induisant en erreur... Mais quelle tension !

L'atmosphère très noire et opressante, l'écriture factuelle rend difficile à lâcher ce roman. A l'humanisme des deux personnages principaux s'opposent l'évocation de nombreux tueurs en série et de nombreux faits sordides autour de leurs crimes comme la recherche d'objets ayant appartenu aux criminelles. On nous décrit aussi le fonctionnement de la NYPD et de ses heurts avec le politiques et le journalisme. Même si le sujet n'est pas particulièrement original, le questionnement sur le mal, sur la personnalité des tueurs, le réalisme de l'enquête et l'absence de facilité nous font reposer ce livre qu'une fois la dernière page lue !

R.J. Ellory, Les assassins, Livre de poche, p.661

Merci aux éditions Livre de poche pour ce partenriat

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28 octobre 2016

Gunnar Staalesen, L'enfant qui criait au loup

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 Varg Veum a quitté la protection de l'enfance pour devenir un détective privé. Il s'est occupé notamment d'un enfant surnommé Jannegutt, dont la mère est toxicomane et le beau-père violent, soupçonné de trafic d'alcool...A trois reprises, il va être confronté à des meurtres extrêmement violents : avec ses antécédents, Jannegut est le coupable idéal. Pourtant Varg est persuadé qu'il est innocent mais comment le prouver ?

Encore un roman norvégien, me diriez-vous ? Présente-t-il des aspects nouveaux ? Est-il plein construit autour d'une intrigue hatelante ? Tout d'abord, l'enquête n'est pas menée sur quelques jours mais elle se déroule tout au long de la vie de Jannegut et nous pouvons donc voir évoluer tous les personnages, sur une vingtaine d'années. Ensuite, Varg est un privé, comme ceux de Hammett ou de Chandler ! Il est souvent frappé, cogné...

En revanche, on retrouve l'aspect sociétal développé dans de nombreux polars norvégien : cette fois-ci, ce sont les enfants maltraités qu'on suit, monde sombre et sans espoir... Et enfin, l'auteur n'a pas manqué de faire de la Norvège, un haut lieu de criminalité ! : "C'était dans le cadre de cette grande affaire de contrebande d'alcool dans le sunnfjord [...]. On se croirait parfois à Chicago, si tu vois ce que je veux dire". Des rebondissements vous tiendront en haleine, l'intrigue est efficace mais les personnages manquent de relief. Ce n'est pas le meilleur roman norvégien que j'ai lu.

Gunnar Staalesen, L'enfant qui criait au loup, folio policier, 480 p.

Merci folio pour ce partenariat.

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04 septembre 2016

Le lagon noir, Indridason

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Si vous êtes "indridasonifié", vous aimerez ce nouvel opus des enquêtes de l'inspecteur Erlendur : de facto, point de surprise. Dans Le lagon noir, deux enquêtes parallèles sont menées. L'une concerne la disparition, vieille d'une quarantaine d'années, d'une jeune fille, l'une des obsessions de l'inspecteur, qui a lui-même connu la disparition d'un être cher. L'autre enquête nous amène à découvrir un meutre lié à une base américaine, installée en Islande.

La lenteur de l'enquête, peu de violence, peu de rebondissements caractérisent ce roman policier. Habituellement, se déploie un arrière-fond historique plutôt riche comme dans L'homme du lac, ce qui n'est pas le cas ici : la présence de la base américaine est traitée de manière superficielle même si l'auteur s'étend davantage sur les relations entre les deux cultures. En effet, de nombreux dialogues s'attardent sur les liens de la victime avec une américaine, sa soeur malade d'un cancer, et l'ami de celle-ci, un journaliste... et les mauvaises relations de la police islandaise avec la base américaine.

En outre, on regrette de ne pas en savoir davantage sur Marion Briem et Erlendur, en tant que jeune enquêteur. Marion est parfois évoquée dans d'autres enquêtes mais l'auteur ne s'étend pas sur leur vie personnelle, contrairement aux romans précédents. L'écoute est assez brève et le roman est agréablement lu par Jean-Marc Delhausse ( comédien vivant à Bruxelles) mais l'enquête est moins prenante que  La cité des Jarres ou Hypodermie...

Le lagon noir, Indridason, Audiolib, 10 h04. Vous pouvez écouter un extrait ici

Merci Audiolib pour ce partenariat.

sur ce blog, billet d'hiver articque et L'homme du lac,

Posté par maggie 76 à 11:53 - - Commentaires [16] - Permalien [#]