04 juillet 2011

Aux frontières du fantastique

Est-ce que la science fiction vous intéresse ? Ce documentaire en 3 chapitres vous permettra d'aborder les rivages étranges de la science fiction, analysant quelques grands thèmes et grands mythes de la SF en images. Il n'est pas forcément et seulement destinés aux amoureux de la SF car les films sont souvent des grands classiques ou cultes qu'on prend plaisir à revoir et certains piquent notre curiosité...

En outre, les extraits significatifs mais courts et les analyses très superficielles font de ce documentaire davantage une introduction à ce genre qu'un travail très approfondi... Voici une agréable plongée dans des mondes terribles imaginés par des auteurs et des réalisateurs... Voilà quelques thèmes, longue énumération non exhaustive, pour ce billet plus informatif qu'analytique :

Aux frontières du fantastique, documentaires de Gérard Caillat, Thomas Briat, Pierre-Henry Salfati, 2007, 2h36.

 Chapitre 1 : mi-homme, mi-bête

Perrault dans le conte du Petit chaperon rouge symbolisait l'animalité de l'homme sous la forme d'un loup. Ce mythe est aussi développé dans les films comme Wolf (Mike Nichols- 1994) ou Le loup garou de Londres ( John Landis- 1891). L'animal représente souvent une menace pour l'homme, qui a toujours peur que la nature reprenne ses droits : on pense aussi bien aux oiseaux de Hitchcock (1963) qu'aux dents de la mer (Spielberg 1975) et Jurassik Park (Spielberg 1993).  Voici quelques autres films de métamorphoses animales ou humaines : La mouche (Cronenberg, 1986), Docteur Jekill et Mister Hyde,(1941-Fleming), Alien (R. Scott, 1979), Starship trooper,(Verhoeven, 1997), King kong (Jackson, 2005), Batman le retour...

Darwin dès le XIXe siècle proposait ses nouvelles thèses avec l'évolutionniste qui remettait en cause le créationnisme. La métamorphose ne se fait pas seulement dans le sens de l'homme vers l'animal mais parfois c'est l'animal qui devient presque humain : Pierre Boule exploite les idées de Darwin mais en sens inverse avec la planète des singes. On retrouve ce thème dans L'enfant sauvage (Truffaut) et dans le mythe de l'homme sauvage idéalisé à travers l'image de Tarzan (Greystoke)... Mais finalement, c'est l'homme qui se révèle être le pire des prédateurs.

Chapitre 2 : "Machines humaines" :

Avec les progrès technologiques, la peur d'une domination des machines envahit la littérature et le cinéma. D'abord considérés et créés pour être des esclaves, finalement les rôles semblent s'inverser dans Les temps modernes (Chaplin,1936).

Le rêve de l'homme est de reproduire un être humain, d'être un démiurge lui aussi : Frankenstein (Whale) en est un exemple et Pinocchio est un autre mythe où l'homme cherche à animer la matière. Peu à peu, les machines prennent l'apparence des humains : les "replicants", terme qui apparait pour la première fois dans le film Blade Runner (R. Scott, 1982), sont des robots à visage humain. Mais l'homme va-t-il à sa destruction ? Et si la machine surpassait son créateur ? C'est ce que montre un film comme Terminator (J. Cameron, 1985); la révolte des machines est aussi le thème de 2001 l'odyssée de l'espace (Kubrick, 1968). Autres films avec des androïdes : Star War (Lucas, 1999), Metropolis (Lang, 1927), Robocop  (Verhoeven, 1987), Existenz (Cronenberg, 1999), Tron (Lisberger, 1982), Bienvenue à Gattaca (Andrew Niccol, 1997), A.I. Intelligence artificielle (Spielberg, 2001)...

Chapitre 3 : "Les vivants et les mort"* :

La mort est une fatalité qui fascine l'homme et qui devient l'un des sujets de prédilection du cinéma. Paradoxalement le cinéma confère une immortalité à la mort même. Les auteurs exploitent parfois l'au-delà de la mort soit avec les morts-vivants (Beetlejuice, 1988 de Tim Burton, La nuit des morts-vivants de Romero, 1968, Evil dead 3 de Sam Raimi,1981), soit avec les vampires (Entretiens avec un vampire de Neil Jordan, 1994, Nosferatu de Murnau, 1922, Le bal des vampires, Polanski,1967).

Le mythe faustien repousse lui aussi les limites de la mort avec le pacte avec le diable comme dans Le portrait de dorian Gray de Oliver Parker. D'autres mettent en scène le spiritisme et les esprits : Shining, (Kubrick, 1980), L'exorciste (1973, Friedkin), Rosmary Baby (Polanski), Spleepy Hollow,(Tim Burton, 1999) . Autres films : Psychose (Hitchock ), Le sens de la vie (Monty Python), Le diable de Russel...

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06 mai 2011

Elizabeth, L'âge d'or de Shekhar Kapur

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L'Espagne catholique de Philippe II, en 1585, domine le monde. L'Angleterre est dirigée par une reine protestante. Menacée par les papistes et par Marie Stuart, reine d'Ecosse, Elizabeth I (biographie sur le site Larousse) doit déjouer les complots. Dans ce contexte explosif, arrive un aventurier Raleigh, qui ne laisse pas la reine indifférente, qui a fondé la Virginie dans le Nouveau Monde en hommage à celle qu'on surnomme la reine vierge : celle-ci n'ayant pas d'héritier, elle doit subir un défilé de prétendants... Comment va-t-elle réagir face à tous ces dangers ? 

Intrigue de coeur et intrigue de cour : filmé en plongée, on suit aussi bien la vie intime de la reine que ses interventions publiques. Le réalisateur a saisi les nuances du caratère de la reine, en la montrant aussi bien autoritaire, jalouse et colérique envers ses amants et ses pupilles que tolérante et courageuse. Le ton badin des intrigues amoureuses de la reine, comme le défilé de prétendants avec le  ridicule Eric de Suède, laisse place à une tonalité plus sombre avec des scènes de tortures, la politique et les complots. Et pour montrer le règne d'une des reines les plus marquantes de l'histoire britanique et l'apogée de la création anglaise, le réalisateur a fait des prises de vue spectaculaires grâce à des plans en plongée audacieux. Même si cette biopic souffre de certaines longueurs, l'évocation du règne d'Elizabeth I vue par S. Kapur se fait grandiose et épique.

En + :" Commander aux vents" : Les bonus présentés comme de véritables documentaires, nous instruisent sur les effets spéciaux : à partir d'un seul bateau reconstitué grandeur nature pour l'armada et la flotte anglaise, l'infographiste a réussi à faire des flottes de deux cents navires : une véritable réussite ! L'armada paraît authentique : le résultat est stupéfiant ! "Le royaume d'Elizabeth" : Pour donner cette impression de spiritualité et d'immensité, le réalisateur a tourné dans des lieux éclairés et a choisi les plus beaux monuments gothiques de l'Angleterre : Westminster, Ely, Cambrigde , Wells. La difficulté vient du fait qu'il a fallu travailler entre les offices, celle de 18h30 le soir et celle de 7 h du matin ! Quelle prouesse ! En outre, il a fallu cacher les aérations chauffages victoriens et autres accessoires modernes ! Pour anecdote, on nous raconte aussi que la cathédrale de Westminster -représentant Saint-Paul dans le film- était en reconstruction, ce qui a fait l'affaire de notre réalisateur : les véritables maçons ont servi de figurants !

Elizabeth, L'âge d'or, de Shekhar Kapur, 1h50, avec geoffrey Rush, Cate Blanchett, Clive Owen, 2007.

Challenge back to the past, organisé avec Lou, spécial tea cup.

Elizabeth (1998) Trailer

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04 mai 2011

Impromptu de James Lapine

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 En 1855, Henri Heine écrira un portrait élogieux de Sand (biographie sur le site Larousse) : "George Sand, le plus grand écrivain de France, est en même temps une femme d'une beauté remarquable" (Lutèce, lettres sur la vie politique, artistique et sociale de France). Déjà en 1833, elle a signé un contrat avec Buloz et elle sort d'une relation avec Musset (1834/ Biographie sur le site Larousse), à la fois orageuse et passionnée qui défraie la chronique. Elle travaille beaucoup et a acquis la célébrité en quelques mois. Elle a pour ami Delacroix, et Litz, Sainte-Beuve...et Marie d'Agoult. C'est dans son salon qu'elle entend pour la première fois, la musique de Chopin et en tombe immédiatement amoureuse : la musique est une "langue universelle" qui la "jette dans des extase et des ravissements qui ne sont pas de ce monde". Mais Chopin, fragile et conservateur, est scandalisé par cette femme qu'il fuit. Impromptu développe la rencontre amoureuse entre le célèbre compositeur et la non moins célèbre romancière.

Quant est-il de son travail d'écrivain ? Portrait d'une amoureuse, Impromptu  dresse aussi la peinture d'une romancière en train d'écrire : on nous montre ses rapports avec Buloz, son besoin pressant d'argent pour survenir aux besoins de sa famille, ses habitudes d'écriture, son intérêt pour le théâtre : une représentation improvisée et irrévérencieuse avec Musset n'est pas sans rappeler le théâtre de marionnettes de Nohant. On la voit beaucoup écrire, surtout le soir et avec régularité. D'ailleurs, autant Musset se plaint de la désertion de la muse, autant Sand écrit avec facilité : " J'ai travaillé toute la journée, et le soir j'ai fait dix vers et bu une bouteille d'eau de vie, elle a bu un litre de lait et écrit un volume."1 On la voit entreprendre, anachroniquement, un de ses grands ouvrages, son autobiographie, L'histoire de ma vie, ( commencé en 1848) tout en rédigeant un autre roman.

Ce qui est aussi remarquable dans ce film, c'est le rendu de l'ambiance artistique de l'époque : George s'habille en homme, fume ; par son indépendance affichée et sa vie tapageuse, faites de blagues de potache avec sa joyeuse bande d'artistes* et ses enfants, elle rejette un mode de vie et une morale bourgeoise. Ce rejet s'incarne vivement dans le personnage de la comtesse d'Antan qui admire cette femme mais d'une manière ridicule, sans toutefois arriver à dépasser ses préjugés et ses habitudes. Emma Thompson est d'ailleurs surprenante, dans ce rôle de mécène hystérique et ridicule. La société corsetée est effrayée par cette femme scandaleuse et sulfureuse, qui lance une mode peu conventionnelle : on parle même de "george-sandisme" ! ce contraste s'incarne aussi dans la relation Sand/Chopin, lui étant doux, malade - magnifiquement incarné par Hugh Grant- alors que Sand est fougueuse et audacieuse. "Des gouttes de pluie résonnaient sur les tuiles sonores de la chartreuse, mais elles s'étaient traduites dans son imagination [Chopin] et dans son chant par des larmes tombant du ciel sur mon coeur" écrit George dans histoire de ma vie. Des premières images aux dernières, le film est accompagné de la musique de Chopin, donnant une touche mélancolique à la vivacité de la vie parisienne que mène les artistes de l'époque. Malgré des inexactitudes biographiques, cette biopic nous révèle une fort belle peinture du monde et de l'esprit artistique de la première moitié du XIXeme siècle et un portrait réussi du caractère de George Sand.

1 J'ai trouvé des qualificatif étranges sur Musset dans un synopsis du film : "un goujat arrogant avec qui elle vient d'avoir une liaison ratée" (cinémovies). Ce critique sait-il qui est Musset ? ou alors ça me rappelle Sainte-Beuve et sa critique sur Baudelaire pour le moins ambigu où il parle des fleurs du mal comme d'un "Kamtchatka romantique" et de "folie Baudelaire"....

* p. 38, George Sand, un diable de femme, Anne-Marie Brem.

Impromptu, de James Lapine avec Hugh Grant, Judy Davis, Emma Thompson, 1h43, 1991.

George Sand, Un diable de femme, Anne Marie de Brem, Découverte Gallimard, 111 p.

Challenge back to the past, organisé avec Lou.

Challenge George Sand par George.

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Le chaperon rouge de Catherine Hardwicke

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Le petit chaperon rouge est un conte universellement connu, prenant parfois des formes inattendues. Catherine Harwicke en fait un film fantastique et croise le conte avec le mythe du loup-garou. Dans un village reculé, une jeune fille est amoureuse de Peter un bûcheron mais elle est promise à Henry car il a plus d'argent. Forcément, cela complique l'histoire. Ajoutez à cela une mère adultère et un premier meurtre commis par un loup-garou qui sévit dans la forêt proche. Et voici notre jeune fille prise dans un dilemme et tout le village en émoi part à la chasse du méchant loup-garou.

Ce qui est remarquable dans ce film, c'est l'atmosphère du conte qui est admirablement créée  grâce à la lumière et aux couleurs, la plastique des images - quelques peu carte postale il le faut reconnaître - n'est pas sans rappeler celles des publicités pour haute courture, ayant déjà exploité ce mythe. La féérie est vraiment bien rendue, avec des visions tout à fait réussies de grandes étendues de neiges ou de forêts majestueusement sombres.  En outre, les références à l'histoire du chaperon y sont faites sous forme de clins d'oeil : une grand mère dévorée par un loup, le loup attrapé et jeté au fond de l'eau, la peur de l'étranger etc... bref, un film qui ne se prend pas au sérieux ?

Cependant là où le film pèche, c'est dans la trame très convenue. Il y a des scènes attendues, on cherche bien évidemment à séduire un grand public, avec les scènes d'amour platoniques obligés, et des scènes de combats évidemment spectaculaires. Les explications sont bien données et on insiste vraiment. Pas de mystères laissés au hasard, le cinéma américain aime bien être redondant au cas où on n'aurait pas bien compris ce qui se passe... On regrette aussi que tous les acteurs aient la taille manequin et des vêtements qui ne se tachent jamais ; le sang et la boue très peu pour eux, et qu'ils soient aussi expressifs que leurs chaussures en peaux de bête. Les morts pleuvent ainsi que des bras arrachés mais personne n'a une ride qui bouge (trop de silicone ?) : moment frappant, c'est lorsque le loup garou révèle son identité, il le fait tout aussi naturellement que s'il parlait du mauvais temps ou de manger des galettes chez sa grand-mère. Quant au chaperon rouge, il ne réagit pas à cette découverte, qu'on a attendu pendant tout le film : jouer l'étonnement, la colère ou l'horreur doit être trop difficile. Une grosse production hollywoodienne qui se laissent regarder...

 Séverine en parle aussi ici.

Le chaperon rouge de Catherine Hardwicke, 2011, Luckas Haas, amanda Seyfried, Max Iron, Gary oldman

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30 avril 2011

Miss Potter de Chris Noonan

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Pourquoi la biopic Miss Potter commence sur un gros plan d'une main dessinant des aquarelles ? C'est parce qu'on va nous parler d'une artiste que vous connaissez certainement... Londres, 1902. Dans la société victorienne, Beatrix est une femme solitaire, vivant dans un monde imaginaire, qu'elle a cultivé dès l'enfance, constitué d'animaux, qu'elle considère comme ses amis et avec qui elle dialogue. Une femme célibataire qui court les maisons d'édition et qui ne songe pas à se marier suscite le mépris des éditeurs qui pensent que ses "livres à lapin" sont un art mineur. En outre, dès l'enfance elle est vouée au mariage comme toutes les femmes de son rang : " toutes les filles se marient" dit sa mère avec qui elle luttera pour s'imposer. Mais comme dans les contes de fée, le prince charmant apparaîtra bientôt sous les traits de Norman Warme ( Ewan Mc Gredor) pour changer le destin de Beatrix Potter.

Miss Potter présente une galerie de personnages bien croqués : les parents Potter sont l'incarnation d'une riche bourgeoisie, imbue d'elle-même. Helen Potter n'est d'ailleurs pas sans rappeler les mères hystérico-maniaques des romans de l'ère victorienne qui souhaitent à tout prix trouver le gendre idéal, c'est-à-dire richement doté. A l'opposé de ces représentants de la société bien pesante surgissent Millie Warme (Emily watson) une originale célibataire et Norman, magnifiquement joué dans ce rôle innatendu par Ewan Mc Grgor, à l'air imbécile, attentionné, mais finalement audacieux ! Les personnages sont caricaturaux mais non dénués d'humour comme la série de supides prétendants, dont un hennissant et chevalin à souhait.

"Ecrire les premiers mots d'une histoire est un moment délicieux" : cette biopic met aussi le travail de l'artiste en valeur, la montrant exigeante, et visitant même les imprimeries où elle supervise l'impression de ses livres. surtout, le film rend hommage à l'imaginaire et l'imagination de Miss Potter :  les dessins s'animent, comme dans Neverland - biographie de Barry - l'imagination enfantine est très importante, on voit sous nos yeux, l'inanimé prendre vie ; la calèche des parents de Beatrix, se transforme en carosse de cendrillon tiré par six souris... Évidemment le charme de ce film est aussi de présenter de magnifiques paysages anglais, une large part étant donné à la nature car Miss Potter décide d'arracher des arpents de la campagne anglaise des mains de promoteurs peu scupuleux. Ca a l'air niais et sentimental, mais c'est frais et pétillant : Miss Potter est aussi une femme de caractère, une artiste avant-gardiste, qui a su défendre ses idées dans un monde masculin et bienséant.

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 Avez-vous déjà lu Miss botter ? Vous connaissez au moins ses dessins anthropomorphiques de lapins, de chats, de souris portant "redingote et cravate blanche" qui sont délicieux. Inspiré d'une fable d'Esope, Petit-Jean des villes, est une réécriture d'une fable dont chaque page est illustrée : "Petit-Louis l'accueillit à bras ouverts.

- "Vous arrivez au meilleur moment de l'année ! Laissez-moi vous préparer une galette aux fines herbes : nous la mangerons au soleil.

- Hummm ! Ne fait-il pas un peu humide, dit petit Jean. Il portait sa queue sous le bras, pour qu'elle ne traine pas dans la boue". Loin du classicisme d'un La Fontaine, Beatrix Potter sait rendre son histoire charmante par des petits détails renvoyant à l'ère où elle vivait...

Miss Poter, de Chris Noonan, 2007, 92 min, avec Renée Wellweger, Ewan Mc Gregor, Emily Watson...

Petit-Jean des villes, Beatrix Potter, Gallimard, bibliothèque de Pierre Lapin, 58 p.

Challenge back to the past, organisé avec Lou, spécial tea cup !

Miss Potter (2006) - trailer

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27 avril 2011

Shakespeare in love de John Madden : ISSN 2607-0006

Shakespeare en quelques dates : Ce qui est frappant dans les biographies de Shakespeare ( biographie présentée par Dominique et sur le site du Larousse), c'est que finalement, on ne sait qu'assez peu de choses sur cet auteur... Né en 1564 à Stratford, il est le fils d'un gantier, un riche bourgeois mais qui a connu des revers de fortunes. Les premières années sont mystérieuses. Alla-t-il à l'université ? Qu'a fait shakespeare de 1582-1592 ? Pendant ces années appelées les "années perdues", on a supposé qu'il a fait ses débuts de comédien chez Hesketh un riche propriétaire terrien. En 1582, il se marie avec Anne Hattaway et en 1656, ses premières pièces furent jouées.  Les compagnies arrêtèrent de jouer vers 1692 à cause des épidémies de peste. Le succès de Shakespeare ne cesse de croître et sa troupe du Chambellan devient membre des comédiens du roi. Copropriétaire du Globe, il écrit des comédies, des tragédies et des pièces historiques et ne cesse d'écrire qu'en 1613. Ses pièces sont souvent d'un genre inclassable, mêlant comédie et tragédie, et évoluant vers une esthétique baroque : " nous sommes de l'étoffe des rêves et notre petite vie est entourée de sommeil".

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"Totus mundus agit histrionem" ( Petrone). Dans l'ouvrage écrit par François Laroque, très bellement illustré, pour brosser le portrait de ce dramaturge élizabéthain, il aborde divers thèmes, développe le contexte historique qui a largement nourri l'oeuvre de Shakespeare : croyances et folklore populaire affleurent dans les oeuvres shakespeariennes. Les fêtes de la Renaissance, données lors des grandes fêtes du calendrier ou de la venue de la Reine, à l'occasion des banquets en hiver et fantômes, surnaturel, sorcières hantent l'univers du grand dramaturge. A cette époque se développe aussi toute une mythologie monarchique : bien qu'Elizabeth I ( 1558-1608) ne soit pas évoquée dans les pièces de Shakespeare, elle instaure une esthétique propre à Londres en pleine expansion. Mais dès 1613, un climat de décadence se développe sous Jacques I.

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Shakespeare in love : on le voit, l'imagination des critiques est fertile ainsi que celle des réalisateurs : J. Madden imagine à partir de ces années perdues, une bluette sentimentale entre le dramaturge et une jeune femme aristocrate. C'est de cet amour impossible, car Viola est promise au duc de Wessex, que serait née la pièce Roméo et Juliette.

Si vous voulez connaître les moeurs d'un théâtre de l'époque élizabéthaine, regardez cette comédie romanesque aux reconstitutions très réalistes. Le réalisateur évoque les problèmes d'attribution des textes, avec le travail de Marlowe et Shakespeare, mais aussi les conditions de vie des acteurs :  rivalités entre théâtres, apprendre des rôles avec des dialogues qui changent, les rôles féminins joués par des jeunes garçons, l'importance de plaire au public et la reconstitution du globe... Une mention spéciale doit être faite pour les costumes extravagants et éclatants. Les scènes de duel attendues, les fêtes dans les chateaux avec intervention de saltimbanques appartiennent aux moeurs de l'époque mais la trame en elle-même est peu crédible de même que la mort de Marlowe expliquée d'une manière farfelue. Ce film est lyrique, comique, tragique, à l'image d'une des pièces les plus célèbres de Shakespeare Roméo et Juliette, dont sont mis en scène des passages entiers grâce à une mise en abîme. Cette comédie est un beau témoignage et un hommage à Shakespeare, bien que l'intrigue romanesque soit des plus fantaisistes...

Shakespeare, Comme il vous plaira, Découverte Gallimard, François Laroque, 185 p.

"La vie de Shakespeare", le Magazine littéraire, Par Louis Lecoq, p. 20-22.

Shakespeare in love, de John Madden, avec Firth Collins, Ben affleck, Joseph Fiennes, Gwyneth Paltrow, (118 min).

Challenge back to the past, organisé avec Lou, special tea cup.

Challenge shakespeare, organisé avec claudia.

"Shakespeare in love" - Official Trailer

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24 avril 2011

Mary Reilley, Frears

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Il semblerait que dans l'imaginaire ou la réalité, l'ère victorienne si austère ait enfanté de nombreux monstres. Adapté d'un livre de Valérie Martin, Mary Reilly revisite le mythe du docteur Jekill et Mister Hyde, en inventant de nouveaux protagonistes à l'histoire de Stevenson et une histoire romanesque entre le docteur Jekill et une domestique. Comme le titre éponyme du film l'indique, le personnage principal de ce film est Mary Reilly, une servante au service du docteur. Elle suscite son intérêt par sa douceur et sa bonté, contrastant avec une enfance des plus noires et des plus sombres.

Mary Reilly joue clairement sur le thème de la dualité : les séquences sont savamment orchestrées entre des intérieurs beaux, luxueux et lumineux où se meut Mary tandis que les extérieurs sont emplis de brouillard, de grisaille et le laboratoire de Jekyll est poussiéreux et sombre. La dimension sanglante, proche parfois du grand guignolesque, ajoute une touche de terreur dans des visions parfois cauchemardesques. Cette dualité apparaît évidemment dans la lutte entre le bien et le mal que livre le docteur Jekyll, avec lui-même faisant échos aux idées baudelairiennes de l'aspiration entre le ciel et l'enfer et que la "vraie beauté est dans la corruption" : " je suis la plaie et le couteau", dit le docteur Jekyll, citant ainsi un des poèmes de la douleur et du dédoublement des fleurs du mal.

Si le film de Fleming met l'accent sur les métamorphoses et la face noire de Hyde, ici Jekyll incarne la dualité de l'homme. "Je ne pense pas que ça existe des actes sans conséquences", affirme Mary Reilly, s'efforçant de respecter les convenances et la place qui lui revient. Film américain, il est très britannique par la place donnée à la vie des domestiques, avec un butler typique. Ce film souffre parfois du grand-guignolesque et d'un Hyde pas très convaincant. Une oeuvre originale mais pas inoubliable....

Mary Reilley, Stephen Frears, (1996) avec Julia Roberts, Malkovitch

Challenge back to the past, organisé avec Lou (option tea cup), et son avis.

Mary Reilly - Trailer

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22 avril 2011

Il ne faut jurer de rien adapté par Eric Civanyan : ISSN 2607-0006

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Dans la même veine que ses pièces à proverbe comme On ne badine pas avec l'amour de Musset, Il ne faut jurer de rien est une courte comédie, mettant en scène un jeune libertin Valentin, qui dédaigne le mariage. "Prétends-tu que toutes les femmes soient fausses et que tous les maris sont trompés ?", lui demande son oncle Van Buck, qui espère le voir épouser la jeune et riche  Cécile de Mantes. Valentin ne croit plus en l'amour et parie qu'il séduira Mlle de Mantes en huit jours : cela prouvera sa légèreté, confirmant ainsi sa méfiance envers les femmes. Ce pari amène des situations farfelues. Mêlant scènes comiques grâce à des fantoches comme la baronne, mère de Cécile, toujours accompagnée d'un sot abbé, et scènes lyriques, Musset aborde l'éternelle question de l'amour et du mariage. Qui de l'oncle ou de Valentin aura raison ?

Civanyan en fait une bonne grosse comédie : le choix des acteurs, Gérard Jugnot et J. Dujardin, annonce d'emblée la couleur. il ne faut pas rechercher la fidélité au texte bien que certaines répliques et celles de Badine parsèment les dialogues dans un langage moderne. Tout en développant les personnages secondaires, il reprend la trame principale à laquelle il ajoute aussi une dimension historique faisant même intervenir le Baron Haussmann. Ce film énergique n'est d'ailleurs pas dénué d'une certaine couleur historique. La comédie tire vers la farce avec un comique gaillard : le réalisateur met l'accent sur la débauche de Valentin et de toute la société par la même occasion. Les personnages semblent issus du répertoire moliéresque : l'oncle est transformé en monomaniaque avare, tandis que l'abbé a des airs de Tartuffe. Tous les traits de caractère sont grossis, avec une baronne atteignant le comble du ridicule. Entre classicisme et modernité, cette comédie dynamique, sans nuance, manque quelque peu de subtilité et tombe trop facilement dans l'humour grivois...

Il ne faut jurer de rien, Musset.

Il ne faut jurer de rien, Civanyan, 2005, Mélanie Doutey, Gérard Jugot, Jean Dujardin.

Challenge back to the past, organisé avec Lou.

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19 avril 2011

Beaumarchais , l'insolent, Molinaro

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Librement adaptée d'une pièce de Sacha Guitry, la comédie d'Edouard Molinaro retrace le destin d'une personnalité emblématique du siècle des Lumières. C'est cet aspect qui est développé dans cette rafraichissante biopic. Appelé "brillant écervelé" par Voltaire, Beaumarchais ( les essentiels littérature sur le site de la BNF présente l'auteur) a fait preuve d'une activité prodigieuse pas toujours connue, son nom étant surtout attaché à la trilogie du barbier de Séville. Ce film dévoile des aspects méconnus de sa vie comme son rôle d'agent secret ou de trafiquant d'armes. "il a préféré "sa vie à son oeuvre" : dommage que la représentation scénique de ses pièces soient souvent tronquées car elles sont significatives de son brillant langage mais elles ne sont guère mises en avant...

 On nous fait le portrait d'un homme ancré dans son temps. l'époque transparaît clairement  et le contexte pré-révolutionnaire est bien rendu : Beaumarchais, magistrat, n'hésite pas à critiquer les lettres de Cachets, tout en s'asseyant insolemment sur le bureau du juge, ses pièces se rient des nobles...  Ses nombreux séjours en prison montrent à quel point Beaumarchais est irrévérencieux... A l'image de la vie de Caron, le film ne manque pas de rythme : les scènes théâtrales, s'enchainent et on passe d'un tribunal à un duel, des prisons de Londres aux planches françaises... La distribution est impressionnante, rassemblant de nombreux acteurs connus du cinéma français, cependant on peut déplorer certains choix de casting : malgré toute sa verve, Luchini ne fait pas oublier son habituelle diction et son jeu d'acteur : on ne dirait pas Beaumarchais, mais Luchini déguisé en Beaumarchais. Ce film reste toutefois une biographie légère,  les préoccupations philosophiques restant secondaires, le parti pris du réalisateur étant bien de montrer l'insolence de ce célèbre dramaturge, qui après tout est aussi une forme de liberté.

En + : Les bonus sont très intéressants en ce qui concerne la fabrication d'un film d'époque : "architectes de l'éphémère", les décorateurs expliquent leur rôle, comment rendre la patine du temps. Quels costumes ? Quels carrosses ? Tous les détails sont pensés pour le plus vif plaisir de nos yeux !

Beaumarchais l'insolent, Molinaro, avec Michel Serrault, J.C. Brialy, Jean Yanne, J. Weber, F. Luchini...

challenge back to the past, organisé avec Lou.

Beaumarchais, l'Insolent - Trailer

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13 avril 2011

Frankenstein adapté par Whale et par Branagh : ISSN 2607-0006

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La liste est longue des adaptations de Frankenstein, montrant par là la fascination qu'exerce ce mythe. Les deux adaptations, celle de Branagh et celle de Whale, exploitent deux versants du roman de Mary Shelley ( biographie sur le site Larousse).

Commencé comme un jeu avec Percy Shelley, le docteur Polidori et Byron, elle raconte la genèse de son roman dans sa préface : " Je m'occupai à penser à une histoire - une histoire capable de rivaliser avec celles qui nous avaient excité et dicté dans cette tâche. Une qui parlerait aux peurs mystérieuses de notre nature et susciterait un frisson d'horreur [...]". Elle  fit un cauchemar éveillé qui devait donner naissance à un récit mythique traversant les siècles.
Et Whale s'inscrit bien dans la veine du film de monstre et d'horreur : il exploite l'aspect gothique du roman de Shelley. La nature n'a aucune place dans ce film, seule compte la créature et sa création. Contrairement au livre, Whale insiste sur des détails horrifiques : profanation de tombe dans un cimetière, vol du cerveau d'un criminel... En outre, les expériences se déroulent dans un vieux moulin en haut d'une butte escarpée. D'autres modifications sont faites, notamment au sujet du monstre qui devient un meurtrier et n'évolue jamais. Peu fidèle au roman, cette adaptation n'en reste pas moins un bon film de genre avec l'interprétation très remarquée de Boris Karloff.

Au contraire, l'adaptation de Branagh se révèle extrêmement fidèle : il a gardé le récit cadre et la dimension romantique du roman de Shelley, avec la mise en valeur des aspects typiquement romantiques. Le film s'ouvre sur les grandes étendues de glace du pôle Nord, puis s'arrête plus tard sur de grandioses montagnes enneigées. Victor Frankenstein apparaît comme un nouveau Prométhée et sera puni de son orgueil. Beaucoup d'actions et de scènes spectaculaires redonnent un nouveau souffle à la légendaire créature tout en respectant l'esprit du roman et en restituant l'ambiance de l'époque.

Ces deux films prolongent la légende créée par Shelley : deux versions très différentes mais tout aussi intéressantes, même si elles n'arrivent pas à égaler la virtuosité du roman de Shelley.

Frankenstein, Whale, 1932.

Frankenstein, Branagh, 1994.

 Challenge back to the past, organisé avec Lou, spécial tea cup.

Frankenstein (1994) - Trailer

Posté par maggie 76 à 20:11 - - Commentaires [8] - Permalien [#]