21 février 2010

Le secret de Noël d'anne Perry

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Tout nouvellement pasteur, Dominic Corde et sa femme Clarisse arrivent à Cottisham où Mr Winter, le pasteur de ce petit village, est parti pour un mois de vacances. Sur les lieux, les jeunes mariés découvrent un beau site et des gens tout à fait charmants. Nos deux amoureux vivent particulièrement heureux jusqu'au moment où Clarisse fait une macabre découverte dans la cave du presbytère...

Autant vous dire que je ne m'étendrai pas beaucoup sur un livre qui m'a ennuyée, peut-être dû à ma récente découverte enthousiaste de W. Collins, qui rend, en comparaison, ce roman policier très fade et que j'ai failli abandonner en cours de route. Nos deux jeunes héros n'ont aucune envergure et n'ont pas l'étoffe de grands détectives tels que Holmes ou Poirot. Ils n'ont pas non plus le charme piquant et irrévérencieux du couple Pitt. Les personnages secondaires brossés à grands traits sont tout aussi falots. La mise en place de l'intrigue est des plus lentes et des plus simples. Il ne se passe quasiment rien pendant 150 pages, à part les considérations de la parfaite ménagère qu'est Clarisse. Lle dénouement est rapidement expédié dans les dix dernières pages... Je crois surtout que les sentiments mièvres de notre jeune couple m'ont agacée ou alors les bons sentiments qu'ils éprouvent pendant une période telle que Noël. Bref, ce n'est pas le meilleur roman d'Anne Perry et j'ai de beaucoup préféré Resurrection row ou Le cadavre de Bluegate Fields...

Vous trouverez un autre avis sur le site de Lou.

Le secret de Noël, Anne Perry, 10/18, Grands détectives,  188p.

 

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19 février 2010

Bright star de Jane Campion

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"Tout objet de beauté est une joie qui demeure :/Son charme croît sans cesse, et jamais/Ne sombrera dans le néant." Ce sont les premiers vers prononcés par Fanny Brawne lorsqu'elle rencontre John Keats. Lentement, entre ces deux jeunes gens commencent à naître un amour impossible en raison de la pauvreté de Keats, puis de sa maladie.

Tout est sublime dans ce film extrêmement esthétique. On retient son souffle devant la force et la grâce de cet amour qui transparaît dans la poésie des lettres envoyées par Keats. Les paysages, accompagnant l'évolution des sentiments des deux jeunes héros, les champs jaunes de narcisses, la blancheur de la neige posée délicatement sur des branches noires, éblouissent par leur luminosité.  On se perd dans la contemplation de cette nature florissante ou hivernale. Plus qu'un hommage aux vers de Keats ou au poète, Fanny est la véritable star de ce film. Eprise de mode, elle est, sous des dehors superficiel et insolent, une véritable créatrice de beauté. Ses robes style Empire saturent l'écran par leur élégance, leurs couleurs harmonieuses, leur extravagance. Volontaire, amoureuse passionnée, elle brave les conventions sociales qui empêchent son mariage avec le poète, mettant la passion au-dessus de la raison. Ce film est une ode à la beauté, magnifiquement incarnée par la véritable muse de Jane Campion, Fanny Branwe.

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18 février 2010

L'hôtel hanté, Wilkie Collins

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J'ai fait la rencontre fracassante avec un livre de W. Collins : quelle intrigue ! W. Collins, quel maître du suspense ! Voici la quatrième de couverture :
" Fiancée humiliée, veuve manipulatrice et soumise évoluant dans une famille en apparence respectueuse des usages de la haute société victorienne... Qui est vraiment la comtesse de Narona ? Une intrigante prête à tout pour toucher une prime d'assurance sur la vie de son époux, ou bien la victime de craintes superstitieuses sur laquelle le destin semble s'acharner ? Entre Londres et Venise, Collins campe des personnages facettes multiples et complexes qui seront consciemment ou non, les complices d'une mort naturelle qui ne tardera pas à être suspecte. Un des grands romans de Wilkie Collins !
Wilkie Collins (Londres, 1824-1889) est incontestablement, dans la littérature victorienne, le maître de la déduction littéraire. Ses oeuvres essentielles (Armadale, La dame en blanc, Pierre de lune...) sont toutes parsemées d'emprunts aux faits criminels, son talent s'épanouissant dans des intrigues d'une grande complexité, mais aussi dans la maîtrise et la finesse de ses portraits psychologiques".

Admirez aussi la splendide couverture : Saint Cecilia de Watherhouse. Cette quatrième de couverture tient ses promesses : les premières pages du roman suscitent mille questions. Qui est cette femme qui s'interroge sur sa santé mentale ? Est-ce une folle ou une femme superstitieuse ? Le docteur Wybrow apprend rapidement son identité, c'est la comtesse de Narona. Elle aurait volé le fiancé d'Agnès Lockwood, Lord Monbarry. Elle a une réputation d'aventurière et un frère joueur, le baron Rivar. A la mort de Lord Monbarry, la compagnie d'assurance enquête pour savoir si sa mort est naturelle ou si un meurtre a été commis avant de verser la prime d'assurance du lord. De plus, le courrier, Mr Ferraris, a mystérieusement disparu... Agnès, la fiancée délaissée, une des anciennes élève Mme Ferraris, Henry Westwick, frère du Lord et la comtesse de Narona ont des rôles importants et dramatiques à jouer dans cette intrigue captivante, qui nous emmène de Londres à Vienne.

Des fantômes, un peu d'ésotérisme, des meurtres et de nombreux rebondissements, notamment un dénouement spectaculaire et des plus originaux, caractérisent ce roman où le lecteur est assailli sans cesse par de nouvelles interrogations. A cette intrigue passionnante, s'ajoutent des commentaires caustiques du narrateur, sur les moeurs des français ou des italiens, s'opposant à la prude Angleterre, et qui égratignent aussi ses personnages : "les autres femmes, élevées suivant les préceptes et les habitudes modernes, en entendant parler d'une semblable conduite, eurent naturellement pour Agnès du dédain plein de compassion. A partir de ce moment elles ne parlaient d'elle que comme d'une personne "des temps jadis", curieux spécimen des vertus des vieux âges".
Avec cette intrigue passionnante tournant autour de la mort et de la folie, des personnages mystérieux comme des sphinx et typiquement victoriens, une fois commencé, on ne peut plus lâcher ce roman. Un roman fascinant et  un auteur merveilleux !
Wilkie Collins, L'hôtel hanté, Edition de l'aube, 278 p.  (Challenge Wilkie Collins addict, de Cryssilda)

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17 février 2010

Mariage à la mode précédé de La Baie, Katherine Mansfield

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Mariage à la mode, précédé de La Baie de Katherine Mansfield, folio, 79 p.

Quatrième de couverture :
"Dans le train qui le ramène chez lui pour le week-end, William savoure le bonheur de retrouver bientôt Isabel, sa ravissante jeune femme, et leurs deux enfants. Pourtant, depuis qu'Isabel s'est liée à un nouveau groupe d'amis, elle a changé et William ne sait trop qu'en penser...
Durant les longues journées d'été, Crescent Bay est le théâtre de la vie et des jeux de ceux qui y passent leurs vacances entre baignade, sieste et conversations.
Par petites touches lumineuses et justes, Katherine Mansfield esquisse des portraits pleins de finesse et de sensibilité".

Je suis entrée dans ces nouvelles sans rien connaître de l'auteur et de son écriture. Ces courts récits m'ont donc surprise par l'écriture impressionniste : La "Baie" est un long récit d'une "tranche de vie" sans véritable intrigue, suivant différents personnages et les décrivant de manière objective, sans jugement. Et pourtant le narrateur relève et révèle chaque entorse à la bienséance, chaque distorsion dans le caractère des personnages, comme une mère indifférente par rapport à ses enfants, une femme peu conventionnelle qui a épousé un bel homme plus jeune qu'elle, une jeune fille qui repousse les avances d'un jeune homme mais dans ses rêves... L'auteur va au-delà des apparences mais sans prendre parti. "Le mariage à la mode" est un titre ironique où l'on peut voir au contraire une femme qui s'éloigne peu à peu de son mari et de son idée traditionnelle du mariage, pour mener une vie de bohème. La remise en cause du mariage n'est pas explicite mais finement introduite en ridiculisant le mari.

L'écriture impressionniste transparaît aussi dans les descriptions colorées : " Très tôt le matin. Le soleil n'était pas encore levé, et Crescent Bay disparaissait entièrement dans une brume blanche qui s'élevait de la mer. Au fond, les grosses collines couvertes de broussailles étaient englouties. Impossible de dire où elle s'arrêtaient et où commençaient les enclos et les bungalows[...]. L'herbe était bleue. De grosses goutte restaient accrochées aux buissons comme par un fil ; le toï-toï argenté et duveteux retombait mollement sur ses hautes tiges, et, dans les jardins des bungalows, tous les soucis et les œillets se courbaient jusqu'à terre, saturés d'humidité. Les froids fuchsias étaient trempés, des perles de rosée parsemaient les feuilles plates des capucines. On eût dit que la mer s'était doucement soulevée dans les ténèbres, qu'une immense vague s'étaient étalée, étalée...". L'écriture poétique des sensations, de la lumière, d'un paysage, n'est pas sans rappeler celle de V. Woolf, de même que la métaphore récurrente de la mer. L'univers de K. Mansfield semblent remettre en cause, en douceur, certaines valeurs dépassées pour mieux poser les jalons d'une écriture moderne et séduisante.

Vous pouvez trouver l'avis enthousiaste de Lou sur son site My Lou book, accompagné d'une belle biographie sulfureuse de l'auteur.

 

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16 février 2010

La troisième Miss Symons, de Flora Mayor

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La troisième Miss Symons est un court roman de Flora Mayor (1872-1932) édité par V. Woolf. Chroniqué par Keisha, Titine ou Lou, je ne rajouterai donc qu'un ou deux mots sur mes impressions de lecture, pas des plus originales.
A quel destin peut rêver une fille cadette dans une famille bourgeoise du XIXeme siècle ?  C'est à cette question que répond F. Mayor à travers la vie d'Henrietta qui n'est pas celle d'une anti-héroïne mais celle d'une jeune fille malchanceuse sous l'ère victorienne : troisième fille et d'une famille de sept enfants, Henrietta est une enfant banale, qui souffre d'un manque d'affection. Elle ne suscite ni l'affection de ses parents, ni celle de ses soeurs. Célibataire, elle voyagera à l'étranger toute sa vie, sans pour autant se cultiver ou s'attacher à d'autres personnes.
C'est donc la peinture d'un destin banal, celui de la vieille fille, et d'une époque, le début de l'ère victorienne. Ce qui est marquant dans cette narration, c'est le ton détaché qu'emploie le narrateur pour raconter les mésaventures d'Henrietta : ce détachement reproduit ainsi la cruauté d'une société victorienne où les apparences priment sur les sentiments, où la société écrase l'individu, notamment les femmes. Dans cette misogynie ambiante, une femme avec un caractère colérique est une "hystérique" et confier ses sentiments vaut la désapprobation de tous. De même, le mariage est une institution sociale qu'il faut respecter sous peine d'être un paria. Le personnage d'Henrietta est peut-être peu sympathique mais a-t-elle le choix d'une autre vie dans ce contexte difficile pour les femmes ?
Peinture de moeurs sans concession et portrait lucide d'une héroïne sans qualité, j'ai beaucoup apprécié l'écriture fluide, ironique et concise de Flora Mayor. Je remercie Keisha et Titine pour cette belle découverte et je suis comme elles, je voudrais bien découvrir les autres romans de cet auteur...

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15 février 2010

Exposition : "c'est la vie ! Vanités de Caravage à Damien Hirst"

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Connaissance des Arts a publié un hors série consacré à l'exposition temporaire, "Vanités de Caravage à Damien Hirst" : "Si le terme de Vanité désigne en premier lieu les natures mortes qui ont prospéré à l'ère baroque, il s'applique plus largement à toutes représentations de la dépouille humaine - crâne, squelette - ayant pour fonction de rappeler fondamentalement vain de l'existence, sa fragilité, sa fugacité face à l'irréductible réalité de la mort. L'image du crâne confronte brutalement le spectateur à son destin, sans détour, sans discussion possible."

"Vanité, tout n'est que Vanité" :

Cette exposition permet de donner une perspective historique aux "vanités" : d'abord, représenté à côté de sablier et de fleurs, pour souligner la vanité des plaisir et la dimension éphémère de la vie, le crâne perd peu à peu sa valeur mystique et est détourné en simple objet par Braque, ou prend une valeur marchande avec For the love of God de Damien Hirst. La mort est omniprésente au Moyen âge, se manifestant à travers la peste, puis les guerres de religion mais sa représentation réapparaît lors des grandes hécatombes des deux guerres mondiales. Un crâne constitué de gants et de crayons, une photographie d'une jeune femme portant sur son dos un squelette... ! Toutes les oeuvres du XXeme siècle sont assez déconcertantes. Si les oeuvres d'art contemporain m'ont laissée de marbre, parce que trop agressives et effrayantes, j'ai apprécié la diversité des oeuvres et le questionnement philosophique des peintres autour de ce thème. Dommage, il manquait quelques cartouches informatifs pour mieux comprendre les oeuvres contemporaines.

Informations :

« C’est la Vie », au Musée Maillol

du 3 février au 28 juin

61 rue de Grenelle, 75 007 Paris

De 9 à 11 euros

Tous les jours, sauf le mardi et jours fériés, de 10h30 à 19h

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Virginia Voolf par Alexandra Lemasson

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Comment retranscrire la complexité de la vie d'un écrivain ? C'est le pari que Lemasson relève en écrivant une biographie sur une des romancières les plus célèbres d'Angleterre, dont la légende est déjà construite de son vivant : considérée comme une femme futile pour certains ou une névrosée suicidaire pour d'autres, V. Woolf a une réputation d'auteur difficile et excentrique.
La quatrième de couverture esquisse le portrait d'une femme légère et mondaine : " J'aime boire le champagne et devenir follement exaltée. J'aime partir en voiture vers Rodmell dans la chaleur d'un vendredi soir et manger du jambon, et être assise sur ma terrasse et fumer un cigare avec un hibou ou deux". V. Woolf (1882-1941) fut une femme aux vie multiples : partagée entre Londres et sa retraite du Sussex, rompues aux mondanités comme à la solitude, attentive aux petits miracles quotidiens et bousculée par la folie". Il ne reste pas une trace de cette légèreté dans le reste de la biographie où A. Lemasson retrace, de manière chronologique, la vie de Virginia.
Elle égrène ainsi les événements marquants de la vie de Virginia : l'enfance heureuse à Saint Yves, puis endeuillée par la mort de sa mère et de son frère et plus tard celles de sa demi-soeur Stella et de son père. Libéré de l'autorité de son père, elle commence à écrire et publier. S'ensuivent la description de son mariage et des différentes rencontres, qui ont jalonnées sa vie, la création du groupe du Bloomsbury, tout en tissant un lien entre sa vie et ses oeuvres.
Lemasson cherche à faire un travail objectif et s'appuie sur l'autobiographie Une esquisse du passé de V. Woolf pour raconter les sentiments de l'auteur mais aussi pour justifier son suicide par lequel elle aborde ce récit de vie. Ce n'est ni une hagiographie, ni une réhabilitation mais un portrait qui se veut nuancé, tordant le cou à la légende noire qui faisait de V. Woolf une folle. Cependant si ce portrait d'une femme, sous l'ère victorienne, insiste sur sa folie pour mieux montrer son courage à affronter la réalité, il me semble que cette biographie reste très sombre et que Lemasson détaille trop les deuils et la maladie qu'a affrontés V. Woolf : à aucun moment, il n'est question des moments heureux traversés par l'auteur... A la question qui est V. Woolf, A Lemasson dans son prologue répond : "Qui l'a lue ? Beaucoup moins. Il faudrait donc commencer par ses livres sans avoir jamais entendu parler de sa vie." Cette biographie permet d'appréhender la vie de cet auteur dans son ensemble, dans une écriture agréable, mais suivons donc ce conseil et lisons V. Woolf....
Une lecture tout de même enrichissante, lue dans le cadre du challenge Virginia Woolf

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11 février 2010

Les indiscrétions d'Hercule Poirot, de A. Christie

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Rien de vaut un classique du genre... policier pour passer un agréable moment. A. Christie, dans Les indiscrétions d'Hercule Poirot met en scène une intrigue assez traditionnelle : à la mort du riche Richard Abernethie, toute sa famille est présente pour l'enterrement. La cérémonie funèbre se déroule sans encombre jusqu'au moment où le notaire les rassemble pour la lecture du testament : à ce moment, Cora, la soeur de Richard, considérée comme une "simple d'esprit", sous-entend malencontreusement que son frère aurait pu être tué. Un assassinat ? Qui aurait pu commettre le meurtre sinon un membre de la famille qui hérite d'une fortune à sa mort ? Peu à peu, le doute s'immisce dans la tête du brave notaire qui décide de faire appel au célèbre Hercule Poirot...

On aime le monde désuet qu'A. Christie ressuscite : il y a toujours chez l'auteur, une nostalgie du siècle victorien. Ici elle peint la décadence d'une famille de bourgeois où la jeune génération est opposée à la vieille génération, toutefois, les convenances sont tenaces. Les Abernethie sont une famille comme aime à les décrire A. Christie, bigarrée, avec des hommes appartenant au monde de la finance, des acteurs et des femmes ayant faits des mauvais mariages (entendez, au-dessous de leur condition).

On aime le petit détective au crâne d'oeuf et à la moustache spectaculaire qui semble si bien connaître l'âme humaine. S'inscrivant dans la lignée des détectives perspicaces, observateurs et grand connaisseur d'âme, Hercule Poirot n'a pas besoin d'empreintes digitales, d'indices mais fait fonctionner ces petites cellules grises. Ici, il n'apparaît que très tard dans l'enquête pour mieux laisser les personnages et le lecteur se perdre en hypothèses. Même vieillissant, il garde toujours son orgueil cependant son rôle n'est pas très étoffé dans cette affaire même si c'est lui évidemment qui trouve l'infime détail accusant le meurtrier, qui nous aura échappé à tous !
On aime aussi cette intrigue alambiquée : des gâteaux empoisonnés à l'arsenic, une femme tuée à coups de hache, des religieuses présentes à chaque crime, de nombreux suspects, mais le véritable assassin est toujours le plus invraisemblable d'entre tous.
Avec une écriture simple, une intrigue efficace, qui pique notre curiosité, Les indiscrétions d'Hercule Poirot est une lecture plaisante même si ce n'est pas celui que j'ai préféré.

Vous trouverez sur le blog de Karine, un billet sur L'homme au complet marron et sur le blog d'Ankya, une petite chronique sur Les pendules d'Agatha Christie. H. Poirot a toujours autant de succès ! J'ajoute que je viens de découvrir un magnifique billet de titine qui a chroniqué Le meurtre de Roger Ackroyd . Et mes lectures : Poirot joue le jeu et Le crime de l'Orient-Express.

Les indiscrétions d'Hercule Poirot, Agatha Christie, Edition du masque, 284 p.

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09 février 2010

Les paupières d'Yoko Ogawa

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Attirée par la gracieuse couverture représentant une fragile fleur d'une couleur pourpre violacée, et connaissant très mal la littérature japonaise, j'ai voulu découvrir ce recueil de nouvelles dont le ton très divers et très étrange laisse le lecteur dans une sensation de confusion. Ce recueil est composé de 8 nouvelles :" C'est difficile de dormir en avion", " L'art de cultiver les légumes chinois", " Les paupières", " Le cours de cuisine", "Une collection d'odeurs", "Blackstore", "Les ovaires de la poétesse" et "Les jumeaux de l'avenue des Tilleuls".

Quatrième de couverture : " Une petite fille touchée par l'élégance d'un vieil homme le suit dans son île et devient son alliée face à l'hostilité du monde environnant. dans la maison vit un hamster, au regard dépourvu de paupières. Une japonaise prend l'avion pour l'Europe. A ses côté s'installe un homme qui lui parle puis s'endort. dans l'obscurité du vol de nuit, l'inconnu lui révèle alors l'existence des "histoire à sommeil". Une jeune femme part en voyage pour tenter de fuir ses insomnies. En s'éloignant de son pays, de son amant et de ses habitudes, elle espère trouver suffisamment d'étrangeté pour, le soir venu, s'endormir tranquillement. Dormir, s'endormir, s'éloigner du monde pour retrouver le chemin de l'inconscient, tel est le propos de ce recueil de nouvelles à lire comme une très belle introduction à l'oeuvre de Yoko Ogawa, aujourd'hui mondialement reconnue."

Toute les nouvelles sont très étranges car on saisit mal l'objet ou le sujet du récit. S'arrêtant abruptement, elles manquent de consistance et chaque fin est énigmatique. Un lien se tissent entre tous ces courts récits, celui du sommeil ou du rêve. Certaines nouvelles se teintent de fantastiques, d'autres cachent une réalité plus horrible sous une belle écriture, où sont notés d'infimes détails : la mutilation, l'inconnu terrifiant sont d'autres thèmes récurrents des récits où toujours une note discordante apparaît dans un quotidien anodin. Par exemple, le narrateur de" Blackstore" raconte comment son frère un champion de natation se réveille un jour le bras bloqué au niveau de l'oreille. Pourquoi ? Ce bras se fossilise et finit pas se détacher. A la fin de la nouvelle, le frère se retrouve dans un hôpital et toujours aucune explication...  Même si l'écriture est impeccable, fine, fluide, et que les notations de sensations sont particulièrement réussies, je n'ai pas du tout été conquise par ces nouvelles, plutôt effrayantes, qui tournent court et qui n'arrivent pas à susciter une atmosphère dans laquelle on peut s'immerger.

 Les paupières, Ogawa, Babel, 203 p.

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07 février 2010

Sherlock Holmes de Guy ritchie

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J'hésitais à aller voir les nouvelles aventures du célèbre détective créé par Conan Doyle, lorsque j'ai lu un billet élogieux sur le site de Lou qui m'a incité à aller le voir, jugez un peu : " Et si vous aimez Londres et le XIXe, les vues de la capitale sont magnifiques (peut-être les plus belles scènes dans une Londres victorienne pour moi)". Effectivement, la reconstitution de Londres, les costumes d'époque et les décors d'intérieur sont tout à fait époustouflants. Sherlock Holmes de Guy Ritchie est un film comico-policier-d'actions. Le spectateur est d'emblée projeté en pleine cérémonie satanique : de nombreux meurtres rituels ont été commis par Lord Blackwood. Condamné à mort, il ressuscite pour assujettir Londres. Face à lui, deux adversaires de taille, Holmes et Watson vont contrecarrer ses plans les plus diaboliques, grâce à la légendaire déduction infaillible de Holmes.

En ce qui concerne les personnages, Holmes n'en porte que le nom car il est métamorphosé en homme d'action, boxeur hors pair... Echevelé, excentrique et déjanté, il ressemble davantage à un dandy décadent, maniant l'humour et l'ironie, qu'au vieux limier décrit par Conan Doyle. Un des aspects gardé par le réalisateur est l'amour de Holmes pour les déguisements ce qui rend loufoque certaines scènes. Watson n'est plus un stupide acolyte mais l'égal d'Holmes. La mise en scène est un peu surchargée en combats, trop "blockbusterisé" pour vraiment convaincre. On n'échappe pas à la traditionnelle course poursuite, aux explosions titanesques... Cependant, l'intrigue ésotérique est digne d'être résolue par Holmes, les acteurs (Jude Law et Downey JR., les scènes où il apparaît drogué et hagard semble être du vécu tant elles sont vraisemblables) très drôles et Londres merveilleux. Décidément, Sherlock Holmes a le vent en poupe, pour notre plus grand plaisir ! Bien que très éloigné de l'univers de Conan Doyle, on aime ce Sherlock Holmes modernisé et surtout le Londres du XIXeme siècle.

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