29 septembre 2013

L'affaire Jane Eyre, Fforde : ISSN 2607-0006

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Quel monde attrayant Fforde construit avec L'affaire Jane Eyre ! Tout n'est que littérature ! Les OpSpecs sont des enquêteurs spéciaux qui traquent les faux et les vols de livres. S'ils se rendent dans un bar, il est forcément nommé le "chat de Sheshire". Les aéroports se trouvent ornés de shakesparleurs - des robots qui récitent l'oeuvre de Shakespeare - et les savants fous contruisent des portails qui permettent d'entrer littéralement dans les oeuvres. Dans le monde de Thursday Next, les querelles littéraires font rage : baconiens or not baconiens en ce qui concerne l'oeuvre de Shakespeare ? Lorsque le manuscrit de Martin Chuzzlewit de Dickens est volé, notre héroïne est confrontée à un dangereux professeur de littérature égocentrique et démoniaque - appelé Hadès Achéron. L'intrigue plutôt décousue prolifère de toute part : l'imagination foisonnante de Fforde crée des tueurs de vampires, des chronogardes qui peuvent arrêter le temps, plusieurs intrigues amoureuses...

Si l'imaginaire ffordien se révèle plutôt séduisant, l'écriture est souvent décevante avec de ridicules dialogues entre l'héroïne et Hades, et un langage très familier et parfois grossier pour des amoureux de la littérature... Des détails inutiles et l'humour parfois outré des personnages finissent par lasser, sans parler du manichéisme des personnages.

Pourtant le livre échappe à l'outrance technique des livres de science-fiction. En effet, L'affaire Jane Eyre semble aussi un hommage et un jeu autour de l'oeuvre de charlotte Bronte. Reproduisant des passages entiers, l'auteur prend plaisir à revivifier l'histoire en créant une frontière poreuse entre la réalité et la fiction et en attribuant une vie propre aux personnages peuplant l'oeuvre de C. Brontë : qui n'a pas rêvé de rencontrer Rochester et de déambuler à Thornfield ?

L'affaire Jane Eyre, Fforde, 10/18

 

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18 septembre 2013

Au mois de septembre 2013... " La recherche du romanesque et le mépris du simple" ( Dumas, Pauline) : ISSN 2607-0006

Après une pause estivale, voici le retour des billets mensuels où je vous parlerai, pour cette fois-ci, de... challenges. Tout d'abord, je voulais vous signaler que le challenge Shakespeare continue pour une durée indéterminée chez Claudia mais sans moi. Mon départ est dû, non à mon désamour de Shakespeare, mais depuis le début du challenge, l'organisation titanesque que demande un challenge permanent est complètement géré par Claudia qui postera un billet récapitulatif bientôt.

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Allez-vous participer à l'opération d'envergure de priceminister pour la rentrée littéraire ? Avez-vous déjà choisi un roman ? Pour ma part, je lirai Lady Hunt, de Frappat...

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Et le challenge I love London ? Comme nous n'avions pas terminé nos lectures londoniennes, avec Titine, nous prolongeons d'une année le challenge ! Faites-nous part de vos visites livresques à Londres ! vous trouverez le récapitulatif de Titineet mon bilan ici.

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Je voudrais aussi signaler le challenge mythique - sixième année me semble-t-il - d' Halloween, organisé par Lou et Hilde. N'hésitez pas à vous causer des frayeurs, à baigner dans des atmosphères angoissantes... Voici d'ailleurs des timbres qui pourront orner vos courriers dans cette période horrifique ! Mais Cryssilda évoque aussi le challenge lacune ici, Purple velvet fait son propre bilan challenge et j'ajoute le challenge que signale Titine avec un magnifique logo, le challenge XIXeme... Lewrentz présente un livre très tentant, Les tribulations d'une cuisinière anglaise de Margaret Powell, alors que Lou nous fait découvrir lPauvre Miss finch de W. Collins, et Mrs Figg nous invite à voir  les impressionnistes italiens, sans oublier une liste de films noirs des années 40 par Dasola et la série BBC Little Dorit vu par Adalana. Ne ratez pas les sorties poche de Dickens intitulé Le choix d'Esther et La mystérieuse Lady Dedlock* ; bonne rentrée et bonne lecture !

* Les deux tomes de Bleak House comme le fait remarquer titine.

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30 août 2013

"Sur des aventures que je n'ai pas eues", Lucien

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"L'effectif de notre armée était de cents milles hommes, sans les porteurs, les hommes du génie, les fantasins et les auxiliaires ; sur ce nombre, il y avait quatre-vingt mille cavaliers- Vautours et vingt mille autres cavaliers montés sur des salades ailées. Ces salades aillées sont d'énormes oiseaux qui en guise de plumes, ont le corps hérissé de salades et des ailes faites de feuilles très semblables à celles de la laitue. ( p. 18 )" Dans sa captatio benevolontiae, Lucien affirme "qu"il est un point sur lequel [il dira] la vérité, c'est qu'[il] raconte des mensonges" ! Le pacte de lecture ainsi conclu, Lucien parodie allègrement tous ces auteurs qui parsèment leur récit d'allégation de véracité alors même que leurs histoires paraissent invraisemblables, notamment Homère, qui pour lui, ouvre la voie de la " charlatanerie" ! De manière burlesque et avec beaucoup de fantaisie, Lucien raconte donc ses aventures maritimes mensongères, puisqu'il avoue modestement qu'il ne lui est rien arrivé qui vaille la peine d'être raconté, et ses rencontres avec des tritonbouc (personnage moitié bouc et moitié espadon) ou des tête-de-thon au nom éloquent dans le ventre d'une baleine. On peut aussi reconnaitre parodié l'épisode des sirènes homériques ou une caricature du séjour des bienheureux d'Hésiode avec un Ulysse regrettant sa Calypso ! Le décalage entre les situations triviales et les héros antiques crée la vis comica.

Quelle imagination débridée ! Quelles extravagances critiques ! C'est avec jubilation qu'on découvre ce monde de fantaisie avec des imitations burlesques particulièrement réussies des grands textes antiques et on songe aussi à la postérité de Lucien : les guerres des salades ailées  et des bombardiers-ails sur la lune inspireront Cyrano de Bergerac mais alimenteront aussi la fantaisie rabelaisienne et ses fameuses guerres andouilliques dans le très lucianesque Quart-Livre.

Lucien, Sur des aventures que je n'ai pas eues, Folio, 81 p.

Merci aux éditions Folio et à Lise pour ce partenariat.

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05 août 2013

Les mystères d'Udolpho, Ann Radcliffe

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Des précipices. Après quelques lignes idylliques peignant une heureuse famille Saint-Aubert, le roman d'A. Radcliffe ne semble se composer que de précipices, d’abymes et de gouffres sans fond auxquels s'ajoutent toutes les quatre pages, des paysages "sublimes" ou "romantiques" ornés de coucher de soleil. Que ce soit l'Italie où se situe le château d'Udolphe ou les Pyrénées, ce ne sont que paysages grandioses et crépusculaires. Quant au château, essayez lecteurs de ne pas vous perdre dans le dédale des cachots, des chambres comportant des tableaux mystérieux et vivants, et surtout des multiples portes secrètes s'ouvrant seules, sans oublier les cachettes sous le parquet.... " tics, tics, tics" dirait Lautréamont ( Poésies )...

De la vertu de l'héroïne. L'héroïne de roman gothique est éminemment vertueuse. Même face à une tante ingrate, tyrannique et désagréable, - Mme Chéron - notre héroïne reste noble, généreuse et plus vertueuse que jamais. Mais que de larmes ! Que de pâmoisons ! Et les hommes ne sont pas de reste ! L'amant, valancourt, pleure de voir sa belle pleurer. Emilie pleure devant l'agonie de son père. Le père pleure de joie ou de tristesse, on ne sait guère car il pleure à tout propos. Mais cette profusion de larmes laissent indifférent le méchant, l'horrible et le démoniaque comte Montoni, et nous aussi lecteurs, croyez-moi !

Des stupéfiantes coïncidences. De nombreuses coïncidences ne cessent de jalonner le malheureux chemin de notre héroïne. Essayez aussi de ne pas vous perdre dans les multiples mystères entourant la vie d'Emilie. Qui est la Marquise de villeroi ? Qui est la femme représentée sur un médaillon caché par son père ? Alors qu'Emilie croit voir le cadavre de sa tante, elle la retrouve finalement dans une tour du délabré château. A peine trouve-t-elle un français à Udolpho, mais ce n'est pas Valancourt ! Elle fait connaissance des Villefort et aussitôt, cela lui permet de résoudre le mystère de la marquise ! Que de coïncidences ! Trop d'évanouissements, trop de déluges de larmes et trop de précipices stéréotypés nous font quitter ce roman avec soulagement même si le surnaturel et les énigmes sont savamment entretenus....

Les mysthères d'Udolpho, Anne Radcliff ( 1797), Archipoche,

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28 juillet 2013

Pour une nuit d'amour, Zola

audiolib_001Dépoussiérons les classiques avec une écoute audiolib d'une nouvelle méconnue de Zola, lue par Robin Renucci  : "Pour une nuit d'amour" parue en 1882 dans le recueil Le capitaine Burle où on peut lire aussi l'intéressante nouvelle "Comment on meurt". Tout en poursuivant l'écriture de son cycle somme de L'histoire naturelle et sociale d'une famille sous le second Empire, Zola écrit de petites nouvelles qui gardent des traces de son grand projet. Dans "Pour une nuit d'amour"," l'hérédité [qui] a ses lois comme la pesanteur" et "le  débordement des appétits"* sont aussi présents.

En effet, le héros de cette brève nouvelle est Julien, un pauvre hère, qui n'a d'autres plaisirs que de jouer de la flute et regarder les eaux chantantes de la Chanteclair jusqu'au jour où Thérèse de Marsanne, une jeune noble, revient habiter le manoir face à sa chambre. L'hôtel de Marsanne a un " grand air mélancolique de tombe abandonnée dans le recueillement d'un cimetière" : oui, cet hôtel qui " restait mort" va soudain être le théâtre d'un meurtre ! Les cinq chapitres de ce récit sont comme cinq actes tragiques : peu à peu on découvre l'histoire de Thérèse qui a des "allures violentes" et de sa famille dont les " membres naissaient avec un mal étrange" .  On nous narre aussi ses relations houleuses avec le petit Colombel qui finiront tragiquement.

Comme Zola sait habilement mêler atmosphère réaliste et registre fantastique ! Comme il a su bien illustrer sa théorie déterministe ! Et quel talent pour susciter notre curiosité et décrire des personnages et des lieux sociaux antithétiques ! Cette histoire est d'ailleurs magnifiquement lue par Robin Renucci, qui de sa voix lente, calme et sérieuse arrive à faire revivre cette nouvelle qui présente de nombreuses analogies avec Thérèse Raquin. Encore une très belle découverte grâce à audiolib....

Merci à Audiolib pour ce partenariat et à Chloé. Site audiolib ici avec la fiche de" Pour une nuit d'amour". CD audio, durée 1h24.

Autres romans : La fortune des Rougon, Thérèse Raquin, La bête humaine,

* Préface de La Fortune des Rougon ( 1871), Zola.

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25 juin 2013

So shocking d'A. Bennett

So_shocking__So shocking  ! Mais qu'est-ce qui peut paraitre si choquant dans la vie de deux mères de famille "respectables" anglaises ? C'est la peinture d'une veuve joyeuse, Mrs Donaldson, qui après la mort de son mari, va se libérer sexuellement... Le voyeurisme est traité sur un mode censé être comique mais qui n'est malheureusement qu'ennuyeux. En outre, A. Bennett semble avoir été un peu trop influencé par toutes les séries américaines se déroulant dans le milieu hospitalier : le cadre de la première nouvelle est un l'hôpital où est mort Mr Donaldson dans lequel sévit un médecin cabotin et piètre séducteur. En effet, Mrs Donaldson participe à des cours à la faculté de médecine où elle feint d'être une patiente atteinte de différentes maladies. Cela permet donc à l'auteur de développer quelques personnages secondaires comme miss Beckinsale, excellence imitatrice de démence sénile, qui  amènent un peu de drôlerie dans la narration des frasques de Mrs Donaldson.

La deuxième nouvelle développe le thème de l'homosexualité. En revanche, la peinture de la middle class anglaise - annoncée dans la quatrième de couverture - est bien présente avec la présentation des membres de la famille Forbes, qui ont construit leur vie sur les non-dits et les convenances. Derrière le mariage de Graham Forbes et sa réussite sociale sont cachés l'égoïsme, le narcissisme la vanité, la lâcheté et de nombreux secrets qui doivent être à tout prix célés pour ne pas choquer Mrs Forbes... Ce court récit paraît plus attrayant par son romanesque, avec la présence d'un maitre chanteur, de multiples infidélités, d'un trio amoureux assez inattendu. Cependant, les clichés abondent ; on est loin de la légèreté et de l'irrévérence de La reine des lectrices et on s'ennuie vaguement en attendant la fin des histoires pas vraiment subversives ni impertinentes.

So shocking, Alan Bennett, Folio, 194 p.

merci Lise pour ce partenariat Folio.

Participation au mois anglais de titine et lou. Lecture commune avec Miss Léo et Titine.

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12 juin 2013

Tamara Drewe/ Gemma Bovery de Simmonds : ISSN 2607-0006

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Quel charme ont les romans graphiques ( cf. définition dans cet article de Neuvième art 2.0) de Posy Simmonds ! Non seulement, elle sait décrire et illustrer la société contemporaine avec humour et finesse mais elle sait aussi parler littérature. Tamara Drewe s'inpire de Loin de la foule déchaînée de Thomas Hardy tandis que Gemma Bovery est une transposition ludique d'Emma Bovary.

Dans Tamara Drewe, trois narrateurs nous entraînent dans le village de Stonefield, où s'ennuient de jeunes adolescents dont Casey, qui va inconsciemment provoquer bien des drames par l'envoi de textos intempestifs ou en entrant par effraction chez Tamara. Quant à Tamara, une jeune journaliste londonnienne, elle déchaine les passions dans une campagne anglaise pas si idylique qu'elle n'en a l'air. Elle sert de cadre à la retraite studieuse d'écrivains en résidence où cohabitent Glen Larson, un universaire déserté par les muses et Nicholas Hardiman, un écrivain à succès qui est" comme une théière" autour duquel les femmes  s'empressent "comme des tasses".

Contrairement aux bandes dessinées, le mélange des textes et de la forme traditionnelle de la bande dessinée permettent de développer la psychologie des personnages et de leur point de vue. Ainsi, suit-on dans Gemma Bovery à la fois les fantasmes de la jeune femme qui s'ennuie dans la campagne Normande -  qui rêve de son ex-amant -, qui n'aime pas son indolent mari et ses enfants et  en même temps, on peut suivre les pensées de Raymond Joubert, un boulanger qui bovaryse : il confond comiquement sa voisine avec l'héroïne de Flaubert.

Mais Gemma Bovery et Tamara Drewe ne sont pas de simple réécriture libre. P. Symmonds dépeint la cohabitation entre Français et Anglais dans Gemma Bovery, en mettant en scène un couple d'anglais ( les Rankin) et la vie de Raymond. Elle met aussi en image l'ennui des personnages vivant "loin de la foule déchaînée" et les inconvénient de vivre dans des petites bourgades où chacun s'épie, les difficultés du métier de journaliste ou des décoratrices dépendant des commandes, et même des problèmes de prise de poids, d'odeur d'égout dans les vieilles maisons ou de fraudes fiscales. A cela s'ajoute l'humour et la fantaisie avec l'évocation des coussins corrupteurs ( selon Glen Larson) et de vaches furieusement meurtrières. En effet, chaque dénouement est des plus rocambolesques. Un univers à découvrir si vous ne connaissez pas encore Posy Simmonds...

Posy Simmonds, Tamara Drewe, denoel Graphic, p 134.

Posy Simmonds, Gemma Bovery, Denoël Graphic, billet de Miss Léo.

Participation au mois anglais de Lou et titine.

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09 juin 2013

Mysteries, Seule contre la loi, Vincent Wagner, Roger Seiter

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Après la vogue des romans victoriens, voici la mode des BD victorienne : Mysteries, Seule contre la loi est l'adaptation d'un roman de Wilkie Collins. L'adaptation en images est aussi fidèle que possible et que le permet la réduction d'une intrigue de plus de 500 pages en seulement une centaine. Cependant l'histoire reste tout à fait compréhensible : le rôle de Valéria en femme déterminée à découvrir le secret de son mari, qui porte un faux nom est bien mis en scène. Comme le personnage de Mariane dans La dame en blanc, Valéria n'hésite pas à enfreindre les codes de la bienséance pour prouver l'innocence de son mari. On retrouve une galerie de portraits comme dans beaucoup de romans de W. Collins avec la présence du "méchant" Misserimus Dexter - à la hauteur du Fosco de la Dame en blanc , Ariel, ou des excentriques comme dans  Pierre de Lune, et surtout de la présence du romancier lui-même, parfaitement et admirablement barbu !

La pluie battante de la première case annonce bien l'ambiance sinistre et glauque qui s'installe au fil des pages, où le dessinateur privilégie les couleurs froides et qui culmine avec la découverte de la maison délabrée de M. Dexter et ses abominables croutes. Mais surtout la dimension historique est particulièrement soignée : coupé, tilbury pour le décor, mitaine résille, crinoline et houppelande pour les vêtements, rien n'est oublié pour recréer l'ambiance de l'époque victorienne. L'appareil didactique final souligne le rôle joué par la système jusdiciare dans les romans de Collins, qui a fait des études de droit même s'il n'a jamais plaidé. Le format plus petit de Magnard Caterman permet, en outre, une lecture aisée en toutes circonstances !

Quelques BD victoriennes :  Le roman graphique Elinor Jones, (Lu par L'irrégulière), Le célèbre From Hell de Moor et Campbell, Peter Pan de Loisel, Professeur campbell de J. Sfar, Tea party de Nancy Pena ( lu par la petite marchande de prose), La madone de Pellini, Feredici, (Lu par Lou) , Emma de K. Mori, Clues de Mara ( lu par Clélie) .Scotland Yard, Dobbs et Perger (Lu par sookee), Venise hanté, Seiter et Vincent Wagner (lu par Cryssilda), La série Fog, Seiter et Bonin, lu par Lou, ..

Mysteries, Seule contre la loi, Vincent Wagner Roger Seiter, Magnard Casterman, 119 p. Lu par Cryssilda, syl, Titine,

Participation aux challenges British Misteries de Lou, Challenge I Love London organisé avec Titine et au mois anglais organisé par titine et Lou.

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08 juin 2013

Hitcock, Les 39 marches/ Meurtre/ Le grand alibi

 

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Les 39 marches d'hitchcock,est un petit film hitchcockien de la période anglaise qui possède donc les mêmes caractéristiques que les films de cette période, c'est -à-dire le rythme trépidant, l'humour, et l'uasage du quiproquo : on se laisse emporter par la fuite éperdue du personnage principal - Richard Hannay - qui s'exclame de manière très juste et en faisant une métalepse : " on se croirait dans un "roman d'espionnage" ! Adapté du roman homonyme de Buchan, ce film ne cesse de renvoyer au monde du spectacle tout comme dans Le grand Alibi et Meurtre. Mais si Meurtre est une vraie enquête menée par un acteur, Les 39 marches semble dominé par la fantaisie la plus débridée : Robert Donnat incarne joyeusement cette insouciance et cette désinvolture. Comiquement, il se mêleà des cyclistes pour échapper à des espions et intervient dans un metting politique sans réellement savoir ce qu'il fait là. A cette intrigue faussement politique se mêle une histoire sentimentale humoristique. 

Les 39 marches, Hitchcock, 1935, avec Vu par titine et lu par Cryssilda, Niki, Miss Léo,

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Dans Meurtre, une vraie enquête est menée par un acteur, sir John : procès, délibération, emprisonnement. L'univers est plus sombre, plus expressionniste et l'aspect humoristique est minime. Cependant, comme dans Les 39 marches, l'aspect spectaculaire demeure une des principales caractéristiques de ce film qui se déroule dans un théâtre permettant de faire jouer les faux-semblants et le monde de l'art donnant la clé de l'énigme. L'actrice Diane Baring se réveille près d'un cadavre - une autre actrice avec laquelle elle se disputait - n'est pas coupable alors qui est-ce ? Il est intéressant de voir que dès ses débuts cinématographiques, Hitchcock laisse une grande part à l'inconscient, le côté obscur de l'être humain. L'actrice est-elle schizophrène ? Pourquoi ne se rappelle-t-elle pas du meurtre de sa collègue ? On souligne d'ailleurs pour ce film du début du parlant, l'aspect novateur du monologue intérieur au cinéma.

Meutre, Hitchcock, film britannique, 1930, 108 min.

Bande-annonce : Le Grand Alibi - VOST

Le grand Alibi met en scène un trio conventionnel : Marlène Dietrich incarne Charlotte Inwood, une actrice qui aurait assassiné son mari pour pouvoir vivre avec son amant Richard Todd. Mais est-elle coupable comme le montre tous les indices. Une autre actrice, Eve, cherche à l'accuser et à innocenter Richard Todd qui clame son innocence. Où est le vrai coupable ? Voilà encore un film qui mêle arts du spectacle et intrigue policière pour mieux brouiller les pistes. Les dernières scènes ne sont pas sans rappeler Psychose. On soulignera tout particulièrement le talent de Jane Wyman qui joue plusieurs rôles pour aider l'homme qu'elle aime et surtout le rôle secondaire de son père qui joue un excentrique bourru apportant une touche d'humour à cette intrigue retorse où les fausses pistes s'accumulent. Les films hitcockiens de la période anglaise humoristique, ( Les 39 marches et Le grand Alibi) ou dramatique ( Murder), séduisent par l'alliance de l'humour et l'habileté diégétique !

Le grand alibi, Hitchcock, 1950 , film britannique,

Participation au mois anglais de Lou et titine et challenge Hitchcock de Titine.

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02 juin 2013

La dame en blanc, W. Collins

w_wilkie_collins_dame_blanc_9510_L_2RDzMYQuel roman ! Même lorsque l'on connaît le style du célèbre romancier victorien, nous nous laissons envoûter une fois de plus par l'ambiance énigmatique de La dame en blanc. et il faudra bien 500 pages pour dénouer tous les fils de cette histoire extraordinairement fascinante. Avec beaucoup de modernité, W. Collins emploie des voix différentes pour raconter l'imbroglio de cette dame en blanc. Qui est-elle ? C'est à travers les yeux d'un jeune peintre, Walter Hartrigh, qu'on la découvre. Mais elle n'est pas au coeur de cette sombre histoire d'héritage : l'héroïne est miss Fairlie. Celle-ci doit épouser un homme qu'elle n'aime plus depuis sa rencontre avec le jeune peintre. Cependant, son futur époux, pressé de se marier n'est guère choqué par cet aveu. Brusquement, le récit de Walter s'interrompt pour laisser s'exprimer un notaire, ami de la famille. Il ne connaît pas toutes les ficelles en jeu dans ce mariage mais est outré par le sort réservé à la jeune fille. Le ton est alors celui d'un jurisconsulte : le notaire prend soin de mentionner toutes les lettres reçues et énumère les biens de la jeune fille. Le lecteur impatient en sait déjà un peu plus sur la dame en blanc... Mais le récit des mésaventures de Miss Fairlie est continué dans le journal de sa demi-soeur, Miss Marian Halcombe : le mariage a enfin eu lieu...

Mais quelle habileté dans la narration ! Et quelle richesse dans les thèmes abordés ! On parle souvent de la misogynie des auteurs du XIXeme siècle, cependant, W. Collins a conscience de la vulnérabilité des femmes et en décrit tous les méandres juridiques, qui fragilisent sa position dans cette société si corsetée où les hommes paraissent si cupides et si sournois. Vous vous doutez bien qu'outre toutes ces qualités, Wilkie Collins fait aussi preuve d'humour - même si le roman est d'une réelle noirceur - notamment lorsque miss Halcombe réfléchit sur le lien entre les personnes grasses et leur morale mais aussi à travers le personnage ridiculisé du mari ou de l'oncle Fairlie, malade imaginaire, avec une bouffonne collection de gravures, l'excentricité du comte Fosco et involontairement, lorsqu'on nous décrit la déchéance intellectuelle de Laura... Des faux rebondissements, l'importance des scènes nocturnes dans les cimetières, des usurpations d'identité, de diaboliques figures, le thème de la folie et les secrets dissimulés derrière des apparences nobles... font de ce roman le plus victorien des romans de W. Collins.

La dame en blanc, W. Collins, Phébus;

Autres romans : L'hôtel hanté, Pierre de lune, Le secret, Seule contre la loi, Profondeur glacé,

Participation au mois anglais organisé par Lou et titine, au challenge I love London organisé avec titine et au challenge myself organisé par Romanza

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