22 décembre 2009

Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles de Gyles Brandreth : ISSN 2607-0006

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Par un bel après midi d'août 1889, un homme " grand, arborant un léger embonpoint et une tenue excessivement recherché" a rendez-vous avec un jeune homme, Billy Wood, qu'il découvre égorgé. Cet homme altier est "le phénomène littéraire de son temps": Oscar Wilde. Celui-ci revient, quelques heures plus tard, accompagné d'Artur Conan Doyle et de son ami Robert Sherard sur les lieux du crime : à leur grande stupéfaction, le corps a disparu. Heureusement, A Conan Doyle découvre des gouttelettes de sang, sur le mur, prouvant bien la véracité des dires d'Oscar Wilde. L'auteur des Sherlock Holmes recommande à O. Wilde de s'adresser à un jeune inspecteur de Scotland Yard, Fraser... Commence une quête de la vérité devenue obsessionnelle pour O. Wilde : qu'est devenu le corps de Billy Wood ? Qui aurait pu avoir un mobile pour le tuer ?

"La seule véritable ivresse est celle de la conversation"

Le mérite de ce roman policier très humoristique est de faire un portrait prestigieux de O. Wilde. "Il se plaisait à dire qu'il avait mis du génie dans sa vie et seulement du talent dans son oeuvre". O. Wilde est donc d'abord présenté comme un homme de goût, aimant faire des traits d'esprit, palabrant sans cesse au grand plaisir du lecteur qui peut retrouver les aphorismes de Wilde parsemés dans sa conversation mais à la grande exaspération des autres personnages. Il est aussi l'auteur du portrait de Dorian Gray, dont la genèse est ici racontée entre deux enquêtes. Oscar Wilde présente un aspect beaucoup plus comique en tant qu'enquêteur : dès les premières lignes, il rivalise avec les techniques de déduction de Sherlock Holmes, faisant preuve d'un don d'observation infaillible qui va d'ailleurs lui permettre de résoudre cette enquête retorse qui réserve bien des surprises. Conan Doyle admiratif dira vouloir en faire le modèle du frère de Sherlock Holmes ! Adulé et critiqué de son vivant, il devient même le rival de l'intrigue : on s'intéresse davantage à sa personne qu'à l'histoire.

Quant à Sherard, narrateur du journal de l'enquête, lui est dévolu le rôle du docteur Watson, c'est-à-dire crédule et vivant dans l'ombre du grand homme. Il n'est en quelque sorte que le humble transcripteur d'une célèbre aventure fictive de O. Wilde. Si la trame est fictive, les personnages sont bien réels : Sherard était un ami de l'écrivain et a écrit sa biographie à plusieurs reprises. Roman policier historique, mêlant fiction et vrais personnages, la résolution du meurtre aux chandelles, menée avec brio, est une lecture distrayante et amusante... 

" Qui donc voudrait toujours être cohérent ? Pas moi en tout cas ! c'est bon pour les fâcheux et les doctrinaires, ces gens ennuyeux qui poursuivent leurs principes jusqu'à les mettre en application, avant que la réalité ne les contredise par l'absurde" (Oscar Wilde).

Brandreth, Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles, 10/18, grands détectives, 385 p.

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21 décembre 2009

Pierre et Jean de Maupassant : ISSN 2607-0006

 

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Roman réaliste de Maupassant ( biographie ici), Pierre et Jean est un chef-d'oeuvre du roman d'analyse. Pierre et Jean, les héros éponymes, sont deux frères rivaux, habitant le Havre, que tout oppose. Pierre est brun et emporté tandis que Jean est calme et blond. A partir du jour où ce dernier reçoit un héritage d'un ami de la famille, Mr Maréchal, Pierre ne cesse de se tourmenter et de tourmenter sa famille : est-ce Jean serait un fils illégitime pour recevoir ainsi une tel fortune d'un homme que tous deux connaissaient autant ? Commence pour Pierre une quête angoissante de la vérité.

Tout d'abord, l'intrigue est proche d'une enquête policière : Pierre mène l'enquête, tourmenté de savoir que sa mère est peut-être une femme adultère. Comme dans de nombreuses nouvelles de Maupassant, le thème de l'enfant illégitime parcourt tout le roman... Pierre et Jean est d'abord un drame familial mais dont l'intrigue est plutôt surprenante.

Les actions sont rares, ce qui prime ce sont les sentiments : la jalousie ronge Pierre. Il finit malgré lui par haïr ce frère à qui tout semble réussir : grâce à l'argent de l'héritage, il peut installer son cabinet d'avocat, il va se marier à une jeune veuve raisonnable. De nombreuses scènes décrivent les emportements, les doutes et la colère de Pierre.

Pierre et Jean est aussi un roman réaliste : la Normandie, le port du Havre, Trouville, servent de décor à ce drame. C'est un reflet de son siècle mais sans concession car Maupassant égratigne ces petits bourgeois qui recherchent le confort, l'argent, et la banalité d'une vie tranquille... Un roman psychologique passionnant...

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19 décembre 2009

Aurélia de Gérard de Nerval : ISSN 2706-0006

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"Le rêve est une seconde vie" : ainsi commence Aurélia, la narration de moments de folie du narrateur. L'amour impossible pour une jeune femme plonge le narrateur dans la confusion entre réalité et rêve, le désespoir et la folie.

Cette nouvelle n'est qu'une suite de rêves, en trois parties. Oeuvre onirique, ces songes peuvent être soit perçus comme une série de tableaux idylliques répétitifs, soit comme la représentation de la dualité de l'homme. D'ailleurs, cette nouvelle est basée sur des antithèses, oppositions entre souvenir et présent, lumière et obscurité... Le thème du double est très présent aussi, donnant une dimension fantastique à ce récit déjà "supernaturaliste". Entre confusions et élucubrations, la vie de l'auteur est assimilée à une descente aux enfers, à la recherche d'un idéal féminin : en exergue, apparaissent ces deux mots, "Eurydice, Eurydice".

Cette oeuvre nervalienne ( biographie de l'auteur sur le site Larousse) est empreinte d'éléments romantiques tels que le désespoir qui saisit le narrateur dans un temps troublé où le mal-être apparaît comme une véritable maladie, la place donnée aux rêveries et la référence à Swedenborg. Aurélia laisse une impression étrange et est proche des récits fantastiques d'ETA Hoffmann, tel que Le vase d'or où cohabitent fantaisie et folie...

"Arrivé sur la place de la Concorde, ma pensée était de me détruire. A plusieurs reprises, je me dirrigeai vers la Seine, mais quelque chose m'empêchait d'accomplir mon dessein. Les étoiles brillaient dans le firmament. Tout à coup, il me sembla qu'elles venaient de s'éteindre à la fois comme les bougies que j'avais vu à l'église. Je crus que les temps étaient accomplis, et que nous touchions à la fin du monde annoncée dans l'Apocalypse de Saint Jean. Je croyais voir un soleil noir dans le ciel désert et un globe rouge sang au-dessus des Tuileries. Je me dis : " La nuit éternelle commence, et elle va être terrible. Que va-t-il arriver quand les hommes s'aperçevront qu'il n' a plus de soleil [...]". Arrivé vers le Louvre, je marchai jusqu'à la place, et là un spectacle étrange m'attendait. A travers des nuages rapidement chassés par le vent, je vis plusieurs lunes qui passaient avec une grande rapidité. Je pensai que la terre était sortie de son orbite et qu'elle errait dans le firmament comme un vaisseau démâté, se rapprochant ou s'éloignant des étoiles qui grandissaient ou s'éloignaient tour à tour. [...] Brisé de fatigue, je rentrai chez moi et je me jetai sur le lit. En m'éveillant, je fus étonné de revoir la lumière."

Nerval,  "Aurélia", Livre de poche

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15 décembre 2009

Lady Susan de Jane Austen : ISSN 2607-0006

 

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Lady Susan est une roman épistolaire où correspondent plusieurs personnages : l'héroïne éponyme est une veuve spirituelle et jolie, contrainte de demander l'hospitalité à son frère, Mr Vernon, marié à une femme qui la déteste en raison de sa fausseté et sa réputation sulfureuse. En effet, Lady Susan  est obligée de quitter Langford où elle séjournait car elle a séduit l'hôte marié des lieux et un autre jeune homme, sir James, qu'elle destine à sa fille. Celle-ci refuse d'épouser ce jeune homme sot. La fureur de sa mère est à son comble. Lorsqu'elle arrive à Churchill chez son frère, elle séduit aussitôt Mr de Courcy, le frère de Mme Vernon... Va-t-elle l'épouser ? Ou épousera-t-elle Sir James pour sa fortune ?

L'intérêt de cette oeuvre réside dans la polyphonie de ce roman qui permet de rendre palpitante les affaires de coeur de Lady Susan : l'intrigante va-t-elle être démasquée ? De plus, l'auteur joue avec brio de la réception des lettres : une missive arrivant trop tard peut créer bien des quiproquos. Dans la première lettre, Lady Susan prend le masque de la veuve éplorée pour écrire à son frère mais la deuxième lettre fait contrepoint : elle dit détester Charles Vernon et craindre sa femme. Ainsi se met en place le portrait d'une intrigante, à rapprocher d'une autre grande  manipulatrice et dissimulatrice : Mme de Merteuil des Liaisons dangereuses. Ce portrait est confirmé par d'autres correspondants tels que Mme Vernon ou son frère, Mr de Courcy, qui la décrit comme " la coquette la plus achevée d'Angleterre". Cependant, ce dernier va bientôt tomber sous le charme de la coquette.
Ce personnage d'aventurière est plutôt étonnant dans l'univers de Jane Austen mais on suit avec délice ses machiavéliques plans pour se créer une situation, car elle est une veuve désargentée. Très vite, on plonge au coeur de ces histoires sentimentales, de ces jeux de masques où la raison semble dominer les sentiments. C'est avec brio que l'auteur entremêle, dans un style enlevé, toutes ces correspondances qui réservent une surprise finale. Un court roman épistolaire plaisant dans la même veine que Les liaisons dangereuses.

 Austen, Lady Susan, Folio 2 euros

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14 décembre 2009

Le barbier de Séville de Beaumarchais : ISSN 2607-0006

 

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A Séville, un vieux médecin, Bartholo, décide d'épouser sa jeune pupille Rosine. Cependant, le comte Almaviva est amoureux de cette jeune fille. Il décide de s'introduire chez Bartholo, déguisé en cavalier, et peut ainsi s'entretenir avec l'objet de son amour. Les jeunes amoureux sont aidés dans leur entreprise par Figaro, le valet de Bartholo...

Tout de suite, on reconnaît des thèmes moliéresques ainsi qu'une intrigue très convenue, influencée par la commedia dell arte : deux jeunes gens cherchent à se marier aux dépens d'un vieux barbon jaloux et ridicule.

Cependant, cette pièce en 4 actes, pose le noeud de l'intrigue de manière très dynamique. Surtout, les dialogues sont extrêmement enlevés entre jeux de mots, comique de répétition, vivacité des répliques et chiasmes. A l'acte III, l'intrigue présente un tel imbroglio que l'un des acteurs s'écrit : "il y a de quoi perdre l'esprit !". Les dialogues sont très fluides ne laissant aucun répit au spectateur. Dans ces dialogues, le personnage de Figaro y prend une importance particulière : ses paroles sont, au-delà du comique, parfois critiques. Il est en quelque sorte le porte parole de Beaumarchais. Il fustige le milieu littéraire - il parle de la république des Lettres comme étant celle des loups - et les autres personnages.

Cette pièce est aussi influencée par l'esthétique théâtrale de l'époque, celle du drame : en effet, le personnage de Rosine n'est pas celui d'une ingénue, elle est rusée et caractérielle. Elle sait mentir et feindre. Cependant, certaines scènes ne sont pas dépourvues de sensibilité et chacun des personnages ressent, à un moment, le désespoir ou le désarroi face à cette comédie de l'amour où le bonheur et la justice finissent par l'emporter. Cette comédie se lit avec plaisir, tant la pièce a un rythme vif où s'enchaîne quiproquos, déguisement, apartés et bon mots... Une pièce de Beaumarchais ( présentation de l'auteur " les essentiels littérature" sur le site de la BNF) à lire !

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11 décembre 2009

La dame blanche de Bobin : ISSN 2607-0006

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La dame blanche de Christian Bobin, folio, 2007, 125 p.

Ce live de Bobin est une autobiographie subjective et poétique d'Emily Dickinson, poétesse américaine du XIXeme siècle.

Cette biographie se présente sous forme de courts fragments proche de la prose poétique, retraçant par petites anecdotes la vie d'Emily. Commençant presque à rebours, le récit de la vie de la poétesse commence par sa mort, de manière significative. La blancheur de cette dame, est la couleur de l'innocence mais aussi celle du linceuil. Toute sa vie, cette femme semble entourée de personnes dont la vie est fugace, elle-même est dépeinte comme une âme. Très tôt, elle connaît l'absence et le manque : l'absence d'une mère et la perte d'une personne chère, Benjamin Newton (secrétaire de son père). Bobin raconte ensuite, sans ordre chronologiques, quelques instants de la vie d'Emily, toutes imprégnées de religiosité.

Paradoxalement, celle qui a choisi la vie, vit en fait comme une recluse et une solitaire car "la tyrannie du visible fait de nous des aveugles". Cette biographie est davantage un portrait en creux, toute en intériorité. La dame blanche est le portrait d'une âme, toute en sensibilité, presque insaisissable. On regrette presque la grâce éthérée de cette prose car elle tend à effacer son sujet.

"Derrière la porte fermée à clé de sa chambre, Emily écrit des textes dont la grâce saccadée n'a d'égale que celle des proses cristallines de Rimbaud. Comme une couturière céleste, elle regroupe ses poèmes par paquets de vingt, puis elle les coud et les rassemble en cahiers qu'elle enterre dans un tiroir. "disparaître est un mieux". A la même époque où elle revêt sa robe blanche, Rimbaud, avec la négligence furieuse de la jeunesse, abandonne son livre féérique dans la cave d'un imprimeur et fuit l'Orient hébété. Sous le soleil clouté d'Arabie et dans la chambre interdite d'Amherst, les deux ascétiques amants de la beauté travaillent à se faire oublier". (quatrième de couverture)

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03 décembre 2009

La dernière enquête du chevalier Dupin de Fabrice Bourland : ISSN 2607-0006

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Nerval parlait de "l'épanchement du songe dans la vie réelle"... On peut en dire de même pour cette fiction qui parle de la mort de Nerval, l'auteur des filles du feu. Le poète s'est pendu à Paris à la fin du XIXeme siècle. Comme il était psychologiquement instable, on a tout de suite cru à un suicide. Mais cette thèse ne satisfait pas 3 de ses amis qui demandent au chevalier Dupin et à son fidèle compagnon de mener une enquête au sujet de cette mort...

Comme dans les romans policiers de Conan Doyle, le compagnon de l'enquêteur prend la plume pour narrer une aventure d'un célèbre détective. Personnage de fiction, Dupin est le héros des nouvelles de Poe (biographie sur le site Larousse) : il est aussi question de lui, dans ce court récit qui s'inspire de la véritable mort du poète sur laquelle repose l'intrigue.

L'intrigue est assez complexe puisque le narrateur fait de nombreux allers-retours entre le moment de l'écriture et l'époque où les événements se déroulent. L'écriture aussi se fait énigmatique, entre jeux de mots et jeu de l'esprit. On est amusé de voir apparaître Dumas témoigner dans cette enquête, parfois très fantaisiste, qui verse dans l'ésotérisme propre au XIXeme siècle. Et que dire des derniers mots ! "Traduction de Charles Beau de L'Ers".

Roman policier historique et littéraire, La dernière enquête du chevalier Dupin est une enquête amusante et un hommage à Edgar Allan Poe.

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08 novembre 2009

La bête humaine de Zola : ISSN 2607-0006

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Zola (une exposition virtuelle sur la BNF lui est consacré ici) désirait avec ce roman, appartenant au cycle des Rougon-Macquart, écrire un grand roman du crime et ferroviaire. En effet, dans ce roman, "la bête humaine" est une métaphore du train, qui symbolise la marche forcenée du progrès et que Zola personnifie. Mais "la bête humaine", ce sont aussi les Misard : un mari tente d'empoisonner sa femme pour lui prendre de l'argent, qu'elle a caché. C'est aussi Jaques Lantier, fils de Gervaise, dont la lourde hérédité le pousse à tuer toutes les femmes qu'il rencontre. Il y a aussi Séverine et son mari, les Roubaud, qui tuent Grandmorin, le mari étant jaloux de ce protecteur, qui aurait abusé de sa femme avant le mariage... Les destins de ces personnages vont se croiser autour de la ligne du Havre/ Paris où les êtres sont entraînés au rythme de la machine.

Avec sa verve épique, de nouveau, Zola illustre avec ses personnages, sa théorie de l'hérédité. Il dépeint avec fidélité le milieu ferroviaire ainsi que ces personnages, qui ne sont pas maîtres de leurs pulsions. Proche de l'intrigue de Thérèse Raquin, ce roman peint - avec des hyperboles et à grand renfort de descriptions - une intrigue policière, une histoire d'adultère mais qui a pour fond de toile, l'Histoire : de nombreuses fois, sont évoqués les troubles politiques liés au Second Empire. Si l'écriture naturaliste est bien présente, de part ses thèmes et le vocabulaire technique, les symboles n'en sont pas absents. Un chef-d'oeuvre !

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04 novembre 2009

Musique pour caméléons de Truman Capote

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Ce recueil de "roman non roman", c'est-à-dire des retranscriptions de conversations réelles et d'anecdotes vécues par l'auteur, contient des textes variés et assez inégaux dans leur qualité. Il se compose de 3 parties intitulées :
I . Musique pour caméléons
II. Cercueil sur mesure (que j'ai déjà chroniqué ici)
III. Portrait-Conversations

L'auteur définit lui-même ce nouveau genre qu'il a inventé, dans une préface tout à fait instructive sur la vie de l'auteur puisqu'il y détaille l'évolution de son écriture (qui révèle son côté narcissique) : " Ce que j'écrivis de plus intéressant durant cette période, ce furent précisément les simples observations quotidiennes enregistrées dans mon journal. Description d'un voisin. Longues transcriptions de conversations écoutées. commérages locaux. Une forme de reportage, un style du "vu" et l"entendu" qui devait plus tard sérieusement m'influencer [...]".

"Intéressant" n'est pas totalement vrai pour l'ensemble des "récits" présents dans ce recueil : si l'écriture de T. capote est captivante, les textes tournent souvent court et on reste sur notre faim par manque justement de fin... L'absence d'intrigue est à déplorer, mais la vie n'est pas un roman, et en revanche, les dialogues sont toujours enlevés, ciselés, les remarques de Truman Capote piquantes. Truman Capote possède un art de la conversation et une finesse d'observation que j'admire beaucoup.
NB : J'ai particulièrement aimé "bonjour l'inconnu"...

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01 novembre 2009

Cercueils sur mesure de Truman Capote : ISSN 2607-0006

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Jake Pepper mène une enquête terriblement difficile, qui tourne à l'obsession, car le meurtrier d'une série de crimes semble intouchable et au dessus de tout soupçon. Cette série de meurtres est particulièrement mystérieuse et sinistre. Chaque victime, avant de mourir, avait reçu un petit cercueil dans laquelle se trouvait leur photographie.

Dans ce court "roman", Truman Capote emmène le lecteur dans un univers sombre mais très réaliste, inspiré de vrais meurtres comme l'indique le sous-titre " récit véridique non romancé d'un crime américain" et la présence de Truman Capote à l'intérieur du récit. Il se met d'ailleurs en scène avec beaucoup d'humour et fait surtout preuve d'une grande finesse d'observation et d'une virtuosité de style. Cet auteur détaille ses relations avec l'inspecteur J. Pepper de manière ambiguë : dans ses relations humaines, il semble toujours partagé entre l'amitié, l'intérêt (écrire un livre) et la curiosité... Capote est un homme "trouble" et "troublant" pour tous ceux qui l'approchent, notamment grâce à sa conversation.

De plus, l'écriture quasi journalistique, mais non exempt, de temps à autres, de notes plus poétiques, tient le lecteur en haleine jusqu'à la dernière ligne... Surprenant, dans un récit objectif, parfois l'auteur pose un regard rêveur sur un élément de la nature ou d'une personne.

Ce récit est enthousiasmant même si la fin se délite et perd consistance... On ressent aussi une déception car le mystère reste entier parce que la vie ne se conforme pas aux lois du genre policier. J'ai hâte de lire de Sang froid.

Autres oeuvres de l'auteur : Musique pour caméléons

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