18 juin 2018

Jurassic World : Fallen Kingdom de Bayona : ISSN 2607-0006

JURASSIC WORLD 2 Bande Annonce VF (2018) FINALE

Parmi les derniers reboots, prequels, suites, Jurassic world : Fallen Kingdom ne mérite pas les critiques négatives entendues dans Le masque et la plume, par exemple ou écrites dans l'article du Monde cinéma. C'est un pop-corn movie, donc, du grand spectacle de divertissement. Cependant, comme c'est J. A. Bayona  à la réalisation, il arrive à imprimer sa griffe ( Comme dans la franchise Alien, les différents réalisateurs ont réussi à imposer leur style dans un cahier des charges attendu : Alien, la resurrection de Jeunet n'a pas la même photographie qu'Aliens, le retour de Cameron).

Comme l'indoraptor, créature génétiquement modifiée, qui va hanter le manoir de Lockwood, un riche américain, ce film va hybrider plusieurs genres : tout d'abord, l'histoire débute comme un "survival" : Claire et le dresseur de vélociraptors Owen sont envoyés sur la isla Nublar, le parc d'attraction de Jurassic world 2. L'île est menacée par une éruption volcanique et nos deux héros doivent sauver les dinosaures. Ces derniers, ramenés par un homme sans scrupule, au manoir de Lockwood, sont vendus aux enchères. Commence alors un conte horrifique : tout tourne au désastre et la petite fille de Lockwood, Maisie, cherche à échapper aux dangereux prédateurs.

ugc jurassik 001

Et c'est là que s'impose la vision gothique de Bayona, qui a réalisé L'orphelinat ou Quelques minutes après minuit. Dans ce sombre manoir gigantesque, on peut même voir les griffes de l'indoraptor en ombre chinoise tels la main crochue de nosferatu. Ce long-métrage-là, dans ses coloris et dans son questionnement, semble plus sombre : l'homme peut-il dominer la nature ? Peut-il la modifier sans en payer les conséquences ? Quand doivent s'arrêter les innovations technologiques ? L'intrigue semble assez similaire aux précédents films de la franchise mais la noirceur et les effets spéciaux sont réussis !

Jurassic world : Fallen Kingdom de Bayona, avec Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, 2018, 128 min

Sur le web : Le bleu du miroir, Dasola, Pascal,

Frédéric Strauss, Jurassik world : fallen kingdom, Télérama. URL : https://www.telerama.fr/cinema/films/jurassic-world-2,517418.php

Mandelbaum Jacques, "Jurassik world : fallen kingdom" : opération survie en milieu hostile", Le Monde Cinéma, mis en ligne le 6 juin 2018. URL : https://www.lemonde.fr/cinema/article/2018/06/06/jurassic-world-fallen-kingdom-operation-survie-parmi-les-indominus-rex_5310339_3476.html

Posté par maggie 76 à 18:23 - - Commentaires [6] - Permalien [#]


15 juin 2018

Une mémoire infaillible de S. Martinez : ISSN 2607-0006

Une-memoire-infaillible

Sébastien Martinez, champion de France de la mémoire 2015 et formateur en mémorisation auprès d'étudiants et d'entreprises, nous propose plusieurs méthodes de mémorisation, autre que la répétition. "L'art de la mémoire" ( ci-dessous un court écrit de Maulpoix en retrace l'historique) n'est plus enseignée depuis qu'internet nous déverse un flot de connaissances, sans qu'on ait des efforts à fournir alors qu'elle faisait partie de la rhétorique antique.

Commençons par ce que Sebastien Martinez appelle la "méthode du SEL" : voici une liste de mots. Comment la  mémoriser ? Il faut restituer le souvenir encodé par les 5 SENS, puis les lier (LIEN) en créant une histoire (ENFANCE). Des exemples concrets sont donnés de manière pédagogique pour illustrer la manière dont il faut procéder. Ainsi SEL est l'aconyme de SENS, LIEN, ENFANCE. Vous pouvez d'ailleurs tester cette méthode avec la liste, ci-dessous, proposé dans le livre ( p. 29)

une mémoire 001

Acces au palais mental de sherlock Holmes

Autre méthode, vous pouvez créer votre propre langage. Prenons l'exemple des chiffres : le "major système" consiste à associer les chiffres à une image convoquant les 5 sens. Quant au chapitre 3, nous découvrons la technique du "palais mental" ou "rhétorique architecturale" (Maulpoix). Vous avez peut-être vu celui de Sherlock Holmes dans la série de Gatiss et Moffat. On visualise une maison, un appartement et on y dépose des mots.

S. Martinez avec beaucoup d'enthousiasme et de didactisme transmet différentes manières de mémoriser des listes, des numéros, des textes, des langues vivantes. Je suis adepte de la technique de la répétition et je ne pense pas changer mes méthodes. En revanche, j'ai testé plusieurs méthodes proposées et elles fonctionnent mais je les ai quelque peu modifiées en fonction de ma propore sensibilité. Un livre à recommander à tous, même à ceux qui n'ont pas besoin d'étudier...

Martinez Sébastien, Une mémoire infaillible, Livre de poche, 178 p.

Sur le web : Maulpoix Jean-Michel, "L'art de la mémoire de Frances A. Yates" [en ligne], n° 271, La nouvelle revue Française, juillet 1975. URL : http://www.maulpoix.net/memoire.html

Posté par maggie 76 à 13:07 - - Commentaires [12] - Permalien [#]

11 juin 2018

Trois visages de Panahi : ISSN 2607-0006

Trois visages Bande-annonce VO (2018)

Après l'excellent Taxi Téhéran, il faut aller voir le dernier film en compétition à Cannes de Panahi. Moins réussi, plus lent dans le rythme, Trois visages dépeint un Iran rural après avoir montré l'aspect urbain du pays dans son précédent film. Jafar Panahi, qui se met à nouveau en scène, et une actrice Behnaz Jafari ont reçu une vidéo d'une fille, Marziyeh, tournée sur un téléphone, se suicidant car on l'empêche de devenir comédienne. L'atrice bouleversée décide d'aller voir ce qu'il en est : est-ce un canular ? Est-ce une mise en scène de Panahi ou une mort réelle ? Au fil des rencontres, dans le road-movie qui l'emmène vers le petit village reculé, le réalisateur nous fait connaître la vie des paysans. On croise donc un mariage, on nous montre de loin le quotidien d'une ancienne actrice mais aussi un drame familial dû aux valeurs conservatrices de ses habitants...

Panahi aborde la vision du métier d'actrice, déconsidéré dans ces coins reculés, où elles sont considérées comme des "saltimbanques". Lorsqu'une fille prend une pelle pour proposer judicieusement d'agrandir la route, cela lui est refusé : elle déshonore l'agriculture ! Plusieurs thèmes - La condition des femmes, les coutumes, le cinéma - sont scrutés sous la caméra de Panahi et il évoque même le fait qu'il est assigné à résidence... Mais tout n'est pas noir dans ce film : l'appel de la mère de Panahi donne lieu à de véritables petites saynètes de comédie. Entre la fiction et le témoignage, Panahi nous montre un miroir de l'Iran, un peu lent parfois, mais c'est peut-être pour mieux déployer une certaine lumière et couleur de l'iran. Un film qui montre beaucoup d'inventivité lorsque l'on sait que le réalisateur a interdiction de tourner dans son pays !

Trois visages de Panahi, 2018, 100 min, avec Behnaz Jafari et Jafar Panahi

Autres films : Taxi Téhéran

Sur le web : Le bleu du miroir, Dasola

Alice Gancel, "cinérama : "trois visages" et " Volontaire", 7 juin 2018. URL : https://www.telerama.fr/cinema/cinerama-trois-visages-et-volontaire,n5683051.php

Sotinel Thomas, "Trois visages la grande évasion de Jafar Panahi", Le Monde cinéma, 6 juin 2018. URL : https://www.lemonde.fr/cinema/article/2018/06/06/trois-visages-la-grande-evasion-de-jafar-panahi_5310310_3476.html

Posté par maggie 76 à 20:27 - - Commentaires [10] - Permalien [#]

09 juin 2018

La maison où je suis mort autrefois de Keigo Higashino : ISSN 2607-0006

9782742789511

Vous connaissez mal ou peu la littérature japonaise ? Ce récit pourrait être une bonne introduction pour découvrir un auteur comme Higashino : publié dans la collection Babel noir, La maison où je suis mort autrefois n'est pas véritablement un roman policier. Certes, il y a plusieurs morts, certaines symboliques, d'autres réelless mais l'enquête se tourne plus vers une quête identitaire que vers la découverte d'un coupable. 

Dans un récit cadre, le narrateur qui est un trentenaire, célibataire, réçoit une lettre de son père lui annonçant la destruction de leur maison. Elle lui en rappelle une autre plus terrifiante. Commence une analepse où le narrateur raconte comment deux ans plus tôt, pour aider une ex-petite amie Sayaka, il va se rendre dans une demeure contenant bien des mystères. Sayaka est tourmentée : elle a retrouvé dans les affaires de son père mort, une clé et un plan. En outre, peu à peu, on découvre qu'elle a de mauvaises relations avec sa fille de 3 ans. S'ajoutant à tous ces éléments, elle avoue qu'elle n'a pas de souvenirs d'enfance. La visite de l'étrange maison lui permettra-t-elle de retrouver la mémoire ? Que va -t-elle découvrir ?

Dans une écriture sobre mais détaillée, se succèdent d'infimes détails qui vont tous s'assembler pour mettre au jour une terrible vérité. L'atmosphère devient vite étouffante et angoissante. Mais au-delà d'un suspense terriblement efficace, le lecteur découvre les relations intergénérationnelles au Japon, l'éducation des enfants et leurs enjeux. La dimension psychologique et la question de l'enfance sont aussi très présents : " D'ailleurs, chacun n'a-t-il pas une maison où l'enfant qu'il était  est mort autrefois ?", s'interroge le narrateur...

Higashino, La maison où je suis mort autrefois, Babel noir, 254 p.

Posté par maggie 76 à 09:54 - - Commentaires [14] - Permalien [#]

04 juin 2018

L'homme qui tua don Quichotte de Terry Gilliam : ISSN 2607-0006

 L' HOMME QUI TUA DON QUICHOTTE - Bande annonce VOSTFR (2018)

Un film, est-il de l'art ou de l'industrie ? Où s'arrête le rêve, quand commence la folie ? Tout ce questionnement et bien d'autres interrogations se retrouvent au coeur de L'homme qui tua don Quichotte. Avant même sa sortie cannoise, le film de Terry Gilliam a connu des déboires, des infortunes dignes d'un roman feuilleton avec un tournage apocalyptique, un imbroglio judiciaire... au point de mériter un documentaire légendaire " Lost in la mancha".

Le réalisateur a mis 20 ans pour raconter l'histoire de Toby, réalisateur de pub, désabusé, qui tombe par hasard sur son film de fin d'études, qu'il avait tourné dans un petit village espagnol. Ce film à l'instar des romans de chevalerie pour don Quichotte de Cervantes bouleverse la vie d'un cordonnier, qui se prend pour le véritable chevalier à la triste figure et d'une jeune fille, qui rêvera de devenir actrice. L'image pousse à la démence. A partir de la redécouverte du petit village et des principaux protagonistes de son film d'étudiant, le réalisateur est pris dans une mécanique de la folie : il est contraint de suivre les chimères du cordonnier se battant contre des moulins, rencontrant sa dulcinée... Chutes, gags, fuites, quiproquos se succèdent dans un rythme effréné.

"Il faut le laisser aller jusqu'au bout de ses rêves" : Folie, obsession, rêve, voici des thèmes centraux du film qui concluent crépusculairement sur l'aboutissement d'un rêve qui ne peut se finir que par la mort ou par la folie. Le film de fin d'études de Toby se superpose aux images du spot publicitaire et fait même référence, de manière métafilmique, au long métrage que nous voyons. Différents niveaux de réalité se côtoient et on ne sait jamais réellement où se situent les limites du rêve et de la réalité. La surenchère d'inventions devient un peu longue dans la dernière partie de ce film admirable. On peut surtout regretter que l'aliénation ne soit pas plus visuelle ( comme dans L'enfer de Clouzot avec des images psychédéliques ou des distortions du temps comme dans Shining de Kubrick). Malgré la déception des fanatiques de la première heure, l'esthétique et les questionnements de ce film sont passionnantes.

L'homme qui tua don Quichotte de Terry Gilliam. Avec Adam Driver, Jonathan Pryce, Olga Kurylenko (2 h 12), 2018

themanwhokilleddonquichotte_05

Sur le web : "Cannes 2018 : pourquoi Terry Gillian n'a jamais renoncé à son "Don Quichotte" 19 mai 2018 (vidéo ci-dessous). URL : https://www.youtube.com/watch?v=JhsdLcJDu-4

Sotinel Thomas, " Cannes 2018 : "L'homme qui tua Don Quichotte", Le Monde, mis en ligne le 19 mai 2018. URL : https://www.lemonde.fr/festival-de-cannes/article/2018/05/19/cannes-2018-l-homme-qui-tua-don-quichotte-un-bebe-vigoureux-malgre-trente-ans-de-gestation_5301590_766360.html

Le bleu du miroir, Trillian, Le fossoyeur de film, Le cinéma de Durendal,

Cannes 2018 : pourquoi Terry Gilliam n’a jamais renoncé à son « Don Quichotte »

 

Posté par maggie 76 à 21:29 - - Commentaires [13] - Permalien [#]


31 mai 2018

C'est le premier, je balance tout ( juin 2019) : ISSN 2607-0006

c-est-le-1er-je-balance-tout-banniere-bicolore-marineLogo d'allez vous faire lire

1) LES CHRONIQUES VENUES D'AILLEURS

still_logo-canva-lbdm17

Vous êtes perdus dans l'offre labyrinthique de Netflix, vous hésitez sur le choix du dernier long métrage à voir ou vous ne savez quel film voir lorsque vous êtes confortablement installé sous une couette, tout en mangeant du pop-corn ? Vous pouvez, dans ce cas, jeter un oeil sur Le bleu du miroir, écrit par plusieurs critiques, qui proposent un choix éclectique de longs métrages, séries, bilan ( le tableau des étoiles) etc... Vous pourrez découvrir, par exemple, un billet sur Burning, en compétition à Cannes, qui est un film où il ne "se passe rien" mais qu'on est diablement tenté d'aller voir.

burnin-lee-chang-dong-critique-1050x699

Burning, Lee Chang Dong

2) MES FILMS

LES DÉLICES DE TOKYO Bande Annonce (Cannes 2015)

Les cerisiers fleuris sont emblématiques du Japon. Ces arbres ponctuent mélancoliquement le film Les délices de Tokyo de Naomi Kawase, où un cuisinier Sentaro, alcoolique et solitaire, qui a perdu la joie de vivre, la retrouve à l'aide d'une vieille femme. Celle-ci, rejetée à cause de sa maladie, lui transmet l'art de cuisiner et d'être sensible par ce qui l'entoure.

Ces cerisiers métaphorisent aussi la liberté et la beauté de la nature, qui sont célébrées dans ce film, par des gros plans, qui esthétisent même le ramassage des haricots rouges. La réalisatrice filme le quotidien de ces trois personnages, Sentaro, la vieille femme et une collégienne avec délicatesse et beauté.

Les délices de Tokyo, Naomi Kawase, avec Kirin Kiki, Masatochi Nagase, Kyara Uchida, 2015, 1h53

READY PLAYER ONE - Dreamer Trailer [HD]

Avec un long travelling avant immersif et fluide, Ready player one nous invite à plonger dans un film conçu comme un jeu vidéo. Un jeune adolescent Wade Watts, qui a perdu ses parents et qui vit misérablement chez sa tante, cherche, à l'aide de 3 amis, de remporter les trois clés de l'Oasis, un monde virtuel. Ses adversaires sont IOI, une multinationale, qui exploitent financièrement et humainement des gens qui ont développé une addiction aux jeux virtuels.

" ce n'est pas qu'un jeu" ( Art3mis) : C'est plus qu'un plaisir de geek qu'offre Spielberg avec ce blockbuster. Exploitant la pop culture (Mechagozilla affrontant gundam ou la moto d'Akira côtoie la Delorean), on nous montre aussi comment le virtuel doit être complémentaire du réel et que l'univers du divertissement ne peut suffire.  Peu subtil du point de vue de l'intrigue, ce film est tout de même la vision d'un virtuose de l'image, où l'invention rivalise avec l'imagination.

Ready player one, Steven Spielberg, avec Tye Sheridan, Olivia Cooke, Ben Mendelsohn, Lena Waithe, 2 h 20, 2018.

billets : Le bleu du miroirTrillian, Marilyne

Sur le web : Regnier Isabelle, "Ready player one : Steven Spielberg renoue avec son âme d'enfant", Le Monde, mis en ligne le 28 mars 2018. URL : https://www.lemonde.fr/cinema/article/2018/03/28/ready-player-one-spielberg-renoue-avec-son-ame-d-enfant_5277366_3476.html

3) MES LIVRES

Ce mois-ci, j'ai relu avec bonheur Conrad ( Un avant-poste du progrès et Au coeur des ténèbres) et Annie Ernaux ( Mémoire d'une fille). Ce n'est pas la meilleure autobiographie de cette romancière mais sa lecture m'a donné envie de découvrir Les mémoires d'une jeune fille rangée et son auteur iconique Simone de Beauvoir. En revanche, les romans de Tracy Chevalier et d'Indridason peinent à innover et sont parfaitement oubliables...

41jAp94nzYLG01351

51S5nH1++uLimagesCVT_La-femme-de-lombre_1466

4) MES ACHATS

Des classiques, seulement, sont entrés dans ma PAL : Le petit maître corrigé, Arlequin poli par l'amour ( deux pièces de Marivaux), La peste écarlate de J. London, Simone de Beauvoir de Deguy et La femme rompue de Simone de Beauvoir.

9782072697050indexG01316

514yqd3elWL51FbgCbYx-Lroman-post-apo-la-peste-ecarlate

Posté par maggie 76 à 23:03 - - Commentaires [15] - Permalien [#]

28 mai 2018

La femme de l'ombre, la trilogie des ombres, d'Indridason : ISSN 2607-0006

 

CVT_La-femme-de-lombre_1466

Dans ce deuxième volet de La Trilogie des ombres, plusieurs intrigues s'entrelacent et ne se rejoindront qu'à la fin du roman. Nous pouvons ainsi suivre la trajectoire d'une jeune femme, en 1943, qui quitte la Finlande pour retourner en Islande. Elle attend son fiancé, qui lutte contre les nazis mais qui est déporté dans un camp. Sur le bateau qui la ramène dans son pays, un ami tombe à l'eau. Est-ce un accident ? Plus tard, un homme est retrouvé dans la mer à Reykjavik. Flovent et Thorsen, déjà présents dans Dans l'ombre) enquête tout en étant confronté à d'anciens pro-nazis, au meurtre d'un homosexuel, à la disparition d'une femme liée à l'occupation américaine...

Le genre du "nordic noir" s'essouffle-t-il ? Comme l'avoue l'auteur dans une entrevue dans Le Point, intitulée "Polar : Arnaldur Indridason fait entrer Hitler en Islande", il a abandonné son personnage principal Erlendur au bout de 13 opus car il se répétait : " Il a déjà été le héros de treize livres. Je pense qu'une série ne doit pas s'éterniser"(Ibid). Et nous aussi nous le pensons. Il choisit donc de nouveaux personnages principaux et une nouvelle époque, peu décrite dans les romans islandais : " Très peu de choses ont été écrites sur la guerre et l'après-guerre en Islande" (Ibid).

En abordant "La situation", cela lui permet de se renouveler et il arrive à complexifier ses intrigues, là où elle présentait une certaine linéarité dans ses précédents romans. Si l'on en sait davantage sur le mouvement nazi en Islande et sur l'occupation par les alliés pendant cette période, les personnages restent superficiels empêchant toute empathie, ou tout simplement tout attachement. De même, l'écriture est toujours aussi plate. Malgré l'excellente lecture de Philippe Résimont (vous pouvez écouter un extrait ici, on commence à ressentir une certaine lassitude de ce type de roman... Ce n'est pas un mauvais roman mais il est plutôt quelconque, rejoignant la très longue liste des romans policiers nordiques...

La femme de l'ombre, d'Indridason, audiolib, lu par Philippe Résimont, 8h43, 2018.

Autres romans de l'auteur : Dans l'ombre, tome 1L'hiver arctique, L'homme du lac, Le lagon noir,

Partenariat Audiolib

Sur le web : Malaurie Julie, "Polar : Arnaldur Indridasson fait entrer Hitler en Islande", Le Point, mis en ligne le 30 mars 2017. URL :https://www.lepoint.fr/livres/polar-arnaldur-indridason-fait-entrer-hitler-en-islande-30-03-2017-2115977_37.php 

Posté par maggie 76 à 17:57 - - Commentaires [15] - Permalien [#]

24 mai 2018

biographie de Roth par Stampaprint : ISSN 2607-0006

Je n'ai lu qu'un seul livre de Roth que j'avais beaucoup apprécié ( Indignation) et je compte encore lire son oeuvre, qui reste indégnablement majeure dans la littérature américaine. Stampaprint a réalisé une infographie retraçant la biographie ( après celle d'Asimov, de Shakespeare) de cet auteur qui vient de disparaître.

Philip-Roth-stampaprint

Posté par maggie 76 à 20:50 - - Commentaires [17] - Permalien [#]

21 mai 2018

A l'orée du verger de Tracy Chevalier : ISSN 2607-0006

G01351

La genèse d'un livre peut être tout à fait étonnante. C'est en lisant un livre sur les jardins et notamment un passage sur les pommiers ( mais aussi une trilogie romanesque sur la vie des colons en Ohio) que soudain son histoire a germé déclare, dans les remerciements, Tracy Chevalier. Deux voix alternent pour raconter, tout d'abord, leur installation dans un milieu hostile : le père James Goodenough et sa femme Sadie. Ils ont plusieurs enfants ( Sal, Robert, Martha, Caleb et Nathan), qui les aident à vivre dans le Black Swamp, dans l'Ohio. Là, James veut faire pousser des pommiers contre l'avis de sa femme alcoolique, qui ne cherche qu'à fuir cet endroit recouvert de boue. On suit ensuite les tribulations de Robert, qui sillonne l'Amérique vers l'Ouest, jsuqu'en Californie, à travers des lettres envoyées à sa famille. Son nomadisme l'amène à être chercheur d'or, cow-boy... mais aussi botaniste.

S'inspirant de  personnages réels comme John Chapman ( le voisin des Goodenough dans le Black Swamp) et William Lobb ( herboriste), comme dans son précédent roman La dernière fugitive, l'arrière plan historique et social avec la vie des colons, la ruée vers l'or, l'herborisation, la découverte des séquoïas en Californie est tout à fait passionnante. A travers le destin de ses personnages, Tracy Chevalier retrace une partie de l'histoire américaine. 

Cependant, malgré des efforts pour renouveller la narration, la forme de ce récit est assez cahotique, cousu de fils blancs. On assiste donc à une alternance de voix, de lettres, de récits, qui permet de dramatiser cette histoire. Pourtant, on n'arrive pas à s'attacher à ces personnages, antipathiques, peu approfondis. Paradoxalement, ce livre provoque de l'intérêt pour son sujet ( la vie des colons et les découvertes botaniques) mais de l'ennui pour ses personnages...

Chevalier Tracy, A l'orée du verger, Folio, 390 p.

Autres romans de l'auteur : La jeune fille à la perle, La dernière fugitive, Prodigieuses créatures

Partenariat Folio.

Posté par maggie 76 à 12:26 - - Commentaires [22] - Permalien [#]

16 mai 2018

Fallet, Hultkvist et Richard Ulvshammar : ISSN 2607-0006

DcB296aWsAEUC9vCette série suédoise ravira les fans des romans ou séries policières nordiques. Dans une petite commune de Norrbacka, deux médiocres inspecteurs ( Sophie Borg et un agent britannique Tom Brown) doivent faire équipe avec un incompétent chef de police Klas Wall, pour résoudre un meurtre parfaitement sordide, avec un cadavre découvert dans une lugubre forêt. On a l'impression de nager en plein "nordic noir" mais il n'en est rien : Fallet parodie la vogue des polars nordiques.

Cette série présente tous les codes de séries policières mais en les détournant : la victime est retrouvée avec une Bible dans le corps. Crime satanique ? Un indicateur met Sophie Borg sur la piste d'un homme d'affaire, mauvais homme selon lui, mais l'informateur encapuchonné, qui déguise sa voix, est aussitôt démasqué par Sophie. Cette piste d'ailleurs se dénouera par un comique de situation. Les stéréotypes s'accumulent. Lors de la rencontre entre Klas Wall et son collègue britannique, chacun est enthousiaste : l'un compare son homologue anglais à Barnaby et l'autre à Wallander. Une opération d'infiltration est menée dans les milieux de combats illégaux. Que choisit Klas comme mot désignant un danger ? " Henning Mankell". Son fils, en plein danger, l'oublie et cite tour à tour "Annie Holt, Indridason" etc... D'ailleurs, le maladroit Klas Wall ne cesse de divulger des informations à la presse, se référant au roman Millenium de Larsson !

En 8 épisodes de 28 minutes, tout en jouant de situations attendues, l'intrigue arrive non seulement à nous faire rire mais aussi à nous surprendre. Une bonne série policière parodique à découvrir !

Fallet de Hultkvist et Richard Ulvshammar, série suédoise, Netflix, 2017.

Sur le web : Mauge Sébastien, " fortiches pastiches de séries", Télérama, 8 mai 2018. URL : https://www.telerama.fr/television/fortiches-pastiches-de-series,n5628588.php

Posté par maggie 76 à 21:14 - - Commentaires [10] - Permalien [#]