17 août 2011

Les quatre filles du docteur March adapté par Gillian Armstrong : ISSN 2607-0006

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Le livre : Gaie ou triste, Louisa May Alcott raconte la jeunesse de quatre jeunes filles au XIXeme siècle dans son roman Les quatre filles du docteur March. Qui sont-elles ? Il y a Margaret la romantique, Joséphine l'impétueuse, Beth la timide et Amy la vaniteuse, élevées par leur mère car le père s'est engagé volontairement au côté de l'Union dans la guerre de Sécession. Mille anecdotes dépeignent la vie du quatuor et de leur caractère, comme disputes, confidences, premiers amours, loisirs... travail aussi car les deux aînées doivent gagner de l'argent, étant donné que le pasteur s'est ruiné, ce qui ne va pas sans de nombreuses plaintes. Leur train-train est bouleversé par la connaissance d'un voisin Laurie et de son précepteur, le professeur M. Brooke.

Ce qui aurait pu être de beaux portraits de femmes se réduit à des descriptions quelque peu naïves et idéalisées, tout empêtrées de morale. Peut-être parce que le père est pasteur que la morale est si présente dans la vie de ces jeunes filles. Est-ce un reflet du puritanisme ambiant ? En outre, le père est absent à cause de sa participation dans la guerre de Sécession mais jamais un mot n'est rapporté sur les causes de cette guerre et sur ses désastres... Toujours est-il que le ton sentencieux et les bons sentiments abondent et finissent par lasser... ou ce livre est-il plaisant à lire qu'à l'adolescence ?

A côté de ces jeunes filles en fleur, le portrait caricatural de la tante, vieille fille insupportable avec un perroquet tout aussi insupportable, apportent une note de gaîté dans ce monde lénifiant. L.M. Alcott s'attache donc à décrire le monde de l'enfance en mettant en relief l'importance de l'imagination mais aussi la naissance d'un écrivain, Jo. Ce roman est très différent des sombres machinations et du suspense présents dans Derrière le masque et Secret de famille du même auteur, qui présentent des intrigues et une écriture beaucoup plus attrayantes...

Les quatre filles du Docteur March - BANDE-ANNONCE

Le film : Comédie gentillette, comédie qui ramène le sourire, ce film comporte les mêmes défauts que le livre, vraiment classique, mièvre et lisse, malgré de beaux décors et un casting d'actrices tout à fait remarquables. L'une des curiosités de ce film est de voir K. Dunst, toute jeune actrice incarnant Amy. Condensant la série de livres de L.M. Alcott, on suit la destinée de ces quatre jeunes filles, découvrant ainsi des moments bouleversants comme la mort d'une des sœurs, certainement la plus généreuse, et le destin littéraire de Jo, qui est en fait la véritable héroïne de ce film en s'accomplissant aussi bien professionnellement que dans sa vie amoureuse...

Alcott, Les quatre filles du docteur March, Folio junior, 375 p.

Les quatre fille du docteur March, Gillian Armstrong, avec Susan Sarandon, Wynona Ryder,114 min

Challenge back to the past organisé avec Lou.

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15 août 2011

La planète des singes, les origines de Rupert Wyatt : ISSN 2607-0006

 

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 Pierre Boulle a écrit Le pont de la rivière Kwai et d'autres œuvres, mais celle que la postérité a retenue est La planète des singes : Jinn et Phylis, lors d'un voyage d'agrément trouve, comme dans les romans d'aventures, une bouteille abandonnée dans l'espace. Elle contient un manuscrit, l'histoire d'un journaliste, Ulysse Mérou, qui tel son ancien homonyme, va faire un voyage dans l'espace, de la terre à Beltégeuse. Deux années de voyage intersidéral représentent environ 3 siècles sur terre. Arrivée sur l'étoile Beltégeuse, l'aventure se révèle extraordinaire car la planète est presque semblable à la terre et d'une grande beauté. Là, il rencontre une femme divine mais bientôt va succéder l'horreur lorsqu'il découvre que les habitants intelligents de cette planète se révèlent être des... singes !

L'originalité de ce livre réside dans l'exploitation de la théorie de Darwin mais en sens inverse. Le livre reste crédible dans toutes les hypothèses émises dans la prise de pouvoir des singes : les hommes auraient domestiqués les singes, jusqu'au jour où capables de refaire les mêmes gestes que l'homme, ils finissent par chasser ces derniers dont la terreur et la paresse les vouent à leur perte. 

Livre de Science-fiction, il est plus proche des romans post-apocalyptiques que des romans de SF avec la création d'un monde complètement original car l'écriture est très simple et sans jargon technologique ou autres inventions pullulant dans les romans du genre. Surtout la fin réserve une double surprise, bien que préparée par certains indices dès le début du récit cadre.

Bande annonce La Planète des singes : les origines (VO)

César ou Spartacus ? La planète des singes, les origines, exploite quelques passages du livre tout en inovant sur les causes de la disparition des hommes.  Will Rodman est un scientifique qui mène des recherches sur Alzheimer testant ses produits sur les chimpanzés. César est un singe, dont la mère a reçu les injections en laboratoire, d'une intelligence hors-norme. Suite à des manifestations violentes sur un voisin, il est enfermé dans un refuge où il subit de nombreuses maltraitances aussi bien de la part des hommes que des autres animaux. Il va alors, grâce à son intelligence, se révolter contre sa condition... 

Décevant, telle est la première impression qu'on a en sortant de ce film bien que l'intrigue tienne la route. Certes les effets spéciaux sont remarquables et on ne les remarque même pas tant les chimpanzés et autres primates du film sont réalistes et crédibles dans leurs comportements. Évidemment, beaucoup de scènes panoramiques, d'ensemble sont véritablement impressionnantes mais il en ressort que ce film reste une grosse production américaine avec beaucoup de sentimentalité - le héros a une aventure avec une jolie vétérinaire au rôle de potiche, le singe défend le père de Rodman, qui est en quelque sorte son " grand-père" parce que ce dernier est frappé par un voisin -, et beaucoup d'actions simiesques bien que les acteurs étant des singes cela change un peu : on a donc droit à la conventionnelle course-poursuite entre policiers et chimpanzés, un combat entre chimpanzés... 

Cela n'est pas mauvais, mais César a trop l'allure d'un nouveau Spartacus plein de bons sentiments et comme toujours le film pèche par un côté redondant, où tout est expliqué mille fois au cas où le spectateur n'aurait pas bien tout compris : d'où une impression de longueur. Bonne surprise, cependant, aucun des personnages n'est manichéen excepté la brute de voisin et le gardien du refuge...

Boulle, La planète des singes, Pocket, 189 p.

La planète des singes, les origines, réalisé par Rupert Wyatt, avec James Franco, Freida Pinto, 2011, 2h.

Billet de Dasola.

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11 août 2011

La série Hercule Poirot et Miss Marple : ISSN 2607-0006

 

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Madame Mcginty est morte. Le meurtre de Madame Mcginty est vite élucidé : cette femme de ménage aurait été tuée par un de ses locataires au chômage, Bentley. Arrêté, il est condamné à être pendu. Cependant, le commissaire Spence ne le croit pas coupable bien que tous les indices l'accusent. Poirot, appelé à la rescousse par le commissaire, découvre que cette vieille femme est morte pour avoir reconnu la fille d'une meurtrière : qui est prêt à tuer pour conserver son secret ?

Dans le chat et le pigeons, deux meurtres et un enlèvement font bien mauvais genre dans un pensionnat de jeunes filles.  Quel secret a pu découvrir le professeur de gym pour être transpercé d'un javelot ? Madame Blanche, professeur de Français est retrouvée noyée. Mais par qui ? Sur fond de roman d'espionnage, les intrigues multiples ainsi que des fausses identités vont mettre à rude épreuve les qualités de Poirot.

Voici une série très fidèle aux oeuvres de la célèbre "reine du crime", Agatha Christie ( biographie sur le site Larousse). Trop fidèle ? Il y a certains classiques qu'on n'aime pas voir modernisé, transformé et c'est le cas de l'univers délicieusement suranné de Poirot...  Le personnage prend vie sous les traits de David Suchet, tout à fait crédible dans ce rôle, qui reprend les manies de Poirot. Que serait Hercule Poirot sans sa célèbre moustache, son orgueil démesuré, et ses costumes tirés à quatre épingles ? De facture très classique, chaque épisode reprend très fidèlement les romans. Certes ces adaptations d'Agatha Christie sont sans grande originalité mais c'est avec un plaisir toujours renouvelé qu'on retrouve les aventures du célèbre détective, surtout que cette série extrêmement soigné aussi bien dans le choix des acteurs que des décors, arrive très bien à en restituer l'esprit et l'atmosphère désuète.

La plume empoisonnée. Lorsque Jerry et Joanna Burton débarquent à Lymstock, ils pensent s'ennuyer à mourir dans ce cadre un peu trop champêtre et trop monotone à leur goût où se succèdent thé et vente de charité. C'est sans compter la présence de lettres anonymes ordurières envoyées à tous les habitants et qui provoquent des meurtres en cascade. Un général est trouvé mort dans sa bibliothèque : meurtre ou suicide ? Jerry, ancien aviateur blessé pendant la guerre, se pique au jeu et mène l'enquête. Mais c'est Miss Marple, bien assise dans son fauteuil tout en tricotant, qui va découvrir la clé de l'énigme bien que son rôle soit très discret...

Privilégiant le quotidien et une galerie de portraits typiques du monde d'Agatha Christie comme le pasteur, la vieille fille, la jeune gouvernante séduisante, l'enquête repose sur l'atmosphère cancanière de ces petits villages où chacun épie l'autre et le charme de la campagne anglaise. Les images vieillotes et le jeu affecté des acteurs - mais n'est-ce pas volontaire ? - sont compensés par un certain humour  - où les vieilles dames avec leur lourd sac et leur air paisible se révèlent tout aussi dangereuses que les pires malfaiteurs dixit l'inspecteur - et par le développement de plusieurs intrigues sentimentales et portraits : aussi bien chez Anne Perry que chez Agatha Christie, les hommes tombent amoureux en un battement de cil ! Suspense, meurtres et déductions, ces épisodes vous feront passer d'agréables soirées...

La plume empoisonnée, série britannique, 2006, 1h40, avec Géraldine McEwan.

challenge back to the past, organisé avec Lou.

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27 juillet 2011

Sherlock Holmes, série BBC 2010 de Steven Moffat et Gatiss : ISSN 2607-0006

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Bien que cette série ait été largement commentée, il ne semble pas inutile d'en reparler tant la série est réussie : après la version très dynamique et modernisée mais peu fidèle de Guy Ritchie, Sherlock Holmes a toujours le vent en poupe et reprend sa célébrissime veste en tweed et du service mais cette mini-série d'épisodes d'1h30 n'apparaît-elle pas comme un "bis repetita" ? En fait, la série des Sherlock Holmes dépoussière intelligemment les enquêtes du célèbre détective : les personnages ont gardé leur caractère, leurs manies, l'atmosphère du 221 B Baker street est bien recréée, cependant les scènes se déroulent dans le Londres du XXIe siècle, avec utilisation de toutes les nouvelles technologies, tels que les textos, et un Sherlock Holmes adepte du smartphone et un Watson tenant un blog ! 

Dans "Une étude en rose", premier opus de la série, tous les ingrédients des romans et nouvelles de Conan Doyle (biographie sur le site Larousse) sont présents : suspense, génie de la déduction, humour, excentricité de Sherlock Holmes jusqu'à l'extravagance, se qualifiant lui-même de sociopathe. Une série de suicides présente des points communs mais le disparition de la valise de la quatrième victime prouve bien qu'on a affaire à un tueur en série.  Qui mieux que Sherlock Holmes pourra démasquer le meurtrier alors que la police est désemparée ?

La qualité des séries BBC ne se dément pas et l'originalité des images n'est pas étrangère à l'humour et à l'intérêt que suscite l'épisode : les textos ou les déductions de Sherlock Holmes sont ajoutés aux images à la manière des BD. Quant aux acteurs, ils sont excellents : Benedict Cumberbatch campe un Holmes maniant humour noir et intelligence, tandis que Waston joue bien le fidèle second admiratif et un peu ahuri. Le premier opus qui va à un rythme endiablé, mettant en relief le charme, la vivacité et l'élégance des acteurs aussi bien que des images, donne vraiment envie de visionner toute la série.

Les inrock en parlent, ainsi que A l'heure du thé, blog de wen, Maribel...

Série Sherlock Holmes, BBC, réalisé par Steven Moffat et Marc Gatiss, avec benedict Cumberbatch et Martin Freeman.

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18 juillet 2011

Les hauts de Hurlevent de Peter kosminsky : ISSN 2607-0006

 

Wuthering Heights(1992)-The kiss

Est-il encore besoin de présenter l'histoire qui  a rendu célèbre Emily Brontë (biographie sur le site Larousse)? Les hauts de Hurvelent, publié en 1847 est un roman de la passion et de la vengeance : il retrace la vie de Catherine et Heathcliff que le mépris d'un frère pour ce dernier séparent. Mais les deux amoureux sont liés jusque dans la mort qui est omniprésente.

L'histoire forme une boucle bien rendue par le réalisateur et l'interprétation du roman reste fidèle, reprenant les phrases et les événements clés du roman. La structure complexe du récit cadre est cependant remplacée par un déroulement simplifiée. La bonne idée, mais peu développée de ce film, est de mettre en scène la romancière elle-même, rêvant à ses personnages, parcourant les lieux qui provoquent son imagination.

Malheureusement, les acteurs incarnent bien mal les personnages créés par E. Bronte : ils ne vieillissent pas, rendant peu crédibles certains passages et J. Binoche est plus glougloussante que convaincante. En ce qui concerne les décors, les paysages sont sublimes et le fantastique diffus, avec une ou deux scènes qui font sursauter. Mais où est passée l'atmosphère obscure et sombre  de ce grand roman ? Pour G. Bataille, c'est "peut-être la plus belle, la plus profondément violente des histoires d'amour". Kominsky ne semble avoir retenu que l'histoire d'amour, masquant la noirceur morale des personnages derrière une bluette sentimentale. La réalisation lisse se regarde sans déplaisir mais si certaines adaptations sont réussies, mieux vaut pour cette fiction, lire le roman...

Les hauts de hurlevent, Adapté par Peter kominsky , 1992, avec Juliette Binoche, Ralph Fiennes.

Challenge Back to the past, organisé avec Lou.

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04 juillet 2011

Aux frontières du fantastique de Gérard Caillat : ISSN 2607-0006

Est-ce que la science-fiction vous intéresse ? Ce documentaire en 3 chapitres vous permettra d'aborder les rivages étranges de la science-fiction, analysant quelques grands thèmes et grands mythes de la SF en images. Il n'est pas forcément et seulement destinés aux amoureux de la SF car les films sont souvent des grands classiques ou cultes qu'on prend plaisir à revoir et certains piquent notre curiosité...

En outre, les extraits significatifs mais courts et les analyses très superficielles font de ce documentaire davantage une introduction à ce genre qu'un travail très approfondi. Voici une agréable plongée dans des mondes terribles imaginés par des auteurs et des réalisateurs. Voilà quelques thèmes, longue énumération non exhaustive, pour ce billet informatif, une sorte de compte-rendu :

Aux frontières du fantastique, documentaires de Gérard Caillat, Thomas Briat, Pierre-Henry Salfati, 2007, 2h36.

 Chapitre 1 : mi-homme, mi-bête

Perrault dans le conte du Petit chaperon rouge symbolisait l'animalité de l'homme sous la forme d'un loup. Ce mythe est aussi développé dans les films comme Wolf (Mike Nichols- 1994) ou Le loup garou de Londres ( John Landis- 1891). L'animal représente souvent une menace pour l'homme, qui a toujours peur que la nature reprenne ses droits : on pense aussi bien aux oiseaux de Hitchcock (1963) qu'aux dents de la mer (Spielberg 1975) et Jurassik Park (Spielberg 1993).  Voici quelques autres films de métamorphoses animales ou humaines : La mouche (Cronenberg, 1986), Docteur Jekill et Mister Hyde,(1941-Fleming), Alien (R. Scott, 1979), Starship trooper,(Verhoeven, 1997), King kong (Jackson, 2005), Batman le retour...

Darwin dès le XIXe siècle proposait ses nouvelles thèses avec l'évolutionniste qui remettait en cause le créationnisme. La métamorphose ne se fait pas seulement dans le sens de l'homme vers l'animal mais parfois c'est l'animal qui devient presque humain : Pierre Boule exploite les idées de Darwin mais en sens inverse avec la planète des singes. On retrouve ce thème dans L'enfant sauvage (Truffaut) et dans le mythe de l'homme sauvage idéalisé à travers l'image de Tarzan (Greystoke)... Mais finalement, c'est l'homme qui se révèle être le pire des prédateurs.

Chapitre 2 : "Machines humaines" :

Avec les progrès technologiques, la peur d'une domination des machines envahit la littérature et le cinéma. D'abord considérés et créés pour être des esclaves, finalement les rôles semblent s'inverser dans Les temps modernes (Chaplin,1936).

Le rêve de l'homme est de reproduire un être humain, d'être un démiurge lui aussi : Frankenstein (Whale) en est un exemple et Pinocchio est un autre mythe où l'homme cherche à animer la matière. Peu à peu, les machines prennent l'apparence des humains : les "replicants", terme qui apparaît pour la première fois dans le film Blade Runner (R. Scott, 1982), sont des robots à visage humain. Mais l'homme va-t-il à sa destruction ? Et si la machine surpassait son créateur ? C'est ce que montre un film comme Terminator (J. Cameron, 1985); la révolte des machines est aussi le thème de 2001 l'odyssée de l'espace (Kubrick, 1968). Autres films avec des androïdes : Star War (Lucas, 1999), Metropolis (Lang, 1927), Robocop  (Verhoeven, 1987), Existenz (Cronenberg, 1999), Tron (Lisberger, 1982), Bienvenue à Gattaca (Andrew Niccol, 1997), A.I. Intelligence artificielle (Spielberg, 2001)...

Chapitre 3 : "Les vivants et les mort"* :

La mort est une fatalité qui fascine l'homme et qui devient l'un des sujets de prédilection du cinéma. Paradoxalement le cinéma confère une immortalité à la mort même. Les auteurs exploitent parfois l'au-delà de la mort soit avec les morts-vivants (Beetlejuice, 1988 de Tim Burton, La nuit des morts-vivants de Romero, 1968, Evil dead 3 de Sam Raimi,1981), soit avec les vampires (Entretiens avec un vampire de Neil Jordan, 1994, Nosferatu de Murnau, 1922, Le bal des vampires, Polanski,1967).

Le mythe faustien repousse lui aussi les limites de la mort avec le pacte avec le diable comme dans Le portrait de dorian Gray d'Oliver Parker. D'autres mettent en scène le spiritisme et les esprits : Shining, (Kubrick, 1980), L'exorciste (1973, Friedkin), Rosmary Baby (Polanski), Spleepy Hollow,(Tim Burton, 1999) . Autres films : Psychose (Hitchock ), Le sens de la vie (Monty Python), Le diable de Russel...

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06 mai 2011

Elizabeth, L'âge d'or de Shekhar Kapur : ISSN 2607-0006

Elizabeth (1998) Trailer

L'Espagne catholique de Philippe II, en 1585, domine le monde. L'Angleterre est dirigée par une reine protestante. Menacée par les papistes et par Marie Stuart, reine d'Ecosse, Elizabeth I (biographie sur le site Larousse) doit déjouer les complots. Dans ce contexte explosif, arrive un aventurier Raleigh, qui ne laisse pas la reine indifférente, qui a fondé la Virginie dans le Nouveau Monde en hommage à celle qu'on surnomme la reine vierge : celle-ci, n'ayant pas d'héritier, doit subir un défilé de prétendants... Comment va-t-elle réagir face à tous ces dangers ? 

Intrigue de coeur et intrigue de cour : filmé en plongée, on suit aussi bien la vie intime de la reine que ses interventions publiques. Le réalisateur a saisi les nuances du caratère de la reine, en la montrant aussi bien autoritaire, jalouse et colérique envers ses amants et ses pupilles que tolérante et courageuse. Le ton badin des intrigues amoureuses de la reine, comme le défilé de prétendants avec le  ridicule Eric de Suède, laisse place à une tonalité plus sombre avec des scènes de tortures, la politique et les complots. Et pour montrer le règne d'une des reines les plus marquantes de l'histoire britannique et l'apogée de la création anglaise, le réalisateur a fait des prises de vue spectaculaires grâce à des plans en plongée audacieux. Même si ce biopic souffre de certaines longueurs, l'évocation du règne d'Elizabeth I vue par S. Kapur se fait grandiose et épique.

En + :" Commander aux vents" : Les bonus présentés comme de véritables documentaires, nous instruisent sur les effets spéciaux : à partir d'un seul bateau reconstitué grandeur nature pour l'armada et la flotte anglaise, l'infographiste a réussi à faire des flottes de deux cents navires : une véritable réussite ! L'armada paraît authentique : le résultat est stupéfiant ! "Le royaume d'Elizabeth" : Pour donner cette impression de spiritualité et d'immensité, le réalisateur a tourné dans des lieux éclairés et a choisi les plus beaux monuments gothiques de l'Angleterre : Westminster, Ely, Cambrigde, Wells. La difficulté vient du fait qu'il a fallu travailler entre les offices, celle de 18h30 le soir et celle de 7 h du matin ! Quelle prouesse ! En outre, il a fallu cacher les aérations chauffages victoriens et autres accessoires modernes ! Pour anecdote, on nous raconte aussi que la cathédrale de Westminster - représentant Saint-Paul dans le film - était en reconstruction, ce qui a fait l'affaire de notre réalisateur : les véritables maçons ont servi de figurants !

Elizabeth, L'âge d'or, de Shekhar Kapur, 1h50, avec geoffrey Rush, Cate Blanchett, Clive Owen, 2007.

Challenge back to the past, organisé avec Lou, spécial tea cup.

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04 mai 2011

Le chaperon rouge de Catherine Hardwicke : ISSN 2607-0006

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Le petit chaperon rouge est un conte universellement connu, prenant parfois des formes inattendues. Catherine Harwicke en fait un film fantastique et croise le conte avec le mythe du loup-garou. Dans un village reculé, une jeune fille est amoureuse de Peter un bûcheron mais elle est promise à Henry car il a plus d'argent. Forcément, cela complique l'histoire. Ajoutez à cela une mère adultère et un premier meurtre commis par un loup-garou qui sévit dans la forêt proche. Et voici notre jeune fille prise dans un dilemme et tout le village en émoi part à la chasse du méchant loup-garou.

Ce qui est remarquable dans ce film, c'est l'atmosphère du conte qui est admirablement créée  grâce à la lumière et aux couleurs, la plastique des images - quelques peu carte postale il le faut reconnaître - n'est pas sans rappeler celles des publicités pour haute courture, ayant déjà exploité ce mythe. La féérie est vraiment bien rendue, avec des visions tout à fait réussies de grandes étendues de neiges ou de forêts majestueusement sombres.  En outre, les références à l'histoire du chaperon y sont faites sous forme de clins d'oeil : une grand mère dévorée par un loup, le loup attrapé et jeté au fond de l'eau, la peur de l'étranger etc... Bref, un film qui ne se prend pas au sérieux ?

Cependant, là où le film pèche, c'est dans la trame très convenue. Il y a des scènes attendues, on cherche bien évidemment à séduire un grand public, avec les scènes d'amour platoniques obligés, et des scènes de combats évidemment spectaculaires. Les explications sont bien données et on insiste vraiment. Pas de mystères laissés au hasard, le cinéma américain aime bien être redondant au cas où on n'aurait pas bien compris ce qui se passe... On regrette aussi que tous les acteurs aient la taille manequin et des vêtements qui ne se tachent jamais ; le sang et la boue très peu pour eux, et qu'ils soient aussi expressifs que leurs chaussures en peaux de bête. Les morts pleuvent ainsi que des bras arrachés mais personne n'a une ride qui bouge (trop de silicone ?) : moment frappant, c'est lorsque le loup garou révèle son identité, il le fait tout aussi naturellement que s'il parlait du mauvais temps ou de manger des galettes chez sa grand-mère. Quant au chaperon rouge, elle ne réagit pas à cette découverte qu'on a attendu pendant tout le film : jouer l'étonnement, la colère ou l'horreur doit être trop difficile. Une grosse production hollywoodienne qui se laisse regarder...

 Séverine en parle aussi ici.

Le chaperon rouge de Catherine Hardwicke, 2011, Luckas Haas, amanda Seyfried, Max Iron, Gary oldman

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30 avril 2011

Miss Potter de Chris Noonan : ISSN 2607-0006

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Pourquoi la biopic Miss Potter commence sur un gros plan d'une main dessinant des aquarelles ? C'est parce qu'on va nous parler d'une artiste que vous connaissez certainement... Londres, 1902. Dans la société victorienne, Beatrix est une femme solitaire, vivant dans un monde imaginaire, qu'elle a cultivé dès l'enfance, constitué d'animaux, qu'elle considère comme ses amis et avec qui elle dialogue. Une femme célibataire qui court les maisons d'édition et qui ne songe pas à se marier suscite le mépris des éditeurs qui pensent que ses "livres à lapin" sont un art mineur. En outre, dès l'enfance elle est vouée au mariage comme toutes les femmes de son rang : " toutes les filles se marient", dit sa mère avec qui elle luttera pour s'imposer. Mais comme dans les contes de fée, le prince charmant apparaîtra bientôt sous les traits de Norman Warme ( Ewan Mc Gregor) pour changer le destin de Beatrix Potter.

Miss Potter présente une galerie de personnages bien croqués : les parents Potter sont l'incarnation d'une riche bourgeoisie, imbue d'elle-même. Helen Potter n'est d'ailleurs pas sans rappeler les mères hystérico-maniaques des romans de l'ère victorienne qui souhaitent à tout prix trouver le gendre idéal, c'est-à-dire richement doté. A l'opposé de ces représentants de la société bien pensante surgissent Millie Warme (Emily watson) une originale célibataire et Norman, magnifiquement joué dans ce rôle inattendu par Ewan Mc Gregor, à l'air imbécile, attentionné, mais finalement audacieux ! Les personnages sont caricaturaux mais non dénués d'humour comme la série de supides prétendants, dont un hennissant et chevalin à souhait.

"Ecrire les premiers mots d'une histoire est un moment délicieux" : cette biopic met aussi le travail de l'artiste en valeur, la montrant exigeante, et visitant même les imprimeries où elle supervise l'impression de ses livres. Surtout, le film rend hommage à l'imaginaire et l'imagination de Miss Potter :  les dessins s'animent, comme dans Neverland - biographie de Barry - l'imagination enfantine est très importante, on voit sous nos yeux, l'inanimé prendre vie ; la calèche des parents de Beatrix, se transforme en carosse de cendrillon tiré par six souris... Évidemment le charme de ce film est aussi de présenter de magnifiques paysages anglais, une large part étant donné à la nature car Miss Potter décide d'arracher des arpents de la campagne anglaise des mains de promoteurs peu scupuleux. Ca a l'air niais et sentimental, mais c'est frais et pétillant : Miss Potter est aussi une femme de caractère, une artiste avant-gardiste, qui a su défendre ses idées dans un monde masculin et bienséant.

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 Avez-vous déjà lu Miss Potter ? Vous connaissez au moins ses dessins anthropomorphiques de lapins, de chats, de souris portant "redingote et cravate blanche" qui sont délicieux. Inspiré d'une fable d'Esope, Petit-Jean des villes, est une réécriture d'une fable dont chaque page est illustrée : "Petit-Louis l'accueillit à bras ouverts.

- "Vous arrivez au meilleur moment de l'année ! Laissez-moi vous préparer une galette aux fines herbes : nous la mangerons au soleil.

- Hummm ! Ne fait-il pas un peu humide, dit petit Jean. Il portait sa queue sous le bras, pour qu'elle ne traine pas dans la boue". Loin du classicisme d'un La Fontaine, Beatrix Potter sait rendre son histoire charmante par des petits détails renvoyant à l'ère où elle vivait...

Miss Potter, de Chris Noonan, 2007, 92 min, avec Renée Wellweger, Ewan Mc Gregor, Emily Watson...

 Potter, Petit-Jean des villes, Gallimard, Bibliothèque de Pierre Lapin, 58 p.

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27 avril 2011

Shakespeare in love de John Madden : ISSN 2607-0006

Shakespeare en quelques dates : Ce qui est frappant dans les biographies de Shakespeare ( biographie présentée par Dominique et sur le site du Larousse), c'est que finalement, on ne sait qu'assez peu de choses sur cet auteur... Né en 1564 à Stratford, il est le fils d'un gantier, un riche bourgeois mais qui a connu des revers de fortunes. Les premières années sont mystérieuses. Alla-t-il à l'université ? Qu'a fait Shakespeare de 1582-1592 ? Pendant ces années, appelées les "années perdues", on a supposé qu'il a fait ses débuts de comédien chez Hesketh un riche propriétaire terrien. En 1582, il se marie avec Anne Hattaway et en 1656, ses premières pièces furent jouées.  Les compagnies arrêtèrent de jouer vers 1692 à cause des épidémies de peste. Le succès de Shakespeare ne cesse de croître et sa troupe du Chambellan devient membre des comédiens du roi. Copropriétaire du Globe, il écrit des comédies, des tragédies et des pièces historiques et ne cesse d'écrire qu'en 1613. Ses pièces sont souvent d'un genre inclassable, mêlant comédie et tragédie, et évoluant vers une esthétique baroque : " nous sommes de l'étoffe des rêves et notre petite vie est entourée de sommeil".

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"Totus mundus agit histrionem" ( Petrone). Dans l'ouvrage écrit par François Laroque, très bellement illustré, pour brosser le portrait de ce dramaturge élizabéthain, il aborde divers thèmes, développe le contexte historique qui a largement nourri l'oeuvre de Shakespeare : croyances et folklore populaire affleurent dans les oeuvres shakespeariennes. Les fêtes de la Renaissance, données lors des grandes fêtes du calendrier ou de la venue de la Reine, à l'occasion des banquets en hiver et fantômes, surnaturel, sorcières hantent l'univers du grand dramaturge. A cette époque se développe aussi toute une mythologie monarchique : bien qu'Elizabeth I ( 1558-1608) ne soit pas évoquée dans les pièces de Shakespeare, elle instaure une esthétique propre à Londres en pleine expansion. Mais dès 1613, un climat de décadence se développe sous Jacques I.

"Shakespeare in love" - Official Trailer

Shakespeare in love : on le voit, l'imagination des critiques est fertile ainsi que celle des réalisateurs : J. Madden imagine à partir de ces années perdues, une bluette sentimentale entre le dramaturge et une jeune femme aristocrate. C'est de cet amour impossible, car Viola est promise au duc de Wessex, que serait née la pièce Roméo et Juliette.

Si vous voulez connaître les moeurs d'un théâtre de l'époque élizabéthaine, regardez cette comédie romanesque aux reconstitutions très réalistes. Le réalisateur évoque les problèmes d'attribution des textes, avec le travail de Marlowe et Shakespeare, mais aussi les conditions de vie des acteurs :  rivalités entre théâtres, apprendre des rôles avec des dialogues qui changent, les rôles féminins joués par des jeunes garçons, l'importance de plaire au public et la reconstitution du globe... Une mention spéciale doit être faite pour les costumes extravagants et éclatants. Les scènes de duel attendues, les fêtes dans les chateaux avec intervention de saltimbanques appartiennent aux moeurs de l'époque mais la trame en elle-même est peu crédible de même que la mort de Marlowe expliquée d'une manière farfelue. Ce film est lyrique, comique, tragique, à l'image d'une des pièces les plus célèbres de Shakespeare Roméo et Juliette, dont sont mis en scène des passages entiers grâce à une mise en abîme. Cette comédie est un beau témoignage et un hommage à Shakespeare, bien que l'intrigue romanesque soit des plus fantaisistes...

Shakespeare, Comme il vous plaira, Découverte Gallimard, François Laroque, 185 p.

"La vie de Shakespeare", le Magazine littéraire, Par Louis Lecoq, p. 20-22.

Shakespeare in love, de John Madden, avec Firth Collins, Ben affleck, Joseph Fiennes, Gwyneth Paltrow, (118 min).

Challenge back to the past, organisé avec Lou, special tea cup.

Challenge shakespeare, organisé avec claudia.

Posté par maggie 76 à 08:59 - - Commentaires [18] - Permalien [#]