24 août 2009

Ma vie tout à fait fascinante de Pénélope Bagieu

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Ma vie tout à fait fascinante de Pénélope, Bagieu, Livre de poche, 94 p.

Pénélope est illustratrice, notamment pour la publicité. La trentaine, elle vit à Paris et aime faire la fête avec ses copines, regarder des séries télévisées, faire du shopping, parler...

Dans cette bande dessinée, une anecdote par page, elle croque sa vie quotidienne avec beaucoup d'humour. Fringues, régime, copain, travail, famille... Tous ces thèmes sont illustrés avec légèreté. C'est drôle, parfois caricatural, dommage, c'est un peu court...Si vous voulez en savoir davantage sur cet auteur, vous pouvez visiter son site : www.penelope-jolicoeur.com

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Témoin indésirable d'A. Christie.

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Témoin indésirable, Tome 14, Agatha Christie, scénario et dessin de Chandre, Emmanuel Proust édition, 49 p.

Un soir, deux ans plus tard après l'assassinat d'une femme, un inconnu, le Dr Calagary vient bouleverser la tranquillité d'une famille en confirmant l'alibi du meurtrier : Jack Argyle. Celui-ci, violent et instable, aurait tué sa mère qui refusait de lui donner de l'argent. Le Dr Calagary n'a pas pu témoigner avant à cause d'une amnésie, due à un accident de voiture et d'une expédition scientifique. Cette révélation jette le désordre au sein de la famille : qui est le véritable meurtrier de Mrs Argyle ? Son mari, qui souhaite se marier avec sa secrétaire, Gwenda Vaughan ? La domestique ? Elle aime tous les membres de la famille sauf la défunte. Ou Mary, Hester, Mikael et Tina, ses enfants adoptifs, qui étaient dépendants financièrement d'elle ?

L'adaptation en images ne gâche en rien cette enquête policière. L'intrigue complexe reste tout à fait compréhensible. Huis clos et drame familial créent un suspense cruel : chaque membre de la famille s'épie et se soupçonne. Les dessins aquarellés sont d'une facture très classique. Rien d'original, mais on passe un moment de détente à lire un classique de la littérature policière...

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22 août 2009

Le cadavre de Bluegate Fields, Anne Perry

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A la fin du XIXeme siècle, dans les égouts de Londres, on découvre le corps d'un jeune homme de bonne famille, de seize ans, complètement nu. Pourquoi a-t-il été assassiné ? Que faisait-il dans ce quartier mal famé ? Qui avait un mobile pour vouloir sa mort ? Tout semble indiquer que l'auteur du meurtre est le précepteur du garçon, Mr Jérome. Celui-ci clame son innocence mais il est condamné à mort.

A l'époque victorienne, les rapports de classes régissent la société. L'inspecteur Pitt a de grandes difficultés à mener l'enquête, dans un milieu aristocratique où il est malséant de parler d'assassinat. Heureusement, Charlotte, née dans la haute société, femme de l'inspecteur, franche et volontaire, décide de venir en aide à son mari. Faisant jouer ses relations, elle arrivera à bousculer ce monde conventionnel et à démasquer le vrai coupable.

Ce roman policier historique dépeint très bien l'époque victorienne, avec beaucoup d'humour. De nombreux sujets plus graves transparaissent au détour de l'enquête : la pauvreté, la prostitution et la place des femmes... Les dialogues sont enlevés, les personnages attachants et le suspense est présent jusqu'aux dernières pages. Comme j'apprécie l'ambiance victorienne de ce roman policier et l'ironie mordante des personnages, je vais m'empresser de découvrir les autres opus de cette série...

Le cadavre de Bluegate Fields, Anne Perry, 10/18, 382 p.

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21 août 2009

Les âmes grises d'Yves Angelo

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En 1917, près du front, la fille d'un aubergiste est retrouvée morte près du château du procureur Destinat. Qui est le meurtrier ?  Deux déserteurs vont être accusés, sans avoir été vraiment jugés. Le juge Mierk ne recherche pas la vérité mais des coupables. En revanche, un policier continue l'enquête, peu satisfait de ce procès inique. Quelques temps avant, une jeune institutrice, Lysia, est retrouvée morte, probablement un suicide, dans le château du procureur où elle résidait. Des morts, il y en a beaucoup. Il y a aussi ceux de la première Guerre Mondiale, guerre jamais montrée mais qui sert d'arrière-fond à cette tragédie...

Malgré une très belle distribution, le film n'est pas captivant. Les scènes sont décousues et manquent de rythme. L'intrigue policière est décevante, le mystère reste opaque et le spectateur est perdu dans cette longue et lente enquête. Surtout, l'émotion est absente de ce film austère. Dommage, le livre est très bien écrit : voici un extrait du roman :

"Elle ressemblait ainsi à une très jeune princesse de conte, aux lèvres bleuies et aux paupières blanches. Ses cheveux se mêlaient aux herbes roussies par les matins de gel et ses petites mains s'étaient fermées sur du vide. Il faisait si froid ce jour-là que les moustaches de tous se couvraient de neige à mesure qu'ils soufflaient l'air comme des taureaux. On battait la semelle pour faire revenir le sang dans les pieds. Dans le ciel, les oies balourdes traçaient des cercles. Elle semblaient avoir perdu leur route. Le soleil se tassait dans son manteau de brouillard qui peinait à s'effilocher. On n'entendait rien. Même les canons semblaient avoir gelé.

"c'est peut-être enfin la paix... hasarda Grosspeil.

- La paix mon os" lui lança son collègue qui rabattit la laine trempée sur le corps de la fillette."

Les âmes grises, P. claudel, Yves angelo, J. Villeret, J. P. Marielle, M. Hand, P. Podalydes, 1h43, 2005

 

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20 août 2009

Truman Capote, de Bennet Miller

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Truman Capote est un auteur que je n'ai pas encore lu mais ce film m'a fait découvrir la genèse d'une de ses oeuvres, qui a marqué la littérature américaine du XXeme.

Le film Truman Capote décrit une partie de la vie de l'auteur : ce n'est donc pas une biographie mais le portrait d'un artiste en train de créer ce qui deviendra son oeuvre la plus connue. En 1959, par hasard, l'auteur découvre dans le New-York Times un article sur le massacre d'une famille de fermiers dans le Kansas. Avant même que les meurtriers soient arrêtés, il décide d'aller sur les lieux, avec une amie d'enfance, Harper Lee, pour se documenter. L'écrivain a décidé que ce fait divers servira de matière à son nouveau "roman de non-fiction" qui sera intitulé de Sang-froid. Ce livre, qui paraîtra 6 ans plus tard, a pour thème le meurtre du Kansas et la relation  de Truman Capote avec les deux meurtriers. Condamné à mort, l'un des deux tueurs reçoit de fréquentes visites du célèbre écrivain qui désire connaître les détails de la nuit du massacre. Une relation troublante et choquante se noue : Truman Capote est prêt à tout, au nom de la création littéraire.

Le portrait de cet écrivain est saisissant : il est à la fois horripilant avec sa voix haut perchée et désopilant par son esprit féroce. S'il est présenté comme un orateur, qui séduit son auditoire grâce à des réparties spirituelles, T Capote n'est pas présenté de manière flatteuse lorsqu'il s'agit de son travail d'écrivain. En effet, on montre aussi la genèse de De sang froid : l'écrivain n'hésite pas à mentir aux deux meurtriers pour avoir les renseignements qu'il désire. Il noue des liens avec les deux prisonniers mais les dénoue aussitôt que son intérêt pour eux retombent. Ce film est sombre, dérangeant et angoissant car il laisse une grande place à la vie des prisonniers et à leurs derniers pas dans les couloirs de la mort mais il permet aussi de faire connaître un auteur avec beaucoup de véracité.

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19 août 2009

Carmilla de Sheridan Le Fanu

 

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Dans une contrée éloignée, en Styrie, vivent dans la solitude Laura, son père le général, sa préceptrice Mademoiselle Delafontaine et Madame Perrodon, la gouvernante. Ils se réjouissent de la venue du général Spieldolf et de sa fille mais une lettre annonce le décès de celle-ci, dans des conditions mystérieuses. Lors d'une promenade, devant leurs yeux, se renverse un attelage d'où émerge une femme distinguée et une jeune fille inconsciente, Carmilla. Cette dernière, étant trop faible pour continuer le voyage, est invitée à se rétablir dans le château du général. Au même moment, commence à se produire d'étranges morts dans la région...

Un château isolé entouré d'une forêt, des morts mystérieuses, des superstitions, une jeune héroïne naïve : tous les ingrédients du roman gothique et fantastique anglais sont présents. Sous forme de confession et en seize chapitres, l'auteur réussit à créer le suspense. Un mot pour qualifier ce court roman, publié en 1871 :  "l'ambiguïté" entre rêve et réalité, amour et répulsion, mort et vie... L'écriture rétrospective et naïve de la narratrice contribue à créer un charme particulier à ce court récit qui nous transporte dans des lieux isolés. Candidement, elle raconte sa rencontre avec la surprenante Carmilla. La naïveté de la jeune narratrice crée une atmosphère doucement surannée ignorant les indices inquiétants, comme l'arrivée annuelle d'un saltimbanque bossu qui remarque aussitôt les dents en "crochet" de Carmilla, ou la découverte d'un mystérieux tableau, vieux de deux cents ans, qui est l'exact portrait de Carmilla...

J'ai beaucoup apprécié ce roman, qui a pour thème la figure du vampire, précurseur du genre, puisqu'il a été publié avant le célèbre Dracula de Bram stocker et qui s'inspire du roman anglais gothique.

Carmilla, Sheridan Le Fanu, Babel, 155 p.

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17 août 2009

Les désastreuses aventures des enfants Baudelaire de Lemony Snicket

 

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S'inscrivant dans la tradition du roman-feuilleton du XIXeme, Les désastreuses aventures des enfants Beaudelaire est paru en 13 tomes.

Tome 1 : "Tout commence mal..." L'histoire est celle de trois enfants confrontés à de multiples mésaventures. Nos trois héros surdoués sont Violette, l'aînée de quatorze ans, qui aime inventer des machines farfelues, Klaus qui adore lire et la petite dernière Prunille qui aime mordre les gens. Tout débute avec la mort de leurs parents, qui ont péris dans un incendie. Mr Poe, ami de la famille, décide de les placer chez un parent éloigné, le Comte Olaf. Ce dernier, mi-comte, mi-acteur, n'a qu'une idée en tête voler l'immmense fortune de la famille Baudelaire. Toute son ingéniosité est mise au service de ce projet qui vaudra bien des malheurs aux orphelins Baudelaire...

Ce roman tient à la fois du conte et du roman mélodramatique du XIXeme siècle. Ce qui révèle du conte, ce sont  les lieux et les temps indéterminés, la figure d'opposant, le comte Olaf, l'adjuvant, la juge Abott, et les héros malheureux qui doivent surmonter des épreuves. Mais il s'agit aussi d'une histoire mélodramatique qui mêle sentiment, humour, suspense et un narrateur omniprésent. Celui-ci intervient directement, avec beaucoup de désinvolture, dans le récit, pour commenter les aventures des orphelins. J'ai été charmé de retrouver le style désuet des romans-feuilleton et de la place qu'occupe les livres dans l'intrigue. Je vais certainement continuer de suivre les aventures de nos trois malheureux héros...

"Klaus regarda la porte se refermer sur sa soeur et un accès de découragement le prit. Trois jours, il ne restait que trois jours pour découvrir ce que tramait le comte, sans parler, bien sûr, de trouver le moyen de déjouer ses plans. Pauvre Klaus ! Il avait grandi dans la certitude que les livres contenait la solution à tous les problèmes. Il avait toujours cru, dur comme fer, qu'il suffisait d'avoir beaucoup lu pour venir à bout de tout. Il n'en était plus si sûr. Un coassement le fit sursauter : - Dis donc, toi ! Qu'est -ce que tu fais là ?

Il se retourna. Un compère du comte s'encadrait dans la porte, le grand diable aux crochets à la place des mains."

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16 août 2009

Tartuffe, Duval et Samzim

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En octobre dernier, lors du salon de la BD à Dieppe, j'ai eu l'occasion de rencontrer Fred Duval, le sympathique auteur des Travis et des Carmen. J'ai été agréablement surprise en découvrant sa dernière oeuvre, Le Tartuffe de Molière, que je me suis empressée d'acheter. Est-il encore nécessaire de rappeler l'intrigue ? Orgon, un bourgeois est tombé sous l'emprise de Tartuffe, un homme dont il admire les vertus. En fait, celui-ci n'est qu'un hypocrite, un faux-dévôt, qui n'est intéressé que par la fortune d'Orgon. Malgré l'hostilité de toute sa famille, Orgon décide de marier sa fille Mariane avec Tartuffe alors que celle-ci aime un autre homme, Valère...

 

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Ce premier opus, qui adapte les 2 premiers actes de la pièce, est vraiment enthousiasmant. Etant une grande admiratrice de Molière, j'ai particulièrement apprécié de retrouver le texte intégral aussi bien illustré. En effet, je suis tombée sous le charme des dessins de Samzim, hautes en couleur, qui illustrent assez bien le ton de cette comédie entre sujet grave et humour. Dans les premiers actes, on assiste à la mise en place de l'intrigue et à la présentation des personnages. Un grand absent : Tartuffe n'est pas encore sur scène, mais on sent toute sa puissance dans l'omniprésence de son nom et de ses portraits dans les répliques des protagonistes. Qui est Tartuffe ? Est-il réellement un hypocrite ? Feint-il la dévotion ?

On ne peut que louer cette adaptation en Bande Dessinée d'un des chefs-d'oeuvre de Molière. En choisissant ce support, l'auteur et le dessinateur toucheront certainement un public rebuté par l'aspect un peu austère des pièces de Molière. Les couleurs des images sont vives et l'enchaînement des cases rendent bien la dynamique de la pièce. Il me tarde de découvrir les images qui illustreront des actes suivants...

Le Tartuffe, Duval et Samzim, Delcourt, 56 p.

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Histoires extraordinaires d'Edgar Poe, adapté par Thouard et seiter

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"Le scarabée d'or" est une des nouvelles des histoires extraordinaires d'Edgar Poe, brillamment adapté en images par Thouard et Seiter. La trame est celle d'une énigme : En Caroline du Sud, Edgar Legrand, qui a connu un revers de fortune,  vit sur une île avec Jupiter un esclave affranchi. Un jour, le lieutenant Garth et Legrand, en se promenant, trouvent un parchemin qui va révéler des indices qui mènent au trésor d'un pirate, the Kidd. Il est accompagné dans ses recherches par Wilson William, un ami de jeu.

L'histoire connue du "Scarabée d'or" est ici très bien adaptée dans cette bande dessinée, qui allie fidélité et originalité par rapport au texte d'origine. Thouard ajoute une touche fantastique et plutôt inquiétante à l'histoire à travers l'emploi de couleurs sombres, ocre et verdâtre.

Quand au scénario, Seiter est resté plutôt fidèle au texte d'Edgar Poe, reprenant dans des cartouches, des extraits de la nouvelle. Cependant, il a ajouté une aventure qui encadre la nouvelle, une histoire de vengeance suite à un jeu de cartes, ce qui permet de présager d'autres aventures de nos deux héros. Cette libre adaptation de la célèbre nouvelle d'Edgar Poe est réussie et captivante.      

Le scarabée d'or, Thouard et Seiter,  Casterman, 48p.                  

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15 août 2009

L'appareil photo de Jean-Philippe Toussaint

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" C'est à peu près à la même époque de ma vie, vie calme où d'ordinaire rien n'advenait, que dans mon horizon immédiat coïncidèrent deux événements qui, pris séparément, ne présentaient guère d'intérêt, et qui considérés ensemble, n'avaient malheureusement aucun rapport entre eux. Je venais en effet de prendre la décision d'apprendre à conduire, et j'avais à peine commencé de m'habituer à cette idée qu'une nouvelle me parvint par courrier : un ami perdu de vue, dans une lettre tapée à la machine, une assez vieille machine, me faisait part de son mariage. Or s'il y a une chose dont j'ai horreur, personnellement, c'est bien les amis perdus de vue".

Dès l'incipit, le ton est donné : quotidien et banalité. Un homme, dont on ignore l'identité jusqu'à la fin du roman, décide de passer son code. Il noue une relation avec la jeune femme languide qui s'occupe de l'auto-école. Un retour en arrière, permet au narrateur de raconter ses premières heures de conduite prises quelques années plut tôt...

 Paradoxalement, ce roman raconté à la première personne ne révèle rien sur le  narrateur : on ne connaît ni son âge, ni son métier, ni son physique. Les autres personnages n'ont d'ailleurs aucune épaisseur psychologique. Le narrateur évoque de nombreux moments de réflexions mais celles-ci ne sont pas révélées car il s'attache à décrire les infinis riens qui composent la vie quotidienne. De longues descriptions de détails insignifiants et futiles se succèdent. Même la rupture chronologique, n'interrompt pas cette longue et minutieuse description des journées du narrateur. Mais ce qui semble être une simple accumulation de l'anodin et du dérisoire aboutit, au fil des pages, sur une réflexion plus grave : la difficulté d'être. J'ai trouvé ce roman – que l'auteur qualifie « d'infinitésimaliste » - plutôt déconcertant...

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