09 mars 2015

Bodybuilder de R. Zem : ISSN 2607-0006

BODYBUILDER - la bande-annonce

Antoine est poursuivi par des petits malfrats car il leur doit beaucoup d'argent ainsi qu'à des voisins. Son frère, pour le soustraire à cette bande de voyous, l'emmène chez leur père, qui a quitté le domicile familial depuis longtemps. Ce dernier est le propriétaire d'une salle de musculation.

A travers Bodybuilder, nous découvrons l'univer du culturisme d'une manière réaliste, sans être caricaturale grâce au portrait sans fard du père, que l'on montre goguenard, prenant des anti-douleurs, des régimes protéinés... Tout l'oppose à son fil qui n'est pas un colosse : Antoine ment, vole mais va peu à peu évoluer au contact de son père, sans que cela soit sentimental ou invraisemblable. Antoine accumule les combines pour s'en sortir sans travailler alors que son père travaille sans relâche pour se sculpter un corps musclé pour les concours.

Relations familiales, sport, vie quotidienne sont filmés à la manière de Ken Loach. c'est une comédie sociale très réussie. Vincent, le père, n'est d'ailleurs pas incarné par un acteur professionnel. A une réalité parfois sordide, s'ajoutent quelques touches d'humour, à travers la scène finale, qui fait peut-être référence à Looking for Eric de Ken Loach, ou le personnage de la femme du coach de Vincent ( incarné par R. Zem)... Tous les acteurs sont excellents, notamment Vincent Rottiers qui incarne merveilleusement bien ce jeune sans repères. Une belle surprise !

Bodybuilder de Roschy Zem, avec Vincent Rottiers et François Mazoue

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03 mars 2015

Fille noire, fille blanche de Oates : ISSN 2607-0006

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"Minette n'a pas eu une mort naturelle, et elle n'a pas eu une mort facile. Chaque jour de ma vie, depuis sa mort, j'ai pensé à Minette et au supplice de ses dernières minutes, car j'étais celle qui aurait pu la sauver et je ne l'ai pas fait" : ainsi commence le récit de Generva Meade dans Fille noire, fille blanche de Joyce Carol Oates. Cette obsession l'a amenée à raconter sa cohabitation avec Minette Swift, une fille noire, durant sa première année, à la prestigieuse université de Schuyler college.

Ce campus novel présente des similitudes dans le style avec Délicieuses pourritures : écrit à la première personne, avec des phrases en italiques, exprimant des sentiments intences ou des iées marquantes. En outre, la narratrice est une étudiante perturbée, désireuse de plaire à Minette. Timide, effacée, écrasée par l'ombre de ses glorieux ancêtre et d'un père avocat célèbre, démocrate, et défenseur des bonnes causes, Generva tente de conquérir l'affection de sa voisine noire de chambre, qui reste indifférente. Minette est d'ailleurs préoccupées par d'autres problèmes : est-elle l'objet d'insultes racistes ? Generva a-t-ele une vision lucide des événements ? L'ambiguïté reste présente jusqu'à la dernière ligne du récit.

Enquête policière en mineure, évocation de la situations des noirs dans les années 70, mais surtout portrait psychologique subtil, on découvre peu à peu la personnalité de Generva qui a connu une enfance perturbante, mettant à nu les secrets de cette famille prestigieuse dont les beaux principes cachent un sordide quotidien. Ce roman de Oates est à découvrir pour sa maîtrise à faire régner tension, malaise et suspense...

Fille noire, fille blanche, Oates, Points, 274 p.

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16 février 2015

Carrère, La moustache et l'adversaire.

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* Merci Anna et Folio pour ce partenariat.

autres romans : Bravoure, Un roman russe,

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08 février 2015

De la mode : L'histoire du costume en Occident : ISSN 2607-0006

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C'est l'envoi d'une carte et la lecture d'un billet de Niki qui m'ont donné envie de cous parler d'un ouvrage magnifiquement illustré : L'histoire du costume en Occident de F. Boucher ( Flammarion, 500 p.). ce sont 500 pages de gravures de mode et de photographies accompagnées d'explications trs limpides.

Le chapitre XII intitulé " Les modes de 1915 à 1965" s'ouvre sur une magnifique photographie de robe de gala de C. Dior, "modèle Schumann" ( 1950). N'est-ce pas un beau nom pour une belle robe ? Qu'est-ce qui a provoqué les modifications en profondeur de l'habillement féminin au tournant du XXeme siècle ? Ce sont des changements de conditions de vie et d'état d'esprit. Une nouvelle manire de vivre s'impose, le costume s'adapte !

Paraît à cette époque la silhouette à la garçonne avec des jupes plus courtes et des cheveux courts grâce à Chanel, Vionnet... A partir des années 1940, les courturiers recherchent de nouvelles formules entre le "pratique" et "l'élégance". Le "new look" de Dior en 1949 révolutionne la mode.

L'industrialisation des confections, le contexte sociologique sont richement commentés et illustrés. Est-il besoin de dire que je trouve ce livre magnifique bien que difficilement maniable ? Sera continué... ( comme dans les romans feuilletons)

L'histoire du costume en Occident, F. Boucher, Flammarion, 500 p.

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02 janvier 2015

Bonne année 2015 : ISSN 2607-0006

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29 décembre 2014

Le complexe d'Eden Bellwether, de Benjamin Wood : ISSN 2607-0006

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05 octobre 2014

Au mois d'octobre 2014 : ISSN 2607-0006

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Quells sont les nouveautés de ce mois d'octobre 2014 ?

L'année dernière priceminister a créé un raz de marée de lectures pour la rentrée littéraire. Cette année, l'opération est renouvelée. C'est avec plaisir que j'ai appris que je faisais partie des 800 premiers inscrits et que je vais lire Le complexe d'Eden Bellweter de Banjamin Wood.

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Vus sur la blogosphère :

Vous pouvez embarquer pour un fabuleux voyage sur un titanic fantôme avec Lou et Hilde. Exceptionnellement, je ne m'inscris pas par manque de temps, mais je suivrai, tout en frissonnant, vos halloweenesques lectures. C'est donc reparti pour le challenge Halloween.

Sur le site de Titine, plusieurs films sont chroniqués : parmi ces derniers Hippocrate et Gemma Bovery d'Anne Fontaine sont singulièrement attrayants. Et encore deux autres films très tentants : Leviatan de Zviaguintzev et Yves Sain- Laurent de Bonello

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"Le moment machiavélien" ( E. G. Pokok) :

Alors que j'étais penchée sur mes lectures de philosophie politique, Aaliz exprimait son désir de lire le prince de Machiavel. Nous avons donc choisi la date du 15 décembre. Joignez-vous à nous si vous en avez envie.

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Mes derniers achats :

- Mangez-le si vous le voulez, Teulé.

- Je François Villon, Teulé.

- Autoportrait de l'auteur en coureur de fond, Murakami

- Lettre à Lucius de Sénèque

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30 septembre 2014

Le discours de la servitude volontaire de La Boétie : ISSN 2607-0006

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"Il en est que le métier ingrat de courtisan use dans la servitude volontaire"

De la briéveté de la vie, Sénèque

Quel paradoxe ! Pourquoi accepter le joug d'un tyran ? Pourquoi le peuple "s'asservit" et "se coupe la gorge" ? Ce bref texte de La Boétie suscite d'autres questions que celles de son titre oxymorique. Et tout d'abord qui est cet auteur dont on sait peu de choses ? La date de publication est incertaine et le message est des plus ambigus : comme Le prince de Machiavel qui connut un destin peu ordinaire (" on se perd en conjecture sur le sens de sa démonstration", dit Spinoza)  - de la naissance du concept du machiavélisme à l'interprétation " du livre des Républicains" de Rousseau - Le discours de la servitude est tantôt perçu comme un livre écrit au service du roi contre les protestants, tantôt comme un discours contre le roi et défendant les parlementaires, ou tantôt comme un texte en faveur des Protestants... A-t-il été écrit contre les répressions de la Gabelle de 1548 ? Est-il un jeu rhétorique ou un pamphlet politique ? Huit versions de ce texte existent, qui ne cessent d'être réactualisés, brandis par les révolutionnaires de 1789 ou par les réplublicains en 1851...

" D'avoir plusieurs seigneurs aucun bien je n'y voy. Qu'un sans plus soit le maître, et qu'un seul soit le roi". La dénonciation du pouvoir est étonnamment moderne pour l'époque car elle s'affranchit de toutes allusions religieuses. Ce discours reflète l'appartenance au mouvement de l'humanisme de son auteur, avec la valorisation de l'amitié ( " L'amitié est un nom sacré") qui est synonyme d'égalité et de connaissance mutuelle, de savoirs partagés mais est aussi visible dans le recours aux exemples puisés dans l'histoire antique. Non seulement La Boétie contredit les idées d'Aristote, mais il ne fait pas de son discours un miroir du prince. Il analyse les moyens dont disposent le tyran pour maintenir sa domination : coutume, divertissement, religion et soutien des favoris. On peut donc y lire une corruption de l'ensemble de la société, annonçant le pessimiste de la fin du XVIeme siècle, déchirée par les Guerres civiles, une dégradation des idéaux de l'humanisme.

Si l'on considère ce discours comme l'exercice d'un rhéteur, on ne peut qu'admirer la prose de ce texte qui révèle une véritable éloquence : période cicéronienne, questions oratoires, accumulations, métaphores, parallélismes. En voici un bel exemple ( p. 85) : "Pour ce coup je ne voudrois rien entendre comm'il se peut faire que tant d'hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations endurent quelque fois un tyran seul, qui n'a puissance que celle qu'ils lui donnent ; qui n'a pouvoir de leur nuire, sinon tant qu'ils ont vouloir de l'endurer ; qui ne sçauroit leur faire mal aucun, sinon lors qu'ils aiment mieulx le souffrir que lui contredire." Quelle que soit l'idéologie portée par ce texte, sans cesse réactualisée, il incite à la réflexion et force l'admiration par sa magnifique rhétorique...

La Boétie, De la servitude volontaire, Tel Gallimard.

Lecture commune avec Margotte, Claudia, Océane.

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16 septembre 2014

L'utopie de More : ISSN 2607-0006

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Planisphère de Martin Waldseemuler ( publié avec le texte d'origine)

Comme le Planisphère, à bien y regarder est aussi une vanité, le texte de More est au-delà d'un récit de voyage, comme un traité sur le meilleur gouvernement possible. Morus nomme ce procédé, la " menée oblique" : la fiction permet d'enrober l'aridité d'un essai de philosophie politique. Voguant sur les succès des publications des récits de voyages des explorateurs du XVeme siècle ( le Mundus Novus de Vespucci est un best-seller que tout le monde s'arrache à l'époque) , L'utopie est conçue comme la relation vraie d'un voyage d'un certain Raphaël Hythlodée, qui a participé au trois premiers voyages en Amérique d'Amérigo Vespucci, à Thomas Morus. Avant de révéler sa découverte de l'île, Raphael raconte un dîner avec les puissants de l'Angleterre. Là, il décrit les travers de la Grande Bretagne, une dystopie, notamment les peines infligées aux voleurs, l'orgueil des hommes...

Puis, il commence la description de l'Utopie. Comment se présente cette île ? Quelles sont ses moeurs ? Quel est le système politique et économique ? Grâce aux notes, nous pouvons voir que l'Utopie ressemble beaucoup à la Réplublique de Platon, ce qui n'est pas étonnant lorsque l'on connaît l'amour immodéré des humanistes pour les sources antiques. Ainsi, les utopiens ne connaissant pas la propriété, rejettent l'expansionnisme et n'idôlatrent pas l'or. En creux, cette description critique l'Europe à l'époque de More, notamment les enclosures ( en Angleterre), les conquêtes sanglantes du Nouveau Monde ou " le goût déraisonnable du luxe". Cette île du " non-lieu" présente des aspects modernes pour l'époque comme l'étude pour tous, la mise en valeur du savoir, une des préoccupations humanistes. C'est pourquoi, ils ont beaucoup de temps de loisir " afin qu'ils consacrent à cultiver et à affranchir leur esprit. Car c'est en cela, croient-ils, qu'est située la félicité humaine".

Cependant dans la conversation finale entre Raphael et Morus, nous comprenons que ce dernier est réticent face à certains aspects des propos du jeune voyageur : Morus n'est pas un idéaliste et a une approche plus aristotélicienne de la politique, en favorisant la pratique aux spéculations. Tolérance, vertu, équité, L'utopie est-elle la Res publica idéale ? Il faut surtout se demander si l'on pourrait l'expérimenter... Ce texte m'a permis de réfléchir sur la politique et la morale des utopiens mais aussi à renouer avec les auteurs antiques, notamment la philosophie des stoïciens...

T. More, L'utopie, folio, 382 p. avec le paratexte.

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09 septembre 2014

Les mémoires d'Hadrien/ L'oeuvre au noir de Yourcenar : ISSN 2607-0006

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"Deux êtres profondément différents l'un de l'autre : l'un reconstruit sur des fragments de réel, l'autre imaginaire, mais nourri d'une bouillie de réalité" : ainsi M. Yourcenar décrivait ses deux oeuvres. Les mémoires d'Hadrien peuvent faire penser aux biographies de Suétone, par leur dimension anecdotique, privée, qui développe la vie de Néron, Caligula, décrivant précisément, de manière fouillée leur règne. De facto, l'empereur rend compte de son oeuvre politique, de l'histoire de la Rome du IIeme siècle... comme un "miroir du prince" qu'il adresserait à Marc-Aurèle, son successeur. Mais c'est aussi une méditation sur la mort : au seuil de la mort, Hadrien se juge, médite, confronte diverses philosophies tout en avouant sa fascination pour les différents cultes qu'il a contribué à restaurer. Mais Les Mémoires d'Hadrien ont parfois été appelés par la critique le "roman d'Antinous" : le culte insensé qu'Hadrien rendit à ce jeune homme frappa les historiens de l'époque et Marguerite Yourcenar dessine les lignes de cet amour si tragique qui imprègne le roman d'une grande mélancolie et d'un grand désespoir. Ce livre qui raconte la vie " d'un génie politique", réussissant à instaurer la paix dans l'Empire romain, est aussi une mytification et une poétisation des amours d'Hadrien. Le style togé - style académique, surfait, que les critiques dépréciaient -, la beauté de la langue si chère à l'auteur, enchante le lecteur dès les premières lignes. Et ciselé dans cette belle écriture, à travers la voix d'Hadrien qui relate sa vie, M. Yourcenar construit le véritable tombeau d'Antinous.

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" Je me suis gardée de faire de la vérité une idole, préférant lui laisser son nom plus humble d'exactitude", dit Zénon, le héros de L'oeuvre au noir. Personnage fictif, Zénon est proche de figures réelles comme Léonard de Vinci, Campanella... - que M. Yourcenar énumère dans ses notes. Toujours en fuite, et fuyant tout dogme, ce personnage de médecin, d'alchimiste traverse le seizième siècle qui est à feu et à sang, déchiré par les guerres d'Italie, les guerres de Religions.  Il vit dans un monde boschien ou bruegelien, où les rois sont les débiteurs de marchands cupides,  où les religieux sont des fanatiques, où tout ce qui n'est pas expliqué par le divin paraît hérétique.  Mais Zénon dit aussi : " La révolte qui vous inquiète était en moi, ou peut-être dans le siècle". En effet, au delà du XVIeme siècle, Zénon incarne une figure de contestataire contre toutes les valeurs, tous ces " châteaux d'idées" qui enferment l'homme. Il incarne une certaine image de l'homme qui agit et choisit la liberté comme principe. Ecrit en 1968, L'oeuvre au noir éblouit par son style et par son personnage, qui résiste littérairement parlant - à une époque où Sarraute a proclamé "l'ère du soupçon" dans laquelle le personnage est entré -, et à tout dogmatisme. Est-ce le classicisme de son écriture qui voue M. Yourcenar à un relatif oubli ? Est-ce son érudition qui poussent les lecteurs à refermer ses romans ? Toujours est-il que ses deux magnifiques romans fascinent et éblouissent.

"Les bâtisseurs d'empire : l'empire romain", est un documentaire d'History Channel ( Engineering an Empire) qui s'attarde surtout sur les prouesses architecturales des Romains, de César à Claude.

Le premier siècle de l'Empire romain, Evocation très superficielle des premiers empereurs romains.

Lecture commune avec Claudia, Océane, Praline, Alison, Margotte.

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