02 octobre 2016

Envoyée spéciale de Jean Echenoz : ISSN 2607-0006

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Envoyée spéciale est le dernier roman d'Echenoz, que j'ai pu écouter dans sa version audiolib, lu par Dominique Pinon. Ce dernier a joué dans de nombreux films de Jeunet ( Délicatessen, La cité des enfants perdus, Le fabuleux destin d'Amélie Poulin). C'est avec alacrité qu'il débute l'histoire, qui de prime abord, est déconcertante. S'entrecroisent dès le début un général, un homme d'affaire Tausk et sa femme Constance, une ancienne chanteuse, un ancien taulard qui n'est pas ce que l'on croit etc... Constance est enlevée et conditionnée - à la manière d'Echenoz - à devenir une espionne en Corée du Nord... Les situations farfelues, inattendues permettent à l'auteur de se moquer allégrement du roman d'espionnage : les gardes du corps de Constance attrapent la turista - ce qui n'arrivent jamais dans ce genre de roman -  l'emmènent dans "une éolienne résidentielle"...

Et tout ceci sur un tempo jubilatoire, vif. A ce rythme endiablé, s'ajoute un narrateur facétieux qui souligne l'ennui que peut éprouver le lecteur devant une situation convenue ( envoi d'un doigt coupé après une rançon), ou se disperse en disgressions sur le syndrôme de Stockholm, la vie des éléphants et en deux brefs chapitres, expédie le sort de tous les personnages avec une grande désinvolture. Ce roman s'amuse avec les codes romanesques, mais le style loufoque qui mêle des termes techniques et des périphrases humoristiques le démarquent des autres parodies de romans d'espionnage. De cet auteur, sont lus chez Audiolib : Courir, Des éclairs, 14 et Ravel. Après cette joyeuse première rencontre, on a bien envie de se replonger dans l'univers échenozien.

Echenoz, Envoyée spéciale, 6h39, Audiolib, texte lu par Dominique Pinon. Vous pouvez écouter un extrait ici.

Merci Audiolib pour ce partenariat

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07 février 2016

Le code Rebecca de Ken Follett : ISSN 2607-0006

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"La nuit dernière, j'ai rêvé que je retournais à Manderley..." est l'incipit de Rebecca de du Maurier. Mais pourquoi un agent du service de renseignement militaires britanniques trouve ce roman, à moitié calciné, dans les papiers laissé par l'Afrikakorps ? Cet événement provient aprè l'arrivée d'un espion allemand au Caire. De l'affrontement de ces deux hommes va déboucher la victoire des Alliés.

Le code Rebecca est d'abord un roman d'espionnage, jouant du suspense. On nous montre l'affrontement de deux hommes aux caractères totalement opposés : l'espion Alex Wolf et le major Vandam. Les points de vue alternent entre plusieurs personnages, suspendant l'action, créant une attente autour de l'enquête du major, sa quête de l'espion allemand, et empêchant un manichéisme facile. L'un des personnages, une Egyptienne, exprime sa haine pour l'occupant anglais. Le comportement des Anglais est d'ailleurs critiqué à plusieurs reprises.

Dommage que l'auteur n'ait pas donné ses sources. On ne sait pas vraiment jusqu'à quel point Ken Follett a romancé la réalité. Quelques pages sont consacrées d'ailleurs à des batailles réelles comme celle de Gazala ou d'El-Alamein. La vie quotidienne du Caire est aussi décrite, avec des descriptions de voyage en train, de bagarres dans la rue, des commerces... De ce point de vue là, l'arrière-plan est intéressant.

Malheureusement, deux histoires sentimentales mal écrites viennent gâcher le plaisir de lecture : le major Vandam tombe éperdument amoureux d'une Cairote. Alors que les personnages, qui lisent le roman de Daphné du Maurier se moquent de ce livre sentimental, Ken Follett fait d'affreuses envolées lyriques culminant dans une scène que n'aurait pas renié un écrivain d'arlequinades ! L'auteur a-t-il parodié les romans d'espionnage ? Une question qu'on se pose lorsque l'on voit ces tristes pages.

Le code Rebecca, Ken Follett, Le livre de poche, 380 p.

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15 décembre 2011

Entourloupe tout azimut de Ian Flemming : ISSN 2607-0006

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Des héros anglais, celui qui est extrêmement populaire est l'espion de sa majesté, James bond ! La série des 007, nous le montre en personnage assez macho, séducteur et imbu de lui-même et tout en action... Et c'est ce que confirmera les premières lignes de cet opus où on voit Bond en petit fonctionnaire, racontant sa routine, amateur de belles voitures, pensant à ses conquêtes... Il côtoie les plus importants personnages de l'état qui lui donne une mission très spéciale : à savoir si Drax, héros anglais du jour car il a décidé de construire une fusée atomique appelée le vise-lune empêchant l'Angleterre d'être attaquée par ses pays voisins, triche aux cartes et pourquoi ? Ce millionnaire qui a survécu à une explosion pendant la Seconde Guerre Mondiale a une identité incertaine : défiguré et ayant perdu la mémoire, il est devenu un des piliers de l'industrie britannique... Après l'assassinat d'un agent de Scotland Yard infiltré dans les usines de Drax, Bond reprend du service...

La psychologie a très peu de place dans ce livre, étant davantage un roman d'espionnage où la politique internationale est évidemment plus importante même si cette dimension est très simplifiée. En revanche, les descriptions concernant, le vise-lune, l'arme fabriquée par Drax est décrite de manière très technique. Pour couronner le tout, Entourloupe tout azimut, portant le bien meilleur titre de Moonraker en anglais est bien maladroitement écrit. Les dix premiers chapitres concernent des parties de bridge pour démasquer Drax : Ian Flemming n'a pas peur d'être ennuyeux en décrivant chaque carte tenue dans les mains et pour qui ne connait pas ce jeu, c'est assez fastidieux à lire... en outre, on peut relever des répliques incongrues comme Bond disant : " assez de plaisanterie, espèce de grand cinglé plein de poils "

Mais c'est aussi un opus léger qui laisse une large place à beaucoup d'actions rondement menées : James Bond devra se battre avec un allemand peu commode, puis est enlevé et ficelé ainsi que l'agent féminin qui l'aide, Gala, ensuite réussit à soulever des pierres après un éboulement qui a failli l'étouffer et enfin traverse des tiges d'acier pour empêcher une bombe nucléaire de détruire l'Angleterre ! Pas moins que ça ! Le roman se lit facilement et fait penser à un roman de gare, peut-être parce que ce type de héros est daté, trop monolithique...

Ian Flemming, Entourloupe tout azimut, Livre de poche, 256 p.

Participation au challenge du mois anglais de Lou, chryssilda et Titine.

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