26 juin 2011

Rebus et le loup garou de Londres de Ian Rankin : ISSN 2607-0006

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 Voici notre célèbre enquêteur écossais appelé à travailler à... Londres : un tueur en série sévit, assassinant sauvagement des femmes en laissant une morsure sur leur ventre. Cependant le modus operandi ne présente aucun point commun : différents lieux, différentes professions, les victimes ne semblent pas avoir de lien. Mais les difficultés ne font que commencer pour Rebus car ses collègues ne semblent pas apprécier un étranger ( = écossais) dans l'équipe et la communication n'est pas l'apanage de Rebus. Outre ses déboires professionnels, à Londres, vivent aussi son ex-femme et sa fille qui a pour ami un jeune homme qui déplaît à Rebus...

 Si vous avez aimé L'étrangleur d'Edimbourg, vous serez assez surpris par ce troisième opus. Rebus est un personnage très différent et a beaucoup évolué en un quidam assez insignifiant. Il tombe amoureux au premier regard, il est bien évidemment en froid avec son ex-femme, et correspond plus à un cliché qu'à un personnage avec sa propre psychologie. Voilà le hic : cette enquête est très proche des séries télévisées, ce dont l'auteur est conscient et y fait quelques allusions. "Rebus lui-même se faisait l'effet d'un spectateur et pensait à tous ces films et séries policières qu'il avait pu regarder, où la police débarque en masse dès la première minute (détruisant au passage les indices matériels) et résout l'affaire à la cinquante-neuvième ou quatre-vingt-neuvième minute. ridicule à vrai dire. Le travail d'enquêteur n'était que ça : du travail. Acharné, répétitif, besogneux, frustrant, et surtout de longue haleine".

Heureusement, l'humour pince-sans-rire de Rebus et un regard moqueur sur la psychologie, l'atmosphère londonienne - où traine un ou deux excentriques dont un dentiste exalté et une scène spectaculaire dans la National Gallery - et une intrigue infaillible - impossible de deviner qui est le tueur avant les dix dernières pages - permettent de compenser un style qui regorge de comparaisons incongrues et de clichés même si c'est pour mieux s'en moquer...

 Rankin, Rebus et le loup Garou de Londres, Livre de poche, p. 349.

Lecture dans le cadre du mois kiltissime organisée par Lou et Cryssilda.

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Le faiseur d'histoire de Stephen Fry : ISSN 2607-0006

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Si vous avez lu des billets élogieux sur un livre de SF de Stephen Fry, comme celui de Cryssilda ou de Keisha vous saurez en lisant ce livre, chers lecteurs, qu'ils sont tout à fait mérités. De quoi parle Le faiseur d'histoire ? Justement de l'histoire avec un grand H. Notre héros Michael Young est un thésard en histoire à Cambridge : il étudie une des périodes les plus sombres, celle du nazisme. La rencontre inopée avec un professeur de physique qui a créé une machine permettant de regarder le passé et le vol non moins inopiné d'une pillule rendant stérile donne l'idée au jeune futur "docteur" de remonter le temps pour empêcher la naissance d'Hitler. Du déjà vu ?

Certes non ! L'originalité de ce roman vient du personnage principal et de la narration tout à fait surprenante. Tout d'abord le livre est lui-même écrit par un excentrique "de ceux dont la Grande Bretagne a le secret"*, mettant en scène un personnage... excentrique aussi ! Imaginez un thésard qui introduit des passages lyriques, pour essayer de capter l'attention du lecteur et révèle à son tuteur que c'est un peu comme un poème en prose ! Vous l'aurez compris, Michael Youg a beaucoup d'imagination et une propension naturelle à être maladroit... faisant s'envoler toutes les feuilles de sa thèse, bien évidemment non reliées, le jour où il doit les remettre à son tuteur qui le reçoit habillé en kimono (?). Bref, notre excentrique personnage décide de changer de monde. Mais peut-on défaire ce qui est fait ? Peut-on changer ce qui existe, empêcher la naissance d'un être malfaisant ? L’uchronie comme tout roman de science-fiction pousse à la réflexion en confrontant un autre monde possible au nôtre : l'auteur dénonce ainsi l'intolérance. Le faiseur d'histoire un livre sérieux ?

Non, car l'autre qualité de ce livre, c'est qu'il est raconté de manière originale. Fry est acteur, mais aussi écrivain, animateur radio... et il a aussi écrit des sketchs. Il écrit donc certains passages du roman comme un scénario, donnant une touche humoristique supplémentaire en jouant sur les clichés des films, s'ajoutant ainsi au comique créé par l'exaltation du héros. Si les événements et les personnages reposent sur des faits réels, de nombreuses situations sont complètement farfelues. Seule la fin sentimentalo-hollywoodienne est à déplorer... Et si vous croyez ne pas aimer la science-fiction, ce livre plein d'humour vous fera peut-être changer d'avis.

* postface; p. 630

 Fry, Le faiseur d'histoire, Folio, p. 645

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20 juin 2011

Dickens de Marie Aude Murail : ISSN 2607-0006

"Nulla dies sine linea" aurait pu être aussi le devise de Dickens, père du roman fresque ou du roman feuilleton : il écrit beaucoup et dans l'urgence... "De 9 heures à 14 heures, il est à son bureau, isolé des siens par une double porte. En moyenne, il écrit 2000 mots à chaque séance de travail, quatre mille quand il est en transe"* : mais Dickens ne peut se résumer à des chiffres. Non, l'accent est mis généralement par ses biographes sur ses œuvres, sur son humour, sur les personnages abondants et les intrigues à rebondissements. Murail, Gattegno** et Zweig (biographie sur le site Larousse) ont écrit des biographies de Dickens d'une manière assez libre, certainement pas d'une manière exhaustive, mais avec passion.

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Zweig, Trois maîtres, Livre de poche :

L'admiration pour Dickens perce dans chaque ligne, Zweig le présentant comme une star de l'époque qu'il était, provoquant des émeutes. Fait-il pour autant une apologie ? En fait, il s'interroge sur l'incroyable succès de Dickens : pourquoi a-t-il connu une telle popularité ? Le chapitre "Dickens", dans Trois maîtres, est moins une biographie qu'une poétique de ses romans. Sans interprétation psychologique, l'auteur replace le célèbre auteur victorien dans son contexte et analyse subjectivement et très justement le style dickensien, soulignant à la fois son humour et son admirable intuition pour avoir mis en scène et s'être adressé à ceux qui le lisent, c'est-à-dire les bourgeois. Zweig donne ainsi une vision de l'univers de Dickens par rapport à son siècle. L'écriture surchargée de Sweig ne gâche pas ses belles analyses. Laissons conclure l'auteur : "Et ainsi Dickens reviendra toujours de son oubli, lorsque les hommes auront besoin de gaîté et lorsque, fatigués des tragiques tiraillements de la passion, ils voudront entendre, même dans les choses les plus effacées, la musique mystérieuse de poésie".

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 Murail, Charles Dickens, Ouvrier à douze ans, célèbres à 24, Médium Club :

Comme un roman, avec des titres dignes des romans du XIXeme siècle tels que "Où un jeune gentleman se retrouve dans le cirage" ou "quand la gloire vous tombe dessus et que vous avez vingt-quatre ans",... Marie-Aude Murail beaucoup plus traditionnelle dans sa manière d'aborder l'auteur, fait une biographie chronologique. Avec une écriture fluide, très dynamique, la romancière analyse l'oeuvre et la vie, abordant tour à tour ses amours, ses personnages, développant les projets philanthropiques de Dickens, les lectures publiques pour aider un institut d'ouvriers. Mais ce qu'on retiendra de Dickens, ce sont ses personnages inoubliables tels que le vieux Scrooge, la petite Dorrit etc... et son talent inimitable de conteur humoristique mais côtoyant aussi de magnifiques morceaux de bravoures au registre pathétique.

Ces deux belles biographies et études nous parlent différemment, mais toujours avec brio, d'un auteur dont la popularité est encore incontestable.

* p. 114, Charles Dickens, M-A Murail.

** Dickens, Jean Gattegno, Seuil.

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22 mai 2011

Angelica d' Arthur Phillips : ISSN 2607-0006

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On nous promet une histoire de fantôme mais Angelica est bien plus que ça : un narrateur commence un pensum, dans lequel il narre l'histoire de Constance, une femme malheureuse. Elle considère son mari comme un homme brutal qui a profité de sa situation d'orpheline pour la courtiser. Mais surtout Constance fait des cauchemars abominables depuis que sa fille de quatre ans, Angelica ne dort plus dans leur chambre sur l'ordre de son mari Joseph : " Etre réveillée par les cris de l'enfant se plaignant d'avoir mal au mains alors qu'elle faisait elle-même un rêve affreux dans lequel ses mains la faisaient souffrir ? Une pensée qui lui fut douce et épouvantable : elles partageaient leurs cauchemars." Mais les angoisses de Constance se transforment en véritable terreur lorsqu'elle s'aperçoit que sa fille est hantée par un démon : " Cela descendait sur la fillette endormie, tel un ange de la mort ou un dieu antique de l'amour, bien décidé à soumettre le corps minuscule à son désir. Mais Constance l'avait interrompu". Un fantôme ! La jeune femme décide donc de faire appel à une exorciste Anne Montague.

Ce roman n'est pas un simple récit de fantôme : il contient mille thèmes qui hantent la société victorienne. Il est aussi question de désir, de refoulement, de solitude, de la condition de la femme, de statut social...  Mais surtout la construction de ce roman force l'admiration du lecteur, exacerbe son imagination et multiplie ses conjectures : quatre récits se succèdent où les mêmes faits sont vus à travers les yeux des différents protagonistes. Ainsi est suscitée une atmosphère oppressante grâce à une narration tortueuse, amenant des éléments de l'intrigue de façon éparse qui vous mènera dans les méandres de l'inconscient de ces quatre personnages. Lecteurs, plus vous avancez dans le récit, plus la vérité semble se dissoudre dans l'apparition de nouveaux secrets, de nouvelles histoires parfois abandonnées... Qui a raison ? Quelle est la clé de l'énigme ? Surnaturel ou réel ? Dans cette intrigue diaboliquement bien conçue, la dernière phrase est comme une apothéose renforçant le mystère et l'étrangeté de roman...

 Phillips, Angelica, Pocket, 470 p.

Vu sur le site de Lou.

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18 mai 2011

Miss Charity de Murail : ISSN 2607-0006

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 Avec humour, Charity, une petite-fille de l'ère victorienne nous raconte son enfance bercée par les contes cruels de sa nourrice écossaise et par les histoires qu'elle se raconte sur toutes sortes d'animaux. On découvre les préceptes qui régissent la vie de cette petite fille, qui choisit l'imagination comme rempart à toutes les interdictions : "une jeune fille convenable ne devait pas passer dans un musée. C'était un lieu de rencontres douteux", les femmes sont plus vêtues pour aller se baigner que dans un simple bal, les enfants ne doivent pas parler en présence des adultes. Les dialogues alternent avec des récits, dans un style simple mais humoristique, plein de références shakespeariennes et wildiennes. La biographie de Beatrix Potter se fait romance en de nombreux points, l'auteur se laissant influencer par la littérature de l'époque avec une gouvernante séquestrée, sauvée miraculeusement par son prince charmant (en fait, un précepteur allemand !) et une domestique devenant folle, après avoir incendié la maison, dans la plus pure tradition des romans gothiques.

"Nous sommes tous dans la boue mais certains d'entre nous regardent les étoiles".(Wilde)

Cette biographie romancée est accompagnée par des illustrations dont certaines font penser à celle de B. Potter mais elles paraissent bien maladroites et inutiles parfois... Les gens et animaux sont bien mieux croqués dans les incisives remarques de B. Potter : "J'avais peut-être espéré rencontrer Monsieur Barney dans une serre au milieu des bananiers en fleur. Monsieur Barney nous attendait dans son bureau, un bureau assez sombre et humide, propice à la culture de la moisissure. Lui-même long et sec, semblait avoir séché sous presse entre deux buvards" (p. 140). Construites en opposition par rapport à Charity, sa mère et la mère Bertram sont des produits typiquement victoriens, de même que les deux cousines de Charity, qui suivent le destin tout tracé des femmes de cette époque : "Je me doutais bien dès que j'avais le dos tourné, elle faisait rire à mes dépends. Mais qu'importe, elle me divertissais toujours un peu et je n'avais pas à prendre la peine de lui répondre. Elle parlait toute seule comme Cook. coin, coin, coin.". Hypocrites et orgueilleuses, elles ont un coffre fort à la place du coeur...

Les malheurs morbido-romanesco-rocambolesques de tous ces animaux prennent une place démesurée et sont parfois répétitifs. De même, on pourra trouver un peu artificiel les dialogues de la fin, qui ressemblent davantage à une compilation forcée des oeuvres de Wilde qu'à une vraie conversation sensée, alors que les vers et pièces shakespeariens sont adroitement mêlés au dialogue. Ce sont les seules ombres de cette peinture amusante, fraîche et enlevée de la société victorienne, qui nous donne envie de découvrir une autre biographie écrite par M-A Murail, celle de Dickens.

Murail, Miss charity, illustré par Philippe Dumas, L'école des Loisirs, 563 p.

Lu aussi par Alice, Ys, allie, George, Theoma, Karine et beaucoup d'autres...

Vous pouvez retrouver d'autres informations sur le site" l'univers de B. Potter". Il existe également le film Beatrix Potter par Noonan

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16 mai 2011

Ni ni ou le danger des castilles, Carmouche, De Courcy et Dupeuty : ISSN 2607-0006

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" SCENE IV.

PARASOL.

Tiens, tu m'y fais penser... Conte-moi, cher amant,
Qui j'ai celui d'aimer?

N.I. NI, après avoir remonté la scène à grands pas.

Un vagabond... transfuge,

Que réclame, à grands cris, la maison de refuge.

Ecoute-moi, je viens pour partir... Il le faut...

( Fausse sortie.) Sept fois l'on m'a déjà condamné par défaut.

PARASOL.

Que me fait que de toi le sort se raille et rie,
Mon amour, N.i. Ni, rit de sa raillerie.

 

 

N.I. NI.

Je pars, dussé-je aller jusques au grand Mogol,
Sous les feux du soleil!...  ( Fausse sortie. )


Parasol , le retenant vivement.

Eh quoi! sans Parasol?

Je te suis."

Vous aurez reconnu sous les sobriquets de Parasol et de Ni ni, les deux héros du drame romantique de V. Hugo, même si dans la scène 2, c'est Hernani (et non Dona Sol) qui s'écrie : " qui raille après l'affront s'expose à faire rire" ! Comment ? Vous ne trouvez pas amusant ces calembours ? Il est vrai que les jeux mots sont faciles. D'ailleurs, le registre est bas et les jeux de mots paraissent triviaux. En outre, les personnages ne sont plus des fils de rois mais des vitriers, ou des boulangers...

Les trois auteurs s'en donnent à coeur joie pour se moquer de la pièce romantique de V. Hugo* (exposition virtuelle sur le site de la BNF) : ils en soulignent les invraisemblables, ici, le fait que la noble Dona Sol tombe amoureuse d'un proscrit, les incohérences parce dans la scène 2 de l'acte I, Hernani dans trois longues tirades se présente à Dona Sol comme si celle-ci l'aimait sans savoir qui il est. Ils se moquent aussi de l'alliance du lyrisme et du grotesque et des nombreux changements de décors. Mais derrière cette parodie se cachent des enjeux plus sérieux : le vieux Don Gomez ne s'appelle pas Dégommé pour rien : représentant des classiques, il est vraiment dégommé, c'est-à-dire obsolète, supplanté ! Sous les répliques se cachent aussi de véritables trouvailles comme l'entrée en scène du peuple dans le genre théâtral ou une réflexion sur le genre lui-même : Ni ni ou le danger des Castilles est aussi une subversion de la tragédie et une référence à l'actualité, à la célèbre "bataille d'Hernani". Une pièce très drôle à savourer où le roi d'Espagne don Carlos s'appelle Don Pathos !!! 

N,i, ni. ou le danger des Castilles, amphouri-romantique en cinq actes et en vers sublimes mêlés de prose ridicule, Carmouche, De Courcy, Dupeuty.

 Hugo, Hernani, GF.

 * Il existe aussi 3 autres parodies, dont Harnali ou la contrainte par le cor de Lauzanne, in Spécial Victor Hugo, Paris, L'avant-scène théâtre, 1985, 106 p.

 

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06 mai 2011

Elizabeth, L'âge d'or de Shekhar Kapur : ISSN 2607-0006

Elizabeth (1998) Trailer

L'Espagne catholique de Philippe II, en 1585, domine le monde. L'Angleterre est dirigée par une reine protestante. Menacée par les papistes et par Marie Stuart, reine d'Ecosse, Elizabeth I (biographie sur le site Larousse) doit déjouer les complots. Dans ce contexte explosif, arrive un aventurier Raleigh, qui ne laisse pas la reine indifférente, qui a fondé la Virginie dans le Nouveau Monde en hommage à celle qu'on surnomme la reine vierge : celle-ci, n'ayant pas d'héritier, doit subir un défilé de prétendants... Comment va-t-elle réagir face à tous ces dangers ? 

Intrigue de coeur et intrigue de cour : filmé en plongée, on suit aussi bien la vie intime de la reine que ses interventions publiques. Le réalisateur a saisi les nuances du caratère de la reine, en la montrant aussi bien autoritaire, jalouse et colérique envers ses amants et ses pupilles que tolérante et courageuse. Le ton badin des intrigues amoureuses de la reine, comme le défilé de prétendants avec le  ridicule Eric de Suède, laisse place à une tonalité plus sombre avec des scènes de tortures, la politique et les complots. Et pour montrer le règne d'une des reines les plus marquantes de l'histoire britannique et l'apogée de la création anglaise, le réalisateur a fait des prises de vue spectaculaires grâce à des plans en plongée audacieux. Même si ce biopic souffre de certaines longueurs, l'évocation du règne d'Elizabeth I vue par S. Kapur se fait grandiose et épique.

En + :" Commander aux vents" : Les bonus présentés comme de véritables documentaires, nous instruisent sur les effets spéciaux : à partir d'un seul bateau reconstitué grandeur nature pour l'armada et la flotte anglaise, l'infographiste a réussi à faire des flottes de deux cents navires : une véritable réussite ! L'armada paraît authentique : le résultat est stupéfiant ! "Le royaume d'Elizabeth" : Pour donner cette impression de spiritualité et d'immensité, le réalisateur a tourné dans des lieux éclairés et a choisi les plus beaux monuments gothiques de l'Angleterre : Westminster, Ely, Cambrigde, Wells. La difficulté vient du fait qu'il a fallu travailler entre les offices, celle de 18h30 le soir et celle de 7 h du matin ! Quelle prouesse ! En outre, il a fallu cacher les aérations chauffages victoriens et autres accessoires modernes ! Pour anecdote, on nous raconte aussi que la cathédrale de Westminster - représentant Saint-Paul dans le film - était en reconstruction, ce qui a fait l'affaire de notre réalisateur : les véritables maçons ont servi de figurants !

Elizabeth, L'âge d'or, de Shekhar Kapur, 1h50, avec geoffrey Rush, Cate Blanchett, Clive Owen, 2007.

Challenge back to the past, organisé avec Lou, spécial tea cup.

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04 mai 2011

Le chaperon rouge de Catherine Hardwicke : ISSN 2607-0006

Le Chaperon Rouge

Le petit chaperon rouge est un conte universellement connu, prenant parfois des formes inattendues. Catherine Harwicke en fait un film fantastique et croise le conte avec le mythe du loup-garou. Dans un village reculé, une jeune fille est amoureuse de Peter un bûcheron mais elle est promise à Henry car il a plus d'argent. Forcément, cela complique l'histoire. Ajoutez à cela une mère adultère et un premier meurtre commis par un loup-garou qui sévit dans la forêt proche. Et voici notre jeune fille prise dans un dilemme et tout le village en émoi part à la chasse du méchant loup-garou.

Ce qui est remarquable dans ce film, c'est l'atmosphère du conte qui est admirablement créée  grâce à la lumière et aux couleurs, la plastique des images - quelques peu carte postale il le faut reconnaître - n'est pas sans rappeler celles des publicités pour haute courture, ayant déjà exploité ce mythe. La féérie est vraiment bien rendue, avec des visions tout à fait réussies de grandes étendues de neiges ou de forêts majestueusement sombres.  En outre, les références à l'histoire du chaperon y sont faites sous forme de clins d'oeil : une grand mère dévorée par un loup, le loup attrapé et jeté au fond de l'eau, la peur de l'étranger etc... Bref, un film qui ne se prend pas au sérieux ?

Cependant, là où le film pèche, c'est dans la trame très convenue. Il y a des scènes attendues, on cherche bien évidemment à séduire un grand public, avec les scènes d'amour platoniques obligés, et des scènes de combats évidemment spectaculaires. Les explications sont bien données et on insiste vraiment. Pas de mystères laissés au hasard, le cinéma américain aime bien être redondant au cas où on n'aurait pas bien compris ce qui se passe... On regrette aussi que tous les acteurs aient la taille manequin et des vêtements qui ne se tachent jamais ; le sang et la boue très peu pour eux, et qu'ils soient aussi expressifs que leurs chaussures en peaux de bête. Les morts pleuvent ainsi que des bras arrachés mais personne n'a une ride qui bouge (trop de silicone ?) : moment frappant, c'est lorsque le loup garou révèle son identité, il le fait tout aussi naturellement que s'il parlait du mauvais temps ou de manger des galettes chez sa grand-mère. Quant au chaperon rouge, elle ne réagit pas à cette découverte qu'on a attendu pendant tout le film : jouer l'étonnement, la colère ou l'horreur doit être trop difficile. Une grosse production hollywoodienne qui se laisse regarder...

 Séverine en parle aussi ici.

Le chaperon rouge de Catherine Hardwicke, 2011, Luckas Haas, amanda Seyfried, Max Iron, Gary oldman

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02 mai 2011

challenge Shakespeare : le récapitulatif : ISSN 2607-0006

 

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Wiliam Shakespeare

Voici le bilan du challenge Shakespeare que nous avons ouvert, Claudia et moi, il y a six mois, au mois de Novembre. Nous sommes 24 participants (les inscriptions sont toujours ouvertes) et pour l'instant 14 amoureux de Shakespeare ont participé.  Bien entendu, signalez-nous omissions et erreurs.

La participation s'ouvre sur cinq billets qui présentent des généralités sur Shakespeare :

-Dominique qui n'est pas inscrite au challenge a eu la gentillesse de nous permettre de citer son billet sur une biographie du dramaturge. Elle s'interroge aussi sur la traduction de la poésie dans les sonnets de Shakespeare :Biographie de Wiliam Shakespeare de Bil Bryson,  traduire la poésie, les sonnets

Flora, écossaise, professeur d'université, nous a envoyé un article sur le langage Shakespearien :  spot the quote (or crypto-quote): la richesse de la langue shakespearienne

 Wens laisse la parole à Woody Allen qui traite, à sa manière, pas très sérieuse vous vous en doutez, la question de l'identité du dramaturge : Shakespeare est-il Bacon, Marlowe ou... lui-même ?  Woody Allen : Shakespeare, Dieu et moi :Qui est Shakespeare?

Notre bilan (2) présente les participations de chacun au challenge Shakespeare en les regroupant, après les textes généraux sur le dramaturge, par pièces, adaptations au théâtre ou au cinéma, sonnets. Vous trouverez à l'heure actuelle des billets sur onze pièces différentes et un sonnet. A nous de continuer à enrichir ce bilan !

Maggie : Shakespeare in love.

Claudialucia : Le théâtre du Globe

Quand les écrivains parlent de Shakespeare

Claudialucia : Michel Quint : Les Joyeuses

Claudialucia : Gérard Donovan dans Julius Winsome

Wens : Extrait de Bill James :Skakespeare et le polar 

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Antoine et Cleopâtre

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Irrégulière  : Antoine et Cléopâtre

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Beaucoup de bruit pour rien

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Lewerentz : beaucoup de bruit pour rien (le film de Kenneth Branagh), Titine

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Hamlet

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claudialucia : Rimbaud : Ophélie , Hamlet : en guise d’introduction(1), Ophélie (2), Hamlet aime-t-il Ophélie?(3)

Wens : Hamlet de Zefirelli

Theoma :   Hamlet

Miriam : Hamlet de Laurence Olivier (1948)

Droopyvert : Hamlet

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La Mégère apprivoisée

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 Oh Océane: La mégère apprivoisée

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La Nuit des rois

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Maggie : La nuit des rois

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Le songe d'une nuit d'été

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droopyvert : Le songe d'une nuit d'été.

- Maggie : adaptation d'Hoffman.

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La Tempête

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Miriam : Lire-la-tempête-shakespeare-folio-trad-yves-bonnefoy/, Prélude pour la Tempête de Shakespeare Honnegger, prospero-ill-to-my-book/, Une Tempête de Aimé Césaire, La tempête : prosperos-books-greenaway-les-grimoires-du-magicien, La Tempête : john-gielgud-le-visage-de-prospero/

Claudialucia : La tempête : citations

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Le marchand de Venise

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Miriam  parle de Shylock au cours d'un voyage à Venise, Shakespeare : VO ou VF ? j’ai choisi l’édition Bilingue du Marchand de Venise, Le marchand de Venise est-elle un pièce antisémite?, Une livre de chair, En observant Venise de Mac Carthy, Le marchand-de-venise-film-de-Michael-Radford, Al Pacino : un shylock poignant

Claudialucia : Le marchand de Venise (1), Le marchand de Venise et l'antisémitisme (2), Le marchand de venise : Thèmes et citations (3)

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Macbeth

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Hathaway: Macbeth

Irrégulière : Macbeth 

Céline :Macbeth

Claudialucia  : Mise en scène de Macbeth :  Le film D'Orson Welles /  Mises en scène de Macbeth : Le Centaure/ Macbeth africain

Maggie :Macbeth

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Othello

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 Théoma  présente othello dans son blog Audouchoc :"Loin de moi la prétention de rédiger une analyse mais l'envie de donner envie de lire, de relire Shakespeare".  (lire la suite chez Theoma)

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Richard III

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Célinecommente Richard III.

Miriam : Richard III : une mise en scène contemporaine / Richard III : retour au texte / Richard III : looking-for-Richard Al Pacino

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Roméo et Juliette

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Ellcrys: Roméo et Juliette

L'Irrégulière Roméo et Juliette 

Flora dans Ma Librairie : Jouer Juliet and Romeo à 76 et 66 ans

Miriam : Romeo kiffe Juliette et Juliette kiffe Roméo / Roméo et Juliette au théâtre des Quartiers d’Ivry

Eiluned : Romeo et juliette

Océane : Roméo et Juliette

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Sonnets

Claudialucia : Un sonnet de Shakespeare : L'immortalité littéraire

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30 avril 2011

Miss Potter de Chris Noonan : ISSN 2607-0006

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Pourquoi la biopic Miss Potter commence sur un gros plan d'une main dessinant des aquarelles ? C'est parce qu'on va nous parler d'une artiste que vous connaissez certainement... Londres, 1902. Dans la société victorienne, Beatrix est une femme solitaire, vivant dans un monde imaginaire, qu'elle a cultivé dès l'enfance, constitué d'animaux, qu'elle considère comme ses amis et avec qui elle dialogue. Une femme célibataire qui court les maisons d'édition et qui ne songe pas à se marier suscite le mépris des éditeurs qui pensent que ses "livres à lapin" sont un art mineur. En outre, dès l'enfance elle est vouée au mariage comme toutes les femmes de son rang : " toutes les filles se marient", dit sa mère avec qui elle luttera pour s'imposer. Mais comme dans les contes de fée, le prince charmant apparaîtra bientôt sous les traits de Norman Warme ( Ewan Mc Gregor) pour changer le destin de Beatrix Potter.

Miss Potter présente une galerie de personnages bien croqués : les parents Potter sont l'incarnation d'une riche bourgeoisie, imbue d'elle-même. Helen Potter n'est d'ailleurs pas sans rappeler les mères hystérico-maniaques des romans de l'ère victorienne qui souhaitent à tout prix trouver le gendre idéal, c'est-à-dire richement doté. A l'opposé de ces représentants de la société bien pensante surgissent Millie Warme (Emily watson) une originale célibataire et Norman, magnifiquement joué dans ce rôle inattendu par Ewan Mc Gregor, à l'air imbécile, attentionné, mais finalement audacieux ! Les personnages sont caricaturaux mais non dénués d'humour comme la série de supides prétendants, dont un hennissant et chevalin à souhait.

"Ecrire les premiers mots d'une histoire est un moment délicieux" : cette biopic met aussi le travail de l'artiste en valeur, la montrant exigeante, et visitant même les imprimeries où elle supervise l'impression de ses livres. Surtout, le film rend hommage à l'imaginaire et l'imagination de Miss Potter :  les dessins s'animent, comme dans Neverland - biographie de Barry - l'imagination enfantine est très importante, on voit sous nos yeux, l'inanimé prendre vie ; la calèche des parents de Beatrix, se transforme en carosse de cendrillon tiré par six souris... Évidemment le charme de ce film est aussi de présenter de magnifiques paysages anglais, une large part étant donné à la nature car Miss Potter décide d'arracher des arpents de la campagne anglaise des mains de promoteurs peu scupuleux. Ca a l'air niais et sentimental, mais c'est frais et pétillant : Miss Potter est aussi une femme de caractère, une artiste avant-gardiste, qui a su défendre ses idées dans un monde masculin et bienséant.

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 Avez-vous déjà lu Miss Potter ? Vous connaissez au moins ses dessins anthropomorphiques de lapins, de chats, de souris portant "redingote et cravate blanche" qui sont délicieux. Inspiré d'une fable d'Esope, Petit-Jean des villes, est une réécriture d'une fable dont chaque page est illustrée : "Petit-Louis l'accueillit à bras ouverts.

- "Vous arrivez au meilleur moment de l'année ! Laissez-moi vous préparer une galette aux fines herbes : nous la mangerons au soleil.

- Hummm ! Ne fait-il pas un peu humide, dit petit Jean. Il portait sa queue sous le bras, pour qu'elle ne traine pas dans la boue". Loin du classicisme d'un La Fontaine, Beatrix Potter sait rendre son histoire charmante par des petits détails renvoyant à l'ère où elle vivait...

Miss Potter, de Chris Noonan, 2007, 92 min, avec Renée Wellweger, Ewan Mc Gregor, Emily Watson...

 Potter, Petit-Jean des villes, Gallimard, Bibliothèque de Pierre Lapin, 58 p.

Challenge back to the past, organisé avec Lou, spécial tea cup !

Posté par maggie 76 à 10:45 - - Commentaires [17] - Permalien [#]