28 août 2009

La promesse de L'aube de Romain Gary : ISSN 2607-0006

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La promesse de l'aube, Romain Gary, Folio, 390 p.

La promesse de l'aube est une autobiographie retraçant la vie de Romain Gary ( biographie ici), notamment sa relation avec sa mère. Le père est absent mais la mère possessive rêve d'un avenir grandiose pour son fils. Il sera un "virtuose du violon" ou un " titan de la littérature française". Elle est âgée mais travaille dur pour son fils et il lui rend hommage dans ce livre :

" Ma mère faisait, dans ses lettres, la description de mes prouesses, que je lisais, je l'avoue, avec un certain plaisir. "Mon fils glorieux et bien aimé, m'écrivait-elle. Nous lisons avec admiration et gratitude les récits de tes exploits héroïques dans les journaux. Dans le ciel de Cologne, de Bremen, d'Hambourg, tes ailes déployées jettent la terreur dans le coeur des ennemis". Je la connaissais bien et je comprenais fort bien ce qu'elle voulait dire. Pour elle, chaque fois qu'un avion de la R.A.F. bombardait un objectif, j'étais à bord. Dans chaque bombe, elle reconnaissait ma voix. J'étais présent sur tous les front et je faisais frémir l'adversaire. J'étais à la fois dans la chasse et dans le bombardement et, chaque fois qu'un avion allemand était abattu par l'aviation anglaise, elle m'attribuait tout naturellement cette victoire."

Tout en exagération, entre souvenirs tendres et épisodes comiques, Romain Gary romance sa vie, parle de sa vocation d'écrivain et fait le portrait de sa mère, à qui il donne un rôle prédominant aussi bien dans sa vie que dans son oeuvre. L'auteur s'attache à raconter de nombreuses anecdotes qui ont marqué son enfance. On rit beaucoup en lisant ce récit où s'accumulent des situations cocasses et des sentiments exacerbés. J'ai pris plaisir à lire cette autobiographie dont l'écriture est hyperbolique... drôle et émouvante !

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26 août 2009

Le crime d'Hallowen d'Agatha Christie, adapté par Chandre : ISSN 2607-0006

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Voici un nouvel épisode des célèbres aventures d'Hercule Poirot, personnage créé par A. Christie ( biographie sur le site Larousse) : Lors d'une fête d'Halloween, organisée par Mrs Blake,  une enfant, prénommée Joyce, est retrouvée morte dans la bibliothèque. Juste avant d'être assassinée, elle dit à Mrs Olivers, auteur de roman policier : "J'ai déjà assisté à un vrai meurtre quand j'étais petite...". Ces paroles signent son arrêt de son mort. Mrs Olivers fait alors appel à son ami Poirot pour élucider ce meurtre...

Ce tome 15 des aventures du célèbre détective est mis en images aquarellées par Chandre. Malgré les nombreux personnages, on lit facilement cette BD policière sans cartouche et avec des dialogues sobres. Cette adaptation est agréable à lire : l'intrigue est bien ficelée et Hercule Poirot toujours aussi perspicace !

Autre adaptation en BD d'Agatha Christie, par le même dessinateur : Témoin indésirable

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25 août 2009

Roses à crédit d'Elsa Triolet : ISSN 2607-0006

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Rose à crédit, Elsa Triolet, Folio, 300 p.

Martine est née dans la misère. Lorsqu'elle monte à Paris, exercer son métier de manucure, elle y rencontre un amour d'enfance idéalisé, Daniel Donelle, rosiériste, qui rêve de créer la rose parfaite. Pour Martine, la beauté se situe dans le confort moderne et les objets. Leur amour s'étiole peu à peu, ne résistant pas aux objets de leur passion véritable.

Rose à crédit, titre qui concentre les deux thèmes majeurs de ce roman méconnu d'Elsa Triolet, stigmatise subtilement la consommation de masse. Dans une prose sobre, pleine de références culturelles, on assiste à l'ascension et à la chute de l'héroïne, dans le contexte de l'après-guerre, décrit d'une manière réaliste. Martine, née dans la pauvreté, voue un culte immodéré aux objets. Elle se constitue un appartement tout droit sorti d'un magazine : les objets l'envahissent au point d'oublier de vivre, au point de ne pas voir que Danielle s'est lassé d'elle et de sa vie consumériste. Lorsqu'elle ouvrira enfin les yeux, ce ne sera que pour constater l'ampleur des désastres. Le sujet de ce roman est encore brûlant d'actualité... Ce récit est aussi aussi un hymne à l'amour impossible. En voici deux extraits

"Parfumés, aérés, silencieux, capitonnés, antiseptiques, polis, aimables, souriants, fleuris, étaient les salons de l'Institut rose et bleu ciel... Flacons, écrins, colifichets, lingerie, transparences, étincellements. Les femmes, sorties des mains des masseuses, manucures, coiffeurs, comme repeintes à neuf, fraîches et euphoriques. Martine, manucure, se trouvait au coeur de son idéal de beauté, elle vivait à l'intérieur des pages satinées d'un magazine de luxe." (p. 71).

"L'amour de Martine était fait d'un matériau impérissable, tel qu'on en concevait jadis. Y a-t-il donc des passions anachroniques ? Personne n'est allé chercher dans les dossiers de la cour d'assises une réponse à cette question. D'ailleurs pourquoi chercher la réponse dans les statistiques du crime ? ... La passion ne se mesure pas au crime... Pourtant elle faisait penser au crime, la passion totale de Martine. Pas une passion  de série, pas du préfabriqué, de la matière plastique. Et c'est pour cela que des mots se sont mis à parler de la passion profonde et noire comme la nuit, de ce que ces ténèbres empêchent de voir  dans ses profondeurs. De Martine, se tenant à l'entrée de la nuit, à l'orée d'une sombre forêt, y attirant le voyageur, l'y entraînant... Daniel la suivait, c'était un homme." (p. 99)

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24 août 2009

Témoin indésirable d'A. Christie : ISSN 2607-0006

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Témoin indésirable, Tome 14, Agatha Christie, scénario et dessin de Chandre, Emmanuel Proust édition, 49 p.

Un soir, deux ans plus tard après l'assassinat d'une femme, un inconnu, le Dr Calagary vient bouleverser la tranquillité d'une famille en confirmant l'alibi du meurtrier : Jack Argyle. Celui-ci, violent et instable, aurait tué sa mère qui refusait de lui donner de l'argent. Le Dr Calagary n'a pas pu témoigner avant à cause d'une amnésie, due à un accident de voiture et d'une expédition scientifique.

Cette révélation jette le désordre au sein de la famille : qui est le véritable meurtrier de Mrs Argyle ? Son mari, qui souhaite se marier avec sa secrétaire, Gwenda Vaughan ? La domestique ? Elle aime tous les membres de la famille sauf la défunte ou Mary, Hester, Mikael et Tina, ses enfants adoptifs, qui étaient dépendants financièrement d'elle ?

L'adaptation en images ne gâche en rien cette enquête policière. L'intrigue complexe reste tout à fait compréhensible. Huis clos et drame familial créent un suspense cruel : chaque membre de la famille s'épie et se soupçonne. Les dessins aquarellés sont d'une facture très classique. Rien d'original, mais on passe un moment de détente à lire un classique de la littérature policière...

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22 août 2009

Le cadavre de Bluegate Fields d'Anne Perry : ISSN 2607-0006

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A la fin du XIXeme siècle, dans les égouts de Londres, on découvre le corps d'un jeune homme de bonne famille, de seize ans, complètement nu. Pourquoi a-t-il été assassiné ? Que faisait-il dans ce quartier mal famé ? Qui avait un mobile pour vouloir sa mort ? Tout semble indiquer que l'auteur du meurtre est le précepteur du garçon, Mr Jérome. Celui-ci clame son innocence mais il est condamné à mort.

A l'époque victorienne, les rapports de classes régissent la société. L'inspecteur Pitt a de grandes difficultés à mener l'enquête, dans un milieu aristocratique où il est malséant de parler d'assassinat. Heureusement, Charlotte, née dans la haute société, femme de l'inspecteur, franche et volontaire, décide de venir en aide à son mari. Faisant jouer ses relations, elle arrivera à bousculer ce monde conventionnel et à démasquer le vrai coupable.

Ce roman policier historique dépeint très bien l'époque victorienne, avec beaucoup d'humour. De nombreux sujets plus graves transparaissent au détour de l'enquête : la pauvreté, la prostitution et la place des femmes... Les dialogues sont enlevés, les personnages attachants et le suspense est présent jusqu'aux dernières pages. Comme j'apprécie l'ambiance victorienne de ce roman policier et l'ironie mordante des personnages, je vais m'empresser de découvrir les autres opus de cette série...

Le cadavre de Bluegate Fields, Anne Perry, 10/18, 382 p.

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21 août 2009

Les âmes grises d'Yves Angelo : ISSN 2607-0006

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En 1917, près du front, la fille d'un aubergiste est retrouvée morte près du château du procureur Destinat. Qui est le meurtrier ?  Deux déserteurs vont être accusés, sans avoir été vraiment jugés. Le juge Mierk ne recherche pas la vérité mais des coupables. En revanche, un policier continue l'enquête, peu satisfait de ce procès inique. Quelques temps avant, une jeune institutrice, Lysia, est retrouvée morte, probablement un suicide, dans le château du procureur où elle résidait. Des morts, il y en a beaucoup. Il y a aussi ceux de la première Guerre Mondiale, guerre jamais montrée mais qui sert d'arrière-fond à cette tragédie...

Malgré une très belle distribution, le film n'est pas captivant. Les scènes sont décousues et manquent de rythme. L'intrigue policière est décevante, le mystère reste opaque et le spectateur est perdu dans cette longue et lente enquête. Surtout, l'émotion est absente de ce film austère. Dommage, le livre est très bien écrit : voici un extrait du roman :

"Elle ressemblait ainsi à une très jeune princesse de conte, aux lèvres bleuies et aux paupières blanches. Ses cheveux se mêlaient aux herbes roussies par les matins de gel et ses petites mains s'étaient fermées sur du vide. Il faisait si froid ce jour-là que les moustaches de tous se couvraient de neige à mesure qu'ils soufflaient l'air comme des taureaux. On battait la semelle pour faire revenir le sang dans les pieds. Dans le ciel, les oies balourdes traçaient des cercles. Elle semblaient avoir perdu leur route. Le soleil se tassait dans son manteau de brouillard qui peinait à s'effilocher. On n'entendait rien. Même les canons semblaient avoir gelé.

"c'est peut-être enfin la paix... hasarda Grosspeil.

- La paix mon os" lui lança son collègue qui rabattit la laine trempée sur le corps de la fillette."

Les âmes grises, P. claudel, Yves angelo, J. Villeret, J. P. Marielle, M. Hand, P. Podalydes, 1h43, 2005

Les Ames grises (2004)

 

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20 août 2009

Truman Capote de Bennet Miller : ISSN 2607-0006

 

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Truman Capote est un auteur que je n'ai pas encore lu mais ce film m'a fait découvrir la genèse d'une de ses oeuvres, qui a marqué la littérature américaine du XXeme.

Le film Truman Capote décrit une partie de la vie de l'auteur : ce n'est donc pas une biographie mais le portrait d'un artiste en train de créer ce qui deviendra son oeuvre la plus connue. En 1959, par hasard, l'auteur découvre dans le New-York Times un article sur le massacre d'une famille de fermiers dans le Kansas. Avant même que les meurtriers soient arrêtés, il décide d'aller sur les lieux, avec une amie d'enfance, Harper Lee, pour se documenter. L'écrivain a décidé que ce fait divers servira de matière à son nouveau "roman de non-fiction" qui sera intitulé de Sang-froid. Ce livre, qui paraîtra 6 ans plus tard, a pour thème le meurtre du Kansas et la relation  de Truman Capote avec les deux meurtriers. Condamné à mort, l'un des deux tueurs reçoit de fréquentes visites du célèbre écrivain qui désire connaître les détails de la nuit du massacre. Une relation troublante et choquante se noue : Truman Capote est prêt à tout, au nom de la création littéraire.

Le portrait de cet écrivain est saisissant : il est à la fois horripilant avec sa voix haut perchée et désopilant par son esprit féroce. S'il est présenté comme un orateur, qui séduit son auditoire grâce à des réparties spirituelles, T Capote n'est pas présenté de manière flatteuse lorsqu'il s'agit de son travail d'écrivain. En effet, on montre aussi la genèse de De sang froid : l'écrivain n'hésite pas à mentir aux deux meurtriers pour avoir les renseignements qu'il désire. Il noue des liens avec les deux prisonniers mais les dénoue aussitôt que son intérêt pour eux retombe. Ce film est sombre, dérangeant et angoissant car il laisse une grande place à la vie des prisonniers et à leurs derniers pas dans le couloir de la mort mais il permet aussi de faire connaître un auteur.

TRUMAN CAPOTE - Bande-annonce VF

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19 août 2009

Carmilla de Sheridan Le Fanu : ISSN 2607-0006

 

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Dans une contrée éloignée, en Styrie, vivent dans la solitude Laura, son père le général, sa préceptrice Mademoiselle Delafontaine et Madame Perrodon, la gouvernante. Ils se réjouissent de la venue du général Spieldolf et de sa fille mais une lettre annonce le décès de celle-ci, dans des conditions mystérieuses. Lors d'une promenade, devant leurs yeux, se renverse un attelage d'où émerge une femme distinguée et une jeune fille inconsciente, Carmilla. Cette dernière, étant trop faible pour continuer le voyage, est invitée à se rétablir dans le château du général. Au même moment, commence à se produire d'étranges morts dans la région...

Un château isolé entouré d'une forêt, des morts mystérieuses, des superstitions, une jeune héroïne naïve : tous les ingrédients du roman gothique et fantastique anglais sont présents. Sous forme de confession et en seize chapitres, l'auteur réussit à créer le suspense. Un mot pour qualifier ce court roman, publié en 1871 :  "l'ambiguïté" entre rêve et réalité, amour et répulsion, mort et vie... L'écriture rétrospective et naïve de la narratrice contribue à créer un charme particulier à ce court récit qui nous transporte dans des lieux isolés. Candidement, elle raconte sa rencontre avec la surprenante Carmilla. La naïveté de la jeune narratrice crée une atmosphère doucement surannée ignorant les indices inquiétants, comme l'arrivée annuelle d'un saltimbanque bossu qui remarque aussitôt les dents en "crochet" de Carmilla, ou la découverte d'un mystérieux tableau, vieux de deux cents ans, qui est l'exact portrait de Carmilla...

On apprécie ce roman, qui a pour thème la figure du vampire, précurseur du genre, puisqu'il a été publié avant le célèbre Dracula de Bram stocker et qui s'inspire du roman anglais gothique.

Carmilla, Sheridan Le Fanu, Babel, 155 p.

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17 août 2009

Les désastreuses aventures des enfants Baudelaire de Lemony Snicket : ISSN 2607-0006

 

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S'inscrivant dans la tradition du roman-feuilleton du XIXeme, Les désastreuses aventures des enfants Baudelaire est paru en 13 tomes.

Tome 1 : "Tout commence mal..." L'histoire est celle de trois enfants confrontés à de multiples mésaventures. Nos trois héros surdoués sont Violette, l'aînée de quatorze ans, qui aime inventer des machines farfelues, Klaus qui adore lire et la petite dernière Prunille qui aime mordre les gens. Tout débute avec la mort de leurs parents, qui ont péris dans un incendie. Mr Poe, ami de la famille, décide de les placer chez un parent éloigné, le Comte Olaf. Ce dernier, mi-comte, mi-acteur, n'a qu'une idée en tête voler : l'immense fortune de la famille Baudelaire. Toute son ingéniosité est mise au service de ce projet qui vaudra bien des malheurs aux orphelins Baudelaire...

Ce roman tient à la fois du conte et du roman mélodramatique du XIXeme siècle. Ce qui relève du conte, ce sont  les lieux et les temps indéterminés, la figure d'opposant, le comte Olaf, l'adjuvant, la juge Abott, et les héros malheureux qui doivent surmonter des épreuves. Mais il s'agit aussi d'une histoire mélodramatique qui mêle sentiment, humour, suspense et un narrateur omniprésent. Celui-ci intervient directement, avec beaucoup de désinvolture, dans le récit, pour commenter les aventures des orphelins. On est charmé de retrouver le style désuet des romans-feuilleton et de la place qu'occupe les livres dans l'intrigue. Après la lecture de ce premier opus, on a hâte de suivre les aventures de nos trois malheureux héros...

"Klaus regarda la porte se refermer sur sa soeur et un accès de découragement le prit. Trois jours, il ne restait que trois jours pour découvrir ce que tramait le comte, sans parler, bien sûr, de trouver le moyen de déjouer ses plans. Pauvre Klaus ! Il avait grandi dans la certitude que les livres contenait la solution à tous les problèmes. Il avait toujours cru, dur comme fer, qu'il suffisait d'avoir beaucoup lu pour venir à bout de tout. Il n'en était plus si sûr. Un coassement le fit sursauter : - Dis donc, toi ! Qu'est-ce que tu fais là ?

Il se retourna. Un compère du comte s'encadrait dans la porte, le grand diable aux crochets à la place des mains."

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16 août 2009

Tartuffe adapté en BD par Duval et Samzim : ISSN 2607-0006

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En octobre dernier, lors du salon de la BD à Dieppe, j'ai eu l'occasion de rencontrer Fred Duval, le sympathique auteur des Travis et des Carmen. J'ai été agréablement surprise en découvrant sa dernière oeuvre, Le Tartuffe de Molière ( biographie sur le site Larousse), que je me suis empressée d'acheter. Est-il encore nécessaire de rappeler l'intrigue ? Orgon, un bourgeois est tombé sous l'emprise de Tartuffe, un homme dont il admire les vertus. En fait, celui-ci n'est qu'un hypocrite, un faux-dévôt, qui n'est intéressé que par la fortune d'Orgon. Malgré l'hostilité de toute sa famille, Orgon décide de marier sa fille Mariane avec Tartuffe alors que celle-ci aime un autre homme, Valère...

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 Ce premier opus, qui adapte les 2 premiers actes de la pièce, est vraiment enthousiasmant. Etant une grande admiratrice de Molière, j'ai particulièrement apprécié de retrouver le texte intégral aussi bien illustré. En effet, je suis tombée sous le charme des dessins de Samzim, hautes en couleur, qui illustrent assez bien le ton de cette comédie entre sujet grave et comique. Dans les premiers actes, on assiste à la mise en place de l'intrigue et à la présentation des personnages. Un grand absent : Tartuffe n'est pas encore sur scène, mais on sent toute sa puissance dans l'omniprésence de son nom et de ses portraits dans les répliques des protagonistes. Qui est Tartuffe ? Est-il réellement un hypocrite ? Feint-il la dévotion ?

On ne peut que louer cette adaptation en bande dessinée d'un des chefs-d'oeuvre de Molière. En choisissant ce support, l'auteur et le dessinateur toucheront certainement un public rebuté par l'aspect un peu austère des pièces du dramaturge français. Les couleurs des images sont vives et l'enchaînement des cases rendent bien la dynamique de la pièce. Il me tarde de découvrir les images qui illustreront des actes suivants...

Le Tartuffe, Duval et Samzim, Delcourt, 56 p.

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