20 mai 2020

Miroir de nos peines de Lemaître : ISSN 2607-0006

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Miroir de nos peines termine la trilogie de Lemaître, intitulé "Les enfants du désastre". Après Au revoir là-haut et Couleurs de l'incendie, Pierre Lemaître écrit un roman sur l'histoire dans les années 1940. On suit le destin de plusieurs personnages tels que Louise une institutrice, Désiré Migault l'imposteur, Raoul et Gabriel, deux soldats et Fernand un garde mobile. Chacun vit ses peines sur fond de débâcles : Raoul rumine sa haine envers sa mère adoptive qui l'a torturé lorsqu'il était jeune tandis que Fernand s'inquiète pour sa femme malade et pour un vol d'argent qu'il a commis. Quant à Louise, elle ne peut pas avoir d'enfant et est malgré elle impliqué dans un scandale.

Même si les personnages sont fictifs, l'auteur, aidé d'une historienne, déclare dans l'entretien s'être appuyé sur de nombreux documents, archives et faits réels : il arrive véritablement à rendre l'atmosphère de l'époque, la débâcle et le chaos. Il décrit parfaitement la propagande, la censure, l'incurie et les mensonges de l'état, en brossant au passage des moments fort drôles et satiriques de tous ces hauts fonctionnaires en désaccord et dans le désarroi.

La débâcle

La débâcle face aux troupes allemandes nazies qui envahissent la France a jeté sur les routes 2 millions de Parisiens en mai-juin 1940.  LAPI/Roger-Viollet/Paris Musées

L'échec militaire entraîne l'exode des Français, qui les montrent bienveillants ou  malintentionnés : certains viennent en aide à Louise pour qu'elle puisse nourrir des enfants qu'elle a recueillis malgré elle. D'autres profitent de la situation pour faire des affaires. Quant à Fernand, il utilise finalement son argent pour aider les autres. Le roman est certes satirique mais les personnages sont nuancés et complexes et ne tombent pas dans la caricature. L'écriture visuelle, toujours accompagnée de notations de sons, de gestes rend vivante les pérégrinations de tous ces personnages.

L'écoute est vraiment importante pour ce récit : le ton jubilatoire de l'auteur peut surprendre mais finalement nous emporte sur les pas de ses personnages : l'auteur déclare lui-même que c'est dans une volonté de partager ses histoires, de raconter pour quelqu'un qu'il écrit ses romans, ce qu'il arrive complètement à faire. Et quel rythme ! Au début, on a l'impression d'une lecture hâchée et saccadée mais finalement, elle convient parfaitement à la tournure des événements décousue, absurde, très rythmé... Dans l'entretien, Pierre Lemaître annonce une autre trilogie sur les trente Glorieuses : on a hâte de la découvrir !

Miroir de nos peines, Lemaître, Audiolib, lu par l'auteur, 2 CD, 14h01, janvier 2020, France.

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Sur le web : Lilly, Athalie

Autres romans du prix Audiolib 2020 : Le bal des folles de V. Mas, Dans la forêt de Jean Hegland, Girl d'Edna O'Brien, Ici n'est plus ici de Tommy Orange, Né d'auncune femme de Bouysse, L'homme qui savait la langue des serpents de Kivirähk

"Miroir de nos peines" : le Masque & la Plume a-t-il aimé le dernier roman de Pierre Lemaitre ?
Voici le troisième et dernier roman de sa saga romanesque "Les Enfants du désastre". Après "Au-revoir là-haut" et "Couleurs de l'incendie", il clôt sa trilogie dans la France de 1940, de la drôle de guerre à l'exode. Si Nelly Kaprièlian ne l'a pas lu, les trois autres critiques n'ont pas manqué de le dévorer.
https://www.franceinter.fr

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17 mai 2020

Dr Stone, tome 1 stone world de Riichiro Inagaki et Boichi : ISSN 2607

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DR. STONE © 2019 by Riichiro Inagaki, Boichi/SHUEISHA Inc.

Avec 15 volumes en cours et déjà une adaptation animée, Dr stone connaît un immense succès. De quoi parle ce manga ? L'humanité ayant été entièrement pétrifiée, seuls deux lycéens réussissent à se réveiller dans un monde où le genre humain a disparu. Le synopsis laissait croire à un roman historique se passant à l'âge de pierre ou à un survival post-apocalyptique. En réalité, le mot du mangaka sur le rabat de la jacquette oriente notre attente vers un tout autre domaine : "Quand vous imaginez un scientifique, que voyez-vous ? Un gars introverti, avec des lunettes, un peu maboul ? Mais en réalité, certains sont des vrais charmeurs et il doit même en exister des bodybuildés... Senku le personnage principal, est sans doute un peu différent de l'image que l'on se fait d'un scientifique. Mais c'est un vrai passionné. Ses amis et lui, confrontés à une situation sans précédent, ont besoin de votre soutien !"

 Illustration 1 : DR. STONE © 2019 by Riichiro Inagaki, Boichi/SHUEISHA Inc.

dr_stone_2Contre toute attente, vous pourriez bien apprécier ce shonen. Certains aspects négatifs ne doivent pourtant pas vous rebuter. En ce qui concerne l'arrière-plan, les décors sont réalistes et les personnages ont des traits reconnaissables dessinés par Boichi, dessinateur coréen (créateur aussi de Origin ou Sun-Ken Rock), en revanche, les personnages ont des réactions hyperboliques dans toutes les cases. Ci-contre (l'illustration 1), le personnage principal, Taiju, dit juste vouloir déclarer sa flamme à celle qu'il aime, Yuzuriha. Comme vous pouvez le constater, tout est "super-deformed". Véritables caricatures, Taiju est "l'insensé responsable du labeur physique" alors que "Senku", son ami est le " sensé responsable scientifique". L'un est caractérisé par la force et l'autre par son savoir. Senku ne cesse d'ailleurs de répéter " c'est follement excitant" à chaque nouvelle création scientifique qu'il doit faire pour les ramner vers la civilisation. A ce duo comique, vont s'ajouter Yuzuriha et Tsukasa "le lycéen le plus fort de l'ordre des primates", voire du règne animal, étant donné qu'il tue à mains nues un lion !

Se réveiller 3689 ans après une catastrophe, cela implique la destruction de toute la civilisation. Grâce à ses connaissances scientifiques, Senku recrée les toutes les innovations humaines pour atteindre l'ancien niveau scientifique. A quoi sert le calcium ? où le trouver ? La mangaka a parfaitement réussi à intégrer les connaissances simplifiées sur la fabrication du vin ou de savon ( illustration 2).

Outre cette dimension didactique, un dilemme moral surgit. Tsukasa ne veut sortir de la pétrification que les personnes pures tandis que Kensu désire réveiller l'humanité entière. Lequel des deux réussira à imposer son point de vue ? Etant donné la force de Tsukasa, nos trois héros fuient pour fabriquer un nouvel objet leur permettant de lutter contre la tyrannie de Tsukasa...

Voici un manga scientifico-historico-fantastique plutôt original, qui ne manque pas d'humour, ni de savoirs et qui pourrait vous faire aimer les sciences...

Inagaka Riichiro et Boichi, Dr Stone, tome 1, Stone world ( 15 volumes, série en cours), Glénat, juin 2019, Grenoble.

Challenge coréenParticipation au challenge coréen de Christie

sur le web : billet de Docbird

Croquet Pauline, "Survivalisme, matière grise et gros muscles : le manga " dr Stone" ne laisse personne de marbre, Le monde, mis en ligne le 23 janvier 2020. URL : https://www.lemonde.fr/les-enfants-akira/article/2020/01/23/survivalisme-matiere-grise-et-gros-muscles-le-manga-dr-stone-ne-laisse-pas-de-marbre_6027014_5191101.html

 

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13 mai 2020

L'homme qui savait la langue des serpents d'Andrus Kivirähk : ISSN 2607-0006

 

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© Denis Dubois/conception graphique de la collection : Oskar

Sur la Jaquette de l'audiolib, on apprend que Kivirähk est un "écrivain estonien né en 1970 à Tallinn. Véritable phénomène litttéraire dans son pays, romancier, journaliste et essayiste, il est l'auteur d'une oeuvre déjà importante qui suscite l'enthousiasme tant de la critique que d'un très large public, qui raffole de ses histoires. Andrus Kivirahk écrit des romans, nouvelles, des pièces de théâtre, des textes et des scénarios de films d'animations pour enfants".

Son roman L'homme qui savait la langue des serpents remonte à l'époque où les derniers anthropopithèques disparaissent et où les Estoniens quittent la forêt pour aller vivre dans les villages traversés par des chevaliers. Mais Leemet, le jeune héros, et sa famille restent vivre dans les bois. Sa soeur partage la vie d'un ours, sa mère prépare des tonnes d'élans à manger et son oncle lui apprend à siffler comme les serpents jusqu'au jour où il meurt à cause d'un malheureux accident, survenu dans un trou, où ils hibernaient en compagnie des reptiles.

"Sinon à quoi servirait les sages ?"

Dans cette Estonie fantaisiste, on se dit immédiatement que tous ces éléments comme l'homme qui sait parler aux animaux, l'élevage de loups pour leur lait, la quête de la Salamandre et de son gardien font partie de légendes ou du folklore du pays. On perçoit clairement l'anticléricalisme du personnage principal qui critique aussi bien les supersitions des hommes vivant dans les bois que le christianisme qu'ont adopté les villageois. De même, Leemet ne semble ni goûter la vie dans les villages, ni celle des bois... et voit la fin d'une époque, celle des hommes des bois et de leur salamandre...

Grâce à la lecture d'Emmanuel Dekoninck, lecteur aussi de HHhH de Binet ou de 1Q84 de Murakami, on écoute facilement ce roman qui est une succession de faits et de dialogues, sans grande description. Tout est simplement raconté sans orginalité, dans un ordre chronologique. La lecture fluide et vivante d'E. Dekoninck permet de se plonger dans ce roman sans difficulté.

Toutefois, on apprend dans la postface, écrite par le traducteur Minaudier, que la langue est élégante et pleine d'humour, ce que l'on ne perçoit pas si l'on ne connaît pas la culture ou la langue estonienne... Apparemment le livre a été écrit dans l'intention de faire revivre la culture estonienne, pour lutter contre l'acculturation produite par la politique de russification, ce qui est fort juste, mais l'écriture est sans relief...

L'homme qui savait la langue des serpents de Kivirähk, lu par Emmanuel Dekoninck Audiolib, juillet 2019, France, 2 CD, 13h57.

Prix Audiolib 2020. Autres romans du prix : Le bal des folles de V. Mas, Dans la forêt de Jean Hegland, Girl d'Edna O'Brien, Ici n'est plus ici de Tommy Orange, Né d'auncune femme de Bouysse,

Sur le web :billet de Claudia,

Ahl Nils C., "Le dernier sifflement", Le monde, mis en ligne le 14 février2013 . URL : https://www.lemonde.fr/livres/article/2013/02/14/le-dernier-sifflement_1832309_3260.html

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10 mai 2020

Les mystères de Taisho de Kei Toume : ISSN 2607-0006

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©Delcourt 2006 Toume

Vous aimez les enquêtes, les mystères à résoudre, Sherlock Holmes et consort ? Les mystères de Taisho est un manga policier. Plus précisément, plusieurs nouvelles se succèdent dans ce premier opus : indépendants, ces récits construisent au fur et à mesure les figures de deux enquêteurs dans le Japon des années 1920. Dans "La nouvelle assistante", le premier " mystère", Matsunomya, détective privé rencontre sa nouvelle assistante, dont on ne saura rien jusqu'à la dernière enquête où elle semble faire preuve de prescience. Vient-elle du futur ? Mais revenons à la première intrigue : dans "La nouvelle assistante", Maya vient aider le maladroit Matsunomya et l'inspecteur, grâce à des connaissances extraordinaires malgré son jeune âge, à  retrouver un dangereux terroriste.

Dans l'intrigue suivante "L'étrange histoire d'une antiquité chinoise", il n'y a pas d'enquête mais un objet d'art "le faiseur de rêve", ayant été acheté par les parents de Maya, amène notre détective privé à faire d'étranges rêves qui semblent concerner Maya. Il voit une jeune enfant dont les parents auraient soudainement disparu. Les enquêtes suivantes " La disparition du kakemono", "Le chat chauve-souris", La maison hantée", "Un lointain visiteur" et "La galerie sans fin" sont tous des cosy mysteries. Dans des pièces closes, des personnes meurent, des objets disparaissent. Plus précisément, une des sources citées serait Edgar Allan Poe : " Du calme, on n'est pas dans un roman d'Edgar Allan Poe", réplique l'inspecteur à Matsunomya - qui le confond avec Edogawa Ranpo - dans l'affaire du "chat chauve-souris", qui rappelle singulièrement "Double assasinat dans la rue Morgue". "La disparition du Kakemono" et "La galerie sans fin" s'inspirent vaguement des ficelles de "La lettre volée".

MysteresDeTaishoLes_24082006Très simples, les dessins ne sont pas particulièrement remarquables, voire parfois, ils paraissent inachevés avec des visages laissés blancs. Les personnages présentent des traits réalistes mais certains ont de grands yeux typiques des mangas. De même, les exagérations des traits, les onomatopés sont des clichés aussi présents.

©Delcourt 2006 Toume

Malheureusement, Kei Toume n'arrive pas à créer le même type d'atmosphère que l'auteur du "Portrait ovale" et une aura de mystère autour de ses enquêtes, qui paraissent tirées par les cheveux et la résolution est souvent insignifiante. Certes, certaines intrigues comme "La maison hantée" donne de l'importance au contexte historique avec l'évocation de l'ère Meiji où le Japon s'ouvre à la culture occidentale ou avec le personnage d'Einstein dans " Un lointain visiteur". Ces récits - loin d'être déplaisants - prennent aussi une teinte fantastique à travers les origines mystérieuses de Maya et de son chien géant borgne, mais cela ne suffit pas à donner envie de découvrir la suite de ses aventures trop communes.

"Les Japonais sont férus de littérature policière, et particulièrement de l'école classique fondée sur les énigmes à la Agatha Christie, dont le montage complexe flatte leur goût pour l'ouvrage miutieux et pour ces figures imposées (kata !) que sont, à leur manière, "la chambre close" ou "l'horaire impossible". Sa transposition en manga rend le genre moins austère. Elle permet de visualiser d'un coup d'oeil les scènes de crime [...], de remplacer par de jeunes gens les Miss Marple croulantes et autres Hercule Poirot blanchis, et d'introduire une dose de fantaisie fantastique" (p. 397), déclare J.-M. Bouissou*. Certes, Dans Mystères de Taisho, les enquêteurs sont rajeunis, la maladresse de Matsunomya est amusante mais n'est pas Agatha Christie qui veut...

Toume Kei, Les mystères de Taisho, tome 1, (4 albums, série terminée), Delcourt, Ligugé, juillet 2006, 213 p.

*  Bouissou Jean-Marie, Manga, Histoire et univers de la bande dessinée japonaise, Piquier poche, Barcelone, Avril 2018, 477 p.

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Participation au challenge un mois au Japon de Lou et Hilde

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06 mai 2020

Né d'aucune femme de Franck Bouysse : ISSN 2607-0006

 

Né d'aucune femme

 Quelle surprise en commençant l'écoute de ce livre ! Quel mystère ! Né d'aucune femme de Franck Bouysse est proche de certains  romans de Giono - Les âmes grises ou Un roi sans divertissement - par ses thématiques et par ses choix narratifs.

Une femme meurt dans un asile, laissant des cahiers cachés sous sa jupe. Que vont-ils révéler au prêtre venu donner les derniers sacrements. Ces écrits laissent deviner l'existence d'une servante d'une quinzaine d'années abusée par son maître et brutalisée par la mère de ce dernier. La femme du maître des lieux est allitée et cachée. Que lui est-il arrivé ? Heureusement, la jeune paysanne trouve du réconfort auprès du palefrenier, bâtard, demi-frère du maître, dont la femme Rose est aussi absente... 

Tout ceci nous le découvrons à travers différents narrateurs, dont les destins se combinent pour retracer leurs histoires, même si des pans de l'histoire restent cachés, et qui n'ont pas la même importance : la mère de la jeune servante prénommée Rose se faire entendre rarement alors que celle sa fille prend beaucoup d'importance. On n'entend pas celle du maître mais un peu celle de sa mère... Tous ces points de vue sont bien différenciés par les alternances de voix entre Cachou Kirsh et Simon Duprez, qui lisent selon le sexe du personnage. Ils arrivent, en outre, à mettre assez d'intonation pour faire ressentir la détresse du père de Rose, puis sa détermination ou la souffrance de la jeune fille lorsqu'elle est maltraitée par le maître.

On pourra reprocher à ce roman d'être prévisible et de manquer de profondeur. Le style, qui imite le parler d'une personne sans éducation, est réaliste mais assez pénible à entendre... Excepté montrer la nature humaine sous ses aspects les plus sombres, ce fait divers repose essentiellement sur le suspense que l'auteur a su savamment orchestrer.

 Né d'aucune femme de Franck Bouysse lu par Cachou Kirsch et Simon Duprez, Audiolib, 1 CD, 9h03, France, septembre 2020.

Prix Audiolib 2020. Autres romans écoutés pour le prix Audiolib 2020 : Le bal des folles de V. Mas, Ici n'est plus ici de T. Orange, Dans la forêt de J. Hegland,  Girl d'O Brien, Vie de Gérard Fulmard d'Echenoz

Sur le web : billet de Manou, Karine,

 

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03 mai 2020

C'est le premier, je balance tout (avril 2020) : ISSN 2607-0006

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1) Chroniques venues d'ailleurs

Challenge coréenQuelles sont les nouveautés de la blogosphère ? Sur le blog le Cadre de ma fenêtre, Christie propose un challenge coréen d'une durée d'un an à partir du 21 avril 2020. Sur son blog, vous trouverez son logo et un billet de présentation. Si vous aimez furieusement la culture de ce pays, inscrivez-vous chez Christie. Vous ne savez pas quel auteur ou quel roman choisir ? Sandrine a écrit un billet sur les auteurs coréens ici.

2) LES FILMS

Après un premier opus très amusant, le second l'est tout autant : Shaun le mouton le film, la ferme contre-attaque est un divertissement familial reposant sur les bruits, les musiques et l'expressivité des personnages car comme dans les films muets de Chaplin, il n'y a pas de paroles. Près de la ferme où Shaun ne fait que des sottises, atterrit un enfant extra-terrestre, qui découvre la terre. Il va engendrer une série d'événements burlesques. Quant au fermier, il décide de tranformer sa grange en Farmaguedon pour s'acheter la machine agricole de ses rêves.

Dans ce nouveau long-métrage, les réalisateurs pastichent les films avec des aliens comme Rencontre du troisième type de Spielberg. De nombreux clins d'oeil cinéphiliques renvoient à L'Odyssée de l'espace de Kubrick, par la musique, ou à Doctor who et sa cabine téléphonique bleue en passant par ET. Les successions de gags et le stop motion extrêmement bien réalisé nous font passer un bon moment avec le mouton le plus facétieux de la galaxie !

Shaun le mouton : la ferme contre-attaque, Will Becher et Richard Phelan, 2019, 1h30

3) MES LIVRES

Pour le prix Audiolib, J'ai écouté des livres supplémentaires : Girl d'Edna O'Brien et La vie de Gérard Fulmard d'Echenoz. Cette année, Lou et Hilde ont à nouveau  proposé le challenge Un mois au Japon. C'était donc l'occasion pour moi de continuer à lire des mangas comme Claymore de Yagi ou The Dungeon of Black Compagny de Yasumura et enfin de parler d'un film d'animation, Princesse Mononoke de Miyazaki. En LC, nous avons lu Pierrette de Balzac et "Maître Cornélius" est prévu pour le 24 mai.

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Gérard 001Le curé de Tour

 4) MES ACHATS

Ce mois-ci, je vous présente des livres achetés mais pas encore présentés comme Les montagnes hallucinées de Lovecraft, L'Odyssée d'Homère et le volume 2 du Sorceleur de Sapkowski. Quelques mangas ont été aussi achetés : The Frankenstein family de Yanai ( le volume 2), La magie du rangement de la fameuse Marie Kondo, les quatre volumes qui me manquaient de Demokratia de Mase et enfin Dr Stone de Boichi...

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29 avril 2020

Vie de Gérard Fulmard de Jean Echenoz : ISSN 2607-0006

 

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Vie de Gérard Fulmard d'Echenoz s'inscrit dans la même veine qu'Au service de la France de J-F Halin, parodie de roman d'espionnage, faisant la satire des milieux politiques, des médias et du genre littéraire. Le personnage éponyme, qui a délaissé sa vie de "stewardisme" devient par inadvertance détective privé, puis est enrôlé de force comme espion. Parallèlement à ses échecs répétés, on suit des complots politiques pour prendre la tête d'un parti qui n'intéresse personne, des faux enlèvements et des vrais morts.

Le narrateur prend plaisir à nous surprendre en commençant la vie de Gérard Fulmard par la chute d'un débris de satellite soviétique sur la tête de son propriétaire et enchaîne une multitude d'événements saugrenus comme les histoires de chaussettes trouées de Gérard et use d'ironie : Gérad arrive dans l'hôtel "Welkome" qui n'a pas de chauffage...

Le style n'est pas sans rappeler celui d'Envoyée spéciale. Des mots incongrus dans les dialogues, des digressions et des descriptions extrêmement mais inutilement détaillées rend l'histoire encore plus absurde, tout en mettant en exergue la vacuité des discours politiques ou celui des médias. Comme le narrateur aime à le dire, il respecte bien les codes du genre avec le prêt d'une arme pour un tueur à gage, le lieu exotique et les scènes de sexe, mais qui finalement n'auront pas lieu. Il faut tout de même surprendre le lecteur !

Le roman est lu d'une voix pince sans rire, avec un rythme vif rendant encore plus absurde les dialogues creux. Le ton rythmé et sérieux, pour dire les inepties, de Dominique Pinon, l'acteur qui a joué dans de nombreux films de J-P Jeunet comme Delicatessen, La cité des enfants perdus, Le fabuleux destin d'Amélie Poulin, s'accorde parfaitement avec le ton satirique du roman. Une parodie réjouissante et réussie !

Vie de Gérard Fulmard de Jean Echenoz, lu par Dominique Pinon, Audiolib,1CD, 4h28, France, mars 2020.

Autre roman : Envoyée spéciale

Prix Audiolib 2020. Autres romans lus : Le bal des folles de V. Mas, Ici n'est plus ici de T. Orange, Dans la forêt de J. Hegland,  Girl d'O Brien,

Au service de la France, J-F Halin, J-A Yerles, Claire le Maréchale, deux saisons ( 24 épisodes), Netflix, 2015.

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Sur le web : Billets de Athalie, Keisha,

"Vie de Gérard Fulmard" de Jean Echenoz : un polar "romanesque" et "comique" d'après Le Masque
L'auteur de "Je m'en vais", prix Goncourt 1999, signe son dix-huitième livre dans lequel il place son lecteur aux côtés d'un antihéros, Gérard Fulmard qui, dès lors qu'il s'improvise enquêteur, est pris dans une pente tragique. Un roman noir plein d'humour qui a profondément séduit les critiques du Masque.
https://www.franceinter.fr

 

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26 avril 2020

Princesse Mononoke de Miyazaki : ISSN 2607-0006

Princesse Mononoke subsume les thèmes miyazakiens comme le rapport à la nature, des héroïnes courageuses, les divinités et la modernité. Dans un Japon médiéval, un prince subit la malédiction d'un Dieu sanglier devenu fou de douleur par une balle en fer. Il part donc à la recherche de celui qui a provoqué la colère de ce gardien de la forêt. Chemin faisant, il rencontre des hommes cupides comme le seigneur Asano qui cherche à prendre les forges de dame Eboshi. Cette dernière crée des armes, extrait du minerai en détruisant la forêt. Quant à l'empereur, il recherche l'immortalité. Même si le prince ne condamne pas l'industrialisation, il veut aussi sauver la forêt...

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Princesse Mononoké d'Hayao Miyazaki © Studio Ghibli

"C'est le propre de l'homme de vouloir tout ce qu'il y a entre ciel et terre" :

Dans ce film d'animation, deux femmes s'affrontent aussi courageuse l'une que l'autre : Dame Eboshi "n'a peur ni des Dieux, ni des lois". Elle aide les femmes à s'émanciper et elle ose affronter les samouraïs du seigneur des lieux. Cependant, elle n'a que mépris pour la nature. Quant à son antagoniste, la princesse Mononoke, elle hait les humains qui détruisent sa forêt et mène une lutte acharnée contre les hommes. Seul, le prince Ashitaka prône la modération, la cohabitation... 

Le décor sylvestre est poétique, qualificatif habituel, mais aussi effrayant avec des dieux monstrueux et maléfiques. Inspiré d'un lieu réel, la forêt de Yakushima, le réalisateur a réussi à magnifier la forêt sacrée. Il montre aussi tout un pan des traditions japonaises avec ses divinités, son folklore, ses chamanes, les samouraïs... Ce film d'animation des studio Ghibli fait partie des moins enfantins de Miyazaki par son univers graphique et par ses thématiques telles que des affrontements mortels...

Actions bien rythmées, personnages fascinants ou amusants, arrière-plan historique et questionnements sur l'homme toujours actuels font de Princesse Mononoke l'un des chefs-d'oeuvre de Miyazaki. C'est un véritable coup de ♥ pour cet anime somptueux encore d'actualité !

logo-mois-au-japon-03Princesse Mononoke, de Miyazaki, Netflix, 2000.

Films de Miyazaki : Mon voisin Totoro,

Participation au challenge un mois au Japon de Lou et Hilde

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Sur le web : Jarno stéphane, "La forêt de Yakushima, Paradis flottant de "Princesse Mononoke", Télérama, mis en ligne le 1 février 2018. URL : https://www.telerama.fr/cinema/la-foret-de-yakushima-paradis-flottant-de-princesse-mononoke,71728.php

Philippe Pons, La forêt sur les flots, Le monde, mis en ligne le 9 aôût 2013. URL : https://www.lemonde.fr/m-actu/article/2013/08/09/la-foret-sur-les-flots_3459062_4497186.html

Princesse Mononoké au pays des philosophes - Ép. 3/4 - Philosopher avec Miyazaki
"Princesse Mononoké" est un conte entre deux mondes, nature et technique, déchirés par une guerre violente brisant les équilibres. Traversé par le souffle de l'animisme, le film entre sur les terres secrètes où règne le Dieu Cerf... Où peuvent se rencontrer et se reconnecter l'homme et[...]
https://www.franceculture.fr

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Princesse Mononoké d'Hayao Miyazaki © Studio Ghibli

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La forêt de Yakushima ©Yasuyuki Takagi

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22 avril 2020

Pierrette de Balzac : ISSN 2607-0006

Le curé de Tour

Si les auteurs réalistes ne cherchent pas à embellir la réalité, le moins qu'on puisse dire c'est que Balzac n'a guère idéalisé les hommes et la peinture de son siècle dans la tragique histoire de Pierrette.

Le début est fort long où se déploient les généalogies des personnages principaux, descriptions de leurs intérieurs au baromètre près, alliances politiques et description de la petite ville de Provins. Pierrette, devenue orpheline, ne peut pas être élevée par sa grand-mère bretonne impécunieuse. Elle est recueillie chez d'abominables parents, deux célibataires, les Rogron, d'anciens merciers, qui la persécutent. Ils sont si insuportables qu'ils ont été bannis de la meilleure société de leur petit village et cherchent à se venger en formant un groupe de libéraux.

La peinture des mesquineries, des ambitions et des bassesses de chacun n'a jamais été aussi sombre que dans ce récit où les hommes semblent avoir perdu leur humanité et sont au contraire animalisés. Vinet, un avocat qui participera aux malheurs de la jeune orpheline, a une "figure vipérine à tête plate" (p. 172), puis il est appelé " Rusé renard judiciaire" dont le museau s'affine, et La vieille fille Rogron ressemble à une "hyène". Quant à Pierrette, délaissée, maltraitée, oubliée, elle n'est qu'un pion dans l'échiquier comme Beatrix Cenci.

Pierrette se compose donc des luttes de deux clans autour d'intrigues matrimoniales et politiques où "l'argent était leur seule idole". Après avoir tissé les alliances des uns et des autres, l'auteur décrit un procès qui opposent les persécuteurs de Pierrette et la grand-mère de la jeune bretonne. La justice, l'innocence d'une personne ne pèsent pas lourd face aux ambitieux, qui ne souhaitent qu'une bonne situation dans la société : l'inventaire final des titres obtenus par les principaux personnages montrent bien ce qui les intéressent.

beatrix cenciSous la plume de Balzac, la caricature des deux célibataires s'étend à l'ensemble de la société, excepté pour Pierrette comparée à Beatrix Cenci ("Aujourd'hui l'histoire et les vivants, sur la foi du portrait de Guido Reni, condamnent le pape, et font de Beatrix une des plus touchantes victimes des passions infâmes et des factions", p. 289), que ce soit sous le règne de Charles X ou celui de Louis Philippe.

Beatrice Cenci © Julia Margaret Cameron

Balzac, Le curé de Tours, suivi de Pierrette, Folio, France, mars 2018, 343 p.

LC avec Miriam et Claudia. La prochaine LC aura lieu le 24 mai 2020 avec la lecture de "Maître Cornélius".

La comédie humaine :

1. Scène de la vie de province: " Pierrette", Le curé de Tours, Ursule Mirouet, Eugénie Grandet, Le cabinet des antiques,

2. Scène de la vie parisienne : Ferragus, La maison Nucingen, "Pierre Grassou", La fille aux yeux d'or, La duchesse de Langeais

3. Etude philosophique : Fascino cane, Louis Lambert, Melmoth réconcilié, La peau de chagrin, L'auberge rouge, L'élixir de longue vie.

4. Scène de la vie privée : La vendetta, Une double famille, "Le bal de Sceaux", Mémoires de deux jeunes mariées, Le père Goriot, La bourse, Le colonel Chabert, Gobseck

5. Scène de la vie de campagne : Le lys dans la vallée

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19 avril 2020

Penny Dreadful de John Logan : ISSN 2607-0006

"All sad people like poetry" :

Penny dreadful semble destiné aux amoureux de littérature de romans gothiques du XIXeme siècle. On peut rencontrer dans cette série Victor Frankenstein, Dracula et Dorian Gray. Comme vous pouvez le constater, c'est un drama historique, fantastique et horrifique, puisque Jak l'éventreur commet ses méfaits dans les bas-fonds de ce Londres où sévissent aussi des vampires stockiens. Comme son titre,  "dreadful", l'annonce, certains épisodes comportent des passages morbides...

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Penny dreadful © Netflix

Pour bien restituer l'atmosphère de l'époque, des séances de spiritisme ont lieu dans un décor typiquement victorien : de la pluie - plus que le jour du Déluge - de la brume et de la saleté. Toutes les couches de la société sont présentes et apparaissent indirectement des références à l'industrialisation, à la culture de l'époque - on joue Sweeney Todd de Rymer dans un théâtre - et à la bienséance victorienne...

Dans ce décor très soigné, évolue donc des créatures littéraires comme Mina Harker, Victor Frankenstein, Van Helsing mais aussi des personnages fictifs commes trois des personnages principaux : Vanessa Ives, jeune femme possédée par le Diable, Sir Malcolm Murray, un explorateur et Ethan Chandler, un tireur américain. Tous sont à la recherche de la fille de Sir Malcolm, Mina Harker, tombée sous les crocs de Dracula... Cette intrigue principale est entrecoupée par les histoires de Frankenstein qui doit rechercher une fiancée pour sa créature ou par celle de Dorian Gray, qui noue une relation amoureuse avec Vanessa.

"Il ne peut y avoir deux monstres sanguinaires dans notre ville", déclare l'inspecteur en découvrant un horrible massacre ( saison 2, épisode 1). Deux, non. Mais une horde... car comme dans L'étrange cas du docteur Jekyll et Mister Hyde, chacun recherche ou cache sa véritable nature, identité parfois monstrueuse, divisée, tourmentée, possédée... révélant bien des surprises dans cette série déjà inventive.

On retrouve des topoï du genre du roman noir, mais la série fait preuve d'innovation avec l'entrelacement de ces trois histoires et des ajouts fantaisistes comme les malédictions égyptiennes, les loups-garous... C'est parfois glauque, gore comme dans un film de série B, racoleur mais c'est un plaisir de retrouver tous ces auteurs et romans anglais dans un scénario digne des romans-feuilletons de l'ère victorienne...

Penny dreadful de Logan, Netflix, saison 1, (8 épisodes), 2014, avec Timothy Dalton, Eva Green, Josh Harnett, Billie Piper...

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Sur le web : Cesbron Mathilde, "Penny dreadful : monstrueusement bon", Le point pop, mis en ligne le 7 avril 2020. URL : https://www.lepoint.fr/pop-culture/penny-dreadful-monstrueusement-bon-07-04-2020-2370352_2920.php

Langlais Pierre, "Penny Dreadful", La série qui alligne les monstres", Télérama, mis en ligne le 14 mai 2014. URL : https://www.telerama.fr/series-tv/penny-dreadful-la-serie-qui-aligne-les-monstres,112415.php

Mortens Luc, "Penny Dreadful : cette série met en scène la cruauté de manière émminemment dérangeante", L'express, mis en ligne le . URL : ttps://www.lexpress.fr/culture/tele/l-esthetique-horrifique-de-la-serie-penny-dreadful-danse-avec-les-monstres_1546029.html

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Penny dreadful © Netflix

 

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