18 novembre 2011

Meurtres entre soeurs, Willa Marsh

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"Ca l'[Emily] excite comme l'odeur du sang et elle se sent prête à fondre sur la proie" dit le narrateur d'Emily, une petite fille de dix ans. Sa demi-soeur Olivia n'est guère moins diabolique au grand désespoir de leurs parents, Mo et Pa. Toutes deux, jalouses de leur petite soeur Rosie chercheront à la tuer alors qu'elle n'est qu'un bébé. Entrez dans l'univers des soeurs Faringdon qui rivalisent de cruauté et de sournoiseries. La haine entre les soeurs aînées et la plus jeune ne fait que s’accroitre avec le passage du temps. " A dix ans, [Rosie] pourrait en remontrer à Iago en rouerie" : Rosie est la plus cupide, la plus mauvaise et une intrigante née, qui divise pour mieux régner, et il n'y a que sa propre fille, Alice, qui est plus démoniaque qu'elle. La noirceur d'une Lady Macbeth n'est jamais loin de ces personnages qui sont même comparés aux sorcières de Macbeth.

Le style de l'écrivain surprend, car comme dans les contes, on nous raconte une histoire sans développement psychologique ni descriptions. Sans vraiment rechercher le réalisme, ni les transitions, avec une écriture incisive et cynique, Willa Marsh montre davantage des personnages pris dans un engrenage infernal de machiavélisme et de cruautés presque gratuites, un mécanisme de la vengeance. On suit donc ces trois soeurs sans scrupules mais dont la noirceur est rehaussée d'humour.

L'ironie du narrateur perce dans l’appellation d'une voisine - curieuse et importune - par "Samaritaine", quant à la femme d'un ancien prétendant des soeurs, elle est appelée "nez pointu et yeux perçants". Etrangement, seule la mort semble heureuse et burlesque, apparaissant comme un lieu Elysien plein de gin pour Mo qui est portée sur la bouteille comme sa mère l'était aussi - et qui se renverse des flasques de gin dans le lit à 75 ans passés. L’atmosphère clochemerlesque, la mère déjantée et une tante Pamela excentrique viennent rajouter de l'humour noir, en sus de ces deux vieilles filles que sont devenues Emily et Olivia : qui a dit que les vieilles filles anglaise enterrées dans leur campagne étaient ennuyeuses ? Le livre de Willa Marsh est un condensé des héros monstrueux de Shakespeare et d'humour noir très british.

Willa Marsh, Meurtres entre soeurs, p. 209, autrement.

Merci Théoma pour ce livre voyageur, que j'ai lu d'une traite ! : son avis ici. Lu aussi par Ankya, Mango, Keisha, Alicia et bien d'autres...

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15 novembre 2011

Barry Lindon, Stanley Kubrick

"Barry Lyndon ou la chute des idoles"* :

Adapté d'un roman de Tackeray, Barry Lindon est comme un tableau de Hogarth, un mélange de frivolité apparente et de dénonciation moqueuse : débutant dans l'Irlande du XVIIIeme siècle, Redmond Barry tue en duel le prétendant de sa cousine dont il est amoureux, fuit le pays et s'engage dans l'armée où il devient tour à tour déserteur, traitre, tricheur et épouse la comtesse Lyndon par intérêt... Ainsi découvrons-nous un anti-héros : le roman d'apprentissage semble s'inverser et amener le héros vers une chute inéluctable.

Guerre, déchéance, souffrance, ce film dégage une impression de tristesse diffuse renforcée par des commentaires en voix-off d'un narrateur, de sorte qu'on est toujours tenu à distance des sentiments et des actions des personnages. La froideur de la mise en scène est redoublée par des images d'une étonnante somptuosité glaçante. Nous regardons donc de "loin" ces personnages évoluer. Mais quels acteurs ! Et quel final ! Cependant, c'est moins la peinture fastueuse et décadente de cette noblesse du XVIIIeme siècle que la musique envoutante qu'on retiendra de ce film, créant une atmosphère délétère et spleenétique - le personnage inoubliable de la comtesse Lyndon est emblématique de ce film, par sa détresse réprimée face aux exigences de l'étiquette, sa manière d'être ruinée par un arriviste, sa froideur apparente... Très riche sémantiquement*, Barry Lyndon est d'une grande beauté visuelle dont se dégage une indicible tristesse. Le plus bel extrait ici.

voici l'incroyable sarabande de Haendel qui nous accompagne pendant tout le film :


Sarabande en D minor ( Haendel ) - pour 3 guitares

 Il y aussi la mélancolique musique de Schubert :


Schubert - Trio pour violon, piano, violoncelle (Andante )

Barry Lyndon, Stanley kubrick, 1957, avec Ryan O'Neal, Marisa Berenson.

* cf. article très complet de Emile Baron.

vu par Mango;

Participation au challenge Back to the past , organisé avec Lou.

participation au mois anglais de Lou, chryssilda et Titine.

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12 novembre 2011

Halloween party II

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Dans cet opus d'Evil Dead II, on retrouve Ash l'anti-héros qui arrive dans une petite cabane, perdue dans les bois, avec une amie. Là il écoute une cassette où un professeur annonce la découverte du Nécronomicon, le livre des morts, perdu depuis le XIIIeme siècle. La voix du professeur réveille, par ses incantations, les esprits de la forêt qui viennent posséder le couple. Devil Head II est ouvertement et joyeusement une parodie de Massacre à la tronçonneuse et de L'exorciste, deux films cultes tournés en dérision. Malheureusement, ce film est beaucoup moins abouti que l'armée des ténèbres : moins original, moins inventif, c'est surtout au niveau des dialogues quasi inexistants que le film pèche le plus; car ils ne sont composés - mais c'est que Sam Raimi a bien compris l'essence des dialogues des films d'horreur - que de criiiiiis et encore de criiiiis. In fine, un opus quelque peu décevant même si certaines scènes resteront gravées dans votre mémoire : des portes qui grincent, une tête de cerf empaillée - une allusion à Psychose ?- et des lampes hantées se mettent à bouger comme si elles riaient d'une manière très... communicative. Evil dead II reste un bel hommage comique aux films d'épouvante.

Sam Raimi, Evil dead II, 85 min, 1987, avec Bruce Campbell.

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Fidèle au mythe de Dracula créé par Bram Stocker, R. Polanski s'en rappelle pour mieux en détourner les codes. Le génial et méconnu - et pour cause...- professeur Abronsius, surnommé le "cinglé" dans le milieu scientifique, poursuit des chiroptères géants, aidé de son fidèle mais benêt assistant Alfred. Les gags farcesques se succèdent à un rythme endiablé : chutes nombreuses, le comique repose essentiellement sur un comique de gestes, où il est aussi question de chauve-souris somnambules et où Dracula veut bien se faire dédicacer le livre d'Abronsius, intitulé Les chauve-souris et leurs mystères. Scène d'anthologie, le final spectaculaire : le bossu se sert d'un cercueil comme d'une luge... On nage vraiment en pleine parodie... et il faut voir ce film pour savourer l'ironie du sort finale.

Roman Polanski, le bal des vampires, 1968, avec Roman Polanski et Jack Gowran.1h50.

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L'ineptie des dialogue jointe à une intrigue inconsistante font de ce film un navet qui a de surcroit mal vieilli. L'horizon d'attente est limité à ce qu'annonce le titre et une jaquette kitschissime, c'est à dire une attaque de sangsues géantes. Les acteurs sont trop expressifs, jeu d'expressions faciales inspirés des films muets. L'un des personnages a raison de dire que " ces gens-là ne sont pas comme tout le monde" ! La plupart du temps ils sont avinés donnant lieu à des propos mysogines, des blagues vaseuses, des dialogues involontairement comiques : à l'un des habitués du bar qui dit avoir vu un monstre, donc une des sangsues géantes, un autre répond que c'est certainement un crocodile géant mal formé (?!). Quant aux effets spéciaux, ils se résument à des sangsues ressemblant à l'extraterrestre de la soupe aux choux ! Un film involontairement comique qu'il n'est pas indispensable de connaître, voire à éviter pour ne pas perdre son temps et pour ne pas s'ennuyer ferme... Un film improbable !

L'attaque des sangsues géantes, Bernard Kowalski avec Ken Clarck et Yvette Vickers.

participation au challenge Halloween de Lou et Hilde.

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09 novembre 2011

Les misérables, Josée Dayan

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Cosette et Marius étaient les héros de mon enfance : peut-être parce qu'on a le coeur tendre à cet âge-là. Parce que j'ai une affection et une admiration particulière pour Les misérables de Victor Hugo, je me suis lancée dans le visionnage de la mini-série de Josée Dayan, avec un énorme a priori, voire une certaine répugnance. Et effectivement, il y a des libertés prises par rapport à l'oeuvre de Hugo, des changements dus à la recherche de la vraisemblance et de l'intensité dramatique. Ce qui disparaît totalement, c'est la langue du XIXeme siècle, en plus de pans entiers de l'histoire...

Mais dans l'ensemble quel film ! quel rythme ! Ce qui m'a particulièrement plu, c'est l’affrontement des deux personnages principaux, Jean Valjean et Javert. L'un est un ancien forçat devenu une sorte d'ange après un pacte antifaustien où jean Valjean promet à l'évêque de digne de devenir un homme bon : "Jean Valjean, mon frère, vous n'appartenez plus au mal, mais au bien. C'est votre âme que je vous achète"*. Il arrive même à nous arracher des larmes lors de sa rencontre avec le petit ramoneur, mais n'est-ce pas plutôt le petit ramoneur qui nous tire les larmes des yeux ? L'autre, c'est le policier inflexible, incorruptible aux pensée binaires et manichéennes : un misérable reste un misérable. Voici son portrait, très bien incarné par un impassible et cynique J. Malkovitch : " Javert sérieux était un dogue ; lorsqu'il riait, c'était un tigre. Du reste peu de crâne, beaucoup de machoire, les cheveux cachant le front et tombant sur les sourcils, entre les deux yeux un froncement central permanent comme une étoile de colère, le regard obscur, la bouche pincée et redoutable, l'air de commandement féroce."* Quel affrontement ! Quel émotion aussi, on est vraiment touché par ces personnages : c'est poignant et émouvant...

Et puis il y a aussi le couple un peu falot et palot, Marius et cosette, le couple Thénardier aussi vil et abject que Jean Valjean est bon et grand. C. Clavier donne d'ailleurs un aspect cabotin et comique à ce personnage tout en rendant bien sa cupidité. Tous ces personnages évoluent dans un décor superbe, un peu trop, étant donné que les égouts sont aussi propres que des sous neufs- mais ne cherchons pas la petite bête car ce film rend un réel hommage au livre de Victor Hugo, en lui redonnant un nouveau souffle. Ce téléfilm dure peut-être six heures mais j'ai eu l'impression de n'être restée qu'une petite heure que j'aurai bien voulu prolonger... Une manière grandiose et spectaculaire de rendre vie à ces personnages.

* citations du roman.

Les misérables, Josée Dayan, 4 épisodes de 90 min, 2000, avec G. Depardieu, Christian Clavier, john Malkovitch.

Participation au challenge back to the past, organisé avec Lou.

Edit du 14/11  : challenge romantisme organisé avec Claudia.

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06 novembre 2011

Le crime d'Halloween, Agatha Christie

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Le titre, la quatrième de couverture et les premières pages de ce roman induisent les lecteurs en erreur : "Halloween", "Les sorcières s'envolent sur leur manche à balais"...  Mais Halloween n'est qu'un simple décor inaugural avant de tomber complètement aux oubliettes pour aborder un cadre plus idyllique, celui d'un jardin d'une grande beauté qu'on dit maudit. Le soir du 31 Octobre, où surgissent sorcières et appartitions, donc, un abominable meurtre d'une enfant de douze ans, prétendant avoir vu un crime, est commis en présence de l'écrivain Mrs Adriadne Oliver. Mais cette fillette Joyce, dont on a maintenu la tête dans une bassine, est une fieffée menteuse : qui la croit ? Certainement une des quinze personnes présentes à ce moment-là, sinon comment expliquer ce meurtre ? Voilà l'interrogation, le crime et l'énigme que soumet l'écrivain Mrs Olivers à Hercule Poirot, appelé à la rescousse.

Si l'intrigue est habile, Le crime Halloween ne fait pas partie des enquêtes originales comme celle du Crime de l'Orient Express ou des dix petits nègres. Le seul charme de cette histoire est le portrait d'Adriane, présentée comme une romancière à l'imagination incorrigiblement débordante - grande mangeuse de pommes - et quelques pistes fantaisistes. Un des jeunes présents à la fête propose une solution improbable mais amusante : " Et le vicaire ? demanda Desmond, plein d'espoir. Il est peut-être un peu siphonné. Tu vois ça d'ici, le péché originel et le reste, l'eau, les pommes et puis... [...] Il n'y a pas longtemps qu'il est dans le secteur. Personne ne sait rien de lui. Suppose que le Snapdragon lui soit monté à la tête. Le feu de l'enfer ! Toutes ces flammes qui montent ! Alors, il prend Joyce par la main et lui dis : " viens avec moi, je vais te montrer quelque chose", il l'emmène dans la pièce aux pommes et il lui ordonne : "agenouille-toi". Et il se met à bramer : " avec cette eau, je te baptise", et il lui plonge dans la tête dans la flotte. tu vois, tout colle. Adam et Eve, la pomme, le feu de l'enfer, le Snapdragon, et un nouveau baptême pour se laver du péché." Pauvre vicaire, il n'est mentionné qu'une fois !

Cette manière romanesque de percevoir le meurtre, cette propension à l'imagination se doublent de nombreuses références littéraires et antiques assez réjouissantes, avec le retour de proverbes - comme la comptine des petits nègres - qui mettront Hercule Poirot sur le chemin d'un criminel peu banal. Un livre vite lu, avec des étranges réflexions réactionnaires sur la société et les meurtriers, et pas un inoubliable d'Agatha Christie...

Le crime Halloween, Agatha Christie, livre de poche, p. 254. Lu aussi par Niki en BD par allie... et vu par à l'heureduthé...

challenge Agatha Christie de George.

Participation au challenge Halloween de Lou et Hilde.

Participation au mois anglais de Chryssilda, Lou et Titine.

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03 novembre 2011

Challenge Shakespeare : un an déjà !

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Voici un nouveau bilan du challenge Shakespeare organisé par Claudia et moi. Mais un an c'est bien court pour se pencher sur l'oeuvre du grand dramaturge alors nous prolongeons d'une année supplémentaire les lectures shakespeariennes. Bonne lecture !

La participation s'ouvre sur cinq billets qui présentent des généralités sur Shakespeare :

-Dominique qui n'est pas inscrite au challenge a eu la gentillesse de nous permettre de citer son billet sur une biographie du dramaturge :Biographie de Wiliam Shakespeare de Bil Bryson, 

Flora :  spot the quote (or crypto-quote): la richesse de la langue shakespearienne

 Wens :  Woody Allen : Shakespeare, Dieu et moi :Qui est Shakespeare?

Maggie : Shakespeare in love.

Audouchoc : Biographie de Bil Bryson.

Claudialucia :Le théâtre du Globe

Quand les écrivains parlent de Shakespeare

Claudialucia :Michel Quint : Les Joyeuses

Claudialucia : Gérard Donovan dans Julius Winsome

Wens : Extrait de Bill James :Skakespeare et le polar 

ANTOINE ET CLEOPATRE

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Irrégulière  : Antoine et Cléopâtre

BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN


Lewerentz : beaucoup de bruit pour rien (le film de Kenneth Branagh), Titine

HAMLET

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claudialucia : Rimbaud : Ophélie , Hamlet : en guise d’introduction(1), Ophélie (2), Hamlet aime-t-il Ophélie?(3)

Wens : Hamlet de Zefirelli

Theoma :   Hamlet

Miriam : Hamlet de Laurence Olivier (1948)

Droopyvert : Hamlet

Maggie : to be or not to be (Lubitch)

Wens : to be or not to be (Lubitch)

LA MEGERE APRIVOISEE

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 Oh Océane: La mégère apprivoisée

Wens : La mégère Apprivoisée (Zeffirelli)

Maggie : La mégère Apprivoisée

claudia: La mégère apprivoisée (la pièce/ zeffirelli)

LA NUIT DES ROIS

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Maggie : La nuit des rois

Wens : La nuit des rois

Claudia : La nuit des rois

LE SONGE D'UNE NUIT d'ETE

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droopyvert : Le songe d'une nuit d'été.

- Maggie : adaptation d'Hoffman.

LA TEMPETE

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Miriam : Lire-la-tempête-shakespeare-folio-trad-yves-bonnefoy/, Prélude pour la Tempête de Shakespeare Honnegger, prospero-ill-to-my-book/, Une Tempête de Aimé Césaire, La tempête : prosperos-books-greenaway-les-grimoires-du-magicien, La Tempête : john-gielgud-le-visage-de-prospero/

Claudialucia : La tempête : citations

LE MARCHAND DE VENISE

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Miriam : Le marchand-de-venise-film-de-Michael-Radford, Al Pacino : un shylock poignant

Claudialucia : Le marchand de Venise (1), Le marchand de Venise et l'antisémitisme (2), Le marchand de venise : Thèmes et citations (3)

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MACBETH


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Hathaway: Macbeth

Irrégulière : Macbeth 

Céline :Macbeth

Claudialucia  : Mise en scène de Macbeth :  Le film D'Orson Welles /  Mises en scène de Macbeth : Le Centaure/ Macbeth africain

Maggie :Macbeth

OTHELLO

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 Audouchoc : Othello.

Eiluned : Othello, Le maure de Venise

RICHARD III

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Célinecommente Richard III.

Miriam : Richard III : une mise en scène contemporaine / Richard III : retour au texte / Richard III : looking-for-Richard Al Pacino

LE ROI LEAR

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ROMEO ET JULIETTE

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Ellcrys: Roméo et Juliette

L'Irrégulière Roméo et Juliette 

Flora dans Ma Librairie : Jouer Juliet and Romeo à 76 et 66 ans

Miriam : Romeo kiffe Juliette et Juliette kiffe Roméo / Roméo et Juliette au théâtre des Quartiers d’Ivry

Eiluned : Romeo et juliette

Océane : Roméo et Juliette

SONNET

Claudialucia : Un sonnet de Shakespeare : L'immortalité littéraire

Dominique : Taduire la poésie. Les sonnets.

TITUS ANDRONICUS

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Maggie : Titus Andronicus

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31 octobre 2011

Halloween party

la_nuit_des_morts_vivants_de_george_romero_en_dvdVéritable classique du film d'épouvante, La nuit des morts vivants reste un chef d'oeuvre du genre. Commençant dans le cynisme - Johnny se plaint de devoir aller sur la tombe de son père dans un cimetière reculé - et dans la plaisanterie, la vie de Barbara et de son frère Johnny tourne au cauchemar lorsqu'un inconnu tue ce dernier. Aussitôt Barbara trouve refuge dans une maison où elle fait la rencontre de Ben ainsi que d'une famille et d'un couple.... Vont-ils survivre à l'attaque des morts vivant ? 

Ce film souffre d'une certaine lenteur et certaines scènes paraissent très longues - notamment lorsque Ben cloue les fenêtres, chacune est montrée en gros plan, heureusement que cette maison ne comporte pas cent fenêtres! - cependant le suspense est bien maintenu, et la tension peu à peu devient plus opressante : c'est un huis clos étouffant où finalement s'affronte Ben qui est courageux et un père de famille individualiste et égoïste. La fille de ce dernier a été mordue par un de ces morts vivants : que va-t-il advenir d'elle ? Fait remarquable pour l'époque, le personnage principal est noir, ce qui était plutôt rare, et ce qui a donné lieu à certaines interprétations politiques, comme une critique de la ségrégation raciale. Romero a réussi à créer, avec une économie de moyens, une atmosphère angoissante qui va être le jalon pour nombre de films.

La nuit des morts vivants, réalisé par George Roméro, 1970, avec Duanes Jones et Judith O'Hara.

vu aussi par Mélodie.

armee_des_tenebres_93_01_gSorte d'antihéros, Ash est aspiré dans le passé - ainsi que sa tronçonneuse - et se retrouve projeté dans l'Angleterre du XIVeme. Pour revenir dans son temps, il doit retrouver le Nécronomicon : malheureusement, lorsqu'il le trouve enfin après moults péripéties loufoques, la formule étant mal prononcée, il va devoir affronter une armée de squelettes.

C'est une parodie réjouissante à laquelle se livre Sam Raimi, le comique provenant essentiellement des anachronismes et des mouvements de caméras. Pendant qu'Ash harangue la foule pour les inciter à combattre l'armée des ténèbres, son discours se transforme en discours publicitaire pour les produits du magasin où il travaillait : " chez prixbas, les prix sont bas" ! Admirez la teneur hautement intellectuel de ce discours argumentatif ! Cependant, si l'horreur est tourné en dérision ainsi que l'histoire d'amour, quelques scènes comme le réveil de l'armée de squelettes est particulièrement réussie au niveau esthétique. Un film réjouissant par son comique franc, à la manière de Shaun of dead !

Dead Evil III, L'armée des Ténèbres, Sam Raimi, avec Bruce Campbell, 1h36, 1994.

images"Les crimes de Michael Meyers marqueront les esprits", dit un journaliste, couvrant d'affreux meurtres survenus à Haddfonfield, un 31 Octobre. Michael Meyers, à peine âgé de 10 ans a massacré presque toute sa famille. Le masque, des crimes sanglants, des bimbos, certes, on retrouve les codes imposés du genre : horreur, violence et sexe.

Cependant, Rob Zombie échappe au grotesque involontaire par la manière de filmer la naissance de ce monstre en montrant une Amérique sombre, dans le portrait de la famille de Michael avec un beau-père ivrogne et violent, une mère strip-teaseuse, les brimades des autres enfants etc... Inversement, plus tard quand Michael réussi à échapper de l'asile en faisant un véritable massacre, c'est dans un milieu de riches bourgeois qu'il évolue marquant ainsi un contraste entre la futilité des préoccupations d'une Amérique moyenne et la sauvagerie des meurtres. Au delà du contexte d'Halloween, c'est donc aussi une histoire de tueur en série. Un film plutôt réussi dans le genre...

Halloween, Rob Zombie, 2007, avec Scout Taylors Campton, 1h46.

vu aussi par Lou. Participation au challenge Halloween de Lou et Hilde.

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30 octobre 2011

L'histoire d'un mort racontée par lui-même, Dumas

Dumas est plus connu pour ses fameux mousquetaires ou La reine Margot que ses histoires fantastiques.  Ces nouvelles -" Histoire d'un mort racontée par lui-même", "Les bonnets de coton", "Les milles et Un Fantômes", "Les mariages du pères Olifus", "La Quarantième Ours", "Une légende de la forteresse de Saint-Petersbourg", "Les étoiles commis-voyageurs"," Désir et Possession" - frappent par leurs diversités narratives, tantôt se rapprochant de l’apologue pour "les étoiles commis voyageurs" tantôt se rapprochant de la nouvelle policière pour "Les milles et Un fantômes"... et par leur diversité de styles.

On retrouve un peu du Dumas feuilletoniste qui use d'habileté et de suspense et d'une écriture hyperbolique. Dumas ne fait pas dans la dentelle. Même dans leur dépouillement, ces nouvelles recherche l'insolite et la surprise : meurtre, folie, une tête coupée qui parle, un descendant de Cagliostro, un collectionneur de corbeaux qu'il cloue vivants... La première nouvelle bien qu'avec une fin décevante n'est pas dénuée d'humour. Satan dit à un mort qu'il vient de résusciter : " essuie-toi le visage, tu as un ver sur la joue", il semble se moquer dans ce conte, des éléments traditionnels du fantastique avec le pacte faustien, le mort-vivant, ...

Ces nouvelles fantastiques, proche de l'esthétique d'un Hoffmann, se colore toutefois de manière surprenante d'un certain engagement, la lutte contre la peine de mort, Dumas lui-même mis scène disant : "J'écoutais avidement ; cette question de la peine de mort appliquée soit par la corde, soit par le fer, soit par le poison, m'ayant toujours singulièrement préoccupé comme question d'humanité". Quant "aux étoiles commis-voyageurs", envoyées par Jupiter, elles apportent vertus et bontés aux hommes. Mais la société que dépeint Dumas est celle de son temps et apparaît peu reluisante. Dans "Une légende de la forteresse de Saint-Pétersbourg", on retrouve un peu l’ambiance des grands romans historiques de Dumas avec leur part de suspense, mais sans le souffle qui les caractérise... Cependant tous ces courts récits présentent divers aspects très prenants et surprenants, et méritent d'être redécouverts.

L'histoire d'un mort raconté par lui-même, Dumas, Point, 263 p.

MERCI niki pour ce livre ! Son billet ici.

challenge Halloween, de Lou et Hilde.

challenge Dumas, d'Ankya.

challenge de la nouvelle de Sabbio.

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27 octobre 2011

Notre Dame de Paris, V. Hugo

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"Lisez le roman de Victor Hugo, vous trouverez que le genre salop abonde" écrivait Mérimée à Stendhal en 1831 : Que reproche-t-il à ce roman ? C'est l'emploi de thèmes à la mode et mélodramatiques. On a aussi beaucoup reproché à ce livre, son "genre toponymique", un mélange de poésie et d'histoire, d'avoir abusé des termes architecturaux...Lisez la préface de Jacques Seebacher pour replacer ce livre dans les querelles historiques de l'époque.

"Tous les yeux s'étaient levés vers le haut de l'église. Ce qu'ils voyaient était extraordinaire; sur le sommet d ela galerie la plus élevée, plus haut que la rosace centrale, il y avait une grande flamme qui montait qui montait entre les deux clochers avec des tourbillons et d'étincelles, une grande flamme désordonnée et furieuse dont le vent emportait par moments, un lambeau dans la fumée.[...] Leur innombrable sculptures de diables et de dragons prenaient un aspect lugubre. La clarté inquiète de la flamme les faisait remuer de l'oeil. Il y avait des guivres qui avaient l'air de rire, des gargouilles qu'on croyait entendre japper, des salamandres qui soufflait le feu, des tarasques qui éternuait de la fumée. et parmi ces monstres ainsi réveillés de leur sommeil de pierre par cette flamme, par ce bruit, il y en avait un qui marchait et qu'on voyait de temps en temps passer sur le front ardent du bûcher comme une chauve souris devant une chandelle".(p. 579)

Hugo écrit du Hugo : pourquoi en relever les défauts ? Evidemment il développe son esthétique du grotesque et du sublime : Quasimodo est "la perfection de la laideur". Mais ne fait-il pas dire dans La Esmeralda , pièce adaptée du roman, "je suis beau dans mon âme" à ce même personnage ? Le grotesque est aussi présent dans des scènes comiques comme le jugement de Quasimodo le sourd par un juge sourd. Evidemment, c'est un Moyen-Age de pacotille qu'il développe. Non, ce qu'il faut retenir c'est l'extrait ci-dessus : on voit tout ce que cette description architecturale médiévale doit au romantisme.  Commençant sous le signe du carnaval et du théâtre, ce Paris, médiéval est peuplé de monstres, la fameuse cour des miracles, mais vue à travers une écriture hugolienne : "C'était un nouveau monde inconnu inouï, difforme, reptile, fourmillant, fantastique".

 On fait aussi la rencontre de Phoebus de Chateaupers et d'une bohémienne, Esméralda, une enfant trouvée comme Quasimodo. La figure du poète est incarnée par Gringoire et l'intelligence et la science par Frollo. Roman à tiroirs avec des scènes de reconnaissances spectaculaires, roman populaire avec ses enlèvements, ses pendaisons, où Frollo emprunte les traits d'un certain moine de Lewis - il a les yeux qui brillent comme des lanternes en voyant Esmeralda et finit par devenir un meurtrier pour l'amour d'elle tout en s'arrachant réellement les cheveux par poignées - C'est surtout un roman de la démesure aussi bien dans la peinture des sentiments que dans les scènes de foule. Balzac écrivait " deux belles scènes, trois bons mots, le tout invraisemblable, deux descriptions, la Belle et la bête et un déluge de mauvais goût". Certes, il est vrai que l'oeuvre est invraisemblable et que l'écriture est toujours excessive chez Hugo, cependant n'est-ce pas la jalousie qui fait parler Balzac ? La postérité n'a-t-elle pas donnée raison à Hugo en adaptant sans cesse ce roman ?

V; Hugo, Notre Dame de Paris, Livre de Poche, p. 618.

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25 octobre 2011

1Q84, livre 1, Murakami

Voici un des livres de la rentrée littéraire, 1Q84, qui a suscité un engouement quasiment unanime bien mérité, bien que les billets parlent davantage de l'aspect mystérieux de ce livre sans en souligner la richesse. De quoi parle le dernier livre de Murakami ? A Tokyo en 1984, une jeune femme, Aoamamé, tue des hommes. Pourquoi ? Peu à peu on lève le voile sur ses activités. Parallèlement à cette première intrigue est développée une autre histoire où il est question d'un écrivain, Tengo, réécrivant un livre écrit par jeune fille de 17 ans, Fukaéri, La chrysalide de l'air, dans l'intention de lui faire gagner le prix des jeunes nouveaux auteurs.

"Il ne faut pas se laisser abuser par les apparences. Il n'y a toujours qu'une réalité" : L'écriture concrète, prosaïque, s'attarde sur les détails les plus minimes, peut-être pour souligner davantage l'intrusion d'infimes changements du réel : mais est-ce illusion ou réalité ? Peu à peu le fantastique s’immisce dans le récit, relançant notre curiosité déjà bien éveillée par une narration parallèle qui ne laisse échapper les informations que parcimonieusement. On regrette juste quelques scènes crues, qui bien que nécessaires à l'intrigue globale, prennent parfois trop de place. D'ailleurs, des métaphores musicales, mathématiques, littéraires récurrentes donnent une unité à ce texte dont l'écriture est très fluide malgré quelques répétitions. Mais tout l'art de Murakami réside dans la représentation d'une violence omniprésente mais jamais réellement décrite ni exprimée directement.

"Big Brother n'a plus sa place sur scène" (chapitre 18). Avec un tel titre, on se demande quelle est la place du livre d'Orwell, très souvent évoqué, dans l'économie du livre. Si Big brother a disparu ainsi que la question du totalitarisme peu à peu des liens étroits se tissent entre ces deux oeuvres notamment en mettant en place un questionnement sur la réécriture d'une histoire et des communautés autarciques... Plus on avance dans l'oeuvre et plus le mystère s'opacifie ! En refermant le livre, vous n'aurez qu'une hâte, c'est de découvrir le tome suivant...

1Q84, Murakami, Belfond, 533 p.

Merci à Price minister pour ce partenariat, lu dans le cadre du match de la rentrée littéraire.

Un livre lu aussi par virginie. Edit 2/ 11 : lu par Alicia, Cryssilda, tome 1 et 2 lu par Keisha

 

Posté par maggie 76 à 16:41 - Commentaires [21] - Permalien [#]