08 juillet 2019

Lifeboat de Hitchcock : ISSN 2607-0006

LIFEBOAT (Trailer)

Comme Rébecca, Les oiseaux ou L'inconnu du Nord-Express, Lifeboat est aussi une adaptation littéraire, celle d'une nouvelle de Steinbeck. Les ingrédients traditionnels des longs métrages hitchcockiens sont rassemblés comme des innovations techniques ( comme dans La corde ou Fenêtre sur cour), du suspense, de l'ironie, les faux-semblants, un caméo... Pourtant Hitchcock réussit un tour de force en dramatisant une situation qui peut sembler sans relief : un lieu unique et neuf acteurs ! Lifeboat s'ouvre sur le naufrage d'un navire britannique provoqué par un sous-marin allemand, lui-même torpillé. Huits rescapés de nationalités diverses et de classes sociales différentes tentent de survivre sur un canot de sauvetage en attendant les secours. Lorsqu'un Allemand se prétendant simple matelot est secouru, les naufragés sont confrontés à un dilemme : peuvent-ils faire confiance à cet homme ? Cet ennemi de guerre, doit-il être sauvé ? Qui doit diriger le bateau ?

Malgré le décor unique, "le maître du suspense" arrive à nous tenir en haleine grâce aux drames psychologiques. C'est le calme plat, une mer d'huile mais la tension monte : mensonges, dissensions, meurtres, tempêtes ponctuent ce huis-clos étouffant. Ont-ils eu raison de faire confiance à l'Allemand ? Ce dernier sauve un des passagers en l'amputant d'une jambe mais il cache de nombreux secrets sur son identité. La matérialiste et superficielle Mrs Porter va-t-elle tomber dans les bras de l'ouvrier ?  Les protagonistes ne cessent d'avouer leurs petits secrets, leurs bassesses...

Présenté en 1944, Lifeboat a une portée éminemment politique. Le fait de vouloir voter à la majorité "comme dans [leur] pays", de réussir à s'unir dans l'adversité, de s'entraider lorsqu'ils n'ont plus de ressources - vous verrez à quoi peut servir un bracelet de diamants lors d'un naufrage - sont des actions métaphoriques des pays en période de guerre.

En bonus, le commentaire audio du docteur Drew Casper est une mine d'informations sur la réalisation, le choix des acteurs, des cadrages et les influences de Hitchcock : Lifeboat présente l'alliance originale de l'expressionnisme allemand et du réalisme soviétique. Drew Casper aborde aussi la fabrication des décors, les caprices de stars, et la réception du film à l'époque, la censure, et rappelle aussi la coloration "romantique" des films du réalisateur des oiseaux. La variété des cadres, l'habileté dans la construction des caractères, l'universalité du message politique font que ce film n'a pas pris une ride.

Lifeboat, Hitchcock, 1944, 1h36, avec Tallulah Bankhead, William Bendix, Walter Slezak

Vsionnage commun avec Les blablas de Tachan. Prochain VC d'Hitchcock le 25. 07 : nous parlerons du Procès Paradine.

Autres films : L'inconnu du Nord-Espress, Psychose, La corde, Une femme disparaît, La loi du silence, Mais qui a tué Harry ?, chantage, Les 39 marches,, Jeune et innocent, meurtre, le grand alibi, Une femme disparaît

Posté par maggie 76 à 07:51 - - Commentaires [12] - Permalien [#]


04 juillet 2019

Frida Kahlo de Maria Hesse : ISSN 2607-0006

51-VtJB+q3L

Qui ne connaît pas Frida Kahlo ? Cette artiste mexicaine est devenue une légende de son vivant et son destin tragique a fait l'objet de nombreuses biographies. Dès l'introduction, Maria Hesse nous met en garde sur cet ouvrage : elle n'a pas voulu retracer de manière fidèle la vie de Frida Kahlo, mais elle a fictionnalisé la vie de cette artiste : " ce livre ne retrace pas sa vie réelle, ni celle que Frida s'inventa. Il s'agit d'un mélange des deux" (p. 9)

Elle mêle d'ailleurs une écriture à la troisième personne, plutôt factuelle, à une écriture à la première personne, qui sont des extraits de journaux, de lettres de F. Kahlo, changement perceptible dans le choix des caratères (Planche 1). De chaque page émane l'intensité des sentiments de l'artiste à travers des illlustrations colorées et des citations. On peut d'ailleurs regretter la joliesse des dessins, là où les tableaux de l'artiste mexicaine présentent une certaine violence et une grande noirceur. La biographie est chronologique mais quelques pages font des synthèses autour de certains thèmes, notamment les amours de Frida Kahlo ou les réinterprétations des tableaux apparaissent à la fin de l'ouvrage. Certes le texte est simple mais bien documenté ( une biographie est présente à la fin de l'ouvrage).

Au-delà de la fictionnalisation de la biographie, on peut admirer la part de poésie dans la présentation de cette femme dans ce roman graphique : des illustrations  servent à indiquer les nouveaux chapitres (illustration 2). Des dessins entourent le texte, l'accompagnent et créent un écrin pour le récit. Evidemment ces illustrations s'inspirent de l'esthétique de F. Kahlo et reproduisent certains de ses tableaux les plus célèbres tout en les personnalisant. Voyez comment on reconnaît des éléments récurrents des tableaux de F. Kahlo - comme la nature, les animaux, les détails anatomiques (Planche 2)... Voici aussi quelques citations de Frida Kahlo qui expriment sa pensée :

"Je m'en fiche, je m'aime comme je suis" (p. 32).

"Pourquoi voudrais-je des pieds puisque j'ai des ailes pour voler" (p. 132).

"Emmurer sa propre souffrance c'est courir le risque qu'elle vous dévore de l'intérieur" (en exergue)

"Je ne peins jamais des rêves ou des cauchemars. Je peins ma propre réalité".

Avec ce bel ouvrage, Maria Hesse nous emmène talentueusement au coeur de l'imaginaire de l'artiste mexicaine. Suivez son conseil : " Perdez-vous dans chacun de ses tableaux, là où elle nous a laissé de petites pistes sur qui elle fut. C'est dans ses peintures que réside la véritable Frida".

Hesse Maria, Frida Kahlo, Presque lune, mars 2019.

e1bf18bf8102f9dff2fdceb368a017ee123904708

Illustrations 1 et 2 Frida Kahlo © PRESQUE LUNE

3° Frida Kahlo peint au litPl. 1 © PRESQUE LUNE

3° Frida Kahlo accident bus Pl. 2 © PRESQUE LUNE

Posté par maggie 76 à 00:23 - - Commentaires [34] - Permalien [#]

02 juillet 2019

Dédale 1 et 2 de Takachimi : ISSN 2607-0006

510cLQWY0-Lalbum-cover-large-30286

©Takachimi

dedale04

Illustration 1 : Dédale ©Takachimi

En 2009, Sword art online lançait la mode des joueurs de jeux vidéos prisonniers d'un monde virtuel. Voici deux héroïnes prises dans le même type de piège numérique. Etudiantes, tout oppose les deux personnages principaux : Yôko (illustration 1 ci-dessus) a un physique ingrat mais elle est rationnelle alors que Reika a un physique avantageux mais elle est complètement inadaptée à la vie réelle. Son métier consiste à trouver les bugs dans la conception des jeux : pour elle, les "bugs", c'est la beauté", " la porte vers des mondes inconnus dont personne, pas même le concepteur du jeu ne saurait imaginer l'étendue" (p. 6).

Ce manga, un seinen, commence alors que Reika et Yôko déambulent dans un monde familier mais étrangement agencé. Persuadées d'être dans un jeu vidéo, elles imaginent trois solutions pour sortir de ce lieu : 1 . "Trouver un moyen de prendre contact avec l'extérieur

2. Tout casser pour sortir de ce dédale de force.

3. "Rester ici et devenir la maîtresse des lieux". (p. 19)

Evidemment, ces deux personnages au caractère complètement opposé créent un duo comique. Reika s'amuse et emploie ses talents de gameuse pour trouver les clés de cet univers alors que Yôko ne rêve que de s'en échapper pour aller retrouver son conpagnon. Mais le jeu va bientôt se transformer en survival avec la rencontre de monstres.

A ce concept déjà vu dans Tron : L'héritage de Kosinski ( 2010), Ready player one de Spielberg ( 2018), Edge of tomorrow de Doug Liman (2014), le mangaka mêle plusieurs influences comme la science-fiction, les jeux vidéos avec les items, les peintures d'Escher (Planche 1, ci-dessous) ou des monstres comme pac man ou d'autres plus lovecraftiens pour créer un univers insensé. D'ailleurs une grande place est donnée aux arrières-plans, aux décors.

"Tu ne sers à rien dans la vraie vie, mais dans ce genre de situation t'es carrément au top !", déclare Yôko à Reika ou " La quête principale, le véritable but, c'est de trouver les failles du décor pour partir à la découverte d'une infinité de chemins ! Le concept est révolutionnaire" (p. 86) : Takachimi fait l'éloge des mondes virtuels tout en les commentant et en nous entraînant dans un univers toujours plus surprenant et renversant. Deux choix s'ouvrent devant vous ? Alors choisissez le troisième ! Il parle aussi de l'amitié et des rapports des gamers à la réalité augmentée, sujet éminemment contemporain. Visuellement très inventif, l'univers de Dédale fait aussi l'éloge de l'imagination, de tout ce qui va à l'encontre des concepts préétablis. Deux opus à découvrir !

Numérisation_20190615 (13)

Pl. 1 : Dédale © Takachimi

Takachimi, Dédale, Ed. Doki Doki, 2 volumes, Italie, 2016, 244 p.

Tron : L'héritage de Kosinski, Netflix, 2010, 2h avec Jeff Bridges, Garrett Hedlund, Olivia Wilde

Edge of tomorow, de Doug Liman, Netflix, 2h, 2014, avec Tom Cruise, Emily Blunt

Sword art online de Reki Kawahara et Tomohiko Ito, Netflix, anime saisons 1 et 2

Sur le web : A girl from eart,

Jarno Stéphane, "Dédale de Takachimi", Télérama, mis en ligne le 16 août 2017. URL : https://www.telerama.fr/livres/dedale,147894.php

Posté par maggie 76 à 00:20 - - Commentaires [16] - Permalien [#]

30 juin 2019

C'est le premier, je balance tout (juin 2019) : ISSN 2607-0006

c-est-le-1er-je-balance-tout-banniere-bicolore-marineLogo d'allez-vous faire lire

1) LES CHRONIQUES VENUES D'AILLEURS

122605849

A partir de février, après avoir été sélectionnée comme jury, j'ai "audiolu" 10 romans. Voici mon classement (vous pouvez cliquer sur les images pour visualiser le billet), qui fut difficile à faire pour les 4 premiers :

martin_eden

avec toutes mes sympathies51FMrxXkQKL519z5BbSxfL

indexfrere_dameca_raconte_sarah

121686543_ola toile du mondeart de la joie

Quelle belle expérience ! Tous ces romans présentaient des qualités littéraires très appréciables et très divers. Et maintenant ? Audiolib a établi un classement de 5 audiolib et du 13 juin au 23 août, les internautes pourront voter pour les 5 finalistes :

1. Avec toutes mes sympathies de Lamberterie,

2. Martin Eden de J. London,

3. My absolute darling de G. Tallent,

4. Frère d'âme de David Diop et

5. La daronne d'H. Cayre.

A votre tour de voter pour déterminer qui sera le lauréat du prix Audiolib 2019 !

2) MES FILMS

1462466index5531705

 

el reinoque dios nos perdone

3) MES LIVRES

J'ai enfin découvert la plume d'Anna Hope avec La salle de bal et j'ai été un peu déçue. En lisant mon premier manga Gunnm (tome 1) de Kishiro, je me suis découvert une passion pour ce genre. Après avoir lu La maison Nucingen, nous continuons nos lectures communes de Balzac avec Louis Lambert le 22 juillet. Nous reprendrons ces lectures le 22 septembre avec Ursule Mirouët. J'ai aussi découvert le dernier roman policier de Connely : En attendant le jour.

gunnmG02464-1product_9782070380527_195x320

 

Capture

 

4) MES ACHATS

1280x680_gettyimages-616681736Tokyo (Japon) © Getty / simonlong

Après les achats de Louis Lambert de Balzac pour la prohaine Lc, de romans graphiques comme Frida Kahlo de Maria Hesse et d'un roman japonais La fille de la supérette de Murata, j'ai acheté mon premier manga ainsi que le tome suivant, adapté l'année dernière sous le titre d'Alita Battle Angel : Gunnm 2. J'ai aussi acheté d'autres BD nippones comme Dédale 1 et 2 de Takamichi - billet de A girl from eart), Les mystères de Taisho de Kei Toumé, L'orme du Caucase de Taniguchi, The promised neverland Kaiu Shirai  - chroniqué par A girl from eart -, Le bateau de Thésée de Higashimoto et Demokratia de Moroto Mase

product_9782070371617_195x320

les_mysteres_de_taisho_17830606255Demokratia

indexgunnm02Le btaeau de thésée

51-VtJB+q3L510cLQWY0-Lalbum-cover-large-30286

Posté par maggie 76 à 00:42 - - Commentaires [24] - Permalien [#]

26 juin 2019

En attendant le jour de Michael Connely : ISSN 2607-0006

 

Capture

Couverture : Rémi Pépin 2019 – Photographies : Silhouette © Mark Owen / Arcangel Images ; Lune © Garry Solomon / Getty Images ; Los Angeles © Naphat Photography / Getty Images

Après les enquêtes d'Harry Bosh, Connely nous présente une nouvelle héroïne dans En attendant le jour. Renée Ballard est une jeune femme, qui a été reléguée au quart de nuit du commissariat d'Hollywood. Son ancien coéquipier l'avait accusée de fautes graves pour pouvoir monter les échelons. Mais cela n'empêche pas Ballard de garder son intégrité et son audace même dans un service sans prestige. Lorsqu'elle découvre qu'une prostituée transgenre a été sauvagement agressée et probablement enlevée au préalable, elle décide de garder l'affaire malgré les réticences de ses coéquipiers et de ses supérieurs. Dans la même soirée, une autre affaire retient son attention : une fusillade dans un club. Renée, va-t-elle réussir à résoudre ses enquêtes ?

Toujours lu avec brio par Caroline Klaus, (Vous pouvez écouter un extrait sur le site audiolib), ce livre audio nous fait découvrir une nouvelle policière digne d'Harry Bosh. Intelligente, perspicace, Renée Ballard reste intègre dans un milieu où règne la corruption des policiers ou celle des journalistes. Audacieuse, elle ne recherche pas la gloire mais un peu plus de justice, rejoignant par là le caractère d'Harry Bosh. Tout au long de l'enquête, on en apprend davantage, dans ce premier opus, sur sa vie personnelle, son enfance malheureuse, ses amours pour en faire un personnage attachant.

Quant à l'enquête, le suspense est bien maintenu et l'auteur ménage quelques rebondissements. Elle paraît un peu millimétrée et trop huilée mais l'intérêt réside dans la mise en place du caractère du personnage principal, son courage et sa manière de résoudre ses deux affaires.

Quoi de nouveau dans ce roman policier ? En bon ancien journaliste et romancier, Connely sait intégrer les aspects nouveaux de la société contemporaine en utilisant les sms, les portables, des avancées scientifiques. En outre, il aborde obliquement la place des femmes dans la société ou celle des transgenres. Toutefois, il a gardé cette écriture détaillée, précise pour parler des démarches judiciaires et policières de Ballard. N'hésitez pas à découvrir la nouvelle héroïne de Connelly et on attend avec impatience de nouvelles enquêtes.

En attendant le jour, Michael Connely, Audiolib, 11h08, lu par Caroline Klaus, Audiolib, 2019.

Autres romans : Sur un mauvais adieu,

Partenariat Audiolib.

Sur le web : Ferniot, En attendant le jour, Télérama, mis en ligne le 26 mars 2019. URL : https://www.telerama.fr/livres/en-attendant-le-jour,n6190288.php

L'invité d'Ali Baddou. 2019. "L'écrivain américain Michael Connelly : " J'essaie de raconter des histoires qui sont justes, vraies". Diffusée le 29 mars 2019.

Posté par maggie 76 à 06:37 - - Commentaires [14] - Permalien [#]


24 juin 2019

Godzilla II - Roi des Montres de Michaël Dougherty : ISSN 2607-0006

GODZILLA 2 Bande Annonce VF (2019) NOUVELLE, Roi des Monstres

Si vous n'avez encore jamais vu de films sur l'un des plus célèbres monstres de la pop culture qu'est devenu Godzilla, vous pouvez regarder la vidéo du ciné-club de M. Bobine qui est une bonne introduction à la franchise : le vidéaste remonte aux orginines du monstre radioactif, analyse l'évolution de la franchise et détaille les caractéristiques de Godzilla. L'article du Point pop permet aussi de connaître les précédents films.

Le long-métrage de Michael Dougherty prolonge celui de G. Edwards qui était un blockbuster où le Kaiju apparaissait aussi important que le destin d'un soldat américain et de sa petite famille, qui nous importe peu. Le nouveau réalisateur a décidé de mettre en avant les monstres, de les humaniser - car le monstre légendaire décide de sauver les hommes et la planète - et de faire bêtifier les hommes. Après les dégâts causés par le réveil de Godzilla et des Mutos dans le premier opus, une scientifique décide de réveiller d'autres monstres pour qu'ils dévastent la planète car là où ils passent, la végétation reprend ses droits.

Evidemment, les effets numériques rendent bien hommage à Godzilla, comparé aux monstres nanardesques dans les précédents films de la Toho comme dans Godzilla vs Mechagodzilla. On peut toutefois regretter que les prouesses numériques soient les seuls atouts de ce film où on s'ennuie par intermitence avec des passages ridicules avec les dialogues vides des hommes ou qui expriment un espèce de blougi-boulga écologique. Godzilla II - Roi des Monstres n'est qu'une succession de scènes de destruction entre des titans disproportionnés. A part des effets spéciaux monstres, à quoi rime tout ça ? On est loin du symbolisme du traumatisme nucléaire et on attend avec impatience la sortie - non pas du troisième opus de la franchise, teasé dans une scène post-générique, de Godzilla vs Kong - de Shin Gozilla en France.

Godzilla vs mechagozilla, Jun Fukuda, 1974

Godzilla le roi des monstres, Michael Dougherty, 2019, 2h12, Kyle Chandler, Vera Farmiga, Millie Bobby Brown 

Godzilla de Gareth Edwards, Netflix, 2014, avec Aaron Taylor-Johnson, Bryan Cranston, Ken Watanabe

26f80030704eb7eff3bbd40057ef613c-godzilla-ii-roi-des-monstres-et-du-bazard

Warner Bros France

crop2_godzilla-dinal-king-godorah1

Warner Bros France

Sur le web : No ciné. 2019. "Godzilla pourrait-il exister dans la vraie vie ?". Animée par Perrine Quennesson. Diffusée le 29 mai 2019.

Hauguel Bastien, " Godzilla" : 6 films pour s'initier à la franchise", Le point pop, mis en ligne le 29 mai 2019. URL : https://www.lepoint.fr/pop-culture/cinema/godzilla-6-films-pour-s-initier-a-la-franchise-29-05-2019-2315756_2923.php

Dubois Léa, "Godzilla II - Roi des monstres : un titan pour les gouverner tous et dans les ténèbres les lier", Le figaro.fr, mis en ligne le 29 mai 2019. URL : http://www.lefigaro.fr/cinema/godzilla-ii-roi-des-monstres-un-titan-pour-les-gouverner-tous-et-dans-les-tenebres-les-lier-20190529

Posté par maggie 76 à 00:05 - - Commentaires [9] - Permalien [#]

23 juin 2019

La maison Nucingen de Balzac : ISSN 2607-0006

product_9782070380527_195x320

http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-classique/La-Maison-Nucingen-precede-de-Melmoth-reconcilie

Le titre de ce court récit renvoie à un personnage important de La comédie humaine, personnage de banquier emblématique du monde balzacien et éminemment réaliste : " Nous vivons dans un temps très-ami de la fraude" ( p. 133) ou " la prospérité de la maison Nucingen est un des phénomènes les plus extraordinaires de notre époque" (p. 138). Le narrateur de "La maison Nucingen" entend à travers la cloison des salles d'un cabaret une conversation tenue par quelques jeunes gens. Quel lien entre l'histoire de Nucingen et la conversation de journalistes rassemblés dans un salon ? le lecteur est projeté in medias res dans une dicussion à bâtons rompus entre quatre personnages bien connus tels que Blondet le journaliste ou Bixiou. Ils évoquent bien la fortune et le destin de Rastignac mais cela reste encore bien éloigné de notre sujet, Rastignac n'étant que l'amant de la femme de Nucingen. On pense qu'ils vont enfin parler du banquier mais c'est pour aussitôt s'engager dans une autre digression en racontant la vie de Godefroid de Beaudenord.

Poursuivons ! Certes Beaudenord se rend à un bal donné par Nucingen où il rencontre son ami Rastignac. Et Nucingen ? Va-t-on parler du personnage éponyme et de sa fortune ? Tout en devisant sur les amours du jeune homme avec Isaure d'Aldrigger, fille d'un banquier vertueux mais ruiné, reçu chez Nucingen, nos jeunes gens semblent bien avoir oublié leur sujet principal. Quant à Balzac, il donne à voir le spectacle de ses contemporains lors d'un enterrement ou lorsqu'ils courtisent des femmes : " Je connais le monde : jeunes filles, mamans et grand'mère sont toutes des hypocrites en démanchant sur le sentiment quand il s'agit de mariage. Aucun ne pense à autre chose qu'à un bel état." (p. 179).

 Enfin, Couture, l'un des convives, se préoccupe lui aussi de Nucingen : " Je ne vois pas, dans toutes ces toupies que tu lances, rien qui ressemble à l'origine de la fortune de Rastignac" ( p. 179) ! Ce récit est peu romanesque mais très théâtral, constitué d'une seule conversation, d'un long dialogue. Tout en amenant ses auditeurs à découvrir les origines de la constitution de la fortune de Nucingen ( dans les dernières pages), l'auteur en profite pour mener ses réflexions sur la charlatanerie généralisée et la faillite des lois et de l'honnêteté...  Le récit décousu, des longs passages sur le système économique et ses mille personnages font de "La maison Nucingen" une conversation assez peu compréhensible, même si on perçoit très bien " l'omnipotence, l'omniscience, l'omniconvenance de l'argent" (p. 130).

"Les lois sont des toiles d'araignées à travers lesquelles passent les grosses mouches et où restent les petites" (p. 209) : ce n'est que dans les dernières lignes, qu'en virtuose, Balzac nous permet enfin de saisir tous les fils de la conversation tissés par la verve et les mots d'esprit des quatre journalistes. Un roman à découvrir malgré les passages difficiles sur les spéculations financières...

Balzac, La maison Nucingen, précéde de Melmoth réconcilié, Folio, Saint-Amand, 1989.

LC avec Cléanthe et Miriam. La prochaine LC est programmé pour le 22 juillet avec la lecture de Louis Lambert. Après une pause en août, nous reprendrons le 22 septembre avec le roman Ursule Mirouët.

La compagnie des auteurs. 2018. "Un temps très-ami de la fraude. Autour de la Maison Nucingen de Balzac". Animée par Matthieu Garrigou-Lagrange. Diffusée le 27 août 2018. 

La comédie humaine :

1. Scène de la vie de province : Eugénie Grandet; Le cabinet des antiques

2. Scène de la vie parisienne : "La maison Nucingen", " Pierre Grassou", La fille aux yeux d'or, La duchesse de Langeais

3. Etude philosophique : "L'élixir de longue vie", La peau de chagrin; L'auberge rouge, L'Elixir de longue vie

4. Scène de la vie privée :"Le bal de Sceaux", Mémoires de deux jeunes mariées, Le père Goriot, La bourse, Gobseck, Le colonel Chabert

5. Scène de la vie de campagne : Le lys dans la vallée

Posté par maggie 76 à 00:50 - - Commentaires [11] - Permalien [#]

19 juin 2019

La salle de bal d'Anna Hope : ISSN 2607-0006

G02464-1

http://www.folio-lesite.fr/Catalogue/Folio/Folio/La-salle-de-bal

Après le joli succès du chagrin des vivants, Anna Hope a écrit La salle de bal, qui, sous ce titre romanesque, aborde une réalité historique qui l'est moins. Le début chaotique, avec des phrases brèves, non verbales, nous fait entrer dans l'histoire de trois personnages, en 1911, en Irlande. Des sous-titres, les noms des personnages, introduisent trois points de vue différents. Ella :  jeune fille pauvre, elle travaille depuis l'âge de huit ans dans les fillatures. Progressivement, on découvre qu'elle est battue et abandonnée dans l'asile de Sharston. John : après avoir perdu sa fille et sa femme, John devient miséreux et se rend dans cet asile. Charles : Médecin médiocre, pour échapper à sa famille, il devient auxiliaire infirmier tout en jouant du violon comme thérapie pour les patients de l'asile. Mais attiré par les idées d'eugénisme, il développe des théories de l'homme supérieur en observant les indigents et les aliénés de l'asile.

 La plume de la romancière est aussi agréable et fluide à lire que celle de Tracy Chevalier, par exemple, mais elle présente les mêmes travers que cette dernière. Ellle inclut aussi l'histoire de ses personnages principaux dans le contexte historique de l'époque. Quel regard porte-t-on sur les aliénés ? Comment les soigne-t-on ? Le quotidien du personnel et des indigents, le bal thérapeutique, les activités des aliénés sont développés minutieusement. On peut regretter que le mélodrame sentimental prenne le pas sur l'aspect historique.

Dans ses remerciements et la note de l'auteur, H. Hope rend hommage à son grand-père qui a été interné dans cet hôpital. Elle décrit ses sources et la genèse de son roman. Elle explique aussi qu'elle a fait de nombreuses recherches en s'appuyant notamment sur les archives en ligne sur le site http://www.highroydshospital.com et les photographies de Mark Davis. De même, elle s'est intéressée à l'histoire de l'eugénisme et cite des documents fidèlement comme la Eugenics review. Le développement de ses recherches dans les archives de l'hôpital ou sur les fileuses de l'époque est bien plus passionnant que le roman lui-même.

Hope Anna, La salle de bal, Folio, Barcelonne, Mars 2019, 439 p.

Partenariat Folio.

Sur le web : Lu par Book'ing, Tania,

menston ballroom sm

http://www.highroydshospital.com

Posté par maggie 76 à 00:09 - - Commentaires [27] - Permalien [#]

17 juin 2019

Que dios nos perdone/ El reino de Rodrigo Sorogoyen : ISSN 2607-0006

QUE DIOS NOS PERDONE Bande Annonce (Policier, Thriller - 2017)

EL REINO Bande Annonce (2019) Policier

Que Dios nos perdone et El reino appartiennent à deux genres différents mais ils montrent les préoccupation de son réalisateur Sorogoyen. Un duo d'inspecteurs, en apparence assez traditionnel, avec un flic méticuleux, Luis, et un autre impulsif et violent, Javier, arrivent à lier plusieurs affaires de viol de femmes âgées. En période de troubles - pendant les émeutes à Madrid, l'été 2011 - la brigrade est particulièrement en difficulté, notamment à cause de la méfiance des gens envers les policiers corrompus et de la méticulosité de l'assassin. Au sein même de la brigade, les policiers sont loin d'être unis, créant des tensions propres à faire échouer leurs recherches.

Quant à El reino, on suit pas à pas un politicien Manuel Lopez-Vidal dont on ignore tout, notamment son parti et ses réelles fonctions. Assez vite, un des membres du parti est arrêté pour corruption mais c'est lui qui va être poussé vers la sortie. Supportant mal cette mise à l'écart, il décide de dévoiler une affaire qui implique la participation de personnages haut placés de tout milieux, presse, politique, entreprises... Mais chacune de ses tentatives échoue.

Si Que dios nos perdone ne présente pas de qualités visuelles particulières, ayant plutôt l'apparence d'un épisode policier de qualité comme on en trouve des douzaines à la télévision, en revanche, El reino utilise de nombreux plans séquences : on suit, au-dessus de l'épaule du personnage principal, l'engrenage politique, créant ainsi une tension incroyable et donnant un aspect documentaire. On éprouve une complète empathie pour cet homme corrompu que nous suivons à travers sa chute.

Cependant, là où le réalisateur réussit à hisser ses films vers une réflexion plus complexe, c'est dans la mise en scène de l'ambiguité des mécanismes humains : dans Que dios nos perdone, le policier qui paraît rigoureux et intègre, Luis, révèle une autre face de sa personnalité qui se manifeste progressivement à travers sa propre relation aux femmes et au meurtrier, illustrant parfaitement la citation souvent évoquée de Nietzsche : "Celui qui combat des monstres doit prendre garde à ne pas devenir monstre lui-même. Et si tu regardes longtemps un abîme, l’abîme regarde aussi en toi." La même problématique apparaît dans El reino : le héros a -t-il raison de se venger ? Veut-il dénoncer la corruption dans de louables intentions comme il l'affirme face à une journaliste ? Finalement qu'importe le genre, Sorogoyen universalise son propos en refusant tout manichéisme.

Que dios nos perdone, Rodgrigo Sorogoyen, 2h05, avec Antonio de la Torre, Roberto Alamo, Javier Pereira

El reino, Rodgrigo Sorogoyen, 2019, (2h 11min) avec Antonio de la Torre, Monica Lopez, Josep Maria Pou

Sur le web : Sotinel Thomas, ""Que dios nos perdone" :  serial killer de série", Le monde, mis en ligne le 09 août 2017. URL : https://www.lemonde.fr/cinema/article/2017/08/09/que-dios-nos-perdone-serial-killer-de-serie_5170288_3476.html

Le masque et la plume. 2019. "El reino de Rodrigo Sorogoyen". Animée par Jérôme Garcin. Diffusée le 21 avril 2019.

No ciné, El reino, immersion totale

Posté par maggie 76 à 00:08 - - Commentaires [6] - Permalien [#]

12 juin 2019

Gunnm, volume 1 : Un ange de rouille (édition orginale) de Yukito Kishiro : ISSN 2607-0006

gunnm

GUNNM ©Glénat 2019 Kishiro

 Vous n'avez jamais lu de manga ? Vous pouvez faire l'amusant et superficiel test proposé par Le monde pour trouver celui qui vous convient ou simplement choisir un manga culte comme Gunnm, paru de 1990 à 1995, adapté en 2019, sous le titre d'Alita : Battle Angel par Robert Rodriguez.

Le tome 1 de Gunnm (l'édition originale), manga de science-fiction, un seinen, nous fait pénétrer dans l'univers du cybernéticien Ido : il vit sur terre, devenue la décharge de Zalem, une ville flottante ( illustration 1). En recherchant des pièces détachées pour réparer des cyborgs, des androïdes et des robots, il découvre un cyborg féminin amnésique dont le buste est en parfait état. Il décide de la réparer et de la prénommer Gally. Assez vite cette dernière découvre qu'Ido est aussi chasseur de prime, tuant les criminels, remplaçant ainsi une police qui a déserté les lieux. Gally décide elle  aussi de devenir une " hunter-warrior" lorsqu'elle sauve la vie d'Ido en utilisant naturellement le panzerkunst, une technique d'art martial très aboutie venue de Mars. Après avoir eu le corps détruit dans un combat contre un redoutable cyborg Makaku, Ido répare le corps de Gally en lui donnant celui d'un Berserker - en référence à la mythologie nordique.

Ainsi résumé, Gunnm 1 ne semble qu'une succession de combats et pourtant, ce manga arrive à créer intelligemment un univers cyberpunk avec une vision pessimiste du futur de la terre qui interroge les utilisations des intelligences artificielles. Kuzutetsu, la ville décharge, fourmille de détails et de lieux qu'on découvre avec curiosité, grâce à des dessins aux traits fins et aux arrières-plans souvent grisés ou blancs, permettant une meilleure compréhension des images. Le mangaka déploie tout un univers construit de manière cohérente mais qui mêle plusieurs mythologies et références culturelles.

La violence omniprésente - corps désarticulés, cyborg mangeur de cercelles, hectolitres de sang - dans ce manga n'est pas gratuite (planches 2 et 3). Elle est toujours motivée de manière psychologique : si Ido travaille comme chasseur de prime par " goût du sang", d'autres comme Gally, veulent défendre les innocents. La brutalité des personnages est celle aussi du monde dans lequel chacun tente de survivre.

Si l'on continue à lire cette histoire malgré la déchaînement de violence, c'est ausi pour ses personnages attachants avec Ido, qui ne manque pas d'humour, qui se conduit comme un père attentif et (très) compréhensif pour sa fille cybernétisée, qui ressemble d'abord à une adolescente révoltée mais qui évolue bien vite vers une jeune femme aux choix éthiques personnels. Dans sa quête d'identité, Gally se montre beaucoup plus humaine que bien des humains. Après avoir lu ce premier tome, on est évidemment tenté de découvrir la suite des aventures de cette héroïne iconique courageuse et audacieuse.

 Kishiro Yukito, Gunnm, volume 1 : Un ange de rouille, ( 9 volumes, série terminée) Glénat, Italie, mars 2019, 224 p.

gunnm-1

Illustration 1 : GUNNM © Glénat 2019 Kishiro

gunnm scan 1

Pl 2 et 3 : GUNNM © Glénat 2019 Kishiro

Sur le web : Paquot Valentin, "Le petit lexique indispensable du manga", Le figaro, mis en ligne le 1 janvier 2017. URL : http://www.lefigaro.fr/bd/2017/01/01/03014-20170101ARTFIG00008-le-petit-lexique-indispensable-du-manga.php

Croquet Pauline, "Du Japon à Hollywood : "Gunnm" le manga cyberpunk culte", Le monde, mis en ligne. URL : https://www.lemonde.fr/pixels/visuel/2016/10/19/du-japon-a-hollywood-gunnm-le-manga-cyberpunk-culte_5016474_4408996.html

Posté par maggie 76 à 23:59 - - Commentaires [12] - Permalien [#]