07 septembre 2016

Shakespeare par Stampaprint

Après Hemingway, voici Shakespeare en infographie, créée par Stampaprint (leur site ici) :thèmes, adaptations, langue, oeuvres. Tout ce que vous voulez savoir sur l'auteur de Hamlet, en une page, joliment illustrée !

Shakespeare

Posté par maggie 76 à 23:40 - Commentaires [4] - Permalien [#]


04 septembre 2016

Le lagon noir, Indridason

51s+w84X1CL

Si vous êtes "indridasonifié", vous aimerez ce nouvel opus des enquêtes de l'inspecteur Erlendur : de facto, point de surprise. Dans Le lagon noir, deux enquêtes parallèles sont menées. L'une concerne la disparition, vieille d'une quarantaine d'années, d'une jeune fille, l'une des obsessions de l'inspecteur, qui a lui-même connu la disparition d'un être cher. L'autre enquête nous amène à découvrir un meutre lié à une base américaine, installée en Islande.

La lenteur de l'enquête, peu de violence, peu de rebondissements caractérisent ce roman policier. Habituellement, se déploie un arrière-fond historique plutôt riche comme dans L'homme du lac, ce qui n'est pas le cas ici : la présence de la base américaine est traitée de manière superficielle même si l'auteur s'étend davantage sur les relations entre les deux cultures. En effet, de nombreux dialogues s'attardent sur les liens de la victime avec une américaine, sa soeur malade d'un cancer, et l'ami de celle-ci, un journaliste... et les mauvaises relations de la police islandaise avec la base américaine.

En outre, on regrette de ne pas en savoir davantage sur Marion Briem et Erlendur, en tant que jeune enquêteur. Marion est parfois évoquée dans d'autres enquêtes mais l'auteur ne s'étend pas sur leur vie personnelle, contrairement aux romans précédents. L'écoute est assez brève et le roman est agréablement lu par Jean-Marc Delhausse ( comédien vivant à Bruxelles) mais l'enquête est moins prenante que  La cité des Jarres ou Hypodermie...

Le lagon noir, Indridason, Audiolib, 10 h04. Vous pouvez écouter un extrait ici

Merci Audiolib pour ce partenariat.

sur ce blog, billet d'hiver articque et L'homme du lac,

Posté par maggie 76 à 11:53 - - Commentaires [16] - Permalien [#]

26 août 2016

Marcel Conche, Epicure en Corrèze

41dgy8f9FRL

J'ai toujours écouté d'une oreille distraite mes cours de philosophie. Je n'y voyais que des concepts ! "A quoi me servirais ces notions abstraites ? ", se demandait mon cerveau pragmatique. Si j'avais lu Marcel Conche avant, j'aurai su que la philosophie est aussi une manière de vivre. Tout en racontant ses souvenirs d'enfance qui sont aussi une chronique du monde paysan dont il est issu, Marcel Conche nous fait part de ses réflexions philosophiques sur l'amour, la mort, l'héroisme, la religion...

C'est dans l'esthétique montaignienne que le philosophe nous raconte son enfance : quel homme était son père ? que signifie "noisiller" ? Qu'a-t-il appris dans ses cours et quelles personnes importantes ont jalonné sa vie ? Mais comme les Essais, le livre n'est pas simplement une autobiographie mais "le choix absolu de la philosophie" ( p. 100), l'amène à livrer des jugements sur le temps, l'engagement... lorsqu'il évoque le fait qu'il gardait des vaches près de la Dordogne, c'est pour mieux évoquer la conception du temps d'Héraclite. "Les scènes de paysannerie", comme tuer le cochon, l'amène à évoquer une autre philosophe Hannah Arendt.

"J'ai écrit mon livre, Montaigne ou la conscience heureuse, qui, dit-on aurjoud'hui et j'en suis heureux a rendu Montaigne à la philosophie." ( p. 121). Si Montaigne est souvent évoqué, Epicure ne l'est pas moins ainsi que d'autres philosophes contemporains ou antiques. La philosophie, monde des idées, l'a peut-être éloigné de l'amour et de l'engagement mais elle lui permet d'affronter sereinement l'approche de la mort, de vivre "naturellement", en tenant compte de ses désirs nécessaires et non vains. On apprend beaucoup de choses en ouvrant ce livre, aussi bien sur le monde paysan du début du XXeme siècle que sur les idées dd'un philosophe, qui écrit dans une prose sobre, nous rendant plus lumineuse, plus familière, une matière complexe et notamment la philosophie épicurienne. Vous pouvez vous en donner une idée en l'écoutant sur France culture (dans l'émission Les racines du ciel, "un philosophe en ses terres avec Marcel Conche, à écouter ici) et sur un ton plus ludique et léger, Ali Rebeihi dédie une émission à l'épicurisme dans son émission Ca va pas la tête ( "Comment appliquer Epicure du petit déjeuner au coucher ?" ici )

Marcel Conche, Epicure en Corrèze, Folio, 177 p.

Merci Folio pour ce partenariat.

Posté par maggie 76 à 20:45 - - Commentaires [10] - Permalien [#]

21 juillet 2016

Au mois de juillet 2016...

costa-dorada9Petite pause... Profitez bien de l'été vous aussi... Et bonnes lectures estivales...

Posté par maggie 76 à 10:25 - - Commentaires [12] - Permalien [#]

05 juillet 2016

Résultat du concours sac folio soledad

13388488_1728055294149448_1815887276_nActuellement, vous pouvez gagner un tote bag folio pour l'achat de deux folios. Je vous propose d'en gagner un. Qu'allez-vous emporter comme livres cet été ? Il suffit de me l'indiquer dans un commentaire et je ferai un tirage au sort mardi prochain ( 5.07.2016).

 Merci à toutes les participantes d'avoir laissé des commentaires sur vos lectures de l'été. Nous sommes le 4 juillet, j'annonce donc le nom de la gagnante : c'est Violette qui a remporté le sac. Peux-tu me laisser stp tes coordonnées dans contact sur la colonne de droite ?

Posté par maggie 76 à 13:23 - - Commentaires [18] - Permalien [#]


02 juillet 2016

Ernest Hemingway par Stampaprint

Voici une infographie HD réalisé par des graphistes et designers  de stampaprint.fr. (Leur site ici). Ce joli visuel commémore l'oeuvre et la vie d'Ernest Hemingway, disparu le 2 juillet 1961. Vous pouvez découvrir des citations, ses oeuvres, sa biographie...

hemingway

 

Posté par maggie 76 à 10:52 - Commentaires [7] - Permalien [#]

25 juin 2016

Sonja Delzongle, Dust

product_9782070465088_195x320

Embarquez pour l'Afrique avec Dust de Zonja Delzongle ! En effet, l'enquête se déroule au Kenya même si son héroïne, Hanah Baxter est une profileuse française habitant à New-York. De nombreux meutres ont été commis à Nairobi mais les corps n'ont pas été retrouvés et seules de sanglantes croix indiquent les lieux des crimes. Sont-ce les méfaits d'un tueur en série ? Des crimes rituels ? Arrivée dans la capitale du Kenya, Hanah découvre le massacre des Albinos, considéré comme des êtres maudits ou portant chance...

L'auteur a cherché à sortir des sentiers battus en proposant une héroïne atypique car elle est utilise la radiesthésie pour faire avancer l'enquête. La tension narrative est bien présente et les nombreuses découvertes ou actions laissent peu de repos au lecteur.

Contrairement au polar de Moussa Konaté ( La malédiction du Lamantin), elle fait une peinture sans pittoresque du Kenya, là où se déroule aussi La ferme africaine de Blixen, qui est évoquée dans le roman. Le dépaysement, l'exotisme font place à une réalité sordide comme le montre cette phrase, presque un zeugme : "Des petits kiosques où l'on pouvait déguster de la banane plantain en barquette, frit à l'huile de palme ou de moteur. D'autres vendaient des mangues, des papayes ou des noix de coco percées, dont on aspirait le jus à l'aide d'une paille, en même temps que le virus de l"hépatite" ( p. 57). Un polar efficace, très bien documenté, mais d'une grande noirceur...

Sonja Delzongle, Dust, folio policier,

Merci Folio pour ce partenariat.

Posté par maggie 76 à 12:25 - - Commentaires [12] - Permalien [#]

18 juin 2016

Hervé Jubert, Magies secrètes, Une enquête de Georges Hercule Bélisaire Beauregard

41KCQGZIReL

La quatrième de couverture assure que " la première des enquêtes de Georges Hercule bélisaire Beauregard [est] assurément un des joyaux du steampunk". C'est généralement la rencontre entre l'industrialisation du XIXeme siècle et la fantasy, la science-fiction ou le fantastique. Effectivement, l'action de Magies secrètes s'ancre dans le XIXeme siècle : L'empereur Obéron III et son préfet Hoffmann reconstruisent la ville tel Napoléon III et Haussmann. De nombreux éléments accentuent les ressemblances entre Sequana et le Second Empire avec des tableaux vivants, la mode des robes antiquisantes etc...( " composer un tableau vivant consistait à réunir plusieurs personnes, souvent des courtisanes girondes et dévêtues, à leur inculquer une pose et, ainsi, à former un tableau digne du Salon". p. 64) Et c'est là l'aspect le plus séduisant de ce livre que j'ai abandonné. 

En effet, L'intrigue est des plus décousue, lente et proliférante et les personnages ressemblent une babel mythologique : Beauregard est un magicien mage en quête d'un parasite qui rend fou les êtres auquel il s'attaque. Entre-temps, on nous raconte des souvenirs de sa jeunesse et sa rencontre avec une fille Jeanne qu'il prend sous son aile. Isis, Titiana, des salamandres et un porc-épic géants, des succubes apparaissent au fur et à mesure des pages. Déjà qu'il est difficile de s'adapter à tous ces personnages, mythes, lieux qui s'entremêlent lorsqu'on n'a pas l'habitude de ce genre littéraire, en plus, l'intrigue disparait derrière des petits chapitres sans lien véritables entre eux... J'ai abandonné ce roman, que j'espérais aimer, qui a tout de même eu le Grand prix de l'imaginaire dans la catégorie jeunesse et il a plu à Lilly, dont le billet est situé ici.

Hervé Jubert, Magie secrète, Folio SF, 308 p.

Merci Folio pour ce partenariat.

Posté par maggie 76 à 11:14 - - Commentaires [12] - Permalien [#]

12 juin 2016

Harper lee, Va et poste une sentinelle

9782367620398-001-G

 Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur était le seul roman publié par Harper Lee, récompensé par le prix Pulitzer en  1961 qui raconte l'enfance de Jean Louise Finch, la fameuse "Scout", en Alabama. Cette dernière admire son père, un avocat qui défend un noir accusé du viol d'une femme blanche.

Récemment un manuscrit du même auteur a surgi d'un coffre fort. Quelles sont les raisons de cette publication tardive ? On n'en saura rien puisque la romancière vit comme une recluse.

C'est un livre culte, à tel point que des statues représentent les deux héros du roman à Monroeville ( ci-dessous, comme l'Angleterre qui a son Peter Pan). Mais oh ! Scandale ! disent les lecteurs. On a désacralisé ces héros américains dans Va et poste une sentinelle : Atticus Finch n'est plus l'avocat des droits civiques mais un homme trônant dans des réunions du KKK. Jean Louise, de retour dans sa ville natale, découvre avec invraisemblance, que ses proches sont rascistes. La véritable déception est dans l'écriture qui est banale et les personnages médiocres, sans intérêt, même si l'historie est racontée par la voix agréable de Cachou Kirsh. On est face à une description assez ordinaire d'une ville du Sud à l'époque de la ségrégation... Pourquoi ce manuscrit n'est-il pas resté dans son coffre-fort ?

2048x1536-fit_monroeville-alabama-statue-represente-enfants-heros-roman-harper-lee-tirez-oiseua-moqueur

Harper Lee, Va et poste une sentinelle, 8h25, audiolib

Ecoutez un extrait ici, sur le site audiolib

Merci Audiolib pour ce partenariat

Posté par maggie 76 à 11:28 - - Commentaires [23] - Permalien [#]

08 juin 2016

La Bruyère, Les caractères, De l'homme

product_9782070782680_195x320

Dans Ridicule, P. Leconte mettait en scène le bel esprit des salons mondains du XVIIeme siècle. De même, La Bruyère ne cesse de définir l'honnête homme, cet idéal du classicisme, dans une langue spirituelle. Dans le chapitre " De l'homme", le portrait de Brancas a été pastiché par Mme de Sévigné. Il incarne le distrait, Gnathon est le fâcheux et Antogoras le plaideur : cette galerie de portraits n'est pas sans rapeler les comédies moliéresques... Le moraliste se place donc parmi les autres auteurs classiques...

Après Montaigne ( qui disait déjà que l'homme est "un sujet vain, divers et ondoyant"), La Bruyère questionne la condition humaine, en rejetant le stoïcisme mais en soulignant sa labilité et sa vanité " Ne nous emportons point contre les hommes en voyant leur dureté, leur ingratitude, leur injustice, leur fierté, leur amour d'eux-mêmes, et l'oubli des autres ; ils sont ainsi faits, c'est leur nature c'est ne pouvoir supporter que la pierre tombe, ou que le feu s'élève"( 1). Le choix fait par folio de n'éditer qu'un chapitre n'est pas aberrant : Les caractères sont une suite de maximes, d'aphorismes, de portraits, qui sont autotéliques et tissés dans un réseau, réseau si cher à ces nobles de la Cour. La fragmentation de voix renvoie aussi à l'art conversationnel du Grand siècle.

Il y a des livres qu'on pourrait lire cent fois et qui semble encore nous résister. Il y a des livres qu'on aurait envie d'apprendre par coeur tant le style éblouit ! En effet, La Bruyère est un moraliste en décrivant les moeurs de son temps, mais sa réflexion critique s'accompagne de la séduction de son écriture. En voici un exemple vertigineux :

" Ménalque descend son escalier, ouvre sa porte pour sortir, il la referme ; il s'aperçoit qu'il est en bonnet de nuit ; et venant à mieux s'examiner, il se trouve rasé à moitié, il voit que son épée est mise du côté droit, que ses bas sont rabattus sur ses talons, et que sa chemise est par-dessus ses chausses. s'il marche dans les places il se sent tout d'un coup rudement frapper à l'estomac, ou au visage ; il ne soupçonne point ce que ce peut-être jusqu'à ouvrant les yeux  et se réveillant, il se trouve ou devant un limon de charrette ou derrnière un long ais de menuiserie que porte un ouvrier sur ses épaules. On l'a vu une fois heurter du front contre celui d'un aveugle, s'embarrasser dans ses jambes, et tomber avec lui chacun de son côté à la renverse : il lui est arrivé plusieurs fois de se trouver tête pour tête à la rencontre d'un prince sur son passage se reconnaître à peine, et n'avoir que le loisir de se coller à un mur pour lui faire place. Il cherche, il brouille, il crie, il s'échauffe,  il appelle ses valets l'un après l'autre, on lui perd tout, on lui égare tout ; il demande ses gants qu'il a dans ses mains ; semblable à cette femme qui prenait le temps de demander son masque, lorsqu'elle l'avait sur son visage."...

La Bruyère, Les caractères, "De l'homme", folio sagesse, 84 p.

Merci Folio pour ce partenariat.

Posté par maggie 76 à 20:00 - - Commentaires [16] - Permalien [#]