19 février 2016

Le café de Tresniek de Seethaler : ISSN 2607-0006

product_9782070464203_195x320

photo de la couverture : visite d'Hermann Goering à Vienne, 1938

A quoi ressemble Vienne en 1937 ? Dans Le tabac de Tresniek, Seethaler l'évoque à travers l'histoire d'un adolescent de 18 ans, Frantz. Ce jeune garçon, originaire d'un petit village d'Autriche, Salzkammerzt, arrive dans cette ville, à une époque troublée : " C'était impressionnant. La ville bouillonnait comme une cocotte minute. Tout était perpétuellement en mouvement, rue, les murs mêmes avaient l'air de vivre, de respirer, d'onduler. C'était comme si on avait pu entendre les pavés gémir et les tuiles grincer".

Subtilement, Seethaler évoque l'ascension d'Hitler. A plusieurs reprises, Tresniek, un unijambiste qui s'est battu pour son pays en 1914, est inquiété par son voisin qui le considère comme l'ami des juifs. Un facteur ne se soucie pas de voir le courrier censuré par la Gestapo. Il se réjouit au contraire de voir son sac s'alléger. Dans les journaux, que lit Frantz, on apprend que chaque jour des communistes se suicident... De nombreuses évocations de la ville sont entrecoupées de descriptions extrêmement poétiques, richement évocatrices, de la campagne autrichienne, de la ville natale de l'adolescent.

Seul le personnage principal nuit partiellement à l'histoire : après la narration affligeante de son premier amour, on nous narre sa rencontre avec Freud, narration tout aussi insipide. Pourtant l'évolution du personnage, qui ressemble bien à un parcours iniatique, finit par le rendre moins insignifiant. Le tabac de Tresniek n'est pas un roman historique mais témoigne de l'ambiance d'une époque, à travers de splendides descriptions. Un livre moins anodin qu'il n'en a l'air.

Seethaler, Le tabac de Tresniek, Folio, 271 p.

Le billet de DasolaDominique

Partenariat Folio

Posté par maggie 76 à 21:07 - - Commentaires [31] - Permalien [#]


18 février 2016

Paco et l'orchestre de Magali Le Huche : ISSN 2607-0006

product_9782070658381_195x320

" Paco est très content

Ce soir, il y a un beau concert

dans la forêt. Mais où sont

donc les musiciens ? ".

En appuyant sur des icones, vous pouvez écouter des musiques et des sons. Paco entre dans une belle forêt colorée, et rencontre un chat qui joue de la clarinette. Puis, on peut écouter un ours au piano. Contrebasse, violoncelle, célesta... S'ensuient plusieurs animaux jouant divers instruments. Quel est ce concert ? En appuyant sur l'icone, à côté de la clarinette, on entend "Le coucou dans les bois" du Carnaval des animaux. D'autres extraits tels que "fossiles", " Volière", de la musique de Saint-Saens peuvent être écoutés, rendant ainsi abordable la musique classique pour les plus petits ( 3 à 6 ans), même si la suite de Saint Saens n'est pas respectée, ni l'ordre des animaux ( ordre que vous pouvez trouver dans cet article).

Ce beau livre - même si les dessins ne sont pas particulièrement remarquables - permet de découvrir la musique classique de manière ludique. Chaque découverte d'instruments est accompagné d'un court texte de quelques lignes, fil d'Ariane de la promenade de Paco. L'aspect pédagogique n'est pas oublié avec une page récapitulant tous les instruments... Et pour prolonger le plaisir, vous pourrez écouter Paco et le rock, Paco et la fanfare et Paco et le jazz.

Paco et l'orchestre, livre sonore, Gallimard jeunesse musique,Magali Le Huche ( un extrait à écouter sur le site Gallimard), 24 p.

Posté par maggie 76 à 22:44 - - Commentaires [4] - Permalien [#]

07 février 2016

Le code Rebecca de Ken Follett : ISSN 2607-0006

51VWRVxkWIL

"La nuit dernière, j'ai rêvé que je retournais à Manderley..." est l'incipit de Rebecca de du Maurier. Mais pourquoi un agent du service de renseignement militaires britanniques trouve ce roman, à moitié calciné, dans les papiers laissé par l'Afrikakorps ? Cet événement provient aprè l'arrivée d'un espion allemand au Caire. De l'affrontement de ces deux hommes va déboucher la victoire des Alliés.

Le code Rebecca est d'abord un roman d'espionnage, jouant du suspense. On nous montre l'affrontement de deux hommes aux caractères totalement opposés : l'espion Alex Wolf et le major Vandam. Les points de vue alternent entre plusieurs personnages, suspendant l'action, créant une attente autour de l'enquête du major, sa quête de l'espion allemand, et empêchant un manichéisme facile. L'un des personnages, une Egyptienne, exprime sa haine pour l'occupant anglais. Le comportement des Anglais est d'ailleurs critiqué à plusieurs reprises.

Dommage que l'auteur n'ait pas donné ses sources. On ne sait pas vraiment jusqu'à quel point Ken Follett a romancé la réalité. Quelques pages sont consacrées d'ailleurs à des batailles réelles comme celle de Gazala ou d'El-Alamein. La vie quotidienne du Caire est aussi décrite, avec des descriptions de voyage en train, de bagarres dans la rue, des commerces... De ce point de vue là, l'arrière-plan est intéressant.

Malheureusement, deux histoires sentimentales mal écrites viennent gâcher le plaisir de lecture : le major Vandam tombe éperdument amoureux d'une Cairote. Alors que les personnages, qui lisent le roman de Daphné du Maurier se moquent de ce livre sentimental, Ken Follett fait d'affreuses envolées lyriques culminant dans une scène que n'aurait pas renié un écrivain d'arlequinades ! L'auteur a-t-il parodié les romans d'espionnage ? Une question qu'on se pose lorsque l'on voit ces tristes pages.

Follett, Le code Rebecca, Le livre de poche, 380 p.

Posté par maggie 76 à 13:53 - - Commentaires [21] - Permalien [#]

30 janvier 2016

Au mois de janvier 2016... : ISSN 2607-0006

Claudia 001Aurélia Frey, Image extraite de Variations, 2013, photographie argentique

Comment a commencé l'année ? Tout d'abord, je remercie Folio et audiolib pour leur partenariat car ils me permettent de découvrir de nouveaux auteurs ou des livres que je n'aurai peut-être pas lus... Merci Claudia, aussi, pour le joli colis plein de douceurs que j'ai reçu et à tous les blogueurs qui laissent des commentaires.

108805932_o553693Spotlight-UK-Quotes-One-Sheet-Final

Dasola conseille les Délices Tokyo de Noami kawase, Alex nous donne envie de voir Spotlight. Le coup de coeur de Trilllian est Le garçon et la bête.

Voici quelques films que j'ai vus récemment, mais je vous fais grâce de Star wars, le réveil de la force :

IMITATION GAME - Bande Annonce Officielle VF - Benedict Cumberbatch / Keira Knightley (2015)

Dans Imitation game, on peut découvrir un génial mathématicien du nom d'Allan Turing, qui a cassé le code Enigma, code utilisé par les nazis. Le contexte de la Seconde guerre Mondiale est présent à travers des images d'archives en noir et blanc, venant rappeler le rôle primordial de ce surdoué associal dans cette période de guerre. La découverte de cette personnalité hors du commun permet aussi de découvrir le sort réservé aux homosexuels dans les années 50 en Angleterre mais aussi de voir la souffrance d'une personne inadpatée à la société qui l'entoure. Un sage biopic, très classique, mais instructif.

Imitation game, 2015, M. Tyldum, avec Benedit Camberbatch, Keira Knightley, 1h55

LE PONT DES ESPIONS Bande Annonce (Steven Spielberg - 2015)

Comment est le dernier Spielberg ? Le pont des espions est un film très académique mais il permet de montrer avec sobriété les rapports de forces entre les grandes puissances que sont les EU, la RDA et l'URSS pendant la Guerre Froide. Un avocat doit défendre un espion soviétique, devenant ainsi anti-patriotique aux yeux des Américains. Pourtant, grâce à sa ténacité, il arrive à négocier l'échange de cet espion contre un pilote fait prisonnier par les Soviétiques. Certes, il y a un héros typiquement américain, de l'humour, des rebondissements, une histoire sentimentale, de bons sentiments, mais ce qui est vraiment intéressant c'est l'histoire des conséquences de la construction du mur de Berlin. Un film à voir pour sa dimension historique.

Le pont des espions, 2015, Spielberg, 2h12,  avec Tom Hanks. billet d'Alex, Parenthèse de caractères

Les Enquêtes du Département V : Profanation - Bande-annonce VF

Profanation, les enquêtes du département V est un film policier assez classique, suite de Miséricorde : deux enquêteurs ouvrent une ancienne affaire, qui compromet un riche milliardaire danois. Décidément, les pays nordiques ne cessent de briser l'image idéaliste qu'ils peuvent véhiculer avec ce long métrage très violent et montrant la corruption dont font preuve les hommes politiques. Une partie de l'histoire fait d'ailleurs penser à un campus novel avec des héros évoluant dans un lycée très chic cachant des dépravations. Très classique dans la manière de filmer, mais l'intrigue est plutôt prenante et donne fortement envie de lire les romans dont ils sont adaptés (Judi Adler Olsen).

Profanation, les enquêtes du département V, 2015, de M. Norgaard, 1h59 min

Bon mois de février et belles lectures...

Posté par maggie 76 à 22:28 - - Commentaires [11] - Permalien [#]

23 janvier 2016

Goodbye Billy, Les rats de poussière de Whale : ISSN 2607-0006

Whale 005Partenariat Folio

L'avis positif d'Adalana

Posté par maggie 76 à 22:07 - - Commentaires [10] - Permalien [#]


16 janvier 2016

Sigmaringen de P. Assouline : ISSN 2607-0006

images

Sigmaringen est une petite ville située sur le Danube, au sud de l'Allemagne. C'est le cadre du roman historique de P. Assouline : en 1944, Pétain et Laval sont exilés dans le château des Hohenzollern. Leur majordome, Julius Stein, officie sous leur ordre. Narrateur interne, on suit les pensées et les observations de Julius, qui décrit la vie des ministres, des miliciens et des civils français, qu'il est obligés de servir. Comme dans Les vestiges du jour, on nous raconte le quotidien d'un buttler.

Dans une note, à la fin du roman, l'auteur reconnaît sa dette envers le roman d'Ishiguro, dont Sigmaringen semble une pâle copie, notamment avec la question de la dignité de la fonction, et le film de James Ivory. Parmi ses sources, on trouve l'incontournable Downton abbey ou Gostford Park. Pour s'en démarquer, Assouline a ajouté de nombreux retournements de situations, surtout vers la fin du roman, avec des trahisons, des espions, un mariage énigmatique, la "sigmaringite" ( c'est-à-dire l'ambition, la jalousie dans ce lieu clos)...

L'aspect historique ténue reste pourtant intéressante : qui sont les Hohenzollern ? Quel rôle a joué Céline ? Comment vivent les civils français qui ont suivi le gouvernement de Vichy en exil ? Les derniers jours du régime nazi, le sort des oeuvres d'art entre leurs mains, les Volkssturm, le rôle de l'aristocratie dans l'ascension d'Hitler sont aussi évoqués, de manière très documentée, sembe-t-il à en juger par la pléthore de sources de ce roman.

"A l'entendre, ma conception de l'obéissance relevait de la pathologie. Elle ne comprenait pas, elle ne pouvait comprendre que chez nous dès lors qu'on endosse un uniforme, on se croit délesté d'une certaine responsabilité. On n'a plus à décider". Cette citation reflète l'un des dilemmes du personnage : doit-on obéir aveuglément  aux ordres ? Même si le procédé narratif n'est pas neuf - donner la parole à un majordome - et même si le rythme est très lent pendant les trois-quarts du roman, Assouline nous immerge parfaitement dans cette époque, en donnant une large place à la politique et à la musique aussi.

Assouline, Sigmaringen, Folio, 352 p.

Partenariat Folio

Posté par maggie 76 à 14:05 - - Commentaires [14] - Permalien [#]

08 janvier 2016

Literary life, Scènes de la vie littéraire de Posy Simmonds : ISSN 2607-0006

 

Posy simmond 001

quatrième de couverture : " Ces chroniques ont paru chaque samedi entre 2002 et 2005 dans The Guardian Review. Ma seule consigne était que tout devait tourner autour de la vie des lettres. Je travaillais en flux tendu - recherche d'une idée le lundi, fol espoir de l'avoir trouvée le mardi, et le mercredi, jour de remise, frénésie de travail matinal, en robe de chambre parmi les miettes de toast. Puis à 11hh50, course jusqu'aux bureaux des journal, au bout de ma rue ( mais pas en robe de chambre) pour livrer ma planche. Le reste du mercredi était en général consacré à un lunch bien mérité".

Cette présentation par l'auteur lui-même reflète bien le contenu de ses planches : " la vie des lettres". Simmonds aborde le problème de la page blanche qui guette tous les auteurs, la commercialisation du livre, la fausse modestie ou la concurrence entre romanciers, le changement des tailles des librairies, du comportement des lecteurs, la dépréciation de certains genres comme le roman jeunesse... Que pense un auteur des séances de dédicace ? Ou rangez-vous vos livres ? Comment se comporte un romancier à succès ? Aucun aspect, gravitant autour du milieu littéraire, n'a échappé à l'acuité de Posy Simmonds.

L'humour dont elle fait preuve dans la présentation de ses dessins est aussi présent dans ses vignettes : " soudain, une des brebis de Jacob partit en vrille, poignardant, tranchant et taillant un chemin sanglant en...", écrit un écrivain devenant enragé devant sa page blanche ! Certaines de ces planches sont des parodies hilarantes comme celle du roman noir ( "Rick Raker, agent spécial", ou "Sherlock Holmes à Paris" ou celle de B. Potter ( ci-dessous), qui est particulièrement désopilante. Quelques personnages sont récurrents  : on suit les tentatives d'écriture d'une mère de famille, les missions de Rick Raker ou les conseils du docteur Derek ( le seul à m'avoir passablement ennuyée)...

simm512En quelques traits, P. Simmonds dresse un panorama, certes caricatural mais ne manquant pas de véracité, du monde des lettres. Elle a su saisir, avec justesse, les métamorphoses du paysage littéraire. Ces satires sont à découvrir dans un petit format folio, plein plus pratique que celui des BD traditionnelles ! Réjouissant !

Simmonds, Literary life, Scènes de la vie littéraire, 90 p.

Autres BD :  Tamara Drewe et Gemma Bovery.

Partenariat folio

Posté par maggie 76 à 22:43 - - Commentaires [14] - Permalien [#]

03 janvier 2016

Le bonhomme de neige de Nesbo : ISSN 2607-0006

Une femme adultère découvre un bonhomme de neige en sortant de chez son amant. Avec son fils, ils rentrent chez eux terrifiés. S'ensuivent d'autres meurtres similaires. La septième enquête d'Harry Hole présente une mécanique parfaitement huilée, dans un Oslo enneigé.

51A1ou-lwBL

Dans cette enquête, une nouvelle recrue, Katrin Bratt, jeune et efficace, et Harry Hole mènent l'enquête tambour battant. Avec un machiavélisme incroyable, Nesbo accumule les fausses pistes, où chaque détail se révèlera a posteriori très important. On est loin de la frénésie des personnages psychotiques, de la surenchère de violence, d'horreur et des crimes spectaculaires présents dans Police, le dernier opus sur le fameux inspecteur.

Certes plus traditionnel, Le bonhomme de neige muliplie les fausses preuves et met à l'épreuve l'esprit de déduction du lecteur. C'est l'aspect le plus remarquable de cette enquête où chaque nouveau chapitre, très bref, présente un nouveau tueur potentiel, comme un inquiétant chasseur de champignons, venu assainir la maison de Harry.

Bref, l'intrigue est bien construite, ce qui ne nous empêche pas d'en apprendre davantage sur la vie alcoolisée du personnage principal et sur ses relations avec Rachel, une ex-compagne. En effet, c'est l'un des agréments des séries : on retrouve des personnages familiers et l'auteur réussit à reconstruire tout l'univers quotidien de son personnage.

413y5V6wXDL

Habillé d'un élégant boitier cartonné noir, ornée d'une étoile blanche dentelée, ce beau livre vous ravira tant par son intrigue efficace que par son bel extérieur. Une enquête qui donne envie de poursuivre la découverte des précédentes aventures de l'inpecteur Hole.

Nesbo, Le bonhomme de neige, Folio policier, 584 p.

Billet de Miss Léo, de Niki où vous trouverez d'autres liens...

Autre roman : Police.

Partenariat Folio

Posté par maggie 76 à 19:32 - - Commentaires [17] - Permalien [#]

31 décembre 2015

bilan de l'année 2015 : ISSN 2607-0006

ob_75639c_quaisa-smith

Les quais de Bordeaux, Alfred Smith, 1982

En cette année 2015, mes lectures se sont réduites à une peau de chagrin.

donna-tartt-chardonneret-L-SR6cl8le-spleen-de-paris-petits-poemes-en-prose517BBGzGJPL

 Quel est l'auteur que j'ai découvert ? Avec Le Chardonneret et Le maître des illusions, j'ai aimé la manière dont Donna Tartt met en exergue la beauté, qui semble, dans ses romans, ammorale et immortelle. Cet auteur a, en outre, un vrai sens du romanesque et fait de nombreuses références livresques.

Parmi les auteurs que j'idolâtre, il y a Baudelaire. Les fleurs du mal m'accompagnent depuis des années. J'ai relu passionnément cette année ses poèmes en prose, moins poétiques que ses poèmes en vers, mais qui enchantent par leur musicalité, comme "le bruit éclatant d'un palais de cristal crevé par la foudre" ( "Le mauvais vitrier"). Avec Le spleen de Paris, Baudelaire a réalisé le miracle " d'une superbe fleur éclose dans un terrain volcanique" ( "Le désir de peindre"). En effet, publié au rez de chaussée des journaux, concurrençant les romans feuilletons, ses poèmes prennent la forme de satire, de choses vues, de nouvelles... Le Spleen de Paris est une " fosse de l'idéal" ( "Laquelle est la vraie ?"). Dans la société mercantile du XIXeme siècle, Baudelaire a su poétiser son temps. Et j'ai tendance à penser comme G. Blin que ces poèmes prosaiques " marquent un commencement absolu".

Crimson-Peak-1280x600

 En revanche, j'ai vu de nombreux bons films cette année. Parmi ceux-ci, j'ai particulièrement été fascinée par Crimson Peack, pour son univers gothique, La isla minima qui narre l'enquête de deux policiers ( avec deux acteurs excellents) dans l'Espagne post-franquiste et au Coeur de l'océan. Ce film est une merveille visuelle ! J'ai regretté que l'histoire ne développe pas davantage l'histoire de Melville, surtout que la fin traine en longueur, et de l'écriture de son roman, notamment de sa signification. Cette grosse production a réussi à nous plonger dans une époque avec de belles reconstitutions et à nous donner envie de lire Moby Dick.

Franz Schubert - Piano Trio No 2 in E flat major

Enfin, le billet de Dominique ( un hiver avec Schubert de Bellamy) m'a furieusement donné envie de réécouter certains classiques !

Voici une page belle et mouvementée qui se referme et une autre qui s'ouvre... Je vous souhaite de beaux voyages et de belles découvertes livresques, musicales, gastronomiques, culturelles, filmiques... pour l'année 2016 !

Posté par maggie 76 à 23:42 - - Commentaires [29] - Permalien [#]

24 décembre 2015

Calligrammes d' Apollinaire : ISSN 2607-0006

calli 001

 

Cette branche de gui pour vous souhaiter une joyeuse année et de bonne fête de Noël !

"Afin que la beauté ne perde pas ses droits" et " Aux fleurs d'intelligence à parfum de beauté" ("Chant d'honneur", Calligrammes)

9782081282629

Apolinaire écrit, entre 1913 et 1918, ses Calligrammes, dans un monde en mutation. Ses poèmes reflètent bien cette période de transistion entre modernité et tradition, passé et avenir, simplicité et complexité, mort et vie...

Amoureux, soldat, poète, Apollinaire chante son quotidien, entremêlant plusieurs thèmes, parfois proches d'images surréalistes, comme dans le poème " Il y a". Il condense admirablement ses obsessions dans un autoportrait : " Coeur, couronne et miroir".

app2On lui a reproché d'esthétiser la guerre. En effet, dans "Chant d'honneur" et d'autres poèmes, il compare les fusées à "une fleur qui s'ouvre et puis s'épanouit".

Cependant le poète n'oublie pas les morts de la guerre comme les " noms qui se mélancolisent/comme des pas dans une église" ( La colombe poignardée et le jet d'eau")

Un "calligramme" est un mot valise, forgé par Apollinaire qu signifie "belle lettre" et qui rejoint, me semble-t-il, sa perception de la vie qu'il énonce dans "La cravate et la montre" : " La beauté de la vie passe la douleur de mourir". Non, l'auteur d'Alcool ne déforme pas la vie mais la réenchante...

Apollinaire, Calligrammes, Garnier Flammarion, 315 p.

Posté par maggie 76 à 12:36 - - Commentaires [15] - Permalien [#]