16 mai 2012

Portrait-souvenir de Balzac de Simenon : ISSN 2607-0006

Sous ce titre trompeur de Portrait-souvenir de Balzac, on peut découvrir de nombreux textes et articles de Simenon, riches par leur diversité : il décrit de grands écrivains dans la Revue Sincère, que ce soit Daudet, Maurice Barrès ou bien il défend Maupassant, tout en affirmant que " tout ceci n'est qu'opinion d'un homme qui se défend d'avoir des idées". Sous ce titre est aussi rassemblés des conférences, des articles sur le roman policier et des préfaces...

Le portrait de Balzac est court mais extrêmement vivant. Aucun élément nouveau n'est avancé par rapport à d'autres biographies mais il met en valeur la vocation d'écrivain de Balzac, son génie romanesque... Comme un personnage de la comédie humaine, Balzac, une fois arrivé à Paris ne cessera de rechercher le succès. De nombreuses citations et extraits de lettres apparaissant comme un catalogue complètent ce portrait dynamique et admiratif pour l'auteur du père Goriot : " L'idée monumentale ne lui viendra d'ailleurs qu'assez tard, à quarante deux ans. Et pour le mener à bien, il faudra, comme il le répète si souvent, sacrifier sa vie privée, son bonheur personnel." (p.47).

Dans une autre conférence "l'aventure est morte" qui se présente comme une causerie, il parle de la mort de l'aventure géographique ; car c'est le roman qui est en fait la véritable aventure : " Et dans le grand Nord, en pleine Laponie, j'oserais à peine vous dire quel moyen de transport nous attendait. Un traineau, bien sûr ! Mais un traineau tiré par une grosse motocyclette américaine qui pétaradait comme un dimanche de course sur la place d'une petite ville" (p. 138). Au passage, il égratigne volontiers les colons.

Mais ce qui frappe dans cette série d'article, c'est le portrait de l'écrivain Simenon qui apparaît en filigrane : parle-t-il de la genèse d'un roman de Maigret qu'il nous conte les conditions dans lesquelles il l'a écrit - en Hollande après l'achat de l'Ostrogoth qui lui permit de voyager dans toute la France et en Europe... De facto, Simenon a beaucoup voyagé, jusqu'en Amérique. Quand il parle de Daudet, se profile le visage malicieux du jeune journaliste qu'il était. Et puis c'est aussi un grand causeur : veut-il nous parler des codes du roman policier, il l'aborde grâce à une anecdote sur Victor Hugo lors d'une représentation d'Hernani. Ainsi portrait de l'homme et théorie littéraire se mêlent intrinsèquement dans un style vivant et bref... C'est donc une manière agréable d'aborder une partie de l'oeuvre journalistique de Simenon, tout en découvrant quelques parcelles de sa biographie...

Portrait-souvenir de Balzac, Simenon, Bourgois, 299 p.

Autre roman : L'affaire saint-fiacre

Merci à dialogue pour ce partenariat et à Caroline.

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12 mai 2012

Par-delà le mur du sommeil de Lovecraft : ISSN 2607-0006

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L'univers de Lovecraft est inimitable, original et absolument particulier. En entrant dans ses nouvelles, on sent tout de suite sa fascination pour les histoires de possessions, de sorciers et de sciences occultes, sans compter la folie et les mythes antédiluviens... Que ce soit dans "L'affaire Charle Dexter Ward" ou "Le monstre sur le seuil", un personnage ou le héros prend la parole pour déclarer que sa folie n'en n'est pas une mais qu'ils ont été confrontés à des forces occultes... Des enquêtes sont soigneusement menées d'un point de vue historique ou scientifique. Quoi de plus naturel ? Stonehenge ou les sorcières de Salem ont fasciné plus d'une personne tout en conservant tout leur mystère.

"La folie rôde dans le vent nocturne" ("Le molosse"): une grande place est aussi laissée à l’architecture gothique, médiévale, ruines, temple ou des maisons isolées. Au croisement de la sciences fiction, du conte fantastique et du récit mythique, les histoires de Lovecraft provoque le doute : les personnages sont-ils fous ? Qu'est-ce qui les a conduits à la mort ou à tuer ? ainsi, dans "L'affaire Charles Dexter Ward", on est amené à se demander si le jeune homme est vraiment possédé par un sorcier, son arrière grand-père. Une histoire similaire est développée dans "Le monstre sur le seuil" où un jeune homme tombe sous la coupe de sa femme, légèrement diabolique. Mais la jeune femme se comporte de la même manière que son père : l'a-t-il possédée et cherche-t-il à prendre possession du corps du jeune homme ? " Les rats dans les murs" commence dans une atmosphère gothique pour finir dans le meurtre et l'épouvante : un homme dont toute l'ascendance comporte des meurtriers et une malédiction de famille, décide de retourner dans le manoir anglais de ses ancêtres. Là, il ne cesse d'entendre des rats sans jamais les voir, jusqu'au moment où il découvre une antique stèle dans la cave, descendant vers les abîmes...

L'innommable, l'invisible, le surnaturel sont omniprésents mais pas effrayants. Ces êtres informes créent surtout une aura de mystère et de doute s'appuyant sur des superstitions. Tout repose sur les perceptions des personnages dont on met en doute souvent l'équilibre mental. Certains événements sont assez répétitifs, les forces des ténèbres étant souvent liées à l'odeur de souffre, à des formes sans formes... L'auteur semble obnubilé aussi par les décadents et leurs histoires morbides. S'il cite Huysmans qui a écrit La-bas, histoire de Gilles de Rais et autres monstrueux personnages, il semble qu'il soit influencé par toute l'atmosphère fin-de-siècle et le goût du satanisme et de l'ésotérisme du XIXeme siècle finissant : on retrouve diverses influences littéraires mais détournées vers l'épouvante. Le monstrueux, les secrets sont développés avec talent dans ces nouvelles qui sont des variations autour de mêmes obsessions, une vision de l'enfer et de l'invisible...

L'horreur de Dunwish, Folio.

Par-delà les murs de sommeil, Lovecraft, folio SF, 333 p. qui rassemble les nouvelles suivantes " L'affaire Charles Dexter Ward", " celui qui hantait les ténèbres", " Le monstre sur le seuil", " Les rats dans les murs", "Par-delà le sommeil".

Lu aussi par Titine.

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08 mai 2012

Jeeves, occupez-vous de ça de P.G. Wodehouse : ISSN 2607-0006

9782266132763

 Il faut absolument lire Wodehouse pour découvrir son ton délicieusement décalé et fantaisiste, et un personnage hors norme, pince sans rire comme Jeeves. Il n'est d'ailleurs pas toujours le héros des nouvelles de Wodehouse, qui accorde une large place à des "mollusques", des jeunes gens versatiles souvent sous la coupe d'un oncle à héritage. C'est le cas de "L'escapade de l'oncle Fred". Tout commence au Drones club, où Pongo arrive dans le désarroi : pourquoi est-il si hagard ? Tout simplement parce que son oncle Fred va débarquer à Londres et qu'il ne se passe pas une minute sans qu'il ne crée scandale et excentricité. La décision de l'oncle d'aller en banlieue lui permettra-t-il d'éviter le scandale ? Bien sûr que non ! il entre dans une maison d'un inconnue en faisant passer son neveu pour un toiletteur de perroquet... Les situations burlesques vont s'enchaîner jusqu'à une conclusion faussement métaphysique mais véritablement burlesque.

Quant à la nouvelle "Jeeves, occupez-vous de ça!", on voit l'impertutable Jeeves entrer au service de Bertram Wooster. Ce dernier doit épouser Lady Florence Worplesdon aussi autoritaire et aimable qu'un Cerbère. Bertram doit faire disparaître un manuscrit, les Mémoires de son oncle à héritage, contenant des révélations scabreuses sur le père de Lady Florence. Cette dernière exige la disparition de cet amas de scandales. Commence alors l'histoire de ce crime : en effet, là où Wodehouse excelle, c'est dans la démesure et le décalage de ton : le simple vol de manuscrit se mue en infâme crime dans la tête du pauvre Bertram. " Mais je me souviens parfaitement que le pauvre type passait la majeure partie de son temps précieux à se débarrasser du corps dans des mares, ou à l'enterrer et je ne sais quoi encore ; et tout ça pour le voir se dresser à nouveau devant lui. Ce fut environ une heure après avoir enfermé le paquet dans la commode que je me rendis compte que je me mis exactement dans le même pétrin". Il pense aussitôt à faire comme les soldats en temps de guerre qui mangent les messages : mais comment peut-il manger un Mémoire entier ? Sur un mode héroï-comique, nous suivons les rocambolesques aventures de Bertram, heureusement aidé de Jeeves... On peut difficilement ne pas tomber sous le charme de l'humour et de la légèreté wodehousienne...

Jeeves, occupez-vous de ça, P.G. Wodehouse, Pocket bilingue, 143p.

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05 mai 2012

Vagues souvenirs de l'année de la peste de J.L. Lagarce : ISSN 2607-0006

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 Le théâtre de Jean Luc Lagarce est un théâtre déroutant. P. Pavis le qualifie de "dramaturgie dissolvante" : il n'y a plus d'intrigue ni de personnages caractérisés. Quant à F. Sarrazac, il parle "d'infradramarturgie", avec la disparition du dénouement, l'absence de véritable dialogue... Le texte théâtral lagarcien repose sur le principe de la réécriture, Vagues souvenirs de l'année de la peste étant une réécriture de L'année de la peste de Defoe et Les règles du savoir-vivre dans la société moderne pastiche le manuel des bonnes manières de la baronne de Staffe. Cette réécriture se joue au coeur de son oeuvre elle-même, puisque Histoire d'amour présente des composantes présentes dans Derniers remords avant l'oubli...

"Rien jamais ne se dit facilement" (Juste la fin du monde) : Mais ce qui fait l'originalité du théâtre de Lagarce, c'est son écriture de la répétition, les répliques avançant en spirale, grâce à des autocorrections, à des cristallisations autour d'un mot... L'un des principaux thèmes de Lagarce est l'impossible communication des êtres. Bien qu'influencé par l'absurde d'un Ionesco ou d'un Beckett, la tragédie des personnages lagarciens ne se fait pas par une remise en cause du langage mais par une mise en scène de la parole impuissante. Pour éviter le conflit et pour contourner la difficulté de dire, une dame prend la parole et énonce toutes les règles de politesse dans toutes les situations de la vie dans Les règles du savoir-vivre dans la société moderne. L'élaboration de ce catalogue raisonné des règles de politesse - et non de vaisseaux - sert de ressort comique et d'humour souvent noir ou décalé : "Si l'enfant naît mort, est né mort, il faut quand même, tout de même, déclarer sa naissance, déclarer sa naissance et déclarer sa mort et un médecin devra attester que la mort a précédé la naissance"(premiers mots de la pièce).

"le complexe de Shéhérazade" (Florence Léca) : Dans Vagues souvenirs de l'année de la peste, on assiste à une suite de monologues formant des fragments de récits - l'épicisation du texte théâtral selon la formule de Bretch - donnant différents points de vue sur la fuite de Londres sur laquelle s'est abattue la peste. Evidemment, cette situation morbide et dramatique engendre des conflits, des haines, l'égoïsme... Chaque dialogue est séparée par le symbole suivant (...) exprimant une impossible harmonie entre la parole des personnages, chacun d'entre eux étant enfermé dans leur propre logos. Mais la mort que les personnages fuient, qu'ils cachent par leur logorrhée, ne fait que retarder une mort imminente : les personnages retournent à Londres où se déclenchent le "Grand Incendie". Le personnage lagarcien engage une lutte contre la parole mais aussi contre la mort. Ce théâtre atypique peut paraître au premier abord difficile d'accès, voire déplaisant, ressemblant à un théâtre du quotidien, mais progressivement, on se laisse prendre à sa poésie, à son lyrisme, à sa prose spiralée.

"- L'homme ( Daniel Defoe ?) : De nous, il ne reste pas grand chose... presque rien, quelques mots... des fragments... et puis aussi les objets auxquels nous tenions tant, et la vie encore... A la fin de cette année-là... nous devions déjà être au beau milieu du mois de novembre... l'automne... il pleuvait, la pluie, le vent... A la fin de cette année-là qui... comme chacun sait... qui avait été, par-dessus tout... terrible... " terrible entre toutes... nous pouvions entendre, au hasard des rencontres... des marchands ou vagabonds nous rapportaient ces nouvelles... nous pouvions entendre que dans la ville de Londres, la peste avait achevé son oeuvre... Nous commencions à oser nous réjouir de cela et personne ne s'inquiétait encore... plus qu'il n'est nécessaire en pareil cas... de savoir si l'épidémie cessait le plus naturellement du monde, par la lassitude de la mort... ou par manque de victime... faute de combattant se livrant à elle... (...) ( premières lignes de Vagues souvenirs de l'année de la peste).

Pour en savoir plus sur l'auteur : le site qui est lui dédié ici.

Vagues souvenirs de l'année de la peste, J. L. Lagarce, Les intempestifs.

Les règles du savoir-vivre dans la société moderne, J. L. Lagarce, Les intempestifs,45 p.

Challenge en scène " catégorie Musset", organisé par Bladelor.

 

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02 mai 2012

Le malade imaginaire adapté par Chalonge : ISSN 2607-0006

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Christian de Chalonge a adapté plusieurs romans dont Malevil de Robert Merle, ou des aventures de Maigret - Maigret et le marchand de vin et Maigret chez le ministre. Depuis 2007, il s'attaque au répertoire classique en adaptant L'avare, puis Le malade imaginaire et Le bourgeois gentilhomme. Il se veut fidèle au texte du dramaturge même si on relève ça et là des coupes obscures dans les tirades - notamment la première ( celle de la scène 1, acte I) - et des changements - malheureux ? - de vocabulaire en supprimant des mots comme "aheurté".

Molière dépassé ? Le rire n'est-il pas historique ?  Et pourtant la mécanique de la comédie moliéresque fonctionne encore. On rit de cet hypocondriaque raillé par sa servante Toinette, rusée comme tout bon valet ou servante de Molière : "Il mange, dort, mange, et boit tout comme les autres ; mais cela n'empêche pas qu'il ne soit fort malade", dit ironiquement Toinette. Béralde, frère d'Argan critique la médecine et les médecins refusant les progrès de la science. Les passages de franche comédie avec le personnage de Thomas Diafoirus aussi benêt que niais qui souhaite faire voir une dissection à sa promise et qui oublie ses compliments appris par coeur, qui ne sait employer pour faire la cour à Angélique que le jargon des débats à coups de distinguo, négo, concedo, dico... succèdent à des moments plus grinçants avec le personnage plus sombre de Béline, voulant arracher l'héritage aux enfants d'Argan et se réjouissant de sa fausse mort...

Le malade imaginaire est une comédie-ballet dont l'adaptation garde des traces : dans de nombreuses scènes sont présents des personnages typiques de la commedia dell arte, troupe ambulante présente dans la cour d'Argan, qui ajoute une touche de couleurs, de fraîcheur... Mais Chalonge n'a retenu que deux des intermèdes, les plus efficaces (privilégiant la fluidité des scènes donnant un grand naturel à toute l'adaptation filmique), les plus cocasses, celui où Angélique et Cléante improvisent une petite pastorale et celui où Argan est fait médecin, à l'instar de Mr Jourdain devenant grand mamamouchi.

Si Argan critique le théâtre de Molière en disant "c'est un bon impertinent que votre Molière avec ses comédies, et je le trouve bien plaisant d'aller jouer d'honnêtes gens comme les médecins", nous avons envie de lui répondre par les mots de Sainte Beuve : " Molière est avec Shakespeare  l'exemple le plus complet de la faculté dramatique, et à proprement parler créatrice". Décors, hauts-de-chausses, pourpoints, fraise, rien ne manque pour nous faire entrer dans cette belle adaptation qui ne finit pas si bien que ça...

Le malade imaginaire, Molière, Classique Larousse, 188 p.

Le malade imaginaire, chalonge, 1h45, 2008, avec Christian Clavier et Marie-Anne Chazel

Challenge en scène " catégorie Musset", organisé par bladelor.

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25 avril 2012

God save the food ! : ISSN 2607-0006

A toutes celles qui aiment la littérature anglaise, qui rêvent de manoirs tudors... Voici quelques recettes typiquement britanniques :

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Lemon curd :- Râpez le zeste de 4 citrons non traités au dessus de la casserole.

- Pressez et versez 2 dl de jus dans la casserole.

- Ajoutez 200g de sucre et 4 oeufs battus et laissez cuire 5 mn sur feu doux en fouettant jusqu'à l'épaississement. Filtrez, laisser tiédir 10 min puis incorporez 125 g de beurre en fouettant.

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Eton mess : ingrédients : 500g de fraise, 50g de sucre, 4dl de crème liquide très froide, 6 petites meringues

1) Lavez les fraises, équeutez-les et coupez-les en morceaux. Mélangez-les avec la moitié du sucre.

2) Fouettez la crème, ajoutez le reste de sucre et continuez de fouetter jusqu'à ce qu'elle soit très ferme. Ajoutez les fraises et leur jus. Émiettez grossièrement les meringues.

3) Servez aussitôt ou réservez une heure au réfrigérateur.

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Shortbread : 175 g de farine, 125 g de beurre, 60g de sucre, 1 pincée de sel.

- Mettez la farine, le sucre et le sel dans une terrine et ajoutez le beurre. Mélanger en sablant légèrement la pâte, puis formez une boule.

- allumez le four à 180°C. Etalez la pâte sur un cm sur la plaque du four tapissée de papier sulfurisé. Dessinez, avec un couteau, des lignes verticales et horizontales afin d'obtenir des rectangles de 6x2 cm; Glissez au four et laissez cuire 10 à 12 min, jusqu'à ce que les gâteaux soient blonds.

- Retirez du four, laissez refroidir puis découpez les shortbreads en suivant les lignes. Il se conservent bien dans une boîte métallique.

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Jelly : 1/2 litre de jus de fruits de votre choix ( grenade, orange sanguine, clémentine, fraise...), 2g d'agar-agar, sucre à volonté.

- Versez le jus de fruit dans une casserole et sucrez-le selon vote goût; Ajoutez l'agar-agar en pluie et mélangez 1 min sur feu doux.

- Laissez refroidir, puis versez la préparation dans un grand moule ou plusieurs petits. Réservez au réfrigérateur, 6h ou plus. Démoulez sur un plat ou des assiettes et servez.

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22 avril 2012

Titanic de Fellowes : ISSN 2607-0006


Titanic 2012 TV Series Trailer

"L'insubmersible" Titanic coulait dans des sombres eaux glacées il y a exactement cent ans. Titanic de J. Fellowes n'est pas aussi remarquable que Downton Abbey. Certes, les costumes d'époque, les reconstitutions, les querelles religieuses contemporaines, la nette démarcation entre les classes sociales sont extrêmement bien rendus : c'est visuellement superbe, tout comme Gosford park ou Downton Abbey. Mais c'est justement trop ressemblant, un peu comme une réplique de ses films, mais transposée sur le Titanic. Seule une ou deux scènes de la salle des machines, et le naufrage final nous rappellent le contexte. Les dialogues sont assez plats, se composant essentiellement de commérages de langues de vipère. Tout le monde a l'air assez indifférent au naufrage, seul compte pour eux leurs sentiments, ressentiments. Chacun est préoccupé par ses amours, ses problèmes d'argent ou d'égo....

Si on prend plaisir à se promener d'une classe sociale à l'autre, à admirer le luxe des premières classes, il est assez peu question du Titanic, bien qu'étant la première grande catastrophe de la modernité. On reste tout de même ébloui par la manière dont J Fellowes sait peindre la société de l'époque, le mépris pour les troisièmes classes et la haine des étrangers...

Pour compléter votre intérêt pour le sujet "C dans l'air, le Titanic 100 ans de fascination" et Xenius, se penchent sur l'énigme du Titanic, des différentes manifestations actuelles commémorant cet événement, des changements apportés notamment dans les normes de sécurité, les raisons scientifiques de ce naufrage. Le Titanic, la véritable histoire est un docu-fiction qui insiste sur les aspects techniques du naufrage, la question des portes étanches, des raisons du naufrage... Malheureusement, la présentation sous forme de docu-fiction avec reconstitution des témoignages des survivants décrédibilisent ce documentaire, qui est par ailleurs remarquablement didactique. Le Titanic aurait-il pu éviter cette catastrophe ? Pourquoi cette tragédie a tant marqué les esprits ? Alicia nous parle du Titanic insubmersible de Gordon korman, Allie de Voyage mortel de H. Brewster du Titanic de Richard D. Nolane et Lou de Cent ans, les enfants du Titanic. Vous trouverez aussi un article très détaillé sur Wikipédia et une interview du réalisateur sur Télérama.

Fellowes, Titanic, mini-série, voir ici.

Autres séries : Downton abbey

"Le Titanic, la véritable histoire", Richard Dale.

Challenge back to the past organisé avec Lou.

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21 avril 2012

La dame de chez Maxim's de Feydeau : ISSN 2607-0006

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Né près des Grands Boulevards rénovés, Feydeau (biographie sur le site Larousse) baigne dans le milieu artistique et littéraire de la Belle époque : son père côtoyait aussi bien Flaubert que Gautier... Il semble prédestiné à cette carrière de vaudevilliste qu'il entama très tôt.

Vous connaissez peut-être "L'ours et l'amateur des jardins", une fable de La Fontaine où ce dernier nous met en garde contre les amis benêts car mieux vaut un ennemi intelligent. En effet, un ours voulant tuer une mouche posée sur le nez de son ami l'homme, décide de lui lancer un pavé dans la figure. Vous pouvez vous-même tirer les tristes conclusions de ce fâcheux événement. Feydeau met en scène un valet Bretel aussi maladroit que balourd dans Les pavés de l'ours : Bretel parle de "farandole" à la place de "parabole", prend un tapis pour essuyer ses pieds, insulte la future belle-mère de son maître Lucien sans le savoir... Si notre valet se ridiculise et fait rire de ses maladresses, Madame de Prévallon, la future belle-mère de Lucien, bégaie donnant ainsi lieu à de cocasses phrases : " Malalap...malalap...appris... Vous direz  à monsieur Lulu... Lucien que je suis affreuse... affreuse...

- Bretel : affreuse, oui, Madame.

- Madame de Prévallon : affreusement en colère... Et que tout est ro-rompu entre nous. A...adieu.

Évidemment Lucien veut épouser la fille de Mme Prévallon parce que c'est un beau parti... Mais Bretel fera-t-il échouer ce mariage à force d'inculture et de grossièretés ?

La dame de chez Maxim's est certainement la pièce la plus connue de Feydeau. Elle met en scène la môme crevette, une danseuse du Moulin rouge qui se retrouve après une nuit bien arrosée dans la chambre du docteur Petyton, marié à Gabrielle, "une vieille toupie". Sur ces faits déjà compromettants pour le pauvre Petyton, son oncle, le général débarque et prend la môme crevette pour la femme de Petyton. A l'insu de la vrai Mme Petyton, le docteur la fait passer pour la femme de Mongicourt, un ami. Tout ce petit monde se retrouve sur les terres du général pour le mariage de sa nièce où la grande bourgeoisie provinciale est confrontée à cette demi-mondaine... Ajoutez à cela un "fauteuil extatique" qui endort tous ceux qui s'y assoient, une Mme Petyton qui croit aux esprits, l'arrivée d'un ancien amoureux de la môme crevette qui va épouser la nièce du général... Petyton va-t-il réussir à dénouer les fils de cet incroyable imbroglio ?

Les comédies de Feydeau sont typées, il ne cesse de décliner les thèmes de l'argent et du mariage d'affaire, multiplie les quiproquos, les méprises, jusqu'à l'étourdissement dans La dame de chez Maxim's, les femmes cachées dans le placard... On nage en plein vaudeville pour notre plus grand plaisir. Bien sûr, les ficelles sont répétitives, quasi identiques d'une pièce à l'autre, mais on se laisse prendre à ces intrigues rocambolesquement mise en scène et au charme désuet de la Belle-Epoque...

 Challenge théâtre " en scène" Bladelor.

Les pavés de l'ours, Feydeau, Hatier, p. 93.

Notre futur, Feydeau, GF, étonnant classique.

La dame de chez Maxim's, Feydeau, Folio, 404 p.

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18 avril 2012

Mon oncle de Tati : ISSN 2607-0006

 

 


BANDE-ANNONCE MON ONCLE JACQUES TATI 1958 TRAILER HQ

 Depuis cet hiver 1895, avec L'arroseur arrosé des frères Lumières, le cinéma ne cesse de décliner l'univers du burlesque et de la farce. Buster Keaton et Charlie Chaplin excellaient dans le gag. Mais si Chez Chaplin, le comique se double d'une satire violente qu'elle soit sociale - La ruée vers l'or - ou qu'elle soit politique - Le dictateur -, Jacques Tati, lui, reste en dehors de tout engagement. Au premier abord, par sa critique humoristique de la modernité dans Mon oncle, J. Tati apparaît plutôt réactionnaire... Et pourtant son personnage semble chercher davantage à s'adapter à ce monde modernisé qu'à le bouleverser. Reconnaissable à son parapluie, son imperméable, sa silhouette longiligne et sa gestuelle maladroite, le fameux "oncle" ne cesse de désorganiser l'ordre établi.

Incapable de trouver un travail - avec un clin d'oeil Aux temps modernes de Chaplin -, il n'a de cesse de faire rire de son comportement décalé. Dans Mon oncle, les gags se multiplient autour de cette opposition entre l'esthétique "Bauhaus" et industrielle incarnée par la famille Arpel et son quartier... De la mécanique du rire, des récurrences de scènes, de lieux, des constrates naissent aussi un monde presque surréel : l'esthétique très marquée années 60 lui confère même un charme suranné.

Comme ses prédécesseurs, les dialogues sont peu importants chez Tati mais le bruit y a une place majeure : utilisé en point d'ancrage, véritable actant de son film, caractérisant le personnage, le bruit symbole de la modernité envahit tout cet univers en mutation. En revanche, les gestes, les mouvements, l'agitation des corps jusqu'à l'hystérie envahissent l'écran pour créer un comique certain. Avec ce réalisateur, ça passe ou ça casse... La méticulosité de Tati qui post-produit tout et son personnage original font de Tati un grand réalisateur mais en deçà d'un Chaplin... et ça donne envie de visionner Eraserhead de David Lynch dont les thématiques et les procédés sont très proches...

Mon oncle, Tati, 1h50, 1958.

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12 avril 2012

Sherlock holmes, saison 2 : ISSN 2607-0006

SHERLOCK: S2E1 A SCANDAL IN BELGRAVIA TRAILER

Pas étonnant que cette série soit une véritable réussite quelque peu déjantée ! M. Gatiss et S. Moffat, ont l'habitude des adaptations victoriennes. Mais on n'assiste pas seulement à un changement de siècle mais aussi à des ajouts originaux tout en restant dans l'esprit des nouvelles écrites par Conan Doyle... Un scandale à Buckingham, Le chien de Baskerville et la chute du Reichenbach sont des aventures de Sherlock Holmes tout à fait captivantes où notre héros est aussi brillant que cynique. Les personnages secondaires sont à la hauteur et véritablement développés. Tous les personnages ont un haut sens de la théâtralité s'ajoutant à des dialogues percutants : le cynisme de S. Holmes est à savourer, de même que l'humour presque toujours noir quand il s'agit de Holmes...

Véritable dandy, Sherlock Holmes évolue dans un décor époustouflant comme l'atmosphère dans l'épisode du chien des Baskerville... Les objets technologiques ont une grande place dans ces histoires où les portables, ordinateurs, blogs et autres technologies servent l'intrigue avec efficacité, atteignant des sommets avec le "palais mental" de Holmes où ses pensées sont visibles... Et quelles intrigues ! Vols des bijoux de la couronne, affrontement entre Sherlock et son ennemi dangereusement fourbe Moriarty ( La chute du Reichenbach ou La solution finale), attaques de molosses gigantesques ( Le chien des Baskerville), manigances d'une intrigante au service d'un criminel Moriarty - Irène Adler, dans un scandale à Buckingham -, on n'est pas au bout de nos surprises dans ces intrigues, qui en mélangent plusieurs, magnifiquement mises en scène. "Des empreintes gigantesques, un molosse, je ne raterai pas cela pour un empire", dit en substance Sherlock Holmes et nous non plus !

Série britanique de Marck Gatiss et Steven Moffat, avec Benedict Crumberbatch et Martin Freeman, BBC, épisode de 50 min, 2012.

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