12 septembre 2012

Jane Eyre,Susanna White

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Quelle félicité lorsqu'on regarde la mini-série BBC (2006) de Jane Eyre ! Quel bonheur de retrouver enfin l'atmosphère et l'esprit du roman ! Certes les autres adaptations et notamment celle de Fukunaga ne manquaient pas de charme et de beauté et respectaient grosso modo l'histoire, mais celle de Susanna White est bien supérieure par son réalisme historique et par sa fidélité à la narration.  Tout d'abord on découvre Jane Eyre, en plein désert : c'est par l'imagination que lui procure un livre qu'elle s'est transportée dans un tel lieu. puis, on la découvre parmi sa famille - les Reed - qui l'a recueillie : les brimades et les humiliations sont le sort que Jane Eyre subit... Ainsi, on découvre progressivement la vie de l'héroïne, tout en nuance, bien plus subtile que les précédentes versions.

" Je suis maîtresse de moi-même" (Jane Eyre) : A la beauté plastique des paysages, s'ajoutent une ambiance propice à faire surgir le mystère : brume épaisse, château lugubre, violente tempête... S. White redonne toute sa place au secret de famille de Rochester, aux apparitions, à Grace Poole, tout en brossant lentement la relation qui s'installe entre Rochester et Jane : ce sont deux tempéraments volcaniques, pour l'un extériorisé dans une attitude bourrue et pour l'autre, intériorisé et pourtant perceptible dans les nombreuses prises de position de Jane face à un "beau" monde pas si élevé qu'il en a l'air... En outre, le format de la série permet de rétablir certaines scènes invariablement tronquées et pourtant très signifiantes comme la scène de la bohémienne... Il me semble que toute la magie du film se concentre dans cette scène mémorable de la rencontre, dans le brouillard, la nuit, entre cette "elfe" et "le voyageur"... c'est vraiment une sublime adaptation d'une beauté gothique.

Jane Eyre, BBC, 2006, Susanna White avec Ruth Wilson et Toby Stephens.

voir ici, participation au challenge back to the past, organisé avec Lou

Edit du 16/09 : autres billets : Jeneen, arieste, Eiluned,

Autres adaptations : Jane Eyre, zeffirelli, Jane Eyre 1983 (BBC), Jane Eyre Fukugana., Jane eyre, Robert Stevenson.

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08 septembre 2012

La loi du silence, Hitchcock

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Imaginez un prêtre, Michael Logan, à qui on confesse le meurtre d'une personne qu'il connaît, l'avocat Villette, qui fait chanter une femme qu'il aimait avant d'être prêtre. Lorsqu'une enquête s'ouvre, imaginez le silence du père Logan à cause du secret de la confession. Imaginez aussi ses tourments lorsqu'il est arrêté pour ledit crime parce que des témoins ont vu un homme en soutane proche du lieu du crime et que cette soutane est retrouvée dans les affaires de M. Logan. C'est l'intrigue de de La loi du silence - titre original : I confess - réalisé par Hitchcock qui s'est inspiré d'une pièce française Nos deux consciences de Paul Anthelme.

Évidemment le suspense est à son comble : Hitchcock excelle dans l'art des faux-semblants, des coupables innocents et l'art de créer une attente insoutenable. Le père Logan va-t-il être condamné à mort ? Comment prouvera-t-il son innocence ? Surtout que toutes les preuves l'accablent, de même que les divers témoignages : il est souvent filmé en plongée comme écrasé par son secret et sa culpabilité. Quelle attente angoissante ! Ce film repose entièrement sur le jeu d'acteur de M. Logan incarné par Montgomery Clift. Ses peurs, ses doutes se lisent sur son visage. Pourquoi la critique de l'époque parle-t-elle de la "retenue habituelle" de cet acteur ? Il laisse véritablement transparaître divers sentiments... C'est un film plus sombre que les autres Hitchcock car aucun humour n'atténue le dramatique de la situation même si un flash-back insère la romance de Michael avec une jeune femme, ce qui  ne rend pas ce film moins réussi. Au contraire, c'est encore un excellent Hitchcock. Pour l'anecdote, la femme d'Otto Keller, jouée par l'actrice Dolly Haas, est une ancienne comédienne allemande très célèbre qui a arrêté sa carrière pour suivre son mari aux Etats-Unis. Elle reprend du service exceptionnellement pour le célèbre réalisateur....

La loi du silence, Hitchcock, 1953, 95 min, avec Montgomery Clift, Anne Baxter.

Participation au challenge Hitchcock organisé par Titine. Son billet sur "La loi du silence ici.

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03 septembre 2012

Au mois de septembre...

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Au mois de septembre, on sent déjà l'automne s'approcher subrepticement ; la rentrée des classes et la rentrée littéraire sont déjà là et comme Jane Eyre on a bien envie de fuir ailleurs... Mais ne nous laissons pas abattre ; beaucoup de lectures communes, de challenges et de belles découvertes se préparent...

Je vous signale plusieurs lectures communes . N'hésitez pas à nous rejoindre :

- 8/09 : Avec Titine, nous allons visionner La loi du silence de Hitchcock

-20/09 : avec Dominique, nous allons lire une biographie de Flaubert par de Biasi

- 6/ 10 : Avec Ellcrys, nous lirons Persuasion.

- 22/10 : Intrigue à l'anglaise avec Ellcrys

- 31/10 : Antoine et Clépâtre de shakespeare avec Claudia.

- 2/ 11 : nord/sud de Gaskell avec Shebylee, Ellcrys...

Je fais voyager la biographie de Shakespeare écrite par Bryson, n'hésitez pas à la réclamer... * Edit du 10/ 09 : il passera d'abord chez claudia, ensuite chez Keisha, fleur, Ellcrys, Lewerentz...

Que s'est-il passé le mois dernier sur la blogosphère  :  Titine et Cryssilda nous font découvrir un improbable polar dont le titre est mon pire ennemi est sous mon chapeau de L. Bénégui. Côté biographie, Dominique a lu celle de Littré par Alain Rey, et Miss Popila nous conseille de lire l'autobiographie de A. Christie. Margotte s'est penchée sur un essai L'écrivain et la vie de V.  Woolf. Pour les lecteurs de SF, Miss Léo a analysé Hyperion de Dan Simmons. Enfin, Cryssilda nous rappelle pourquoi il faut lire Cervantes...

Après avoir découvert L'aventure de mme Muir de Mankiewicz, Miss Popila me donne envie de voir aussi L'affaire Ciceron du même réalisateur. Niki nous parle de The tomb of Ligeia de Corman, une adaptation d'une oeuvre de Poe, quant à Shelbylee, elle a décidé de voir toutes les adaptations de Jane Eyre en commençant par la version 2011, puis celle de de la BBC de 1984 .

Il pleut des challenges comme il pleut sur la ville : Vous avez envie de découvrir Londres à travers la littérature, Titine et moi avons lancé le challenge "I Love London", pour plus de renseignements ici. Cryssilda, Lou et Titine lancent le challenge "Prix Camus". Que faut-il faire ? Lire des oeuvres parmi 40, soumis au votes de jeunes de 15-25 ans. Elles proposent aussi des LC. j'ai déjà fait un classement des livres que j'avais lus: 1. Albert Cohen, Belle du seigneur, réinvente l'amour romantique dans une langue très belle et audacieuse 2. Romain Gary, La promesse de l'aube, écrit une biographie fantasmée humoristique,3. La symphonie pastorale (André Gide) est un très beau texte sur l'être et le paraître dans une langue ciselée, 4. George Orwell, avec 1984, écrit une intéressante et effrayante dystopie (avec quelques longueurs...), 5. Fred Uhlman, L'ami retrouvé est un excellent texte sur l'amitié sur fond de guerre ( que je relirai bien...) 6. Wladimir Nabokov, Lolita, traite d'un sujet difficile mais sa prose est remarquable, 7. Jean Paul, les mots, écrit une biographie et une réflexion sur les mots, son amour pour l'écriture, 8..La reine des lectrices (Allan Bennet) est un bon divertissement, amusant... 9. Daniel Pennac, Au bonheur des ogres, analyse avec humour une famille et le milieu de l'édition avec fantaisie...10.  La vie est ailleurs de Milan Kundera, est un roman que j'ai oublié... 11. L'élégance du Hérisson (Muriel Barbery) m'a paru surfait...

Et je compte lire la liste suivante : Romain Gary, La vie devant soi, William Faulkner, le bruit et la fureur, Simone de Beauvoir, Mémoire d'une jeune folle rangée, et peut-être, Jack Kerouac, sur la route...

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J'ai abandonné Mondo de Le clézio et ses enfants livrés à eux-mêmes dans une nature pas si accueillante que ça, j'ai lu avec indifférence Le chateau des Carpathes de Jules Verne mais avec intérêt le débat sur la nature et la civilisation dans Vendredi ou la vie sauvage, Je lis mollement Les chroniques martiennes bien que les sujets abordés soient intéressants et avec ahurissement l'homme qui rit de Hugo et La tentation de saint-Antoine.de Flaubert, Mais c'est avec bonheur que je lis Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire et Nos voisins d'en dessous de Brysson... Bonnes lectures à tous... Et vous que lisez-vous ?

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01 septembre 2012

Challenge "I LOVE LONDON"

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Challenge « I LOVE London »

Hello,

Après l'anniversaire des 60 ans de la Reine, les Jeux Olympiques et des diffusions britishness sur arte en juin, avec Titine, nous vous proposons de continuer à vivre à l'heure anglaise avec le challenge « I LOVE London ». Pendant un an, vous pourrez visiter Londres à travers la littérature. Titine vous a concocté une belle bibliographie non exhaustive, ainsi qu'un logo.

Voici différentes catégories qui vous permettrons d'explorer Londres :

  • Soho : 1 livre

  • Bloomsbury : 2 livres

  • Notting Hill : 5 livres

  • Picadilly : 10 livres et plus...

Inscrivez-vous par le biais des commentaires et bonne exploration. Enjoy !

 

Challenge « I LOVE London »-Bibliographie

  • P. Ackroyd, « La maison du docteur Dee »

  • M. Ali, « Sept mers et treize rivières »

  • M. Allingham, « Cercueils et Cie », « Les mystères du West End »

  • M. Amis, « London fields »

  • JG. Ballard, « L’île de béton »

  • A. Bennett, « La reine des lectrices »

  • F. Bourland, « le fantôme de Baker Street », « Le diable du Crystal Palace », « Le serpent de feu »

  • E Bowen, « Emmeline »

  • W. Boyd, « Orages ordinaires », « Armadillo »

  • ME. Braddon, « Les oiseaux de proie », « La femme du docteur »

  • G. Brandeth, « oscar Wilde et le meurtre aux chandelles », « Oscar Wilde et le nid de vipères »

  • A. Brookner, « Loin de soi », « Fêlures », « Une trop longue attente », « les règles du consentement »

  • A. Burgess, « Mort à Deptford »

  • B. Campiche, « Station Victoria »

  • G. Carriger, « Sans âme », « Sans honte »

  • LF. Céline, « Guignol’s band »

  • T. Chevalier, « Le récital des anges », « L’innocence »

  • A. Christie, « un, deux, trois… », « le train de 16h50 », « A l’hôtel Bertram », « La maison biscornue », « Témoin à charge », etc…

  • J. Coe, « Les nains de la mort »

  • Collectif(s), « Londres noir »

  • W. Collins, « La dame en blanc », « Seule contre la loi »

  • A. Conan Doyle, « Une étude en rouge »

  • J. Conrad, « L’agent secret »

  • P. Cornwell, « Jack l’éventreur, affaire classée »

  • T. De Quincey, « Les confessions d’un mangeur d’opium anglais »

  • D. Defoe, « Moll Flanders »

  • C. Dickens, « Oliver Twist », « Le conte des deux villes », « David Copperfield », « Barnabé Rudge », « La maison d’Âpre-vent »

  • H. El-Cheikh, « Londres mon amouré

  • G. Eliot, « Daniel Deronda »

  • M. Faber, « La rose pourpre et le lys »

  • A. Featherstone , « La gigue du pendu »

  • P. Féval, « Les mystères de Londres »

  • R. Fresan, « Les jardins de Kensington »

  • R. Gunesakera, « Récifs »

  • H. Hanff, « 84 Charing Cross Road », “La duchesse de Bloomsbury Street”

  • J. Hawes, “Une mercèdes blanche avec des ailerons”

  • T. Hill, « Cryptographe »

  • N. Hornby, « Haute fidélité », « Carton jaune »

  • V. Hugo, « L’homme qui rit »

  • H. James, « Une vie à Londres »

  • L. Jackson, « les secrets de Londres », « Le cadavre du métropolitain, « Une femme sans peur », « L’ange de Leather Lane, « Le jardin des derniers plaisirs »

  • PD. James, « Les meurtres de la Tamise »

  • H. Kureishi, « Le bouddha de banlieue » ; « Black album »

  • D. Lake, « L’apothicaire de Londres »

  • Lao She, « Messieurs Ma, père et fils »

  • J. Le Carré, « Les gens de Smiley »

  • A. Levy, « Hortense et Queenie »

  • D. Lodge, « La chute du British Museum » ; « L’auteur ! L’auteur ! »

  • J. London, « Le peuple d’en-bas »

  • P. Loughram, « Londres express »

  • I. Mc Ewan, « Samedi »

  • C. Fowler, « Psychoville »

  • R. Marsh, « Le scarabée »

  • R. McLiam Wilson, « Ripley Bogle »

  • N. Meyer, « L’horreur du West End »

  • G. Miton, « Le nez d’Edward Trencom. Les aventures héroïques et byzantines d’un fromager londonien. »

  • T. Mo, « Au pays du soleil couchant »

  • P. Morand, « Londres »

  • N. Mukherjee, « Le passé continu »

  • I. Murdoch, « Dora »

  • G. Orwell, « Dans la dèche à Paris et à Londres »

  • C. Palliser, « Le quinconce »

  • A. Perry, « Rutland Place, «  le mystère de Callander Square », « Resurrection Row », « Buckingham Palace Gardens », « Le crime de Paragon Walk »,etc….

  • P. Prange, « Miss Emily Paxton »

  • J. Prévert, « Charmes de Londres »

  • I. Rankin, « Rebus et le loup-garou de Londres »

  • I. Sinclair, « London orbital »

  • W. Self, « Le livre de Dave », « Dorian »

  • T. Sharpe, « Wilt 1 »

  • W. Stace, « L’infortunée »

  • G. Swift, « La lumière du jour »

  • Z. Smith, « Sourires de loup »

  • M. Spark, « L’ingénieur culturel », « Portobello road  et autres nouvelles »

  • SA. Steeman, « L’assassin habite au 21 »

  • WM. Thackeray « La foire aux vanités »

  • A. Thirlwell, « Politique »

  • C. Toibin, « Le maître »

  • S. Townsend, « La reine et moi »

    Trollope, Quelle epoque !

  • F. Tristan, « Promenades à Londres »

  • J. Vallès, « La rue à Londres »

  • P. Verlaine, « Un tour à Londres »

  • E. Von Arnim, « Mr Skeffington »

  • S. Waters, « Ronde de nuit », « Affinités », « Caresser le velours », « Du bout des doigts »

  • E. Waugh, « Scoop »

  • P. Wentworth, « Meurtre à Craddock house », « L’appel du danger », « Prends garde à toi ! », « Faute de choix »

  • E. Wharton, « Les boucanières »

  • A. Wheatle, « Redemption song »

  • O. Wilde, « Le portrait de Dorian Gray »

  • PG Woodehouse, toutes les aventures de Bertie Wooster

  • V. Woolf, « Mrs Dalloway », « La scène londonienne »

  • W. Wordsworth, « Sur le pont de Westminster »

    Participantes : . Lou, cryssilda, Mango, Shelbylee, Melon, Asphodèle, Malice, Ellcrys, Romanza, Jeneen, Zahlya, Dominique. Céline ( blog bleu),manu .... billet récapitulatif ici.

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29 août 2012

Cinéma et littérature 3

 

Jane Eyre (2011) : bande annonce #1 VO

Cette nouvelle version de Jane Eyre déconstruit la narration chronologique du roman de Charlotte Brontë en commençant par la fuite éperdue de Jane Eyre de Thornfield-Hall : qui fuit-elle ? Pourquoi ? Des flash-backs nous permettent de découvrir son enfance et sa relation ombrageuse avec Rochester. Ce film esthétique est plus solaire, plus lumineux, plus romantique - n'occultant pas complètement l'aspect gothique - que les versions précédentes. Les paysages arides et déserts, des personnages tourmentés et secrets sont sublimés par la caméra de Fukanaga grâce à des cadrage audacieux - même Rochester défiguré reste séduisant - qui arrive tout de même à être fidèle au roman. Ce film - bien qu'ayant quelques imperfections comme l'amour de Rochester qui arrive très brutalement - fait de Jane Eyre une de ces héroïnes qui continuera longtemps à hanter  notre imaginaire...

Jane Eyre de Fukunaga, avec Mia Wasikowska, Michael Fassbender, Jamie Bell, 2012, 120 min.

vu aussi par Lou, titine, Miss Popila,.Shelbylee...

LES 39 MARCHES - Bonus VO

Voici encore un film de la période britannique d'Hitchcock dynamique et léger. Cette comédie policière relate les tribulations d'un canadien - Richard Hannay - qui est entraîné malgré lui dans une histoire d'espionnage et de surcroit accusé de meurtre. La situation de départ n'est pas banale : lors d'une soirée dans un music-hall, Richard rencontre une Mme Smith qui prétend que des plans ont été volés. Il faut empêcher la fuite de ces documents à l'étranger en se rendant en Ecosse pour démasquer le chef de cette conspiration. On assiste donc à une joyeuse suite de scènes burlesques notamment lorsque Richard se réfugie chez un couple de paysans écossais : le mari pointilleux et bourru croit à une idylle entre sa femme et le fugitif alors qu'elle l'aide simplement à échapper à la police et à ses poursuivants... De la ferme, il atterrit dans une sauterie, puis dans une auberge où la tenancière se croit en plein vaudeville... Avec des scènes épurées et à un rythme trépidant, le Maître crée une course-poursuite pleine de rebondissements et de retournements de situation culminant dans une scène finale qui révèle bien des surprises, notamment un "MacGuffin"*.

Les 39 marches, Hitchcock, avec Robert Donat, Madeleine Caroll, 1935. Adapté du roman les 39 marches de J. Buchan lu par Cryssilda et Titine. vu aussi par Miss Léo et Titine. Vous pouvez le visionner ici.

* Expliqué dans cet articletrès intéressant d'Arte.

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Une jeune femme, Julie Kholer prépare minutieusement les meurtres d'hommes qui figurent sur son carnet. Le mobile est assez vite dévoilé ; ce sont les assassins involontaires du mari de Julie le jour de son mariage... Dans ce film, Truffaut déclare ouvertement être influencé par son maître qui est Hitchcock. Mais que de longueurs ! Quel manque de suspense ! L'hommage hitchcockien me semble totalement injustifié : point de tension, ni d'humour noir. La vengeance s'éternise et se mécanise, tous ces morts n'arrivent pas à attiser le moindre intérêt pour ce film mortellement ennuyeux.

La mariée était en noir, Truffaut, adapté de The bride wore black de William Irish, 1967, avec Jeanne Moreau, 1h 47.

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Dernier film de Truffaut, Vivement dimanche est un film policier loufoque : Vercel est accusé du meurtre de l'amant de sa femme, Massoulier. Evidemment, il clame son innocence et c'est sa secrétaire, Barbara qu'il vient de renvoyer qui va mener l'enquête. Truffaut joue avec les codes du roman noir avec brio en choisissant comme détective amateur, une femme et en réutilisant maints clichés du film noir : des portes secrètes camouflés dans une bibliothèque, un suspect qui fume deux cigarettes en même temps par nervosité, beaucoup de scènes nocturnes et pluvieuses... tout porte ce film vers la série B que Truffaut a intentionnellement imité en tournant très rapidement les scènes ce qui amène des incohérences assez drolatiques. A cela s'ajoute des clins d'oeil cinématographiques et littéraires  disséminés dans le film-   Barbara joue dans une pièce Le roi s'amuse et une séquence rappelle psychose ; quant à la fin elle semble faire référence à Fritz Lang... - pour faire de ce film une parodie de série B très réussie....

Vivement dimanche, Truffaut, adapté de The long saturday nigth de Charles Williams, avec Fanny Ardant, Jean-louis Trintignant, 1h 46, 1983

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27 août 2012

Une femme disparaît, Hitchcock

UNE FEMME DISPARAIT - Bonus VO


Une femme disparaît est un film d'espionnage décalé et charmant : le complot ne semble qu'un prétexte à mettre en scène des britanniques dans des situations les plus rocambolesques ! Dans une auberge des Balkans, des touristes débarquent après l'arrêt de leur train dû à une avalanche. Comme dans une comédie, nous faisons la connaissance de divers couples singuliers, des obsédés du cricket, un musicien et spécialiste de la danse folklorique - Gilbert Redman - qui dérange le soir tout l'hôtel, notamment notre héroïne, Iris Henderson... Le lendemain, La jeune femme capricieuse et hautaine repart vers Londres pour se marier et fait la connaissance d'une affable gouvernante qui l'aide car Iris a failli être assommée par un pot de fleurs. Lorsque Miss Froy, la gouvernante, disparaît, toutes les personnes du train nient l'avoir vu, du serveur du wagon-restaurant aux occupants du compartiment d'Iris. A-t-elle des hallucinations comme le sous-entend un éminent docteur ? Est-ce un complot comme Iris le prétend ?

Beaucoup de détails savoureux et comiques viennent pimenter cette histoire de disparition inquiétante et mystérieuse : deux vieux garçons qui mentent pour ne pas rater un match de cricket, un couple adultère qui dirait n'importe quoi pour rester discrets, une religieuse portant des talons hauts, la gouvernante qui voyage avec son propre thé... L'enquête semble inextricable, car il faut ajouter à tout cela, un magicien, une fusillade, un détournement de train, des indices qui apparaissent et disparaissent, des témoignages contradictoires... Un train, une disparition, une enquête - avec un Gilbert comiquement et provisoirement déguisé en Sherlock Holmes - l'ambiance a le charme désuet des romans d'Agatha Christie... mais avec un humour très hitchcockien. Pas étonnant que ce film soit l'un des plus gros succès de la période anglaise Hitchcock : les personnages secondaires et les héros sont délicieux et malicieux, de même que l'humour des dialogues très enlevés, sans compter le fin mot de l'histoire d'espionnage complètement farfelue ! un film à découvrir absolument ici.

Une femme disparaît, Hitchcock, 1938, d'après le roman The Wheel Spins, Ethel Lina White, avec Margaret Lockwood, Michael Redgrave, 96 min

Vous pouvez lire le bel éloge de Miss Léo qui m'a donné envie de voir ce film.

Participation au challenge Hitchcock de Titine.

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25 août 2012

Bouvard et Pécuchet, Flaubert

"Le roman a plus de libertés" ( p. 218) : Avec Bouvard et Pécuchet, Flaubert entreprend une "débalzacionisation" du roman (Biasi). Selon l'auteur lui-même, en le comparant à Nana sorti depuis peu, le livre aura autant de volupté qu'un ouvrage de mathématiques. Bouvard et Pécuchet sont deux anti-Emile, qui après toute une vie de modestes copistes, décident de se retirer à Chavignolles pour y étudier sans maître et avec anarchie toutes les disciplines et toutes les sciences de leur temps en puisant les savoirs dans les livres...

"Une tour de Babel de la sciences " ( Maupassant)  : Après l'achat d'une ferme, nos " deux vieillards abécédaires" ( Thibaudet) s'improvisent agronomes, puis horticulteurs. Mais leur jardin devient un anti-jardin romantique " effrayant" où une pagode chinoise côtoie une cabane brûlée et un tombeau étrusque ayant l'apparence "d'une niche de chien" au milieu des épinards. Après cet échec, ils se consacrent à la chimie : "les bouteilles de chablis, coupées avec du moût, éclatèrent d'elles-mêmes. Alors ils ne doutèrent plus de la réussite" ! Ainsi voguant d'échecs en d'échecs, ils lisent des ouvrages sur la politique, la philosophie et l'éducation... constatant à chaque fois une inadéquation entre les livres et le monde. N'est-ce pas le syndrome du bovarysme ? Ils constatent que le fixisme de Cuvier s'oppose aux théories de Darwin, différentes des théories de Saint-Hilaire ou de Lamarck. En ce qui concerne les gouvernements qui croire ? Rousseau  ou Helvétius ? Faut-il être neptuniste ou plutoniste ? Renvoyant dos à dos tous les discours, les deux cloportes constatent le vacillement de toute vérité et de toutes connaissances.

" Une espèce d'encyclopédie de la bêtise humaine" (Flaubert, Correspondance): Nos deux cloportes s'approprient physiquement ces connaissances, l'un s'affublant d'une couverture et prenant des airs mystiques pour figurer un saint et l'autre se couvrant d'un casque pour figurer un chevalier lorsqu'ils s'improvisent historiens. Que font-ils pour s'approprier des connaissances archéologiques ? Ils créent un musée et entassent un Saint-Pierre, des tuiles rouges, des chaînes, plus proche d'une "quincaillerie" que de pièces authentiques. Ils échouent dans l'éducation de deux enfants qu'ils ont adoptés : les personnages sont-ils bêtes ? La bêtise est-elle dans les livres ? Est-ce un défaut de méthode ? Bien que l'ironie et le discours indirect libre empêchent toute certitude, on constate que ce sont moins Bouvard et Pécuchet les imbéciles que les chavignollais qui les entourent ou leur manque d'esprit de synthèse. Ne dit-on pas au chapitre VIII qu'ils perçoivent la bêtise " des réclames de journaux", des bourgeois et des propos saisis au hasard et en sont affligés.

"Le comique d'idée" (Flaubert, Correspondance) : cet anti-roman sérielle n'est pas aussi ennuyeux que l'on pourrait l'imaginer même si certains passages sont fastidieux à lire de par leur érudition. L'ironie mordante et le comique sont omniprésents et apte à renverser les idées reçues. Bouvard et Pécuchet s’entraînent à la gymnastique. Voilà comment ils sont décrits : "La campagne étant plate on les apercevait de loin ; - et les villageois se demandaient quelles étaient ces deux choses extraordinaires, bondissant dans l'horizon". Et Pécuchet voit tout en noir car il a attrapé la jaunisse faute de pouvoir trouver une définition du beau... S'ajoutent à cela Le sottisier et le dictionnaire des idées reçues : une deuxième partie, inachevée, aurait été consacrée à la copie de citations par nos deux cloportes. Voici quelques perles :

- " Je comparerais volontiers le cultivateur au moment de la moisson à un général d'armée au moment de la bataille ( A. de Roville, La maison rustique).

- " De quel filtre les Parisiennes se servent-elle pour être toutes jolies au mois d'avril, même celles qui ne le sont pas ? Est-ce un don qu'elles tiennent du serpent qui les a tant aimées depuis le jardin d'Eden ? Amédée Achard, L'illustration.

- "c'est dommage que Molière ne sache pas écrire" ( Fénelon)

- "Cygne : chant du cygne parce qu'il ne chante pas. /  blanc comme un cygne, attendu qu'il y en a des noirs."

" L'ineptie est de vouloir conclure ( Flaubert) : Peut-on apprendre quelques choses dans les livres ? Selon Barthes, les savoirs dans les romans existent mais ils sont transmis d'une manière indirecte, " étoilés". L'écriture de Bouvard et Pécuchet avec la représentation de connaissances instables et des vérités inatteignables n'aboutit-elle pas à la construction d'un savoir, de facto une critique du figement des savoirs ? N'est-ce pas ce qui transparaît dans le passage suivant : "L'art, en de certaines occasions, ébranle les esprits médiocres; - et des mondes peuvent être révélés par des interprètes les plus lourds". (p. 211)

Flaubert, Bouvard et Pécuchet, Folio, 565 p.

Quelques ouvrages à consulter : Bouvard et Pécuchet par Thibaudet

Les nouveaux chemins de la connaissance (France culture) : "La bêtise2/5 :  Barthes, lecteur de Flaubert".

Leçon littéraire sur Bouvard et Pécuchet de Gustave Flaubert, par Jean-Paul Santerre, 130 p.

Fictions du savoir, savoirs de la fiction, Atlande, 320 p.

Lecture commune avec Céline. Son billet ici.

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23 août 2012

Brontë, Agnes Grey

978-88-541-3831-5

A Haworth, dans le Yorkshire, près du petit cimetière où est enterrée leur mère, les soeurs Brontë imaginent des romans aux résonances surprenantes, pleines de passions et de mystère, pour ces filles de pasteurs, élevées loin du monde. Ce n'est pas tout à fait le cas d'Agnès Grey, le roman d'Anne Brontë, la plus jeune des soeurs. Son livre est beaucoup moins romanesque et d’inspiration autobiographique : comme elle, l'héroïne est fille de pasteur, une déclassée lorsqu'elle voudra enseigner à des enfants de riches parvenus - les Bloomfield- qui lui montrent le même irrespect que leurs parents ou à des aristocrates vaniteux - les Muray -...

L'écriture simple et fluide confère à la narration un aspect plus informatif que romanesque : des portraits se succèdent à des scènes de pédagogie pour finalement laisser place à une romance. Quittant le monde idyllique de son enfance, l'héroïne naïve et candide des débuts découvre ainsi des personnages hypocrites, d'autres malfaisants. Bien que souffrant de sa condition inférieure, elle fait preuve de courage et persévère malgré de nombreuses plaintes sur son "bien-être"...  Ayant lu les Hauts de Hurlevent et Jane Eyre, le roman Agnès Grey souffre de la comparaison de prime abord. Dès les premières lignes, le ton est moralisateur : " toutes les histoires vraies portent avec elles une instruction, bien que dans quelques-unes le trésor soit difficile à trouver, et si mince en quantité que le noyau sec et ridé ne vaut souvent pas la peine que l'on a eue de casser la noix". Et tout au long du roman, elle prêche des valeurs de bonté et d'amour de manière assez ennuyeuse, mais heureusement rehaussée par d'amusantes caricatures de ladies vaniteuses dont elle a la charge. Dans le chapitre "Le bal", on peut donc voir Miss Mathilde Murray dire : "j'étais réellement charmante, du moins maman l'a dit et aussi Brown, Williamson. [...]Je sais que vous me regardez comme une fille frivole et engouée d'elle-même ; mais je n'attribue pas tout à mes attraits personnels. Je fais la part de mon coiffeur et aussi un peu de celle de mon exquise toilette[...]" . Voici un autre extrait pleine de drôlerie, une conversation entre Miss Mathilde et Miss Grey :  "Mais si je pouvais être toujours jeune, je demeurerais toujours célibataire. J'aimerais m'amuser le plus possible et à séduire le monde entier, jusqu'au moment où je me verrais sur le point d'être appelée vieille fille ; et alors, pour échapper à cette ignominie, après avoir fait dix mille conquêtes, je leur briserais le coeur à tous, un excepté, en prenant un mari noble, riche, indulgent, que cinquante ladies mourraient d'envie de posséder".  - Eh bien, tant que vous aurez ces idées-là, restez célibataire et ne vous mariez sous aucun prétexte, pas même pour échapper à l'ignominie de vous entendre appeler vieille fille". Le témoignage de la vie d'une préceptrice de l'époque et plus globalement de la condition, de l'éducation et du mariage des femmes de l'époque bien qu'intéressant, ponctué de beaucoup de passages plaintifs et d'un ton comportant une certaine fatuité - le plaidoyer pour la condition des gouvernantes paraît bien maladroitement défendue sous la plume d'Anne Brontë - n'a pas la force passionnée des romans des deux autres Brontë mais est plus subtilement humoristique et mélancolique : la noix vaut bien la peine d'être cassée et le noyau n'est ni si sec, ni si ridé !

Agnès Grey, Anne Brontë, Archipoche, 276 p.

*Edit du 23/08 : Billet de Lou.

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19 août 2012

L'aventure de Mme Muir, Mankiewicz

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Une lectrice concluait que si ce n'était pas l'oeuvre Mme Muir et le fantôme de R.A. Dick qu'on qualifiait de chef d'oeuvre, se devait être l'adaptation de Mankiewicz. Et elle avait tout à fait raison. Ce film est un chef doeuvre ! Quels personnages ! Quelles joutes verbales ! Ah, chers spectateurs, laissez vous entraîner dans l'univers de Mrs Lucy Muir : cette jeune et séduisante veuve fuit le joug de sa belle-famille pour s'installer avec sa fille et sa servante Marthe dans une demeure baptisée " les goélands" dans le sud de l'Angleterre, qu'on refuse de lui louer. Pourquoi ? Parce qu'elle est hantée ! Là, en effet, est mort un marin qui est de prime abord bourru et colérique. Mais la jeune femme s'exclame : "hantée ! Passionnant !". Puis tout naturellement, elle parle au fantôme et fait progressivement connaissance de cet étrange hôte... S'entendant comme chien et chat au début, ils finissent par écrire ensemble une biographie " sans calfatage" dudit capitaine Gregg...

L'aventure de Mme Muir est un formidable portrait de femme qui refuse d'être "une faible femme", en ce début du XXeme siècle. Mais ce film aborde aussi les thèmes du passage du temps, de la solitude, de l'amour, de l'écriture et du rêve... On éprouve de la tendresse pour les personnages, que ce soit pour le capitaine qui se révèle plus affectueux qu'il n'en a l'air, pour la servante Marthe qui a la langue bien pendue mais qui prend tendrement soin de sa maîtresse et pour Lucy qui affronte la vie avec détermination, indépendance et humour et même pour sa belle-famille encombrante, bienséante et ridicule à souhait...  On est émerveillé par les beaux paysages marins et par la maîtrise dont fait preuve le réalisateur pour signifier le passage du temps... Comédie romantique - l'amour est plus fort que la mort et même que les rêves - c'est surtout un magnifique film onirique dont tous les vifs dialogues humoristiques font mouche. Un véritable chef d'oeuvre !

L'aventure de Mme Muir, Mankiewicz, 1h40, avec Rex Harrison, George Sander et Gene Tierney, 1947

*edit 21/08 : adaptation théâtrale vue par Niki.

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14 août 2012

Bill Bryson, Shakespeare Autobiographie

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Cette biographie de shakespeare est réjouissante et passionnante : quel style ironique ! quel humour ! Cela signifie-t-il qu'elle n'est pas sérieuse ? Au contraire ! C'est avec beaucoup de minuties et à travers la remise en question de nombres de théories farfelues ou fausses que Bill Bryson rétablit enfin la vérité sur la véritable vie de Shakespeare. Ses interrogations débutent avec la découverte du portrait Chandos : représente-t-il Shakespeare ? Non, ce tableau n'est pas un célèbre portrait du dramaturge, dont la seule authentique représentation est celle choisie pour l'illustration de la couverture.

Avec humour, et de manière chronologique, B. Bryson pose la question suivante : que sait-on sur Shakespeare ? La vertigineuse bibliographie prouve que Shakespeare est devenu un auteur adulé. Mais de son vivant, il reste peu de traces écrites et de témoignages et beaucoup de faits attribués à Shakespeare sont souvent des affabulations ou des hypothèses : "Pour répondre à la question que vous vous posez forcément, non, le présent ouvrage n'a pas été écrit parce que le monde avait besoin d'un livre de plus sur Shakespeare. L'idée était simplement de prendre la mesure de ce que les archives nous apprennent réellement sur lui. Ce qui bien sûr, explique sa minceur." Ainsi pour B. Bryson, les fameuses " années perdues", c'est-à-dire la période entre 1585-1592 où on ne trouve pas traces de Shakespeare sont définitivement perdues, ce qui semble logique. De même, ce n'est pas parce que plusieurs de ses pièces se déroulent en Italie - par exemple, le marchand de Venise - que Shakespeare s'y serait rendu. Rien ne le prouve...

Si la vie de Shakespeare reste toujours aussi obscure, B. Bryson réussit à tracer la vie intellectuelle et quotidienne de la période Élisabéthaine de manière très documentée, abordant aussi bien les moeurs théâtrales que la forme que pouvait avoir le Globe à l'époque. Ses arguments pourfendant les thèses fantaisistes - et les universitaires délirants sont légions -  sont extrêmement soignés : par exemple, la thèse oxfordienne qui voudrait qu'Edward de Vere soit en fait la personne qui aurait écrit toutes les pièces de Shakespeare est mise à mal car la plupart des pièces n'étaient pas écrites quand il est mort en 1604... A lire absolument pour découvrir le style truculent et ironique de B. Bryson et pour découvrir qu'on ne sait rien sur Shakespeare !

*Entrait / édit du 15/08 : " Si presque tout le monde s'accorde à dire que la carrière de William Shakespeare en tant que dramaturge a débuté en 1590, la question de savoir par quelle pièce il a commencé ne fait absolument pas l'unanimité. Selon l'autorité à laquelle on choisit de se fier, ce peut-être n'importe laquelle des huit suivantes : La comédie des erreurs, les deux Gentilhommes de Vérone, la Mégère apprivoisée, titus Andonicus, Le roi Jean ou l'une des trois parties de Henry IV".

Bill Bryson, Shakespeare Autobiographie, Petite bibliothèque payot, 219 p.

Participation au challenge Shakespeare, organisé avec Claudia. Lu aussi par Dominique, théoma,

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