11 octobre 2019

Demon slayer de Koyoharu Gotouge (volume 1) : ISSN 2607-0006

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Demon slayer © 2019 by Koyoharu Gotouge/ SHUEISHA Inc.

Après une première publication interrompue, sous le nom des Rôdeurs de la nuit, Demon slayer, un shonen atypique essentiellement dans son graphisme, est à nouveau édité. En effet, l'histoire est celle d'un shonen classique : Tanjiro, un jeune marchand de charbon cherche à se venger des démons mangeurs de chair humaine qui ont tué sa famille à l'exception de sa soeur. Cette dernière, Nezuko, est toutefois devenue un monstre, un vampire qui arrive à dominer ses instincts grâce aux liens qui la relient à son frère. Tanjiro devra devenir le meilleur des pourfendeurs de démons pour venger sa famille.

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Pl. 1 : Demon slayer © 2019 by Koyoharu Gotouge/ SHUEISHA Inc

Cependant, cette histoire où Tanjiro doit apprendre des techniques de combat, est sublimée par de magnifiques dessins faisant souvent penser à des estampes (planche 1). On peut donc admirer les motifs des kimonos, ce manga se déroulant sous l'ère Taisho (1912-1926), les traits de mouvement ressemblant à des vagues de l'école de Yukiyo-e, et les jeux de contraste entre le noir et le blanc (illustration 1).

Chaque case a un arrière-plan rarement vide, les fonds présentant des motifs et les paysages étant extrêmement détaillés. On est loin de l'esthétique traditionnelle que l'on retrouve dans nombre de mangas actuels que ce soit Frankenstein family ou Le bateau de Thésée : le style graphique de Koyoharu Gotouche est immédiatement reconnaissable comme celui d'Asano ou de Nihei. On s'attache évidemment au héros, non pas parce qu'il arrive à se surpasser et à devenir le meilleur des pourfendeurs mais parce qu'"il a de la pitié pour ces monstres". "Il sens l'odeur de la gentillesse en lui", comme le remarquera son maître d'arme. Un série à suivre !

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Illustration 1 : Demon slayer © 2019 by Koyoharu Gotouge/ SHUEISHA Inc

halloween logo 10 ansGotouche Koyoharu, Demon slayer, volume 1 ( 17 en cours), Panini, Italie, 2019.

Challenge Halloween, 2019, organisé par Lou et Hilde.

Sur le web : podcast "Faut-il se (re)lancer dans le manga demon slayer ?", la 5° de couv

vlog "cinq raisons d'aimer Demon slayer" L'ermite moderne

Croquet Pauline, "Après un lancement confidentiel, "Demon slayer" entend se hisser au rang de manga culte", Le monde, mis en ligne le 18 septembre 2019. URL : https://www.lemonde.fr/pixels/article/2019/09/18/apres-un-lancement-confidentiel-demon-slayer-entend-se-hisser-au-rang-de-manga-culte_5511966_4408996.html

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10 octobre 2019

Mes voisins les esprits de Shirotori Ushio (volumes 1 et 2) : ISSN 2607-0006

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© 2019 Ushio Shirotori / MAG Garden

mesvoisinslesesprit2Le shonen Mes voisins les esprits permet une découverte passionnante du folklore japonais à travers l'histoire de Yachiho, une jeune lycéenne, qui emménage dans une maison hantée, pour retrouver des notes sur le royaumes des morts, censées lui permettre de retrouver sa mère. Le premier volume pose rapidement les bases de l'histoire et paraît cahotique, hésitant entre le surnaturel et la tranche de vie d'une lycéenne. Les personnages sont peu approfondis, de même que les situations.

Pl. 1 © 2018 Ushio Shirotori / MAG Garden

Le bestiaire illustré 001Le deuxième volume présente parfois les mêmes défauts - par exemple le père apparaît et repart brusquement et sans raisons en deux ou trois pages... Cependant, la mangaka arrive à mieux développer des situations quotidiennes mettant en scène des humains et leurs rapports aux esprits dans le monde contemporain : "Même quand ils ne les voient pas et n'en ont pas conscience... certains humains interagissent ainsi avec les esprits à travers leurs rites et 

Pl. 2 © 2018 Ushio Shirotori / MAG Garden

coutumes", déclare Moro (p. 59, volume 2), le gardien du passage vers le monde éternel, qui guide la jeune fille dans l'univers des yokai.

Le monde des créatures surnaturelles et les maisons hantées évoquent la peur et des situations angoissantes. Ce n'est absolument pas le cas de ce manga dont la joliesse du dessin (planche 1) et les situations amusantes créent plutôt un univers proche de celui de Miyazaki. L'intrigue est un peu faible et brouillonne mais l'attrait de ce deuxième tome se situe aussi dans les bonus qui sont consacrés à des esprits nippons apparus dans de petites saynètes de la vie du personnage principal ( planche 2). Espérons que la suite sera à l'image de ce deuxième opus, un reflet des croyances japonaises avec un aspect pédagogique et qu'on en apprendra plus sur les notes du royaume des morts...

2849851935Ushio Shirotori, Mes voisins les esprits, (2 volumes, série en cours), Doki Doki, Italie, septembre 2019.

Challenge Halloween 2019 organisé par Lou et Hilde

Sur le web : Andureau William, "Dans l'imaginaire japonais, toute chose, animée ou non, peut être habitée par un esprit", Le monde, mis en ligne le 2 mai 2016. URL : https://www.lemonde.fr/pixels/article/2016/05/02/dans-l-imaginaire-japonais-toute-chose-animee-ou-non-peut-etre-habitee-par-un-esprit_4912192_4408996.html

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09 octobre 2019

Contes de Terremer d'Ursula Le Guin : ISSN 2607-0006

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Ursula Le Guin est devenue une figure emblématique de la littérature de genre ( fantasy et science-fiction) en créant notamment le célèbre cycle de Terremer. Elle nous incite dans son introduction à commencer par Les contes de Terremer plutôt que par Terremer, le premier tome : " Les cinq contes de ce recueil explorent ou prolongent le monde décrit dans les quatre premiers romans de Terremer. Si chacun forme un récit autonome, mieux vaut les lire avant, et non après, lesdits livres". Emer, un personnage, demande : " Oh ! vous êtes conteur ? [...] Vous pouvez me dire une histoire ? Vous feriez mon bonheur, et plus elle sera longue, mieux ce sera ! Mais buvez d'abord votre soupe, laissez-moi m'asseoir pour l'entendre..." ( p. 286). En effet, dans ces îles, les mots ont un pouvoir démiurgique, la parole est primordiale.

Le moins qu'on puisse dire c'est que la romancière refuse "cette fantasy marchande" - définie dans son introduction - pleine de clichés qui n'invente rien : "elle [la fantasy marchande] recycle les vieux thèmes pour les dépouiller de leur densité intellectuelle et éthique, et pour changer leur intrigue en violence, leurs acteurs en marionnettes, leurs vérités premières en platitudes. Les héros brandissent leur épée, leur laser, leur baguette magique, aussi mécaniques que des moissonneuses-batteuses : la récolte n'a d'objet que le profit".

Les contes de terremer raconte différentes histoires où la magie n'a qu'un rôle secondaire par rapport aux volontés et aux caractères des personnages. Certes, il y a des dragons, des métamorphoses d'hommes en animaux et des sorciers mais l'intérêt réside dans l'humanité des personnages qui recherchent un équilibre entre le bien et le mal. Effectivement, Le Guin a bien défini le genre dans lequel s'inscrivent ses nouvelles, loin de la "fantasy marchande" en développant le quotidien de ses personnages, certains renonçant même à leurs pouvoirs pour suivre celles qu'ils aiment. Ne cherchez pas d'épiques batailles comme dans Le Seigneur des anneaux ou l'humour de l'école des sorciers d'Harry Potter. Il y a bien une école des sorciers dans les nouvelles de Le Guin mais il s'en dégage plutôt de la simplicité, du calme et de la mélancolie. Avec Les contes de Terremer, Le Guin réussit à créer son propre univers de fantasy.

Les Contes de Terremer ( bande annonce )

Le premier film d'animation de Goro Miyazaki porte le nom des Contes de terremer mais adapte d'autres romans que les nouvelles de Terremer même si l'on retrouve le personnage de L'épervier par exemple. Mieux vaut connaître le cycle de Le Guin avant de visionner ce long métrage car le spectateur est projeté in medias res dans un monde complètement inconnu malgré la présentation initiale rapide. Les îles de Terremer voit la magie des sorciers s'amenuir et les terres sont l'objet d'un mal inconnu. Le prince Arren possédé tue son père et rencontre un mage, l'épervier, qui va l'aider à lutter contre un sorcier malfaisant.

L'ensemble paraît parfois un peu confus pour ceux qui ne connaissent pas le pouvoir de nomination des mages et des sorciers et pour celui qui n'est pas familier des personnages du cycle. Cependant, on retrouve des thèmes miyazakiens comme la recherche d'équilibre entre l'homme et la nature et son esthétique issue des studios Ghibli. Ce n'est pas le meilleur film produit par ces studios, son scénario étant mal cousu et ses séquences mal rythmées...

Le Guin Ursula, Les contes de Terremer, Livre de poche

Miyazaki, Les contes de Terremer, 116 min, 2006.

Challenge Halloween 2019 de Lou et Hilde.

Sur le web : Sotinel Thomas, "Les contes de Terremer" : Miyazaki, le fils, conte un parricide", Le Monde, mis en ligne le 3 avril 2007. URL : https://www.lemonde.fr/cinema/article/2007/04/03/les-contes-de-terremer-miyazaki-le-fils-conte-un-parricide_891242_3476.html 

Prolongueau Hubert, "Trois raisons de (re)lire... Terremer d'Ursula K. Le Guin, preuve que la fantasy peut se passer d'orcs et d'elfes", Télérama, mis en ligne le 18 novembre 2018. URL : https://www.telerama.fr/livre/trois-raisons-de-%28re%29lire...-terremer-dursula-k.-le-guin,-preuve-que-la-fantasy-peut-se-passer-dorcs,n5895170.php

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 © GND / HDDT / Buena Vista International

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 © GND / HDDT / Buena Vista International

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02 octobre 2019

C'est le premier, je balance tout (septembre 2019) : ISSN 2607-0006

c-est-le-1er-je-balance-tout-banniere-bicolore-marineLogo d'allez-vous faire lire

1) LES CHRONIQUES VENUES D'AILLEURS

2091a2bab58cfcc6b5524e90667e9cb8Depuis le 27 septembre, le challenge Halloween 2019, les 10 ans, a commencé tambour battant avec un RAT organisé par Lou et Hilde. N'hésitez pas à vous inscrire pour des lectures halloweenesques et des billets divers et variés : vous pouvez retrouver le programme ici. Expo, photo, essais culinaires, fantômes, surnaturel se donnent rendez-vous dans ce challenge ! J'ai prévu une semaine consacrée à Halloween comportant deux films, quatre mangas et un roman jeunesse... Frissonnez : Halloween approche !

SHINING - Bande Annonce Officielle (VF) - Jack Nicholson / Stanley Kubrick

81ASZlEgr5L18739695MALEDICTION_DE_LOKI_-_JAQ-1_Recto

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2) MES FILMS

LES HIRONDELLES DE KABOUL Bande Annonce (Cannes 2019) Animation

 Les hirondelles de Kaboul est l'adaptation d'une oeuvre de Yasmina Kadra. Comme Parvana ou Valse avec Bachir, c'est un film d'animation qui permet à Zabou Breitman de parler des talibans et de la charia. Dans les années 2000, Mohsen et Zuneira souffrent des interdictions du régime en place. On croise aussi le destin d'un ancien professeur d'une université fermée, d'un geolier et de sa femme malade... Même si le choix de l'animation met à distance une sombre réalité, la caméra subjective permet à la réalisatrice de nous mettre à la place des personnages. On ressent donc de vives émotions en côtoyant ces personnages privés de liberté, notamment les femmes. Formellement très beau avec ses aquarelles d'Eléa Gobbé-Mévellec, le film est aussi bouleversant lorsqu'on regarde tous ces destins brisés mais où l'espoir reste comme un envol d'hirondelle. Evidemment, à découvrir ! Le visionnage des hirondelles de Kaboul nous pousse aussi à lire le roman si ce n'est pas déjà fait...

Bretman, gobbé-Mévellec, Les hirondelles de Kaboul, 1h21, 2019

Sur le web : Dasola, dans la bibliothèque de Cléanthe,

Joudet Murielle, ""Les hirondelles de Kaboul" : un récit choral sans supplément d'âme", mise en ligne le 4 septembre 2019. URL : https://www.lemonde.fr/culture/article/2019/09/04/les-hirondelles-de-kaboul-un-recit-choral-sans-supplement-d-ame_5506148_3246.html

3) MES LIVRES

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Ce mois-ci, j'ai pu découvrir le magnifique album de Benjamin Lacombe, Frida. J'ai continué mes lectures balzaciennes avec la lecture d'Ursule Mirouet. Une LC avec A girl from eart m'a permis d'apercevoir un aspect de l'histoire de l'Amérique et celle des Osage dans La note américaine. J'ai aussi lu deux romans d'anticipation remarquables comme La servante écarlate et Le mur invisible. Je poursuis mes découvertes de mangakas avec la série Pluto et le premier volume d'Une vie au zoo. Enfin, je remercie audiolu un roman policier L'ombre de la baleine et La vie secrète des arbres.

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 4) MES ACHATS

Les éditions Folio m'ont envoyé Un chemin de table de M. de Kerangal et La soif de Nesbo. Quant aux éditions Audiolib, ils m'ont envoyé Marie et Bronia de Natacha Henry et Civilization de Binet. J'ai acheté la suite de Moi quand je me réincarne en slime et une nouvelle série de mangas : Grendel, inspiré de Béowulf.

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30 septembre 2019

La note américaine de David Grann : ISSN 2607-0006

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 Photo : © Courtesy of Raymond Red Corn et James Gabbert/Istock. couverture : Hite

Comme le célèbre De sang froid de Truman Capote, La note américaine est un "true crime"  : le journaliste David Grann enquête sur des disparitions dans la tribu des Osage et raconte comment des meurtres sont passés inaperçus. Avec ses chiffres, ses faits, ses dates, l'écriture est minutieuse, précise, simple, écriture proche d'un autre roman de non-ficion De sang froid.

Pour raconter cette enquête, il s'est appuyé sur de nombreux documents, témoignages comme l'indique la bibliographie et les remerciements. L'ampleur des recherches titanesques est visible dans la précision du récit dans lequel sont cités des journaux, des témoignagnes, des rituels osages. En revanche, il n'y a pas de système de numérotation dans le renvoi des notes, ce qui ne facilite pas le repérage des sources. Des photographies viennent illustrer les propos de David Grann et donner un visage à tous ces protagonistes et à tous ces lieux. Voyez comment les images s'intègrent au récit :

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 Courtesy of the werstern History Collections University of Oklahoma Libraries, Cunningham No. 184

Mais il ne faut pas réduire La note américaine à une simple enquête. David Grann se penche sur l'histoire de l'Amérique au début du XXeme siècle, de celle de la police et de la création du FBI et celle des Amérindiens. Ces derniers dépossédés de leurs terres sont obligés de s'installer en Oklahoma sur une terre rocailleuse qui recouvre des gisements pétroliers. Chacun cherche à profiter des malheureux Amérindiens devenus richissimes grâce aux gisements de pétrole... Non seulement on cherche à les assimiler, à les voler, à les empoisonner mais surtout, on les méprise en les appelant les "couvertures" et en les considérant comme des barbares. Pour prendre leur terre originellement au Kansas, voici ce qu'écrit le journaliste : " En 1870, les Osages - expulsés de leurs tipis, leurs tombes pillées -

Grann école 001 acceptèrent de vendre leurs parcelles du Kansas aux colons à un dollar vingt-cinq l'acre. Malgré cela, certains d'entre eux massacrèrent des indiens, laissant leurs corps mutilés, sclapés" (p. 59). Qui sont les barbares ?

Courtesy of Raymond Red Corn

"Presque tout a disparu aujourd'hui. Disparues, les gigantesques compagnies pétrolières et leurs forêts de derricks. Disparus, les chemins de fer, dont celui où A Spencer et Franck Nash commirent la dernière attaque de l'Oklahoma en 1923. Disparus, aussi, les hors-la loi dont la majorité ont eu une mort aussi spectaculaire que la vie qu'ils avaient menée" (p. 311). Certains crimes n'ont pas été punis. Là réside le scandale de cette sombre histoire. Lorsque D. Grann parle enfin à la première personne, c'est pour souligner un triste constat : le Règne de la terreur - dans les années 1920 au moment des nombreux meurtres des Osages - n'est que la partie visible des meurtres perpétrés envers les membres de la tribu des Osages. La note américaine nous rappelle la souffrance des descendants de ces victimes qui tombent dans l'oubli ou dans le

Grann saloon 001désintérêt général. Encore en 2017, Sheridan avec Wind river montrait comment des  femmes amérindiennes pouvaient disparaître dans l'indifférence générale... Mais pour ceux qui ont lu La note américaine, ils n'oublieront pas de sitôt ces atrocités...

Aaron Tomlinson

David Grann, La note américaine, Pocket, France, Mars 2019, 421 p.

LC avec A girl from eart

Sur le web : Marilyne, Annie, Book'ing, Miss Léo,

Crom Nathalie, "La note américaine, David Grann", Télérama, mise en ligne le 28 février 2018. URL : https://www.telerama.fr/livres/la-note-americaine,n5504716.php

la-note-americaine-livre-enquete-bientot-adapte-par-scorsese_width1024"De gauche à droite : Rita, Anna, Mollie, Minnie" (p. 133)

Courtesy of the Osage Nation Museum

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26 septembre 2019

Le Mur invisible de Marlen Haushofer : ISSN 2607-0006

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Illustration de couverture : © Jules Bastien-Lepage, 1879, The Metropolitan Museum of art, New York

 Même si vous avez déjà vu le film Le Mur invisible de Julian Roman Polsler (2012) adapté du roman de Marlen Haushofer (1963), on prend un immense intérêt à lire ce roman d'anticipation atypique. Pas de catastrophe atomique, pas d'aliens envahisseurs... Une femme tient un journal, dans une langue simple et descriptive. En voici l'incipit : "Je n'écris pas pour le seule plaisir d'écrire. M'obliger à écrire me semble le seul moyen de na pas perdre la raison. Je n'ai personne ici qui puisse réfléchir à ma place ou prendre soin de moi. Je suis seule et je dois essayer de survivre aux longs et sombres mois d'hiver".

Peu d'actions spectaculaires sont narrées mais l'héroïne décrit son quotidien, notamment les émotions qui furent les siennes lorsqu'elle constate qu'elle est seule face à une énigme insoluble. L'introspection menée dans la solitude comporte toutes sortes de réflexions sur notre société : la tyrannie des heures, la responsabilité des femmes au sein de leur famille.

Si l'on replace ce livre dans son contexte,  Le mur invisible a été écrit pendant la guerre froide, à une époque où l'on craignait une guerre atomique qu'elle évoque tout au début de son roman : " à cette époque, on parlait beaucoup d'une guerre atomique et de ses conséquences, ce qui poussa Hugo à stocker dans son chalet de chasse une provision de denrées alimentaires et d'objets de première nécessité" (p. 12).

Mais un lecteur du XXIeme siècle peut plaquer ses préoccupations sur ce livre. A l'inverse de notre consumérisme effrénée, la narratrice est obligée d'être attentive aux nombres d'allumettes, de cartouches utilisées lors de ses chasses :  "pourtant à cette époque déjà je ne souffrais plus autant d'envies impossibles à satisfaire. Mon imagination n'était plus alimentée de l'extérieur et les désirs s'apaisaient lentement. J'étais bien contente quand nous étions rassasiées, moi et mes bêtes, et quand nous n'avions pas à souffrir de la faim" (p. 238) et " maintenant que les hommes n'existent plus, les conduites de gaz, les centrales électriques et les oléoducs montrent leur vrai visage lamentable. On en avait fait des dieux au lieu de s'en servir comme des objets d'usage" (p. 259).

Ses actions quotidiennes provoquent d'innombrables réflexions sur sa condition de femme ("Quand je me remémore la femme que j'ai été, la femme au léger double menton qui se donnait beaucoup de mal pour paraître plus jeune que son âge, j'éprouve pour elle peu de sympathie. Mais je ne voudrais pas la juger trop sévèrement. Il ne lui a jamais été donné de prendre sa vie en main. Encore jeune fille, elle se chargea en toute inconscience d'un lourd fardeau et fona une famille, après quoi elle ne cessa plus d'être accablée par un nombre écrasant de devoirs et de soucis" p. 96) ou sur son rapport à la nature ( "Les gens qui peuplaient mes nuits pendant le premier hiver ont complètement disparu. Je ne les vois plus jamais. Il ne se montraient pas particulièrement aimables dans ces rêves, alors que les animaux y sont amicaux et plein d'entrain. Mais à la réflexion il n'y a là rien d'étonnant, cela montre tout au plus ce que j'ai toujours attendu des hommes et ce que j'ai toujours attendu des animaux", p. 174) et replace l'homme dans l'histoire du temps : "Les humains sont les seuls à être condamnés à courir après un sens qui ne peut exister. Je ne sais pas si j'arriverai un jour à prendre parti de cette révélation. Il est difficile de se défaire de cette folie des grandeurs ancrée en nous depuis si longtemps. Je plains les animaux et les hommes parce qu'ils sont jetés dans la vie sans l'avoir voulu" p. 277.

A lecture de ce livre, l'envie vient de noter toutes ces réflexions ( d'où ces interminables citations) et de mener sa propre introspection, sa propre réflexion sur le monde qui nous entoure. De nombreuses lectrices ont déjà lu ce roman comme le rappelle la journaliste A. Bonte dans son article " Le mur invisible" : des centaines de Françaises se passionnent pour ce livre de 1963" ? Tant mieux, continuons à parler de ce livre formidable...

Haushofer Marlen, Le Mur invisible, Babel, Avignon, Février 2019, 345 p.

Sur le web : Bonte Arièle, "Le Mur invisible" : des centaines de Françaises se passionnent pour ce livre de 1963", RTL, mis en ligne le 31 janvier 2019. URL : https://www.rtl.fr/girls/identites/le-mur-invisible-des-centaines-de-francaises-se-passionnent-pour-ce-livre-de-1963-7796385264

 Schmitt Amandine, "Comment "Le mur invisible" est devenu la nouvelle bible écoféministe", Bibliobs, mis en ligne le 25 février 2019. URL : https://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20190213.OBS0132/comment-le-mur-invisible-est-devenu-la-nouvelle-bible-ecofeministe.html

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24 septembre 2019

Les enchaînés d'Hitchcock : ISSN 2607-0006

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Avec Lifeboat, Les enchaînés est l'un des films politiques d'Hitchcock qui met en scène un scénario inspiré vaguement des mémoires de Marthe Richard. Tourné en 1945, ce long-métrage, qui se déroule après la fin de la seconde guerre mondiale à Rio, a pour héroïne Alicia, l'élégante fille du nazi Huberman qui vient d'être condamné, qui mène une vie oiseuse et alcoolisée jusqu'au moment où Devlin, un agent du FBI, lui propose de travailler  pour les Etats-Unis. Elle doit espionner un Allemand, Sebastian, ancien ami de son père. Va-t-elle réussir sa mission. Est-elle un agent fiable ?

L'intrigue d'espionnage est particulièrement simple et forme comme un interlude léger autour du vrai coeur du film qui tourne autour d'une histoire d'amour mais nous y reviendrons plus tard. Le patron du FBI, particulièrement jovial, se contente d'être heureux de la bonne tournure des affaires et n'hésite pas à utiliser Alicia pour arriver à ses fins. Aucun dilemme moral ne semble perturber cet homme qui pousse Alicia à se marier avec l'Allemand pour le bien de son enquête. Toutes ces séquences autour des hommes du gouverment sont assez sèchement tounées.

Quel est le sujet souterrain des Enchaînés ? Une comédie bien plus noire se joue entre les deux protagonistes principaux : Delvin doute de l'amour d'Alicia et cette dernière attend que Delvin avoue ses véritables sentiments. Non seulement le couple glamour - Ingrid Bergman et Gary Grant - joue à merveille leur personnage mais, comme dans une mise en abyme, ils doivent interpréter des personnages pour rendre crédibles leur rôle d'espions. Où s'arrêtent les faux-semblants ? D'emblée, Devlin déclare : " une fille perdue ne change pas". Est-ce le cas d'Alicia ? Peut-on changer ?

Avec ce long-métrage, Hitchcock mérite bien d'être appelé "le maître du suspense" : on craint à chaque instant pour la vie de la malheureuse espionne improvisée qui doit évoluer parmi d'autres personnages très inquiétants comme l'odieuse mère de Sebastian. La manipulation hitchcockienne jouant avec les sentiments des protagonistes et avec les nerfs du spectateur, les jeux de regards particulièrement éloquents et les gros plans sur des objets clés ou les clés tout court - qui regarde qui ou quoi ? - font des Enchaînés un spectaculaire thriller psychologique et d'amour.

Les enchaînés de Hitchcock, 1945, 104 min, avec Ingrid Bergman, Claude Rains, Gary Grant.

Visionnage commun avec Tachan.

Autres films : Le procès Paradine, Lifeboat, L'inconnu du Nord-Espress, Psychose, La corde, Une femme disparaît, La loi du silence, Mais qui a tué Harry ?, chantage, Les 39 marches,, Jeune et innocent, meurtre, le grand alibi, Une femme disparaît

Sur  le web : Ferenzi Aurélien, "Hitchcock en 6 leçons", Télérama, mis en ligne le 21 janvier 2011. URL : https://www.telerama.fr/cinema/hitchcock-en-6-lecons,64727.php

Murat Pierre, "Cinq questions pour une reprise, "Les enchaînés" d'Hitchcock", Télérama, mis en ligne le 5 octobre 2008. URL : https://www.telerama.fr/cinema/cinq-questions-pour-une-reprise-les-enchaines-d-hitchcock,34366.php

Deyle Hélène, "Un film et son époque: Les enchaînés", Le monde, mis en ligne le 22 juillet 2017. URL : https://www.lemonde.fr/televisions-radio/article/2017/07/22/tv-un-film-et-son-epoque-les-enchaines_5163882_1655027.html

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Ingrid Bergman et Gary Grant dans Les enchaînés d'Hitchcock

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22 septembre 2019

Ursule Mirouët de Balzac : ISSN 2607-0006

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http://www.folio-lesite.fr/Catalogue/Folio/Folio-classique/Ursule-Mirouet

Ursule Mirouet condense de nombreux thèmes balzaciens : l'argent, l'héritage et le mesmérisme se côtoient dans ce sombre "drame" comme Balzac aime à appeler ce récit. Des héritiers veulent déposséder une jeune orpheline de la fortune que lui lègue son oncle. On assiste donc au déchainement de la cupidité et à la vénalité de ces personnages caricaturés à outrance : Minoret Levraut, l'un des héritiers, ressemble à "un Atlas sans monde", "un taureau relevé sur ses deux jambes de derrière" (p. 25).

Evidemment, pour peindre ce monde provincial, Balzac y a ajouté la chute d'un aristocrate, Savinien qui aime notre Ursule, symbole de la déréliction de toute la noblesse dans les années 1830. Ceci lui permet d'évoquer des personnages maintes fois rencontrés dans La comédie humaine : par exemple, Savinien se comporte comme d'Esgrignon, dont nous pouvons lire les aventures dans Le cabinet des Antiques. L'oncle du jeune aristocrate n'est autre que le vice-amiral de Kergarouët, qui épouse Emilie de Fontaine dans Le bal de Sceaux et quand on parle de nobles déchus, l'usurier Gobseck n'est jamais loin.

L'auteur de La peau de Chagrin joue sur les mots " revenus et " revenants" dans la dernière partie. L'éducation des jeunes filles, l'embourgeoisement d'une partie de la population ne sont pas moins importants, dans cette histoire, qu'une séance spirite et que des rêves où apparaissent des revenants. Ce roman passionnant cristalise de burlesques personnages cupides et d'autres angéliques, des machinations diaboliques et le triomphe de la vertu, le réalisme et le romanesque.

Balzac, Ursule Mirouët, Folio, Saint-Amant, octobre 2010, 407 p.

Partenariat Folio.

La comédie humaine :

1. Scène de la vie de province : Ursule Mirouët, Eugénie Grandet; Le cabinet des antiques

2. Scène de la vie parisienne : "La maison Nucingen", " Pierre Grassou", La fille aux yeux d'or, La duchesse de Langeais

3. Etude philosophique : "L'élixir de longue vie", La peau de chagrin; Louis Lambert, suivi des Proscrits, et de Jésus-Christ dans les Flandre, L'auberge rouge, L'Elixir de longue vie

4. Scène de la vie privée :"Le bal de Sceaux", Mémoires de deux jeunes mariées, Le père Goriot, La bourse, Gobseck, Le colonel Chabert

5. Scène de la vie de campagne : Le lys dans la vallée

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19 septembre 2019

La vie secrète des arbres de Peter Wohlleben : ISSN 2607-0006

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 Sara Deux -  Photo du lecteur  : © Pauline Darley / Le Crime

Le forestier Peter Wohlleben a été un jour fasciné par un tronc d'arbre coupé et presque fossilisé mais encore vivant. Il s'est alors penché sur la vie des arbres : comment les arbres réagissent-ils à une agression ?  Ont-il un langage ? Chaque plage d'écoute aborde un nouveau thème comme l'éducation des jeunes arbres ou leurs maladies.

L'avantage de cet audiolib lu par Thilbault de Montalembert - qui est aussi le lecteur par exemple d'Un gentleman à Moscou, et dont vous pouvez entendre la voix ici - dont la voix convient parfaitement avec le sujet sérieux, c'est qu'il ne nécessite pas de connaissances approfondies sur les végétaux et on peut tout à fait comprendre tous les aspects abordés sans être un spécialiste. L'auteur nous délivre mille informations sur la manière dont les arbres poussent mais aussi sur leur reproduction. Il pose des questions auxquelles on n'aurait pas forcément penser : Pourquoi les arbres poussent droit ? Comment l'eau remonte dans le tronc ? Il n'y a aucune difficulté à suivre le propos de l'auteur, qui est découpé en petits chapitres et on a l'impression d'écouter un posdcast d'une émission radio car l'auteur fait un effort de vulgarisation sans mots techniques trop compliqués. Evidemment, on ne peut pas tout retenir, et une version papier semblerait plus adaptée pour revenir sur certaines informations.

Il fait aussi état des hypothèses  - ne pouvant transporter des hêtres en laboratoire - par rapport à des ultrasons émis par les arbres dans le chapitre 8 "L'école forestière" : il s'agirait d'un phénomène mécanique mais, pour l'auteur, ce serait "des cris de soif ou bien alors des cris pour alerter le voisinage de l'imminence d'une pénurie d'eau". Les arbres ont-ils un cerveau ? Les arbres partagent-ils " de nombreuses facultés avec les animaux" puisqu'ils ont un processus neuronal et envoient des signaux électriques ? ( chapitre 14 "Qu'est-ce qu'un arbre ?"). Cela divise la communauté scientifique puisque cette hypothèse remet en question la trontière entre le végétal et l'animal. Ainsi les secrets de la forêt nous sont dévoilés mais le sujet est si vaste qu'il reste encore bien des mystères.

Que fait l'arbre pendant l'hiver (chapitre 22 : "Quand l'hiver arrive") ? Se repose-t-il comme nous ? Cette anthropomorphisation rend la nature plus proche de nous : ce texte veut nous tenir informés sur des questions environnementales en essayant de toucher le plus grand nombre, ce qu'il a réussi à faire. Au détour d'une phrase, on comprend combien la forêt a changé mais jamais P. Wohlleben ne prend un ton moralisateur. Comme c'est paradoxal ! On protège bien mal cette nature qu'on aime tant... Son propos sur les arbres entre en résonance avec l'exposition "Nous les arbres" à la fondation Cartier, dont vous pouvez admirer certaines oeuvres ci-dessous. A découvrir pour le regard différent porté sur les arbres...

La vie secrète des arbres, Peter Wohlleben, lu par Thilbault de Montalembert, Audiolib, 7h, 29, novembre 2017.

Sur le web : Lecture sans frontière, Manou,

Guédot Valérie, "Nous les arbres, une exposition à la fondation Cartier du 12 juillet au 10 novembre 2019", France inter, mis en ligne le 26 juin 2019. URL : https://www.franceinter.fr/culture/nous-les-arbres-une-exposition-a-la-fondation-cartier-du-12-juillet-au-10-nov-2019#xtor=EPR-5-

CO2 mon amour. 2019. "La vie secrète des arbres". Animée par Denis Cheissoux. Diffusée le 9 décembre 2017.

L'invité du matin. "Peter Wohlleben, roi des forêts, rencontre avec l'auteur de la "vie secrète des arbres (2eme partie)/ (1ere partie). Animée par Guillaume Erner. 8 décembre 2017.

DE cause à effets, le magazine de l'environnement. "Raconte-moi les arbres". Animée par Aurélie Luneau. 12 mars 2017.


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© Cássio Vasconcellos

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© Esteban Klassen

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© Raymond Depardon

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© FRancis Hallé © Luis Zerbini

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16 septembre 2019

Une vie au zoo de Saku Yamaura : ISSN 2607-0006

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 Une vie au zoo ©nobi nobi ! 2017 Yamaura

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Illustration 1 : Une vie au zoo ©nobi nobi ! 2017 Yamaura

Quand votre éditeur vous propose d'écrire un manga se déroulant dans un zoo que faites-vous (Illustration 1 : elle est dans un style graphique différent du reste de la BD. En une planche finale, la mangaka décrit sa démarche) ? Saku Yamaura décide de se rendre au zoo le plus proche, d'observer les soigneurs et de se documenter ( une bibliographie d'une douzaine d'ouvrages apparaît en fin de manga). De cette documentation naît Une vie au zoo à laquelle la mangaka a rajouté une petite dose de fantaisie : en effet, Haruko arrive dans la zoo, où malgré sa maladresse, elle parvient à trouver des solutions pour aider bêtes et humains. Elle a la particularité d'avoir un ordorat infaillible qui l'aide dans l'analyse des sentiments de chacun...

Ce manga retrace une tranche de vie nous permettant de découvrir la vie des soigneurs et leurs rapports aux animaux. Pourquoi badigeonner un hippopotame d'huile d'olive ? Comment amener une girafe à allaiter son petit ? Centré autour du personnage Haruko, on découvre son caractère et ses difficultés à s'intégrer dans la société depuis son enfance. Elle doit faire face à un directeur de zoo inflexible : "Un zoo, c'est une entreprise comme une autre", "ne cherche pas à sauver les animaux" (p. 40) ou "Content de voir que Mimiko [les hippopotames] va nous rapporter de l'argent".

une vie au zoo 2 001Ce jôsei présente des traits sobres et simples avec quelques caractéristiques de ce genre comme les fonds subjectifs avec des étoiles - mais la dessinatrice n'en emploie pas avec excès - ou des coeurs après certains dialogues. La narration graphique n'est pas complexe et un peu répétitive mais l'ensemble est intructif. Elle a donné une allure enfantine et mignonne à l'héroïne, particulièrement candide, et communique bien son entrain, son enthousiasme, sa passion pour les animaux, ce qui donne envie de connaître la suite de ses aventures mouvementées et d'en savoir davantage sur le fonctionnement des zoos...

Planche 1 : Une vie au zoo ©nobi nobi ! 2017 Yamaura

Yamaura Saku, Une vie au Zoo (tome 1), (4 volumes, série terminée), Nobi nobi, Jouve, octobre 2018, 172 p.

 


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