05 juillet 2017

La loi des Sames de Pettersson : ISSN 2607-0006

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Pourquoi aime-t-on ce roman ? Dans ce roman policier, Lars Pettersson ne situe pas son intrigue en Laponie norvégienne, tout en oubliant le décor. Il nous décrit les us et coutumes du peuple autochtone, les Sames. Anna est subtitut du procureur, en Suède et a donc quitté "la siida" ( et sa mère avant elle), c'est-à-dire le clan. Sa famille ne cesse de lui reprocher cette défection. Elle est rappelée par sa grand-mère pour défendre son cousin Nils, accusé de viol. -40 degrés, l'aurore boréale, des paysages enneigés à perte de vue, des éleveurs de rennes pas commodes : voici ce à quoi est confronté notre héroïne.

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( carte p. 10)

Qui sont les Sames ? Grâce à ce thriller, vous en saurez plus sur leur chant traditionnel, les élevages de rennes, leurs costumes traditionnels. Une carte, placée à la première page, nous permet de suivre les déplacements d'Anna en Laponie et la traductrice a ajouté des notes de bas de pages pour traduire tous les mots Sames. C'est d'ailleurs la force et la faiblesse de ce roman que de décrire avec des détails zoliens la vie quotidienne de ce peuple : le nombre de gauffres avalés ou de cognac ingurgités, les plats détaillés, débouchage héroïque de canalisation semblent parfois superflus.

"La police des canards" ( p. 286)

" Quel rôle notre système juridique moderne pouvait-il jouer dans une société qui présumait que la loi et le droit dépendent du contexte social et des expériences accumulés au cours de l'histoire ?". Une chasse aux canards est autorisée au printemps où chacun ne peut tuer que deux canards. Seuls trois policiers surveillent cette chasse qui se déroule sur un territoire aussi grand que la Belgique. Mais personne en respecte cette réglementation. Ainsi en est-il pour la justice où le commissaire local, appartenant à une puissante famille, classe les affaires qui ne lui sont pas favorables. Pourtant Anna, ayant un caratère bien trempé, ne va pas se laisser intimider et va mener son enquête tambour battant tout en réfléchissant sur la politique de norvégianisation des Samis, du rôle des femmes dans son peuple et de la place qu'elle occupe dans sa famille. Ne vous laissez pas détourner de ce roman bien ficelé, par le premier chapitre un peu confus et le début un peu lent à se mettre en place, qui sont largement compensés par le caractère de l'héroïne et la découverte des Samis.

La loi des sames, Pettersson, folio policier, 523 p.

Merci folio pour ce partenariat !

P1000242Photo prise par Claudia, son blog ici

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01 juillet 2017

C'est le premier, je balance tout ( juillet 2017) : ISSN 2607-0006

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1) FILMS

THE AUTOPSY OF JANE DOE (Horreur, 2017) - Bande Annonce

The Jane Doe identity, de André Ovredal, avec Emile Hirtsch et Brian Cox, 2017, 86 min

Comment une thématique intéressante, un huis-clos étouffant peuvent-ils aboutir à un film de série B ? Alors que l'histoire commençait comme une véritable enquête passionnante et que le décor principal du film était anxiogène à souhait, peu à peu ce long métrage sombre dans l'invraisemblance  à cause du jeu des acteurs ( les pires horreurs ne les effraient pas mais leur tirent parfois un regard attristé) et de situations presque parodiques.

Billet de Dasola qui a aimé le film.

Je parlerai prochainement de ma découverte des romans policiers de Donna Leon, notamment Une question d'honneur et Brunetti entre les lignes, et du très original HHhH de Laurent Binet. En ce qui concerne A. Ernaux, dont j'aime toujours la "musique originale" ( Divry), mon billet est ici.

Regarde-les-lumieres-mon-amourUne-question-d-honneur9782253157342-001-T

ET FLOP...

9782264055699Le-collier-rouge

Divry, La cote 400, 10/18, billet ici.

Alors que j'avais lu avec plaisir Immortelle randonnée, qui relate avec humour, réflexions et conseils, le chemin parcouru jusqu'à Compostelle par l'auteur ( bien que certaines personnes m'aient dit qu'elles avaient connu un voyage bien plus difficile), Le collier rouge ne m'a pas du tout touchée. En 1919, un homme décoré est retenu prisonnier pour avoir insulté des gradés lors d'un défilé du 14 juillet. Devant sa geôle, son chien lui reste fidèle. Ce dernier l'a suivi jusqu'au front en Orient. C'est ce qu'apprend un juge militaire, venu interroger notre prisonnier et décider de sa culpabilité. Cette histoire, inspirée d'une véritable anecdote, m'a paru sans intérêt par rapport au contexte de la première Guerre Mondiale et aurait dû rester au rang de simple anecdote...

Immortelle randonnée, Ruffin, folio, 273 p.

Le collier rouge, Ruffin, folio, 164 p.

3) LES CHRONIQUES VENUES D'AILLEURS

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J'ai repéré le bonheur insoutenable d'Ira Levin sur le blog des livres qui rêvent : cette dystopie n'est pas sans rappeler 1984 d'Orwell. Uniford remplace Big Brother pour surveiller un monde uniformisé. Une dénonciation de la standardisation, de la surveillance outrancière ? Un roman qui semble bien d'actualité... Seul hic, le livre n'est plus publié mais peut-être le trouverais-je dans une bibliothèque. (L'avis de Keisha que remercie pour son lien en commentaire)

4) ACHATS

Regarde les lumières mon amour, Ernaux + Céleste, ma planète de Timothée de Fombelle + Le retour de Goddard + Le collier rouge de Ruffin + City on fire, Garth risk Hallberg + Divergente, Roth + L'heure zéro, A. Christie + Mariachi Plaza, Connelly + Froid comme la mort, Manzini

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26 juin 2017

Regarde les lumières, mon amour d'Annie Ernaux : ISSN 2607-0006

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Au XIXeme siècle, Zola décrivait les grands magasins, leurs techniques de vente inventées par le génial Octave Mouret, qui souhaite construire "un temple" dédié au femmes. De même, dans son journal intime Regarde les lumières mon amour,Annie Ernaux l'auteur de La place, La honte, Une femme, souligne ce sexisme toujours présent dans notre société : "Beaucoup de monde au rayon jouets d'Auchan. D'enfants. séparés rigoureusement. Aucune fille devant les voitures et les panoplies de Spiderman, aucun garçon devant les Barbies, les Hello Kitty, les poupons Rik et Rok qui pleurent" (p. 41).

Comme dans un essai sociologique, elle retranscrit aussi les techniques commerciales des grandes surfaces pour vendre davantage, leur manière de se renouveler sans cesse pour nous faire consommer... Elle montre aussi comment la surconsommation est permise grâce au travail et à l'exploitation d'autres personnes. Sans pathos, elle constate les faits : " Le bilan de l'effondrement de Rana Plaza au Bangladesh est de 1127 morts. On a retrouvé dans les décombres des étiquettes des marqes de Carrefour, Camaïeu et Auchan" (p. 78).

Comme le temple qui désignait le grand magasin d'Octave dans Au bonheur des dames de Zola, Ernaux use d'une métaphore religieuse pour désigner Auchan : " Jamais le centre ne ressemble davantage à une cathédrale flamboyante qu'en cette période" ( p. 36). Ce n'est ni une élogieuse description des hypers, ni une satire de ces lieux que fait Annie Ernaux mais elle nous livre sa pensée, qui me semble un peu moins vraie que ses autres observations d'une remarquable justesse, me semble-t-il : "Consigner mes déplacements à l'hyper Auchan durant plusieurs mois entre 2012 et 2013 a été une façon de fixer des moments de cette histoire collective, continue et insensible. de saisir en moi des pensées, des sensations, et des émotions qui ne peuvent surgi que là, dans cet espace où sont rassemblés le plus de mes semblables différents, où le vivre ensemble", cette incantation creuse, possède une réalité corporelle, visible. Car l'hyper reste - jusqu'à un redoutable nouvel ordre dont l'apparition se profile dans la dérive inquiétante de la société française - un espace de liberté et d'égalité d'accès, ouvert à tous et toutes sans distinction de revenu, de tenues vestimentaires, d'identé". Un style à découvrir si ce n'est pas déjà fait...

Regarde les lumières mon amour, Ernaux, Folio, 96 p.

Autres romans : La place, La honte, Une femme,

Billet de Lilly  ici.

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18 juin 2017

La cote 400/ La mystérieuse affaire de style de Sophie Divry : ISSN 2607-0006

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"La mystérieuse affaire de style" ! C'est ainsi qu'a joliment intitulé Sophie Divry son article, publié dans Le monde diplomatique et qui est un extrait de son essai Rouvrir le roman.  Pourquoi trouver son style ?, s'interroge-t-elle. C'est tout d'abord pour " traduire la singularité de sa vision et la volonté narcissique d'avoir un style reconnaissable". Ainsi fustige-t-elle, à travers la quête d'un écriture singulière, la vanité des écrivains. Elle y oppose aussi les auteurs qui ont " leur petite musique originale" et ceux qui s'efforcent d'avoir "une pluralité stylistique". Mais voici de la paraphrase, sans style, bien maladroite : vous pouvez lire plutôt son intéressant article ici, évoqué aussi par Christw dans son blog le marque-page.

 Le lendemain, examinant, contemplant et m'extasiant sur la table des nouveautés, dans ma librairie, mon oeil est attiré par le nom de Sophie Divry. Mais c'est justement l'auteur de l'article ! De quel titre s'agit-il ? Je ne saurais le dire. D'ailleurs, j'ai oublié le contenu de la quatrième de couverture. Je vais vite dans le rayon voir si d'autres livres de cet auteur sont encore en vente. Là, je découvre La cote 400, qui a dû plaire à une des libraires, au point que celle-ci a pris le temps d'y mettre son opinion, sur un carton bristol. Je survole la quatrième de couverture où le mot " bibliothécaire" m'incite à l'acquérir. Rarement, les livres sur les livres me déplaisent et me voici repartie avec l'objet du délit.

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Le soir venu, j'ouvre le livre. Et je suis horrifiée. Je l'abandonne une première fois. Puis une deuxième, mais je veux comprendre. Comment l'auteur a pu commettre un pareil récit ! Une bibliothécaire monologue face à un pauvre hère, enfermé la veille dans le sous-sol de la bibliothèque ( plutôt invraisemblable, non ?). Ses opinions sont évoquées en suivant la classifiation de Dewey : la cote 900, l'histoire, lui permet de critiquer Napoléon. Mais quelle harpie ! Quel personnage antipathique ! Non seulement, elle méprise les magasiniers, soit-disant moins intelligents qu'elle, mais elle rend la vie pénible aux architectes sous prétexte qu'elle travaille dans un sombre sous-sol, fait du café trop fort pour ne pas être " rançonner par ses collègues", critique les " zombis" qui écoutent de la musique dans le bus au lieu de lire ! A quoi mène cet amer soliloque ? Je ne le saurais jamais car j'ai laissé ce haineux personnage dans son sous-sol et ce livre, dont le procédé est orginal, mais dont le contenu est décevant et désagréable.

Sophie Divry, La cote 400, collection 10/18, 95 p.

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12 juin 2017

Black out de Bryan Selznick : ISSN 2607-0006

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fille 1Voici l'héroïne du livre : une jeune fille, habitant le New Jersey, en 1927, entourée de maisons en papier et d'articles sur une actrice célèbre. Elle ne cesse de vouloir fuir sa maison, où elle vit avec son père. Son histoire va être racontée en image.

chap 1Et maintenant voici le héros : il s'appelle Ben, vit en 1977, dans le Minnesota et vient de perdre sa mère, bibliothécaire qui aimait les citations. Il ne connaît pas son père mais il découvre, par un soir d'orage, des objets dans le chalet de sa mère, qui va le mettre sur la trace de son passé. Après un terrible accident dû à la foudre, commence la quête du héros... Il raconte simplement son histoire, qui est extraordinaire.

selznick-wonderstruck-museum11Vous pouvez admirer ci-dessus les magnifiques dessins qui alternent avec le texte. Un des objets, qui relie Ben à son passé, est un livre sur les cabinets de curiosités, écrit par un  conservateur de musée travaillant au musée d'histoire naturelle de New York. Les objets, les lieux tiennent une grande place dans la vie de cet enfant.

" Nous sommes tous au fond du trou mais certains regardent les étoiles" (O. Wilde) : cette citation ponctue le récit. Elle n'est pas la seule. Des objets, des rêves récurrents, des événements se répètent d'un destin, celui de Rose, à l'autre, celui de Ben. Mais si on entre émerveillé dans ce roman, et qu'on a envie de se perdre dans ces belles illustrations, on reste un peu sceptique devant les dangers qui disparaissent comme par enchantement, les coincidences si nombreuses... Au lieu d'admirer l'imbrication des pièces du puzzle, on reste dubitatif devant les facilités narratives, les parallèles presque forcés. A la fin du récit un addendum permet à l'auteur de raconter la genèse de l'oeuvre, les sources, les influences de son roman. Un beau roman où j'ai préféré la forme que le fond... mais je sais que je lirai L'invention d'Hugo Cabret tant l'univers de cet auteur est fascinant. Le livre vient d'être adapté et c'est l'un des oubliés de ce festival de Cannes 2017. En voici l'affiche :

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Black out, Selznick, Bayard jeunesse.

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06 juin 2017

Tandis que j'agonise de Faulkner/ Mud, sur les rives du Mississippi de Nichols : ISSN 2607-0006

 

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Voyez le Mississippi, au sud des Etats-Unis, c'est là que se déroulent les romans de Faulkner comme Le bruit et la fureur ou Tandis que j'agonise.

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 L'écrivain Ellen Glaqglow a forgé, en 1936, le terme de Southern Gothic pour qualifier les écrits de Faulkner, en référence au roman anglais noir. Mais quel est le rapport entre ces deux genres de littérature qui paraissent aussi éloignés ? Le southern gothic désigne moins le fantastique que les peurs et les superstitions d'un sud pauvre et décadent, d'une ruralité sauvage et violente.

Dès le titre, Tandis que j'agonise, on pressent une histoire lugubre, comme la pluie diluvienne qui ne cesse de s'abattre sur les tristes personnages de cette histoire. C'est celle d'une famille, dont la mère Addie est mourante. Alors que la mère est allitée, le fils Cash, charpentier, prépare son cercueil, sous ses yeux. Elle a émis le souhait d'être enterrée dans le cimetière près de la ville, ce qui va obliger les enfants, Darl le cadet, Jewel le plus jeune et la fille Dewey et leur père à entreprendre un voyage plein de péripéties glauques comme une jambe cimentée, un incendie, une charrette qui tombe à l'eau...

L'histoire est des plus banales et s'inscrit dans un quotidien rural. Mais ce qui n'est pas banal, c'est l'écriture de Faulkner. La déliquescence de cette famille transparaît dans l'écriture : par courts chapitres, l'auteur révèle grâce au monologue intérieur les pensées des personnages. Juste des bribes. Des fragments. Il instaure le procédé qu'il développera dans Le bruit et la fureur. Les chapitres étant très courts, et n'utilisant pas selon l'expression sartrienne "la technique du désordre", comme dans Le bruit et la fureur, où les temporalités sont mêlées, la lecture en est plus aisée pour découvrir les destins grotesques et sordides de tous ces personnages cernés par l'odeur de mort du cadavre qu'ils transportent. Voici un exemple d'un chapitre faulknerien, pas forcément représentatif puisqu'il s'interrompt au milieu d'une phrase et est particulièrement bref :

Numérisation_20170608Tandis que j'agonise, Faulkner, folio, 254 p.

 

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Ce sont sur les mêmes rives du Mississippi que vit Mud, découvert par Ellis, un jeune garçon naïf et idéaliste. Loin de l'insouciance d'un Tom Sawyer, Ellis est confronté à la dure réalité - il doit aider son père, vendeur de viande et de poisson, alors qu'il n'a que 14 ans, et il doit subir la désunion de ses parents, qui souhaitent divorcer. Mais Ellis est romantique et se réfugie souvent sur une île en quête d'aventures. C'est là, avec son meilleur ami, Neckbone, un orphelin, qu'il découvre un bateau surréalistement perché dans un arbre et un homme mystérieux : Mud.

Mud s'inscrit aussi dans la lignée du southern gothic : dans une nature lumineuse, Ellis et le spectateur font la découverte des dangers de la nature et de la nature humaine. Qui est Mud ? un menteur ou un amoureux ? Ellis va-t-il l'aider à retrouve l'amour de son enfance, Juniper, sachant que Mud est un meurtrier ? Tout en suivant Ellis dans un parcours initiatique, on peut voir des aventures dans la tradition du cinéma américain, la vie des habitants des bayous en train de disparaître ; une fusillade et une traque digne d'un thriller. Un univers à la fois sordide et merveilleux, trouble comme Mud et le fleuve sur lesquels vivent les personnages... Une belle découverte...

Mud, Jeff Nichols, 2012, avec Mattew McConaughey, Tye Sheridan, 2h10.

billet de Dasola

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01 juin 2017

C'est le premier, je balance tout ( juin 2017)

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1) FILMS

Le tunnel, Kim Seung Hun

TUNNEL Bande Annonce (Thriller Coréen - 2017)

Get out,  Jordan Peele

GET OUT Bande Annonce (Horreur, 2017)

Alien Covenant, Ridley Scott : une déception intersidérale !

Avec Michael Fassbinder, 2017, 2h

ALIEN COVENANT Bande Annonce VF (Nouvelle // 2017)

2) TOP ET FLOP

 Comme je n'ai pas publié de billets sur les livres lus ce mois-ci mais que j'ai regardé la grande librairie, je vais vous parler des tops et flops des libraires et écrivains. Moment solennel, il n'y a pas qu'à Cannes que se clôture une cérémonie : François Busnel annonce la dernière réunion livresque pour cette année de la grande librairie. Au programme ? Bien installés dans une vraie librairie, plusieurs écrivains ont rempli la valise idéale. Quel livre pour cet été ? Caryl Férey fait l'éloge de La vie devant soi de Romain Gary et Philipe Delerm Les grandes espérances. Rien de bien original... Je passe donc à la rubrique "30 secondes pour convaincre" et " la littérature étrangère", qui n'intéresseront que les tortues comme moi, avec un train de retard dans toutes leurs lectures : parmi ces derniers, j'ai retenu L'article 353 du code pénal, Les filles au lion de Jessie Burton et Dans la forêt d'Hegland.

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3) ACHATS

Mes derniers achats névrotiques ! Surtout, vient de paraître en poche Intérieur nuit, le dernier roman de M. Pessl, l'auteur de La physique des catastrophes ( j'en parle ici) que j'apprécie particulièrement ! J'ai hâte de le lire ( mais qui a choisi cette couverture ?) : Qui a tué Roger Accroyd, Enquête sur Hamlet, L'affaire du chien de Baskerville, P. Bayard + Devenir le meilleur de nous-même, Maslow + La pyramide des besoins humains, Solé + De Marivaux et du loft de Catherine Henri + Entre les lignes, Donna Léon + Voyage d'Aran, Bouvier + La cote 400 de Sophie Divry

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26 mai 2017

Le tunnel de Kim Seong Hoon : ISSN 2607-0006

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Contrairement aux films catastrophes américains qui jouent des effets spéciaux et d'une surenchère de dramatisation, ce film coréen repose sur la sobriété et ajoute une question sociétale. Dans Tunnel, le héros Jun soo se retrouve coincé sous les décombres d'un tunnel qui s'effondre. Que faire ? Heureusement, le personnage principal a un téléphone portable qui lui permet de contacter les secours. Ces derniers entreprennent tout de suite des recherches, qui vont s'avérer extrêmement difficiles en raison de l'ampleur des dégâts et des problèmes techniques liés au sauvetage.

Comme dans les autres films coréens, Tunnel allie plusieurs genres, notamment l'humour au film catastrophe ( même cas dans The Host qui mêle humour et fantastique, ou la parodie de film de Zombie dans Dernier train pour Busan). Plusieurs scènes sont véritablement burlesques avec un chef des sauveteurs qui doit faire face à la maladresses physiques de co-équipiers. De plus, l'aspect sociétal n'est pas oublié : doit-on poursuivre des sauvetages de grande ampleur lorsqu'une seule personne doit être sauvée ? Doit-on continuer à construire des infrastructures sachant qu'elles ne correspondent pas forcément aux normes de sécurité ? La ministre et les politiques apparaîssent souvent, mais bien plus intéressés par les médias que par la victime. Un très bon film qui donne envie de découvrir Hard day du même réalisateur.

 Le tunnel, Kim Seong Hoon, 126 min, 2017

Billet de Dasola avec d'autres liens et billet de Trillian.

TUNNEL Bande Annonce VF (2017)

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21 mai 2017

Get out de Jordan Peele : ISSN 2607-0006

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Dans Qu'est-ce qu'un bon film ?, Jullier énonce 6 critères pour reconnaître un bon film, auxquels répond Get out. Dans ce film, Rose décide de présenter son copain noir, Chris, un photographe. Son ami Rod, un gardien de la sécurité, veut l'en empêcher, pressentant des problèmes. Avant leur arrivée dans un village caricatural avec les maîtres de maison blancs et les domestiques noirs, les deux jeunes gens heurtent un daim : commence alors une bonne alliance entre angoisse et humour...

1. Un succès commercial ? Avec 4,5 millions de dollars qui a engendré 172 millions de dollars de recette ( cf. Le monde, " Get out, Frankenstein à l'épreuve du racisme contemporain" ici), le film de Jordan Peele est un succès commercial inattendu.

2. Bonne technique : une ouverture qui ne prend sens que vers la fin du film, des échos d'images mais peu d'effets spéciaux inscrivent ce film dans la lignée des séries B, sans tomber dans le nanar.

3. Apprendre quelque chose : Le discours du film n'est certes pas nouveau mais amène une fois de plus à s'interroger sur les problèmes raciaux.

4. Cohérence : excepté certains moments pleins d'hémoglobines et un dénouement un peu brutal, au regard du reste du film qui installe lentement une atmosphère inquiétante, le film propose une narration très cohérente.

5 L'originalité : Jordan Peele arrive à parler du racisme ordinaire d'une manière renouvelée, en montrant une brutalité plus verbale et psychologique que physique. Le réalisateur joue avec adresse des codes des films d'horreur, notamment Frankenstein, les maisons hantés, les morts-vivants...

6. Emotion et plaisir : effrayant, intrigant, angoissant avec des moments hilarants, sans tomber dans la parodie ! Un film à voir !

Get out, de Jordan Peele, avec Allison Williams, Daniel Kaluya 2017, 1h44

Billet de Dasola

GET OUT Bande Annonce VF (2017)

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07 mai 2017

Rompre le silence de Borrmann : ISSN 2607-0006

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Rompre le silence est le premier roman de Metchild Borrmann, paru en 2013 et qui a obtenu le prix du meilleur roman policier en Allemagne ( le Deutscher Krimipreis). Elle a depuis écrit cinq romans, dont Le violoniste. Effectivement, ce roman policier est efficace car il ne distille les renseignements que de manière parcimonieuses par des analepses. Le lecteur curieux attend donc avec impatience des informations. Robert Lubisch découvre, dans les papiers de son père décédé, avec lequel il ne s'entendait guère, une photographie d'une belle femme et une carte d'identité SS. Qui est cette femme ? A qui appartient ces papiers nazis ? Une journaliste décide d'aider Lubitsch mais elle est rapidement assassinée. Pourquoi a-t-on voulu la faire taire ?

L'intrigue nous pousse à tourner les pages. Pourtant, les personnages paraissent sans épaisseur, stéréotypés, prévisibles. On n'arrive pas à s'attacher à l'enquêteur, ni au personnage principal ( qui n'est pas Robert Lubisch), ni à leurs états d'âme. La deuxième déception dans ce roman vient du contexte historique. L'évocation de l'Allemagne nazie ne sert que d'arrière-fond à l'histoire : l'auteur a plus reconstitué une ambiance qu'une période historique ( on peut voir l'indulgence des autorités publiques lors de la dénazification, la propagande...). Une lecture entraînante mais qui n'est pas indispensable...

Rompre le silence, Borrmann, Livre de poche, 286 p.

Merci livre de poche pour ce partenariat.

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