04 janvier 2010

Millenium, tomes 2 et 3 de Stieg Larsson : ISSN 2607-0006

 

60826071

Tome 2 : "La fille qui rêvait d'un bidon d'essence et d'une allumette"

Un journaliste travaillant temporairement pour Millenium, le magazine de Blomkvist, est assassiné ainsi que sa femme. Son article portait sur le trafic sexuel de femmes venues de l'Est. A-t-il été tué à cause des révélations de son article ? Tous les indices semblent désigner Lisbeth comme la parfaite meurtrière : les médias s'emparent avidement de l'affaire pour faire de Lisbeth une coupable avec un passé psychologique très lourd. Est-elle la véritable meurtrière ?

60826112

Tome 3 : " La reine dans le palais de courants d'air"

Lisbeth va être jugée pour coups et blessures aggravés sur la personne de son père. Elle-même a réchappé plusieurs fois de peu à la mort : enterrée vivante, avec une balle dans la tête, elle survit toutefois. Heureusement que M. Blomkvist et quelques amis luttent pour la sauver d'un complot de la SAPO, la police secrète d'Etat, qui cherchent à la faire enfermer à vie...

Ces deux tomes sont beaucoup plus étroitement liés que le premier tome. Si le premier opus est un véritable thriller, ces deux autres tomes tombent dans le genre du roman d'espionnage. Ils mettent en scène une "théorie du grand complot"  où coexistent des espions de l'ex URSS, un département secret à l'intérieur de la police secrète suédoise, la SAPO, des secret-défense...
Le lecteur découvre le passé de Lisbeth Salander sur fond de querelle de guerre froide et de vengeance personnelle. "Démesure" et "invraisemblance" sont deux adjectifs qui pourraient qualifier ces romans qui usent de la surenchère dans la violence  des actions : des crimes et des tueurs à volonté, des héros hors normes et des longueurs qui deviennent de plus en plus longues...
J'ai été beaucoup moins convaincue par ces derniers tomes rocambolesques et peu crédibles...

Millenium, tome 2, Larsson, Acte Sud, 653 p.

Millenium, tome 3, Larsson, Acte Sud, 575 p.

autres romans : Millenium, tome 1

Posté par maggie 76 à 08:57 - - Commentaires [8] - Permalien [#]


03 janvier 2010

Millenium, tome 1," Les hommes qui n'aimaient pas les femmes" de Larsson : ISSN 2607-0006

 

59190327

Un vieil homme, Henrick Vanger, de quatre-vingt-dix ans reçoit une fleur séchée pour chacun de ses anniversaires. Seule sa nièce lui en offrait mais celle-ci a disparu ou a été tuée trente ans auparavant. Qui peut lui offrir ces fleurs si ce n'est le meurtrier ? Blomkist, journaliste à Millenium, est condamné dans l'affaire Wennetrom pour avoir porté de fausses affirmations sur ce groupe. Il est contacté par Vanger pour retrouver le meurtrier de sa nièce... Lors de son enquête, il va être aidé par Lisbeth Salander, une jeune hacker quelque peu asociale... Commence une enquête où se mêle horreur et nazisme.

Voici un polar écrit de manière journalistique : chaque personnage est très fouillé, chaque événement est décrit minutieusement... paradoxalement, ces descriptions n'empêchent pas le lecteur de se plonger au coeur de cette enquête, au côté de personnages attachants. Blomkist est un charismatique journaliste mais naïf et bien pensant. Quant à Lisbeth, elle est présentée comme un véritable "concept" : c'est une écorchée vive avec des dons insoupçonnés, notamment en matière informatique.

L'enquête est une véritable énigme présentée comme insoluble : Harriet Vanger a été enlevée ou tuée sur une île dont toutes les issues avaient étaient fermées. Toutes les pistes semblent avoir été sondées, fouillées, vérifiées une centaine de fois. Une série de numéros va pourtant mettre le héros sur la piste d'un tueur en série et des horreurs inimaginables... Un huis clos sur une île, sur sombre fond de nazisme, passionnant...

Millenium, tome 1, Larsson, Acte Sud, 711p.

Posté par maggie 76 à 09:33 - - Commentaires [9] - Permalien [#]

28 décembre 2009

Aphorismes d'Oscar Wilde

 

58548238

Les aphorismes d'Oscar Wilde (biographie ici) sont des citations extraites de ses oeuvres, romans ou pièces de théâtre. Souvent contradictoires, comme son auteur aimait à l'être, parfois cynique, parfois amusante, ce recueil est un véritable florilège qui permet de saisir l'esprit et la pensée d'Oscar Wilde sur de nombreux aspects tels que le mariage, les femmes, l'art et la beauté...
Parmi ces aphorismes, j'en ai retenu quelques-unes :
- " Mieux vaut être beau que bon, mais mieux vaut être bon que laid"
- "  Il n'est rien de plus beau que d'oublier, excepté d'être oublié"
- "Dire d'un livre qu'il est moral ou immoral n'a pas de sens. Un livre est bien ou mal écrit - c'est tout".
- "Il faudrait ou bien être une oeuvre d'art ou bien porter une oeuvre d'art".

Esthète fin de siècle, O. Wilde a le sens de la formule et manie le paradoxe avec dextérité. Le véritable jeu consisterai à retrouver les oeuvres dont sont extraits ces aphorismes ! Livre à feuilleter tous les jours et à avoir sur soi en toutes circonstances !

 

Posté par maggie 76 à 09:50 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

27 décembre 2009

Le fantôme de Baker Street, de Fabrice Bourland

Ayant apprécié le retour dans le dix-neuvième siècle avec le roman policier La dernière enquête de Dupin, j'ai poursuivi la découverte des romans de cet auteur avec Le fantôme de Baker Street. James  Trelawnay et Andrew Singleton sont deux jeunes hommes de bonne famille jouant aux détectives privés en Amérique. S'ennuyant à mourir, ils viennent sur le continent à la recherche d'aventures palpitantes. Un jour, Mrs Conan Doyle vient personnellement leur demander leur aide pour résoudre une série de crimes qui fait trembler tout Londres par leur sauvagerie... Nos jeunes héros se lancent à la poursuite d'un criminel quelque peu surprenant...

Le début du roman est prometteur avec un couple de détectives classiques. Cependant dès les premiers chapitres, l'intrigue verse dans l'ésotérisme : effectivement, Conan Doyle lui-même, à la fin de la sa vie était fasciné par les séances de spiritisme, ce qui explique l'ambiance très surnaturelle. Mais l'intrigue n'est en rien fantastique, elle tombe dans la fantaisie la plus débridée et devient si improbable, que l'enquête ne semble plus qu'une parodie de roman policier... Un fantôme, meurtrier en série ?
Dommage, des crimes imitant ceux de la littérature victorienne était une bonne idée, cependant cela ne suffit pas pour intéresser le lecteur dont l'esprit peut être vite exaspéré par la kyrielle d'événements improbables. Évidemment, le ton n'est pas dépourvu d'humour - par exemple, un chapitre est intitulé " un peu de lecture n'a jamais fait de mal à personne" - , toutefois l'invraisemblance outrée des situations rend pénible et agaçante la lecture de ce roman policier.

Fabrice Bourland, Le fantômes de Baker street, 10/18, grands détectives, 245 p.

Posté par maggie 76 à 11:41 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

23 décembre 2009

Les précieuses ridicules de Molière

54479070

Comédie en un acte et 17 scènes, les Précieuses ridicules sont une satire de la vie littéraire de l'époque et l'une des premières pièces de Molière ( biographie ici) : Magdelon et Cathos sont deux filles de bourgeois qui éconduisent Du croisy et La Grange, sous le prétexte fallacieux qu'ils ne connaissent pas la carte du Tendre, extrait d'un roman de Mlle de Scudéry, représentation concrète de l'itinéraire amoureux, tel que le concevait les précieuses de l'époque. En revanche, elles tombent amoureuses des valets déguisés des deux amants rebutés...

Molière fait ici la satire des coquettes et des excès engendrés par la mode des précieuses et de la vogue des salons littéraires. Par exemple, une précieuse désignera un miroir par une périphrase "le conseiller des grâces" ou "les âmes des pieds" servent à nommer les violons. L'excès de snobisme des deux demoiselles est tout à fait comique, en décalage avec le bon sens de Gorgibus, le père qui n'entend rien à ces billevesées...
Le comique de farce est présent à travers les deux valets triviaux, des types, plutôt que des individus... et qui reçoivent des coups de bâtons comme tout bon valet moliéresque... Petite pièce alerte, agréable à lire...

Posté par maggie 76 à 23:02 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


22 décembre 2009

Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles, de Gyles Brandreth

48152470

Par un bel après midi d'août 1889, un homme " grand, arborant un léger embonpoint et une tenue excessivement recherché" a rendez-vous avec un jeune homme, Billy Wood, qu'il découvre égorgé. Cet homme altier est "le phénomène littéraire de son temps": Oscar Wilde. Celui-ci revient, quelques heures plus tard, accompagné d'Artur Conan Doyle et de son ami Robert Sherard sur les lieux du crime : à leur grande stupéfaction, le corps a disparu. Heureusement, A Conan Doyle découvre des gouttelettes de sang, sur le mur, prouvant bien la véracité des dires d'Oscar Wilde. L'auteur des Sherlock Holmes recommande à O. Wilde de s'adresser à un jeune inspecteur de Scotland Yard, Fraser... Commence une quête de la vérité devenue obsessionnelle pour O. Wilde : qu'est devenu le corps de Billy Wood ? Qui aurait pu avoir un mobile pour le tuer ?

"La seule véritable ivresse est celle de la conversation"

Le mérite de ce roman policier très humoristique est de faire un portrait prestigieux de O. wilde. "Il se plaisait à dire qu'il avait mis du génie dans sa vie et seulement du talent dans son oeuvre". O. Wilde est donc d'abord présenté comme un homme de goût, aimant faire des traits d'esprit, palabrant sans cesse au grand plaisir du lecteur qui peut retrouver les aphorismes de Wilde parsemés dans sa conversation mais à la grande exaspération des autres personnages. Il est aussi l'auteur du portrait de Dorian Gray, dont la genèse est ici racontée entre deux enquêtes. Oscar Wilde présente un aspect beaucoup plus comique en tant qu'enquêteur : dès les premières lignes, il rivalise avec les techniques de déduction de Sherlock Holmes, faisant preuve d'un don d'observation infaillible qui va d'ailleurs lui permettre de résoudre cette enquête retorse qui réserve bien des surprises. Conan Doyle admiratif dira vouloir en faire le modèle du frère de Sherlock Holmes ! Adulé et critiqué de son vivant, il devient même le rival de l'intrigue : on s'intéresse davantage à sa personne qu'à l'histoire.

Quant à Sherard, narrateur du journal de l'enquête, lui est dévolu le rôle du docteur Watson, c'est-à-dire crédule et vivant dans l'ombre du grand homme. Il n'est en quelque sorte que le humble transcripteur d'une célèbre aventure fictive de O. Wilde. Si la trame est fictive, les personnages sont bien réels : Sherard était un ami de l'écrivain et a écrit sa biographie à plusieurs reprises. Roman policier historique, mêlant fiction et vrais personnages, la résolution du meurtre aux chandelles, menée avec brio, est une lecture distrayante et amusante... 

" Qui donc voudrait toujours être cohérent ? Pas moi en tout cas ! c'est bon pour les fâcheux et les doctrinaires, ces gens ennuyeux qui poursuivent leurs principes jusqu'à les mettre en application, avant que la réalité ne les contredise par l'absurde" (Oscar Wilde).

Brandreth, Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles, 10/18, grands détectives, 385 p.

Posté par maggie 76 à 09:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

21 décembre 2009

Pierre et Jean de Maupassant

 

54478991

Roman réaliste de Maupassant ( biographie ici), Pierre et Jean est un chef-d'oeuvre du roman d'analyse. Pierre et Jean, les héros éponymes, sont deux frères rivaux, habitant le Havre, que tout oppose. Pierre est brun et emporté tandis que Jean est calme et blond. A partir du jour où ce dernier reçoit un héritage d'un ami de la famille, Mr Maréchal, Pierre ne cesse de se tourmenter et de tourmenter sa famille : est-ce Jean serait un fils illégitime pour recevoir ainsi une tel fortune d'un homme que tous deux connaissaient autant ? Commence pour Pierre une quête angoissante de la vérité.

Tout d'abord, l'intrigue est proche d'une enquête policière : Pierre mène l'enquête, tourmenté de savoir que sa mère est peut-être une femme adultère. Comme dans de nombreuses nouvelles de Maupassant, le thème de l'enfant illégitime parcourt tout le roman... Pierre et Jean est d'abord un drame familial mais dont l'intrigue est plutôt surprenante.

Les actions sont rares, ce qui prime ce sont les sentiments : la jalousie ronge Pierre. Il finit malgré lui par haïr ce frère à qui tout semble réussir : grâce à l'argent de l'héritage, il peut installer son cabinet d'avocat, il va se marier à une jeune veuve raisonnable. De nombreuses scènes décrivent les emportements, les doutes et la colère de Pierre.

Pierre et Jean est aussi un roman réaliste : la Normandie, le port du Havre, Trouville, sert de décor à ce drame. C'est un reflet de son siècle mais sans concession car Maupassant égratigne ces petits bourgeois qui recherchent le confort, l'argent, et la banalité d'une vie tranquille... Un roman psychologique passionnant...

Posté par maggie 76 à 10:44 - - Commentaires [4] - Permalien [#]

19 décembre 2009

Aurélia de Gérard de Nerval : ISSN 2706-0006

47429818

"Le rêve est une seconde vie" : ainsi commence Aurélia, la narration de moments de folie du narrateur. L'amour impossible pour une jeune femme plonge le narrateur dans la confusion entre réalité et rêve, le désespoir et la folie.

Cette nouvelle n'est qu'une suite de rêves, en trois parties. Oeuvre onirique, ces songes peuvent être soit perçus comme une série de tableaux idylliques répétitifs, soit comme la représentation de la dualité de l'homme. D'ailleurs, cette nouvelle est basée sur des antithèses, oppositions entre souvenir et présent, lumière et obscurité... Le thème du double est très présent aussi, donnant une dimension fantastique à ce récit déjà "supernaturaliste". Entre confusions et élucubrations, la vie de l'auteur est assimilée à une descente aux enfers, à la recherche d'un idéal féminin : en exergue, apparaissent ces deux mots, "Eurydice, Eurydice".

Cette oeuvre nervalienne ( biographie de l'auteur sur le site Larousse) est empreinte d'éléments romantiques tels que le désespoir qui saisit le narrateur dans un temps troublé où le mal-être apparaît comme une véritable maladie, la place donnée aux rêveries et la référence à Swedenborg. Aurélia laisse une impression étrange et est proche des récits fantastiques d'ETA Hoffman, tel que Le vase d'or où cohabitent fantaisie et folie...

"Arrivé sur la place de la Concorde, ma pensée était de me détruire. A plusieurs reprises, je me dirrigeai vers la Seine, mais quelque chose m'empêchait d'accomplir mon dessein. Les étoiles brillaient dans le firmament. Tout à coup, il me sembla qu'elles venaient de s'éteindre à la fois comme les bougies que j'avais vu à l'église. Je crus que les temps étaient accomplis, et que nous touchions à la fin du monde annoncée dans l'Apocalypse de Saint Jean. Je croyais voir un soleil noir dans le ciel désert et un globe rouge sang au-dessus des Tuileries. Je me dis : " La nuit éternelle commence, et elle va être terrible. Que va-t-il arriver quand les hommes s'aperçevront qu'il n' a plus de soleil [...]". Arrivé vers le Louvre, je marchai jusqu'à la place, et là un spectacle étrange m'attendait. A travers des nuages rapidement chassés par le vent, je vis plusieurs lunes qui passaient avec une grande rapidité. Je pensai que la terre était sortie de son orbite et qu'elle errait dans le firmament comme un vaisseau démâté, se rapprochant ou s'éloignant des étoiles qui grandissaient ou s'éloignaient tour à tour. [...] Brisé de fatigue, je rentrai chez moi et je me jetai sur le lit. En m'éveillant, je fus étonné de revoir la lumière."

 "Aurélia", G. de Nerval, Livre de poche

Posté par maggie 76 à 11:07 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

15 décembre 2009

Lady Susan de Jane Austen : ISSN 2607-0006

 

54479170

Lady Susan est une roman épistolaire où correspondent plusieurs personnages : l'héroïne éponyme est une veuve spirituelle et jolie, contrainte de demander l'hospitalité à son frère, Mr Vernon, marié à une femme qui la déteste en raison de sa fausseté et sa réputation sulfureuse. En effet, Lady Susan  est obligée de quitter Langford où elle séjournait car elle a séduit l'hôte marié des lieux et un autre jeune homme, sir James, qu'elle destine à sa fille. Celle-ci refuse d'épouser ce jeune homme sot. La fureur de sa mère est à son comble. Lorsqu'elle arrive à Churchill chez son frère, elle séduit aussitôt Mr de Courcy, le frère de Mme Vernon... Va-t-elle l'épouser ? Ou épousera-t-elle Sir James pour sa fortune ?

L'intérêt de cette oeuvre réside dans la polyphonie de ce roman qui permet de rendre palpitante les affaires de coeur de Lady Susan : l'intrigante va-t-elle être démasquée ? De plus, l'auteur joue avec brio de la réception des lettres : une missive arrivant trop tard peut créer bien des quiproquos. Dans la première lettre, Lady Susan prend le masque de la veuve éplorée pour écrire à son frère mais la deuxième lettre fait contrepoint : elle dit détester Charles Vernon et craindre sa femme. Ainsi se met en place le portrait d'une intrigante, à rapprocher d'une autre grande  manipulatrice et dissimulatrice : Mme de Merteuil des Liaisons dangereuses. Ce portrait est confirmé par d'autres correspondants tels que Mme Vernon ou son frère, Mr de Courcy, qui la décrit comme " la coquette la plus achevée d'Angleterre". Cependant, ce dernier va bientôt tomber sous le charme de la coquette.
Ce personnage d'aventurière est plutôt étonnant dans l'univers de Jane Austen mais on suit avec délice ses machiavéliques plans pour se créer une situation, car elle est une veuve désargentée. Très vite, on plonge au coeur de ces histoires sentimentales, de ces jeux de masques où la raison semble dominer les sentiments. C'est avec brio que l'auteur entremêle, dans un style enlevé, toutes ces correspondances qui réservent une surprise finale. Un court roman épistolaire plaisant dans la même veine que Les liaisons dangereuses.

Lady Susan, Austen, folio 2 euros

Posté par maggie 76 à 11:40 - - Commentaires [4] - Permalien [#]

14 décembre 2009

Le barbier de Séville de Beaumarchais : ISSN 2607-0006

 

couv11042129

A Séville, un vieux médecin, Bartholo, décide d'épouser sa jeune pupille Rosine. Cependant, le comte Almaviva est amoureux de cette jeune fille. Il décide de s'introduire chez Bartholo, déguisé en cavalier, et peut ainsi s'entretenir avec l'objet de son amour. Les jeunes amoureux sont aidés dans leur entreprise par Figaro, le valet de Bartholo...

Tout de suite, on reconnaît des thèmes moliéresques ainsi qu'une intrigue très convenue, influencée par la commedia dell arte : deux jeunes gens cherchent à se marier aux dépens d'un vieux barbon jaloux et ridicule.

Cependant, cette pièce en 4 actes, pose le noeud de l'intrigue de manière très dynamique. Surtout, les dialogues sont extrêmement enlevés entre jeux de mots, comique de répétition, vivacité des répliques et chiasmes. A l'acte III, l'intrigue présente un tel imbroglio que l'un des acteurs s'écrit : "il y a de quoi perdre l'esprit !". Les dialogues sont très fluides ne laissant aucun répit au spectateur. Dans ces dialogues, le personnage de Figaro y prend une importance particulière : ses paroles sont, au-delà du comique, parfois critiques. Il est en quelque sorte le porte parole de Beaumarchais. Il fustige le milieu littéraire - il parle de la république des Lettres comme étant celle des loups - et les autres personnages.

Cette pièce est aussi influencée par l'esthétique théâtrale de l'époque, celle du drame : en effet, le personnage de Rosine n'est pas celui d'une ingénue, elle est rusée et caractérielle. Elle sait mentir et feindre. Cependant, certaines scènes ne sont pas dépourvues de sensibilité et chacun des personnages ressent, à un moment, le désespoir ou le désarroi face à cette comédie de l'amour où le bonheur et la justice finissent par l'emporter. Cette comédie se lit avec plaisir, tant la pièce a un rythme vif où s'enchaîne quiproquos, déguisement, apartés et bon mots... Une pièce de Beaumarchais ( présentation de l'auteur " les essentiels littérature" sur le site de la BNF) à lire !

Posté par maggie 76 à 09:36 - - Commentaires [3] - Permalien [#]