29 juillet 2018

Ada d'Antoine Bello : ISSN 2607-0006

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Vous pensiez avoir tout lu sur les romans traitant des intelligences artificielles ? Bello arrive à nous surprendre avec son récit policier Ada. Le président de Turing corporation, Dunn, demande à Franck Logan d'enquêter sur la disparition d'Ada : cette dernière est un programme informatique inventé pour écrire un roman à l'eau de rose. Enfermée dans une salle, sans connexion internet, elle réussit toutefois à s'évader. Franck Logan pourra-t-il rivaliser d'intelligence face à la machine ? Une machine a-t-elle une conscience ?

Evidemment, le roman aborde le pouvoir et les dangers de la technologie mais sans utiliser la noirceur présente dans ce type de récit décrivant les dérives de la technologie. Au contraire, Bello use de l'humour et d'une tonalité ludique pour dénoncer les travers d'une corporation prête à tout pour engendrer du profit. Quant à l'intelligence artificielle, elle exploite les failles humaines pour arriver à ses fins. Ce sont les propres faiblesses de l'homme qui l'amènent à sa perte. Ada se révèle d'une grande complexité face à tous ces humains caricaturaux et imbus d'eux-mêmes.

Outre ces questions traditionnelles, Bello aborde aussi la littérature : Ada écrit un roman à l'eau de rose comportant des mots arogtiques et des scènes scatologiques. Qu'est-ce qu'un roman sentimental ? Quels sont les ingrédients à utiliser pour vendre 100 000 exemplaires ? Tout en décrivant les caractéristiques de ce type de roman, Bello en profite pour égratigner tout type de littérature reposant sur des clichés, des stéréotypes, les modes mais le sien y échappe. Et dans une dernière pirouette humoristique, le romancier n'hésite pas à commenter ses propres procédés. Un très bon roman !

Ada, Antoine Bello, folio, 394 p.

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23 juillet 2018

L'affaire du chien des Baskerville de Pierre Bayard : ISSN 2607-0006

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Auriez-vous écrit à Doyle pour qu'il ressuscite Sherlock Holmes après la publication du "Problème final" ? Alors vous êtes une " intégrationniste". Mais qu'est-ce que c'est ? Reprenons du début. Dans un premier chapitre intitulé " Sur la lande", Bayard résume l'enquête du Chien des Baskerville écrite par Conan Doyle et analyse la méthode de Holmes mais le critique, qui est aussi professeur de littérature française et psychanalyste, remet en cause ses déductions et va mener une contre-enquête. Pourquoi Bayard suppose-t-il que le véritable assassin n'a pas été arrêté ?

L'auteur considère que la littérature est "un univers troué" et qu'une grande place est  laissée à l'imagination du lecteur ( p. 76). De surcroît sa remise en cause des conclusions de l'enquête repose sur le choix d'un narrateur douteux : Watson est qualifié d'idiot par Sherlock Holmes ( p. 81). Mais surtout Pierre Bayard développe une théorie sur les personnages, qui repose sur L'univers de la fiction, ouvrage de Pavel. Les "ségrégationnistes" nient la valeur de vérité des énoncés de la fiction et s'opposent aux "intégrationnistes", qui pensent exactement l'inverse.

Et c'est là que se pose la question de la "puissance des mondes imaginaires", sur lequel repose "Le complexe de Holmes", forgé par Bayard. Du don Quichottisme au bovarysme, la séparation du fictif et du réel est sans cesse interrogée. S'appuyant sur de larges extraits de l'oeuvre de Conan Doyle, d'une recontextualisation de l'oeuvre, Bayard propose un assassin plausible, même si les raisons de la critique des méthodes de Holmes me paraissent parfois excessifs. De même, le dernier chapitre " Le chien des Baskerville", me semble surinterpréter le texte. L'affaire du chien des Baskerville développe une lecture très fine, jamais ennuyeuse d'une des enquêtes du brillant détective (enfin pas si brillant, à en croire Bayard) tout en s'interrogeant sur la notion de personnage... N'hésitez pas à vous lancer dans cette palpitante enquête littéraire !

L'affaire du chien des Baskerville, de Pierre Bayard, les éditions de Minuit, 190 p.

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14 juillet 2018

Les filles au lion de Jessie Burton : ISSN 2607-0006

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" Une oeuvre d'art [Les filles au lion] qui a survécu à la guerre civile en Espagne et à une guerre mondiale, et que l'on retrouve dans une maison du Surrey voilà qui ouvre un tas de possiblités romanesques" ( p. 366), déclare un galeriste Edmund Reede, collaborateur d'une vieille dame Marjorie Quick et de sa secrétaire Odelle Bastien. Et c'est ce que va explorer Jessie Burton : elle architecture son roman autour de multiples secrets et d'un tableau peint supposément par un artiste espagnol Isaac Robles.

Nous commençons pas découvrir Odelle Bastien, jeune fille débarquée à Londres de Trinidad, qui tente d'écrire un roman tout en cherchant à survivre dans le Londre des années 60, confrontée au racisme. Celle-ci fait la rencontre de Lawrie Scott qui lui montre un tableau, Les filles au lion pour retenir son attention. Cette "oeuvre saisissante, sinistre, révolutionnaire" enthousiasme aussi d'Edmund Reed, qui souhaite faire une exposition autour de cette oeuvre dont le créateur a connu une vie énigmatique. Comment ce tableau est tombé entre les mains de la famille Scott ? Pourquoi Marjorie Quick s'enfuit à la vue de ce tableau ? Quel est le véritable sujet du tableau et qui en est l'auteur ?

Les filles au lion propose une intrigue fictionnelle digne des romans dumasiens. "Dumaficelé", il alterne deux périodes ( Londres en 1960 et l'Espagne des années 36) qui permettent assez vite de comprendre les "cables" qui relient toutes ces vies. On devine donc assez rapidement les secrets des personnages mais pourquoi continue-t-on à lire le roman ? Le mystère du tableau propose une réflexion autour de la condition des femmes et de la création artistique. "Les femmes en sont incapables, figure-toi. Elles n'ont pas de vision", déclare amèrement une jeune fille à son amie, au sujet des oeuvres d'art que vend son père. De plus, Odelle étant originaire de Trinidad, elle doit supporter des humiliations, tout en subissant les affres de la création. L'auteur évoque aussi le foisonnement artistique de ces années 30, reposant sur des recherches, comme le montre la formidable documentation qu'elle a effectuée ( une bibliographie monstrueuse se situe à la fin du roman). Malgré les facilités narratives, des personnages naïfs, on ressent un véritable plaisir romanesque à découvrir la machine livresque construite par Jessie Burton.

Les filles au lion, de Jessie Burton, Folio, 506 p.

sur le web : Les filles aux lions, Télérama

Merci Folio pour ce partenariat

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06 juillet 2018

Selfies, La septième enquête du département V, Jussi Adler-Olsen : ISSN 2607-0006

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 "Corrosif", "acerbe", "caustique" sont des adjectifs qui pourraient qualifier la septième enquête du département V. D'emblée nous sommes projetés dans la vie d'une assistante sociale, qui décide de tuer de jeunes filles belles, oisives, profitant de l'aide sociale. Sa haine et sa lucidité - ce qui est une caractéristique qui s'étend à tous les personnages - la métamorphose en meurtrière. L'une des jeunes filles, Denise, est en conflit avec sa grand-mère, qui est tuée dans des circonstances mystérieuses. C'est sans compter l'équipe du département V, qui fait le lien avec une ancienne affaire criminelle. Pendant ce temps, Rose, la secrétaire du département V, sombre progressivement dans la folie tandis qu'Assad, parle de moins en moins de chameaux et de mieux en mieux le danois, ce qui prive d'humour le récit...

Lentement, les pièces du puzzle vont s'emboiter vers un dénouement permettant la résolution des multiples affaires suivies par les enquêteurs habituels, Karl Morck, Hassad et Gordon. L'ensemble est somme toute assez banal. Cependant, la différence majeure, dans le style de Jussi Adler Olsen, est le refus de toute idéalisation et de l'hypocrisie sociale. Les monologues intérieurs révèlent des pensées abjectes, pas politiquement correctes. On est loin des personnages policés et lissés du genre romanesque : les personnages sont vils et cyniques, l'auteur développant leur intériorité à outrance, écrivant ainsi un roman quelque peu bavard.

Quant au titre, il est assez trompeur : ne vous attendez pas à une trame policière tournant autour des réseaux sociaux. Les médias ont une place assez réduite. C'est plus la dimension sociétale du système social, qui est mis en exergue, même si une équipe de reporters veulent à tout prix filmer les enquêteurs, évidemment dans un but sensationnaliste, au grand désespoir de Morck, le cynique ( ou est-ce l'auteur qui l'est ?).

Cette histoire est lue talentueusement par Julien Chatelet, qui rend supportable les longs dialogues, une certaine vision décapante de la société danoise et la lenteur de l'intrigue foisonnante ( car il est aussi question d'un braquage, d'un meurtre peut-être commis par Rose, d'un ancien nazi, d'adultère etc...). Vous pouvez écouter un extrait ici.

Selfies, Jussi Adler-Olsen, Audiolib, lu par Julien Chatelet, 16h05.

Autres romans : Promesse

Merci Audiolib pour ce partenariat

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02 juillet 2018

Psychokinesis de Yeong San Ho : ISSN 2016-006

PSYCHOKINESIS Bande Annonce (2018) SUPER-HÉROS

Film Netflix, Psychokinesis a été réalisé après l'excellent Dernier train avant Busan. Après avoir parodié les films de zombies, voici que Yeong San-Ho revisite le genre de film de super-héros. Pourtant, le personnage principal Seok Hyeon a tout d'un anti-héros : il a abandonné sa femme et sa fille et se contente d'être gardien d'un immeuble, lâche et égoïste. Un jour, en buvant une eau contaminée par un météorite extra-terrestre, il acquiert des super pouvoirs. Peu à peu, il devient télékinésique... Forcément, il veut utiliser ses nouveaux pouvoirs pour s'enrichir en se produisant dans un  cabaret. Pendant ce temps, sa femme et sa fille Roo-mi luttent contre une multinationale qui cherche à détruire leur quartier pour y construire un centre commercial. Ce conflit provoque la mort de la mère, ce qui va permettre au père de retrouver sa fille.

"Vous êtes plus fort que vous ne le pensez"

Un film de super-héros supplémentaire ? Quel est l'intérêt de visionner ce film coréen ? Contrairement à la vogue des films de super-héros actuels, on ne retrouve pas de débauche d'effets spéciaux, excepté à la fin. Au contraire, le film s'ancre dans une réalité contemporaine avec la vie difficile du quartier pauvre, où Roo-mi travaille comme restauratrice et avec leur lutte quotidienne pour contrecarrer les plans de la société de construction. Le méchant n'a pas la peau violette et ne vient pas d'une autre galaxie contrairement à l'univers parallèle marvélien. Cela permet au réalisateur de glisser, même superficiellement, une dénonciation d'un système gangréné par la corruption et l'argent. C'est donc paradoxalement un film de super-héros intimiste : le père va user de ses pouvoirs pour renouer des liens avec sa fille, non pour sauver l'univers. Drôle, avec ce personnage principal maladroit, original et divertissant !

Psychokinesis, Yeon San Ho, 2018, 101 min, Netflix

sur le web : le bleu du miroir, Les inrockuptibles, Première

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30 juin 2018

C'est le premier, je balance tout (juillet 2018) : ISSN 2607-0006

 

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1) LES CHRONIQUES VENUES D'AILLEURS

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Canicules, période estivale, détente ! Avant de faire une pause en août, j'ai commencé Les lettres à Nelson Algren de Simone de Beauvoir, Mémoriser sans peine de Delegaigne Les petites bulles de l'attention de Lachaux et Ada Antoine Bello ( depuis ma découverte d'Enquête sur la disparition d'Emilie Brunet, je veux lire tout Bello ! J'en parlerai probablement bientôt sur ce blog). Comme vous pouvez le constater, je lis de manière obsessionnelle tout ce qui touche Simone de Beauvoir et la cognition... Mais je vais aussi emporter dans ma valise Mapuche de Férey dont j'avais beaucoup apprécié Condor, Les filles aux lions de Jessie Burton et Selfies de Jussi Adler Olsen. Et vous qu'emportez-vous sous la chaleur ?

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2) MES FILMS

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OKJA Bande Annonce VF (Netflix) Film d'Aventure Coréen, Cannes 2017

Outre ces trois films, j'ai enfin pu voir Okja. Le film était-il aussi attrayant que les précédents films de Bong Joon-ho ? Ce réalisateur sud coréen a déjà réalisé l'excellent The Host et Mémories of murder.

Comme The snowpiercer, Okja est une superproduction qui souffre un peu de son hollywoodisation par ses couleurs empruntées à Wes Andersen, une longue course poursuite traditionnelle des films américains d'action ou une amitié ressemblant à celle de Totoro. Cette surhybridation fait perdre un peu de la spécificité du style du réalisateur, même si on retrouve le burlesque ( des chutes, une gesticulation exagérée des acteurs). Okja est un cochon modifié génétiquement, élevé avec amour par Mija dans les montagnes de la Corée de Sud. Mais ce pachyderme n'a été créé qu'à des fins consuméristes sous des dehors humanistes : la société Mirando proclame haut et fort qu'elle veut résorber les problèmes d'alimentation dans le monde. Malgré ses défauts, comme une mise en place un peu lente, l'intrigue prévisible, le message convenu de la déshumanisation de la société capitaliste, Okja reste un bon film. Mais que reste-t-il de son auteur dans ce blockbuster ( et on pourrait se poser pareil question pour Thor réalisé par K. Branagh ou Jurassik world de Bayona) ? 

Okja de de Bong Joon-ho, 1h58, Avec Tilda Swinton, Jake Gyllenhaal, Paul Dano, sur Netflix, 2017

Sur le web : Entretien Télérama, "Okja : Une belle et sa bête seules contre tous" d'Isabelle Régnier M. Cinéma, Le bleu du miroir

3) MES LIVRES

Voici mes lectures éclectiques de ce mois : Une mémoire infaillible de Sébastien Martinez, La maison où je suis mort autrefois d'Higashino et La peste écarlate de J. London. Que de belles découvertes ce mois-ci !

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4) MES ACHATS

Après la lecture de l'intéressant et captivant roman d'Higashino ( La maison où je suis mort autrefois), j'ai acheté Le dévouement du suspect X. Simone de Beauvoir, est-elle encore beaucoup lu ? Je me suis plongée dans Une femme rompue et j'ai tellement apprécié son style que j'ai acquis L'invitée et Une mort très douce. On ne présente plus M. Connely : j'espère que ce volume Sur un mauvais adieu sera aussi efficace que les précédents romans de l'auteur !

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26 juin 2018

Jack London dans les mers du sud : ISSN 2607-0006

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Une belle citation nous accueille au début d'un parcours photographique et ethnographique invitant à la découverte de J. London comme écrivain voyageur : "J'aimerais mieux être un météore superbe et que chacun de mes atomes brille d'un magnifique éclat, plutôt qu'une planète endormie". Cette exposition s'articule autour des archipels traversés comme les îles d'Hawaï, Les îles marquises, Samoa... Des photographies prises par l'auteur, durant les étapes de son voyage, montrent tantôt l'équipage d'amateurs, tantôt des paysages etc... Objets d'époque, comme une machine à écrire ou un gramophone, et oeuvres d'art océnien complètent les notices retraçant le voyage.

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Sur la pirogue à voile de Tehei, entre Raiatea et Tahaa, 1908

@ Courtesy of Jack London Papers, The Huntington Library

http://www.musee-aquitaine-bordeaux.fr

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Le Snark dans la baie de Taiohae, Nuku Hiva, îles Marquises, 1907

© Courtesy of Jack London Papers, The Huntington Library, San Marino, California

https://vieille-charite-marseille.com

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https://vieille-charite-marseille.com

En 1907, sur le Snark ( hommage à Lewis Carroll), embarquent J. London et sa femme Charmian. Ce voyage dure 7 ans mais les avaries nombreuses et la maladie empêcheront l'écrivain d'aller plus loin. Cependant, ces périples inspireront de nombreux ouvrages parmi lesquels ont peu citer Les contes des mers du sud, La croisière du Snark ou L'aventureuse... En résonance avec les découvertes du couple et de l'équipage est projetée, à la fin du parcours, une vidéo de Martin Johnson. Ce dernier, cuisinier puis mécanicien sur le Snark, devient cinéaste et filme, sur les îles Salomon et les nouvelles Hébrides, la vie quotidienne des populations locales, leurs traditions, leur cérémonie, nous faisant accéder à de nouvelles cultures... Une très belle exposition immersive par la disposition des photographies, qui nous entourent dans chacune des pièces...

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Grand poteau cérémonial ( détails) Ugi, île Salomon, collecté par J. London en 1908 -collection J. London, Museum California State Parks, USA @ Courtesy of California states Parks, 2017

https://vieille-charite-marseille.com

 Exposition Jack London dans les mers du sud, au Musée d'Aquitaine

Mardi 29 Mai 2018, de 11:00 à 18:00

Toutes les informations sur le site du musée d'Aquitaine.

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22 juin 2018

La peste écarlate de Jack London : ISSN 2607-0006

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Vous pensiez tout connaître de l'oeuvre de Jack London ? Saviez-vous qu'il avait écrit un récit d'anticipation ? Dans La peste écarlate, Jack London décrit un futur post-apocalyptique où ne survivent que quelques hommes dont Smith, un  professeur de littérature, vivant à San Fransisco. Ce dernier raconte à ses trois petits-fils comment s'est propagée la peste écarlate, qui en quelques mois a détruit quasiment toute l'humanité, 60 ans avant.

"chacun luttait pour soi" (p. 51).

Dans un monde surpeuplé, les maladies étaient combattues jusqu'à qu'apparaisse une maladie qui se propage si rapidement qu'aucun vaccin n'a pu être trouvé. Les riches fuient en avion, les pauvres ravagent les villes. Peu à peu, faute de savants ou d'ouvriers, l'eau vient à manquer ainsi que l'électricité. Des groupes s'organisent mais les effets du fléau se répandent si rapidement que les villes de la terre entière se transforment en charnier. Pendant le récit du vieillard, interrompu par les trois garçons, qui n'arrivent pas à conceptualiser ce qu'ils n'ont jamais vu comme l'argent ou des voitures, le narrateur fait la satire de cette société inégalitaire  : "En plein coeur de notre civilisation, dans ses bas-fonds et dans ses gettos du travail, nous avions laissé croître une race de barbares, qui maintenant se retournaient contre nous, dans nos malheurs, comme des animaux sauvages, cherhant à nous dévorer" (p. 52).

"Le flot de la vie primitive est revenu sur lui-même, balayant l'oeuvre humaine"(p. 19) :

Quelques survivants tentent se refonder la civilisation, tel que Smith en gardant des livres dans une grotte. En outre, il essaie de transmettre son savoir par son récit. L'humanité reviendra à son apogée... un récit optimiste ? une fin montrant la foi dans l'homme ? En fait, chacun des trois petits-fils semblent l'incarnation d'un type d'homme :  "Les trois types éternels de dominations, le prêtre, le soldat, le roi repatraîtront d'eux-mêmes" (p. 92). Ce court récit ou cette longue nouvelle pose des questionnements (surpopulation, maladie, inégalités sociales) proches des récents paradoxe de Fermi de Boutine ou de Soleil vert d'Harrisson, dans un style concis mais romanesque et très agréable à lire. Une sorte de "survival" qui a gardé toute sa modernité ! Une belle découverte !

La peste écarlate de Jack London, Librio 2 euros, 110 p.

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18 juin 2018

Jurassik World : Fallen Kingdom de Bayona : ISSN 2607-0006

JURASSIC WORLD 2 Bande Annonce VF (2018) FINALE

Parmi les derniers reboots, prequels, suites, Jurassik world : Fallen Kingdom ne mérite pas les critiques négatives entendues dans Le masque et la plume, par exemple ou écrites dans l'article du Monde cinéma. C'est un pop-corn movie, donc, du grand spectacle de divertissement. Cependant, comme c'est J. A. Bayona  à la réalisation, il arrive à imprimer sa griffe ( Comme dans la franchise Alien, les différents réalisateurs ont réussi à imposer leur style dans un cahier des charges attendu : Alien, la ressurection de Jeunet n'a pas la même photographie qu'Aliens, le retour de Cameron).

Comme L'indoraptor, créature génétiquement modifiée, qui va hanter le manoir de Lockwood, un riche américain, ce film va hybrider plusieurs genres : tout d'abord, l'histoire débute comme un "survival" : Claire et le dresseur de vélociraptors Owen sont envoyés sur la isla Nublar, le parc d'attraction de Jurassik world 2. L'île est menacée par une éruption volcanique et nos deux héros doivent sauver les dinosaures. Ces derniers, ramenés par un homme sans scrupule, au manoir de Lockwood, sont vendus aux enchères. Commence alors un conte horrifique : tout tourne au désastre et la petite fille de Lockwood, Maisie, cherche à échapper aux dangereux prédateurs.

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Et c'est là que s'impose la vision gothique de Bayona, qui a réalisé L'orphelinat ou Quelques minutes avant minuit. Dans ce sombre manoir gigantesque, on peut même voir les griffes de l'indoraptor en ombre chinoise tels la main crochue de nosferatu. Ce long-métrage-là, dans ses coloris et dans son questionnement, semble plus sombre : l'homme peut-il dominer la nature ? Peut-il la modifier sans en payer les conséquences ? Quand doivent s'arrêter les innovations technologiques ? L'intrigue semble assez similaire aux précédents films de la franchise mais la noirceur et les effets spéciaux sont réussis !

Jurassik world : Fallen Kingdom de Bayona,avec Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, 2018, 128 min

Sur le web : Télérama, Le bleu du miroir, Dasola, Pascal, Le monde

 

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15 juin 2018

Une mémoire infaillible de S. Martinez : ISSN 2607-0006

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Sébastien Martinez, champion de France de la mémoire 2015 et formateur en mémorisation auprès d'étudiants et d'entreprises, nous propose plusieurs méthodes de mémorisation, autre que la répétition. "L'art de la mémoire" ( ci-dessous un court écrit de Maulpoix en retrace l'historique) n'est plus enseignée depuis qu'internet nous déverse un flot de connaissances, sans qu'on ait des efforts à fournir alors qu'elle faisait partie de la rhétorique antique.

Commençons par ce que Sebastien Martinez appelle la "méthode du SEL" : voici une liste de mots. Comment la  mémoriser ? Il faut restituer le souvenir encodé par les 5 SENS, puis les lier (LIEN) en créant une histoire (ENFANCE). Des exemples concrets sont donnés de manière pédagogique pour illustrer la manière dont il faut procéder. Ainsi SEL est l'aconyme de SENS, LIEN, ENFANCE. Vous pouvez d'ailleurs tester cette méthode avec la liste, ci-dessous, proposé dans le livre ( p. 29)

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Autre méthode, vous pouvez créer votre propre langage. Prenons l'exemple des chiffres : le "major système" consiste à associer les chiffres à une image convoquant les 5 sens. Quant au chapitre 3, nous découvrons la technique du "palais mental" ou "rhétorique architecturale" (Maulpoix). Vous avez peut-être vu celui de Sherlock Holmes dans la série de Gatiss et Moffat. On visualise une maison, un appartement et on y dépose des mots.

S. Martinez avec beaucoup d'enthousiasme et de didactisme transmet différentes manières de mémoriser des listes, des numéros, des textes, des langues vivantes. Je suis adepte de la technique de la répétition et je ne pense pas changer mes méthodes. En revanche, j'ai testé plusieurs méthodes proposées et elles fonctionnent mais je les ai quelque peu modifiées en fonction de ma propore sensibilité. Un livre à recommander à tous, même à ceux qui n'ont pas besoin d'étudier...

Une mémoire infaillible, Sébastien Martinez, Livre de poche, 178 p.

Sur le web : "L'art de la mémoire", Maulpoix portant sur F.A. Yates

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