27 mai 2015

Le chardonneret de Donna Tartt : ISSN 2607-0006

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Donna Tartt, Le maître des illusions.

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15 mai 2015

Le maître des illusions de D. Tartt : ISSN 2607-0006

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Lecture commune avec Titine, Shelbylee, Miss Léo

billet d'Agnès

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03 mars 2015

Fille noire, fille blanche de Oates : ISSN 2607-0006

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"Minette n'a pas eu une mort naturelle, et elle n'a pas eu une mort facile. Chaque jour de ma vie, depuis sa mort, j'ai pensé à Minette et au supplice de ses dernières minutes, car j'étais celle qui aurait pu la sauver et je ne l'ai pas fait" : ainsi commence le récit de Generva Meade dans Fille noire, fille blanche de Joyce Carol Oates. Cette obsession l'a amenée à raconter sa cohabitation avec Minette Swift, une fille noire, durant sa première année, à la prestigieuse université de Schuyler college.

Ce campus novel présente des similitudes dans le style avec Délicieuses pourritures : écrit à la première personne, avec des phrases en italiques, exprimant des sentiments intences ou des iées marquantes. En outre, la narratrice est une étudiante perturbée, désireuse de plaire à Minette. Timide, effacée, écrasée par l'ombre de ses glorieux ancêtre et d'un père avocat célèbre, démocrate, et défenseur des bonnes causes, Generva tente de conquérir l'affection de sa voisine noire de chambre, qui reste indifférente. Minette est d'ailleurs préoccupées par d'autres problèmes : est-elle l'objet d'insultes racistes ? Generva a-t-ele une vision lucide des événements ? L'ambiguïté reste présente jusqu'à la dernière ligne du récit.

Enquête policière en mineure, évocation de la situations des noirs dans les années 70, mais surtout portrait psychologique subtil, on découvre peu à peu la personnalité de Generva qui a connu une enfance perturbante, mettant à nu les secrets de cette famille prestigieuse dont les beaux principes cachent un sordide quotidien. Ce roman de Oates est à découvrir pour sa maîtrise à faire régner tension, malaise et suspense...

Fille noire, fille blanche, Oates, Points, 274 p.

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16 février 2015

Carrère, La moustache et l'adversaire.

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* Merci Anna et Folio pour ce partenariat.

autres romans : Bravoure, Un roman russe,

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29 décembre 2014

Le complexe d'Eden Bellwether, de Benjamin Wood : ISSN 2607-0006

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16 septembre 2014

L'utopie de More : ISSN 2607-0006

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Planisphère de Martin Waldseemuler ( publié avec le texte d'origine)

Comme le Planisphère, à bien y regarder est aussi une vanité, le texte de More est au-delà d'un récit de voyage, comme un traité sur le meilleur gouvernement possible. Morus nomme ce procédé, la " menée oblique" : la fiction permet d'enrober l'aridité d'un essai de philosophie politique. Voguant sur les succès des publications des récits de voyages des explorateurs du XVeme siècle ( le Mundus Novus de Vespucci est un best-seller que tout le monde s'arrache à l'époque) , L'utopie est conçue comme la relation vraie d'un voyage d'un certain Raphaël Hythlodée, qui a participé au trois premiers voyages en Amérique d'Amérigo Vespucci, à Thomas Morus. Avant de révéler sa découverte de l'île, Raphael raconte un dîner avec les puissants de l'Angleterre. Là, il décrit les travers de la Grande Bretagne, une dystopie, notamment les peines infligées aux voleurs, l'orgueil des hommes...

Puis, il commence la description de l'Utopie. Comment se présente cette île ? Quelles sont ses moeurs ? Quel est le système politique et économique ? Grâce aux notes, nous pouvons voir que l'Utopie ressemble beaucoup à la Réplublique de Platon, ce qui n'est pas étonnant lorsque l'on connaît l'amour immodéré des humanistes pour les sources antiques. Ainsi, les utopiens ne connaissant pas la propriété, rejettent l'expansionnisme et n'idôlatrent pas l'or. En creux, cette description critique l'Europe à l'époque de More, notamment les enclosures ( en Angleterre), les conquêtes sanglantes du Nouveau Monde ou " le goût déraisonnable du luxe". Cette île du " non-lieu" présente des aspects modernes pour l'époque comme l'étude pour tous, la mise en valeur du savoir, une des préoccupations humanistes. C'est pourquoi, ils ont beaucoup de temps de loisir " afin qu'ils consacrent à cultiver et à affranchir leur esprit. Car c'est en cela, croient-ils, qu'est située la félicité humaine".

Cependant dans la conversation finale entre Raphael et Morus, nous comprenons que ce dernier est réticent face à certains aspects des propos du jeune voyageur : Morus n'est pas un idéaliste et a une approche plus aristotélicienne de la politique, en favorisant la pratique aux spéculations. Tolérance, vertu, équité, L'utopie est-elle la Res publica idéale ? Il faut surtout se demander si l'on pourrait l'expérimenter... Ce texte m'a permis de réfléchir sur la politique et la morale des utopiens mais aussi à renouer avec les auteurs antiques, notamment la philosophie des stoïciens...

T. More, L'utopie, folio, 382 p. avec le paratexte.

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09 septembre 2014

Les mémoires d'Hadrien/ L'oeuvre au noir de Yourcenar : ISSN 2607-0006

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"Deux êtres profondément différents l'un de l'autre : l'un reconstruit sur des fragments de réel, l'autre imaginaire, mais nourri d'une bouillie de réalité" : ainsi M. Yourcenar décrivait ses deux oeuvres. Les mémoires d'Hadrien peuvent faire penser aux biographies de Suétone, par leur dimension anecdotique, privée, qui développe la vie de Néron, Caligula, décrivant précisément, de manière fouillée leur règne. De facto, l'empereur rend compte de son oeuvre politique, de l'histoire de la Rome du IIeme siècle... comme un "miroir du prince" qu'il adresserait à Marc-Aurèle, son successeur. Mais c'est aussi une méditation sur la mort : au seuil de la mort, Hadrien se juge, médite, confronte diverses philosophies tout en avouant sa fascination pour les différents cultes qu'il a contribué à restaurer. Mais Les Mémoires d'Hadrien ont parfois été appelés par la critique le "roman d'Antinous" : le culte insensé qu'Hadrien rendit à ce jeune homme frappa les historiens de l'époque et Marguerite Yourcenar dessine les lignes de cet amour si tragique qui imprègne le roman d'une grande mélancolie et d'un grand désespoir. Ce livre qui raconte la vie " d'un génie politique", réussissant à instaurer la paix dans l'Empire romain, est aussi une mytification et une poétisation des amours d'Hadrien. Le style togé - style académique, surfait, que les critiques dépréciaient -, la beauté de la langue si chère à l'auteur, enchante le lecteur dès les premières lignes. Et ciselé dans cette belle écriture, à travers la voix d'Hadrien qui relate sa vie, M. Yourcenar construit le véritable tombeau d'Antinous.

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" Je me suis gardée de faire de la vérité une idole, préférant lui laisser son nom plus humble d'exactitude", dit Zénon, le héros de L'oeuvre au noir. Personnage fictif, Zénon est proche de figures réelles comme Léonard de Vinci, Campanella... - que M. Yourcenar énumère dans ses notes. Toujours en fuite, et fuyant tout dogme, ce personnage de médecin, d'alchimiste traverse le seizième siècle qui est à feu et à sang, déchiré par les guerres d'Italie, les guerres de Religions.  Il vit dans un monde boschien ou bruegelien, où les rois sont les débiteurs de marchands cupides,  où les religieux sont des fanatiques, où tout ce qui n'est pas expliqué par le divin paraît hérétique.  Mais Zénon dit aussi : " La révolte qui vous inquiète était en moi, ou peut-être dans le siècle". En effet, au delà du XVIeme siècle, Zénon incarne une figure de contestataire contre toutes les valeurs, tous ces " châteaux d'idées" qui enferment l'homme. Il incarne une certaine image de l'homme qui agit et choisit la liberté comme principe. Ecrit en 1968, L'oeuvre au noir éblouit par son style et par son personnage, qui résiste littérairement parlant - à une époque où Sarraute a proclamé "l'ère du soupçon" dans laquelle le personnage est entré -, et à tout dogmatisme. Est-ce le classicisme de son écriture qui voue M. Yourcenar à un relatif oubli ? Est-ce son érudition qui poussent les lecteurs à refermer ses romans ? Toujours est-il que ses deux magnifiques romans fascinent et éblouissent.

"Les bâtisseurs d'empire : l'empire romain", est un documentaire d'History Channel ( Engineering an Empire) qui s'attarde surtout sur les prouesses architecturales des Romains, de César à Claude.

Le premier siècle de l'Empire romain, Evocation très superficielle des premiers empereurs romains.

Lecture commune avec Claudia, Océane, Praline, Alison, Margotte.

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26 août 2014

Salammbô de Flaubert : ISSN 2607-0006

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Roman historique, Salammbô décrit la guerre inexpiable : la révolte des mercenaires contre Carthage en 264. Le roman commence au moment où les soldats mercenaires sont rassemblés dans les jardins d'Halmicar qu'ils ravagent dans l'attente d'être payés. Mais les oligarches rusent pour ne pas les rétribuer. Comme le soulignait Sainte-Beuve, "L'érudition, qui peut jeter un pont, nous refroidit en même temps et nous glace. On ne peut recomposer la civilisation antique de cet air d'aisance et la ressusciter tout entière" ( article du Constitutionnel). Quel reproche injustifié ! On prend plaisir au contraire à découvrir Carthage et son histoire. Effectivement, l'érudition philologique rend difficile la lecture des premières pages mais un glossaire aide à la compréhension des mots spécifiques à cette civilisation. Bien sûr, l'Histoire présentée dans Salammbô - dont les sources sont Polybe, Hérodote... - est une Histoire fantasmée, une Histoire romantique comme Hugo l'a pu aussi écrire. Elle s'inscrit bien dans le goût de l'orientalisme des romantiques bien que Flaubert s'en défende et déclare dans sa réponse à l'article du constitutionnel : " je n'ai point fait une Carthage fantastique". Ainsi, si Flaubert reconstitue une Carthage historique, c'est la narration qui apparaît comme romanesque.

A cause, peut-être, du procès de Madame Bovary, Flaubert proteste contre "la pointe d'imagination sadique" que lui attribue Sainte-Beuve dans un de ses articles du Constitutionnel... Certes, le roman commence comme un poème parnassien, empli de parfums, de couleurs : " Les flammes oblongues tremblaient sur les cuirasses d'airain. Toutes sortes de scintillements jaillissaient des plats incrustés de pierres précieuses. Les cratères, à bordure de miroirs convexes, mutipliaient l'image élargie des choses ; les soldats se pressant autour s'y regardaient avec ébahissement et grimaçaient pour se faire rire." Puis, au fur et à mesure de la découverte des conflits qui opposent les deux camps, on découvre des lions et des hommes cruxifiés, des hommes mourant de faim, le martyre de Matho dont on ne distingue plus les liens qui le retiennent captifs de ses tendons... C'est péniblement que j'ai fini le roman tant il m'apparaissait comme un château sadien. Salammbô est donc un roman à la fois poétique, historique mais aussi d'une grande férocité.

Flaubert, Salammbô, folio, 530 p.

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09 avril 2014

Après / A l'ouest rien de nouveau de Remarque : ISSN 2607-0006

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 A L'ouest rien de nouveau : A travers le récit de Paul Baumer, nous assistons à l'enfer des tranchées, décrivant la vie quotidienne d'un soldat de 1914-1918 : " Feu roulant, tir des barrages, rideau de feu, mines, gaz, tanks, mitrailleuses, grenades, ce sont là mots, des mots, mais ils renferment toute l'horreur du monde".

Lors des permissions, Paul évoque la misère du peuple allemand mais aussi l'incompréhension de ce que vivent les soldats. Blessé, il se retrouve dans un hôpital catholique, ce qui ne l'éloigne pas des horreurs de la guerre : la description des malades est tout aussi insoutenable que celles des soldats tués dans les tranchées. La douleur est omniprésente que ce soit celle des soldats, celle des proches qui pleurent leurs morts, celle des animaux, de la nature. Le narrateur porte un regard lucide et critique sur l'armée et sur les mensonges que recouvrent les termes de devoir et patrie. Il montre aussi comment l'uniforme peut métamorphoser un homme : leur caporal Himmelstoss est un postier dans le privé mais il aime tourmenter les soldats dans les casernes. Un témoignage à lire d'une vision de la première guerre Mondiale sans idéalisation, ni héroïsation.

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Après décrit le retour des soldats qui étaient présents dans le roman A l'ouest rien de nouveau ( pour ceux qui ont survécu, la mort de Paul Baumer est évoquée), mais pour beaucoup, ce n'est pas un retour à la vie : marqués à jamais par l'apocalypse de la première Guerre Mondiale, ces jeunes gens n'ont plus d'espoir. Confronté à une société en proie à la misère ou aux mercantis, ils doivent faire face au désarroi qui envahit leur vie : que faire après avoir connu les atrocités des tranchées ? Ernst évoque le sort de différents soldats, ceux qui sont dans les asiles, qui retournent dans l'armée par fatalisme, ceux qui ne peuvent pas travailler parce qu'ils sont mutilés, ceux qui se suicident... Ils tentent de survivre dans cette Allemagne de l'après-guerre qui souffre à cause de l'inflation du marks et du manque de nourriture. Seul et se sentant " étranger" , Ernst passe ses examens pour devenir instituteur mais il n'arrive pas à s'accoutumer à une vie normale, hanté par les morts du passé.

Comme dans A l'ouest rien de nouveau, Ernst remet en cause l'idéologie enseignée dans les classes tout en soulignant l'absurdité de la guerre. "Je crois que nous sommes tous perdus", dit Rahe, camarade de Ernst. Dans ce récit, souvent le "nous" s'ajoute à la voix du narrateur mais même la camaderie née de la guerre s'étiole hors des combats. Comme A l'ouest rien de nouveau, E. M. Remarque a écrit un témoignage sur le chaos de l'Allemagne après-guerre sans pathos mais où s'exprime avec force le désespoir d'une génération sacrifiée, qui arrive à nous atteindre des années plus tard.

A l'ouest rien de nouveau, Erich Maria Remarque, livre de poche, 254 p.

Après, Erich Maria Remarque, folio, 398 p.

MERCI Lise pour ce partenariat avec Folio. Lu aussi par Aaliz et Lilly.

Challenge le mélange des genres de Miss Léo ( catégorie classiques étrangers). Mon bilan et celui de Miss Léo.

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24 novembre 2013

Ce qu'il advint du sauvage blanc de François Garde : ISSN 2607-0006

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"Quand il parvint au sommet de la petite falaise, il découvrit qu'il était seul. La chaloupe , n'était plus tirée sur la plage, ne nageait pas sur les eaux turquoises. La goélette n'était plus au mouillage à l'entrée de la baie, aucune voile n'apparaissait même à l'horizon. Il ferma les yeux, secoua la tête. Rien n'y fit. Il étaient partis." Ce n'est pas l'incipit de Robinson Crusoe que vous lisez mais celui de Ce qu'il advint du sauvage blanc.  Comme Robinson - histoire romancée d'un véritable matelot tout comme pour le "sauvage blanc" - Narcisse Pelletier se retrouve abandonné sur une plage d'Australie. Mais la comparaison s'arrête là car, contrairement au célèbre naufragé, c'est le jeune français Narcisse qui va devoir adopter les coutumes d'une tribu arborigène : la solitude, le long désaprentissage de ses propres us et coutumes se révèlent difficiles pour ce très jeune matelot de 19 ans.

Dix-huit ans plus tard, il est ramené dans son pays par le vicomte de Vallombrun : ce dernier, qui incarne une figure icarienne de scientifique romantique, espère étudier d'une manière systématique les habitudes du " sauvage" mais il se heurte au silence de Narcisse. En faisant alterner récit du début de la vie australienne par Narcisse et les lettres du scientifique envoyées à la société de géographie française, une dialectique apparaît : comment définir le "barbare" et le "civilisé ? : "Mais quoi ? Il faudrait reconnaître comme civilisées les coutumes barbares que Narcisse révèle à chaque instant ? Cela ne se peut." (p.130).

La présence de Narcisse est une énigme dans cette époque où les sciences commencent à peine à émerger en tant que matière autonome, où des théories nouvelles comme celle de Darwin s'imposent. Ce roman n'est pas seulement le reflet scientifique d'une époque, il est aussi une réflexion sur l'apprentissage des langues, la construction d'une identité, et la question du relativisme et de l'ethnocentrisme... De nombreuses questions sont soulevées et de nombreux thèmes abordés, faisant de cette bistoire vraie une passionnante découverte sur la vision de l'autre, qui se lit comme un roman.

Ce qu'il advint du sauvage blanc, F. Garde, Folio, 378 p.

FOLIO PARTENARIAT PLUS : Grâce aux éditions folio, je vous propose de gagner 3 exemplaires de ce roman qui a reçu le prix Goncourt, bien mérité, du premier roman. Vous devez simplement laisser un commentaire en donnant un argument sur l'envie qui vous pousse à découvrir ce roman et un tirage au sort désignera les gagnants dans une semaine ( le 3/12/2013).

Merci Lise et Folio pour ce partenariat. Voici le billet de Lilly.

2/12/ 2013, voici les gagnantes du concours : Shelbylee, Claudia et Vanessa.

N'oubliez pas de m'envoyer votre adresse ( dans contactez l'auteur). Merci pour vos participations !

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