09 février 2019

La daronne de Hannelore Cayre : ISSN 2607-0006

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https://www.audiolib.fr/livre-audio/la-daronne-9782367626789

La daronne est le premier audiolivre que j'écoute - plus précisément, c'est une réécoute - de la sélection du prix audiolib 2019. Pas étonnant que ce roman soit sélectionné : il a fait beaucoup de bruit à sa sortie et a reçu plusieurs prix, celui du Grand prix de la littérature policière et Le point du polar européen. Ces prix font penser que La daronne est un simple roman policier. Il n'en est rien : la police, quoique très présente, n'est qu'accessoire. C'est une manière aussi de dénoncer le système en mettant l'accent sur le destin de la "daronne" plutôt que que sur le système judiciaire et policier défaillant.

Mais qui est "la daronne" ? L'héroïne, Patience, est traductrice-interprète des écoutes de la brigade des stupéfiants, veuve sans le sous, mère de deux filles qu'elle ne voit que rarement et petite amie d'un flic. Fille d'un "PDG" véreux, elle décide de détourner une cargaison de drogue, tout en s'occupant de sa mère, qui est en EHPAD. Va-t-elle s'en sortir ? Arrivera-t-elle à écouler la drogue ? Pourra-t-elle cacher ses activités à Phillipe, son ami flic ?

En ce qui concerne le style, je ne peux que répéter ce que j'ai déjà dit dans mon précédent billet. Le sujet et le milieu ne m'ont pas intéressée. En revanche, l'écriture est humoristique, inventive ( par exemple le détournement d'un proverbe " Caméléon qui louche n'amasse pas mouche" ou des comparaisons comiques avec une vieille dame s'enfuyant "comme le raptor de Jurassik parK") surprenantes et novatrice. Le mélange des références, qui passe de la controverse de Valladolid au langage familier, donne un style plutôt réjouissant et caustique, en faisant la satire des institutions policières, médicales...

La voix douce et mélodieuse d'Isabelle de Botton (Elle est comédienne et a joué dans des films de Blier comme Merci la vie) donne de l'humanité au personnage effaçant ce qu'il peut y avoir d'agressif ou de déplaisant dans le personnage. Elle arrive à créer chez le lecteur de l'empathie pour l'héroïne, ce qui n'enlève en rien la causticité du texte. Sa voix s'écoute avec plaisir ( vous pouvez entendre un extrait). D'ailleurs, la réécoute n'a pas été pénible grâce à cette lecture de qualité. En outre, le livre étant court, de même, le CD La Daronne s'écoute facilement et rapidement en 16 plages et vous passerez un bon moment avec le style atypique d'Hannelore Cayre.

La daronne, Hannelore Cayre, Audiolib, 4h43, lu par Isabelle de Botton (Présentation sur le site audiolib)

Audiolivre écouté dans le cadre du Prix Audiolib 2019.

Sur le web : Flo and the books

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05 février 2019

La dénonciation de Bandi : ISSN 2607-0006

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http://www.editions-picquier.com/ouvrage/la-denonciation/

 Bandi est un pseudonyme d'un auteur nord-coréen : l'anonymat de l'auteur est nécessaire dans un pays où la censure ne permet pas de publier tous les textes. Comment avons-nous eu connaissance de ce recueil composé de 7 nouvelles ? Il aurait fait passer deux recueils grâce à une femme qui a fui le pays. 

Un enfant pleure dès qu'il voit des images immenses de Marx ou du " cher leader" : les parents décident donc de mettre les double rideaux pour ne pas l'effrayer. Cela n'est pas pour aider sa mère qui doit préparer l'événement 1, c'est-à-dire une fête nationale. Cependant, on leur interdit de mettre ces double rideaux : ils sont alors dénoncés comme espions. la cérémonie ne semble plus possible car une tempête empêche tout rassemblement. Et pourtant, en quelques minutes, un million de personnes se réunit lorsque les haut-parleurs leur intiment l'ordre de venir. Pourquoi une telle obéissance ? "Le moindre comportement considéré comme ayant été nuisible à la bonne tenue des célébrations fut pointé du doigt et durement condamné. La sanction la plus grave était l'expulsion. Les gens étaient chassés sans pitié, comme des saletés jetées au loin à coup de pelle" (p. 70). Un homme veut se rendre au chevet de sa mère mourante mais on l'en empêche, un autre meurt de froid dans sa propre maison alors qu'il a consacré sa vie à la collectivité... Toutes ces nouvelles mettent en exergue la peur de la répression, les injustices et l'envie de fuir de son propre pays.

L'écriture est simple, voire maladroite, avec son vocabulaire pauvre et répétitif, et peu subtile : les symboles qui peuplent ces récits sont toujours lourdement explicités. Cependant, ce témoignage de la dictature n'en est pas moins poignant. Rédigé dans les années 70 et publié en 2014, ce texte est-il obsolète ? Il suffit de regarder des documentaires comme Corée du nord  la famille Kim ou écouter des émissions pour savoir que les textes de Bandi sont encore d'actualité. Considérée comme "une dictature d'opérette", comme les intervenants de l'émission du grain à moudre le rappelle, dans l'émission "comment raconter la Corée du Nord ?", néanmoins tous soulignent la souffrance des habitants (ci-dessous d'autres liens vers des émissions qui montrent la dureté du régime).

Bandi, La dénonciation, Picquier poche, 281 p.

Autres romans coréens : billet de Marilyne Celui qui revient Han Kang

Sur le web : Les idées claires, France culture. 2014. " Corée du Nord, terrifiant anachronisme". Animé par Bruce Couturier. Diffusé le 26 décembre 2014.

 Du grain à moudre. 2012. "L'univers concentrationnaire en Corée du Nord". Animé par Hervé Gardette. Diffusé le 1er mai 2012.

Franceinfo. 2016. "Bandi, écrivain critique... en Corée du Nord". Animé par F. Ojardias. Diffusé le 2 mars 2016.

Grappe Marjolaine, Les hommes de Kim, prix Albert-Londres, 2018. URL : https://info.arte.tv/fr/coree-du-nord-les-hommes-des-kim

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30 janvier 2019

C'est le premier, je balance tout ( janvier 2018) : ISSN 2607-0006

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1) LES CHRONIQUES VENUES D'AILLEURS

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J'ai le grand plaisir de faire partie des jurés-blogueurs du Prix Audiolib 2019 : je vais donc écouter une sélection de 10 titres. Mais de quels audiolivres s'agit-il ? Exceptés Martin Eden de J. London et La daronne de H. Cayre que j'ai déjà lus, je vais pouvoir découvrir parmi la sélection Avec toutes mes sympathies d'Olivia de Lamberterie, Ca raconte Sarah de Delabroy Allard, Fief de David Lopez, L'art de la joie de G. Sapienza, La toile du monde d'Antonin Varennes, My absolute Darling de G. Tallent et Gentleman à Moscou d'Amor Towles ! De belles découvertes en perspective ! Merci Audiolib pour cette nouvelle aventure !

2) LES FILMS

WIND RIVER Bande Annonce VF (2017)

Wind River retrace l'enquête d'un pisteur, Cory Lambert, dans une réserve indienne du Wyoming : il a trouvé une jeune femme, la fille d'un ami, morte dans la froid, au milieu de l'immensité neigeuse.  Il aide une jeune recrue du FBI, qui découvre ainsi la communauté amérindienne. Progressivement, nous est révélé le passé familial de Cory, qui a aussi perdu sa fille. Si les deux personnages principaux paraissent assez stéréotypés, le drame familial autour de la jeune femme est émouvant : la sauvagerie de la l'homicide nous amène à réfléchir sur le sort des femmes amérindiennes.

Les gens de la réserve vivent dans des conditions extrêmes et dans une grande pauvreté. On voit aussi évoluer les personnages dans un milieu hostile et rude. Le plan général est souvent utilisé pour filmer de magnifiques paysages, des étendues de neige, une nature à la fois brutale et grandiose... Dans les bonus, le réalisateur dit vouloir " montrer ce qu'il se passe au monde" et il a réussi à nous émouvoir et à éveiller notre intérêt pour le sort de cette jeune morte amérindienne.

 Wind River, Sheridan, avec Jeremy Renner, Elizabeth Olsen, 1h47, 2017

Sur le web : Sotinel Thomas "Wind River" : fait d'hiver sur une réserve indienne, Le Monde, [En ligne], 2017. URL :https://www.lemonde.fr/cinema/article/2017/08/30/wind-river-fait-d-hiver-sur-une-reserve-indienne_5178277_3476.html

3) LES LIVRES

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Après Le colonel Chabert, nous continuerons nos découvertes livresques avec "L'élixir de longue vie" de Balzac le 23.02.

Même si je n'ai rien publié en ce mois de janvier, j'évoquerai un livre que j'ai abandonné : Autoportrait de l'auteur en coureur de fond de Murakami. Autobiographique et métatextuelle, ce livre raconte la passion de Murakami pour le sport. L'écriture est souvent répétitive avec les heures, le nombres de kilomètres, les courses courues comme le marathon d'Athènes... est lassante mais notre intérêt peut aussi se porter sur la vie de l'auteur et ses réflexions sur la littérature : " après la qualité la plus importante pour un romancier est la persévérance. Si vous vous concentrez sur votre texte trois ou quatre heures par jour et qu'au out d'une semaine vous vous sentez fatigué, cela signifie que vous ne serez sans doute pas capable d'écrire une oeuvre d'une certaine longueur". Remettant en cause de le mythe de l'inspiration, Murakami se présente l'écriture comme "un travail physique". LEs répétitions, le désintérêt pour la course et d'autres thèmes comme les descriptions de ses repas, la simplicité du style m'ont fait abandonner ce roman...

4) LES ACHATS

J'ai lu avec intérêt Sorcières la puissance invaincues des femmes et je viens d'acheter un autre essai du même auteur : Beauté fatale. J'ai aussi ajouté un polar japonais Irezumi de Tagaki, repéré sur le site de Dasola. Deux autres livres ont rejoint ma PAL : les 7 yeux de chat du coréen Jae Hoon et Le maître et Marguerite de Boulgakov.

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31 décembre 2018

C'est le premier, je balance tout ( Meilleurs voeux 2019) : ISSN 2607-0006

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TOP : FILMS

J'ai sélectionné 5 films sur les quelques long-métrages que j'ai pu voir : La forme de l'eau de Guillermo del Toro, L'île aux chiens de Anderson, Au poste de Dupieux, The third murder de Kore Eda et Détective Dee : la légende des rois célestes de Tsui Hark.

LA FORME DE L'EAU (The Shape of Water) Bande Annonce VF (2018)

"L'Île aux chiens" de Wes ANDERSON

AU POSTE ! Bande Annonce (2018) Grégoire Ludig (Palmashow)

THE THIRD MURDER - Trailer - Release/Sortie : 11.04.2018

DETECTIVE DEE : LA LÉGENDE DES ROIS CÉLESTES - Bande-annonce officielle VOST

TOP : LIVRES

Cette année sera marquée par la lecture d'oeuvres balzaciennes : Le cabinet des antiques, Le colonel Chabert, Gobseck, L'auberge rouge, La bourse. Je poursuivrai avec deux autres lectures communes : En février ( 23.02), "L'élixir de longue vie" et en mars ( 23.03) "Pierre Grassou".

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Trois auteurs se sont trouvés sur mon chemin et j'ai bien l'intention de les recroiser : Antoine Bello ( Ada, Enquête sur la disparition d'Emilie Brunet), Laura Kasischike ( Les revenants), Ness ( Quelques minutes après minuit) et quelques auteurs dont je n'ai pas parlé mais que j'ai beaucoup appréciés : De Beauvoir ( Anne ou quand prime le spirituel, La cérémonie des adieux, Mémoires d'une jeune fille rangée, Une mort très douce), Higashino (Le dévouement du suspect X, La maison où je suis mort autrefois, La lumière de la nuit) et Passi Ilmari Jaaskelainen ( Lumikko).

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Je commence l'année avec une pause hivernale.

Bonne année et belles lectures à tous pour 2019 !

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29 décembre 2018

Le colonel Chabert de Balzac : ISSN 2607-0006

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https://editions.flammarion.com/Catalogue/etonnants-classiques/le-colonel-chabert

Le retour des personnages est l'une des inventions balzaciennes : dans Le colonel Chabert, nous retrouvons le notaire Derville, présent dans Gobseck. Ce dernier reçoit, dans son cabinet, un étrange vieillard à l'allure fantastique : " Le colonel Chabert était aussi parfaitement immobile que peut l'être une figure de cire de cabinet de Curtius ou Godeschal avait voulu mener ses camarades. cette immobilité n'aurait pas été un sujet d'étonnement, si elle n'eût complété le spectacle surnaturel que présentait l'ensemble du personnage. [...] Le visage pâle, livide, et en lame de couteau, s'il est permis d'emprunter cette expression vulgaire, semblait mort" ( p. 33).

Mais qui est ce pauvre homme ? Présenté et considéré comme un mort, nous prenons connaissance de Chabert, ancien grognard, soldat qui s'est illustré à la bataille d'Eylau, il cherche à reconquérir son identité. Mais comment faire ? sa femme s'étant remariée, elle ne souhaite plus partager son héritage. Cupide, manipulatrice, la comtesse de Ferraud prépare une comédie pour duper son ancien mari.

A quoi ressemble "la comédie humaine" pour Balzac ? A un drame judiciaire "où toute les horreurs que les romanciers croient inventer sont toujours en au dessous de la vérité" ( p. 97). Ancien fabriquant de mélodrames, Balzac sait créer le pathos autour de la figure de Chabert. Avec la fin de l'épopée napoléonienne, se clôt l'ère de l'héroïsme. Du champ de bataille, on aboutit à une bataille judiciaire. Il oppose "l'homme héroïque" à Mme de Ferraud qui "joua le rôle d'une femme à la mode" ( p. 67). A travers cette " scène de la vie privée", Balzac continue d'explorer l'envers sociétal de la Restauration, peint des milieux ( les études de clercs) et l'âme humaine. Avec Le colonel Chabert, n'a-t-il pas réussi ce qu'il ambitionnait à la fin de la préface de La comédie humaine "un plan qui embrasse à la fois l’histoire et la critique de la Société" ?

Lecture commune avec Claudia, Miriam, Cléanthe. Prochaines lectures communes en février (23.02) avec "L'elixir de longue de vie" et en mars ( 23.03) avec "Pierre Grassou".

Balzac, Le colonel Chabert, Etonnants classiques, 120 p.

La comédie humaine

1. Scènes de la vie de province : Engénie Grandet, Le cabinet des antiques

2. Scènes de la vie parisienne : La fille aux yeux d'or, La duchesse de Langeais

3. Etudes philosophiques : La peau de chagrin, L'auberge rouge

4. Scènes de la vie privée : Mémoires de jeunes mariées, Le père Goriot, "La bourse", Le colonel Chabert, "Gobseck"

5. Scènes de la vie de campagne : Le lys dans la vallée

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25 décembre 2018

Joyeux Noël 2018 ! : ISSN 2607-0006

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Je vous souhaite un Joyeux Noël féérique !

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14 décembre 2018

Nouvelles espèces de compagnie de Suzanne Lafont : ISSN 2607-0006

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http://www.bordeaux.fr/e168095/suzanne-lafont-nouvelles-especes-de-compagnie-roman

 Vous aimez la nature dans les arts et dans votre ville ? Vous pouvez vous rendre à la galerie des Beaux-arts de BordeauxSuzanne Lafont a choisi une scénographie particulièrement complexe pour nous exposer son point de vue sur les rapports entre le règne végétal et humain. Dans la salle du rez-de-chaussée, elle a sélectionné des tableaux de la réserve ou de la galerie des beaux-arts pour disposer, sans titre, ces peintures qui retracent une histoire : au milieu de marines, un tableau d'Odilon Redon représente un masque qui tire la sonnette d'alarme ( Un masque sonne le glas funèbre) sur les problèmes écologiques. Ces navires disloqués par une nature indomptable sont symboliquement le reflet de notre réalité, celui du déréglement climatique. ces tableaux sont encadrés par d'autres qui représentent Mme du Châtelet, grande mathématicienne ou Galilée... des personnes illustres qui ont révolutionné notre vision du monde.

Pour cette exposition de commande artistique, Suzanne Lafont a photographié, pendant une année, de nombreuses "mauvaises herbes" trouvées dans Bordeaux : elle les rangeait dans une boîte et les photographiait en gros plan sur une table lumineuse. Le nom de ces plantes sauvages ne sont pas toujours identifiables mais ces photographies n'ont pas une vocation scientifique. A côté de ces immenses fleurs et feuilles sur fond blanc, on peut les admirer aussi sur fond noir, retouchées numériquement. Ainsi rejoignent-elles le discours déjà amorcé dans la première salle : ces chimères florales semblent menaçantes, inquiétantes, envoûtantes. Voici un questionnement sur l'évolution du végétal en milieu urbain extrêment esthétique !

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@ Suzanne Lafont

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Exposition Galerie des Beaux-arts,

 Place du colonel Raynal

33000 BORDEAUX

site : Musée des Beaux -arts de bordeaux

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07 décembre 2018

Culottées 1 de Pénélope Bagieu : ISSN 2607-0006

 

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http://www.folio-lesite.fr/Catalogue/Folio/Folio-BD/Culottees-I-2

Culottées 2, où Bagieu décrit le destin de plusieurs femmes comme Nelly Bly, prolonge une première série de portraits, qui vient de paraître dans la collection Folio en format poche. Deux volumes permettent de découvrir les vies de 14 femmes telles que Clémentine Delait, Nzinga, Margaret Hamilton, Las Mariposas, Josephina Van Gorkum, Lozen, Annette Kellerman, Delia Akeley (partie 1), Joséphine Baker, Tove Jansson, Agnodice, Leymah Gbowee, Girogina Jorgensen, Wu Zetian ( partie 2).

Reprenant le système de courtes biographies, suivie d'une double page s'intercalant entre les planches, la bédéiste croque rapidement la trajectoire hors du commun de femmes, qui sont méconnues comme l'impératrice Wu Zetian. Popularisée par le film de Tsui Hark dans la série des détective Dee, elle apparaît comme une impératrice intelligente et ambitieuse. Elle améliore la condition des femmes, des paysans, faisant de son règne l'un des plus propères de l'histoire chinoise. Bagieu retrace sa biographie en mettant à distance la légende noire qui entoure ce personnage : " longtemps, les historiens officiels ont dépeint Wu Zetian comme une sorte de version chinoise de la reine de coeur d'Alice aux pays des merveilles, en se focalisant sur sa police secrète et sa tendance à se débarrasser de ses ennemis". Le ton humoristique, se fait parfois critique, en dénonçant certains stéréotypes : "En revanche, il est systématiquement précisé (et souligné comme un fait inoui) qu'elle était "redoutable", "ambitieuse", "intransigeante"... Des traits de caractères communs et valorisés chez à peu près tous les empereurs de l'histoire..." ( p. 75, livre I, partie 2).

Les planches permettent de sortir de l'oubli des femmes comme Delia Akeley, primatologue, Las Mariposas qui sont deux soeurs engagées politiquement ou  Annette Kellerman, une Australienne qui a coupé les jambes de son maillot et qui a fait une carrière d'actrice aquatique. "J'ai aidé les femmes à libérer  leur corps", peut-on lire dans la dernière bulle... Culottées est ainsi un bel hommage à toutes ces femmes. Le format, plus petit qu'une BD traditionnelle est facilement maniable, transportable, et ne perd pas en qualité : feuilles épaisses, couleurs vives, bulles très lisibles. Encore une série de très beaux portraits  à découvrir !

Culottées 1, Partie 1 et partie 2 Pénélope Bagieu (en deux tomes, folio, 71 p. partie 1 et 69 p. partie 2)

Autres BD : Cadavre exquis, Culottées 2,

Sur le web : site de la bédéiste

Merci Folio pour ce partenariat

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03 décembre 2018

C'est le premier, je balance tout ( novembre 2018) : ISSN 2607-0006

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1) LES CHRONIQUES VENUES D'AILLEURS

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Dilectae, Aurélia Frey, Musée Saché

 Sur le site Ma librairie, un billet sur Le lys de la vallée est illustré de photographies d'Aurélia Frey. La photographe  a imaginé au cours d'une résidence de deux mois au musée Balzac, à Saché, les dernières pensées et traces de l'héroïne du Lys dans la vallée. C'est donc une occasion pour relire Le Lys dans la vallée, mais on peut aussi simplement admirer les belles photographies qui sont venues orner les murs de la maison du musée Balzac. L'exposition Dilectae, surnom de la femme aimée par Balzac, Laure de Berny, montre donc l'herbier d'Henriette ici et des représentations mentales de Mme de Morsauf. Les magnifiques photos sont issues de ce parcours dans la vallée de l'Indre au cours de l'été 2018. Voici quelques clichés argentiques et les fleurs d'herbier en cyanotype :

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Dilectae, Aurélia Frey, Musée Saché

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Dilectae, Aurélia Frey, Musée Saché

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 Dilectae, Aurélia Frey, Musée Saché

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Dilectae, Aurélia Frey, Musée Saché

Du 1er novembre au 15 novembre 2018

Musée Balzac

Château Saché Site ici

2) LES FILMS

BLACKKKLANSMAN Trailer (2018)

Si le film de Spike Lee est encore projeté dans votre cinéma, n'hésitez pas à aller le voir. Spike Lee nous parle à nouveau des minorités dans ce film qui a pour protagoniste principal un policier noir, Ron Stallsworth. D'emblée des images d'Autant en emporte le vent introduit le thème de l'esclavage, des inégalités : la scène qui montre la défaite des Sudistes, par la représentation de centaines de morts, ne sonne pas le glas d'un certain sud raciste et antisémite. Au contraire, la violence se perpétue jusqu'à nos jours, ce que prouvent des images d'archives de Charlottesville.

Blackkklansman raconte la vraie infiltration d'un policier noir au sein du KKK, aidé d'un policier juif. Il fait aussi la rencontre d'une étudiante noire, Patrice, qui défend les droits des Noirs. Cela permet de faire un montage parallèle entre des scènes où les Afro-américains revendiquent leurs droits et d'autres qui montrent des suprémacistes blancs. Une comédie ? On ressort de ce film plutôt choqué et révolté. Certes le montage du réalisateur est un peu moins subtil que dans Inside man avec des inserts d'affiches lorsqu'il évoque des films, des visages qui se découpent sur fond noir lors d'un discours, des mises en abymes, avec des films dans le film... Maladroit formellement et un peu long, peut-être, mais indispensable à voir !

Blackkklansman, Spike lee, 2018, avec Adam Driver, John David Washington, Laura Harrier

Autres films : Inside man

Sur le web :Dasola, Le cinéma de Durandal,

Fabre Clarisse, " Blackkklansman : Spike Lee attaque le suprémaciste blanc", Le Monde, mis en ligne le 21 août 2018. URL : https://www.lemonde.fr/cinema/article/2018/08/21/avec-blackkklansman-spike-lee-attaque-le-supremacisme-blanc_5344373_3476.html

3) LES LIVRES

Voici une nouvelle lecture de Balzac : L'auberge rouge. Nous poursuivrons nos découvertes balzaciennes avec la lecture du Colonel Chabert le 29.12. Cléanthe, Marilyne, Claudia,Miriam,  se sont déjà inscrites et vous pouvez nous rejoindre.

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4) LES ACHATS

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30 novembre 2018

Inside man de Spike Lee : ISSN 2607-0006

 Inside Man - Bande Annonce

Lorsqu'on commence à visionner Inside man, on pense voir un énième film de braquage de banque. Vous n'aimez pas ce genre ? Surtout, restez devant votre écran. De facto, une première surprise vous attend : une banque est attaquée à Manhattan. Rapidement, on perçoit que ces braqueurs ne sont pas de simples voleurs. Spike Lee a glissé au coeur de son film une autre problématique, bien plus riche, bien plus intéressante...

Une deuxième surprise vous cueillera : l'histoire n'est pas racontée de manière linéaire. Rapidement arrivés sur les lieux, deux inspecteurs, incarnés par Denzel Washington et Clive Owen, doivent faire face à l'ingéniosité des voleurs. Ces derniers ont habillé leurs otages de la même manière qu'eux, les rendant inidentifiables. Ils ne semblent pas assoiffés de sang, ni d'argent. Que sont-ils venus chercher dans cette banque ? Quel est leur objectif ? Mais parallèlement, on voit un défilé de témoins, c'est-à-dire les témoignages des otages, qui devraient se dérouler chronologiqement après. Bref, même déconstruite, la narration nous tient en haleine : comment les braqueurs cachés parmi les victimes du hold-up vont-ils faire sortir leur butin ?

Enfin, dernière belle surprise et non des moindres, Spike Lee n'hésite pas à utiliser tous les types de cadrages, de travelling ( la caméra fait des travellings de gauche à droite pour suivre les allées et venues d'un des braqueurs, marquant par là, la confusion du début des événements, la nervosité du bandit), les témoignages semblent filmées avec des couleurs surexposées, des travellings circulaires mettent en valeur le personnage clé de cette affaire, le directeur de la banque, etc...). La caméra de Spike Lee est particulièrement virtuose et cela confine presque à l'exercice de style, tant les mouvements de caméra se diversifient. Ce hold-up original, filmé de manière ingénieuse, ne fait pas oublier un thème qui semble tenir à coeur au réalisateur, c'est-à-dire les minorités.

Inside man de Spike Lee, Netflix, 2006, 2h10, avec Denzel Washington, Clive Oven, Christopher Plummer, Jodie Foster.

Sur le web : les mouvements de caméra Blow up,

Mandelbaum, Inside man : Spike Lee réalise un gros coup, Le monde, mis en ligne le 11 avril 2006. URL : https://www.lemonde.fr/cinema/article/2006/04/11/inside-man-spike-lee-reussit-un-gros-coup_760495_3476.html

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